Sommet du decteur canadien des technologies propres

Notes d'allocution

L'honorable Tony Clement, C.P., Député
Ministre de l'Industrie

Ottawa (Ontario)
Le 28 avril 2010

La version prononcée fait foi

Merci, Claude, de cette aimable présentation.

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de me joindre au maire O’Brien et à Claude Haw pour vous souhaiter la bienvenue à Ottawa dans le cadre de cet important sommet. Je tiens également à féliciter Claude et ses collègues du Centre de recherche et d’innovation d’Ottawa d’avoir réuni au même endroit un groupe aussi impressionnant de gens de talent spécialisés dans les technologies propres.

Les prochains jours vous offriront d’excellentes occasions d’échanger des idées et de partager de l’information sur diverses initiatives. Je suis persuadé qu’au terme de cette rencontre, vous serez habités d’une énergie nouvelle en raison des perspectives qui s’offrent à vous pour mener à bien vos projets.

Les technologies propres font partie d’un secteur industriel canadien plus vaste qui a souffert des conséquences de la récession mondiale. Néanmoins, peu de pays sont aussi bien placés que le nôtre pour se remettre sur pied. Je crois être en mesure d’affirmer que le Canada a amorcé une solide reprise qui est en partie attribuable à la réussite des mesures de relance du gouvernement.

J’aimerais attirer votre attention sur le document Perspectives de l’économie mondiale, publié la semaine dernière par le Fonds monétaire international, dans lequel on affirmait, que de tous les pays du G7, le Canada devrait afficher la plus forte croissance en 2010 et 2011. Les prévisions récentes de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, l’OCDE, suggèrent aussi que notre économie connaîtra une forte expansion au cours du premier semestre de 2010, bien au-dessus de la moyenne affichée par l’ensemble des pays du G7. Pardonnez-moi de renchérir, mais je ne peux m’empêcher de souligner les commentaires du secrétaire général adjoint et économiste en chef de l’OCDE, Pier Carlo Padoan, lors de sa webémission, à l’effet que le Canada profite maintenant des saines politiques qu’il a mises en place par le passé.

Chose certaine, le monde commence à se rendre compte des réalisations canadiennes dans le domaine des technologies propres. Je crois que Nicholas Parker, qui prononcera plus tard un discours dans le cadre de cette conférence, est de cet avis. Vous savez, j’ai eu le plaisir de rencontrer Nicholas, un compatriote canadien qui a de fait inventé l’expression « cleantech », lorsque j’étais en Israël en novembre dernier à l’exposition et conférence WATEC (Water Technologies, Renewable Energy and Environmental Control). Tout me porte à croire que Nicholas conviendrait que l’énorme potentiel du secteur canadien de la technologie propre est mondialement reconnu.

Pendant que j’y suis, permettez-moi de renchérir sur les réussites du secteur canadien des technologies propres et de faire valoir l’utilisation des technologies canadiennes de l’hydrogène et des piles à combustible lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010. Les visiteurs et les médias étrangers ont été profondément impressionnés par les produits dont nous faisions la démonstration — entre autres, le plus grand parc d’autobus électriques à piles à combustible du monde et nos sept postes de ravitaillement en hydrogène, dont celui doté de la plus grande capacité mondiale.

Nous avons également réussi à attirer l’attention de l’Agence internationale de l’énergie. Celle-ci a souligné l’objectif du Canada de collaborer avec les provinces et les territoires en vue d’accroître la part de l’approvisionnement en électricité provenant de sources d’énergie non polluante, en la faisant passer de 70 à 90 p. 100 d’ici 2020.

L’avenir réserve des occasions formidables au secteur canadien des technologies propres, c’est bien évident. Dernièrement j’étais à San Diego, où j’ai pris part à une conférence sur l’énergie propre avec mes homologues du Mexique et des États-Unis. J’en suis revenu persuadé que le Canada est bien placé pour être à l’avant-garde de ce secteur relativement nouveau.

Je m’en voudrais maintenant de ne pas mentionner le rapport de 2010 sur la croissance et la mise en marché des technologies propres, publié dernièrement par Technologies du développement durable Canada (TDDC). Il s’agit d’une source d’information importante et à jour sur la situation dans ce secteur d’activité, qui a fait la manchette lors de la conférence GLOBE 2010, à Vancouver le mois dernier. Mon ministère était heureux de collaborer avec TDDC et d’autres partenaires à la préparation de ce rapport. Je vous encourage fortement à le lire.

À titre de ministre de l’Industrie, il ne fait aucun doute dans mon esprit que, pour demeurer au premier plan de l’industrie des technologies propres, le secteur privé et tous les ordres de gouvernement devront viser un but commun.

Nous avons tout à gagner. Évidemment, de simples observateurs pourraient penser que la réalisation d’objectifs environnementaux n’a rien à voir avec les intérêts commerciaux. Or, toute personne présente ici le sait fort bien : rien ne pourrait être plus faux.

L’industrie des technologies propres est un secteur prometteur, qui nous permettra d’assurer notre croissance économique tout en tenant compte des répercussions environnementales de l’activité économique au pays. Et le potentiel d’exportation est énorme, ne l’oublions pas.

Voilà les bonnes nouvelles, mais encore faut-il se tailler une place de choix sur la vaste scène internationale. Il y a d’importants défis à relever pour réussir en affaires, à savoir :

  • combler l’écart entre la recherche-développement et la commercialisation;
  • avoir accès au financement;
  • affronter la vive concurrence internationale.

Il s’agira sans doute de sujets qui seront abordés lors de vos discussions au cours des prochains jours.

Permettez-moi de vous donner un bref aperçu des mesures prises par le gouvernement fédéral pour vous aider à relever certains de ces défis.

La réussite des entreprises de technologies propres repose sur leur capacité à franchir avec succès toutes les étapes du processus de développement, c’est-à-dire à tirer le meilleur parti de bonnes idées pour assurer leur mise en marché. Le gouvernement reconnaît qu’un grand nombre d’entreprises canadiennes bénéficieraient d’une plus grande aide aux diverses étapes de ce processus.

C’est pourquoi il collabore et ajoute de la valeur tout au long des étapes qui mènent à la commercialisation. Le gouvernement a notamment créé le programme de Réseaux de centres d’excellence qui, sous la direction du secteur privé, stimule les investissements privés dans la recherche au pays, appuie la formation de chercheurs compétents et accélère la transition du laboratoire au marché. Dans le Plan d’action économique du Canada, un financement de 200 millions de dollars a été consenti au Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada pour aider directement les entreprises à innover davantage. Nous avons ajouté un volet au Programme de bourses d’études supérieures du Canada, afin que les jeunes cerveaux les plus brillants du pays puissent côtoyer les entrepreneurs les plus chevronnés. Et nous avons nettement augmenté le financement du Programme de subventions de réseaux stratégiques du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, qui joue un grand rôle pour assurer la formation des étudiants et établir des relations entre les milieux de la recherche universitaire et les organisations canadiennes.

L’accès au financement est un autre défi qui confronte votre industrie. En bref, le capital — qu’il serve à des investissements dans la recherche-développement ou au financement de la croissance — assure la vitalité d’une entreprise. À cet égard, le gouvernement vient en aide de deux façons : par la modernisation des politiques-cadres et par ses investissements stratégiques.

En matière de politiques, le gouvernement a adopté dernièrement une loi qui restreint la définition de bien canadien imposable, éliminant ainsi l’obligation de déclaration fiscale prévue aux termes de l’article 116 de la Loi de l’impôt sur le revenu à l’égard de nombreux investissements. Cela aidera les entreprises canadiennes à attirer du capital de risque étranger et contribuera à accroître le nombre d’emplois de qualité fondés sur le savoir.

En plus des modifications apportées l’an dernier à la Loi sur Investissement Canada — qui ont contribué à réduire les obstacles à l’investissement étranger en mettant l’accent sur les examens visant à déterminer les avantages nets des transactions importantes — le gouvernement ouvrira davantage le Canada au capital de risque et à l’investissement étranger dans les secteurs clés, notamment ceux des satellites et des télécommunications, donnant ainsi aux entreprises canadiennes un accès aux fonds et à l’expertise dont elles ont besoin.

Par ailleurs, je sais que notre Programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental est très populaire au sein de votre industrie. Chose certaine, il s’agit d’un autre outil à la portée du gouvernement pour stimuler la recherche-développement.

Quant aux investissements stratégiques, la Banque de développement du Canada — la BDC — est l’un des instruments clés du gouvernement. Je suis fier de dire que nous avons augmenté dernièrement de 225 millions de dollars le financement consenti à la BDC pour l’aider à fournir du capital de risque.

Par l’intermédiaire de la BDC, le gouvernement a par ailleurs consenti 75 millions de dollars au Tandem Fonds d’Expansion, visant le financement de travaux de recherche appliquée afin que des produits et des services canadiens puissent franchir la ligne d’arrivée.

Si votre entreprise a eu la chance d’avoir accès à du financement et d’assurer la commercialisation de ses produits ou services, encore lui faut-il affronter la vive concurrence attribuable à la mondialisation. Et la récession rend la situation encore plus difficile.

Or, bien avant que ne frappe la tempête économique, nous savions qu’il fallait améliorer les conditions dans lesquelles les entreprises canadiennes sont appelées à livrer concurrence, aussi bien sur le marché intérieur que sur la scène internationale.

Nous avons lancé en 2007 notre stratégie des sciences et de la technologie. Cette initiative d’envergure avait pour but de tirer pleinement parti de l’innovation, des sciences et de la technologie afin que le pays bénéficie d’un avantage concurrentiel. Depuis son lancement, notre gouvernement a investi plus de 8 milliards de dollars pour stimuler l’activité économique.

Les sciences et les technologies environnementales constituent l’un des principaux piliers de cette stratégie. En fait, il s’agit du premier des quatre principaux domaines prioritaires sur lesquels mise le Canada pour devenir un chef de file mondial de la recherche et de la commercialisation. Les ressources naturelles et l’énergie, la santé et les sciences de la vie connexes, de même que les technologies de l’information et des communications constituent les trois autres domaines prioritaires.

S’ajoutent à notre stratégie des sciences et de la technologie les mesures que nous prenons pour encourager le foisonnement de nouvelles idées et protéger les droits des Canadiens dont les activités de recherche-développement et de création artistique contribuent à la prospérité du pays. De fait, le gouvernement a l’intention de déposer un projet de loi d’ici la fin de la présente session parlementaire pour renforcer les lois régissant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur.

Mesdames et Messieurs, voilà seulement quelques-unes des nombreuses initiatives du gouvernement fédéral que vous devriez mieux connaître et dont vous devriez profiter s’il y a lieu.

Revenons maintenant à l’ordre du jour de la conférence.

Pendant des dizaines d’années encore, les gouvernements du monde entier continueront de promouvoir des stratégies visant à assurer la plus grande qualité possible du sol, de l’eau et de l’air de leur pays par des activités d’assainissement ou de protection. Il va de soi que de nombreux débouchés s’offrent au secteur des technologies propres, et vos entreprises sont bien placées pour saisir les occasions d’affaires.

Le gouvernement continuera donc de travailler avec ses homologues américains à une approche harmonisée pour lutter contre les changements climatiques et favoriser les technologies propres. Il continuera de vous prêter main-forte en mettant au point des régimes de réglementation qui permettront à nos industries de bénéficier de règles du jeu équitables, tout en réduisant le plus possible les coûts de conformité des entreprises en activité en Amérique du Nord.

Nous travaillons de concert à faire avancer la cause des technologies propres au pays et à l’étranger, certes, mais il ne faut pas oublier que les gouvernements ne peuvent pas tout faire.

Ainsi que je l’ai fait valoir aujourd’hui, notre gouvernement peut mettre en place les conditions propices à l’essor de notre pays par des investissements stratégiques, la modernisation des politiques et, le cas échéant, un financement direct.

N’empêche que, en fin de compte, les efforts du gouvernement ne parviendront pas à eux seuls à provoquer, à déterminer ou à assurer la réussite ou l’échec de vos entreprises. Cela dépend surtout des efforts déployés par des gens comme vous, au cœur de l’action, pour transformer des idées en innovations, créer des produits et percer sur de nouveaux marchés.

Le parcours que vous avez tracé pour les dix prochaines années est rempli de défis. J’ai remarqué que le titre provisoire du rapport de 2010 sur la croissance et la mise en marché des technologies propres est Establishing 20 by 2020 (En établir 20 d’ici 2020), c’est-à-dire viser à ce que le chiffre d’affaires annuel d’une vingtaine d’entreprises canadiennes de technologies propres s’élève à 100 millions de dollars d’ici l’année 2020. Cela exige du leadership, une vision d’avenir et un travail acharné. Mais je suis sûr que vous atteindrez cet objectif, et tous les autres que vous vous fixerez.

Je vous souhaite une conférence des plus réussies. Merci.

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