Approche canadienne à l'égard de la chaîne de valeur mondiale du secteur du vêteme
Aperçu
- 2.1 Profil de l'industrie (2006)
- 2.2 Tendances à la baisse
- 2.3 Récents problèmes sous-jacents de l'industrie
2.1 Profil de l'industrie (2006)
Selon les données de 2006 de Statistique Canada, l'industrie canadienne du vêtement représente :
- 1,4 p. 100 du produit intérieur brut de l'ensemble du secteur manufacturier;
- 1,2 p. 100 de l'investissement effectué dans la fabrication;
- 3,3 p. 100 de l'emploi manufacturier; et
- elle occupe le 19e rang des industries manufacturières au Canada.
L'industrie est très fragmentée :
- Toutes les provinces et tous les territoires fabriquent des vêtements. Le Québec représente 61,3 p. 100 de la valeur de la production canadienne de vêtements, mais l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique sont aussi des acteurs importants.
- Environ les trois quarts des entreprises comptent moins de 50 employés.
La plupart des entreprises sont toutefois classifiées comme des fabricants de vêtements coupés-cousus :
[Description de la figure 2.1]
Source : Statistique Canada
En 2006, 31,5 p. 100 des vêtements canadiens étaient exportés, principalement aux États-Unis.
[Description de la figure 2.2]
Source : Direction des industries du vêtement et du textile, Direction générale des industries de services et des produits de consommation, Industrie Canada, et données de Statistique Canada
2.2 Tendances à la baisse
La fabrication de vêtements dans les pays où les salaires sont élevés a souffert ces dernières années et le Canada ne fait pas exception. Depuis 2003, les livraisons manufacturières canadiennes de vêtements ont diminué de 39,4 p. 100.
[Description de la figure 2.3]
Source : Statistique Canada, CANSIM* Taux de croissance annuel composé
Ce déclin s'observe dans les trois secteurs.
[Description de la figure 2.4]
Source : Statistique Canada, CANSIM
Bien que les livraisons manufacturières aient diminué, les importations sont à la hausse.
[Description de la figure 2.5]
Source : Statistique Canada, World Trade Atlas
Les importations en provenance de Chine demeurent celles qui augmentent le plus.
Tableau 2.1 importations de vêtements au canada par pays en pourcentage du total des importations en dollars canadiens)
| Part du marché des importations | Variation (en pourcentage) | |||
|---|---|---|---|---|
| Pays | 2004 | 2005 | 2006 | 2004-2006 |
Source : Statistique Canada, World Trade Atlas. | ||||
| Chine | 38 % | 47 % | 50 % | 52 % |
| Bangladesh | 7 % | 7 % | 7 % | 9 % |
| États-Unis | 9 % | 7 % | 7 % | -18 % |
| Inde | 6 % | 6 % | 6 % | -2 % |
| Mexique | 6 % | 5 % | 5 % | -4 % |
| Italie | 3 % | 3 % | 2 % | -16 % |
| Indonésie | 2 % | 2 % | 2 % | 23 % |
| Cambodge | 2 % | 2 % | 2 % | 7 % |
| Vietnam | 1 % | 2 % | 2 % | 103 % |
| Turquie | 2 % | 2 % | 2 % | 6 % |
| Tous les autres | 23 % | 17 % | 15 % | -22 % |
| Total | 100 % | 100 % | 100 % | 15 % |
Par suite de l'augmentation des importations, les livraisons manufacturières canadiennes de vêtements destinées au marché canadien ont diminué.
[Description de la figure 2.6]
Source : Statistique Canada, CANSIM
Aux prises avec des menaces similaires, les exportations manufacturières canadiennes de vêtements vers les États-Unis ont également diminué. Toutefois, grâce à de nouvelles initiatives, des gains ont été réalisés sur d'autres nouveaux marchés.
[Description de la figure 2.7]
Source : Statistique Canada, World Trade Atlas
L'accroissement des importations et les baisses des livraisons manufacturières destinées aux deux principaux marchés (Canada et États-Unis) ont entraîné une forte baisse de l'emploi.
[Description de la figure 2.8]
Source : Statistique Canada, CANSIM
2.3 Récents problèmes sous-jacents de l'industrie
L'industrie a été durement touchée par plusieurs facteurs, en grande partie attribuable à la libéralisation des échanges et à la restructuration de l'industrie de la vente au détail.
Au nombre des grandes initiatives de libéralisation des échanges, mentionnons les suivantes :
- La suppression des contingents d'importation conformément à l'Accord sur les textiles et les vêtements de l'Organisation Mondiale du Commerce qui est entré en vigueur en 1995 et avait été pleinement mis en œuvre au 1er janvier 2005. En vertu de cet accord, les deux grands marchés autrefois protégés (Canada et États-Unis) de l'industrie canadienne du vêtement sont ouverts aux importations en provenance de pays à bas salaires.
- Entrées en vigueur le 1er janvier 2003, les Concessions aux pays les moins développés autorisent l'élimination des contingents et des tarifs pour les importations de vêtements produits dans 48 pays (notamment le Bangladesh, le Cambodge, le Laos et Haïti).
- La cessation prochaine du Régime de remise des droits le 31 décembre 2009.
Outre la libéralisation des échanges, la restructuration de l'industrie de la vente au détail a également mis l'industrie à rude épreuve :
- Par suite du regroupement massif des détaillants, ces derniers sont moins nombreux, mais ils sont plus grands et plus puissants. Ces grands détaillants ont :
- augmenté leur capacité d'approvisionnement sur le marché international, en s'adressant de plus en plus directement aux usines à l'étranger et en supprimant de leur chaîne d'approvisionnement les fournisseurs canadiens de vêtements;
- créé des marques mondiales qui excluent souvent les fournisseurs canadiens de vêtements;
- créé leurs gammes de marque maison plutôt que des marques des fournisseurs, ce qui réduit la rentabilité des fournisseurs l'importance de ces derniers pour le détaillant et le consommateur;
- exercé des pressions sur les fabricants canadiens de vêtements généralement plus petits pour qu'ils baissent leurs prix et accroissent leur rendement;
- à l'occasion, indiqué des marges de profit « autorisées » aux fabricants;
- de plus en plus souvent refusé de prendre des risques en matière de stocks, obligeant les fabricants à offrir des cycles de production et des délais plus courts;
- de plus en plus imputé des frais aux fournisseurs, leur demandant de payer un pourcentage du coût des invendus, que les articles leur soient retournés ou non;
- exigé des fabricants qu'ils paient une partie des frais publicitaires (publicité à frais partagés) et qu'ils accordent des rabais comme des remises sur la quantité ou des réductions en vue l'ouverture de nouveaux magasins.
- Pour livrer concurrence aux grands détaillants, les détaillants de taille moyenne adoptent certaines de ces pratiques également.
- Des canaux spécialisés de vente au détail fortement ciblés acquièrent une part du marché au détriment des grands magasins (qui étaient autrefois d'importants clients de nombreuses entreprises canadiennes de vêtements).
- Le nombre de petits détaillants indépendants — un secteur canal qui doit faire appel aux fournisseurs canadiens — diminue car ces derniers perdent une part du marché au profit de grands détaillants, plus évolués.
- La montée de magasins de rabais comme Wal-Mart exerce pressions plus fortes au niveau des prix sur de nombreux secteurs du vêtement.
- La tendance de la vente au détail de type « mode rapide » (où, dans certains secteurs, l'année type de deux saisons est remplacée par de nouvelles exigences mensuelles en matière mode) exerce d'énormes pressions en matière de rendement certaines entreprises canadiennes de vêtements.
- Les pressions exercées par les détaillants et les consommateurs pour produire des vêtements ailleurs que dans des ateliers de pressurage dans le monde obligent de nombreuses entreprises mettre en œuvre des mesures rigoureuses et des programmes de certification pour demeurer dans la chaîne d'approvisionnement.
- Les détaillants font généralement pression sur les fabricants pour qu'ils offrent des produits de plus grande qualité à des prix inférieurs.
- Les détaillants exigent des produits différenciés novateurs propres à leurs marchés cibles.
Ces facteurs, ainsi que d'autres conditions économiques (comme le renforcement du dollar canadien et les contrôles frontaliers des États-Unis) ont mis à rude épreuve l'industrie canadienne du vêtement. Ensemble, ces facteurs ont déclenché une lutte mondiale à la concurrence, qui continuera d'évoluer. Bien que les tâches à bas salaire aient en grande partie été délocalisées dans des pays concurrentiels au plan des prix, la bataille pour d'autres services à valeur ajoutée pourrait bien s'intensifier dans le monde.
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