Emboîter le pas au changement : l’avenir de la distribution de la programmation au Canada

De : Innovation, Sciences et Développement économique Canada

Emboîter le pas au changement : l'avenir de la distribution de la programmation au Canada —Ce rapport préparé par CRTC, l'offre des données contextuelles, en vue d'un examen de la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur les télécommunications.

Transcription — Emboîter le pas au changement : l'avenir de la distribution de la programmation au Canada

Bonjour! Je m'appelle Sheehan Carter. Et moi Mark Allen. Nous aimerions vous parler d'un rapport que nous avons récemment publié : Emboîter le pas au changement : l'avenir de la distribution de la programmation au Canada

Le gouvernement a demandé au CRTC, aussi connu comme étant l'organisme de réglementation des communications du Canada, d'examiner l'avenir de la distribution de la programmation au Canada et la mesure dans laquelle le milieu pourra soutenir un marché interne dynamique de contenu audio et vidéo qui demeurera concurrentiel dans le nouvel environnement mondial numérique.

Le rapport offre des données contextuelles importantes, brossant un portrait fondé sur une recherche empirique du marché actuel et de son orientation probable, en vue d'un examen de la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur les télécommunications.

Le cadre d'analyse a été réparti selon quatre thèmes : les changements que subiront les marchés, l'incidence des changements sur les modèles d'affaires, les possibilités et les risques qui émergent et les types de changements législatifs et réglementaires qu'il faudrait apporter au Canada.

Le marché évolue en raison de la croissance d'Internet, qui est clairement devenu essentiel aux Canadiens pour de nombreuses activités quotidiennes. Cependant, il est important de souligner que la croissance d'Internet à large bande (vitesses plus élevées, plus de données) est attribuable à la consommation de contenu audio et vidéo. Les deux tiers des données utilisées sur des réseaux fixes sont liés à la consommation de contenu vidéo et audio. En fait, sur les réseaux mobiles, cette consommation représente le tiers des données utilisées.

La croissance d'Internet à large bande influe sur la façon dont les gens consomment du contenu. L'utilisation de la télévision et de la radio traditionnelle est encore élevée mais diminue au fur et à mesure que les Canadiens se tournent vers les services audio et vidéo en ligne. Cette tendance est moins marquée dans le marché francophone que dans le marché anglophone, mais est tout aussi évidente.

La croissance de l`Internet à large bande a une incidence très positive sur la situation économique du secteur des télécommunications. La croissance de l`Internet à large bande perturbe également la situation du secteur médiatique, au sein duquel on fait des investissements importants dans la production et la promotion du contenu. Par exemple, les dépenses des consommateurs en abonnements pour accéder à Internet dépassent de loin les dépenses en abonnements pour les services de contenu en termes de taille et de croissance. La publicité, qui est une autre source majeure de revenus, passe également à des services multimédias prenants en charge la création de contenu aux services numériques qui aident les consommateurs à trouver et à partager.

Le marché canadien change lui aussi. L`industrie s'ajuste aux fournisseurs en ligne qui mettent à profit les investissements dans le contenu, les analyses de données et les expériences des utilisateurs à l'échelle.

Nous vivons certainement à une époque d'abondance de contenu, mais quels sont les types de contenu disponibles qui dépendent de l'économie. Les paramètres économiques de la création du contenu favorisent les grands marchés et le marché du contenu devient encore plus global. Cependant, le contenu local est toujours important même si les aspects économiques sont plus difficiles.

En nous fondant sur cet aperçu du marché, nous avons examiné la viabilité future des modèles de distribution de programmation.

Nous avons réparti chaque modèle dans trois catégories générales : croissance, maturité et déclin.

Les entreprises exploitant le modèle de diffusion du contenu audio et vidéo affichent une croissance des revenus et de l'auditoire et font d'importants investissements dans le contenu, l'analyse des données et l'expérience des utilisateurs.

Les entreprises exploitant un modèle dans la catégorie « mature » affichent une érosion des revenus et de l'auditoire, mais demeurent rentables, et nous pensons qu'elles pourront ajuster leurs activités de manière à demeurer viables dans le futur. Les services de radio et les services de télévision par abonnement, tel que la télévision par câble, appartiennent à cette catégorie.

Certaines entreprises exploitent un modèle en déclin comme la télévision conventionnelle gratuite. Les services de télévision traditionnels ne génèrent pas de profits depuis un certain moment, et il est peu probable qu'ils demeurent viables sans un important changement à leur modèle d'entreprise. Ces services sont la pierre angulaire du système de télédiffusion canadien compte tenu des montants élevés qu'ils donnent aux nouvelles locales et au divertissement canadien.

Compte tenu de ces connaissances sur le marché et de l'évolution des modèles opérationnels, le CRTC a conclu que toute approche législative, réglementaire ou stratégique soutenant un marché du contenu national dynamique devrait être fondé sur trois principes.

Premièrement, le principal objectif de l'approche devrait être la production et la promotion de contenu produit par les Canadiens pour les Canadiens. Peu importe si le contenu est destiné à être diffusé à la télévision, à la radio ou en ligne, il faut l'appuyer. Même le meilleur contenu ne peut réussir s'il n'est pas présenté aux Canadiens et au reste du monde de la façon la plus efficace.

Deuxièmement, l'approche actuelle est axée sur les services traditionnels tels que les systèmes de câblodistribution et les stations de télévision et de radio. Les nouvelles approches doivent tenir compte du fait que beaucoup de Canadiens utilisent déjà les services en ligne pour obtenir du contenu. Ces nouveaux services engrangent d'importants revenus au Canada et, dans certains cas, contribuent de manière significative, mais ni leur rôle, ni leurs responsabilités sont reconnus. Tous les services, nouveaux et traditionnels, devraient contribuer à l'écosystème canadien, et ces contributions devraient être équitables sans nécessairement être identiques.

Troisièmement, les mesures législatives et réglementaires prises à l'avenir devront être suffisamment souples pour qu'on puisse les adapter facilement en fonction de l'évolution des circonstances. Si elles sont trop rigides ou axées uniquement sur l'environnement actuel, elles ne pourront répondre entièrement aux besoins et aux défis de demain.

Bien qu'il existe de nombreuses voies pour donner suite aux conclusions du CRTC, celui-ci a proposé deux options précises :

  • La première consiste en une restructuration de la stratégie de financement. Cela signifierait qu'on regrouperait ou qu'on harmoniserait les contributions effectuées par le gouvernement à divers fonds afin d'optimiser leur efficacité commune. Il y aurait également une nouvelle répartition des contributions du secteur privé. À l'heure actuelle, les contributions ne proviennent que des distributeurs traditionnels tels que les systèmes de diffusion par câble et par satellite. Si d'autres secteurs qui profitent directement du contenu produit, tels que celui des fournisseurs de services Internet et sans fil, contribuaient une très petite partie de leurs revenus, les contributions des distributeurs traditionnels pourraient être réduites, et il y aurait à long terme un financement considérable et durable pour le contenu.
  • La deuxième option possible est le remplacement du système d'octroi de licences par un type de réglementation plus souple que nous avons appelé « ententes de service ». L'approche fondée sur les ententes de service décrite dans le rapport permettrait de garantir que toutes les parties soient assujetties à des obligations contraignantes établies dans le cadre d'un processus public. Elle donnerait également lieu à certains avantages qui inciteraient chaque groupe de services à participer et à contribuer au système d'une manière convenable. Cette approche pourrait également être adaptée plus facilement à des changements que l'approche d'octroi de licences et réduirait le fardeau administratif de toutes les parties.

En plus de ces options, le CRTC a proposé des stratégies nationales dont le gouvernement devrait tenir compte ainsi que certaines mesures provisoires à court et moyen terme que le CRTC pourrait prendre afin de commencer à passer aux nouvelles approches en matière de politiques et de réglementation.

Voilà qui conclut notre résumé du rapport Emboîter le pas au changement. Merci d'avoir pris le temps de visionner la vidéo. Nous vous encourageons à consulter le rapport sur le site Web du CRTC, à l'adresse www.crtc.gc.ca. Le rapport comporte des outils et des graphiques interactifs grâce auxquels vous pourrez examiner les données et tirer vos propres conclusions.

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