Les sciences et la technologie : facteurs de croissance économique - Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes

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Photo de l'honorable Gary Goodyear, Ministre d'État (Sciences et Technologie) (Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l'Ontario)

Notes d'allocution

L'honorable Gary Goodyear, C.P., député
Ministre d'État (Sciences et Technologie)

Montréal (Québec)
Le 21 octobre 2010

La version prononcée fait foi

Merci pour cette présentation et merci, Mesdames et Messieurs, de votre participation à la Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes. Je suis ravi de prendre de nouveau part à cette rencontre, qui en est à sa deuxième édition.

Cette conférence prend rapidement de l'importance dans le milieu des politiques scientifiques. Il est motivant de voir dans la salle ce matin autant de spécialistes et de défenseurs des politiques scientifiques de partout au Canada.

En réunissant les acteurs canadiens des sciences et de l'innovation, cette conférence contribue largement aux discussions sur les politiques scientifiques.

Au Canada, cet esprit de collaboration est profondément ancré dans le milieu des politiques scientifiques. La conférence d'aujourd'hui a pour but de rassembler les chercheurs, les scientifiques et les représentants de l'industrie et du gouvernement, et je vous souhaite tout le succès possible à l'occasion de cette rencontre.

Selon moi, les chercheurs ont occupé le devant de la scène pendant une bonne partie de l'année 2010. En mai dernier, par exemple, le gouvernement fédéral a révélé les lauréats des Chaires d'excellence en recherche du Canada, tous d'éminents scientifiques venus au Canada des quatre coins du monde pour mener leurs travaux.

Le Québec à lui seul a accueilli son lot de chercheurs vedettes.

  • Originaire de la France, Marcel Babin s'est joint à l'Université de Montréal pour diriger les recherches canadiennes sur la télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada;
  • Venu du Brésil, Younès Messaddeq poursuit ses recherches sur l'innovation en photonique dans le domaine de l'information et des communications à l'Université Laval;
  • Bertrand Reulet, également de la France, s'est tourné vers l'Université de Sherbrooke pour ses recherches sur le traitement de signaux quantiques.

Bon nombre des meilleurs chercheurs au monde considèrent désormais le Canada comme une destination de choix.

Dans cette salle même, nous pouvons voir rassemblées des personnes qui soutiennent les sciences, la technologie et l'innovation de diverses manières au pays. Votre travail renforce la capacité concurrentielle de l'économie canadienne et le dynamisme de notre société.

Réunis pour cette conférence, nous renouvelons une fois de plus notre engagement à établir de meilleurs partenariats entre l'industrie, le gouvernement et le milieu universitaire. Ces partenariats touchent l'ensemble des systèmes ou « grappes » d'innovation au Canada, qu'il s'agisse de recherche fondamentale, de sciences et de technologie appliquées ou de commercialisation.

Comme vous le savez, il y a trois ans, le premier ministre Stephen Harper a lancé la stratégie des sciences et de la technologie du Canada. Nous voulions, par là, améliorer la qualité de vie des Canadiens, créer de l'emploi et stimuler l'économie pour les générations futures. Nous nous étions aussi engagés à soutenir les universités dans leurs efforts pour former, attirer et retenir les meilleurs chercheurs au monde ici même, au Canada.

Pour appuyer cette stratégie, notre gouvernement a prévu des investissements majeurs et inédits dans les sciences et la recherche dans les cinq derniers budgets fédéraux. Ainsi, pour la deuxième année du Plan d'action économique du Canada, près de 1,4 milliard de dollars ont été affectés aux initiatives visant la promotion des sciences, de la technologie et de l'innovation. Ce montant s'ajoute à un investissement fédéral sans précédent de près de 5 milliards de dollars pendant la première année du Plan.

Dans le budget de 2010, 45 millions de dollars sur cinq ans ont été consacrés aux conseils subventionnaires pour l'établissement du Programme de bourses postdoctorales Banting. Une fois mis en œuvre, ce programme octroiera 140 bourses d'une valeur de 70 000 $ par année.

Nous veillons aussi à ce que les collèges communautaires soient intégrés au système d'innovation. Cette année, nous avons doublé le financement du Programme d'innovation dans les collèges et la communauté pour soutenir les collaborations en recherche appliquée entre les communautés, les entreprises et les collèges.

Toujours dans le budget de 2010, nous avons octroyé 75 millions de dollars à Génome Canada pour la tenue de nouveaux concours de recherche axés sur des domaines prioritaires et pour le financement des centres régionaux d'innovation en génomique. Nous avons aussi consacré 222 millions de dollars sur cinq ans à TRIUMF, le laboratoire national canadien pour la recherche en physique nucléaire et en physique des particules.

Cet engagement, ce dévouement et cet appui financier constants permettront au Canada de demeurer un leader mondial dans le secteur de la recherche scientifique.

Aux chercheurs ici présents, je tiens à dire que votre travail améliore le niveau de vie des Canadiens. Notre gouvernement est fier de vos efforts et de votre contribution à la nation.

Grâce, en partie, aux investissements que nous avons effectués, le Canada se trouve toujours à la tête des pays du G-7 pour l'apport au produit intérieur brut (PIB) de la recherche-développement effectuée par les collèges et les universités. Nous occupons le deuxième rang au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour le nombre de diplômés postsecondaires. Nous devons tirer profit de cette situation avantageuse pour préparer l'avenir.

Toutefois, nous savons également que le Canada doit relever des défis.

En effet, le Canada fait piètre figure comparativement aux autres pays pour ce qui est de la recherche-développement (R-D) réalisée dans les entreprises.

En 2007, le Canada s'est classé au 16e rang parmi les pays de l'OCDE quant aux dépenses en R-D des entreprises, en pourcentage du PIB. Nous devons être parmi les chefs de file pour accroître notre qualité de vie et devenir concurrentiels à l'échelle mondiale. Pourtant, nous nous situons bien en deçà de la moyenne de l'OCDE.

Les entreprises canadiennes investissent dans la R-D à peine 60 p. 100 du montant investi par leurs concurrentes américaines.

En fait, notre PIB croît plus rapidement que les dépenses des entreprises en R-D. Les entreprises canadiennes ne réinvestissent pas les profits de la croissance économique dans des technologies qui leur permettraient de maintenir cette croissance dans l'avenir.

C'est pourquoi nous cherchons des moyens d'améliorer notre soutien, déjà généreux, à la R-D réalisée dans les entreprises.

La semaine dernière, c'est avec plaisir que j'ai annoncé, au nom du gouvernement, la création d'un groupe d'experts qui examinera le soutien offert par le fédéral à la R-D à vocation commerciale. Ce groupe est présidé par Tom Jenkins, président et stratège en chef d'Open Text, une société qui développe des logiciels. Il recueillera l'opinion des entreprises, du milieu universitaire et d'autres parties intéressées au Canada.

M. Jenkins sait en quoi consiste la croissance d'une entreprise axée sur l'innovation au Canada et comment relever les défis et saisir les occasions associées aux marchés mondiaux.

Je suis aussi très heureux de savoir que le Dr David Naylor, Mme Monique F. Leroux, M. Arvind Gupta, M. Bev Dahlby et Mme Nobina Robinson siégeront au groupe d'experts. Ces personnes comptent de nombreuses années d'expérience et possèdent une vaste connaissance de l'économie canadienne ainsi que des nombreux intervenants du système d'innovation canadien.

L'examen de la R-D sera axé sur les activités et les programmes fédéraux qui visent à favoriser l'innovation dans le secteur privé. D'ici un an, le groupe d'experts me présentera ses conclusions sur la façon d'améliorer l'efficacité du soutien gouvernemental à la R-D et à l'innovation au sein des entreprises.

J'aimerais préciser deux choses à propos du groupe d'experts et de son mandat.

Premièrement, le but de l'exercice n'est pas de réduire les dépenses. Nous cherchons plutôt à déterminer comment tirer le maximum de nos investissements. Le but n'est pas non plus d'augmenter les dépenses. Nous avons un budget à respecter.

Deuxièmement, cet examen n'influera ni sur notre engagement envers la recherche fondamentale ni sur nos investissements dans l'enseignement supérieur. Ces investissements sont, après tout, garants de l'avenir au Canada.

Le groupe d'experts cherchera des moyens d'amener les entreprises canadiennes à contribuer à la compétitivité globale du pays dans le cadre d'une économie fondée sur les connaissances.

Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, les Canadiens pourront faire connaître leur opinion à ce sujet au groupe d'experts. Ce dernier en tiendra compte dans les recommandations qu'il présentera au gouvernement.

Nous savons que les enjeux sont importants et que le rythme de l'innovation accélère sans cesse. Les économies qui réussiront le mieux à appliquer la R-D à leurs produits et à leurs processus se hisseront en tête.

Mais il n'y a pas que les chercheurs et les inventeurs qui nous permettront de demeurer compétitifs. En effet, les décideurs, les administrateurs et les gestionnaires ont aussi un rôle important à jouer. Le Canada compte sur tous ses citoyens pour se démarquer sur la scène mondiale. Il est important de souligner nos réussites. Avant de terminer, j'aimerais vous faire part d'une de ces réalisations.

Au cours de la dernière année, la Société des musées de sciences et technologies du Canada a rencontré des membres de la communauté scientifique, avec qui elle a discuté de la promotion de la « culture scientifique ».

À la suite de ces discussions, le Musée s'est engagé dans un projet ambitieux visant à créer un carrefour en ligne pour la communauté pancanadienne des sciences, de la technologie et du génie. Il voyait ce projet comme l'accomplissement de son mandat, qui est de promouvoir les réalisations scientifiques et technologiques passées, actuelles et futures des Canadiens.

Pour le Musée, le carrefour est un espace de collaboration ouvert à tous ceux qui participent ou qui s'intéressent au monde des sciences, de la technologie et du génie.

Le carrefour est ouvert à l'industrie, au milieu universitaire, aux administrations, aux organismes de financement, aux décideurs et aux citoyens. Aujourd'hui, avec l'aide du Centre canadien de la politique scientifique, le Musée lance un forum en ligne auquel tous les citoyens canadiens peuvent participer. Il s'agit d'un espace où chacun peut exprimer ses idées sur la meilleure façon d'utiliser la technologie pour favoriser la collaboration.

Permettez-moi maintenant de vous parler des dernières nominations au Panthéon canadien des sciences et du génie, qui sont une autre preuve des avantages liés à la collaboration.

En haut de la liste se trouve le Dr Norman Bethune, chirurgien innovateur qui plaidait en faveur de l'amélioration de la santé publique.

De son côté, George C. Laurence a gagné sa place grâce à sa contribution au monde de la physique. Il a été l'un des principaux acteurs du développement de l'industrie nucléaire canadienne. Il a consacré sa carrière à l'étude de la physique nucléaire et au développement de techniques visant à exploiter cette énergie de manière sécuritaire.

Puis il y a eu la nomination de James Till, physicien, et du Dr Ernest McCulloch, qui ont été choisis pour leur contribution en médecine.

Ce duo de scientifiques, que l'on a appelés les « pères de la recherche sur les cellules souches » a profondément marqué le paysage de la biologie cellulaire, plus précisément de la recherche sur le cancer, en prouvant l'existence des cellules souches et en définissant leurs caractéristiques.

Il s'agit de la première nomination conjointe au Panthéon, mais le comité de sélection souligne qu'il y en aura plus souvent à l'avenir, puisque la collaboration et la synergie sont à la source d'un nombre grandissant de découvertes et d'innovations scientifiques.

Comme vous pouvez le constater, un système d'innovation requiert la contribution — et la collaboration — de nombreux acteurs. Au cours des prochains jours, vous aurez l'occasion d'explorer, avec vos collègues, les meilleures façons d'établir des contacts diversifiés et fructueux.

Je vous souhaite une conférence agréable et stimulante.

Merci.

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