L'innovation : une valeur canadienne

Le 12 mai 2016

L'innovation est un sujet brûlant d'actualité ces jours-ci, et avec raison. Qu'est-ce que l'innovation? C'est un état d'esprit. C'est oser faire les choses mieux, plus intelligemment et plus rapidement. On peut débattre de la façon de définir ce concept, mais, plus important encore, je vois qu'il existe un consensus au sujet de l'importance de l'innovation. Le désir inné d'améliorer notre qualité de vie fait partie de notre condition humaine, mais c'est aussi ce qui façonne les emplois d'aujourd'hui et de l'avenir.

Nous traversons une période charnière. Le mouvement international qui nous pousse à lutter contre les changements climatiques a accéléré la transition vers un avenir à faible intensité carbonique. L'économie mondiale fonctionne au ralenti en raison de la faible demande et de la volatilité des marchés financiers. La technologie continue à changer tous les aspects de nos vies. Des secteurs économiques entiers sont transformés par l'Internet des objets, la fabrication additive, les technologies propres et des domaines de recherche prometteurs comme la médecine régénérative et les technologies quantiques. Enfin, on ne peut ignorer les inquiétudes croissantes au sujet des inégalités qui se creusent au sein des nations et entre les nations. Et les appels à tirer le meilleur parti de l'innovation et des technologies au nom du bien-être social se font de plus en plus pressants.

L'innovation est l'élément clé qui permettra d'assurer la place du Canada au sein de ce nouvel âge industriel. L'innovation définit la réussite dans l'économie moderne et je suis convaincu qu'elle doit faire partie des valeurs déterminantes de notre nation.

Le Canada occupe une place de choix pour exceller au sein d'une économie mondialisée et numérique. Nous devrions vanter davantage notre population très instruite, nos importants investissements publics en recherche-développement, nos généreux encouragements fiscaux à la recherche-développement et notre solide renommée internationale en matière de recherche scientifique et de découvertes. Tout compte fait, le Canada produit près de 4 % des publications et communications scientifiques dans le monde, même s'il compte moins de 0,5 % de la population mondiale.

Les Canadiens lancent quelque 11 000 nouvelles entreprises par année, ce qui est en grande partie rendu possible par nos taux bas d'imposition et notre environnement réglementaire rigoureux. Notre société diversifiée et accueillante favorise l'innovation et l'entrepreneuriat.

Par ailleurs, des chefs de petites et grandes entreprises canadiennes de tous les secteurs m'ont fait part, lors de nos fréquents échanges, des défis auxquels ils continuent à être confrontés pour attirer et retenir des employés talentueux; pour faire croître de petites entreprises; pour se conformer à des règlements lourds; et pour avoir accès à des capitaux limités.

À cette réalité s'ajoute le fait que, en 2012, le Canada était au 22e rang des pays de l'OCDE et avant-dernier au sein des pays membres du G7 pour ce qui est des investissements des entreprises dans la R-D. Par rapport aux États-Unis, l'écart de notre productivité de travail s'est creusé depuis 2000. De plus, le Canada sous-performe régulièrement pour ce qui est de la commercialisation des innovations.

L'innovation est essentielle à notre croissance et à la création d'emplois. Il est impossible de prédire où et comment une innovation « perturbatrice » se manifestera. Cela pourrait arriver dans un garage en démarrage à Vancouver, dans une mine à Saskatoon ou dans une entreprise de pêche à Saint John.

Ce que nous savons avec certitude, c'est que la façon d'anticiper ce genre de « perturbations » et d'y réagir est déterminante pour la réussite d'un pays dans l'économie mondiale.

Nous devons prendre des mesures audacieuses, cela est clair.

Nous avons fait un premier pas en ce sens dans le budget de 2016 en effectuant des investissements notamment dans notre écosystème novateur de réseaux et de grappes d'innovation, dans l'infrastructure numérique et dans les technologies propres. Dans les mois à venir, je vais multiplier mes efforts dans ces domaines et d'autres grands secteurs d'action, dans le cadre de notre programme national d'innovation.

Par exemple, nous devons aider nos entreprises en démarrage à prendre de l'expansion au Canada, car nous avons besoin des emplois qu'elles créent. Tout particulièrement, le Canada peut tirer profit du marché mondial des technologies propres, qui connaît une croissance rapide, pour donner aux entreprises en démarrage dans ce secteur la meilleure chance de poursuivre leur croissance.

Nous devons promouvoir notre économie numérique dans tous les secteurs. Il faut que nos entreprises appuient les investissements en technologie comme jamais auparavant. Cela est vrai tout autant des entreprises dans les secteurs traditionnels qui doivent utiliser les nouvelles technologies pour réaliser leur plein potentiel. Pour ce faire, il faut considérer les infrastructures, l'éducation et le développement des compétences qui permettent aux Canadiens de réussir dans un monde numérique.

Enfin, des mesures audacieuses doivent être prises pour créer une société centrée sur l'esprit entrepreneurial et la créativité. La question que l'on doit se poser est : « Peut-on faire de l'innovation une valeur fondamentale canadienne? » Je crois que cela est possible, si nous exploitons correctement nos talents et notre diversité.

Le gouvernement n'est qu'un des acteurs qui doivent prendre part à l'effort national. Des relations stratégiques entre les entreprises, les établissements d'enseignement postsecondaires, les gouvernements et d'autres intervenants innovateurs sont essentielles à la transformation des idées d'aujourd'hui dans les produits et les services de demain.

Si nous voulons réussir, la société tout entière devra contribuer. Et une modification fondamentale de la façon de voir les choses devra s'opérer.

Ma responsabilité sera d'amener le gouvernement au complet à faire preuve de leadership dans le cadre d'un effort national d'innovation qui est tout aussi important pour notre pays aujourd'hui que l'ont été les voies ferrées, les réformes sociales, les programmes d'accueil de réfugiés, les accords commerciaux et les protections environnementales mis de l'avant par les fiers gouvernements canadiens dans le passé.

Partout sur la planète, les nations doivent choisir de quelle façon elles vont collaborer et mener concurrence sur la scène mondiale.

Lorsque je réfléchis au Canada que nous voulons avoir dans 20 ou 30 ans, c'est l'image de mes filles et les possibilités que je veux leur offrir qui me viennent à l'esprit. Tous les parents veulent que leurs enfants aient ces mêmes possibilités : un bon emploi, un toit et un avenir radieux.

Le temps est venu pour le Canada de prendre les devants.

L'honorable Navdeep Bains
Ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique

Commentaire paru initialement dans le Toronto Star (anglais seulement), le jeudi 12 mai 2016.

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