L'entrepreneuriat au sein des établissements canadiens d'enseignement supérieur : théorie et pratique

Décembre 2010

Chris Parsley, gestionnaire
Manique Weerasinghe, économiste
Direction générale de la petite entreprise
Industrie Canada

Sommaire :

Ce rapport se penche sur la façon dont la formation en entrepreneuriat est offerte et appuyée au sein des établissements canadiens d'enseignement supérieur. Dans l'ensemble, l'enquête a révélé que ces établissements participent activement à la formation en entrepreneuriat, et qu'ils mettent notamment à la disposition des étudiants intéressés un réseau de professionnels ainsi que les installations requises. Deux domaines de préoccupation ressortent toutefois, à savoir le fait que tous les étudiants n'ont pas accès à la formation en entrepreneuriat, puisqu'elle est réservée aux étudiants de certaines facultés, et le fait qu'il existe un soutien limité sur le campus aux premières étapes de l'entrepreneuriat.

Table des matières


Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier Anne Brazeau-Monnet de l'Association des collèges communautaires du Canada (ACCC) et Timothy-Daniel Daus de la Fédération canadienne des doyens des écoles d'administration (FCDEA) pour leur appui à la coordination de l'enquête sur la formation en entrepreneuriat dans les universités et collèges du Canada. Les auteurs aimeraient également souligner la contribution de Denis Martel, Louise Gravel et Riham Elbadri au rapport final.


Résumé

En 2009, Industrie Canada a mené une enquête pour déterminer le cadre dans lequel la formation en entrepreneuriat est offerte au Canada — domaine où l'on constate un manque de données globales détaillées — et la façon dont on encourage et favorise l'esprit d'entreprise chez les étudiants.

L'enquête a été réalisée en ligne auprès d'universités et de collèges de toutes les régions du pays. Les doyens des écoles de commerce et les directeurs des centres d'entrepreneuriat ont été recensés comme étant la population cible. Le taux de réponse global a été de 33 %. Au total, 36 universités et 32 collèges ont participé à l'enquête, ce qui représente plus de 60 % de l'ensemble de la population des étudiants de premier cycle au Canada de 2007 à 2008.

Le questionnaire d'enquête explorait six volets de la formation en entrepreneuriat : stratégie, infrastructure de l'établissement, ressources, enseignement et apprentissage, perfectionnement et sensibilisation. Les résultats de l'enquête ont mis en évidence deux domaines de préoccupation concernant la formation en entrepreneuriat, énumérés ci-dessous.

Accès limité des étudiants à la formation en entrepreneuriat

  • Près de 40 % des établissements ayant participé à l'enquête n'ont pas de stratégie visant la formation en entrepreneuriat.
  • Un nombre restreint d'étudiants ont accès à ce type d'enseignement — seulement 28 % des établissements ont pour objectif d'offrir des possibilités d'entrepreneuriat aux étudiants de toutes les facultés.
  • Les cours d'entrepreneuriat font principalement partie des disciplines offertes par les facultés d'études commerciales et de génie.

Soutien limité sur le campus pour les premières étapes de l'entrepreneuriat

  • Plus de 40 % des établissements n'ont aucun lien externe avec des investisseurs afin d'offrir des options de financement aux étudiants s'intéressant à l'entrepreneuriat.
  • 18 % des établissements surveillent le nombre d'entreprises lancées par les diplômés et la croissance de ces entreprises.
  • 48 % des établissements financent des activités d'entrepreneuriat en octroyant un financement à court terme ou dans le cadre de projets (engagement de un ou deux ans).

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1. Introduction

L'entrepreneuriat constitue une priorité pour le gouvernement. Au cours des dix dernières années, les programmes gouvernementaux ont fait la promotion de la recherche-développement (R-D) dans le secteur de l'enseignement supérieur pour accroître la production et l'élaboration de connaissances nouvelles et pour attirer et retenir au pays des chercheurs de calibre mondial. La R-D jumelée à des connaissances nouvelles offre des possibilités en matière d'entrepreneuriat. À ce titre, les établissements d'enseignement supérieur sont dans une position privilégiée pour jouer un rôle important dans la création d'un avantage entrepreneurial au Canada. Il est donc important d'offrir aux jeunes entrepreneurs potentiels les compétences et l'appui dont ils ont besoin si l'on veut doter le Canada d'un avantage concurrentiel sur la scène mondiale.

Au fil des ans, l'objectif initial de la formation en entrepreneuriat, à savoir la création d'entreprises, s'est élargi pour mettre l'accent sur le développement des comportements et des compétences d'entrepreneur. On a également cherché à donner aux étudiants tant des connaissances théoriques que des compétences en affaires et en planification stratégique, tout en envisageant d'associer une formation en entrepreneuriat à diverses disciplines offertes sur le campus.

Pour compléter le rôle qu'ils jouent à l'appui de l'innovation, les établissements d'enseignement supérieur doivent soutenir la création d'entreprises afin d'obtenir un rendement adéquat des initiatives et des investissements consacrés à la R-D.

Conformément à son mandat, qui est de stimuler et de faciliter une économie axée sur l'entrepreneuriat, Industrie Canada a mené une enquête sur la formation en entrepreneuriat auprès des universités et collèges canadiens. Cette enquête avait pour but de déterminer le cadre dans lequel la formation en entrepreneuriat est offerte au Canada – domaine où l'on constate un manque de données globales détaillées – et la façon dont on encourage et favorise l'esprit d'entreprise chez les étudiants.


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2. L'enquête

2.1 Volets et critères secondaires

L'enquête a été élaborée par la Commission européenne, en relation avec un cadre général mettant en évidence six volets fondamentaux de la formation en entrepreneuriat, qui sont ensuite divisés en critères secondairesNote de bas de page 1 :

i) Stratégie : Politiques et objectifs qui illustrent l'ampleur de l'engagement de l'établissement en matière de formation en entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Objectifs en matière d'entrepreneuriat : Entrepreneuriat intégré à l'énoncé de mission de l'établissement, ou objectifs déterminants visant à promouvoir l'entrepreneuriat.
  • Politiques en matière d'entrepreneuriat : Politiques ou plans d'action à l'échelle de l'établissement, énoncés par écrit, à l'appui de l'entrepreneuriat.
  • Intégration stratégique : Personnes nommées (directeur, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche, vice-recteur, doyen, professeur ou chargé de cours) exerçant une influence au niveau de la direction et chargées de superviser la mise en œuvre des politiques et des objectifs.

ii) Infrastructure de l'établissement : Les sources d'appui à l'extérieur de la salle de classe pour les étudiants intéressés par l'entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Méthodes : Accès à des départements d'entrepreneuriat, des centres d'entrepreneuriat, des incubateurs d'entreprises ou des bureaux de transfert de la technologie.
  • Nomination à des postes d'entrepreneuriat : Nomination de titulaires de chaires d'entrepreneuriat (personnel permanent ou non), sans compter les professeurs associés et adjoints, pour appuyer l'entrepreneuriat sur le campus.
  • Recherche en entrepreneuriat : Recherche sur l'entrepreneuriat et la formation en entrepreneuriat.
  • Structures interdisciplinaires : Structures visant à permettre aux étudiants d'obtenir des crédits pour leur diplôme en suivant des cours d'entrepreneuriat. Activités interfacultaires d'entrepreneuriat offrant aux étudiants de diverses facultés la possibilité de travailler ensemble.

iii) Ressources : Financement et ressources consacrés à la formation en entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Affectation budgétaire : Aide financière à la formation en entrepreneuriat et budget global de l'entrepreneuriat.
  • Production de revenu : Fonds recueillis pour la formation en entrepreneuriat.
  • Type de financement : Engagements financiers établis à l'appui de la formation en entrepreneuriat (financement à court, à moyen ou à long terme).

iv) Enseignement et apprentissage : Volet d'apprentissage théorique de la formation en entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Cours : Nombre de cours de formation en entrepreneuriat, par niveau d'études (premier cycle, deuxième cycle, cycle supérieur).
  • Diplômes : Accès à des programmes d'entrepreneuriat menant à des diplômes, par niveau d'études.
  • Programme d'études : Méthodes utilisées pour l'élaboration d'un programme d'études en entrepreneuriat, notamment leçons tirées d'autres établissements (au Canada et à l'étranger), liaison avec des professionnels ou collaboration interfacultaire ou interdisciplinaire.
  • Méthodes d'enseignementNote de bas de page 2 : Utilisation des méthodes suivantes : cours magistraux, études de cas, professionnels, équipes de projet, visites d'entreprises ou simulations.
  • Activités hors programme : Utilisations des activités suivantes : séminaires, concours de plans d'affaires, visites d'entreprises, événements de jumelage entre étudiants et intervenants externes, programmes de mentorat.

v) Perfectionnement : Mécanismes en place pour évaluer et surveiller l'efficacité de la formation en entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Évaluation : Application de procédures d'évaluation structurées pour déterminer si les objectifs et les stratégies en entrepreneuriat ont porté des fruits.
  • Perfectionnement axé sur l'utilisateur : Évaluation des cours d'entrepreneuriat pour mesurer les résultats des cours du point de vue des étudiants et des utilisateurs finals (employés, investisseurs, etc.).
  • Perfectionnement et gestion des ressources humaines : Reconnaissance des réalisations du personnel affecté à la formation en entrepreneuriat, obligation pour le personnel d'avoir de l'expérience en entrepreneuriat, invitation de conférenciers.

vi) Sensibilisation : Liens avec la collectivité et rapprochement des étudiants avec des personnes ayant de l'expérience en entrepreneuriat.

Critères secondaires

  • Anciens élèves : Contact avec les anciens élèves, participation de ceux-ci à des activités d'entrepreneuriat.
  • Liens avec les intervenants : Établissement de liens avec des fondations, des entreprises privées, des entrepreneurs, le gouvernement, des parcs scientifiques ou incubateurs d'entreprises, ou des organismes spécialisés en entrepreneuriat.
  • Engagement dans la collectivité : Possibilités, pour les étudiants, de participer à des stages, à des projets professionnels et à des concours de plans d'affaires pour développer leur esprit d'entreprise et leurs compétences en entrepreneuriat.

Les six volets retenus dans l'enquête représentent les éléments fondamentaux qui sous-tendent le cadre de la formation en entrepreneuriat.


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2.2 Méthode

Avant que l'enquête ne soit menée au Canada, des représentants d'une université, d'un collège, de la Fédération canadienne des doyens des écoles d'administration (FCDEA) et de l'Association des collèges communautaires du Canada (ACCC) ont examiné l'Enquête sur l'entrepreneuriat dans l'enseignement supérieur en Europe et ont formulé des commentaires, pour s'assurer qu'elle était adaptée au système d'enseignement supérieur canadien.

L'enquête canadienne en ligne comportait une section d'évaluation préliminaire de neuf questions, ainsi que le questionnaire d'enquête principal constitué de 68 questions. L'objet de l'évaluation préliminaire était d'établir le profil général de l'établissement afin de déterminer si celui-ci offrait un niveau de formation suffisant en entrepreneuriat pour être invité à répondre au questionnaire principal.

Pour pouvoir répondre au questionnaire principal, l'établissement devait remplir au moins l'un des trois critères suivants :

  • Offrir, dans le cadre d'un programme d'études ou hors programme, des activités axées sur le développement de l'esprit d'entreprise ainsi que de compétences, de connaissances et d'expériences en entrepreneuriat. S'attacher à inculquer une mentalité d'entrepreneur.
  • Offrir des cours où l'entrepreneuriat représente plus de 25 % du contenu.
  • Offrir une formation en entrepreneuriat depuis plus d'un an.

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2.3 Participants ciblés

Les participants ciblés par l'étude étaient les doyens des écoles de commerce et les directeurs de centres d'entrepreneuriat. La FCDEA et l'ACCC ont aidé à établir une liste des participants ciblés.


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2.4 Taux de réponse

Au total, 204 établissements ont été invités à participer à l'enquête – 69 universités et 135 collèges. À terme, 36 universités ont répondu et elles possédaient les qualités requises pour répondre au questionnaire principal; le taux de réponse pour les universités est donc de 52,2 % (tableau 1). Au total, 32 collèges ont participé à l'enquête, soit un taux de réponse de 23,4 % (tableau 1). L'échantillon inclut sept collèges ayant répondu à l'invitation, mais qui n'avaient pas le profil requis pour répondre au questionnaire principal. Compte tenu du fait que la population des collèges ayant servi de base à l'échantillon était deux fois plus nombreuse que celle des universités, il est difficile de déterminer si le faible taux de réponse des collèges est attribuable à l'absence de formation en entrepreneuriat au niveau collégial ou tout simplement à un manque d'intérêt pour l'enquête.

Tableau 1 : Taux de réponse selon l'établissement et la région du Canada
Région canadienne Taux de réponse des universités
(%)
Taux de réponse des collèges
(%)
Taux de réponse total
(%)
Ouest (Colombie-Britannique, Alberta, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut) 78,6 18,9 35,3
Prairies (Manitoba et Saskatchewan) 33,3 18,8 22,7
Ontario 56,5 51,6 53,7
Québec 55,6 9,3 17,3
Atlantique (Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard) 29,4 20,0 25,9
Taux de réponse total 52,2 23,4 33,0

Le taux de réponse global à l'enquête a été de 33 %, ce qui représente plus de 60 % de la population totale des étudiants de premier cycle au Canada de 2007 à 2008Note de bas de page 3. L'annexe C fournit une liste complète des établissements participants.


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2.5 Diagrammes en araignée

On a donné aux établissements une note moyenne indexée pour chaque volet et critère secondaire. On a eu recours à des diagrammes en araignée (utilisant des notes de 0 à 100) pour comparer les notes de chaque établissement par rapport aux trois sous-ensembles canadiens suivants :

  1. note moyenne des cinq établissements ayant obtenu la note la plus élevée à l'enquête;
  2. note moyenne des cinq établissements ayant obtenu la note la plus basse à l'enquête;
  3. note moyenne globale de l'échantillon canadien.

Trois sous-ensembles identiques ont été créés en utilisant les données de l'Union européenne pour comparer chaque établissement canadien avec ceux de l'Union européenne. Au total, 14 diagrammes en araignée ont été élaborés pour chaque établissement et insérés dans un outil de comparaison en ligne. La comparaison des principaux résultats canadiens et européens fera l'objet d'un futur rapport d'Industrie Canada.


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2.6 Outil de comparaison en ligne

On a donné à chaque établissement participant un nom d'utilisateur et un code d'accès personnel lui permettant de consulter ses propres diagrammes en araignée sur l'outil de comparaison en ligne. Pour des raisons de confidentialité, les établissements avaient accès uniquement à leurs diagrammes, mais non à ceux des autres établissements. Les établissements non participants avaient accès au site pour consulter les diagrammes des trois sous-ensembles canadiens et de l'Union européenne afin de pouvoir évaluer la performance globale du Canada dans le cadre de la formation en entrepreneuriat.


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3. Principaux résultats

Dans l'ensemble, les résultats montrent que les établissements d'enseignement supérieur canadiens participent activement à la formation en entrepreneuriat et qu'ils mettent à la disposition des étudiants intéressés par l'entrepreneuriat un réseau de professionnels ainsi que les installations requises.

Les résultats du rapport montrent que les établissements s'efforcent d'appuyer l'entrepreneuriat sur le campus. Durant l'année universitaire 2007-2008, 98 % des établissements ayant participé à l'enquête offraient au moins un cours d'entrepreneuriat au premier cycle, et 23 % d'entre eux offraient un ou plusieurs programmes d'entrepreneuriat menant à des diplômes (quel que soit le niveau d'études). En outre, 80 % des établissements offraient des activités hors programme en entrepreneuriat, notamment des séminaires ou ateliers, des concours de plans d'affaires ou d'investissement de capital de risque, ainsi que du mentorat ou de l'encadrement personnel. Toutefois, le nombre global d'inscriptions en entrepreneuriat donnent à penser qu'il s'agit d'un domaine spécialisé. Au sein des établissements ayant participé à l'enquête, 2,5 % des étudiants ont pris un cours d'entrepreneuriat et 2,1 % d'entre eux ont participé à des activités hors programme en entrepreneuriat.

L'enquête a mis en évidence deux domaines de préoccupation. Le premier se rapporte à l'accès des étudiants à la formation en entrepreneuriat. Les activités d'entrepreneuriat sont pertinentes et s'appliquent aux étudiants de toutes disciplines que le démarrage d'une entreprise intéresse. Or, plus des deux tiers des établissements ayant participé à l'enquête n'avaient pas d'objectif consistant à offrir une formation en entrepreneuriat à l'échelle de l'établissement. Dans la plupart des cas, une ou deux facultés (principalement les facultés d'études commerciales et de génie) offraient ce genre de programmes. Bien que les établissements fassent des efforts pour favoriser et appuyer les occasions d'entrepreneuriat sur le campus, moins du tiers des établissements avaient un objectif consistant à offrir des possibilités d'entrepreneuriat aux étudiants de toutes les facultés.

Le deuxième domaine de préoccupation touche les mécanismes en place au sein du cadre de formation en entrepreneuriat pour générer des retombées économiques. Plus précisément, on a remarqué un soutien limité et sporadique aux entreprises en cours de démarrage et la présence (ou l'absence) d'autres méthodes de transfert des connaissances à la société.

Environ 200 entreprises ont été créées en 2007-2008 au sein des établissements d'enseignement ayant participé à l'enquête, et l'étude confirme la présence d'appui pour ces entreprises. Toutefois, on observe également des lacunes et des incohérences dans ce système de soutien général. Parmi les établissements ayant participé à l'enquête, 80 % ont indiqué qu'un nombre important d'étudiants de cycle supérieur ont manifesté leur intérêt pour la formation en entrepreneuriat en participant à des concours de plan d'affaires, à des incubateurs d'entreprises et à des stages. Pourtant, 40 % des établissements n'ont pas de liens externes avec des investisseurs, la moitié n'ont pas de lien avec des fournisseurs de services professionnels et plus de 75 % n'ont pas d'incubateur d'entreprises pour appuyer les nouvelles entreprises des entrepreneurs intéressés. Les mécanismes le plus souvent utilisés à l'appui de la commercialisation sont les bureaux de transfert de la technologie et les services-conseils. Les lacunes observées dans le système global d'appui limitent probablement les avantages à long terme des activités d'entrepreneuriat au sein des établissements canadiens d'enseignement supérieur.

Dans l'ensemble, les résultats de l'enquête montrent que les établissements canadiens affichent une bonne performance dans certains domaines du cadre. Toutefois, des données indiquent que ces efforts sont souvent fragmentaires. L'objet du rapport, par conséquent, est de livrer de nouvelles informations et d'amorcer un débat sur le rôle des universités et des collèges dans la formation en entrepreneuriat et l'appui à cet égard.


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4. Volet 1 : Stratégie

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Principaux résultats : La plupart des établissements n'ont pas de stratégie à l'échelle de l'établissement pour assurer une formation en entrepreneuriat. Les politiques en matière de formation en entrepreneuriat se situent surtout à l'échelle de la faculté, ce qui peut limiter l'accès des étudiants d'autres facultés à la formation en entrepreneuriat.

Pour qu'un établissement puisse commencer à appuyer pleinement l'entrepreneuriat, il doit mettre en oeuvre un processus complexe, qui requiert des interventions sur plusieurs fronts à la fois. L'objectif va au-delà de l'offre de cours d'entrepreneuriat ou de la mise en place d'initiatives comme des programmes de placement dans des entreprises en démarrage, la mise sur pied d'incubateurs d'entreprises ou la nomination de professeurs d'entrepreneuriat.

Le volet stratégie de l'enquête s'attache à mettre en évidence l'existence d'un engagement de l'établissement à créer un climat propice à l'entrepreneuriat. L'un des éléments déterminants pour faciliter une formation durable et efficace en entrepreneuriat consiste à intégrer l'entrepreneuriat dans la stratégie générale de l'établissement. À ce stade, la définition d'objectifs déterminants et mesurables en entrepreneuriat pourrait faciliter la tâche et jeter les bases qui permettront d'évaluer l'incidence des activités de formation en entrepreneuriat. L'engagement à assurer une formation en entrepreneuriat se trouve renforcé si les objectifs sont intégrés à l'énoncé général de mission de l'établissement.


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4.1 Résultats

La figure 1 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens (la note moyenne des cinq établissements les plus performants, celle des cinq établissements les moins performants et la note moyenne globale) se comparent sous l'angle des trois critères secondaires du volet stratégie :

  • Objectifs en matière d'entrepreneuriat : Entrepreneuriat intégré à l'énoncé de mission de l'établissement, ou objectifs déterminants visant à promouvoir l'entrepreneuriat.
  • Politiques en matière d'entrepreneuriat : Politiques ou plans d'action à l'échelle de l'établissement, énoncés par écrit, à l'appui de l'entrepreneuriat.
  • Intégration stratégique : Personnes nommées (directeur, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche, vice-recteur, doyen, professeur ou chargé de cours) exerçant une influence au niveau de la direction et chargées de superviser la mise en oeuvre des politiques et des objectifs.

Figure 1 : Diagramme en araignée du volet stratégie (notes sur 100)

Figure 1 : Diagramme en araignée du volet stratégie (notes sur 100) (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 1
Diagramme en araignée du volet stratégie (notes sur 100)
Objectifs en matière d'entrepreneuriat Politiques en matière d'entrepreneuriat Intégration stratégique
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 0 2,6 9,4
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 80,0 51,7 45,3
Note moyenne globale canadienne 44,3 18,6 29,8

Pour ce qui est des trois critères secondaires, la note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants ont été les plus élevées pour les objectifs en matière d'entrepreneuriat, ce qui porte à croire que les établissements ont tendance à disposer d'objectifs établis plutôt que de politiques ou d'une intégration stratégique. Par exemple, les cinq établissements les plus performants considèrent tous que « Favoriser des comportements, des compétences et une mentalité d'entrepreneur » constitue un objectif très important en matière d'entrepreneuriat pour l'établissement.

La différence la plus faible entre la note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants s'observe pour le critère secondaire de l'intégration stratégique, mais les deux notes sont inférieures à 50, ce qui donne à penser qu'il faut en faire davantage afin que la personne responsable de la formation en entrepreneuriat exerce une influence suffisante sur la direction pour mettre en œuvre les politiques. La note moyenne des cinq établissements les moins performants était inférieure à 10 pour les trois critères secondaires.

Si la plupart des établissements ont des objectifs généraux en matière d'entrepreneuriat, ils sont en revanche peu nombreux à avoir établi des objectifs mesurables précis (tableau 2)

  • Seulement 28 % des établissements ont un objectif déterminant consistant à offrir à tous les étudiants l'accès à une formation en entrepreneuriat.
  • En outre, si 51 % des établissements cherchent à favoriser des comportements, des compétences et une mentalité d'entrepreneur chez les étudiants, près de 40 % d'entre eux n'ont aucun objectif en matière d'entrepreneuriat à l'échelle de l'établissement.
Tableau 2 : Pourcentage d'établissements ayant divers objectifs déterminants en matière de formation en entrepreneuriat
Objectifs déterminants en matière de formation en entrepreneuriat Total des établissements
(%)
Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
« — » indique qu'aucun établissement ou aucune région n'a répondu.
Favoriser des comportements, des compétences et une mentalité d'entrepreneur 51 61 40 33
Donner aux étudiants l'envie de devenir un entrepreneur 39 47 30 27
Chercher des occasions d'exploiter les connaissances sur le plan commercial 33 47 10 13
Offrir à tous les étudiants accès à des occasions d'entrepreneuriat 28 33 30 13
Augmenter le nombre de démarrages d'entreprise par des diplômés 20 28 10 7
Maximiser les revenus liés au transfert de la technologie 15 22 7
L'enseignement en entrepreneuriat devrait générer des revenus 3 3 10
L'établissement n'a aucun objectif en matière d'entrepreneuriat 39 31 40 60

Les politiques stratégiques sur la prestation de formation en entrepreneuriat sont rares à l'échelle de l'établissement, et concernent surtout certaines facultés comme celles d'études commerciales et de génie

  • Seulement 23 % des établissements disposent de politiques ou de plans d'action écrits faisant état d'une formation en entrepreneuriat à l'échelle de l'établissement.
  • 46 % des établissements disposent de politiques ou de plans d'action dans certaines facultés.
  • Promotion limitée de la formation en entrepreneuriat dans l'ensemble des facultés :
    • 75 % des établissements intègrent l'entrepreneuriat aux études commerciales;
    • 15 % des établissements intègrent l'entrepreneuriat aux disciplines techniques (génie);
    • 5 % des établissements intègrent l'entrepreneuriat aux sciences sociales.

Le plus souvent, un doyen est responsable de la formation en entrepreneuriat

  • Doyen : 44 % des établissements
  • Professeur : 21 % des établissements
  • Aucun responsable : 18 % des établissements
  • Champions de l'entrepreneuriat (personnes qui agissent en qualité de porte-parole ou de défenseur des activités d'entrepreneuriat auprès de la direction). Parmi ceux-ci :
    • la plupart ont pris d'eux-mêmes l'initiative de s'occuper de l'entrepreneuriat;
    • la plupart travaillent principalement dans des disciplines comme les études commerciales, les études techniques, les soins de santé et les sciences naturelles, ce qui peut restreindre encore l'offre de cours d'entrepreneuriat sur le campus et l'accès à ces programmes.

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5. Volet 2 : Infrastructure de l'établissement

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Principaux résultats : Les types d'infrastructure les plus courants – centres d'entrepreneuriat et bureaux de transfert de la technologie (BTT) – se retrouvent dans moins de la moitié des établissements.

Le volet infrastructure de l'établissement porte expressément sur les installations mises sur pied par les établissements à l'appui de la formation en entrepreneuriat. Ces installations soutiennent l'entrepreneuriat à différentes étapes du cycle de développement des entreprises. Pour soutenir efficacement l'entrepreneuriat à chaque étape de ce cycle, l'infrastructure semble avoir besoin de nombreux éléments différents. Toutefois, en raison de leur manque de ressources, les établissements peuvent être contraints de mettre l'accent sur un nombre restreint d'éléments, ce qui peut les amener à privilégier le recours aux licences, par exemple, au détriment de la création d'entreprises.


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5.1 Résultats

La figure 2 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens se comparent sous l'angle des quatre critères secondaires du volet infrastructure de l'établissement :

  • Méthodes : Accès à des départements d'entrepreneuriat, des centres d'entrepreneuriat, des incubateurs d'entreprises ou des bureaux de transfert de la technologie.
  • Nomination à des postes d'entrepreneuriat : Nomination de titulaires de chaires d'entrepreneuriat (personnel permanent ou non), sans compter les professeurs associés et adjoints, pour appuyer l'entrepreneuriat sur le campus.
  • Recherche en entrepreneuriat : Recherche sur l'entrepreneuriat et la formation en entrepreneuriat.
  • Structures interdisciplinaires : Structures visant à permettre aux étudiants d'obtenir des crédits pour leur diplôme en suivant des cours d'entrepreneuriat. Activités interfacultaires d'entrepreneuriat offrant aux étudiants de diverses facultés la possibilité de travailler ensemble.

Figure 2 : Diagramme en araignée du volet infrastructure de l'établissement (notes sur 100)

Figure 2 : Diagramme en araignée du volet infrastructure de l'établissement (notes sur 100) (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 2
Diagramme en araignée du volet infrastructure de l'établissement (notes sur 100)
Méthodes Nomination à des postes d'entrepreneuriat Recherche en entrepreneuriat Structures interdisciplinaires
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 5,0 0 0 16,6
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 75,0 19,0 80,0 93,3
Note moyenne globale canadienne 31,4 7,7 44,3 52,5

Tel qu'illustré à la figure 2, la différence entre la note moyenne des cinq établissements les plus performants et la note moyenne globale est supérieure à 35 points pour tous les critères secondaires, sauf celui relatif à la nomination à des postes d'entrepreneuriat, où l'écart est supérieur à 10 points. Ce résultat indique qu'en ce qui concerne le volet infrastructure de l'établissement, une amélioration peut être apportée dans les établissements canadiens en général, comparativement aux cinq établissements les plus performants. La note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants sont les plus élevées pour le critère secondaire des structures interdisciplinaires, ce qui porte à croire que les établissements s'attachent activement à donner accès à une formation en entrepreneuriat sur le campus. Par exemple, les cinq établissements les plus performants offrent tous des activités interfacultaires (dans le cadre d'un programme d'études et hors programme). De même, quatre des cinq établissements les plus performants veillent à ce que les cours d'entrepreneuriat soient assortis de crédits dans le cadre du programme d'études de l'étudiant.

Les types d'infrastructure les plus courants – centres d'entrepreneuriat et bureaux de transfert de la technologie – se retrouvent dans moins de la moitié des établissements ayant participé à l'enquête (tableau 3)

Tableau 3 : Comparaison entre les centres d'entrepreneuriat et les bureaux de transfert de la technologie (BTT)
Employés Centre d'entrepreneuriat (%) BTT (%)
Au moins un employé à temps plein 34 46
Moins d'un employé à temps plein 13 3
L'établissement ne dispose pas de cette installation 53 51

Centre d'entrepreneuriat : Lieu central où les entrepreneurs ont accès à des programmes d'enseignement, des possibilités de réseautage, du matériel et des ressources, sur le campus ou au sein de la collectivité. En général, ces centres nécessitent des budgets relativement plus importants que les bureaux de transfert de la technologie, et davantage de planification administrative.

Bureau de transfert de la technologie : Bureau qui gère l'utilisation des résultats de la recherche universitaire dans l'intérêt du public, en offrant un soutien en matière de brevet, de licence ou d'autre mécanisme de commercialisation aux facultés universitaires et aux chercheurs de l'établissement ou de la collectivité.

  • Le tableau 3 montre qu'environ la moitié des établissements ayant participé à l'enquête n'ont ni centre d'entrepreneuriat, ni bureau de transfert de la technologie.
  • Toutefois, un pourcentage plus important d'établissements affectent au moins un employé à temps plein à un bureau de transfert de la technologie comparativement à un centre d'entrepreneuriat (tableau 3). Cette préférence cadre avec les résultats d'une étude récente réalisée par Maxwell et Lévesque, qui indique que les universités sont plus susceptibles d'héberger des BTT en raison des avantages à court terme découlant de la vente de licences. Les auteurs expliquent en outre que le modèle de BTT n'offre aucune mesure propre à inciter les universités à avoir recours à d'autres modes de commercialisation qui pourraient s'avérer plus profitables. L'innovation est donc inévitablement vendue trop tôt, et les retombées économiques à long terme se concrétisent souvent dans le lieu où se trouve le détenteur de licence plutôt que dans la région où l'innovation a été créée ou financéeNote de bas de page 4.

Incubateur d'entreprises : Ce type d'installation, qui est principalement axé sur les dernières étapes du cycle de développement des entreprises, offre un soutien spécialisé, des installations de grande qualité et des services de gestion pour le démarrage d'entreprises.

  • Seulement 25 % des établissements disposent d'incubateurs d'entreprises. Parmi ceux-ci, 60 % ont aidé plus de 10 diplômés à lancer leur entreprise et 40 % ont aidé moins de 10 diplômés à lancer leur entreprise.

Chaque type d'infrastructure facilite une étape précise du cycle de développement des entreprises, depuis la conception jusqu'au démarrage. Bon nombre d'établissements qui hébergent des incubateurs d'entreprises abritent aussi d'autres types d'installations.

Sur les 25 % d'établissements qui disposent d'incubateurs d'entreprises :

  • 80 % ont des bureaux de transfert de la technologie – accent mis sur l'octroi de licences et le dépôt de brevets;
  • 87 % ont des centres d'entrepreneuriat – accent mis sur les étapes préliminaires du développement des entreprises;
  • 87 % offrent des activités interfacultaires en matière d'entrepreneuriat – accent mis sur le développement théorique à partir des possibilités qui s'offrent;
  • 80 % disposent d'un financement consacré à l'appui des objectifs de formation en entrepreneuriat.

D'après ces résultats, la majorité des établissements qui hébergent des incubateurs d'entreprises appuient également d'autres installations, offrant ainsi un cadre pour aider les étudiants entrepreneurs à chaque étape du cycle de développement des entreprises. L'engagement financier requis pour mettre en place ce type de réseau pourrait pousser les universités à envisager d'autres modes de commercialisation moins coûteux, comme l'octroi de licences par l'intermédiaire des bureaux de transfert de la technologie.

Pour régler le problème des universités qui doivent choisir entre les gains à court terme provenant des droits de licence et le coût et le risque associés à d'autres modes de commercialisation, Maxwell et LévesqueNote de bas de page 5 proposent l'établissement de partenariats entre les incubateurs d'entreprises universitaires et les organismes de développement économique régional. Ce type de partenariat crée des occasions de recherche, incite des entrepreneurs et d'anciens élèves prospères à faire des dons aux universités, et stimule l'économie locale grâce à la création de nouvelles entreprises et à la présence de diplômés et de stagiaires.


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6. Volet 3 : Ressources

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Principaux résultats : La plus grande partie du financement est allouée à des activités d'entrepreneuriat (dans le cadre d'un programme d'études et hors programme) principalement à court terme, ce qui limite le développement à long terme de la capacité entrepreneuriale sur le campus.

Le volet ressources met en évidence la façon dont l'entrepreneuriat est financé au sein d'un établissement. Étant donné que plus le financement est à long terme, plus le développement de l'entrepreneuriat est viable, la viabilité de la formation en entrepreneuriat est étroitement reliée au type et à la source de financement. Cela se traduit par un équilibre entre l'affectation de fonds consacrés à l'atteinte d'objectifs précis en matière de formation en entrepreneuriat et le financement à court terme à l'appui d'activités d'entrepreneuriat dans le cadre d'un programme d'études et hors programme. En outre, il sera plus facile de faire de la formation en entrepreneuriat un élément permanent au sein de l'établissement si les activités d'entrepreneuriat peuvent générer un revenu indépendant ou attirer un financement externe au profit de l'établissement.


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6.1 Résultats

La figure 3 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens se comparent sous l'angle des trois critères secondaires du volet ressources :

  • Affectation budgétaire : Aide financière à la formation en entrepreneuriat et budget global de l'entrepreneuriat.
  • Production de revenu : Fonds recueillis pour la formation en entrepreneuriat.
  • Type de financement : Engagements financiers établis à l'appui de la formation en entrepreneuriat (financement à court, à moyen ou à long terme).

Figure 3 : Diagramme en araignée du volet ressources (notes sur 100)

Figure 3 : Diagramme en araignée du volet ressources (notes sur 100) (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 3
Diagramme en araignée du volet ressources (notes sur 100)
Affectation budgétaire Production de revenu Type de financement
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 0,03 0 13,3
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 50,6 100,0 66,7
Note moyenne globale canadienne 21,0 72,1 34,4

Tel qu'illustré à la figure 3, c'est pour le critère secondaire de la production de revenu que la note moyenne des cinq établissements les plus performants (100) et la note moyenne globale (72) ont été les plus élevées, ce qui donne à penser qu'un grand nombre d'établissements se livrent à au moins une des activités lucratives suivantes : collecte de dons d'anciens élèves et d'autres philanthropes ou imposition de droits pour l'organisation de séminaires ou d'ateliers. La note moyenne globale est inférieure à 50 pour les deux autres critères secondaires, à savoir l'affectation budgétaire et le type de financement, ce qui indique peut-être qu'une amélioration est possible au chapitre de l'affectation de fonds et de l'accroissement de la durée de l'engagement financier à l'appui de la formation en entrepreneuriat.

Le budget consacré à la formation en entrepreneuriat varie selon le type d'établissement

  • Enveloppe budgétaire moyenne allouée à la formation en entrepreneuriat (2007-2008) :
    • universités : 430 000 $;
    • collèges décernant des diplômes : 78 000 $;
    • instituts de technologie : 44 000 $;

Le budget moyen consacré à la formation en entrepreneuriat dans la région de l'Ouest est trois fois plus élevé que celui du Québec (figure 4)

  • La région de l'Ouest (Colombie-Britannique, Alberta, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut) et la région de l'Atlantique sont celles qui consacrent, en moyenne, les plus gros budgets à la formation en entrepreneuriat.
  • Avec un budget moyen d'environ 138 000 $, le Québec est la région qui consacre le moins d'argent à la formation en entrepreneuriat.

Figure 4 : Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, et répartition entre le financement interne et le financement externe, par région

Figure 4 : Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, et répartition entre le financement interne et le financement externe, par région (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 4
Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, et répartition entre le financement interne et le financement externe, par région
Région Budget moyen Financement externe Financement interne
Atlantique 372 142,90 $ 69 % 31 %
Québec 137 562,50 $ 38 % 62 %
Ontario 188 530,80 $ 53 % 47 %
Prairies 186 250,00 $ 38 % 63 %
Ouest 473 875,00 $ 24 % 76 %

On a demandé aux établissements d'enseignement de déterminer quelle était la proportion de leur budget de formation en entrepreneuriat provenant de financement interne et de financement externe.

  • Financement interne : Engagement financier au sein de l'établissement pour développer la formation en entrepreneuriat à court et à long terme.
  • Financement externe : Financement provenant de sources externes (fonds du gouvernement, dons de bienfaiteurs divers et dons d'anciens élèves) habituellement assorti de restrictions et de clauses particulières. En général, ce type de financement n'est pas une source de fonds permanente pour les projets à long terme.

Le financement interne représente la plus grande partie des budgets alloués à la formation en entrepreneuriat, sauf dans la région de l'Atlantique. En Ontario, le financement interne et le financement externe sont à peu près égaux

  • Si l'on observe la source des budgets alloués par établissement à la formation en entrepreneuriat, la répartition est de 51 % de financement interne contre 49 % de financement externe dans la plupart des universités et collèges.
  • Par province, les fonds internes représentent plus de 60 % des budgets consacrés à la formation en entrepreneuriat dans l'Ouest (Colombie-Britannique, Alberta, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut), dans les Prairies (Manitoba et Saskatchewan) et au Québec. En Ontario, on observe une ventilation presque égale. En revanche, dans l'Atlantique, près de 70 % du budget de la formation en entrepreneuriat provient de financement externe.

Près de la moitié des établissements ayant participé à l'enquête financent la formation en entrepreneuriat à court terme, ce qui semble indiquer un engagement limité à l'appui du développement à long terme de ce type d'enseignement (figure 5)

  • 48 % des établissements financent principalement leurs activités d'entrepreneuriat en octroyant des ressources à court terme ou dans le cadre de projets (engagement de un ou deux ans).
  • Un peu plus du tiers des établissements (34,4 %) financent les activités d'entrepreneuriat au moyen d'une formule mixte – combinaison de financements à court terme (de un ou deux ans), à moyen terme (de trois à cinq ans) et à long terme (plus de cinq ans).

Figure 5 : Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, selon la durée du financement

Figure 5 : Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, selon la durée du financement (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 5
Budget moyen alloué à la formation en entrepreneuriat, selon la durée du financement
Financement essentiellement à court terme ou pour des projets 48 %
Financement essentiellement à moyen terme 10 %
Financement essentiellement à long terme 8 %
Mélange de financement à court, à moyen et à long terme 34 %

Environ les trois quarts des établissements ayant un engagement financier à long terme à l'appui de la formation en entrepreneuriat ont mis sur pied au moins un type d'infrastructure

  • Parmi les établissements qui allouent aux activités d'entrepreneuriat un financement à moyen terme, à long terme ou mixte (dans le cadre d'un programme d'études ou hors programme), 72 % hébergent au moins un type d'infrastructure (département d'entrepreneuriat, centre d'entrepreneuriat, bureau de transfert de la technologie, incubateur d'entreprises).
  • À titre de comparaison, parmi les établissements qui ne consacrent qu'un financement à court terme aux activités d'entrepreneuriat, 66 % hébergent au moins un type d'infrastructure.

Environ 72 % des établissements ayant participé à l'enquête recueillent des fonds pour la formation en entrepreneuriat grâce à au moins un type d'activité lucrative (tableau 4)

  • 48 % des établissements génèrent un revenu grâce à des dons d'intervenants.
    • Environ 60 % des universités recueillent des fonds de cette façon.
  • Les autres activités lucratives le plus souvent citées sont les dons d'anciens élèves et l'imposition de droits pour l'organisation de séminaires.
  • 28 % des établissements ne participent pas à des activités lucratives.
    • Si l'on se penche sur les activités par établissement, on remarque que 73 % des instituts de technologie ne participent pas à des activités lucratives, comparativement à 10 % des collèges et 14 % des universités.
Tableau 4 : Pourcentage d'établissements recueillant des fonds grâce à des activités lucratives
Activités lucratives Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
« — » indique qu'aucun établissement ou aucune région n'a répondu.
Dons d'intervenants 61 50 13
Dons d'anciens élèves 53 40 13
Perception de droits auprès des participants aux séminaires, ateliers, etc. 53 30 13
Services-conseils 33 20
Recettes de publication 11
Aucune activité lucrative 14 10 73

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7. Volet 4 : Enseignement et apprentissage

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Principaux résultats : La plupart des cours de formation en entrepreneuriat sont offerts dans le cadre des programmes d'études commerciales et de génie, ce qui limite l'accès des entrepreneurs potentiels qui étudient dans des domaines comme la médecine ou les sciences environnementales. La formation en entrepreneuriat nécessite le recours à des méthodes d'enseignement non traditionnelles, et la plupart des établissements font appel à diverses méthodes, notamment des expériences pratiques en matière d'entrepreneuriat.

Le volet enseignement et apprentissage met en évidence les activités offertes dans le cadre de la formation en entrepreneuriat de l'établissement, tant par l'intermédiaire d'un programme d'études que d'activités hors programme. Les activités se rattachant à l'élaboration d'un programme d'études entrepreneuriales font appel à divers cours et méthodes pédagogiques. Ce volet comprend également des activités favorisant la collaboration entre les différentes facultés de l'établissement. Les activités hors programme renvoient entre autres à des méthodes d'enseignement non traditionnelles.


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7.1 Résultats

La formation en entrepreneuriat peut être dispensée soit dans le cadre d'un programme d'études (cours théoriques) ou dans le cadre d'expériences pratiques par l'intermédiaire de concours de plans d'entreprise ou d'études de cas (activités hors programme). Au cours de l'année universitaire 2007-2008, les étudiants des établissements ayant participé à l'enquête ont participé dans une même proportion à des activités d'entrepreneuriat dans le cadre d'un programme d'études (2,5 %) et hors programme (2,3 %), ce qui donne à penser qu'il n'y a pas de préférence quant à la façon dont l'enseignement est offert.

La figure 6 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens se comparent sous l'angle des cinq critères secondaires du volet enseignement et apprentissage :

  • Cours : Nombre de cours de formation en entrepreneuriat, par niveau d'études (premier cycle, deuxième cycle, cycle supérieur).
  • Diplômes : Accès à des programmes d'entrepreneuriat menant à des diplômes, par niveau d'études.
  • Programme d'études : Méthodes utilisées pour l'élaboration d'un programme d'études en entrepreneuriat, notamment leçons tirées d'autres établissements (au Canada et à l'étranger), liaison avec des professionnels ou collaboration interfacultaire ou interdisciplinaire.
  • Méthodes d'enseignementNote de bas de page 6 : Utilisation des méthodes suivantes : cours magistraux, études de cas, professionnels, équipes de projet, visites d'entreprises ou simulations.
  • Activités hors programme : Utilisation des activités suivantes : séminaires, concours de plans d'affaires, visites d'entreprises, événements de jumelage entre étudiants et intervenants externes, programmes de mentorat.

Figure 6 : Diagramme en araignée du volet enseignement et apprentissage (notes sur 100)Note de bas de page 7

Figure 6 : Diagramme en araignée du volet enseignement et apprentissage (notes sur 100) (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la figure 6
Diagramme en araignée du volet enseignement et apprentissage (notes sur 100)
Cours Diplômes Programme d'études Méthodes d'enseignement Activités hors programme
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 55,9 0 14,2 40,0 0
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 46,1 65,0 77,1 0 100
Note moyenne globale canadienne 54,2 15,2 42,9 11,5 83,6

La note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants sont élevées pour le critère secondaire des activités hors programme, ce qui donne à penser que les établissements invitent les étudiants à participer à des séminaires ou ateliers, à des concours de plans d'affaires ou d'investissement de capital de risque, ou encore à des programmes de mentorat ou d'encadrement personnel afin de leur offrir une expérience pratique. Parmi les cinq établissements les plus performants, une université a obtenu une note inférieure à 20 pour le critère secondaire des cours, alors que les quatre autres universités obtenaient une note comprise entre 45 et 62. Comme l’illustre la figure 6, cela se traduit par une faible note moyenne des cinq établissements les plus performants pour le critère secondaire des cours, en comparaison de la note moyenne globale.

La note moyenne globale est faible pour le critère secondaire du programme d'études, indiquant que les établissements au pays pourraient développer davantage leur programme d'études en entrepreneuriat grâce à des échanges concernant les méthodes d'enseignement, à l'échelon national ou international, ou en assurant la liaison avec des entrepreneurs ou des professionnels lors de l'élaboration du matériel d'enseignement de l'entrepreneuriat. La note moyenne globale est également faible pour le critère secondaire des diplômes, ce qui donne à penser que les étudiants n'ont peut-être pas accès à une méthode structurée d'enseignement de l'entrepreneuriat proposant une série de cours se rapportant aux différentes étapes du cycle de développement des entreprises.

La plupart des cours d'entrepreneuriat sont offerts au premier cycle

  • La majorité des établissements offrent entre un et cinq cours d'entrepreneuriat aux premier, deuxième et troisième cycles (tableau 5).
  • C'est au premier cycle que l'on trouve en moyenne le plus de cours d'entrepreneuriat (7,5 cours). Ces cours portent surtout sur l'évaluation des besoins en matière de développement des entreprises, le repérage des débouchés et la résolution de problèmes.
  • Quel que soit le niveau d'études, 23 % des établissements offraient un ou plusieurs programmes d'entrepreneuriat menant à des diplômes.
Tableau 5 : Pourcentage d'établissements offrant des cours d'entrepreneuriat, par niveau d'études
Nombre de cours d'entrepreneuriat Premier cycle
(%)
N = 60 Référence de la note * du tableau 5
Deuxième cycle
(%)
N = 42 Référence de la note * du tableau 5
Cycle supérieur
(%)
N = 16 Référence de la note * du tableau 5
Note * du tableau 5 : N représente le nombre d'établissements qui offrent chaque niveau d'études.
0 cours / sans objet 2 31 63
De 1 à 5 cours 48 45 38
De 6 à 10 cours 30 12 0
Plus de 10 cours 20 12 0

Des conférenciers sont invités pour compenser le manque d'expérience en entrepreneuriat au sein du corps professoral

Il n'est pas nécessaire d'avoir de l'expérience en entrepreneuriat pour donner des cours dans ce domaine

  • Les méthodes les plus utilisées en salle de classe sont les études de cas, les cours magistraux et les équipes de projet. De plus, 59 % des établissements ayant participé à l'enquête ont souvent recours à des entrepreneurs et des professionnels, à qui ils demandent de faire des visites en classe.
  • Dans 66 % des établissements, plus de cinq membres du personnel enseignant participent à des activités d'entrepreneuriat. Toutefois, même si plus de 75 % des établissements n'exigent pas de leur personnel une expérience concrète en entrepreneuriat, 80 % font appel, dans une certaine mesure, à des conférenciers ou à des professionnels invités ayant une certaine expérience pratique dans le domaine.

Les cours d'entrepreneuriat sont réservés aux étudiants inscrits à certains programmes d'études

  • La majorité des établissements (tableau 6) offrent des cours d'entrepreneuriat dans le cadre des études commerciales (95 %) et des études techniques (génie) (39 %).
  • En général, les universités offrent des cours d'entrepreneuriat dans un plus grand nombre de disciplines que les collèges décernant des diplômes ou les instituts de technologie. Elles autorisent aussi plus facilement les étudiants à s'inscrire à des cours dans d'autres facultés.
Tableau 6 : Pourcentage d'établissements offrant des cours ou décernant des diplômes d'entrepreneuriat, par discipline et par type d'établissement
Discipline Total des établissements
(%)
Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
« — » indique qu'aucun établissement ou aucune région n'a répondu.
Études commerciales 95 94 100 93
Études techniques (génie) 39 39 50 33
Industrie alimentaire et économie domestique 21 17 30 27
Arts 20 22 20 13
Sciences naturelles 13 19 7
Sciences sociales (sauf les études commerciales) 13 14 10 13
Soins de santé 13 8 30 13
Agriculture 11 14 10 7
Pédagogie ou éducation 5 6 10
Sciences humaines et théologie 5 8
Sécurité publique ou défense 3 20

Des méthodes d'enseignement non traditionnelles sont souvent utilisées pour la formation pratique technique

En plus des activités se rattachant à un programme d'études, les formes d'activités hors programme les plus courantes sont les séminaires ou ateliers (66 %), suivies des concours de plan d'affaires ou d'investissement de capital de risque (62 %) et des programmes de mentorat ou d'encadrement personnel (57 %) (tableau 7).

Tableau 7 : Pourcentage d'établissements offrant des activités d'entrepreneuriat hors programme, par type d'établissement
Activité hors programme Total des établissements
(%)
Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
« — » indique qu'aucun établissement ou aucune région n'a répondu.
Séminaires ou ateliers 66 75 80 33
Concours de plan d'affaires ou d'investissement de capital de risque 62 81 60 20
Mentorat ou encadrement personnel 57 64 60 40
Visites d'entreprise 46 50 60 27
Événements de jumelage 43 56 30 20
Aucune activité offerte 16 8 47

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8. Volet 5 : Perfectionnement

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Principaux résultats : La plupart des établissements ont relevé un certain intérêt pour l'entrepreneuriat chez les étudiants, mais peu d'établissements ont les procédures d'évaluation nécessaires pour surveiller la qualité et l'efficacité de ces activités et cerner les domaines susceptibles d'être améliorés ou perfectionnés.

Le volet perfectionnement se penche sur la question de savoir si les établissements améliorent de façon continue la qualité de leurs activités d'entrepreneuriat. À cette fin, il évalue si l'établissement prend en compte les besoins et les désirs des utilisateurs actuels et anciens (étudiants et anciens élèves) et ceux des « utilisateurs finals » indirects (employeurs potentiels, investisseurs de capital de risque, etc.) lorsqu'il élabore ou améliore son programme de formation en entrepreneuriat.


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8.1 Résultats

La figure 7 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens se comparent sous l'angle des trois critères secondaires du volet perfectionnement :

  • Évaluation : Application de procédures d'évaluation structurées pour déterminer si les objectifs et les stratégies en entrepreneuriat ont porté des fruits.
  • Perfectionnement axé sur l'utilisateur : Évaluation des cours d'entrepreneuriat pour mesurer les résultats des cours du point de vue des étudiants et des utilisateurs finals (employés, investisseurs, etc.).
  • Perfectionnement et gestion des ressources humaines : Reconnaissance des réalisations du personnel affecté à la formation en entrepreneuriat, obligation pour le personnel d'avoir de l'expérience en entrepreneuriat, invitation de conférenciers.

Figure 7 : Diagramme en araignée du volet perfectionnement (notes sur 100)

Figure 7 : Diagramme en araignée du volet perfectionnement (notes sur 100)
Description de la figure 7
Diagramme en araignée du volet perfectionnement (notes sur 100)
Évaluation Perfectionnement axé sur l'utilisateur Perfectionnement et gestion des ressources humaines
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 0 50,0 6,1
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 80,0 100,0 40,9
Note moyenne globale canadienne 23,3 89,3 20,9

La note obtenue pour le critère secondaire de l'évaluation montre que les établissements canadiens n'ont pas tendance à utiliser des procédures d'évaluation officielles pour suivre les progrès réalisés à l'égard de la mise en oeuvre de leurs objectifs et stratégies en matière de formation en entrepreneuriat. Toutefois, la note élevée obtenue relativement au critère secondaire du perfectionnement axé sur l'utilisateur indique que les établissements canadiens évaluent davantage les cours figurant au programme d'études pour déterminer les attitudes chez les étudiants et les utilisateurs finals, tels que les investisseurs et les employeurs.

La note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants sont faibles pour le critère secondaire du perfectionnement et de la gestion des ressources humaines. Ceci indique qu'une amélioration est possible, tant en ce qui concerne la reconnaissance des réalisations du personnel propres à appuyer l'entrepreneuriat sur le campus qu'en ce qui concerne les moyens déployés pour que le personnel voué à l'enseignement de l'entrepreneuriat ait les compétences et aptitudes nécessaires.

La plupart des établissements ne disposent pas de procédures d'évaluation pour cerner et surveiller le perfectionnement de la formation en entrepreneuriat sur le campus

  • Seulement 23 % des établissements ont établi des procédures d'évaluation en bonne et due forme pour surveiller les progrès réalisés dans l'atteinte des objectifs en entrepreneuriat et la mise en oeuvre des stratégies connexes.
  • 20 % des établissements évaluent leurs cours d'entrepreneuriat en recueillant l'opinion des utilisateurs finals (employeurs et investisseurs) sur les compétences et attitudes entrepreneuriales des étudiants qu'ils ont formés.
  • Dans près de la moitié des établissements (48 %), aucune procédure n'est en place pour évaluer les effets attendus à moyen et à long terme des cours d'entrepreneuriat.

Même si plus de 80 % des établissements (tableau 8) ont noté chez les diplômés un certain intérêt pour l'entrepreneuriat ou une demande dans ce domaine, en raison de leur participation à des concours de plans d'affaires, à des incubateurs d'entreprises ou à des stages dans des entreprises en démarrage, peu d'entre eux ont assuré un suivi concernant les effets à long terme de ces activités.

  • 48 % des établissements n'ont pas de procédure d'évaluation pour cerner les effets à moyen et à long terme sur la mentalité et les compétences des étudiants.
  • 62 % des établissements mentionnent qu'ils restent en contact avec les anciens élèves.
  • 34 % des établissements ne font pas de suivi auprès des anciens élèves.
  • 18 % des établissements surveillent le nombre d'entreprises fondées par les diplômés et la croissance de ces entreprises.
Tableau 8 : Pourcentage d'étudiants obtenant leur diplôme en ayant une expérience pratique en entrepreneuriat Référence de la note * du tableau 8, 2007–2008
Diplômés ayant de l'expérience en entrepreneuriat Total des établissements
(%)
Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
Note * du tableau 8 : Élément mesuré en fonction de la participation à des concours de plans d'affaires, à des incubateurs d'entreprises ou à des stages dans des entreprises en démarrage.
Aucun 5 3 0 13
Moins de 10 % 48 47 60 40
De 10 à 50 % 26 31 30 13
Plus de 50 % 7 8 0 7
Ne peut faire une estimation 15 11 10 27

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9. Volet 6 : Sensibilisation

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Principaux résultats : Bien que les établissements créent des liens avec des personnes ayant de l'expérience en entrepreneuriat et avec des entreprises privées pour permettre à leurs étudiants d'avoir accès à des activités pratiques, 41 % d'entre eux n'ont pas de lien avec des investisseurs, ce qui restreint les possibilités de financement disponibles sur le campus pour les étudiants désireux de lancer une entreprise.

Le volet sensibilisation se penche sur la question de savoir si le développement de l'esprit d'entreprise chez les étudiants n'est pas un exercice purement théorique.

Dans la plupart des établissements d'enseignement, les étudiants sont souvent isolés de l'extérieur. Or, pour développer chez les étudiants l'esprit d'entreprise, de même qu'un comportement et des compétences connexes, les intervenants externes peuvent offrir des possibilités d'acquérir une expérience pratique en proposant aux étudiants diverses activités de sensibilisation.


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9.1 Résultats

La figure 8 illustre la façon dont les trois sous-ensembles canadiens se comparent sous l'angle des trois critères secondaires du volet sensibilisation :

  • Anciens élèves : Contact avec les anciens élèves, participation de ceux-ci à des activités d'entrepreneuriat.
  • Liens avec les intervenants : Établissement de liens avec des fondations, des entreprises privées, des entrepreneurs, le gouvernement, des parcs scientifiques ou incubateurs d'entreprises, ou des organismes spécialisés en entrepreneuriat.
  • Engagement dans la collectivité : Possibilités, pour les étudiants, de participer à des stages, à des projets professionnels et à des concours de plans d'affaires pour développer leur esprit d'entreprise et leurs compétences en entrepreneuriat.

Figure 8 : Diagramme en araignée du volet sensibilisation (notes sur 100)

Figure 8 : Diagramme en araignée du volet sensibilisation (notes sur 100)
Description de la figure 8
Figure 8 : Diagramme en araignée du volet sensibilisation (notes sur 100)
Anciens élèves Liens avec les intervenants Engagement dans la collectivité
Note moyenne des cinq établissements les moins performants 13,3 0 20,0
Note moyenne des cinq établissements les plus performants 93,3 71,1 73,3
Note moyenne globale canadienne 51,4 34,1 52,3

Parmi les trois critères secondaires du volet sensibilisation, la note moyenne globale et celle des cinq établissements les plus performants était la plus élevée pour le critère secondaire de l'engagement dans la collectivité, ce qui incite à penser que les établissements participent activement à la vie de la collectivité en offrant aux étudiants des stages, des projets professionnels et des concours de plan d'entreprise afin de leur permettre de développer leur esprit d'entreprise et leurs compétences en entrepreneuriat dans un contexte réaliste.

La majorité des cinq établissements les plus performants assurent un suivi auprès des anciens élèves et les invitent à participer à des activités d'entrepreneuriat. Ils entretiennent des liens avec les intervenants qui apportent une réelle contribution aux activités d'entrepreneuriat de l'établissement. Cependant, la note moyenne globale pour ces deux critères secondaires est inférieure d'environ 20 points à celle des cinq établissements les plus performants, ce qui indique qu'il y a des possibilités d'amélioration.

Les intervenants externes qui favorisent et soutiennent l'entrepreneuriat sont le plus souvent des entrepreneurs et des entreprises privées (tableau 9)

  • Les intervenants externes sont surtout des entrepreneurs (84 %) et des entreprises privées (84 %).
  • Les autres intervenants désireux de promouvoir l'esprit d'entreprise et de fournir des possibilités de réseautage sont le gouvernement (77 %), les fondations (61 %) et les organismes spécialisés appuyant l'entrepreneuriat (60 %).
Tableau 9 : Pourcentage d'établissements ayant des liens ou non avec certains intervenants externes
Intervenants externes Lien (%) Aucun lien (%)
Note * du tableau 9 : Offrent des services-conseils (p. ex., comptabilité, marketing, impôt sur le revenu).
Note ** du tableau 9 : Accent mis sur le démarrage d'entreprise ou les interactions entre l'industrie et les entreprises en démarrage.
Entreprises privées 84 16
Entrepreneurs 84 16
Gouvernement 77 23
Fondations 61 39
Organismes spécialisés appuyant l'entrepreneuriat 60 39
Investisseurs (sociétés de capital de risque, banques, etc.) 59 41
Fournisseurs de services professionnels Référence de la note * du tableau 9 49 51
Parcs scientifiques ou incubateurs d'entreprises Référence de la note ** du tableau 9 39 61

Parmi les intervenants externes qui offrent du soutien aux entreprises en démarrage (commercialisation)

  • 41 % des établissements ayant participé à l'enquête n'ont aucun lien avec des investisseurs, comme des sociétés de capital de risque ou des banques. Étant donné que les entrepreneurs doivent au moins avoir un plan d'affaires et des fonds pour lancer une entreprise, davantage d'établissements pourraient appuyer des options de financement sur le campus.
  • 51 % des établissements n'ont pas de lien avec des fournisseurs de services professionnels, qui pourraient aider les entrepreneurs potentiels dans des domaines comme la comptabilité, le marketing et l'impôt sur le revenu.
  • 61 % des établissements ne possèdent pas de parc scientifique ou d'incubateur d'entreprises leur permettant d'offrir des installations et une aide en gestion aux entreprises en démarrage.

Le transfert de connaissances à la société est une mesure de l'entrepreneuriat qui peut prendre diverses formes comme la création d'une entreprise, l'octroi de licences, la prestation de services-conseils ou l'établissement d'une entreprise dérivée d'une université (tableau 10)

  • Au cours de l'année universitaire 2007-2008, 281 entreprises au total ont été créées, soit 167 par des diplômés universitaires et 114 par des diplômés de collèges.
  • Autres formes de transfert de connaissances :
    • les services-conseils constituent la forme la plus courante;
    • environ le tiers des établissements effectuent le transfert de connaissances en créant une entreprise dérivée d'une université, en établissant des contrats de licence ou en enregistrant des droits de propriété intellectuelle;
    • toutefois, 25 % des établissements n'effectuent aucun transfert de connaissances à la société :
      • d'après un petit échantillon, par type d'établissement, plus de la moitié des instituts de technologie (53 %) n'effectuent aucun transfert de connaissances à la société.
Tableau 10 : Pourcentage d'établissements effectuant un transfert de connaissances à la société
Types de transfert de connaissances Total des établissements
(%)
Universités
(%)
Collèges décernant des diplômes
(%)
Instituts de technologie
(%)
« — » indique qu'aucun établissement ou aucune région n'a répondu.
Entreprises dérivées d'une université 33 42 10 27
Contrats de licence 26 44
Brevets ou droits de propriété intellectuelle 33 53 7
Conception de produits ou de procédés 26 39 20
Services-conseils 64 81 60 27
Transfert de connaissances par d'autres mécanismes 15 17 20
Aucun transfert de connaissances 25 11 30 53

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10. Obstacles à la formation en entrepreneuriat

Dans l'ensemble, les résultats de l'enquête montrent que les établissements d'enseignement canadiens participent à la formation en entrepreneuriat. La façon d'envisager cette formation, toutefois, semble être fragmentaire pour les six volets retenus, étant donné que les établissements d'enseignement obtiennent des résultats satisfaisants selon certains critères, mais présentent des lacunes selon d'autres. Afin de découvrir les raisons susceptibles d'expliquer cette situation, on a demandé aux établissements de citer trois obstacles à la formation en entrepreneuriat auxquels ils se heurtent.

La figure 9 montre le nombre et le pourcentage d'établissements (universités et collèges) qui ont indiqué chacun des obstacles constituant un défi à la formation en entrepreneuriat.

Figure 9 : Obstacles à la formation en entrepreneuriat, selon le type d'établissement (nombre et pourcentage)

Figure 9 : Obstacles à la formation en entrepreneuriat, selon le type d'établissement (nombre et pourcentage)
Description de la figure 9
Figure 9 : Obstacles à la formation en entrepreneuriat, selon le type d'établissement (nombre et pourcentage)
Obstacles Universités Collèges Pourcentage
La formation en entrepreneuriat repose sur les efforts d'une seule personne ou de quelques personnes 23 19 69
Aucun financement n'est disponible à l'appui de la formation en entrepreneuriat 18 11 48
Il n'y a pas d'intégration stratégique de la formation en entrepreneuriat dans mon établissement 11 14 41
Le personnel universitaire ne dispose pas de suffisamment de temps pour assurer une formation en entrepreneuriat 8 4 20
L'expertise du personnel universitaire est limitée ou le niveau actuel de compétence des enseignants est inadéquat 10 1 18
Il n'y a pas de demande des étudiants concernant la formation en entrepreneuriat 2 8 16
Aucun appui du gouvernement ou il y a lieu d'améliorer le contexte politique favorisant la formation en entrepreneuriat 6 2 13
Dans mon établissement, aucune reconnaissance n'est accordée à l'excellence en matière de formation en entrepreneuriat 2 5 11
Manque de matériel d'enseignement de bonne qualité pour l'entrepreneuriat 6 0 10
Certains membres du personnel universitaire s'opposent à l'introduction de la formation en entrepreneuriat 4 2 10
Aucun appui de la haute direction de mon établissement 2 3 8
La formation en entrepreneuriat ne jouit d'aucune crédibilité universitaire 2 0 3

Comme l'indique la figure 9, parmi les 61 établissements d'enseignement ayant participé à l'enquête, 42 ont indiqué au nombre des trois principaux obstacles à la formation en entrepreneuriat le fait que le programme de formation en entrepreneuriat reposait sur les efforts d'une seule personne ou de quelques personnes. Ce genre d'obstacle limite l'accessibilité à formation sur le campus, du fait que la plupart du temps l'unique personne ou les quelques personnes responsables de la formation en entrepreneuriat sont en poste dans une faculté donnée. Ce résultat corrobore les résultats précédents relativement au volet stratégie, selon lesquels 44 % des établissements ont indiqué qu'un doyen était la principale personne responsable de la formation en entrepreneuriat, ce qui concentre cette formation dans une faculté particulière.

Le deuxième obstacle le plus cité (29 des 61 établissements) concerne l'absence de financement disponible pour la formation en entrepreneuriat. Le volet ressources de l'enquête montre que près de la moitié des établissements appuient la formation en entrepreneuriat grâce à un financement à court terme, ce qui limite leur niveau d'engagement à la mise sur pied d'un cadre cohérent de formation en entrepreneuriat sur le campus.

Le troisième obstacle le plus couramment cité a trait au manque d'intégration stratégique du programme de formation en entrepreneuriat au sein des établissements. Deux des trois obstacles le plus souvent cités par les établissements sont de nature stratégique, ce qui révèle la nécessité, au sein de la direction, de reconnaître la formation en entrepreneuriat et de s'engager à offrir des cours sur tout le campus.


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11. Conclusion

Les établissements d'enseignement supérieur canadiens participent activement à la formation en entrepreneuriat, tant au niveau théorique qu'en mettant à la disposition des étudiants intéressés par l'entrepreneuriat un réseau de professionnels ainsi que les installations requises.

Cependant, les résultats obtenus pour plusieurs domaines des six volets de l'enquête indiquent que l'on pourrait en faire davantage afin d'encourager et de promouvoir les activités d'entrepreneuriat au sein des établissements d'enseignement supérieur.

La formation en entrepreneuriat nécessite un cadre adéquat et cohérent qui englobe les divers volets de cette formation. Si les résultats de l'enquête ont révélé l'existence de plusieurs initiatives et pratiques bien articulées, ils ont également montré que les efforts de formation entourant l'entrepreneuriat comportent plusieurs lacunes. En définitive, l'élaboration d'un cadre détaillé visant à offrir accès et soutien à l'entrepreneuriat dépendra des résultats attendus du système de formation en entrepreneuriat.


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Annexe A : Trois établissements bien classés appuyant la formation en entrepreneuriat, par volet

Volet
Établissements
Stratégie

Université Laval

Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse
Université Ryerson

Infrastructure de l'établissement
Université Wilfrid Laurier

Université Ryerson

HEC Montréal

Ressources
Université McGill
Université de l'Alberta
Université de Waterloo
Enseignement et apprentissage
Université du Nouveau-Brunswick – Fredericton
Cégep de Chicoutimi

Université Mont-Royal Référence de la note * de l'annexe A

Perfectionnement
Université McMaster
Université Trinity Western
Université Mont-Royal Référence de la note * de l'annexe A
Sensibilisation
Université de Toronto
Université de l'Alberta
Université de Waterloo
Note * de l'annexe A : Anciennement connue sous le nom de Collège Mont-Royal.

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Annexe B : Estimation de la représentativité de l'échantillon de l'enquête

Estimation de la représentativité de l'échantillon de l'enquête au niveau universitaire
Niveau universitaire Canada Échantillon de l'enquête Part (%)
Nombre total d'étudiants de premier cycle inscrits (ETP)a 731 354 500 190 68,4
Nombre total d'étudiants universitaires (ETP)a 934 365 673 546 72,1
Nombre total d'universitésb 66 36 54,5
Estimation de la représentativité de l'échantillon de l'enquête au niveau collégial
Niveau collégial Canada Collèges Collèges décernant des diplômes Part
(%)
Nombre total d'étudiants inscrits (ETP)c 378 570 81 300 88 329 44,8
Nombre total de collègesd 140 15 10 17,9
Estimation de la représentativité de l'échantillon de l'enquête - Total général
Total général Canada Échantillon de l'enquête Part (%)
Note : Le nombre d'équivalents temps plein (ETP) est calculé sur la base suivante : deux étudiants à temps partiel correspondent à un étudiant à plein temps.
Note a du tableau B : Source : Système d'information sur les étudiants postsecondaires, Statistique Canada
Note b du tableau B : Source : Fédération canadienne des doyens des écoles d'administration (FCDEA).
Note c du tableau B : Source : Système d'information sur les étudiants postsecondaires, Statistique Canada.
Note d du tableau B : Source : Association des collèges communautaires du Canada (ACCC).
Nombre total d'étudiants inscrits (ETP) 1 312 935 843 175 64,2

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Annexe C : Liste des participants

Universités (36)

  • Collège universitaire Algoma
  • Collège universitaire King's
  • HEC Montréal
  • Université Acadia
  • Université de l'Alberta
  • Université Bishop's
  • Université Brock
  • Université Capilano
  • Université de la Colombie-Britannique
  • Université Concordia
  • Université Concordia – Collège de l'Alberta
  • Université de Guelph
  • Université de l'Île-du-Prince-Édouard
  • Université Laval
  • Université de Lethbridge
  • Université McGill
  • Université McMaster
  • Université Memorial de Terre-Neuve
  • Université du Nouveau-Brunswick – Fredericton
  • Université de l'Ontario – Institut de technologie
  • Université d'Ottawa
  • Université Queen's
  • Université de Regina
  • Université Ryerson
  • Université de la Saskatchewan
  • Université Simon Fraser
  • Université St. Francis Xavier
  • Université Thompson Rivers
  • Université de Toronto
  • Université Trinity Western
  • Université de la vallée du Fraser
  • Université de Victoria
  • Université de Waterloo
  • Université Western Ontario
  • Université Wilfrid Laurier
  • Université York

Collèges (32)

  • Cégep de Chicoutimi
  • Cégep Limoilou*
  • Collège Algonquin
  • Collège Cambrian
  • Collège Centennial
  • Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse
  • Collège Conestoga – Institut de technologie et d'apprentissage avancé
  • Collège de Kemptville*
  • Collège de Medicine Hat*
  • Collège de New Caledonia
  • Collège de Niagara
  • Collège de Red River
  • Collège de Sault
  • Collège des Rocheuses*
  • Collège du Yukon
  • Collège Fanshawe
  • Collège George Brown
  • Collège Georgian
  • Collège Heritage
  • Collège Holland
  • Collège Northern des arts appliqués et de la technologie
  • Collège Northern Lakes
  • Collège Okanagan
  • Collège régional Champlain
  • Collège régional Parkland*
  • Collège Seneca
  • Collège St. Clair
  • Institut des sciences appliquées et de la technologie de la Saskatchewan
  • Institut Michener des sciences médicales appliquées*
  • La Cité collégiale*
  • Loyalist College
  • Université Mont-Royal**
Note * de l'annexe C : Ces collèges ne réunissaient pas les conditions voulues et n'ont donc pas été inclus dans l'échantillon.
Note ** de l'annexe C : Anciennement connue sous le nom de Collège Mont-Royal.

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Annexe D : Figures et tableaux

Figures

Tableaux

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