Manufacturiers et exportateurs du Canada — Sommet Roadmap to Recovery

Notes d'allocution

L'honorable Tony Clement, C.P., député
Ministre de l'industrie

Ottawa (Ontario)
Le 2 février 2010

La version prononcée fait foi

Merci Jayson, et bon après-midi à tous.

J’aimerais tout d’abord féliciter l’équipe des Manufacturiers et Exportateurs du Canada (les MEC) d’avoir organisé les discussions d’aujourd’hui. À bien des égards, le titre de ce sommet, Roadmap to Recovery, définit bien l’approche de votre organisation, c’est-à-dire qu’elle est dynamique, engagée et tournée vers l’avenir. Vous comprenez en effet qu’il faut être capable de relever les défis du moment et de s’adapter aux changements pour pouvoir tirer profit des occasions qui passent. Jayson avait bien raison de dire : « C’est maintenant qu’il faut saisir les occasions. »

Voilà ce que j’appelle faire preuve de leadership et posséder une vision claire. Ces valeurs sont bien ancrées au sein des MEC, et je salue vos efforts.

En décembre, notre gouvernement a entrepris des consultations nationales pour connaître le point de vue des Canadiens quant aux meilleurs moyens à prendre pour amener le Canada à une reprise économique complète avant la tenue du budget le mois prochain, qui constituera la deuxième phase du Plan d’action économique du Canada. Le ministre Flaherty aura plus de détails pour vous lors de son allocution qui aura lieu cet après-midi.

Aujourd’hui, je veux entendre votre point de vue sur les meilleurs moyens de maintenir au Canada le cap vers la prospérité et vers l’économie de l’avenir.

Tracer la voie vers la reprise économique n’est pas seulement le thème de ce sommet. Cet objectif est aussi au cœur du programme de notre gouvernement. Et le secteur manufacturier est un maillon essentiel de ce programme.

Nous savons tous que le dynamisme du secteur manufacturier a eu un rôle prépondérant à jouer pour faire de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. Je crois que ce secteur peut jouer ce rôle une fois de plus. Il est clair aussi que la situation commerciale a changé du tout au tout depuis deux ans et ne sera plus jamais la même. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de s’interroger sur ce qui a fonctionné dans le passé afin de répéter ces succès. Il faut plutôt se demander ce que l’avenir exige et trouver des moyens d’y parvenir.

Je sais que la dernière année n’a pas été facile pour plusieurs d’entre vous. Le secteur manufacturier en entier — des industries manufacturières plus traditionnelles aux secteurs de la foresterie et de l’aéronautique — a été touché durement par la récession. Les défis sont bien connus et ont été clairement abordés ici aujourd’hui : les effets dévastateurs de la récession, la force du dollar canadien, l’apparition de nouveaux compétiteurs qui arrivent en force et, plus près de nous, le protectionnisme recrudescent de notre plus grand partenaire commercial.

Sur ce dernier point, je tiens à le redire : nous défendons et continuerons de défendre les intérêts des Canadiens. Nous collaborons aussi avec les gouvernements des provinces et des territoires afin d’adopter des mesures d’aide immédiates pour soustraire les entreprises canadiennes aux dispositions Buy American. Nous travaillons à l’établissement d’une coalition d’alliés américains qui pourraient militer en notre faveur contre les dispositions Buy American et pour que ces dispositions ne s’étendent pas à d’autres législations. Je peux vous assurer que, de mon côté, tout comme pour le ministre Day auparavant et maintenant le ministre Van Loan, le ministre Flaherty ou le premier ministre Harper, cette question figure au premier rang de nos discussions lorsque nous nous rendons à Washington.

Notre gouvernement a clairement établi sa position sur ce point. Nous voulons que les Canadiens, et que les exportateurs de tous les pays, puissent acheminer leurs produits et services le plus librement possible à l’échelle planétaire.

Pour nous tous ici aujourd’hui, les défis qui viennent seront immenses, mais ils offriront aussi de grandes possibilités. Nous devons mettre à profit l’innovation pour développer des produits à haute valeur ajoutée et doter notre secteur manufacturier des outils dont il a besoin pour contribuer à notre reprise économique.

Lorsque nous nous penchons sur les façons d’édifier l’économie de demain, une chose est claire. Nous ne parviendrons pas à livrer concurrence à la Chine, à l’Inde ou au Brésil sur la question des salaires. Nous y parviendrons en rehaussant nos normes de productivité, en fabriquant des produits de plus grande qualité et en offrant des services de haut calibre; en d’autres mots, en innovant.

L’innovation est la clé, le catalyseur du redressement du secteur manufacturier. Votre site Web le dit clairement : « Il ne s’agit plus seulement de fabriquer des produits, il faut trouver des solutions pour vos clients. » [traduction libre]. Et j’ajouterais que le rôle du secteur manufacturier consiste aujourd’hui plus que jamais à fabriquer des produits, mais des produits mieux faits, qui répondent aux besoins de vos consommateurs.

Pour cela, nous devons adopter des techniques de pointe en matière de fabrication et démontrer une détermination à toute épreuve à l’égard de la recherche-développement (R-D). Il faut investir dans la technologie, employer des méthodes sophistiquées pour coordonner les chaînes d’approvisionnement, établir des relations avec les clients et gérer les ressources humaines. Ces éléments permettront de créer des emplois hautement spécialisés et des entreprises axées sur le savoir qui profiteront l’industrie canadienne dans son ensemble et notre économie.

C’est justement ce que font plusieurs de vos membres. Les récipiendaires du Prix Innovation que nous honorerons dans quelques minutes ne font pas que nous montrer la route à suivre, ils empruntent déjà cette route. Ils saisissent les occasions qui se présentent, ils trouvent de nouveaux débouchés et de nouvelles méthodes commerciales, et pas seulement à une ou deux reprises, mais chaque jour. Je félicite toutes les personnes en nomination. Vous représentez admirablement ce qui existe de mieux au Canada au chapitre de l’innovation, de l’initiative et de l’imagination.

Les pays qui veulent réussir doivent eux aussi, à l’instar des entreprises prospères, faire place à l’innovation et en faire la promotion.

C’est la raison pour laquelle le premier ministre a adopté, en 2007, une stratégie globale en matière de sciences et de technologie (S et T). L’objectif était de favoriser l’innovation en ciblant certains secteurs où le Canada peut jouer un rôle de chef de file, notamment le secteur manufacturier, et de créer un milieu propice à la synergie entre l’énergie concurrentielle de nos entrepreneurs et le génie créateur de nos scientifiques.

Au cours des deux dernières années, le gouvernement a versé plus de 7 milliards de dollars afin d’appuyer les S et T et de stimuler l’activité économique, effectuant ainsi des investissements majeurs dans les S et T.

L’engagement du Canada à l’égard de l’exploration et du développement de l’espace est un bel exemple des sciences et de l’innovation au service de l’avenir. Notre gouvernement mise sur les forces du Canada en matière de robotique spatiale, de communications par satellite et d’observation de la Terre, et ne néglige aucun effort pour faire en sorte que notre pays demeure un chef de file de ce secteur dynamique.

Notre appui ne se limite pas à la recherche spatiale. Nous avons d’autres priorités majeures, comme l’environnement et la surveillance des côtes, le développement durable du Nord, de même que la sécurité et la souveraineté du Canada.

En rétrospective, en 2009, nous avons pris des mesures substantielles, dans le cadre du Plan d’action économique du Canada, afin de contribuer à mettre en place les conditions idéales pour que l’innovation puisse exploser. Notre plan d’action comprenait des mesures pour aider les collectivités les plus touchées par la récession. Nous avons aussi prévu des mesures pour réduire davantage les impôts des entreprises et éliminer les redevances sur toute une gamme d’équipement et de machinerie.

L’innovation et la R-D sont sans aucun doute des éléments essentiels, mais la manière dont nous traduisons ces résultats compte tout autant. C’est pourquoi notre gouvernement cible les lacunes en matière de commercialisation au Canada. Nous avons créé le Programme des Réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise, qui finance des projets de recherche axée sur l’innovation du secteur privé, et le Programme de centres d’excellence en commercialisation et en recherche afin d’encourager la participation du secteur privé dans le domaine des sciences et de la technologie.
Nous avons aussi accru les pouvoirs de la Banque de développement du Canada en lui octroyant 75 millions de dollars pour le capital de risque afin d’appuyer davantage la commercialisation des entreprises canadiennes. Le fonds Tandem Expansion aidera les compagnies œuvrant dans les secteurs technologiques à pénétrer de nouveaux marchés, à accroître leur production et à financer la recherche de stade avancé.

Nous avons ajouté 200 millions de dollars au financement du Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada afin d’apporter une assistance aux entreprises qui désirent innover, et élargi le Programme de bourses d’études supérieures du Canada Vanier pour mettre les jeunes cerveaux qui font la richesse du Canada en contact avec nos entrepreneurs les plus avertis.

Pour donner suite à ces mesures axées sur la commercialisation, je suis heureux d’annoncer aujourd’hui un financement au titre du Programme de subventions de réseaux stratégiques du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, pour l’exercice 2009-2010. Onze réseaux bénéficieront des subventions accordées cette année. Cela représente au total 56 millions de dollars sur cinq ans.

Ces subventions appuient des projets de recherche multidisciplinaire de grande envergure dans des domaines clés, comme les pêches et l’aquaculture, le secteur manufacturier et l’environnement. Les réseaux jouent un rôle de premier ordre pour assurer la formation des étudiants et favoriser la collaboration entre les chercheurs universitaires et les organismes établis au Canada.

Je félicite tous les récipiendaires de cette année.

Maintenant, en regardant vers l’avenir, un des domaines qui me préoccupe de plus en plus est l’économie numérique. Les technologies de l’information et des communications (TIC) ont une profonde incidence sur toutes les entreprises, peu importe leur taille, car elles leur permettent de mieux servir leurs clients, même à distance. Les TIC peuvent révolutionner les méthodes de gestion des chaînes d’approvisionnement des entreprises. Elles permettront également aux entreprises d’étendre leur portée, d’améliorer leur capacité d’accès à l’information, d’accroître leurs parts du marché et de personnaliser leurs produits. En bref, les TIC permettent aux entreprises de gagner du temps, d’améliorer la qualité de leurs produits et services, et de rendre leurs activités plus efficientes.

Voilà pour les bonnes nouvelles. La mauvaise nouvelle est que nous n’adoptons pas les TIC aussi vite que nous le devrions.

Le Conseil des académies canadiennes a été très clair dans son rapport sur l’innovation et les stratégies d’entreprise, et je cite : « Les entreprises canadiennes sont en retard dans les investissements dans les technologies de l’information et de la communication — étant, en taux d’investissement par travailleur, à un niveau de 40 p. 100 environ inférieur à celui des États-Unis. » Le groupe ajoute aussi que « les entreprises canadiennes, dans l’ensemble (mais avec certaines exceptions notables), ne sont pas des chefs de file dans le domaine de la technologie et qu’elles ont tendance à suivre plutôt qu’à mener. »

Soyons honnêtes. Nous sommes en train de creuser un fossé entre le Canada et notre principal partenaire commercial. Si nous continuons de reporter l’adoption des TIC, et que nous sommes incapables de combler le fossé qui s’élargit sans cesse, nous ne retrouverons pas la position enviable de chef de file que nous avions par le passé dans le secteur de l’économie numérique.

Nos compétiteurs ont déjà une longueur d’avance. En 2009, les États-Unis ont publié leur stratégie relative au secteur manufacturier, dans laquelle les TIC sont ciblées afin d’augmenter l’efficacité dans tous les secteurs.

Nous ne parviendrons pas à combler le fossé en matière de productivité avec les États-Unis, nous ne serons pas aussi concurrentiels sur les marchés internationaux, et les Canadiens ne jouiront pas de la qualité de vie qu’ils attendent et méritent, si nous ne prenons pas dès maintenant le virage de l’économie numérique et si nous ne devenons pas des chefs de file dans ce domaine.

Cela est encore plus vrai pour le secteur manufacturier qui devra adopter les TIC sans tarder pour pouvoir fabriquer des produits plus concurrentiels. Il faut implanter les TIC à toutes les étapes du processus de production et dans toutes les sphères d’activité.

J’ai abordé aujourd’hui plusieurs sujets avec vous, mais derrière tous les programmes et toutes ces initiatives, un seul fil ressort, un seul objectif peut être retenu. Nous voulons édifier une économie fondée sur l’innovation. Cette économie ne s’édifiera pas sous l’impulsion seule du gouvernement. Elle sera mise en œuvre par des gens comme vous, sur le terrain, qui créent de nouveaux produits et qui développent de nouveaux marchés.

Cela dit, le gouvernement a tout de même un rôle important à jouer. Il doit faciliter le transfert des idées à l’industrie et des ressources aux projets de recherche, et favoriser la commercialisation des résultats de ces recherches.

Depuis son entrée en fonction, notre gouvernement a travaillé très fort afin de créer ces conditions et de mettre en place une assise solide sur laquelle vous pouvez vous appuyer pour aller de l’avant. Tout comme les MEC, nous comprenons que la voie de l’avenir ne passe pas par un retour aux sources, mais par un nouveau départ pour gravir la chaîne de valeur. Nous ne pouvons pas maintenir le statu quo et accomplir nos activités comme par le passé. Nous devons plutôt sortir des sentiers battus pour saisir les nouvelles possibilités d’affaires qui surgissent en ces temps changeants.

Par-dessus tout, nous devons faire preuve de leadership et de vision. Ce leadership est manifeste au sein des MEC qui ont organisé le sommet d’aujourd’hui. Nous devons aussi voir beaucoup loin, sans nous limiter à ce qui nous entoure. Notre vision doit être à long terme. Nous devons tenir compte de la demande pour l’innovation et faire une meilleure utilisation des TIC pour améliorer notre compétitivité et relancer notre économie. L’heure est venue de nous donner des assises solides et d’admettre que de mener de « bonnes affaires » ne suffit plus. Nous devons tous avoir pour objectif d’être les meilleurs, ce qui fera en sorte que nous serons également les meilleurs à l’échelle internationale.

Nous pouvons y arriver. Nous pouvons donner au secteur manufacturier des assises dynamiques qui stimulent l’innovation et contribuent à créer des emplois à tous les niveaux, des ateliers aux laboratoires de recherche, jusqu’aux magasins de détail. Nous aurons toujours besoin de fabriquer des choses, des choses tangibles et réelles, et le secteur manufacturier aura donc toujours un rôle crucial à jouer dans l’établissement d’une économie bien équilibrée.

En conclusion, sachez que j’espère bien continuer de travailler avec vous afin qu’ensemble nous puissions définir notre plan de relance et entamer notre montée vers un futur meilleur et prometteur.

Merci.

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