Le financement des petites et moyennes entreprises innovatrices au Canada

Octobre 2009

Document de recherche

Shunji Wang,
Direction générale de la petite entreprise,
Industrie Canada

Sommaire :

Ce document de recherche aborde la question à savoir si les expériences et les activités des petites et moyennes entreprises (PME) innovatrices qui tentent d'obtenir du financement sont différentes de celles des PME non innovatrices. Il aborde également la question à savoir si les PME innovatrices sont soumises à des termes et conditions de financement différentes de celles des PME non innovatrices qui cherchent aussi du financement.

Table des matières


Remerciements

De nombreuses personnes ont apporté une précieuse contribution à la rédaction de ce mémoire de recherche. Je tiens à remercier monsieur Allan Riding, de l'École de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa, pour ses observations sur l'analyse multivariable. Je remercie aussi tout particulièrement messieurs Denis Martel et Richard Archambault, d'Industrie Canada, pour leurs commentaires et suggestions.


Résumé

Ce document de recherche aborde la question à savoir si les expériences et les activités des petites et moyennes entreprises (PME) innovatrices qui tentent d'obtenir du financement sont différentes de celles des PME non innovatrices. Il aborde également la question à savoir si les PME innovatrices sont soumises à des termes et conditions de financement différentes de celles des PME non innovatrices qui cherchent aussi du financement. Une fois pris en compte la catégorie et la taille de la PME, l'âge du propriétaire et le secteur industriel, au moyen de modèles de régression logistique et linéaire, les résultats démontrent que les PME innovatrices ont davantage besoin de financement que les PME non innovatrices, mais réussissent moins à en obtenir. Les résultats montrent aussi que les PME innovatrices se voient imposer des conditions de financement plus contraignantes que celles exigées des PME non innovatrices. En règle générale, les PME innovatrices doivent accepter un taux d'intérêt plus élevé et des échéances plus courtes.


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I. Introduction

Même si l'innovation est d'une importance capitale pour le maintien de la compétitivité des entreprises et l'amélioration du niveau de vie, il peut être difficile d'obtenir du financement à l'appui de l'innovation du fait que les ressources et les activités innovantes sont souvent incorporelles, ce qui rend difficile l'évaluation de leur valeur monétaire. Par ailleurs, les entreprises innovatrices sont généralement jugées plus périlleuses du fait qu'il est plus difficile d'évaluer leurs chances de réussite. Ce document décrit les activités de financement des petites et moyennes entreprises (PME) innovatrices au Canada et fournit une comparaison avec les PME non innovatrices. Dans cette analyse, l'intensité de la recherche-développement (R-D) sert de mesure de l'innovation. Les PME qui consacrent plus de 20 % du total de leurs dépenses d'investissement à la R-D sont qualifiées d'innovatrices.

Il existe quantité de recherches qui portent sur le thème de l'innovation; toutefois, peu de recherches ont été effectuées sur le financement des PME innovatrices. Par conséquent, l'étude du financement des PME innovatrices livrera de l'information utile sur les expériences, les instruments utilisés et les conditions du financement.

Ce document utilise la base de données détaillée de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises. Cette enquête, menée tous les trois ans, a été réalisée pour la première fois en 2000 par Statistique Canada en partenariat avec Industrie Canada et le ministère des Finances Canada. Elle mesure la demande et les sources de financement des PME canadiennes et recueille des données sur le processus de demande, le profil des entreprises et les caractéristiques démographiques des propriétaires de PME. Les résultats présentés dans ce document sont fondés sur les données de l'Enquête sur le financement des PME de 2004 qui contient 13 042 observations.

Ce document essaie de répondre aux questions de recherche suivantes :

  1. Les activités de financement des PME innovatrices et leur expérience en ce qui a trait à l'accès au financement sont-elles différentes de celles des PME non innovatrices?
  2. Les PME innovatrices se voient-elles imposer des modalités de financement différentes de celles imposées aux PME non innovatrices qui veulent obtenir du financement?

Pour répondre à ces questions, ce document est organisé de la façon suivante : la section II résume la littérature relative à la structure du capital et à l'expérience de financement des entreprises innovatrices; la section III rend compte des données et de la méthodologie employée; la section IV décrit les résultats empiriques; la section V présente les résultats de l'analyse multivariable; et la section VI résume et conclut le papier.


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II. Revue de la littérature

Bon nombre d'études se sont penchées sur la structure du capital des entreprises. Ben-Ari (2007) a constaté que les entreprises à forte intensité de savoir avaient tendance à favoriser grandement le financement par actions. Baldwin et Johnson (1995) ont remarqué que les entreprises innovatrices ont tendance à compter beaucoup plus sur des sources de financement extérieures, comme les capitaux de risque, les marchés boursiers ainsi que les sociétés mères et affiliées, et moins sur les fournisseurs et les institutions financières. À partir de données sur les entreprises cotées en bourse au Royaume-Uni, Aghion et coll. (2004) ont examiné si les choix relatifs au financement variaient systématiquement en fonction de l'intensité de la recherche et du développement (R-D). Les auteurs ont constaté une relation non linéaire avec le ratio d'endettement passif-actif : les entreprises qui rapportent un niveau positif, mais faible de R-D recourent davantage au financement par emprunt que les entreprises qui ne déclarent aucune activité de R-D. Chez les entreprises qui déclarent exercer des activités de R-D, le recours au financement par emprunt diminue en fonction de l'intensité de la R-D. Les auteurs établissent simplement la relation avec la possibilité d'émission de nouvelles actions : les entreprises qui déclarent exercer des activités de R-D sont plus susceptibles de réunir des fonds par l'émission d'actions que les entreprises qui ne déclarent aucune activité de R-D, et cette probabilité augmente en fonction de l'intensité de la R-D Baldwin, Gellatly et Gaudreault (2002) avancent que la relation entre l'intensité du savoir et la structure du capital est bidirectionnelle. Les auteurs, après avoir pris en compte un certain nombre de covariables au chapitre du secteur d'activités et de l'entreprise, ont constaté que les entreprises qui allouaient un pourcentage plus élevé de leurs dépenses d'investissement à la R-D recouraient moins aux emprunts. À l'inverse, le recours aux emprunts venait quant à lui freiner les investissements en R-D.

Plusieurs études ont soulevé la question à savoir si les expériences des entreprises innovatrices qui cherchent du financement diffèrent des autres entreprises. Westhead et Storey (1997) ont élaboré diverses équations de régression à partir de données recueillies lors d'une enquête effectuée auprès de 171 PME situées dans les limites et hors des limites de parcs scientifiques au Royaume-Uni. Les équations permettent de calculer la régression du degré de difficulté à obtenir du financement en fonction de nombreuses caractéristiques propres à l'entreprise, comme le degré de haute technologie de l'entreprise (l'investissement dans la R-D par rapport au roulement du personnel, le nombre de scientifiques compétents affectés aux activités de R-D par rapport au nombre total d'employés, et le nombre total de brevets déposés au cours de la dernière année), l'âge de l'entreprise, son statut juridique, son secteur industriel, son taux de croissance, sa rentabilité et son emplacement. Les auteurs concluent que les entreprises qui engagent des sommes relativement importantes en R-D sont plus susceptibles de déclarer des contraintes continues en matière de financement. Selon des données recueillies auprès d'un échantillonnage de petites entreprises du nord du Royaume-Uni ayant fait une demande pour un prêt bancaire entre 1998 et 2001, Freel (2007) a enregistré la proportion de prêts qui ont été octroyés, pour ensuite évaluer une série de modèles de Tobit en utilisant un certain nombre de variables de substitution en matière d'innovation (quant aux intrants et aux extrants, et à leur importance pour l'entreprise sur le plan commercial). Les résultats démontrent que les entreprises les plus innovatrices sont moins susceptibles d'obtenir du financement que les entreprises moins innovatrices.

De nombreux ouvrages ont indiqué que la structure du capital et les expériences de financement des entreprises innovatrices diffèrent de celles des entreprises moins innovatrices. Or, à notre connaissance, aucune étude économique n'a utilisé la relation entre les investissements en R-D et les dépenses totales en investissement, pour définir ce qu'est une entreprise innovatrice. Ainsi, dans le présent document, le seuil, pour distinguer les entreprises innovatrices de celles qui ne le sont pas, a été établi à 20 % des dépenses totales en investissement. Reste à voir si les résultats se rapprocheront de ceux trouvés dans des ouvrages qui utilisent d'autres variables de substitution pour mesurer le degré d'innovation.


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III. Données

Les données recoupées qui ont été utilisées dans ce rapport proviennent de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises (2004), produite par Statistique Canada conjointement avec le ministère des Finances et Industrie Canada. L'enquête a été menée entre septembre 2004 et mars 2005. La base d'échantillonnage finale comptait 1 939 780 entreprises. Une fois la répartition de l'échantillonnage ajustée pour tenir compte des refus, des absences de réponses et des entreprises qui n'ont pu être jointes, le groupe cible comptait un total de 1 357 348 entreprises. De ce groupe, 13 042 PME ont répondu à l'enquête. Selon Statistique Canada, la taille de l'échantillonnage est suffisamment importante pour refléter tout le secteur des PME au Canada. L'enquête se divisait en deux volets, dont le premier consistait à effectuer des entrevues téléphoniques assistées par ordinateur auprès des propriétaires des entreprises figurant dans le cadre d'échantillonnage. Ce volet de l'enquête a permis de recueillir des données démographiques détaillées sur les entreprises et sur les propriétaires, ainsi que des données sur les plus récentes demandes de financement présentées par les entreprises. Les réponses obtenues des 13 042 PME participantes ont permis d'établir des estimations des résultats de ces demandes de financement. Les estimations relatives au deuxième volet de l'enquête (renseignements sur les états financiers) ont été compilées à partir des réponses transmises par télécopieur à un questionnaire auquel ont répondu 3 500 des 13 042 PME participantes.

L'enquête établit une distinction entre les entreprises innovatrices (qui consacrent plus de 20 % de leurs dépenses totales d'investissement à la R-D). Le tableau 1 présente la population de PME innovatrices et non innovatrices.

Tableau 1 : Population de PME innovatrices et non innovatrices
Échantillon pondéré Échantillon non pondéré
Fréquence Pourcentage Fréquence Pourcentage
PME innovatrices 57 009 4,2 425 5,2
PME non innovatrices 1 300 339 95,8 7 687 94,8

L'échantillon non pondéré comprend 13 042 observations. Si l'on exclut les non-réponses, il reste 8 112 répondants : 425 PME innovatrices et 7 687 PME non innovatrices. L'échantillon pondéré comprend 1 357 348 observations : 57 009 PME innovatrices et 1 300 339 PME non innovatrices. L'échantillon pondéré est utilisé dans le présent document du fait qu'il reflète l'économie dans son ensemble.

Le tableau 2 présente les différences entre les caractéristiques des PME innovatrices et celles des PME non innovatrices.

Tableau 2 : Profil des PME innovatrices et non innovatrices
Caractéristiques PME innovatrice PME non innovatrices
Note * du tableau 2 : Employés équivalents temps plein = Nombre d'employés à temps plein + (Nombre d'employés à temps partiel × 0,5)
Âge du propriétaire majoritaire Moins de 40 ans 51,9 % 53,3 %
Expérience en gestion du propriétaire majoritaire Plus de 10 années d'expérience 54,9 % 69,9 %
Propriété Appartiennent majoritairement à des hommes 67,8 % 63,3 %
Partenariats mixtes 16,5 % 20,5 %
Appartiennent majoritairement à des femmes 15,7 % 16,2 %
Année où l'entreprise a commencé à vendre des produits ou des services 1-2 ans (ont commencé leurs ventes en 2002-2004) : 22,9 % 10,7 %
3-6 ans (ont commencé leurs ventes en 1999-2001) : 25,1 % 18,8 %
7 ans et plus (ont commencé leurs ventes avant 1999) : 52,0 % 70,5 %
Activité d'exportation Exportateurs 21,4 % 7,7 %
Recettes provenant des exportations 41,2 % 31,9 %
Intention de croissance Intention de prendre de l'expansion 72,7 % 37,6 %
Industrie Agriculture et secteur primaire 2,9 % 10,1 %
Fabrication 5,0 % 4,8 %
Commerce de gros ou de détail 10,8 % 15,2 %
Services professionnels 22,6 % 11,0 %
Industrie du savoir 18,0 % 5,5 %
Tourisme 5,2 % 8,3 %
Autres industries 35,6 % 45,1 %
Région (proportion de la population entre parenthèses) Provinces de l'Atlantique 2,6 % (7,3 %) 6,1 % (7,3 %)
Québec 24,1 % (23,6 %) 20,0 % (23,6 %)
Ontario 49,5 % (38,8 %) 36,3 % (38,8 %)
Prairies 11,6 % (16,8 %) 21,7 % (16,8 %)
Colombie-Britannique 12,0 % (13,1 %) 15,7 % (13,1 %)
Territoires 0,2 % (0,4 %) 0,2 % (0,4 %)
Nombre d'employés équivalents temps plein Référence de la note * du tableau 2 Aucun employé équivalent temps plein 65,1 % 48,2 %
Moins de 100 employés équivalents temps plein 34,8 % 51,5 %
Entre 100 et 499 employés équivalents temps plein 0,2 % 0,3 %

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IV. Résultats et analyses

Cette section présente les constatations concernant les activités de financement et les expériences des PME innovatrices et non innovatrices. La partie a) porte principalement sur l'accès au financement, tandis que la partie b) traite des modalités de financement imposées aux PME.


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a) Accès au financement

Les PME innovatrices étaient plus susceptibles d'essayer d'obtenir un financement externe

Les PME innovatrices ont des besoins de financement plus grands que les PME non innovatrices. Comme on le voit à la figure 1, les PME innovatrices étaient plus susceptibles (34,5 %) que les PME non innovatrices (23,2 %) d'essayer d'obtenir un financement externe.

Figure 1 : Pourcentage de PME qui ont essayé d'obtenir un financement externe

Figure 1 : Pourcentage de PME qui ont essayé d'obtenir un financement externe (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 1
Figure 1 : Pourcentage de PME qui ont essayé d'obtenir un financement externe
PME innovatrices 34,5 %
PME non innovatrices 23,2 %

Les PME innovatrices étaient plus susceptibles de demander un financement par emprunt

Comme on le voit à la figure 2, parmi tous les types de financement externe, les PME innovatrices, à l'instar des PME non innovatrices, ont eu recours dans une plus grande mesure aux emprunts qu'à tout autre instrument pour financer leurs investissements. Les PME innovatrices (30,8 %) ont demandé un financement par emprunt dans une proportion plus grande que les PME non innovatrices (18,0 %).

Figure 2 : Type de financement

Figure 2 : Type de financement (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 2
Figure 2 : Type de financement
Type de financement PME innovatrices PME non innovatrices
Financement par emprunt 30,8 % 18,0 %
Crédit-bail 4,5 % 3,1 %
Financement par capitaux propres 4,9 % 1,1 %
Subvention ou contribution non remboursable 5,5 % 2,8 %

Il convient de noter que les PME innovatrices avaient également recours dans une plus grande mesure à d'autres instruments financiers que les PME non innovatrices. Les PME innovatrices étaient environ quatre fois plus susceptibles de demander un financement par capitaux propres que les PME non innovatrices, les proportions étant de 4,9 % et 1,1 % respectivement. Le financement par capitaux propres comprend l'argent fourni par des amis ou des membres de la famille du propriétaire de l'entreprise, des employés de l'entreprise, des investisseurs providentiels, des sociétés de capital risque et des sociétés d'État ou des institutions gouvernementales. Parmi les PME innovatrices qui ont cherché à obtenir du financement par capitaux propres, 25,8 % étaient des entreprises en démarrageNote de bas de page 1 et 65,1 % ne comptaient aucun employé à temps plein.

Deux grandes raisons pourraient expliquer le fait que les PME innovatrices ont été proportionnellement plus nombreuses à chercher à obtenir du financement par capitaux propres. Tout d'abord, les PME innovatrices sont généralement plus jeunes que les PME non innovatrices, puisque l'on compte plus d'entreprises en démarrage parmi les PME innovatrices que parmi les non-innovatrices (22,1 % par rapport à 15,2 %). Au début, une entreprise n'a probablement pas suffisamment de biens à affecter en garantie, et ses perspectives de générer le revenu requis pour rembourser l'emprunt sont incertaines. Les PME innovatrices en démarrage avaient des taux de demande de financement par emprunt plus élevés que les PME non innovatrices (84,6 % par rapport à 77,9 %), mais le taux d'approbation de leur demande était moins élevé que celui des PME non innovatrices (62,5 % par rapport à 70,6 %). La deuxième raison pour laquelle les PME innovatrices ont été plus susceptibles de demander du financement par capitaux propres est attribuable au fait que les institutions financières refusent de leur accorder un prêt parce qu'elles présentent un risque plus élevé que les PME non innovatrices, si bien qu'elles doivent trouver d'autres moyens de financer leur entreprise.

Les PME innovatrices étaient plus susceptibles de voir leur demande refusée par les fournisseurs de crédit

Comme on l'a déjà mentionné, les PME innovatrices étaient plus susceptibles que les PME non innovatrices de demander un financement par emprunt; toutefois, elles ont été moins nombreuses à obtenir un prêt. Comme on le voit à la figure 3, seulement 54,2 % des PME innovatrices ayant demandé un financement par emprunt ont reçu une autorisation de crédit, par rapport à 83,0 % des PME non innovatrices. Les PME innovatrices étaient environ deux fois plus nombreuses à voir leur demande refusée par les fournisseurs de crédit que les PME non innovatrices (24,5 % par rapport à 11,8 %). En outre, les PME innovatrices étaient environ six fois plus susceptibles d'avoir leur demande encore à l'étude au moment de l'enquête. Ces résultats corroborent l'opinion selon laquelle les institutions financières considèrent les PME innovatrices comme étant plus périlleuses que les PME non innovatrices. Si l'on en croit les taux de refus plus élevés et les demandes encore à l'étude, les demandes de financement des entreprises innovatrices sont peut-être plus difficiles à évaluer, ce qui donne lieu à des taux d'approbation moins élevés.

Figure 3 : Demande de financement par emprunt autorisée et non-autoriséeNote de bas de page 2

Figure 3 : Demande de financement par emprunt autorisée et non-autorisée (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 3
Figure 3 : Demande de financement par emprunt autorisée et non-autorisée
Demande de financement par emprunt PME innovatrices PME non innovatrices
Retrait de la demande 1,7 % 2,1 %
Demande encore à l'étude 19,6 % 3,1 %
Refus de la demande 24,5 % 11,8 %
Crédit autorisé 54,2 % 83,0 %

On comptait plus d'emprunteurs découragés parmi les PME innovatrices

Comme on le voit à la figure 4, les PME innovatrices étaient plus nombreuses à être découragées (5,3 %) que les PME non innovatrices (3,9 %). Les emprunteurs découragés sont les entreprises qui méritent de recevoir du financement mais qui décident de ne pas présenter de demande car elles sont convaincues que celle-ci sera refusée. Le taux plus élevé d'emprunteurs découragés parmi les PME innovatrices peut être dû au fait que certaines d'entre elles entendent dire que des entreprises semblables ont eu de la difficulté à obtenir du financement (c'est-à-dire que le taux d'approbation des prêts de certaines PME innovatrices était nettement moins élevé que celui des PME non innovatrices). Dès lors, elles s'abstiennent de demander un financement.

Figure 4 : Taux d'emprunteurs découragésNote de bas de page 3

Figure 4 : Taux d'emprunteurs découragés (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 4
Figure 4 : Taux d'emprunteurs découragés
PME innovatrices 5,3 %
PME non innovatrices 3,9 %

Les PME innovatrices ont tendance à se tourner principalement vers les banques à charte pour obtenir un financement par emprunt

Près de 80 % des PME innovatrices se sont adressées à des banques à charte pour obtenir un nouveau crédit ou un crédit supplémentaire, par rapport à environ 60 % des PME non innovatrices (figure 5).

Figure 5 : Type d'institution financière contactée

Figure 5 : Type d'institution financière contactée (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 5
Figure 5 : Type d'institution financière contactée
Type d'institution financière PME innovatrices PME non innovatrices
Banque à charte 76,7 % 62,4 %
Coopératives de crédit ou caisses populaires 15,1 % 24,0 %
Sociétés d'État ou institutions gouvernementales 6,2 % 9,3 %
Sociétés de cartes de crédit 0,1 % 1,3 %
Tous les autres fournisseurs de crédit 0,0 % 7,3 %

Par conséquent, moins de PME innovatrices que de PME non innovatrices se sont tournées vers les coopératives de crédit ou les caisses populaires pour obtenir un nouveau crédit ou un crédit supplémentaire (15,1 % par rapport à 24,0 %). Les résultats donnent à penser que les PME innovatrices étaient relativement plus nombreuses que les PME non innovatrices à choisir l'approche transactionnelle et moins nombreuses à opter pour l'approche relationnelle en vue d'obtenir du financementNote de bas de page 4.

Les demandes de financement par emprunt des PME innovatrices étaient moins susceptibles d'être approuvées par les coopératives de crédit ou les caisses populaires que par les banques à charte

Comme on l'a déjà mentionné, les PME innovatrices étaient moins susceptibles d'obtenir des prêts que les PME non innovatrices. De plus, comme le montre la figure 6, les coopératives de crédit et les caisses populaires étaient moins susceptibles que les banques à charte d'approuver un emprunt demandé par les PME innovatrices (33,3 % par rapport à 56,8 %). Il convient de noter que, pour les PME non innovatrices, les taux d'approbation ne différaient pas beaucoup entre les banques à chartes et les coopératives de crédit ou les caisses populaires (81,3 % et 83,3 %, respectivement).

Figure 6 : Taux d'approbation des emprunts

Figure 6 : Taux d'approbation des emprunts (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 6
Figure 6 : Taux d'approbation des emprunts
Type d'institution financière Innovative SMEs Non-innovative SMEs
Banque à charte 56,8 % 81,3 %
Coopératives de crédit ou caisses populaires 33,3 % 83,3 %

L'instrument de crédit le plus populaire parmi les PME innovatrices était la nouvelle marge de crédit

Comme on le voit à la figure 7, plus de 60 % des PME innovatrices ont demandé une nouvelle marge de crédit aux fournisseurs de crédit, par rapport à 32,9 % des PME non innovatrices. Une proportion similaire de PME non innovatrices a demandé un prêt à terme (33,3 %). Les PME innovatrices par contre étaient, toutes proportions gardées, environ 1,5 fois moins nombreuses à demander des prêts à terme, 4,7 fois moins nombreuses à demander des prêts hypothécaires et 1,3 fois moins nombreuses à demander une augmentation de la limite de crédit de leurs marges de crédit courantes que les PME non innovatrices.

Figure 7 : Type d'emprunt demandé

Figure 7 : Type d'emprunt demandé (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 7
Figure 7 : Type d'emprunt demandé
Type d'emprunt PME innovatrices PME non innovatrices
Demande ou prêt à court terme 6,3 % 6,3 %
Prêt à terme 21,5 % 33,3 %
Prêt hypothécaire 3,7 % 17,3 %
Nouvelle marge de crédit 62,9 % 32,9 %
Augmentation de la limite de crédit des marges de crédit courantes 9,3 % 11,8 %
Nouvelle carte de crédit 0,0 % 5,7 %
Augmentation de la limite de crédit des cartes de crédit courantes 0,0 % 1,7 %

Près de 80 % des PME innovatrices avaient l'intention d'utiliser le financement demandé comme fonds de roulement ou capital d'exploitation

Le fonds de roulement est l'épine dorsale de toute entreprise. Il sert à financer les activités quotidiennes, comme l'achat de stocks ou les paiements versés aux fournisseurs. L'entreprise dont le fonds de roulement est insuffisant risque de perdre de sa souplesse et de sa crédibilité auprès des institutions financières, des fournisseurs et de sa clientèle. La figure 8 montre que 78,9 % des PME innovatrices avaient l'intention d'utiliser le financement demandé comme fonds de roulement ou capital d'exploitation, comparativement à 54,6 % des PME non innovatrices. Une proportion similaire de PME non innovatrices avait l'intention d'utiliser le financement demandé pour des immobilisations (50,3 %). Il convient de noter que les PME innovatrices étaient environ six fois plus susceptibles que les PME non innovatrices d'utiliser pour la R-D le financement demandé (16,6 % par rapport à 2,8 %).

Figure 8 : But du financement par emprunt

Figure 8 : But du financement par emprunt (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 8
Figure 8 : But du financement par emprunt
Financement par emprunt PME innovatrices PME non innovatrices
Immobilisations 22,3 % 50,3 %
Fonds de roulement ou capital d'exploitation 78,9 % 54,6 %
Recherche-développement 16,6 % 2,8 %
Consolidation de la dette 0,0 % 9,0 %

Le financement par capitaux propres représentait la part la plus grande du financement total autorisé obtenu par les PME innovatrices

Les PME innovatrices ont reçu des montants moyens plus élevés de crédit-bail et de financement par capitaux propres mais des montants moyens moins élevés de financement par emprunt que les PME non innovatrices (tableau 3).

Tableau 3 : Montant du financement autorisé
Type de financement PME innovatrices PME non innovatrices
Moyenne ($) Médiane ($) Maximum ($) Moyenne ($) Médiane ($) Maximum ($)
Emprunt 51 181 20 000 2 500 000 153 222 45 000 9 000 000
Crédit-bail 119 872 52 000 600 000 66 381 40 000 1 900 000
Capitaux propres 466 315 40 000 5 000 000 447 183 120 000 6 000 000

Il convient de noter que pour chaque instrument de financement, le montant médian était bien inférieur au montant moyen. Ceci donne à penser qu'un petit nombre d'entreprises ont reçu des montants élevés de financement (voir le montant maximum reçu par les PME innovatrices et non innovatrices, selon le type d'instrument), ce qui fait monter la moyenne. Par exemple, le montant médian du financement par emprunt autorisé pour les PME innovatrices s'élevait à 20 000 $, ce qui indique que 50 % des PME innovatrices ont reçu moins de 20 000 $ et 50 % plus de 20 000 $, tandis que le montant moyen du financement par emprunt autorisé pour ces entreprises s'élevait à 51 181 $. Le montant moyen du financement par capitaux propres autorisé pour les PME innovatrices ne diffère pas beaucoup de celui autorisé pour les PME non innovatrices (466 315 $ par rapport à 447 183 $); toutefois, le montant médian pour les PME innovatrices représentait à peine le tiers du montant médian enregistré pour les PME non innovatrices. Cette constatation pourrait a priori paraître surprenante étant donné que, comme on l'a déjà mentionné, les PME innovatrices utilisent dans une plus grande mesure les autres instruments financiers que les PME non innovatrices. Toutefois, le montant moins élevé de capitaux propres obtenus peut s'expliquer du fait qu'on compte plus d'entreprises en démarrage parmi les PME innovatrices, et qu'elles se tournent davantage vers le capital-risque convivial d'amis ou de parents pour leurs besoins de financement.

Comme on le voit à la figure 9, le financement par emprunt représentait la plus grande proportion du financement total autorisé pour les PME non innovatrices, tandis que le financement par capitaux propres représentait la part la plus importante pour les PME innovatrices. Le financement par crédit-bail représentait 22,8 % du financement total autorisé pour les PME innovatrices, comparativement à 8,0 % pour les PME non innovatrices. Même si le montant moyen du financement par capitaux propres reçu par les PME innovatrices et non innovatrices ne différait pas beaucoup (466 315 $ par rapport à 447 183 $), le montant du financement par capitaux propres reçu par les PME innovatrices représentait 44,3 % du financement total reçu, comparativement à 8,7 % seulement pour les PME non innovatrices. Ceci indique que les PME innovatrices dépendent davantage du financement par capitaux propres que les PME non innovatrices.

Figure 9 : Proportion du financement autorisé

Figure 9 : Proportion du financement autorisé (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 9
Figure 9 : Proportion du financement autorisé
Financement PME innovatrices PME non innovatrices
Emprunt 32,8 % 83,3 %
Crédit-bail 22,8 % 8,0 %
Capitaux propres 44,3 % 8,7 %

Les PME innovatrices étaient trois fois plus susceptibles de demander du financement par capitaux propres à une société de capital risque

La figure 10 indique que les PME innovatrices ont tendance à s'adresser à des investisseurs providentiels et à des amis ou des membres de la famille pour obtenir du financement par capitaux propres. Elles étaient proportionnellement trois fois plus nombreuses à se tourner vers une société de capital risque que les PME non innovatrices. En général, les PME innovatrices possèdent peu de biens matériels, fondent souvent leurs plans stratégiques sur de nouvelles technologies et présentent des risques commerciaux plus élevés que la moyenne. En raison de ces risques élevés, il est difficile pour les PME innovatrices d'avoir accès au financement par emprunt. Les sociétés de capital risque, par ailleurs, financent les entreprises à risques élevés dans lesquelles les institutions financières traditionnelles sont peu disposées à investir. Même si le capital de risque présuppose un horizon prévisionnel de plusieurs années et de nombreux échecs, le rendement possible d'un portefeuille de projets gagnants est très élevé. En outre, on compte plus d'entreprises en démarrage parmi les PME innovatrices que parmi les PME non innovatrices, et les sociétés de capital risque du Canada privilégient le financement de début de croissanceNote de bas de page 5. Le montant de financement fourni par les investisseurs providentiels et les sociétés de capital risque représentait 90 % du total du financement par capitaux propres reçu par les PME innovatrices, comparativement à seulement 42,3 % de celui reçu par les PME non innovatrices.

Figure 10 : Type de financier contacté pour l'obtention de financement par capitaux propresNote de bas de page 6

Figure 10 : Les PME innovatrices étaient trois fois plus susceptibles de demander du financement par capitaux propres à une société de capital risque (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 10
Figure 10 : Type de financier contacté pour l'obtention de financement par capitaux propres
Type de financier PME innovatrices PME non innovatrices
Société de capital risque 19,5 % 5,9 %
Investisseur providentiel 32,2 % 27,3 %
Ami ou membre de la famille 32,0 % 29,5 %
Société d'État ou institution gouvernementale 3,1 % 26,0 %
Employé 0,3 % 5,2 %
Autre 12,8 % 6,1 %

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b) Modalités de financement

Les modalités de financement imposées aux PME innovatrices reflètent leur profil de risque élevé : les prêts étaient octroyés pour une période plus courte et les taux d'intérêt étaient plus élevés

Le tableau 4 montre le taux d'intérêt moyen et la durée moyenne du crédit autorisé que les PME canadiennes ont obtenu en 2004. Les PME innovatrices ont payé des taux d'intérêt plus élevés pour des prêts à court terme, des prêts à terme, de nouvelles marges de crédit et des augmentations de la limite de crédit des marges de crédit courantes. Pour les prêts à terme, les PME innovatrices payaient des taux d'intérêt légèrement plus élevés pour des périodes plus courtes (46 mois par rapport à 62 mois). On peut effectuer une meilleure comparaison en ajustant la durée du prêt à, par exemple, 60 mois. Cet ajustement montre que le taux d'intérêt payé par les PME innovatrices était de 0,5 % plus élevé que celui payé par les PME non innovatrices (6,8 % par rapport à 6,3 %).

Tableau 4 : Modalités des prêts
PME innovatrices PME non innovatrices
Note : « ‒ » indique que des estimations ont été supprimées afin de respecter les exigences en matière de confidentialité de la Loi sur la statistique ou en raison de la qualité médiocre des données.
Demande ou prêt à court terme
Taux d'intérêt moyen 7,9 5,9
Durée moyenne (mois) 11 9
Prêt à terme
Taux d'intérêt moyen 6,3 6,2
Durée moyenne (mois) 46 62
Prêt hypothécaire
Taux d'intérêt moyen 5,3 5,7
Durée moyenne (mois) 125
Nouvelle marge de crédit
Taux d'intérêt moyen 6,2 6,1
Nouvelle carte de crédit
Taux d'intérêt moyen 17,1 17,5
Augmentation de la limite de crédit des marges de crédit courantes
Taux d'intérêt moyen 6,2 5,9
Augmentation de la limite de crédit des cartes de crédit courantes
Taux d'intérêt moyen 13,9
Tous les autres instruments de financement
Taux d'intérêt moyen 6,4

Les PME innovatrices ont dû moins souvent affecter des biens en garantie ou répondre à des exigences concernant des cosignataires pour pouvoir obtenir du financement

Les fournisseurs de crédit ont moins souvent demandé aux PME innovatrices de fournir des actifs commerciaux ou des biens personnels en garantie pour pouvoir obtenir du financement. La figure 11 montre que 31,1 % des PME innovatrices ont dû fournir des actifs commerciaux en garantie pour obtenir du financement, par rapport à 42,3 % des PME non innovatrices. Par ailleurs, 33,1 % des PME innovatrices ont dû fournir des biens personnels par rapport à 42,6 % des PME non innovatrices. Ces constatations pourraient refléter le fait que souvent, les PME innovatrices n'ont pas de biens qu'elles peuvent donner pour garantir les prêts bancaires. Comme le financement de biens donnés en garantie est moins risqué, les PME innovatrices ont plus de difficulté à obtenir du financement.

Figure 11 : Type de biens demandés en garantie

Figure 11 : Type de biens demandés en garantie (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 11
Figure 11 : Type de biens demandés en garantie
Type de biens PME innovatrices PME non innovatrices
Actifs commerciaux 31,1 % 42,3 %
Biens personnels 33,1 % 42,6 %
Cosignataire requis 0,0 % 6,6 %

Plus de 50 % des PME innovatrices ont dû fournir des états financiers de l'entreprise ou des demandes officielles pour obtenir du crédit

Les états financiers de l'entreprise constituaient le document le plus souvent demandé pour une demande de crédit. La figure 12 montre que 55,9 % des PME innovatrices ont dû présenter des états financiers de leur entreprise pour faire une demande de crédit, comparativement à 61,8 % des PME non innovatrices. Les demandes officielles étaient également un document souvent demandé par les bailleurs de fonds, 56,0 % des PME innovatrices ayant dû en fournir une par rapport à 52,9 % des PME non innovatrices.

Figure 12 : Documents requis dans le cadre de la demande

Figure 12 : Documents requis dans le cadre de la demande (la description détaillée se trouve sous l'image)
Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2004
Description de la figure 12
Figure 12 : Documents requis dans le cadre de la demande
Documents requis PME innovatrices PME non innovatrices
Prévisions des mouvements de trésorerie 18,1 % 22,0 %
Évaluation des actifs 21,4 % 26,0 %
États financiers personnels 49,6 % 46,6 %
Plan d'affaires 27,2 % 20,7 %
États financiers d'entreprise 55,9 % 61,8 %
Demande de financement officielle 56,0 % 52,9 %
Aucun document requis 24,2 % 17,7 %
Tous les autres documents 0,0 % 5,0 %

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V. Analyse multivariable

L'analyse descriptive présentée jusqu'à maintenant a illustré certaines différences entre les PME innovatrices et les PME non innovatrices sur le plan des activités, des expériences et des conditions de financement. Pour mieux approfondir la nature de ces différences, plusieurs types de recherche ont été utilisés : le modèle d'analyse de régression logistique binaire, le modèle de régression logistique multinomiale et le modèle de régression linéaire.

Il a été démontré que les PME innovatrices sont plus susceptibles de chercher du financement externe que les PME non innovatrices. De plus, les PME innovatrices sont plus susceptibles de chercher du financement par emprunt et par actions que les PME non innovatrices. Les PME innovatrices ont cependant connu moins de succès lorsqu'elles ont tenté d'obtenir des prêts. Quatre modèles logistiques binaires ont été utilisés pour établir si les différences avaient une importance statistique après que des facteurs comme la taille de l'entreprise et son secteur d'activités aient été pris en compte. Les modèles logistiques binaires ont été utilisés parce que les variables dépendantes étaient des variables nominales. Dans le cas du premier modèle logistique binaire par exemple, la variable dépendante était de savoir si un répondant avait (=1) ou n'avait pas (=0) fait une demande de financement externe. Dans le cas du deuxième modèle logistique binaire, la variable dépendante était de savoir si le répondant avait (=1) ou n'avait pas (=0) soumis une demande de financement par emprunt. Dans le cas du troisième modèle logistique binaire, la variable dépendante était de savoir si le répondant avait (=1) ou n'avait pas (=0) tenté d'obtenir du financement par actions. Dans le cas du quatrième modèle logistique binaire, la variable dépendante tentait d'établir si le répondant avait (=1) ou n'avait pas (=0) obtenu le financement demandé. Certaines caractéristiques propres aux entreprises ont été utilisées : l'état de l'entreprise (la variable nominale était 1=en démarrage et 0=pas en démarrage), la taille de l'entreprise (la variable nominale était 1=nombre d'employés à temps plein supérieur ou égal à zéro et 0=nombre d'employés à temps plein inférieur à 5), les intentions de croissance de l'entreprise (1=intention de croissance et 0=aucune intention de croissance), le secteur industriel, le nombre d'années avec la même institution financière, et le genre d'entreprise (1=innovatrice et 0=non innovatrice).

En règle générale, comme le montre le tableau 5, les résultats correspondaient à ceux présentés par l'analyse descriptive. Les résultats du Modèle 1 indiquent que les PME innovatrices étaient 1,68 fois plus susceptibles de chercher à obtenir du financement externe que les PME non innovatrices, une fois pris en compte les facteurs propres aux entreprises. De plus, les Modèles 2 et 3 démontrent que les PME innovatrices étaient 1,18 fois plus susceptibles de tenter d'obtenir du financement par emprunt et 4,48 fois plus susceptibles de rechercher du financement par actions que les PME non innovatrices.

Tableau 5 : Modèle de régression logistique : demandes de financement
Modèle 1 : Financement externe Modèle 2 : Financement par emprunt Modèle 3 : Financement par actions
Estimé de coefficient Exp(B) Estimé de coefficient Exp(B) Estimé de coefficient Exp(B)
Notes : Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
Note ** du tableau 5 : Niveau de signification <0,001
Note * du tableau 5 : Niveau de signification <0,05
En démarrageNote de bas de page 7 0,266
(0,039)
1,305 Référence de la note ** du tableau 5 0,869
(0,048)
0,643 Référence de la note ** du tableau 5 0,072
(0,055)
1,074 Référence de la note ** du tableau 5
Nombre d'employés <5Note de bas de page 8 −0,650
(0,013)
0,522 Référence de la note ** du tableau 5 1,082
(0,027)
2,951 Référence de la note ** du tableau 5 −0,476
(0,043)
0,622 Référence de la note ** du tableau 5
Intention de croissanceNote de bas de page 9 0,781
(0,010)
2,184 Référence de la note ** du tableau 5 0,556
(0,025)
1,744 Référence de la note ** du tableau 5 −0,007
(0,043)
0,622 Référence de la note ** du tableau 5
Agriculture/primaireNote de bas de page 10 1,309
(0,018)
3,703 Référence de la note ** du tableau 5 −0,532
(0,033)
0,587 Référence de la note ** du tableau 5 2,484
(0,054)
11,985 Référence de la note ** du tableau 5
FabricationNote de bas de page 10 0,051
(0,023)
1,053 Référence de la note ** du tableau 5 0,211
(0,056)
1,235 Référence de la note ** du tableau 5 1,410
(0,074)
4,095 Référence de la note ** du tableau 5
Gros/détailNote de bas de page 10 −0,019
(0,013)
0,981 0,310
(0,035)
1,364 Référence de la note ** du tableau 5 1,660
(0,053)
5,262 Référence de la note ** du tableau 5
Services professionnelsNote de bas de page 10 −0,997
(0,019)
0,369 Référence de la note ** du tableau 5 0,621
(0,062)
1,860 Référence de la note ** du tableau 5 1,998
(0,059)
7,303 Référence de la note ** du tableau 5
TourismeNote de bas de page 10 −0,107
(0,019)
0,898 Référence de la note ** du tableau 5 0,323
(0,048)
1,381 Référence de la note ** du tableau 5 −0,047
(0,109)
0,954
Autres industriesNote de bas de page 10 −0,643
(0,020)
0,526 Référence de la note ** du tableau 5 0,298
(0,022)
1,347 Référence de la note ** du tableau 5 −1,208
(0,030)
0,299 Référence de la note ** du tableau 5
Durée de la relation avec l'institution financière −0,015
(0,001)
0,985 Référence de la note ** du tableau 5 −0,009
(0,001)
0,991 Référence de la note ** du tableau 5 −0,040
(0,003)
0,960 Référence de la note ** du tableau 5
PME innovatricesNote de bas de page 11 0,518
(0,021)
1,679 Référence de la note ** du tableau 5 0,165
(0,058)
1,180 Référence de la note ** du tableau 5 1,501
(0,054)
4,484 Référence de la note ** du tableau 5
Constante −0,882
(0,016)
0,414 Référence de la note ** du tableau 5 0,770
(0,033)
2,161 Référence de la note ** du tableau 5 −3,336
(0,060)
0,036 Référence de la note ** du tableau 5
R2 de Nagelkerke 0,301 0,292 0,403

Le tableau 6 montre les résultats du dernier modèle logistique binaire. Les résultats du Modèle 4 confirment que les PME innovatrices sont moins susceptibles d'obtenir du crédit que les PME non innovatrices. Le coefficient associé aux PME innovatrices est négatif et statistiquement significatif à p<0,05. D'après les estimations, les possibilités d'obtention de crédit chez les PME innovatrices seraient de 26 % inférieures à celles des PME non innovatrices (1−0,74=0,26), une fois prises en compte les caractéristiques propres aux entreprises.

Tableau 6 : Modèle de régression logistique : approbation de crédit
Modèle 4 : approbations de crédit
Estimé de coefficient Exp(B)
Notes : Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
Note ** du tableau 6 : Niveau de signification < 0,001
Note * du tableau 6 : Niveau de signification < 0,05
En démarrageNote de bas de page 7 −0,291
(0,294)
0,747
Nombre d'employés <5Note de bas de page 8 −0,927
(0,289)
0,396 Référence de la note ** du tableau 6
Intention de croissanceNote de bas de page 9 −0,191
(0,291)
0,827
Agriculture/primaireNote de bas de page 10 1,571
(0,753)
4,810 Référence de la note * du tableau 6
FabricationNote de bas de page 10 −0,444
(0,391)
0,641
Gros/détailNote de bas de page 10 −0,370
(0,359)
0,691
Services professionnelsNote de bas de page 4 −0.215
(0.503)
0.806
TourismeNote de bas de page 4 −0.419
(0.401)
0.657
Autres industriesNote de bas de page 4 0,548
(0,025)
1,729 Référence de la note ** du tableau 6
Durée de la relation avec l'institution financière 0,038
(0,020)
1,038 Référence de la note * du tableau 6
PME innovatricesNote de bas de page 11 −0,299
(0,031)
0,741 Référence de la note * du tableau 6
Constante 2,550
(0,425)
12,813 Référence de la note ** du tableau 6
R2 de Nagelkerke 0,248

La régression logistique multinomiale est une prolongation de la régression logistique binaire lorsque le résultat de la variable catégorique dépendante présente plus de deux niveaux. Dans l'analyse suivante, la variable dépendante « garantie » comporte quatre niveaux : garantie personnelle exigée, garantie commerciale exigée, garanties personnelle et commerciale exigées, et aucune garantie exigée. Le niveau « Aucune garantie exigée » a été utilisé comme groupe de référence aux fins de comparaison.

Le tableau 7 montre les résultats de la régression logistique multinomiale. La deuxième colonne du tableau 7 illustre les résultats en matière de « Garantie personnelle exigée » par rapport à « Aucune garantie exigée ». Les PME non innovatrices, par comparaison aux PME innovatrices, étaient 3,5 fois plus susceptibles de se faire exiger des garanties personnelles. À l'inverse, nous pouvons affirmer que les PME innovatrices étaient moins susceptibles de se faire demander des garanties personnelles, le rapport de cotes étant de 0,29 (par rapport à la valeur inverse de 3,5). La troisième colonne illustre les résultats en matière de « Garantie commerciale exigée » par rapport à « Aucune garantie exigée ». Les PME non innovatrices étaient 6,2 fois plus susceptibles de se faire demander une garantie commerciale, par rapport aux PME innovatrices. La dernière colonne illustre les résultats en matière de « Garanties personnelle et commerciale exigées » par rapport à « Aucune garantie exigée ». Les PME non innovatrices étaient 1,3 fois plus susceptibles de se voir exiger les deux types de garantie.

Tableau 7 : Estimation en matière de régression logistique multinomiale, quatre cas de garantieNote de bas de page 12
Garantie personnelle exigée Garantie commerciale exigée Garanties personnelle et commerciale exigées
Estimé de coefficient Exp (B) Estimé de coefficient Exp (B) Estimé de coefficient Exp (B)
Notes : La catégorie de référence est entre parenthèses. Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
Note ** du tableau 7 : Niveau de signification <0,001
Note * du tableau 7 : Niveau de signification <0,05
Pas en démarrageNote de bas de page 13 0,266
(0,039)
1,305 Référence de la note ** du tableau 7 0,869
(0,048)
2,385 Référence de la note ** du tableau 7 −0,486
(0,035)
0,615 Référence de la note ** du tableau 7
Nombre d'employés ≥5Note de bas de page 14 0,699
(0,036)
2,013 Référence de la note ** du tableau 7 0,930
(0,035)
2,534 Référence de la note ** du tableau 7 1,072
(0,034)
2,921 Référence de la note ** du tableau 7
Âge du propriétaire ≥50Note de bas de page 15 0,271
(0,028)
1,311 Référence de la note ** du tableau 7 0,073
(0,028)
1,076 Référence de la note ** du tableau 7 0,431
(0,027)
1,539 Référence de la note ** du tableau 7
Durée de la relation avec l'institution financière −0,014
(0,002)
0,987 Référence de la note ** du tableau 7 0,012
(0,001)
1,012 Référence de la note ** du tableau 7 0,034
(0,001)
1,035 Référence de la note ** du tableau 7
Aucune intention de croissanceNote de bas de page 16 0,445
(0,028)
1,561 Référence de la note ** du tableau 7 1,060
(0,027)
2,887 Référence de la note ** du tableau 7 −0,091
(0,029)
0,913 Référence de la note ** du tableau 7
PME non innovatricesNote de bas de page 17 1,261
(0,060)
3,528 Référence de la note ** du tableau 7 1,819
(0,083)
6,166 Référence de la note ** du tableau 7 0,266
(0,043)
1,305 Référence de la note ** du tableau 7
Constante −2,192
(0,066)
3,528 Référence de la note ** du tableau 7 1,819
(0,083)
6,166 Référence de la note ** du tableau 7 0,266
(0,043)
1,305 Référence de la note ** du tableau 7
R2 de Nagelkerke 0,253

Le tableau 8 illustre les résultats de la régression linéaire sur les conditions de prêt dans le cadre de trois types de prêt : le prêt à court terme, le prêt à terme et le prêt hypothécaire. Pour ce qui est du prêt à terme, par comparaison à la durée des prêts offerts aux PME innovatrices et aux PME non innovatrices, tout porte à croire que la durée des prêts aux PME innovatrices est 29 mois plus courts en moyenne, si toutes les autres variables indépendantes demeurent constantes. Fait intéressant, la différence n'était pas statistiquement importante dans le cas des prêts à court terme et des prêts hypothécaires.

Tableau 8 : Estimation en matière de régression linéaire, durée des prêts
Prêt à court terme Prêt à terme Prêt hypothécaire
Coefficient Valeur P Coefficient Valeur P Coefficient Valeur P
Notes : Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
En démarrageNote de bas de page 7 −4,35
(0,381)
0,000 25,406
(1,508)
0,000 −87,222
(2,778)
0,000
Nombre d'employés <5Note de bas de page 8 5,035
(0,183)
0,000 6,256
(1,210)
0,000 39,503
(2,460)
0,000
Intention de croissanceNote de bas de page 9 3,577
(0,172)
0,000 −1,062
(0,935)
0,256 5,627
(1,849)
0,002
Durée de la relation avec l'institution financière −0,126
(0,015)
0,000 −0,688
(0,041)
0,000 −1,478
(0,124)
0,000
Agriculture/primaireNote de bas de page 4 −3,204
(0,214)
0,000 24,916
(1,079)
0,000 21,151
(1,983)
0,000
FabricationNote de bas de page 4 −2,927
(0,410)
0,000 16,021
(1,923)
0,000 0,947
(5,365)
0,860
Gros/détailNote de bas de page 4 −1,690
(0,247)
0,000 −28,19
(1,725)
0,000 −71,337
(2,713)
0,000
Services professionnelsNote de bas de page 4 −3,331
(0,780)
0,000 44,312
(2,444)
0,000 7,635
(3,267)
0,019
TourismeNote de bas de page 4 8,674
(0,932)
0,000 81,256
(1,960)
0,000 −82,940
(2,816)
0,000
PME innovatricesNote de bas de page 11 −0,021
(0,752)
0,977 −28,769
(2,715)
0,000 −16,489
(11,769)
0,161
Constante 7,246
(0,232)
0,000 64,715
(1,493)
0,000 156,599
(3,660)
0,000
R2 de Nagelkerke 0,781 0,570 0,665

Le tableau 9a illustre les résultats en matière de régression linéaire sur les taux d'intérêt chargés par les institutions financières pour six (6) instruments financiers différents. Le septième instrument financier, relatif aux taux fixes liés à l'augmentation de la limite de crédit des marges de crédit courantes, a été retiré de l'analyse en raison du faible taux de réponse. Pour ce qui est des prêts à court terme, par comparaison aux taux fixes payés par les PME non innovatrices, tout porte à croire que les taux fixes payés par les PME innovatrices sont de 0,9 unité de pourcentage plus élevés en moyenne, si toutes les autres variables indépendantes demeurent constantes. Cependant, dans le cas des prêts hypothécaires et des nouvelles cartes de crédit, tout indique que les taux fixes payés par les PME innovatrices sont de 2,3 et de 0,7 unités de pourcentage moins élevés. Pour ce qui est des prêts à terme, rien n'indique de façon statistiquement significative que les PME innovatrices paient des taux plus élevés que les PME non innovatrices.

Tableau 9a : Estimation en matière de régression linéaire, taux d'intérêt fixe
Court terme Terme Hypothèque Nouvelle carte de crédit Nouvelle marge de crédit Augmentation des limites de crédit des cartes de crédit courantes
Notes : « ‒ » indiquent que les variables ont été supprimées de l'analyse étant donné qu'elles sont constantes ou qu'elles ne correspondent pas aux corrélations. Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
Note ** du tableau 9a : Niveau de signification < 0,001
Note * du tableau 9a : Niveau de signification < 0,05
En démarrageNote de bas de page 7 0,080
(0,170)
0,238 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,042)
−1,254 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,048)
1,112 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,038)
6,756 Référence de la note * du tableau 9a
(0,150)
1,011 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,032)
Nombre d'employés <5Note de bas de page 8 0,148
(0,086)
1,502 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,032)
−0,118 Référence de la note * du tableau 9a
(0,059)
−0,388 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,028)
0,361 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,121)
1,021
(0,032)
Intention de croissanceNote de bas de page 9 0,182 Référence de la note * du tableau 9a
(0,066)
0,900 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,030)
−1,890 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,035)
0,277 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,066)
1,539 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,149)
1,103 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,023)
Durée de la relation avec l'institution financière 0,006
(0,008)
0,064 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,001)
−0,095 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,002)
0,023 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,001)
−0,08588
(0,004)
0,038 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,001)
Agriculture/primaireNote de bas de page 4 −1,063 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,070)
−2,724 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,031)
0,042
(0,035)
0,518 Référence de la note * du tableau 9a
(0,190)
0,709 Référence de la note * du tableau 9a
(0,227)
−2,001 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,039)
FabricationNote de bas de page 4 0,719 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,103)
−0,514 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,086)
1,293 Référence de la note * du tableau 9a
(0,455)
0,246 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,075)
2,802 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,116)
Gros/détailNote de bas de page 4 1,293 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,133)
−0,899
(0,055)
−0,199 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,055)
0,532 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,061)
1,030 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,075)
−3,318 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,030)
Services professionnelsNote de bas de page 4 0,814 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,059)
−0,444
(0,056)
−2,370 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,155)
−1,565 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,065)
TourismeNote de bas de page 4 0,338 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,064)
2,373 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,054)
0,143 Référence de la note * du tableau 9a
(0,070)
0,148
(0,128)
−3,732 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,145)
PME innovatricesNote de bas de page 11 0,949 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,156)
0,138
(0,092)
−2,316 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,701)
−0,674 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,133)
Constante 5,507 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,106)
5,092 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,044)
8,076 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,087)
17,545 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,032)
6,756 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,150)
6,290 Référence de la note ** du tableau 9a
(0,030)
R2 0,782 0,852 0,765 0,734 0,694 0,965

Le tableau 9b illustre les résultats en matière de régression linéaire sur les taux d'intérêt variables chargés par les institutions financières pour six (6) instruments financiers différents. Le septième instrument financier, relatif aux taux variables sur les nouvelles cartes de crédit et sur l'augmentation des limites de crédit sur les cartes de crédit courantes, a été retiré de l'analyse en raison du faible taux de réponse. Pour ce qui est des nouvelles marges de crédit et de l'augmentation de la limite des marges de crédit courantes, tout porte à croire que les taux variables payés par les PME innovatrices sont de 0,1 et de 0,9 unité de pourcentage plus élevés, si toutes les autres variables indépendantes demeurent constantes. Dans le cas des prêts hypothécaires cependant, tout indique que les taux variables payés par les PME innovatrices sont de 0,7 unité de pourcentage moins élevés. Pour ce qui est des prêts à terme, rien n'indique de façon statistiquement significative que les PME innovatrices paient des taux plus élevés que les PME non innovatrices.

Tableau 9b : Estimation en matière de régression linéaire, taux d'intérêt variable payé
Court terme Terme Hypothèque Nouvelle marges de crédit Augmentation de la limite de crédit sur les marges de crédit courantes
Notes : « ‒ » indiquent que les variables ont été supprimées de l'analyse étant donné qu'elles sont constantes ou qu'elles ne correspondent pas aux corrélations. Le chiffre entre parenthèses sous chacun des paramètres est l'écart-type.
Note ** du tableau 9b : Niveau de signification < 0,001
Note * du tableau 9b : Niveau de signification < 0,05
En démarrageNote de bas de page 7 0,164
(0,151)
−0,083
(0,063)
0,856 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,168)
−0,588 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,019)
0,457 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,110)
Nombre d'employés <5Note de bas de page 8 0,046
(0,100)
0,511 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,050)
−0,146 Référence de la note * du tableau 9b
(0,062)
−0,018
(0,016)
0,819 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,032)
Intention de croissanceNote de bas de page 9 −1,802 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,068)
0,836 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,036)
−0,441 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,083)
0,183 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,013)
0,997 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,032)
Durée de la relation avec l'institution financière −0,015 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,004)
−0,024 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,002)
−0,010 Référence de la note * du tableau 9b
(0,004)
−0,014 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,001)
0,041 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,002)
Agriculture/primaireNote de bas de page 4 1,687 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,060)
0,784 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,048)
1,271 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,093)
−0,818 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,024)
0,279 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,048)
FabricationNote de bas de page 4 2,397 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,287)
0,258 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,056)
−0,867 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,105)
0,060
(0,038)
0,773 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,042)
Gros/détailNote de bas de page 4 −0,158
(0,097)
2,384 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,058)
−0,055
(0,072)
−0,794 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,016)
−0,706 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,104)
Services professionnelsNote de bas de page 4 4,239 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,074)
0,802 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,105)
−0,378 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,084)
0,117 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,022)
0,361 Référence de la note * du tableau 9b
(0,107)
TourismeNote de bas de page 4 −0,260
(0,202)
1,771 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,070)
−1,064
(0,104)
−0,170 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,026)
PME innovatricesNote de bas de page 11 0,630
(0,086)
−0,744 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,219)
0,149 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,019)
0,873 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,054)
Constante 6,577 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,108)
5,012
(0,053)
6,647 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,111)
6,490 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,018)
3,910 Référence de la note ** du tableau 9b
(0,048)
R2 0,856 0,684 0,672 0,520 0,691

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VI. Summary and Conclusions

L'innovation est considérée comme un élément essentiel du processus de croissance économique. Beaucoup d'études portent sur les divers aspects sous-jacents de l'innovation, mais peu portent sur son financement, même si on sait qu'il s'agit là d'un déterminant clé. On reconnaît généralement qu'il est plus difficile pour les PME innovatrices d'avoir accès au financement, mais ces affirmations ne sont généralement pas validées. Le présent document a utilisé les données de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises de 2004 de Statistique Canada pour établir le profil des PME innovatrices selon un éventail de caractéristiques et a examiné si celles-ci différaient pour les PME non innovatrices en ce qui a trait à l'accès au financement, aux modalités de financement et aux obstacles à l'accès au financement.

Selon les constatations de cette étude de cas, les PME innovatrices, qui représentent 4,2 % des PME au Canada, ont des activités et expériences de financement différentes de celles des PME non innovatrices. Les PME innovatrices ont des besoins de financement plus grands que les PME non innovatrices, mais étaient moins susceptibles d'obtenir le financement demandé. Le présent document indique que les modalités de financement des PME innovatrices reflètent le risque élevé perçu par les institutions financières.

Les PME innovatrices étaient, toutes proportions gardées, environ quatre fois plus nombreuses à demander du financement par capitaux propres que les PME non innovatrices. Ce type de financement est important pour les PME innovatrices puisqu'il représentait 44,3 % du financement total reçu, comparativement à seulement 8,7 % pour les PME non innovatrices. De plus, les PME innovatrices étaient trois fois plus susceptibles que les PME non innovatrices de demander du financement par capitaux propres à une société de capital risque. On a également observé que les PME innovatrices étaient environ six fois plus susceptibles d'utiliser pour la recherche-développement le financement par emprunt demandé.

Les PME innovatrices canadiennes se voient imposer des modalités de financement plus contraignantes que les PME non innovatrices. Par exemple, les PME innovatrices payaient des taux d'intérêt plus élevés et obtenaient des prêts à plus court terme, ce qui témoigne du fait que les institutions financières considèrent les PME innovatrices comme plus risquées étant donné que l'innovation requiert souvent le développement continu de produits et l'utilisation de nouveaux processus sur des marchés inconnus.

Quelques limitations additionnelles méritent d'être soulignées. Comme la taille de l'échantillonnage des PME est petite, plusieurs estimations présentent un plus haut niveau de variation et une plus importante marge d'erreur. Ces estimations pourraient ne pas être très fiables et doivent donc être utilisées avec la plus grande prudence.


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Références

  • Aghion P., A. Klemm, S. Bond et I. Marinescu. « Technology and Financial Structure: Are Innovative Firms Different? » Journal of the European Economic Association, volume 2, numéros 2-3 (2004) : pages 277–288.
  • Baldwin, J.R. et J. Johnson, 1995. « Stratégies des entreprises innovatrices et non innovatrices au Canada. » Document de travail de Statistique Canada, numéro 73 (1995).
  • Baldwin, J.R., G. Gellatly et V. Gaudreault. « Financement de l'innovation dans les petites entreprises : nouveaux éléments probants provenant du Canada. » Numéro 11F0019MIE au catalogue – n° 190 (2002).
  • Ben-Ari, G. et N. S. Vonortas. « Risk Financing for Knowledge-Based Enterprises: Mechanisms and Policy Options. » Science and Public Policy, volume 34, numéro 7 (2007) : pages 475–488.
  • Department of Innovation, Industry and Regional Development. « Today's Knowledge Intensive SME: Where, Why and How? » (2007).
  • Freel, M.S. « Are Small Innovators Credit Rationed? » Small Business Economics, volume 28 (2007): pages 23–35.
  • Westhead, P. et D. J. Storey, 1994, « An Assessment of Firms Located On and Off Science Parks in the United Kingdom. » Her Majesty's Stationery Office (1994).
  • Wetzel, W. E « Venture Capital, », W. Bygrave (éd.), The Portable MBA in Entrepreneurship, New York : Wiley & Sons (1994) : pages 173–191.

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Annexe

Codes à deux et à quatre chiffres du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) Référence de la note * du tableau A qui ont été exclus de la population de PME pour l'enquête
Code du SCIAN Description
Note * du tableau A : Le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) est un système de code de classification hiérarchique de deux à six chiffres offrant cinq niveaux de détail : les deux premiers chiffres désignent le secteur économique; le troisième, le sous-secteur; le quatrième, le groupe industriel; le cinquième, l'industrie SCIAN et le sixième, l'industrie nationale.
22 Services publics
52 Finance et assurances
55 Gestion de sociétés et d'entreprises
61 Services d'enseignement
91 Administrations publiques
5321 Location et location à bail de matériel automobile
5324 Location et location à bail de machines et de matériel d'usage commercial et industriel
6214 Centres de soins ambulatoires
6215 Laboratoires médicaux et d'analyses diagnostiques
6219 Autres services de soins ambulatoires
6221 Hôpitaux généraux et hôpitaux de soins chirurgicaux
6222 Hôpitaux psychiatriques et hôpitaux pour alcooliques et toxicomanes
6223 Hôpitaux spécialisés (sauf les hôpitaux psychiatriques et hôpitaux pour alcooliques et toxicomanes)
6242 Services communautaires d'alimentation et d'hébergement, services d'urgence et autres secours

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