Conférence nord-américaine sur la compétitivité, l’innovation et l’énergie propre
Notes d'allocution
L'honorable Tony Clement, C.P., député
Ministre de l'Industrie
San Diego, Californie
Le 14 avril 2010
La version prononcée fait foi
Merci.
Mesdames et Messieurs, bonjour. J’ai le plaisir d’être des vôtres aujourd’hui en compagnie de mes collègues, le secrétaire Locke et le secrétaire Ruiz. Nous avons accompli d’importants progrès à l’égard d’un grand nombre de dossiers et je me réjouis de la possibilité de poursuivre notre collaboration au cours des semaines et des mois à venir.
Permettez-moi également de remercier personnellement les organisateurs de cette conférence de leur excellent travail. Le programme est des plus complets et les conférenciers hors pair, maîtrisant très bien les grands dossiers de l’heure. Félicitations à vous tous.
Le moment est bien choisi pour nous réunir, en ce jour qui nous rappelle un moment marquant de l’histoire. En effet, c’est le 14 avril 1890 que l’Union Panaméricaine a vu le jour lors de la première Conférence internationale des États américains, à Washington. Plus tard, son nom a été changé, mais l’objectif conservé. En effet, l’Organisation des États américains a toujours pour but de promouvoir la coopération au sein des Amériques. Encore aujourd’hui, partout dans l’hémisphère, nous célébrons la Journée panaméricaine.
Le moment est également bien choisi pour nous rappeler les liens et la collaboration qui nous unissent.
La crise économique mondiale qui a frappé dernièrement de part et d’autre des frontières, des continents et des océans nous a rappelé que cette interdépendance ne se limite pas seulement aux Amériques, mais s’étend au monde entier. Cette crise a confirmé que, dans l’économie intégrée d’aujourd’hui, aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne peut faire cavalier seul… ou s’en sortir par ses seuls moyens.
Il y a tout lieu d’unir nos efforts lors de cette conférence, en visant d’abord et avant tout à renforcer les liens qui unissent nos trois nations. Nous devons favoriser l’innovation, stimuler la compétitivité et tout mettre en œuvre pour offrir à nos enfants et petits-enfants un avenir prometteur.
J’aimerais à cet égard vous parler brièvement des mesures prises par le Canada, notamment pour stimuler l’innovation, et de la forme que pourrait prendre notre collaboration au cours des prochains jours.
Le Canada est une nation commerçante, donc fort consciente de l’importance de l’innovation pour assurer sa compétitivité. Dans un rapport qu’elle publiait l’été dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques prévoyait que l’innovation jouerait un rôle de premier plan pour accélérer la reprise économique, et que les pays qui parviendraient à innover profiteraient des avantages qui en découlent pendant des dizaines d’années.
Le Canada aussi est de cet avis. C’est pourquoi, avant même que ne sévisse la récession mondiale, il a consolidé son économie par une baisse des taxes et des impôts, une réduction de la dette nationale et une augmentation des investissements dans les routes, les ponts, les cours d’eau et d’autres infrastructures d’importance vitale. Nous avons créé des conditions des plus propices pour les entreprises en réduisant l’impôt des sociétés afin de faire du Canada un pays plus concurrentiel où faire des affaires.
Pour assurer leur réussite, les entreprises doivent s’engager sur la voie de l’innovation et aussi la promouvoir. Il y a trois ans, nous avons lancé une nouvelle stratégie des sciences et de la technologie, une initiative audacieuse qui incite les entreprises à innover, reconnaît l’importance de maintenir les Canadiens à l’avant-garde de la recherche et de la découverte et offre à notre population l’occasion d’acquérir les compétences dont elle a besoin pour participer activement à une économie fondée sur les idées.
Au lendemain de la récession mondiale, notre gouvernement a mis en branle le Plan d’action économique du Canada — une vaste série de mesures visant à stimuler la croissance et à créer des emplois. À l’aube de sa seconde et dernière année d’activités, notre Plan d’action :
- favorise l’accès au financement en éliminant les restrictions qui pèsent actuellement sur la propriété étrangère de satellites canadiens et en renflouant les fonds de capital de risque destinés au financement de la recherche appliquée et de la commercialisation;
- bonifie les programmes de bourses d’études afin que nos jeunes cerveaux les plus brillants puissent côtoyer nos entrepreneurs les plus chevronnés;
- crée des centres d’excellence, dirigés par les entreprises, qui financent des travaux de recherche pour stimuler l’innovation et la commercialisation dans le secteur privé;
- favorise les regroupements, un sujet souvent abordé par le secrétaire Locke;
- réduit les coûts à payer pour faire des affaires en éliminant tous les droits de douane restants sur les intrants manufacturiers, la machinerie et l’équipement, et en réduisant le fardeau administratif des entreprises.
Tous ces efforts sont fondés sur la ferme conviction que l’innovation est non seulement le facteur clé de la relance économique actuelle de notre pays, mais aussi de sa compétitivité et prospérité futures.
L’économie numérique est un domaine nettement prometteur. En effet, la création d’une économie numérique est un élément clé pour faire progresser la stratégie économique du Canada et sera au cœur de sa compétitivité pendant des dizaines d’années.
Les technologies de l’information et des communications — les TIC comme on les appelle souvent — sont tout aussi essentielles à la réussite aujourd’hui que les matières premières et les transports l’étaient autrefois. Elles aident grandement les entreprises, grandes et petites, à offrir de meilleurs services à leur clientèle, qu’elle soit proche ou éloignée. Pour tirer parti de leur puissance et potentiel, nous avons pris diverses mesures afin que les TIC soient adoptées rapidement, notamment l’accélération du déploiement de réseaux à large bande dans les collectivités rurales et éloignées.
Les créateurs et les consommateurs qui adhèrent à l’économie numérique sont de plus en plus nombreux. Ils doivent avoir l’assurance que leurs transactions sont sécuritaires et que la confidentialité de leurs renseignements personnels est assurée. Il faut donc s’affranchir de la fraude par Internet, des contrefaçons de sites Web, des logiciels espions et des pourriels. Nous déposerons à nouveau au Parlement de sévères lois antipourriel dans le but de protéger les renseignements personnels des Canadiens et d’accroître la confiance envers le cybermarché.
Pour maintenir un tel climat de confiance, il est essentiel que les lois relatives au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle soient mises à jour, et notre gouvernement a l’intention à cet égard de moderniser le droit canadien.
L’innovation et les technologies numériques auront également un rôle crucial à jouer dans deux domaines d’une grande importance pour chacun de nos trois pays : la fabrication et une plus grande efficacité aux frontières.
En ce qui concerne la fabrication, il faut tout mettre en œuvre pour adopter dans les meilleurs délais les TIC et les intégrer à chaque aspect de la production et à toutes les activités commerciales, afin que nos entreprises soient encore plus concurrentielles.
Pour accroître la compétitivité de nos entreprises manufacturières, il faut d’abord et avant tout assurer la libre circulation des marchandises de part et d’autre de nos frontières ainsi que l’efficience des chaînes d’approvisionnement — deux sujets qui, je crois, seront approfondis plus tard cet après-midi.
Permettez-moi pour l’instant de dire que ces enjeux — soit mettre en place l’infrastructure qui nous permettra de bénéficier de frontières modernes et de chaînes d’approvisionnement efficaces — sont d’une importance de premier plan pour assurer la compétitivité de notre économie nord-américaine.
Chose certaine, nul autre potentiel d’innovation — dans le domaine des TIC en particulier — n’est plus grand que celui qui nous conduira vers une économie à faibles émissions de carbone, une transition que des pays tels que le Brésil, la Chine et l’Inde ont déjà amorcée. Ces pays ont bien compris que c’est dans l’économie verte que se trouvent les emplois de demain et les occasions d’affaires futures… et que repose l’avenir en fait.
À cette fin, la position du Canada est claire : notre pays s’engage à prendre part à une action concertée avec ses partenaires nord-américains pour lutter contre les changements climatiques. En raison de l’intégration de nos économies, c’est une question de gros bon sens. Nous continuerons ainsi à travailler avec vous à l’harmonisation de nos régimes de réglementation, afin d’établir des règles du jeu équitables pour nos industries, tout en réduisant le plus possible les coûts de conformité des entreprises en activité à la grandeur de l’Amérique du Nord.
Pour sa part, le Canada s’est fixé pour objectif de réduire de 17 p. 100 d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005. Pour favoriser la mise au point de solutions novatrices, il investit plus d’un milliard de dollars dans les technologies énergétiques propres. Ce financement sera destiné plus particulièrement aux activités de recherche, de développement et de démonstration des technologies les plus prometteuses, notamment des projets de capture et de stockage du carbone de grande envergure. Il contribuera à accroître la salubrité de l’air que nos enfants respirent et à offrir des emplois verts à notre main-d’œuvre.
Le Canada s’est également fixé pour objectif de combler, d’ici 2020, 90 p. 100 de ses besoins en électricité à même des sources d’énergie propre d’ici 2020. À l’heure actuelle, plus de 70 p. 100 de l’électricité au Canada provient de sources renouvelables, comme l’hydroélectricité, l’énergie nucléaire, éolienne et solaire, la valorisation énergétique des déchets et les biocombustibles.
Le Canada est déjà le deuxième plus important producteur mondial d’hydroélectricité. Il possède un savoir-faire sans égal en matière de turbines, de génératrices et de transformateurs. Comptant à son actif plus de sources de biomasse par habitant que tout autre pays, le Canada jouit d’une renommée mondiale qui ne cesse de croître dans le secteur du développement de produits et de services bioénergétiques.
Nous sommes également conscients de l’énorme potentiel des technologies de l’hydrogène et des piles à combustible, technologies que nous exportons déjà aux États-Unis, en Asie, en Europe et en Océanie. Quelques éléments de ces technologies étaient exposés lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver qui ont eu lieu à Vancouver dernièrement. Je suis fier de dire que ces Jeux étaient les plus écologiques de tous les temps.
Je suis heureux de collaborer avec mes partenaires du Mexique et des États-Unis pour relever de grands défis comme les changements climatiques et encourager l’esprit d’innovation qui stimulera la création d’emplois et la croissance économique en Amérique du Nord.
J’ai commencé par dire que notre rencontre a lieu un jour marquant de notre histoire, à une époque où l’économie mondiale lutte toujours pour se remettre sur pied. Or, face à autant d’incertitudes et de perturbations, je suis convaincu que nous avons une occasion sans pareille de trouver de nouveaux moyens de renforcer la compétitivité de l’Amérique du Nord en innovant. Il serait peut-être tentant, compte tenu des défis économiques, de battre en retraite et de se réfugier derrière des murs ou d’ériger des remparts contre l’avenir. Voilà précisément ce qu’il ne faut pas faire.
L’histoire nous enseigne que le protectionnisme n’est pas la voie à suivre pour aller de l’avant, ni dans notre hémisphère ni dans un monde étroitement lié. En réalité, l’expérience vécue sur notre continent offre des preuves concluantes des avantages du libre-échange. Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, le commerce de marchandises entre nos trois pays a plus que triplé. Chaque heure, chaque jour, la valeur des échanges de biens entre nos pays s’élève à plus de 100 millions de dollars. Et depuis 1993, les niveaux d’emploi ont grimpé de près de 23 p. 100, soit un gain net de près de 40 millions d’emplois.
Prenons alors la résolution, à titre de Nord-Américains, de trois nations amies, de demeurer ouverts aux échanges et au commerce — de continuer à miser sur nos intérêts communs pour bâtir notre avenir commun.
Cette année, le Canada accueillera les représentants du Mexique et des États-Unis lors du Sommet des dirigeants nord-américains et de la rencontre du G‑20. Nous avons hâte de vous y accueillir et de voir les progrès que nous pouvons accomplir ensemble.
Nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre partenariat, et je suis persuadé que nous nous acheminons vers des jours encore meilleurs.
Merci.
Évaluez cette page
Le contenu de cette page m'a été utile.
- Date de modification :
