Profil de financement : L'entrepreneuriat au féminin (octobre 2010)

Owen Jung
Direction générale de la petite entreprise, Industrie Canada

Résumé :

Une mise à jour du rapport de 2004 sur les femmes entrepreneures, ce profil décrit les activités de financement récentes des petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes dont les femmes détiennent la majorité des intérêts. Les caractéristiques générales de ces entreprises ainsi que leur performance au chapitre de la croissance et de la prospérité financière sont comparées à celles des PME dont les hommes détiennent la majorité des intérêts, pour mettre en lumière les différences passées et actuelles entre les sexes.

Points saillants

  • En 2007, les petites et moyennes entreprises (PME) dont les femmes détenaient la majorité des intérêts (c.-à-d. au moins 51 % du capital de l'entreprise) représentaient 16 % des PME du Canada.
  • En moyenne, les femmes propriétaires d'entreprise étaient plus jeunes et faisaient état d'un moins grand nombre d'années en tant que gestionnaire ou propriétaire que leurs homologues masculins.
  • Les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts étaient plus susceptibles d'évoluer dans l'industrie touristique que celles dont les hommes détenaient la majorité des intérêts.
  • En 2004 et en 2007, les revenus gagnés par les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts demeuraient nettement inférieurs à ceux des entreprises dont les hommes détenaient la majorité des intérêts. Toutefois, le revenu net avant impôt affiché par les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts était comparable à celui affiché par les entreprises dont les hommes détenaient la majorité des intérêts.
  • En 2007, les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts étaient proportionnellement aussi nombreuses que celles de leurs homologues masculins à rechercher un financement externe (taux de demande de 17 %), alors qu'en 2004 les entreprises dont les hommes détenaient la majorité des intérêts étaient proportionnellement plus nombreuses à rechercher du financement (24 % contre 15 %, respectivement).
  • La plupart des entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts et qui recherchaient un financement en 2007 avaient réussi à obtenir au moins une certaine forme de financement externe. Toutefois, ces entreprises étaient proportionnellement moins nombreuses à faire état d'un financement par emprunt à court terme, sous forme de marge de crédit ou de carte de crédit, que celles dont les hommes détenaient la majorité des intérêts (77 % contre 94 %, respectivement).
  • Peu de données indiquent une disparité en ce qui a trait aux taux d'intérêt ou aux demandes de sûreté réelle entre les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts et celles de leurs homologues masculins. Pourtant, parmi les PME à qui l'on a refusé un financement par emprunt, des antécédents de crédit médiocre ou l'absence de sûreté réelle sont des motifs beaucoup plus souvent invoqués dans le cas des entreprises appartenant en majorité à des femmes que pour celles appartenant en majorité à des hommes.
  • Parmi les PME qui avaient l'intention d'élargir la taille et la portée de leurs activités dans les deux années suivantes (ayant fait part d'intentions de croissance), les entreprises appartenant en majorité à des femmes avaient souvent davantage besoin d'un financement externe pour financer leurs plans d'expansion que celles appartenant à des hommes. Fait intéressant, les entreprises dont les femmes détenaient la majorité des intérêts étaient plus enclines à envisager le partage des capitaux propres de l'entreprise pour financer leurs plans d'expansion que celles de leurs homologues masculins.
  • En 2007, les entreprises appartenant en majorité à des femmes étaient plus susceptibles que celles appartenant en majorité à des hommes d'indiquer des intentions de croissance.
  • De 2004 à 2008, les entreprises ayant exprimé des intentions de croissance ont affiché une croissance nettement plus vigoureuse au chapitre du revenu total et des équivalents temps plein (employés) que celles qui n'avaient pas exprimé d'intentions de croissance, quel que soit le sexe du propriétaire.

Introduction

Les femmes entrepreneures occupent une place importante au sein des petites et moyennes entreprises du Canada et, par conséquent, la stimulation de l'activité entrepreneuriale des femmes aura une incidence notable sur la richesse et la création d'emplois dans tout le pays. L'accès au financement constitue un facteur essentiel pour la plupart des entrepreneurs, leur permettant de prendre leur essor, et certains chercheurs craignent que les femmes propriétaires d'entreprise aient moins facilement accès au financement — ou bénéficient d'un financement dans des conditions d'emprunt moins favorables — que leurs homologues masculins en raison de plusieurs facteurs, dont la taille de l'entreprise, souvent plus petite; le manque d'expérience en gestion; et un dossier de crédit moins convaincant, voire inexistant. Parallèlement, bien des études portent à croire qu'il n'y a pas de disparité dans l'accès au financement entre les femmes propriétaires d'entreprise et leurs homologues masculins.

En s'appuyant sur la base de données la plus complète de Statistique Canada sur le financement des PME, le présent rapport décrit les caractéristiques et les activités de financement récentes des PME dont la majorité des intérêts appartiennent à des femmes (c.-à-d. que les femmes possèdent au moins 51 % du capital de l'entreprise). Dans le présent document, l'expression « femme propriétaire d'entreprise » désigne uniquement les femmes qui détiennent la majorité des intérêts d'une PME. En s'appuyant essentiellement sur les résultats de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises de 2004 et 2007, soit les deux années les plus récentes pour lesquelles on dispose d'éléments d'information, le présent rapport s'efforce de répondre aux questions suivantes :

  • Dans quelle mesure les PME dont les femmes détiennent la majorité des intérêts présentent-elles des caractéristiques différentes des PME dont les hommes détiennent la majorité des intérêts?
  • En quoi l'expérience des femmes propriétaires d'entreprise est-elle différente de celle de leurs homologues masculins lorsqu'elles cherchent à obtenir du financement?
  • Les PME dont les femmes détiennent la majorité des intérêts affichent-elles une courbe de croissance différente de celle des PME dont les hommes détiennent la majorité des intérêts?
  • À quels obstacles importants les femmes propriétaires d'entreprise se heurtent-elles lorsqu'elles cherchent à obtenir du financement?

Données sur le financement des PME

Pour les besoins du présent rapport, on entend par « petites et moyennes entreprises » les entreprises commerciales comptant moins de 500 employés et ayant un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions de dollars. Sont exclus les organismes à but non lucratif, les organismes publics, les écoles, les hôpitaux, les filiales, les coopératives ainsi que les sociétés de financement et de crédit-bail.

Les données sur le financement utilisées pour la présente analyse sont tirées de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises de Statistique Canada. Cette enquête a pour but d'étudier la demande et les sources de financement des PME. La base de données qui en résulte renferme de l'information sur le processus de demande, le profil des entreprises ainsi que les caractéristiques démographiques des propriétaires de PME. Pour obtenir un complément d'information sur cette enquête, voyez la section Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises de ce site Web.

Bien que le présent rapport mette l'accent sur les PME dont la majorité des intérêts sont détenus par des femmes, comparativement à celles dont la majorité des intérêts sont détenus par des hommes, il se trouve qu'environ un cinquième des PME ayant fait l'objet du sondage étaient indiquées comme étant des sociétés en propriété conjointe (propriété séparée à parts égales entre les deux sexes). Comme il est impossible de savoir, dans le cas des PME en propriété conjointe, si l'un des propriétaires détient une autorité ou responsabilité disproportionnée, ces entreprises ont été essentiellement exclues de l'analyse.

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