Collaboration entre le Canada et la Chine dans le domaine des sciences et de la recherche
Notes d'allocution
L'honorable Gary Goodyear, C.P., député
Ministre d'État (Sciences et Technologie)
Canada–China Academic Forum
TELUS Centre, Université de l'Alberta
Edmonton (Alberta)
Le 26 août 2010
La version prononcée fait foi
Je vous remercie, Brian. Bon après-midi, Mesdames et Messieurs.
Je suis heureux de participer à cette importante assemblée dont l'objet est d'améliorer la qualité globale de l'enseignement supérieur et d'accroître la pertinence de la recherche dans le contexte de l'économie du savoir. Je suis honoré de prendre la parole devant un auditoire d'envergure internationale réunissant autant de talents remarquables.
Vous vous êtes réunis pour réfléchir à des façons d'innover et d'améliorer ce que nos deux pays font afin de créer des débouchés pour les étudiants et les chercheurs prometteurs. Au cœur du débat réside un principe que nous reconnaissons tous : la science est le moteur du commerce. Cela est vrai tant en Chine qu'au Canada.
J'aimerais vous entretenir de l'importance que le gouvernement du Canada accorde à la recherche-développement (R-D). Notre pays est un centre de recherche de classe mondiale.
Le Canada accueille aussi l'investissement étranger avec l'un des régimes fiscaux les plus favorables de la planète. En outre, il possède la capacité indubitable de conjuguer les efforts des scientifiques et des gens d'affaires.
Comme vous le savez, une bonne partie des travaux de R-D font intervenir des personnes travaillant dans divers pays.
En plus de parler des nombreux atouts du Canada en tant que centre des sciences et de technologie, je décrirai aujourd'hui, dans la majeure partie de mon allocution, les nombreuses façons dont le Canada et la Chine ont coopéré dans le passé et doivent continuer de coopérer à l'avenir.
Pour moi, cette collaboration est essentielle. Le Canada et la Chine auront tous deux besoin de diplômés plus nombreux en sciences et en génie pour remplacer les travailleurs qui partent à la retraite et pour répondre à une demande de compétences grandissante dans le domaine des sciences et de la technologie.
Nous devons désormais, plus que jamais, faire en sorte que l'enseignement supérieur chez nous produise les meilleurs résultats possibles. Afin d'aider à stimuler la croissance économique, nos diplômés devront mieux comprendre les défis que l'économie de demain aura à relever.
Permettez-moi d'abord de passer en revue les mesures que le gouvernement du Canada a prises pour créer un environnement qui encourage l'innovation, le transfert des technologies et les travaux révolutionnaires de R-D.
En 2007, le premier ministre Stephen Harper a inauguré la stratégie des sciences et de la technologie du Canada, qui définissait ce que le pays allait entreprendre pour relever les défis auxquels il faisait face.
La stratégie avait pour objectif d'encourager le secteur privé à prendre un engagement plus vigoureux en faveur des sciences et de la technologie, de faire fond sur les atouts du Canada en matière de recherche, et d'attirer et de retenir au pays des personnes hautement qualifiées.
Dans l'esprit de cette stratégie, le gouvernement fédéral a accru chaque année les crédits affectés aux sciences et à la technologie depuis 2006.
Quand la récession mondiale a frappé notre pays, le gouvernement fédéral a présenté le Plan d'action économique du Canada. Au lieu de réduire les fonds réservés à la R-D, il a profité de l'occasion pour investir davantage. En effet, au cours des deux dernières années, il a affecté une somme supplémentaire de 6,3 milliards de dollars aux sciences et à la technologie.
Les investissements de notre gouvernement dans les sciences et la technologie devraient atteindre la somme record de 10,7 milliards de dollars au cours de l'exercice 2009‑2010.
Comparativement à d'autres pays, le Canada encourage beaucoup la recherche de pointe. Il se classe premier parmi les pays du G-7 pour ce qui est de la valeur des travaux de R-D exécutés dans les établissements d'enseignement supérieur, si on l'exprime en pourcentage du produit intérieur brut.
Le gouvernement fédéral a mis sur pied trois grands programmes pour faire du Canada un carrefour mondial en matière de recherche.
Les Bourses d'études supérieures du Canada Vanier aident des étudiants au doctorat de calibre mondial qui manifestent un leadership hors pair et obtiennent d'excellents résultats dans leurs études supérieures.
Le très prestigieux programme des Chaires d'excellence en recherche du Canada est destiné à attirer des chercheurs de classe mondiale dans les universités canadiennes pour qu'ils travaillent dans des secteurs prioritaires de recherche et dirigent des équipes menant des recherches de pointe.
Pas plus tard que la semaine dernière, mon collègue, le député de la région d'Edmonton Mike Lake, est venu ici annoncer le lancement du programme des Bourses postdoctorales Banting qui, nous l'espérons, deviendra l'un des programmes de ce genre les plus prisés au monde.
En plus de placer certains des meilleurs chercheurs du monde dans des environnements très propices, les Bourses postdoctorales Banting aideront les chercheurs à créer des réseaux mondiaux de collaboration tôt dans leur carrière.
Par ailleurs, notre pays maintient depuis longtemps son excellent Programme des chaires de recherche du Canada, qui investit 300 millions de dollars par année pour attirer et garder ici certains des cerveaux les plus illustres et les plus prometteurs de la planète. Dans le cadre de ce programme, de nombreux chercheurs travaillent au Canada, tout en entretenant des rapports professionnels étroits avec la Chine.
Par exemple, à l'Université Simon Fraser, à Vancouver, Mme Yuezhi Zhao détient la Chaire de recherche du Canada sur l'économie politique des communications mondiales. Elle compte parmi les principaux savants mondiaux dans le domaine des industries et des politiques chinoises en matière de communication. Dans le cadre de ses travaux, elle analyse l'évolution des médias, des télécommunications et des politiques Internet de la Chine dans le contexte de l'intégration de cette dernière dans le monde.
En outre, à l'Université de la Colombie-Britannique, M. Zhi-Chun Jing occupe la Chaire de recherche du Canada en archéologie de l'Asie-Pacifique. Ses recherches comportent la collecte de levés régionaux et des travaux d'excavation de sites dans l'ancien État chinois de Shang. Il étudie les tendances de la colonisation et les changements structurels survenus dans une des régions les plus importantes de la Chine sur le plan historique.
Toujours à l'Université de la Colombie-Britannique, le Dr Weihong Song détient la Chaire de recherche du Canada sur la maladie d'Alzheimer. Dès le début de sa pratique en Chine, le Dr Song s'est spécialisé dans la génétique des troubles mentaux, et ses recherches promettent une meilleure compréhension des fondements moléculaires de la pathogénie de la maladie d'Alzheimer.
Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux exemples de la collaboration qui existe entre le Canada et la Chine dans le domaine de la recherche. J'espère que vous avez maintenant une idée de l'intérêt manifesté par le Canada pour les sciences et la technologie de haut niveau, et de son désir de constituer une collectivité de chercheurs de calibre mondial.
Dans le domaine des affaires également, le Canada occupe une place de choix sur la scène internationale. Grâce aux réductions de l'impôt des sociétés récemment adoptées, le Canada affichera cette année le plus faible taux global d'imposition parmi les pays du G‑7 au chapitre des nouveaux investissements commerciaux.
En outre, grâce aux mesures prises par notre gouvernement dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, notre pays est en voie d'afficher, d'ici 2012, le plus faible taux d'imposition réglementaire des sociétés parmi les pays du G-7. D'ici deux ans, le taux d'imposition global sur les nouveaux investissements commerciaux sera au Canada plus bas que la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques à cet égard.
Alors, pourquoi les entreprises investissent-elles au Canada? Parce que les investissements financiers faits ici peuvent rapporter gros et aussi parce que le contexte est sûr.
Le Canada était mieux préparé que bien des pays à faire face à la crise économique mondiale. Le Canada affiche en effet le plus faible ratio de la dette nette au produit intérieur brut de tous les pays du G-7. Une économie stable, ainsi qu'une faible dette publique et un taux d'inflation bas offrent de la sécurité aux investisseurs.
Selon l'Economist Intelligence Unit, le Canada bénéficiera du taux de croissance réel le plus élevé des pays du G-7 entre 2009 et 2013, et ce sera le meilleur endroit du G-7 où faire des affaires au cours de cette période. L'an dernier, le Forum économique mondial a déclaré qu'il n'y avait pas de système bancaire plus solide que celui du Canada.
Nous sommes très fiers du pays que nous avons construit et des investissements que le gouvernement a faits dans l'avenir de ce pays, mais mon principal objectif aujourd'hui consiste plutôt à vous parler du potentiel combiné dont le Canada et la Chine disposent pour progresser dans les domaines des sciences et de la technologie.
Avant d'amorcer une discussion sur la collaboration de nos deux pays dans les domaines de l'enseignement supérieur et de la recherche, j'aimerais évoquer brièvement l'histoire riche et complexe du partenariat canado-chinois qui a vu le jour officiellement, comme vous le savez, quand Ottawa et Beijing ont établi des relations diplomatiques, il y aura 40 ans cet automne.
En 1970, le Canada a reconnu officiellement la République populaire de Chine. On estime que cette décision a créé un déblocage parmi les pays occidentaux, et beaucoup ont suivi l'exemple du Canada dans les années ultérieures.
L'établissement des relations modernes entre le Canada et la Chine a été à l'origine d'une collaboration plus grande qui se poursuit à ce jour entre nos sociétés. Dans le domaine des sciences et de la technologie, un certain nombre d'initiatives bilatérales aident les chercheurs diplômés à faire leur travail en s'adaptant aux besoins des sociétés de toutes les parties du monde.
Nos deux gouvernements ont signé l'Accord de coopération scientifique et technologique entre le Canada et la Chine en janvier 2007. Ils ont mis sur pied un comité mixte pour superviser les activités scientifiques et technologiques bilatérales entre les deux pays. Ce comité compte des représentants des milieux universitaires, du gouvernement et de l'industrie privée.
Le recteur de l'Université de la Colombie-Britannique, M. Stephen Toope, qui est ici aujourd'hui, je crois, représente les milieux universitaires canadiens au sein de ce comité.
L'accord susmentionné entre le Canada et la Chine a défini plusieurs domaines de collaboration : les sciences de la santé et de la vie, l'énergie et l'environnement, l'agriculture et les bioproduits, ainsi que les technologies de l'information et des communications. Le Canada a tenu la troisième réunion du comité mixte en juin, dans le cadre de l'Expo 2010 à Shanghaï.
À un ordre du jour déjà chargé, les membres du comité ont ajouté l'aviation civile à la liste des domaines de R-D dans lesquels les deux pays pourraient collaborer, démontrant ainsi la croissance rapide de l'industrie aéronautique chinoise. Ils se sont aussi entendus sur de nombreuses activités nouvelles à mener dans le contexte de l'accord actuel de coopération scientifique et technologique.
Avec le Programme de partenariats internationaux en science et technologie, le Canada et la Chine ont manifesté encore plus leur capacité de travailler ensemble.
Ces partenariats bilatéraux accéléreront l'application des nouvelles technologies dans les domaines des sciences de la vie, des technologies de l'information et des communications, et de l'énergie renouvelable. L'investissement conjoint global dans le programme atteint 3,7 millions de dollars.
Permettez-moi de vous montrer comment le Canada et la Chine participent au Programme de partenariats internationaux en science et technologie. Dans le cadre d'un projet, on appliquera des techniques de reproduction de pointe dans l'industrie laitière chinoise.
Le projet est exécuté par l'Université agricole chinoise à Beijing et par Alta Genetics de Calgary. Les chercheurs travaillent à l'amélioration des processus d'évaluation génétique des bovins laitiers. Ils espèrent que leurs efforts permettront d'identifier un cheptel reproducteur supérieur. Or, étant donné que la consommation de lait en Chine augmente de plus de 15 p. 100 par année, nous pouvons tous voir, j'en suis sûr, à quel point ce projet est nécessaire.
Un autre projet mené dans le cadre du Programme de partenariats internationaux en science et technologie concerne la course pour mettre au point des médicaments puissants pour supprimer les symptômes du VIH, le virus qui cause le sida. On estime que la valeur du marché de ces médicaments atteint 10 milliards de dollars, et je suis fier de dire que les chercheurs canadiens ont manifesté leurs talents en participant à la création de ces produits.
Le Dr Mark Wainberg, directeur du Centre du sida McGill à l'Hôpital général juif de Montréal, collabore avec des scientifiques de l'Institut de biotechnologie médicinale de Beijing pour faire progresser la recherche sur le VIH et la découverte de médicaments antirétroviraux.
La liste des projets mettant en jeu la collaboration entre le Canada et la Chine en sciences et technologie dépasse en fait le cadre des gouvernements nationaux.
Par exemple, la province de l'Alberta a signé des accords avec la Chine en matière de sciences et de technologie dans les domaines des sciences de la vie, de l'énergie, de l'environnement, ainsi que des matériaux avancés et de l'agriculture de pointe. L'Université de l'Alberta a conclu son propre accord de coopération dans plusieurs domaines, y compris la nanotechnologie.
Dans l'ensemble, la coopération entre le Canada et la Chine est vaste et variée. Dans les domaines du commerce et de l'investissement, il est certain que la Chine est essentielle à la prospérité du Canada. En outre, les deux pays s'intéressent au développement économique écologique en investissant, par exemple, dans les technologies propres et l'efficacité énergétique.
En mars 2010, un débat d'experts canadiens et chinois a eu lieu à l'occasion de la conférence GLOBE 2010 réunissant des représentants d'entreprises environnementales à Vancouver. Environ 200 délégués étaient présents, y compris plus de 70 venus de Chine.
Ils ont examiné des solutions scientifiques et technologiques aux problèmes de pollution de l'eau et de l'air qui se posent en milieu urbain dans les deux pays, et ils ont discuté d'éventuels partenariats de R-D.
Dans le secteur du tourisme, les relations entre le Canada et la Chine ont bénéficié récemment de la signature officielle de l'accord sur le statut de destination approuvée. L'accord a été signé au Canada en juin, après la fructueuse visite du premier ministre Harper en Chine en décembre 2009.
Grâce à la conclusion de cet accord, l'industrie touristique canadienne pourra activement faire de la publicité sur le Canada en Chine, pays qui est l'une des sources de tourisme émetteur les plus en croissance au monde.
Les gens présents ici aujourd'hui s'intéressent particulièrement aux liens que la Chine et le Canada ont établis dans le domaine de l'éducation.
Des milliers de Canadiens et de Chinois ont enrichi leurs connaissances en effectuant des études dans l'un ou l'autre de nos pays. En 2009, environ 200 000 personnes de l'étranger sont venues étudier au Canada, dont quelque 50 000 Chinois.
Cela signifie que près du quart des étudiants étrangers au Canada aujourd'hui sont chinois. Le nombre grandit considérablement d'année en année. En 2008, le Canada a délivré 36 p. 100 plus de visas à des étudiants chinois que l'année précédente.
De 2008 à 2009, ce chiffre a grandi de nouveau, cette fois dans une proportion de 20 p. 100, pour atteindre un total de 16 700 visas. Le nombre d'étudiants chinois inscrits au doctorat a augmenté, passant de 295 en 2008 à 395 en 2009, une hausse de 25 p. 100, et cette tendance devrait se maintenir.
À mesure que nous progressons, les possibilités de coopération entre le Canada et la Chine se multiplient. La réussite des établissements d'enseignement canadiens en Chine est évidente, quand on regarde les nombreux programmes d'études secondaires et postsecondaires offerts dans les provinces chinoises. Il existe plus de 40 centres et programmes d'études canadiennes dans les universités chinoises.
Cela montre sans contredit que les très nombreux savants de nos deux pays constituent une ressource précieuse. Nous devons continuer à collaborer pour multiplier nos échanges universitaires, renforcer nos nombreux liens réciproques et continuer sans relâche à chercher à répondre aux besoins du XXIe siècle.
Je vous remercie.
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