Le nouveau conseiller scientifique sera la clé de la politique fondée sur des données probantes

Le 6 mai 2016

Il y a quelques semaines, j'accompagnais le premier ministre Justin Trudeau lorsqu'il a pris la parole pour parler d'informatique quantique à l'Institut Perimeter de Waterloo. Cette leçon scientifique improvisée a suscité une vague d'applaudissements de la part des jeunes chercheurs qui étaient rassemblés pour l'occasion. L'Internet s'est emparé de la nouvelle.

J'espère que les neuf jours qui viendront seront chargés de moments tout aussi spectaculaires du point de vue scientifique, car nous entrons dans l'Odyssée des sciences, qui vise à souligner à l'échelle nationale les contributions du Canada en matière de sciences et technologies. Des activités et des festivités sont organisées partout au pays. Nous aurons aussi l'occasion d'examiner l'approche de notre nation en matière de sciences et de recherche.

Les Canadiens nous ont dit qu'ils voulaient plus d'ouverture en ce qui a trait aux sciences menées au gouvernement fédéral et qu'ils voulaient l'assurance que les sciences seraient prises en compte dans le processus décisionnel. Les communications scientifiques transparentes et la prise de décisions stratégiques axées sur des faits probants sont des priorités pour notre gouvernement. C'est la raison pour laquelle, dans ma lettre de mandat, le premier ministre m'a demandé d'établir un poste de conseiller scientifique en chef, qui aurait pour un rôle principal de concrétiser cet engagement.

L'établissement d'un poste de conseiller scientifique en chef démontre l'engagement de notre gouvernement à faire en sorte que les sciences occupent la place qui leur revient à la table fédérale. Je suis en poste depuis six mois, et j'ai mené de vastes consultations en ce sens — à l'échelle nationale et internationale. J'ai examiné comment des postes similaires, ayant la même appellation de conseillers scientifiques en chef, avaient été établis dans d'autres pays, dont le Royaume Uni, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et Israël. L'examen de ces modèles internationaux contribuera à la création d'un poste qui est à la fois moderne et bien adapté à la réalité canadienne.

Jusqu'à maintenant, j'ai reçu des commentaires précieux de la part de plus de 80 experts, intervenants et collègues parlementaires de toutes les allégeances politiques. Ces consultations ont fait ressortir plusieurs points importants, dont l'importance de recruter quelqu'un qui serait en mesure d'offrir des conseils scientifiques au premier ministre et à notre gouvernement de façon indépendante, transparente et non partisane. Elles ont aussi rappelé l'importance de l'édification de relations privilégiées entre le conseiller scientifique en chef et le milieu de la recherche de manière à ce que la meilleure expertise scientifique possible puisse être mise à contribution dans la prise de décisions dans les sphères les plus hautes du gouvernement.

Nos intervenants ont aussi fait ressortir l'importance de nommer quelqu'un qui aurait accès aux scientifiques fédéraux, ainsi qu'aux scientifiques de tout le Canada et de l'étranger, et qui pourrait établir un dialogue ouvert avec eux. Et quand je parle des scientifiques ici, je parle de TOUS les scientifiques. Comme Stephen J. Toope l'a écrit dans The Ottawa Citizen, notre scientifique en chef serait bien placé pour recueillir les données les plus probantes dans toutes les disciplines : des sciences naturelles et appliquées à l'ingénierie, en passant par les sciences de la santé et les sciences sociales. Il exercerait son mandat sans être influencé par les différents points de vue politiques. Et il devrait être à l'aise dans les deux langues officielles.

J'ai appris de ces consultations que pour renforcer le système consultatif scientifique du Canada et donner à ce poste la permanence qui lui revient, il nous fallait prendre le temps nécessaire pour définir convenablement ses fonctions et recruter la personne qui démontrera un profond respect pour les scientifiques canadiens. Jusqu'à maintenant, je suis heureux de voir que nos intervenants et nos parlementaires comprennent qu'il faut mettre en place un processus crédible pour la nomination d'un individu qui soit digne de servir notre premier ministre, notre gouvernement, nos citoyens et nos scientifiques.

Cette semaine, durant l'Odyssée des sciences, célébrons nos scientifiques et nos innovateurs. Tous les Canadiens devraient profiter de cette occasion pour en apprendre davantage sur les réalisations du Canada en matière de recherche, parce qu'en fin de compte, les sciences, c'est l'affaire de tous.

L'honorable Kirsty Duncan
Ministre des Sciences

Commentaire paru initialement dans le Ottawa Citizen (anglais seulement), le vendredi 6 mai 2016.

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