New England-Canada Business Council
Notes d'allocution
L'honorable Tony Clement, C.P., député
Ministre de l'industrie
Boston (Massachusetts)
Le 20 janvier 2010
La version prononcée fait foi
Je vous remercie. Je suis heureux d'être de retour à Boston.
Je tiens tout d'abord à remercier le New England-Canada Business Council (NECBC) pour l'organisation de l'activité d'aujourd'hui. Non seulement le Conseil compte-t-il parmi ses membres une liste impressionnante de dirigeants du milieu des affaires, du secteur gouvernemental et du monde universitaire, mais il joue aussi, depuis 1981, un rôle majeur dans l'amélioration des relations du Canada avec les États de la Nouvelle-Angleterre.
À titre de ministre canadien de l'Industrie, je sais que les rencontres de ce type sont extrêmement utiles pour les dirigeants de notre secteur industriel, car elles leur permettent de tisser de nouveaux liens, de repérer de nouveaux marchés et de mettre en commun des pratiques exemplaires avec leurs voisins américains.
Que vous résidiez en Nouvelle-Angleterre et désiriez établir des contacts ou une entreprise au Canada, ou que vous soyez un Canadien souhaitant faire affaire en Nouvelle-Angleterre, le NECBC représente un bon point de départ.
Le forum sur le capital de risque qui aura lieu bientôt est un parfait exemple de ce genre de synergie. En compagnie de membres du Venture Capital Forum Canada-France, des sociétés de capital de risque et des dirigeants d'entreprise du Canada et des États-Unis examineront la question du transfert de la technologie du laboratoire au marché. Mon gouvernement s'intéresse de près à ce sujet, qui vaut certes la peine d'être étudié.
Mesdames et Messieurs, le Canada — en particulier l'est du pays — entretient depuis longtemps des relations fructueuses avec les États de la Nouvelle-Angleterre. Le Québec et les Maritimes ont joué un rôle dans le façonnement de l'identité culturelle et économique de votre région.
Par exemple, entre les années 1840 et les années 1930, l'immigration en provenance du Québec a joué un rôle de premier ordre dans la diversité ethnique de plusieurs villes du nord du Vermont, du Maine et du New Hampshire, où l'on parlait français et anglais. Sur le plan économique, nous avons en commun des intérêts vitaux dans les secteurs de l'énergie, des transports, de la gestion forestière, du tourisme, de l'agriculture à petite échelle et des pêches. Notre commerce du bois d'œuvre remonte au XVIIIe siècle!
Je sais que la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'est du Canada préconise la coordination des politiques dans plusieurs de ces domaines. En fait, pas plus tard qu'en septembre dernier, les gouverneurs et les premiers ministres ont convenu de promouvoir des initiatives axées sur l'économie verte, d'encourager les mesures préparatoires contre la pandémie et d'inciter à l'adoption de politiques commerciales ouvertes entre leurs États et leurs provinces.
Au chapitre du commerce, je constate que le Canada est le plus grand marché d'exportation étranger du Massachusetts. Plus de 172 000 emplois de l'État sont soutenus par le commerce canado-américain. Le commerce bilatéral s'est chiffré à 11,4 milliards de dollars en 2008. Les exportations canadiennes vers le Massachusetts ont totalisé 8 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance de l'État ont atteint 3,3 milliards de dollars.
Je pourrais poursuivre, mais l'essentiel à mon avis, est que la Nouvelle-Angleterre est un partenaire précieux et important du Canada.
J'aimerais maintenant vous entretenir du concept d'incitation à l'investissement transfrontalier dans l'innovation.
Il y a un peu plus de 14 mois, j'ai pris en charge le portefeuille de l'Industrie et me suis attaqué aux effets d'une récession dont étaient également victimes les États-Unis et une bonne partie de la planète.
Je sais que le premier ministre du Canada, Stephen Harper a travaillé d'arrache-pied à résoudre ce problème, d'abord avec le président George W. Bush et maintenant avec le président Obama.
La tâche s'est avérée complexe.
Toutefois, nous l'avons abordée ensemble avec calme et fermeté. Nous l'avons entreprise en faisant preuve de vision et de leadership.
Cette intervention coordonnée et ce leadership ont eu pour effet de synchroniser la stimulation économique des deux pays.
L'American Recovery and Reinvestment Act et le Plan d'action économique du Canada ont vu le jour au début de 2009 afin de stimuler l'économie à court terme pendant une période difficile.
L'infrastructure constituait une priorité, autant pour vous que pour nous. Et il en a été de même pour la recherche scientifique et l'assurance-emploi.
Je suis heureux de dire que nous commençons à être récompensés de nos interventions. Les marchés financiers des États-Unis et du Canada sont en train de se stabiliser, tandis que nous assistons à une reprise de la mise en chantier d'habitations.
Pour tirer profit de cette lancée internationale et en maximiser les avantages pour la Nouvelle-Angleterre, deux priorités me viennent à l'esprit :
- nous devons continuer de favoriser les synergies dans les secteurs dans lesquels nous avons connu du succès dans le passé, comme l'énergie, le tourisme et les produits de construction et du bâtiment;
- nous devons aussi donner plus d'envergure aux technologies naissantes, comme la biotechnologie et les technologies propres.
Afin de réussir à concrétiser ces priorités, nous devons collaborer pour que l'innovation se répande dans tous ces secteurs.
La collaboration a constitué un atout commun par le passé.
En fait, ce qui se passe ici, au Massachusetts et ailleurs en Nouvelle-Angleterre, importe beaucoup pour le Canada, en raison de nos liens transfrontaliers et de votre consommation d'énergie canadienne. La Nouvelle-Angleterre, en tant que région, représente un précieux marché d'exportation, une source de capital de risque et un partenaire technologique exceptionnel.
En clair, nos économies sont inextricablement liées.
Prenons le domaine de l'énergie. La Nouvelle-Angleterre est une importatrice majeure. Le Canada est son principal fournisseur de gaz naturel, d'électricité, d'uranium et d'essence. En Nouvelle-Angleterre et dans l'est du Canada, des dizaines de projets novateurs se trouvent à divers stades de mise au point en vue de satisfaire vos besoins projetés en matière d'énergie. Par ailleurs, de concert avec les provinces canadiennes contiguës, la Nouvelle-Angleterre est en train de devenir un important carrefour de la recherche-développement (R-D) en énergies renouvelables. Des entreprises et des universitaires canadiens seront des partenaires de premier plan lorsqu'il s'agira de faire progresser ce bon travail.
Prenons maintenant le tourisme. Combien d'entre vous ont admiré les panoramas spectaculaires de St. Andrews by-the-Sea ou se sont promenés dans les rues pavées de Québec? Beaucoup, à en juger par les statistiques! En fait, les voyages transfrontaliers de la Nouvelle-Angleterre au Canada représentent 11,8 p. 100 de tous les déplacements des États-Unis vers notre pays et engendrent des dépenses touristiques de près de 700 millions de dollars. Dans le sens opposé, 12,5 p. 100 de tous les voyages réalisés par les Canadiens aux États-Unis ont pour destination la Nouvelle-Angleterre, injectant près de 1 milliard de dollars dans l'économie régionale.
Nous pouvons tirer parti de nos relations de longue date en matière d'innovation et d'échange d'investissements. Pour que nos liens s'épanouissent et se resserrent davantage, nous devrons nous concentrer sur des industries plus récentes, comme la biotechnologie et les technologies propres. Il s'agit là de secteurs bien connus en Nouvelle-Angleterre.
De la technologie ultramoderne de l'éclairage par diodes électroluminescentes aux réseaux de distribution d'électricité intelligents et aux matériaux de construction de pointe, des entreprises canadiennes abordent ces marchés et cherchent activement des partenaires et des investissements en provenance de la Nouvelle-Angleterre. Cette approche s'harmonise parfaitement avec le souhait de vos investisseurs, celui de trouver et de financer des sociétés canadiennes qui proposent des produits ou des technologies propres qui sont immédiatement commercialisables.
Il s'agit d'une situation où tout le monde est gagnant, et qui profite non seulement aux économies du Canada et de la Nouvelle-Angleterre, mais aussi à l'environnement.
En particulier, l'industrie biotechnologique fournit des occasions de collaboration entre nos deux pays grâce à des partenariats technologiques et à des investissements financiers.
Voici un exemple concret, celui de Variation Biotechnologies inc. L'entreprise a été fondée à Ottawa et les gouvernements du Canada et du Québec ont aidé sa croissance par l'entremise respective du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada, et d'Investissement Québec. Elle a attiré une injection de capitaux de Clarus Ventures, société établie à Boston. Depuis, elle poursuit la mise au point de vaccins destinés à lutter contre des maladies infectieuses comme la grippe pandémique, l'hépatite et le VIH.
Non seulement ces initiatives de recherche sont-elles opportunes, elles engendrent, des deux côtés de la frontière, des investissements qui se traduisent par de nouveaux emplois hautement spécialisés pour des Canadiens et des Américains.
Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il nous faut d'autres projets de ce genre.
Pour aider à rendre possible l'accroissement des investissements et pour mettre en place les conditions favorables à la poursuite de la croissance, le gouvernement canadien a instauré des programmes et des mesures incitatives.
Nous savons que la hausse des investissements des entreprises dans la R-D est cruciale pour notre compétitivité à long terme. Et nous savons que le talent en R-D a constitué un facteur décisif dans l'obtention d'investissements à risque en provenance de Boston et du reste de la Nouvelle-Angleterre.
Le gouvernement rend donc la tâche d'innover plus facile pour les entreprises.
Depuis le lancement de sa stratégie pluriannuelle en matière de sciences et de technologies (S et T) en 2007, le gouvernement du Canada a versé des milliards de dollars, dont 5,1 milliards dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, afin de soutenir les S et T et d'aider à stimuler l'activité économique par des investissements d'envergure dans des projets novateurs.
Entre autres, nous aidons les entreprises à s'associer avec des universités et des collèges, à l'instar de ce que vous avez fait ici dans la région de Boston avec le MIT et Harvard. Le secteur privé et le monde universitaire bénéficient ainsi d'un accès commun à des réseaux, à des installations et à du personnel de recherche.
Nous avons lancé de nouveaux programmes et accru le budget de programmes existants de sorte que les chercheurs et les entrepreneurs puissent laisser mûrir des idées et les transférer du laboratoire au marché, afin de favoriser la prospérité et le bien-être de notre société. En outre, pour inciter les entreprises à innover, nous avons apporté des améliorations au Programme d'encouragements fiscaux à la recherche scientifique et au développement expérimental, qui s'apparente à votre crédit d'impôt fédéral pour la recherche et l'expérimentation.
Qu'ont en commun toutes ces initiatives? Elles encouragent les acteurs du secteur privé à s'améliorer, à innover et à aspirer à devenir les chefs de file mondiaux de leur domaine.
Finalement, ce ne seront ni le gouvernement du Canada ni celui des États-Unis qui piloteront la sortie de récession de nos pays respectifs. Ce seront les dirigeants d'affaires, les entrepreneurs, les chercheurs… des gens qui innovent, prennent des risques et ont de grands rêves.
Ce sont les genres de rêves que des investissements effectués de deux côtés de notre frontière commune viennent récompenser.
Ce sont les genres de rêves qui amélioreront notre niveau de vie.
Mesdames et Messieurs, je peux vous promettre que le Canada a l'intention de poursuivre son examen des occasions de répandre l'innovation dans tous ses secteurs industriels.
Nous avons l'intention de collaborer avec la population de la Nouvelle-Angleterre pour parvenir à la prospérité. Au fur et à mesure que nous diminuerons les dépenses gouvernementales consacrées à la relance, nous nous concentrerons encore davantage sur l'édification d'une économie du savoir.
Qu'est-ce que cela signifie?
Cela signifie que nous continuerons de faire ensemble ce que nous avons si bien accompli par le passé — découvrir, mettre au point et fabriquer de nouveaux produits, et trouver des moyens plus propres et plus durables d'extraire des ressources. Nous continuerons de faire tout ce qui a rendu les relations entre le Canada et la Nouvelle‑Angleterre si précieuses pour nos deux économies. Cependant, grâce à l'adoption des nouvelles technologies, nous allons réaliser toutes ces choses mieux et plus vite, et nos processus seront allégés et plus efficaces.
Telle est la véritable valeur de l'innovation.
Mettons-nous au travail!
Je vous remercie.
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