Co-operative Auto Network (CAN)

Étude de cas

Préparée pour
Le Secrétariat aux coopératives
Agriculture et Agroalimentaire Canada

Préparée par
Le Groupe Éconov Développement

Le 21 février 2006

Co-operative Auto Network
- Une solution de transport pour les personnes et la planète -

Résumé

Le Co-operative Auto Network (CAN) a été fondé à Vancouver en 1996 avec l'objectif de promouvoir la copropriété automobile comme solution respectueuse de l'environnement en remplacement de la voiture personnelle. Depuis, la coopérative s'est agrandie pour devenir un des plus grands organismes de copropriété automobile d'Amérique du Nord. Le CAN dessert désormais plus de 2 000 membres grâce à plus de 110 véhicules partagés (les derniers chiffres disponibles datent de novembre 2005) situés dans les quartiers de Vancouver, le Lower Mainland et l'île de Vancouver. Après s'être acquittés du droit d'adhésion à la coopérative, les membres peuvent utiliser un véhicule de la coopérative lorsqu'ils en ont besoin selon une tarification proportionnelle à l'usage. Tous les coûts d'assurance, d'entretien et de carburant sont couverts et les membres peuvent demander des véhicules bicorps, des berlines, des mini-fourgonnettes et des camionnettes, selon leurs besoins à un moment donné. Les membres de la coopérative peuvent également exercer leurs droits de copropriété et de prise de décision démocratique en votant aux élections du conseil d'administration de cette coopérative à but non lucratif.

Le CAN accueille de 40 à 50 nouveaux membres par mois, et plus il grandit, plus il devient intéressant aux yeux des nouveaux membres, puisqu'il peut fournir plus de voitures dans plus d'endroits, à de meilleurs prix, et offrir d'autres avantages à ses membres. Le nombre de membres du CAN n'a cessé d'augmenter depuis sa constitution en personne morale en 1996. La coopérative est autosuffisante depuis qu'elle a accepté son 500e membre en juillet 2000, et elle s'est libérée de ses dettes en mai 2003, lorsqu'elle a accueilli son 1 200e membre.

Le CAN a également pris des mesures proactives pour promouvoir la responsabilité environnementale et réduire le nombre de voitures dans la région de Vancouver. Son parc de véhicules comprend des véhicules hybrides. La coopérative a récemment lancé un projet pilote de copropriété automobile pour les résidents de Whistler et détient un accord d'utilisation croisée avec la Victoria Car Share Co-op. Cet accord procure des avantages supplémentaires à ses membres, tels que des réductions pour des systèmes de soins médicaux et d'autres moyens de transport locaux. Le CAN a collaboré avec le promoteur d'« Electric Avenue », à Vancouver, pour rendre la copropriété automobile accessible aux locataires d'un nouveau complexe résidentiel pour la première fois en Amérique du Nord. Il a également été l'instrument qui a permis la création d'un règlement de la Ville de Vancouver permettant aux promoteurs de réduire leurs ratios d'espaces de stationnement si la copropriété automobile fait partie des spécifications du complexe. L'édiction d'un tel règlement constitue une première mondiale.

Cette étude de cas détaillée se penche sur l'évolution de la notion de copropriété automobile, trace le développement du CAN depuis ses débuts en faisant état des différentes étapes de sa croissance et consigne les enseignements tirés en cours de route.


Acronymes

AGA - Assemblée générale annuelle
AWARE - Association of Whistler Area Residents for the Environment
C.-B. - Colombie-Britannique
CAN - Co-operative Auto Network
CCS - Programme Commuter Car Share de TransLink
DEC - Développement économique communautaire
OCP - Organisme de copropriété automobile
EC - Environnement Canada
DG - Directrice générale ou directeur général
DRRV - District régional de la région de Vancouver
ICBC - Insurance Corporation of British Columbia
SFU - Simon Fraser University
TransLink - Greater Vancouver Transportation Authority


Table des matières

1. Introduction

Le Co-operative Auto Network 

Le Co-operative Auto Network (CAN) est une coopérative sans but lucratif qui fait la promotion de la copropriété automobile comme moyen de transport respectueux de l'environnement. En novembre 2005, la coopérative possédait 113 véhicules qui étaient répartis sur divers sites, à Vancouver, et comptait plus de 2 000 membres. Les propriétaires de la coopérative sont les membres; ceux-ci décident, au moyen d'un forum ouvert et démocratique, de son envergure et de ses orientations. L'importance du Co-operative Auto Network, à titre d'objet d'une étude de cas, a été reconnue parce que la coopérative fait la promotion de solutions communautaires aux enjeux environnementaux (une priorité clé pour cette série d'études de cas) et qu'elle obtient un grand succès.

Parmi les raisons pour lesquelles il a été déterminé que le CAN devait faire l'objet d'une étude de cas, on trouve les suivantes :

  • le CAN favorise les solutions communautaires aux enjeux environnementaux;
  • il constitue un exemple à faire connaître pour les raisons suivantes :
    1) le CAN a été la première coopérative de copropriété automobile anglophone à réussir en Amérique du Nord, et est la deuxième à avoir été fondée sur ce continent;
    2) le CAN offre à ses membres un réseau de services en pleine expansion, en collaboration avec d'autres coopératives de copropriété automobile et d'autres organismes locaux;
  • le CAN a fait preuve de créativité, entre autres, en prenant les initiatives suivantes :
    1) il confirme son engagement envers de saines pratiques environnementales en intégrant des véhicules hybrides à son parc automobile;
    2) il a récemment initié un projet pilote de partage d'automobiles pour les résidents de Whistler ainsi qu'une entente d'utilisation partagée avec la Victoria Car Share Co-op;
    3) il fournit à ses membres un service porteur de valeur en leur permettant de profiter de rabais sur des services tels que des programmes de maintien de la santé et d'autres moyens de transport;
    4) il a collaboré avec le promoteur de l'ensemble résidentiel « Electric Avenue », à Vancouver, pour rendre la copropriété automobile accessible - pour la première fois en Amérique du Nord - aux résidents et locataires d'un nouvel ensemble résidentiel;
    5) le CAN a joué un rôle important dans l'élaboration stratégique d'un règlement de la Ville de Vancouver permettant aux promoteurs d'ensembles résidentiels de réduire le nombre d'espaces réservés aux stationnements si la copropriété automobile est prévue dans les spécifications relatives à la construction. Ce règlement, qui a été adopté, est le premier du genre au monde.

1.1 Méthodologie

Pour compléter l'étude, des documents relatifs à la croissance et à l'évolution du CAN fournis par la coopérative elle-même et obtenus à l'externe ont été examinés. De plus, des entrevues avec des personnes œuvrant au sein du CAN ou à l'extérieur de celui-ci ont été réalisées pour étudier l'établissement et l'évolution de la coopérative et pour obtenir les différents points de vue sur les enjeux et les occasions favorables qui pourraient se présenter à celle-ci. Des entrevues ont été réalisées avec deux représentants du CAN (la directrice générale et le coprésident du conseil d'administration), un représentant de Vancity Credit Union (un organisme qui a joué un rôle important dans le soutien de l'établissement et de la croissance continue du CAN) et un représentant du service d'ingénierie du transport de la Ville de Vancouver. Une première version du rapport a été remise aux représentants de la coopérative pour qu'ils l'examinent et formulent leurs commentaires avant que l'étude de cas ne soit achevée.

2. Contexte

Le CAN a été constitué en coopérative le 7 mai 1996, conformément à la Co-operative Association Act (Loi sur les associations coopératives) de la Colombie-Britannique, en vue de promouvoir la copropriété automobile comme une solution de rechange à la possession d'un véhicule personnel qui soit respectueuse de l'environnement. Depuis, le CAN est devenu l'un des plus importants organismes de copropriété automobile de l'Amérique du Nord. Il s'agit d'une coopérative sans but lucratif qui fait la promotion de la copropriété automobile à titre de mode de transport écologique et avantageux sur le plan économique, par rapport à la possession d'un véhicule personnel. Le CAN favorise les décisions communautaires en matière de transport qui tiennent compte de l'intégrité environnementale, économique et sociale des quartiers et de la planète.Note de bas de page 1

2.1 Le CAN aujourd'hui

À l'heure actuelle (en novembre 2005), le CAN permet à plus de 2 000 membres d'avoir accès à plus de 113 véhicules (environ 19 membres par véhicule) répartis dans les quartiers de Vancouver, Burnaby, North Vancouver, New Westminster, Whistler, Nanaimo, Courtenay, Tofino et Cortes Island, et il accueille de 40 à 50 nouveaux membres chaque mois. Les véhicules que le CAN met à la disposition de ses membres varient des voitures à hayon aux berlines, en passant par les mini-fourgonnettes et les camionnettes. En outre, les membres du CAN profitent d'ententes sur l'utilisation partagée avec une coopérative de copropriété automobile de Victoria.Note de bas de page 2,Note de bas de page 3 Veuillez consulter la Figure 1, ci-dessous, pour trouver les sites où sont répartis les véhicules du CAN dans la ville de Vancouver (répartition de septembre 2005).

Les copropriétaires de véhicules gagnent à être nombreux, étant donné que plus le groupe est important et que plus les véhicules et les sites de mise à disposition sont nombreux, plus les services sont intéressants pour les membres.Note de bas de page 4 Le nombre de membres du CAN a augmenté régulièrement depuis sa constitution en coopérative, en 1996. Le CAN est financièrement autonome depuis qu'il a accueilli son 500e membre, en juillet 2000, et il est libre de toute dette depuis qu'il compte 1 200 membres, soit depuis mai 2003.

À titre de fournisseur de moyens de transport et d'organisation environnementale, le CAN multiplie ses efforts pour promouvoir la copropriété automobile comme une réponse écologique et financièrement avantageuse aux besoins de nombreuses personnes. Les autorités du District régional de la région de Vancouver (DRRV) ont déterminé que, grâce à la copropriété automobile, les membres du CAN ont apporté les contributions suivantes :

  • réduction du nombre de véhicules personnels qui circulent sur les routes;
  • amélioration de la qualité de l'air dans la région et réduction des émissions de gaz à effet de serre;
  • promotion d'une collectivité moins dépendante de l'automobile.Note de bas de page 5

Veuillez consulter également la section 4.6, ci-dessous, pour trouver des descriptions des autres contributions importantes pour la collectivité.

2.2 Le concept de la copropriété automobile

L'idée de partager des automobiles est d'abord née en Europe, où plus de 200 000 personnes, dans 350 villes de tout le continent, sont membres d'organismes de copropriété automobile. Globalement, le partage d'automobiles est actuellement offert dans plus de 600 villes du monde.Note de bas de page 6

Amérique du Nord

En Amérique du Nord, on trouve des groupes qui pratiquent le partage d'automobiles dans 50 villes et villages; la plupart de ces groupes ont été formés après 2000. La plupart des plus grands groupes ont vu le nombre de leurs membres doubler entre 2002 et 2004, et il semble croître à un taux moyen de 50 % par année.Note de bas de page 7 On trouve plusieurs organismes de copropriété automobile au Canada. Le CAN, de même que Communauto, au Québec, sont actuellement les plus importants. Les deux organismes favorisent la copropriété automobile à titre de solution de rechange à la possession d'une automobile personnelle en offrant des véhicules pour les déplacements occasionnels et en facturant pour l'utilisation du service.Note de bas de page 8

Encadré 1 : Copropriété automobile

La copropriété automobile est une solution de rechange qui consiste en l'achat, la mise à disposition et l'utilisation de véhicules par un groupe de personnes qui paient pour chaque utilisation. La copropriété fait en sorte que les coûts et les diverses tâches liés à l'achat, à la possession et à l'entretien de véhicules, ainsi qu'à l'assurance et à l'essence, soient pris en charge par un organisme central dont les membres ont accès à des véhicules communs, qui sont stationnés dans des lieux avantageusement situés, en vue de les utiliser pendant quelques heures ou toute la journée. Les membres paient pour le nombre d'heures d'utilisation et pour le nombre de kilomètres parcourus, en plus de payer des droits d'accès annuels. Il s'agit d'une façon écologique et financièrement judicieuse de répondre aux besoins de nombreuses personnes en matière de transport, particulièrement pour les trajets occasionnels qui nécessitent l'utilisation d'un véhicule, pour les vacances et pour certains déplacements relatifs au travail. Selon la directrice générale du CAN, Tracey Axelsson, beaucoup de personnes entendent parler de copropriété automobile et pensent au covoiturage. Mais il ne s'agit pas de covoiturage; il s'agit d'un parc automobile dont les membres se partagent l'utilisation.

Réf. : 1) [Auteur inconnu] L'auto-partage au Canada : des options de transport personnel plus écologiques, [Date inconnue].
2) ENVIRONNEMENT CANADA. « Colombie-Britannique : Le projet de partage du Co-operative Auto Network », [En ligne], ÉcoAction. (Dernière mise à jour le 30 janvier 2003).

Contexte stratégique de la copropriété automobile

Vancouver est une ville à la croissance rapide située sur la côte ouest du Canada, où le nombre d'automobiles augmente presque deux fois plus vite que le nombre de personnes, et où le volume d'automobiles cause de plus en plus de congestion, de pollution, de frustration, de stress et de pertes économiques, tout comme c'est le cas dans de nombreuses villes du Canada et du monde. De nombreuses études réalisées par des organismes provinciaux, régionaux et municipaux de la grande région de Vancouver indiquent qu'en plus de l'augmentation de la congestion, on note une aggravation des problèmes de santé et environnementaux associés aux émissions des automobiles, y compris un déclin de la qualité de l'air et une augmentation des taux de maladies respiratoires et cardiovasculaires.Note de bas de page 9,Note de bas de page 10

La copropriété automobile correspond bien à la culture « verte » de Vancouver, qui a contribué de façon importante à l'établissement du Co-operative Auto Network. La Colombie-Britannique est le chef de file au pays en ce qui concerne la mise sur pied d'entreprises à vocation écologique - des entreprises qui visent à rapporter des bénéfices dans une perspective environnementale, durable et socialement responsable;Note de bas de page 11 le premier parti « vert » de l'Amérique a été mis sur pied en Colombie-Britannique, en 1983. Le concept de copropriété automobile est une bonne idée qui a été lancée au bon moment à Vancouver et qui a connu un grand succès.

Sur le plan provincial, le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est engagé à réduire les gaz à effet de serre émis par les sources publiques et privées. Cependant, la province n'a pas encore mis en place de politiques qui soutiennent directement la copropriété automobile.Note de bas de page 12

Sur le plan national, le Canada s'est engagé à amener, entre 2008 et 2012, ses émissions de gaz à effet de serre à 6 % de moins que celles de 1990. Bien qu'un grand nombre de mesures et de politiques connexes doivent toujours être élaborées, le transport individuel devient logiquement un centre d'intérêt, étant donné que les automobiles personnelles et les camionnettes sont la source de 15 % de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre au Canada.Note de bas de page 13 Toutefois, le gouvernement fédéral n'a pas encore instauré de politiques qui soutiennent directement la copropriété automobile.

2.3 Objectifs du CAN

Les principaux objectifs du CAN sont les suivants :

  • réduire l'incidence des automobiles sur les écosystèmes urbains en proposant la copropriété automobile comme solution de rechange à la possession d'un véhicule personnel. Le CAN espère que la diminution du nombre d'automobiles circulant sur les routes entraînera les résultats suivants :
    1. la réduction de la participation humaine aux émissions de gaz à effet de serre;
    2. l'amélioration de la qualité de l'air local grâce à la diminution de la quantité de polluants émis;
    3. la promotion indirecte d'aménagements urbains qui favorisent les piétons, les cyclistes et le transport en commun.
  • Pour réaliser ces objectifs et pour favoriser un environnement axé sur la copropriété automobile, le CAN s'assure de posséder les caractéristiques suivantes :
    1. être plus abordable qu'un véhicule personnel;
    2. être accessible aux personnes qui ne peuvent pas posséder leur propre véhicule ou qui préfèrent ne pas en posséder un.Note de bas de page 14

Encadré 2 : Proposer une solution de rechange concrète à la possession d'une automobile

Le CAN a pour objectif d'ouvrir la voie à des solutions de rechange concrètes à la possession et à l'utilisation superflue d'automobiles. Le CAN reconnaît que les solutions de rechange à la possession d'une automobile ne répondent pas à tous les besoins en matière de transport. Il reconnaît également qu'une fois que les consommateurs ont acheté un véhicule, ils se sentent obligés de s'en servir, ce qui amène probablement l'exclusion des autres moyens de transport. Suivant les hypothèses économiques typiques, l'utilisation du véhicule pour chaque déplacement devient une norme renforcée par le contexte économique, plutôt que la solution de dernier recours. La copropriété automobile renverse cet argument économique. Le CAN réduit les frais normalement entraînés par la possession d'un véhicule en permettant de « posséder » une belle automobile qui est pratique et qu'on n'a pas besoin d'entretenir. Un montant est facturé pour chaque kilomètre parcouru et pour chaque heure d'utilisation, ce qui contribue à limiter la distance parcourue et à éliminer complètement certains déplacements.

Réf. : AXELSSON, T. Car Sharing: How it Works in Vancouver, Canada, 1999.


2.4 Les membres du CAN

Les membres disent avoir joint le CAN pour un certain nombre de raisons; certains expliquent qu'ils souhaitaient consacrer moins d'argent au transport, d'autres voulaient diminuer leurs répercussions sur l'environnement.Note de bas de page 15 Un sondage réalisé auprès des membres en 2001 a indiqué que le coût (« Être membre du CAN coûte moins cher qu'acheter ou louer un véhicule. ») et l'environnement constituaient des préoccupations importantes ou très importantes pour 95 % et 92 % des membres, respectivement.Note de bas de page 16 Les autres raisons qui, pour les membres interrogés, faisaient en sorte que l'adhésion au CAN était très importante ou importante étaient les suivantes :

  • le côté pratique - ils n'ont pas à consacrer de temps ou d'argent à l'entretien (90 %);
  • la structure coopérative du CAN (75 %);
  • l'accès à une variété de véhicules (44 %);
  • l'accès à une deuxième voiture (10 %).

Bon nombre de nouveaux membres vendent leurs automobiles ou les donnent au programme « Scrap It », qui recycle les véhicules désuets au rendement insatisfaisant.

Les membres du CAN 
Parmi les membres qui ont répondu au sondage de 2001, 48 (13 %) avaient des enfants de moins de 18 ans qui vivaient avec eux, et 74 % avaient entre 25 et 44 ans. Lorsque le sondage a été effectué, en 2001, seulement 14 % des 370 membres interrogés (55 % des membres ont répondu) avaient accès à des véhicules motorisés personnels, ce qui signifie que la majorité des membres du CAN utilisaient d'autres modes de déplacement, y compris le transport en commun, la marche, le vélo et les véhicules de location.Note de bas de page 17

Participation financière des membres

Les membres achètent une action remboursable, au coût de 500 $, qu'ils ne devront payer qu'une seule fois. Ils paient aussi des droits d'inscription non remboursables de 20 $, qui servent à payer un cartable de membre, une clé pour la boîte de sûreté et une vérification de crédit. De plus, les membres paient mensuellement de modestes frais d'administration, qui couvrent une partie des coûts fixes des véhicules, ainsi que des droits d'utilisation peu élevés, qui sont facturés selon les heures d'utilisation et les kilomètres parcourus et qui sont établis en fonction d'une gamme de plans d'utilisation conçus pour répondre aux besoins des membres. Habituellement, les plans d'utilisation sont élaborés en fonction d'une utilisation modérée (moins de 87 km par mois), intermédiaire ou intense (plus de 87 km par mois). Les paiements mensuels moyens sont de 117 $ par mois, tandis que le coût moyen d'un véhicule personnel utilisé dans la région du Lower Mainland de la Colombie-Britannique est de 400 $ par mois.Note de bas de page 18

Les personnes qui adhèrent au CAN doivent assister à une séance d'information d'une heure et demie, signer la demande d'adhésion et acquérir une action de la coopérative. Si un membre quitte la coopérative, l'action qu'il a achetée lui est entièrement remboursée (à moins qu'il n'ait pas payé certains frais ou certaines factures).

Pour favoriser la stabilité des membres, le CAN exige des membres potentiels qu'ils soient prêts à adhérer pour au moins six mois. Conformément à son statut d'organisme sans but lucratif, le CAN ne distribue pas de dividendes et les membres ne se partagent pas les intérêts courus. L'achat d'une action constitue également un investissement dans une coopérative relativement nouvelle - un investissement dont les membres devraient être prêts à perdre une partie, comme le font remarquer les responsables, si l'entreprise fermait ses portes. Cependant, la situation financière du CAN est bonne.Note de bas de page 19

 Avantages de l'adhésion au CAN
Les avantages dont profitent actuellement les membres du CAN sont, entre autres, les suivants :

  • les véhicules du CAN peuvent être stationnés dans tout secteur de Vancouver où un permis est exigé. Les membres ont aussi le droit d'utiliser les stationnements réservés aux automobiles partagées aménagés sur un nombre croissant de sites du SkyTrain;Note de bas de page 20
  • les membres ne paient pas pour l'essence et pour l'entretien des véhicules; l'argent dépensé par les membres pour mettre de l'essence dans les véhicules est déduit de leur facture mensuelle;
  • tous les frais d'assurance, de nettoyage, d'entretien et d'adhésion à la British Columbia Automobile Association, en plus des frais de stationnement permanent et des permis de stationnement, sont compris dans les plans d'utilisation;Note de bas de page 21
  • les véhicules du CAN sont assurés pour être utilisés dans un contexte de travail et de loisirs; la coopérative détient des assurances applicables à un parc automobile.Note de bas de page 22 Comme c'est le cas pour les véhicules personnels, les coûts peuvent être réclamés à titre de frais professionnels lorsque le véhicule est utilisé pour le travail;
  • les véhicules peuvent être réservés au moyen du système de réservation en ligne unique du CAN, ou par téléphone;
  • les véhicules peuvent être réservés pour une heure - et même pour une demi-heure - ou pour des périodes prolongées, au besoin. Ils sont stationnés près des résidences des membres, dans leurs quartiers. Une fois qu'un véhicule est réservé, les membres prennent possession du véhicule désigné et le ramènent au même endroit, à l'heure convenue. Les membres remplissent un registre du kilométrage indiquant la distance parcourue. À la fin du mois, une facture détaillée leur est envoyée par la poste;
  • il peut arriver que la location d'un véhicule soit plus économique que l'utilisation d'un des véhicules du CAN pour de longs voyages; sur son site Internet, le CAN met à la disposition de ses membres et du public une calculatrice qui permet de comparer les coûts d'utilisation d'un de ses véhicules aux coûts entraînés par la location d'un véhicule externe.

Dans le cas du CAN, on compte 19 ou 20 membres pour un véhicule. Bien que l'accès aux véhicules ne soit pas garanti, particulièrement pendant les fins de semaine chargées et les principaux mois de l'été, les membres qui réservent à l'avance sont pratiquement assurés d'obtenir un véhicule lorsqu'ils en demandent un. Le CAN traite des milliers de réservations chaque mois et note que dans près de 5 % des cas, il n'y a pas de véhicule disponible. Cela arrive habituellement lorsque des membres essaient de réserver, à la dernière minute, le véhicule situé le plus près de leur résidence. Normalement, si la réservation est faite au moins deux jours à l'avance, un véhicule sera disponible.Note de bas de page 23 Les membres du CAN peuvent réserver une variété de véhicules, selon leurs besoins, y compris des voitures compactes, des camionnettes, des mini-fourgonnettes, des voitures familiales et des véhicules hybrides.Note de bas de page 24

Satisfaction des membres

Selon les résultats du sondage effectué par le CAN auprès de sa clientèle en 2001, 95 % des membres interrogés se sont dits satisfaits ou très satisfaits des services fournis par le CAN, dans leur ensemble, et 94 % des membres estimaient que le CAN était avantageux pour l'environnement.Note de bas de page 25

Lors du sondage de 2001, les caractéristiques du CAN que les membres ont dit apprécier le plus étaient les suivantes :Note de bas de page 26

  • le côté pratique, la liberté et la flexibilité;
  • l'accessibilité des véhicules et le côté pratique des sites où ils sont répartis;
  • la structure simple et la bonne organisation;
  • l'attitude amicale, courtoise et efficiente du personnel du CAN.

Les caractéristiques du CAN que les membres ont dit aimer le moins étaient les suivantes :Note de bas de page 27

  • le comportement d'autres membres, particulièrement quand la propreté des véhicules a été négligée ou que l'intérieur dégage une odeur désagréable;
  • le manque de spontanéité;
  • l'absence de véhicules dans certains secteurs de la grande région de Vancouver;
  • les périodes pendant lesquelles des véhicules ne sont pas disponibles.

Les membres qui ont demandé de l'information ou exprimé des préoccupations se sont dits satisfaits ou très satisfaits de la rapidité du traitement (83 %), du professionnalisme du traitement (84 %) ou du fait d'avoir obtenu satisfaction (77 %). Parmi les membres, 99 % recommanderaient le CAN à d'autres personnes et 53 % avaient été mis au courant de l'existence du CAN par un ami, un parent ou un associé.Note de bas de page 28

Un indicateur clé de la satisfaction des membres à l'égard de la coopérative est que peu d'entre eux ont mis fin à leur adhésion; le maintien de la satisfaction des membres est un des principaux facteurs de la réussite du CAN.

Engagement des membres

Beaucoup de membres ont participé bénévolement au projet, particulièrement au tout début. Lorsque le CAN a été mis sur pied, les membres faisaient tout : accueillir les nouveaux membres, leur offrir des séances d'information, etc. Chaque membre avait une tâche à accomplir.

Lancement

2.5 Fondation du CAN

Le Co-operative Auto Network a été mis sur pied en 1996 par des intervenants du développement économique communautaire de Vancouver qui avaient un intérêt certain pour la durabilité environnementale, sociale et économique de la région.Note de bas de page 29 La principale membre fondatrice de l'organisme est Tracey Axelsson, l'actuelle directrice générale du Co-operative Auto Network, qui a lancé le CAN à la suite de ses études en DEC à la Simon Fraser University (SFU).Note de bas de page 30

Tracey Axelsson et son conjoint se sont débarrassés de leur voiture au milieu des années 1990; ils ont ensuite constaté qu'ils n'avaient pas besoin d'une automobile. Ils se sont mis à examiner les diverses options dont ils disposaient en matière de transport, et ils ont vu un court reportage de CNN sur la copropriété automobile pratiquée à Cologne, en Allemagne. Tracey, qui cherchait un sujet pour sa thèse à la SFU, a décidé de choisir les coopératives de copropriété automobile. À la même époque, elle travaillait pour le Conseil du bassin du Fraser, qui a soutenu les efforts qu'elle a déployés pour lancer le CAN et qui l'a aidée à rencontrer un certain nombre de personnes qui pouvaient lui donner un coup de main pour l'établissement de la coopérative, y compris des bénévoles potentiels.

Avant que l'organisme ne soit mis sur pied, Tracey a réalisé une étude de marché initiale dans la ville, à l'aide d'un questionnaire. Elle a demandé aux répondants s'ils étaient intéressés à la copropriété automobile. Lors du lancement du CAN, les six membres fondateurs ont téléphoné aux personnes qui avaient manifesté leur intérêt, et seize d'entre elles se sont présentées. À la même époque, d'autres Vancouverois réfléchissaient à la mise sur pied d'une coopérative de copropriété automobile, ce qui a donné de l'espoir aux membres fondateurs du CAN.

2.6 Évaluation du modèle coopératif et de ses variantes

Pensée initiale

Les six membres fondateurs du CAN estiment que la constitution en coopérative a été la première étape d'un long parcours. Ils racontent qu'ils savaient très bien que le fait de partir du bon pied leur permettrait d'atteindre plus rapidement leur objectif.

Le groupe des membres fondateurs était composé d'un diplômé en développement économique communautaire, d'un ingénieur, d'un agent de voyages (expert des systèmes de réservation), d'un avocat spécialisé en environnement, d'un professionnel du domaine des entreprises environnementales et d'un mentor pour entrepreneurs. Initialement, les six membres ont discuté ouvertement de leurs espoirs relatifs à la mise sur pied du CAN et ils ont ensuite examiné les diverses structures possibles (p. ex., société à but lucratif, organisme sans but lucratif ou coopérative). Ils ont considéré les aspects pratiques et idéologiques de chacune de ces structures et examiné les objectifs potentiels du CAN, et ils se sont longuement demandés quelle structure serait la plus appropriée pour l'organisme.Note de bas de page 31

Évaluation des options organisationnellesNote de bas de page 32

Aux yeux des membres fondateurs, la société à but lucratif avait l'avantage de leur permettre d'accumuler des capitaux publics et privés de diverses façons. Ils savaient que dans le cas des organismes en démarrage dirigés par des personnes n'ayant pas d'expérience en matière de finances, le fait d'obtenir du financement dans une banque pourrait constituer un défi, mais que celui-ci ne serait pas impossible à relever.

Par ailleurs, les membres du CAN estimaient que les organismes sans but lucratif avaient tendance à être dirigés par des groupes qui s'occupaient de sensibilisation ou d'œuvres de charité. Bien que ces organismes puissent générer des revenus en vendant des produits et des services, ils dépendent souvent de commanditaires, de cotisations, de subventions ou de dons. Leur capacité de conserver des biens d'une année à l'autre est limitée. Cependant, le fait de mettre sur pied un groupe par l'intermédiaire duquel l'organisme de copropriété automobile peut demander des subventions constitue une utilisation efficace de cette forme d'entreprise.

Les avantages que les fondateurs du CAN voyaient dans l'adoption de la structure coopérative étaient, entre autres, les suivants :

  • la responsabilisation et la transparence en matière de finances : selon la formule coopérative, les personnes élues au conseil d'administration peuvent être radiées et les coopératives doivent faire l'objet de vérifications annuelles;
  • la gestion des contributions financières des membres : la gestion de ce type de fonds, dans la structure coopérative, n'est pas compliquée si on la compare à celle des organismes à but lucratif, étant donné que les actions sont considérées comme des investissements dans la coopérative et que leur utilisation est stipulée dans les règles constitutives.Note de bas de page 33

L'un des risques que les fondateurs du CAN ont associés à l'adoption de la structure coopérative était de se voir limogés par un conseil d'administration plus ou moins bien intentionné qui déciderait qu'il pourrait diriger les activités avec plus d'efficience sans les membres fondateurs. Selon les membres fondateurs, cela peut arriver, dans une structure coopérative, et c'est terrifiant.Note de bas de page 34 Il s'agit d'une question que toutes les coopératives doivent envisager.

Autres considérations relatives à la structure juridique retenue

Chacune des structures juridiques qui peuvent être utilisées pour établir un organisme de copropriété automobile (p. ex., organisme à but lucratif ou sans but lucratif ou coopérative) possède des avantages et des inconvénients. Selon la directrice générale et principale membre fondatrice du CAN,

[Traduction]

« Un amalgame des trois types - à but lucratif, sans but lucratif, coopérative - serait parfait et rassemblerait tous les avantages, tout en réduisant les inconvénients. La coopérative serait propriétaire des véhicules et aurait signé une entente rigoureuse avec une entreprise de gestion à but lucratif qui s'occuperait de l'administration, de la facturation, de l'entretien et de la publicité, tandis qu'un groupe sans but lucratif se chargerait de demander des subventions pour la réalisation des travaux de sensibilisation environnementale (communications) et d'information sur ce en quoi consiste la copropriété automobile. Il est trop tard pour que le CAN puisse être organisé de cette façon, mais, espérons-le, d'autres peuvent tirer des leçons de nos erreurs! »Note de bas de page 35 (Veuillez consulter les exemples des problèmes rencontrés exposés dans la section 4.7, ci-dessous).

2.7 Soutien financier

Lorsque le CAN a été fondé, en 1997, il a reçu du soutien au démarrage de Vancity Savings Credit Union et de The Co-operators, une compagnie d'assurance canadienne constituée en coopérative. Les directeurs de ces deux organismes ont appuyé le concept de copropriété automobile; Vancity et The Co-operators ont tous deux accordé des subventions de 20 000 $ pour le démarrage du projet. Un financement supplémentaire de 46 000 $ (sous forme de prêts personnels contractés par trois des membres fondateurs, soit Tracey Axelsson, son conjoint et Kevin McLaughlin) a également été fourni par Vancity pour l'acquisition des automobiles.

Les coûts de démarrage initiaux étaient relativement bas (environ 42 000 $ en subventions et un prêt personnel de 46 000 $), mais, sans cet argent, le CAN n'aurait pas pu être lancé. Avec les fonds réunis, Tracey a pu se consacrer entièrement à l'expansion du CAN et, pendant les trois premières années, elle a dirigé le CAN à partir d'un local de 46 m2 aménagé dans son appartement.

En bout de ligne, le CAN a contracté des prêts totalisant 110 000 $ et a reçu des subventions totalisant près de 100 000 $; le reste de ses dépenses a été défrayé par ses revenus.Note de bas de page 36 Le 30 avril 2001, le CAN, après presque quatre ans et demi d'activité, a fait son dernier remboursement d'emprunt et est devenu un organisme libre de toute dette et autosuffisant.Note de bas de page 37

2.8 Groupes et bénéficiaires cibles

Lors de sa fondation, en 1997, le CAN visait précisément le quartier West End de Vancouver (le secteur situé immédiatement sous le parc Stanley - figure 1, ci-dessus). Ce secteur est considéré comme l'un des quartiers centraux les plus faciles à habiter en Amérique du Nord, mais il figure aussi parmi les régions les plus densément peuplées du continent, et son expansion se poursuit. Les installations de stationnement du West End sont médiocres, et l'empiètement des terrains de stationnement constituait une préoccupation majeure. En réduisant le nombre d'autos nécessaires aux résidents, le CAN espérait contribuer à la préservation de la qualité de vie de tous.Note de bas de page 38

Premiers efforts de promotion et de commercialisationNote de bas de page 39

En 1998, le CAN a obtenu du financement du programme ÉcoAction d'Environnement Canada pour augmenter le nombre d'adhésions et sensibiliser le public à la copropriété automobile. Les efforts de promotion étaient axés sur dix quartiers qui formaient des cercles concentriques autour des régions où l'on trouvait le plus grand nombre de membres du CAN. Cette stratégie a été retenue pour favoriser la création de « bassins », des secteurs où il y a suffisamment de membres pour garantir la mise à disposition d'un véhicule dans un lieu avantageusement situé. Des techniques de marketing direct ont été mises en œuvre dans des secteurs où les véhicules étaient fortement utilisés, par exemple, les stationnements de centres commerciaux, où les représentants du CAN plaçaient sur les automobiles des dépliants présentant une meilleure façon de ramener les achats à la maison. Le personnel du CAN a eu beaucoup de succès en présentant des exposés au personnel des entreprises (y compris les supermarchés et les quatre agences de la Vancouver City Credit Union) qui ont pu, à leur tout, faire connaître le CAN à leurs clients. Les représentants du CAN ont estimé que, compte tenu de la petite taille de l'organisme à cette époque, les exigences en matière de rapports relatives à la subvention étaient lourdes, et ils n'ont utilisé que la moitié des fonds offerts.

On estime que la campagne de promotion a suscité 330 adhésions sur une période d'un an. Le CAN estime que cela représente une réduction de la consommation annuelle d'essence d'environ 32 000 litres et une diminution des émissions de gaz à effet de serre correspondant à 400 tonnes.

Croissance

2.9 Croissance et évolution

Le CAN est passé de six membres et une Pontiac Firefly, en janvier 1997Note de bas de page 40, à plus de 2 000 membres et 113 véhicules en novembre 2005 (consulter le Tableau 1, ci-dessous). Aujourd'hui, le nombre de véhicules du CAN stationnés dans certains secteurs de Vancouver (tels que le West End, Kitsilano et les artères commerciales) est suffisant pour que la plupart des membres n'aient qu'à franchir une courte distance à pied pour accéder à cinq véhicules différents.Note de bas de page 41

Tableau 1 : Chronologie sommaire de la croissance du CAN incluant plusieurs étapes clés

1996 : Le CAN est officiellement constitué en coopérative à Vancouver, en Colombie-Britannique.
1997 (janvier) : Lancement du CAN : 1 véhicule, 16 membres
1999 (décembre) : 392 membres
2000 (décembre) : 626 membres
2001 (avril) : Le CAN devient libre de toute dette et autosuffisant.
2001 : Lancement de l'application en ligne pour les réservations
2004 : Pour la première fois, les ventes excèdent 1 million $ (exercice 2003-2004).
2004 (septembre) : 1 680 membres et 88 véhicules
2005 (novembre) : Plus de 2 000 membres et 112 véhicules
2005 : Établissement de Corp CAN Car Sharing Inc. pour le partage de véhicules de fonction
2005 (juin) : La Ville de Vancouver adopte un nouveau règlement sur la copropriété automobile applicable aux nouveaux quartiers.

2.10 Profil et structure organisationnels

Le CAN est une coopérative sans but lucratif qui est la propriété de ses membres, qui possèdent ou louent les véhicules et qui dirigent les activités et choisissent les orientations de l'entreprise par l'intermédiaire d'un conseil d'administration démocratiquement élu. Le CAN est également un membre associé de la British Columbia Co-operative Association. La structure coopérative fait en sorte que chaque membre possède une voix dans le cadre du processus démocratique d'élection du conseil d'administration.Note de bas de page 42,Note de bas de page 43,Note de bas de page 44

Participation démocratique

La participation au processus d'élection du conseil d'administration du CAN nécessite que les membres assistent à l'assemblée générale annuelle (AGA). Cependant, seulement 26 % des membres qui ont répondu au sondage effectué en 2000 par le CAN ont dit qu'ils avaient participé à la dernière AGA; 25 % ont dit qu'ils n'avaient pas le temps de le faire et 13 % ont affirmé que l'heure ou le lieu de la réunion ne leur convenait pas. Dans le rapport sur la société et l'environnement qu'il a déposé en 2001 à la suite de ce sondage, le CAN recommande que sa dimension coopérative soit explorée dans le prochain sondage et que l'enquête vise à déterminer si les membres estiment qu'ils apportent une contribution ou s'ils considèrent que le CAN n'est qu'un service.Note de bas de page 45

Conseil d'administration

Le conseil d'administration se compose de six administrateurs qui se réunissent une fois pas mois. Chacun d'entre eux est élu pour un mandat de trois ans. Le conseil d'administration tend à être composé d'anciens et de nouveaux membres; ceux-ci ont des mandats décalés, de sorte que seuls deux administrateurs sur six sont élus chaque année. Le conseil d'administration a fixé à sept ans la durée maximale d'un mandat, de sorte que des membres ayant des points de vue différents se joignent régulièrement au groupe. Ces trois dernières années, le CAN a offert un atelier de formation aux nouveaux administrateurs; la formation portait, entre autres, sur les principes coopératifs. Cette année, les nouveaux administrateurs ont reçu de la formation sur la planification stratégique. La Coop Housing Federation de la Colombie-Britannique, un important groupe coopératif provincial, aide le CAN à donner de la formation structurée sur la gouvernance et à trouver des formateurs.

Le rôle changeant du conseil d'administration

Le rôle du conseil d'administration diffère d'une année à l'autre. Au début, sa participation était très concrète et il a joué un rôle important à titre de « comité de rétroaction » pour la directrice générale. Aujourd'hui, le conseil d'administration surveille de près la mission du CAN et la vision relative à l'organisme, et il veille à ce que le territoire du CAN ne s'étende pas de façon excessive. Par exemple, au cours de la dernière année, le conseil d'administration a établi que les limites géographiques pour les activités du CAN correspondaient à celles du District régional de la région de Vancouver. De plus, le conseil d'administration se concentre sur les priorités du CAN et sur ce qui assurera le succès de l'organisme, tout en évitant de nuire à l'esprit d'entreprise de la directrice générale et du personnel de direction.

Les enjeux de la gouvernance

On a constaté que la croissance a constitué un enjeu important, à la fois sur le plan du leadership et de la gouvernance, pour le CAN. Ce dernier a récemment adopté une politique sur la gouvernance qui clarifie les liens entre le conseil d'administration et le personnel. Il a également constaté qu'à titre d'organisme, il avait besoin de consigner ses politiques et procédés par écrit, étant donné qu'il connaît toujours une importante croissance. Ces deux dernières années, le conseil d'administration a joué un rôle de plus en plus actif dans l'élaboration et la documentation de politiques et de procédés en vue de préserver la mémoire organisationnelle.

Le personnel

Le CAN compte actuellement dix employés, y compris la directrice générale, qui travaillent dans un bureau central situé au centre-ville de Vancouver.

Formation du personnel

Le CAN défraie les cours auxquels s'inscrivent les membres du personnel - sa contribution maximale est de 500 $ par année. Les employés peuvent choisir des cours qui ne se rapportent pas à leur travail; cette initiative a pour but d'aider le personnel à atteindre ses objectifs personnels ou professionnels.Note de bas de page 46

Technologie

La copropriété automobile peut reposer sur un simple système qui ne nécessite qu'une ligne téléphonique, du papier et des employés disposés à consacrer les heures nécessaires à la satisfaction des besoins de la clientèle. Toutefois, pour offrir un service complet qui fonctionne sans arrêt, la mise en place d'un système de réservation en ligne constitue une énorme amélioration pour le personnel et pour les membres, tout en contribuant à limiter les frais administratifs.Note de bas de page 47

Dès son lancement, le CAN s'est efforcé de mettre au point un logiciel de réservation comportant des applications en ligne particulières. Les quatre principes sur lesquels les responsables se sont concentrés pendant l'élaboration du système de réservation étaient la fiabilité, la sécurité, la vitesse et la gestion des coûts. En engageant très peu de dépenses, ils ont réussi à mettre au point un logiciel conçu expressément pour la copropriété automobile, qu'ils ont lancé en 2001. Depuis, le CAN a opéré avec succès la transition d'un système de réservation nécessitant des documents sur papier et un ordinateur à un système comprenant un ordinateur protégé et un logiciel de réservation en ligne.Note de bas de page 48 Le système en ligne a augmenté de façon importante l'efficience du personnel en faisant diminuer la nécessité de répondre constamment au téléphone. Il semble que la différence soit remarquable.

Conformément à sa mission, qui consiste à promouvoir la copropriété automobile, le CAN a lancé, en 2005, un logiciel de réservation en ligne que les groupes en démarrage des quatre coins du monde peuvent utiliser gratuitement via Internet. Le CAN reconnaît que trouver la personne qui rêve de travailler sans arrêt pour sa collectivité risque de représenter un défi, et il estime que l'accessibilité au système de réservation favorisera la croissance de la copropriété automobile à l'échelle internationale. C'est pourquoi il a baptisé le site Internet « carshareverywhere.net » (« copropriété automobile partout ») [traduction].

2.11 Profil financier

Le 30 avril 2001, environ quatre ans après son lancement, en 1997, le CAN a effectué son dernier remboursement d'emprunt et est devenu un organisme autonome et libre de toute dette. Sa situation financière est devenue très stable et son financement provient maintenant entièrement des frais d'utilisation payés par les membres. Les actions acquises par les membres ne produisent ni dividendes ni intérêts.Note de bas de page 49 Le CAN n'est pas axé sur les bénéfices, et tout bénéfice obtenu pendant l'année est investi dans l'organisme pour l'achat de véhicules supplémentaires, pour la promotion ou pour l'actualisation des équipements de bureau.Note de bas de page 50

L'exercice 2003-2004 a marqué une autre étape importante pour le CAN, dont les ventes totales ont excédé un million de dollars. Cette stabilité financière constante a permis au CAN de prendre de l'expansion, de planifier, de gérer son parc automobile sans cesse croissant, de trouver de nouvelles occasions d'expansion et d'instaurer de nouvelles façons de servir ses membres. Selon le rapport annuel du CAN pour l'exercice 2003-2004, « ces réalisations sont le fruit de l'acharnement, du dévouement et de la grande créativité dont le personnel du CAN a fait preuve pendant de nombreuses années. Le temps et les ressources investis ont permis d'établir les pratiques et les technologies utilisées par le CAN. Aujourd'hui, le rendement de la coopérative constitue le couronnement des efforts déployés. » [traduction].

Financement continu des véhicules

Pour opérer la transition vers un degré d'activités plus élevé, après deux ou trois années d'existence (en 1999, approximativement), il a fallu obtenir de nouveaux fonds (p. ex., pour financer un nouvel ensemble de véhicules). La location de véhicules a réglé le problème, à cette époque. Le CAN est passé de l'achat à la location, puis a recommencé à acheter ses véhicules - environ 20 % des véhicules sont maintenant loués, et 80 % sont la propriété du CAN.

En décembre 2005, le CAN a obtenu une marge de crédit renouvelable de 500 000 $, à un taux d'intérêt favorable, auprès de la VanCity Capital Corporation. Grâce à cet accès au financement, le CAN ne voit plus de limites à sa croissance.

2.12 Activités de promotion continues

La croissance que le CAN a connue au fil des ans a principalement été stimulée par le bouche-à-oreille ainsi que par la publicité et les reportages publiés gratuitement par les journaux, qui ont sensibilisé le public au fait que la copropriété automobile et le CAN constituaient un moyen de transport durable. Par exemple, TransLink (la Greater Vancouver Regional Transportation Authority ) a installé gratuitement de la publicité sur ses autobus, ce qui a informé encore plus rapidement les membres potentiels du CAN. Grâce au bouche-à-oreille, les membres eux-mêmes ont peut-être joué le rôle le plus important dans la promotion du concept de la copropriété automobile et du CAN.

2.13 Partenariats fructueux

Depuis sa fondation, en 1997, le CAN a initié et établi de nombreux partenariats avec des coopératives, divers paliers de gouvernement (principalement des administrations municipales), les régies des transports et le secteur privé.

  • Coopération entre coopératives. Des alliances stratégiques avec Vancity Credit Union (la plus importante coopérative d'épargne et de crédit canadienne, sur le plan de la valeur monétaire) et avec Vancity Capital Corporation (une filiale de Vancity), qui ont toutes deux accordé des prêts pour le lancement du CAN et pour l'expansion de son parc automobile. Le CAN a également profité du soutien très important de The Co-operator's (l'un des plus importants groupes d'assurance au Canada) pour son démarrage. De plus, le CAN a conclu une entente d'utilisation mutuelle avec la Victoria Car Sharing Co-operative, de sorte que les membres de chaque coopérative puissent utiliser les véhicules des deux organismes. Enfin, la Co-op Housing Federation de la Colombie-Britannique a offert de la formation relative à la gouvernance et à la planification stratégique au conseil d'administration du CAN.

Encadré 3 : Fournir plus que de l'argent

Les valeurs du CAN correspondent aux valeurs de Vancity (organisation communautaire, atténuation des incidences sur l'environnement, etc.), et Vancity lui a fourni une combinaison de subventions et de prêts à la fois lors de son lancement et pour la poursuite de ses activités. Vancity envisage actuellement d'instaurer un outil de crédit renouvelable pour offrir au CAN des conditions plus souples qui lui permettront d'acquérir un véhicule lorsqu'il en a besoin.

Cependant, Vancity a fourni bien plus que de l'argent au CAN. Par exemple, il lui a permis de bénéficier d'une assistance technique et de ses liens avec la collectivité. Ainsi, lorsque le CAN a voulu réaliser un bilan social, Vancity a fourni du personnel, des conseils et de la rétroaction. Vancity a aussi établi des liens entre le CAN et un spécialiste des systèmes financiers, qui lui a apporté son aide.

  • Partenariat avec la Ville de Vancouver. Une entente permet au CAN de stationner ses véhicules dans tout secteur où un permis est obligatoire. Des stationnements réservés aux véhicules du CAN sont aménagés dans les rues des quartiers les plus peuplés du centre-ville de Vancouver. La ville est également devenue l'une des premières entreprises membres du CAN avant même que l'idée d'accueillir des entreprises ne soit généralement formulée.Note de bas de page 51
  • Regional Transportation Authority. TransLink, ou la Greater Vancouver Regional Transportation Authority, a soutenu le CAN en désignant des stationnements réservés à ses véhicules dans certaines gares du train léger SkyTrain se trouvant dans la grande région de Vancouver. Les membres du CAN sont admissibles à un programme de laissez-passer pour employés, qui donne droit à un rabais de 15 % sur les laissez-passer mensuels.
    • En 2003, TransLink a octroyé à la coopérative une subvention de 50 000 $ pour qu'elle participe au projet pilote « Commuter Car Share », d'une durée de 18 mois, dans le cadre duquel les usagers combinaient l'utilisation du SkyTrain et d'un véhicule du CAN. Le projet visait à étudier la faisabilité d'un programme de copropriété automobile conçu spécialement pour les usagers du transport en commun qui vivent et travaillent à quelques minutes de marche d'un système de grande qualité, mais doivent utiliser un véhicule pour se rendre à leur lieu de travail.Note de bas de page 52 Lors de son lancement, en janvier 2004, le programme était le premier du genre au Canada. Les usagers qui retournaient à la maison utilisaient un véhicule du CAN pour se rendre à une gare du SkyTrain et l'y laissaient pour les autres usagers; les usagers qui partaient pour le travail descendaient du SkyTrain et utilisaient un véhicule du CAN pour s'y rendre.Note de bas de page 53
    • En 2004, on a estimé le coût du programme Commuter Car Share (CCS) à 225 $ par mois, ce qui comprenait l'utilisation d'un véhicule du CAN, un laissez-passer pour le transport en commun pour une zone, l'assurance, l'assistance routière, l'entretien et l'essence. On a également estimé que les usagers qui participaient au programme plutôt que d'utiliser un véhicule personnel pour se rendre au travail chaque jour pouvaient économiser 5 000 $ ou plus annuellement.Note de bas de page 54

Encadré 4 : Réduire le stress causé par les déplacements quotidiens

Outre l'économie d'argent et les avantages pour l'environnement, les participants au programme Commuter Car Share ont dit apprécier la diminution du stress causé par leurs déplacements quotidiens. Audrey, une résidente de Cloverdale qui s'est inscrite au programme, explique que plutôt que de composer avec la circulation intense, elle profite des 20 minutes du trajet en SkyTrain pour lire avant de monter dans le véhicule du CAN à la gare de Scott Road.

Réf. : Greater Vancouver Transportation Authority (TransLink). « Reduce Your Car Expenses Through Car Sharing », communiqué, [En ligne]. 8 mars 2004. [http://www.translink.bc.ca/About_TransLink/News_Releases/news03080401.asp].

  • Partenariats avec des entreprises de location de véhicules, telles que Discount Car Rentals, Dollar/Thrifty Rentals et Enterprise : Les membres du CAN qui partent en vacances, qui doivent effectuer de plus longs déplacements ou qui ont besoin d'un véhicule offrant plus d'espace, pour transporter de lourdes charges, obtiennent un rabais sur la plupart des locations dans quatre succursales.
  • Centre de villégiature de Whistler : Avec l'appui de la ville-centre de villégiature de Whistler, d'AWARE et de la Whistler Housing Authority, le CAN a initié un projet pilote de copropriété automobile pour les résidents de Whistler, en 2004. Il s'agit d'une entente novatrice qui permettra au CAN de se trouver dans une position favorable lorsque Whistler deviendra un site olympique, en 2010.
  • YWCA : Le CAN participe au programme de bien-être en milieu de travail du YWCA; les membres du CAN profitent donc d'un rabais sur l'adhésion.

Reconnaissance du CAN

Le CAN et son personnel sont de plus en plus reconnus et ont reçu d'importants prix depuis la fondation de l'organisme.

2.14 Répercussions sur la collectivitéNote de bas de page 55

Le CAN a d'importantes incidences sociales, économiques et environnementales sur la collectivité. Bon nombre de ces importantes répercussions ont déjà été constatées par la coopérative et ses partenaires, et elles sont décrites ci-dessous.

Avantages sociaux

  •  Justice sociale : Le type d'enjeux sociaux que l'organisme espère solutionner, soit, dans ce cas-ci, l'équité sociale en matière de transport, constitue une importante facette de sa démarche. Les activités du CAN permettent aux personnes moins favorisées sur le plan financier de rendre visite à leurs amis et à leur famille, de sortir de la ville et de se rendre là où ils doivent aller sans dépendre d'autres personnes. Par exemple, le CAN a constaté que ses services améliorent grandement l'estime de soi des membres qui doivent se rendent à des entrevues d'emploi.Note de bas de page 56
  • Amélioration de la qualité de vie : Les répercussions sociales du lancement du CAN et de son arrivée dans le secteur du transport ont été exprimées avec éloquence par un membre, qui a remercié le personnel en leur disant que son adhésion avait grandement amélioré sa qualité de vie. Certains membres du CAN ont remarqué que leur condition physique s'était améliorée; d'autres ont réglé leurs dettes (prêts étudiants, etc.), sont retournés aux études, ont trouvé un emploi ou, simplement, ont pu répondre qu'ils possédaient une voiture lorsqu'un employeur potentiel leur posait la question. D'autres membres ont affirmé que le simple fait de pouvoir aller en randonnée là où les autobus ne peuvent les amener leur a apporté un sentiment de liberté qu'ils n'avaient jamais ressenti auparavant. De nombreux membres se sentent plus libres parce qu'ils n'ont plus à se préoccuper des frais d'entretien de gros véhicules. De nombreux autres se sentent rassurés parce qu'ils savent que le véhicule qu'ils conduisent les mènera à destination sans problème et que les membres de leur famille peuvent leur rendre visite plus souvent. Les employés du CAN se souviennent d'occasions où des membres les ont appelés pour les remercier parce que, grâce aux économies réalisées, ils avaient pu acheter leur première maison, leur premier appartement en copropriété ou leur première maison en rangée (pour trouver d'autres exemples, consulter les tableaux 2 et 3 apparaissant ci-dessous, qui ont été préparés par les responsables du projet d'appartements en copropriété Electric Avenue pour les acheteurs potentiels, à titre d'information sur les économies possibles).Note de bas de page 57

Comparaison du coût initial d'un véhicule variant entre 15 000 $ et 35 000 $ comparé au coût personnel d'être propriétaire versus ceux d'être membre de la coopérative Calculs fondés sur une utilisation moyenne de 20 heures et 225 km par mois.

Tableau 2 : Comparaison des coûts mensuels - véhicule personnel et copropriété (2005)Note de bas de page 58
Valeur du véhicule Véhicule personnel Copropriété Économies mensuelles
Calculs fondés sur une utilisation moyenne de 20 heures et 225 km par mois.
15 000 $ 400 $ 108 $ 292 $
25 000 $ 563 $ 108 $ 455 $
35 000 $ 729 $ 108 $ 621 $

D'hypothèque variant de 200 000 $ à 100 000 $ comparé à un véhicule de 15 000 $ à 35 000 $ Calculs fondés sur un taux d'intérêt de 6 % et une échéance de 25 ans pour l'année 2005.

Tableau 3 : Réduction des intérêts totaux applicables aux versements hypothécaires par l'utilisation des économies réalisées annuellement grâce à la copropriété automobile (2005)Note de bas de page 59
Hypothèque Véhicule de 15 000 $ Véhicule de 25 000 $ Véhicule de 35 000 $
Calculs fondés sur un taux d'intérêt de 6 % et une échéance de 25 ans.
200 000 $ 54 833 $ 64 242 $ 79 795 $
150 000 $ 48 723 $ 59 846 $ 67 625 $
100 000 $ 39 897 $ 47 137 $ 51 886 $
  • Amélioration de la qualité de vie dans les collectivités : En réduisant l'utilisation des véhicules et la quantité d'automobiles circulant sur les routes, le CAN contribue à améliorer la qualité de vie dans les collectivités et à rendre celles-ci plus sûres. Il y a moins de voitures stationnées et moins de bruit.Note de bas de page 60

Encadré 5 : Jardins communautaires

Le CAN a joué un rôle crucial en aidant la Mole Hill Community Housing Society, située dans le secteur du West End, à modifier le règlement de la Ville de Vancouver et à faire passer le nombre de stationnements obligatoires pour son site de 110 à 28. Le CAN a accepté de placer des véhicules en copropriété sur le site. La majeure partie de l'espace qui aurait dû être transformé en stationnements est devenue un jardin communautaire. Cette initiative a contribué à l'adoption subséquente, par la Ville de Vancouver, d'un règlement sur le stationnement des véhicules partagés.

Réf. : CAN. « Benefits of Car Sharing », en ligne. [http://www.cooperativeauto.net/benefits/#link1] (24 novembre 2005).


Avantages économiques

  • Soutien aux travailleurs autonomes : Les propriétaires de petites entreprises et les consultants qui travaillent à la maison représentent une importante proportion des membres du CAN. Ils ont besoin d'un véhicule fiable et de belle apparence dans le contexte professionnel. Grâce au CAN, ils ont accès à un véhicule sans devoir s'engager à acheter une automobile dont le coût pourrait dépasser de loin l'utilité. De plus, ils peuvent déduire de leur revenu toutes les dépenses engagées pour la copropriété automobile.Note de bas de page 61
  • Soutien aux entreprises locales : Le CAN soutient également les entreprises locales parce que le fait de devoir se rendre jusqu'à un véhicule partagé comprend une autre dimension - le véhicule qui se trouvait autrefois « devant la porte » n'y est plus, et l'impulsion de se rendre dans la ville voisine « rien que pour voir ce qui est soldé » perd sa vigueur. Les membres du CAN commencent à examiner les options offertes près de chez eux, ce qui signifie habituellement qu'ils choisissent des commerces de leur quartier plutôt que ceux des secteurs avoisinants.
  • Le rapport coûts-avantages pour les personnes seules et les familles : Les importants avantages, par rapport aux coûts, pour les personnes seules et les familles membres d'un organisme de copropriété automobile, sont exposés dans les tableaux 2 et 3 ci-dessus.

Avantages pour l'environnement

  • Amélioration de la qualité de l'air : Selon les estimations d'Environnement Canada, la pollution de l'air serait liée à environ 5 000 décès prématurés au Canada, annuellement. Les émissions des automobiles sont l'une des principales causes de la pollution de l'air dans la région de Vancouver. Le CAN choisit ses véhicules à partir d'un certain nombre de critères, y compris le rendement énergétique. De plus, en juin 2005, 19 membres du CAN partageaient chaque véhicule - à cette époque, cela équivalait à environ 1 890 personnes partageant 100 véhicules. Selon les statistiques du CAN, 80 % des personnes qui ont adhéré à l'organisme ont vendu ou donné leur automobile. En juin 2005, cela représentait environ 1 500 automobiles de moins sur les routes et les terrains de stationnement. En contribuant à la diminution du nombre de véhicules qui circulent sur les routes et à l'augmentation du nombre de véhicules qui ont un haut rendement énergétique et dont les émissions sont moins néfastes, le CAN a participé de façon importante à l'amélioration de la qualité de l'air dans la région du Lower Mainland et sur l'île de Vancouver.Note de bas de page 62
  • Lutte contre les changements climatiques : Les efforts de sensibilisation du CAN et la forte expansion de la copropriété automobile à Vancouver et ailleurs (se référer à la section 4.7, ci-dessus) ont une incidence directe sur les changements climatiques. La David Suzuki Foundation affirme que les émissions de gaz à effet de serre constituent le principal facteur causant les changements climatiques et que les véhicules personnels se trouvent au centre du problème. En choisissant la copropriété automobile, les membres du CAN utilisent beaucoup moins l'automobile (1 400 km par année) que le conducteur moyen (de 6 000 à 24 000 km par année) dans le secteur du Lower Mainland. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, les déplacements d'un membre du CAN émettent 0,32 tonne métrique d'équivalents-CO2, soit de 10 à 36 fois moins d'équivalents-CO2 que le conducteur moyen.Note de bas de page 63
  • Contribution à la mise en place d'un système de transport durable : Depuis de nombreuses années, les analystes des transports et les urbanistes cherchent un moyen de réduire les pressions exercées sur les systèmes de transport actuels par le nombre toujours croissant de véhicules; le nombre d'automobiles qui circulent dans le secteur du Lower Mainland augmente environ deux fois plus vite que la population. Le CAN estime que la copropriété automobile pourrait être le « chaînon manquant » de la chaîne des transports. La copropriété automobile favorise l'utilisation la plus appropriée des moyens de transport par rapport à la tâche à effectuer : la marche, le vélo, le patin à roues alignées, l'autobus, le covoiturage et le taxi deviennent les options retenues par les personnes qui souhaitent limiter leurs dépenses, tout en s'engageant concrètement par rapport à l'environnement. Le CAN estime que ses véhicules deviennent le mode de transport « de dernier recours » une fois que l'accès à ceux-ci est garanti.Note de bas de page 64

2.15 Réussites et enjeux

Bon nombre des incidences positives que le CAN a eues à ce jour sont décrites ci-dessus. D'autres réussites et enjeux qui ont marqué l'histoire de la coopérative et qui ont été notés par les responsables du CAN, leurs partenaires (par exemple, le District régional de la région de Vancouver et Environnement Canada) ou d'autres organismes sont énumérés ci-dessous.

2.15.1 Réussites

Le CAN est une coopérative de copropriété automobile qui a beaucoup de succès, tant sur le plan financier qu'administratif. En plus de réduire le nombre total de kilomètres parcourus par des véhicules, le nombre de véhicules qui circulent sur les routes et les émissions de gaz à effet de serre, la coopérative a atteint les objectifs administratifs suivants :Note de bas de page 65,Note de bas de page 66

  • Aider les membres à réduire les coûts associés au transport. Les membres paient, en moyenne, seulement 117 $ par mois pour tous leurs déplacements en automobile, ce qui est moins élevé que le coût des assurances pour la plupart des propriétaires de véhicules.
  • Rassembler les personnes qui partagent le même point de vue et aider à régler les problèmes de transport dans la collectivité.Note de bas de page 67
  • Aider les autres organismes de copropriété automobile à s'établir.
    • Le personnel du CAN est disposé à répondre aux nombreuses questions des organismes de copropriété automobile en démarrage.
    • Les documents utilisés par le CAN pour l'adhésion ont servi de point de départ pour de nombreux groupes en Amérique du Nord et ont même été traduits pour être utilisés par des groupes de l'étranger.
    • Le CAN a contribué à la mise sur pied de coopératives de copropriété automobile exemplaires au Canada et aux États-Unis. Il a, entre autres, prêté gratuitement son modèle d'activité et a permis à d'autres groupes d'utiliser le système de réservation en ligne qu'il a élaboré.
    • Le CAN intègre à son site Internet des hyperliens menant aux sites de nombreux autres organismes de copropriété automobile ainsi qu'à des sources d'information.
    • Le CAN appuie les groupes de copropriété automobile installés dans d'autres municipalités qui s'efforcent de trouver suffisamment de membres pour devenir autonomes, tels que les groupes de Nanaimo, Courtney, Cortez Island et Tofino. Il est également disposé à vendre ses vieux véhicules à de nouveaux organismes sans but lucratif ou à de nouvelles coopératives et à assumer les coûts entraînés par le financement de ces véhicules.Note de bas de page 68

Encadré 6 : La coopération avec les autres organismes

« L'entraide rapporte - c'est-à-dire que le fait de fournir l'information sur la façon de fonder un organisme de copropriété automobile a favorisé l'expansion du mouvement. Nous avons diffusé presque toute l'information et, chaque fois que nous l'avons fait, plus de personnes faisant partie de notre marché ont entendu parler de nous par d'autres personnes; la copropriété automobile est devenue de plus en plus légitime chaque fois qu'un groupe a été lancé ailleurs. Depuis des années, nous sommes considérés comme le chef de file de la copropriété automobile parce que nous sommes ouverts à la diffusion de l'information. » [Traduction]
(Propos de Tracey Axelsson recueillis en 2005)

  • Faire en sorte que la copropriété automobile soit de plus en plus reconnue comme une approche importante et réalisable en Amérique du Nord, et accroître la sensibilisation aux solutions de rechange en matière de transport. Le CAN a accompli un travail extraordinaire en aidant la population à considérer les problèmes de transport de façon élargie et à constater qu'il existe des solutions de rechange aux véhicules personnels - en plus des vélos et des autobus, il y a la copropriété automobile.
  • Communiquer efficacement avec les membres. Pour trouver des exemples, consulter la section sur le rajustement relatif à la fluctuation du prix de l'essence, ci-dessous.
  • Gérer la croissance et assurer la durabilité (p. ex., ne pas avoir de dettes importantes). Par exemple, en 2003, pour composer avec l'instabilité du prix de l'essence, le conseil d'administration du CAN a approuvé un rajustement mensuel relatif à la fluctuation du prix de l'essence pour compenser les prix inhabituellement élevés. Lorsque le prix moyen du carburant excède 0,80 $ le litre (environ), des frais minimes sont ajoutés en fonction des kilomètres parcourus - juste assez pour couvrir les dépenses supplémentaires. Ces frais sont les mêmes pour tous les plans d'utilisation et ils sont calculés en fonction du rendement énergétique moyen du parc automobile.Note de bas de page 69
2.15.2 Enjeux

La directrice générale, Tracey Axelsson, affirme que le plus grand défi du CAN a toujours été le manque de compréhension général du public en ce qui a trait au fonctionnement de la copropriété automobile.Note de bas de page 70 Les organismes de copropriété automobile doivent trouver comment intégrer une nouvelle façon d'accéder à un véhicule dans un monde de « dépendance à l'automobile », et les activités de communication et de sensibilisation peuvent parfois sembler irréalisables.Note de bas de page 71

Parmi les autres importants défis associés au lancement et à la gestion d'un organisme de copropriété automobile que le personnel du CAN, ses membres et d'autres intervenants ont définis, ou qui ont été définis pendant l'examen des documents accessibles, on trouve les suivants :

  • Trouver des capitaux pour le démarrage. L'un des grands défis de la constitution en coopérative est la recherche de fonds pour le démarrage. L'accès au financement peut également constituer un défi, étant donné qu'aucune personne ou entreprise ne sera ultimement responsable des dettes de la coopérative. Néanmoins, de nombreux organismes de copropriété automobile choisissent la formule coopérative, ce qui signifie que le défi n'est pas impossible à relever. Heureusement, le CAN a pu compter sur l'appui de Vancity Credit Union (la plus importante coopérative d'épargne et de crédit du Canada, sur le plan de la valeur monétaire) et de The Co-operator's (l'un des plus importants groupes d'assurance au Canada) lors de sa mise sur pied.Note de bas de page 72
  • Obtenir le financement permettant de mener les activités assez longtemps pour prouver le bien-fondé des arguments. Les organismes de copropriété automobile sont difficiles à gérer et la conduite des activités coûte cher. Un jeune organisme peut se voir forcé de fermer ses portes avant d'avoir atteint l'autonomie. Dans le cas du CAN, le soutien de VanCity Credit Union et de The Co-operators Insurance Group a été essentiel pour assurer un financement adéquat permettant la réussite financière de l'organisme après quatre années d'activité.Note de bas de page 73,Note de bas de page 74
  •  Obtenir du financement pour les étapes subséquentes. Pour aider l'organisme à prendre de l'expansion, après deux ou trois années d'activité (vers 1999, dans le cas du CAN), il a fallu obtenir du nouveau financement pour l'acquisition de nouveaux véhicules. La location a été la solution au problème.
  • Avoir accès aux stationnements. L'un des problèmes les plus pressants, pour le CAN, était de trouver des stationnements adéquats pour ses véhicules. La Ville de Vancouver a adopté un règlement selon lequel seuls les résidents ont le droit d'utiliser les stationnements de certains quartiers, et aucune entreprise ne peut obtenir de permis pour l'utilisation de ces stationnements. Le CAN a obtenu une autorisation spéciale, de sorte que tous ses véhicules peuvent être stationnés dans les zones à accès restreint de Vancouver.
  • Obtenir de l'assurance constituait un obstacle majeur, mais l'Insurance Corporation of British Columbia (qui assure les véhicules gouvernementaux en Colombie-Britannique) a considéré le statut d'organisme sans but lucratif du CAN comme un facteur positif et a offert une catégorie d'assurance unique au CAN, pour les fins du démarrage.
  • Les coûts croissants et changeants. La fluctuation des coûts de l'essence, les coûts des assurances et les coûts élevés de l'entretien des véhicules constitueront toujours un défi avec lequel il faudra composer en établissant la grille des frais d'utilisation du CAN.Note de bas de page 75
  • L'un des principaux défis avec lesquels le CAN devra composer est et sera toujours la gestion de la croissance qui résulte de son succès. Alors que la coopérative avait autrefois de la difficulté à attirer de nouveaux membres, elle accueille maintenant de 40 à 50 nouveaux membres chaque mois. Et plus la coopérative prend de l'expansion, plus elle devient attirante pour les membres potentiels.Note de bas de page 76 Le CAN pourrait croître très rapidement (par exemple, en ce qui concerne le nombre de membres); cependant, même si les membres sont nombreux, toutes les voitures doivent être utilisées, sinon l'entreprise connaîtra des difficultés. Il faut maintenir un certain rythme d'utilisation des véhicules pour rembourser le financement, et l'utilisation des véhicules doit être équilibrée par rapport au nombre de membres. Le CAN devra se préparer à connaître une forte croissance dans l'avenir, et il devra se doter des systèmes administratifs et financiers nécessaires pour relever ce nouveau défi.
  • Le défi que constitue l'image négative des coopératives répandue dans le public (se référer à l'encadré 7, ci-dessous).
  • Devenir un groupe offrant des services, plutôt qu'un club. On a commencé à noter que des personnes « volent » des kilomètres. Pour prévenir cette situation, il faudrait installer une nouvelle technologie (système intelligent se rapportant à la mobilité) pour les serrures (consulter la section 4.8, ci-dessous), ce qui constitue un autre défi.
  • Trouver continuellement l'équilibre entre les objectifs sociaux, environnementaux et financiers de l'organisme.

Encadré 7 : Le défi que constitue l'image négative des coopératives

L'un des obstacles à la constitution d'un organisme de copropriété automobile est l'image peu flatteuse qu'ont les coopératives. Celles-ci sont parfois perçues négativement, simplement parce qu'elles sont des coopératives. Bien que les coopératives occupent une place importante dans l'organisation économique du Canada, elles obtiennent peu de reconnaissance. Le public éprouve peut-être encore une certaine aversion pour les coopératives. Même si l'époque où certaines personnes les auraient taxés de « communistes » est révolue, les promoteurs de coopératives sont parfois perçus comme des « hippies » et des « paysans » - ce qui n'est pas vraiment attirant pour le « yuppie » moyen. Cela peut vouloir dire qu'on pourrait nous empêcher d'apporter de réels changements. À tout le moins, initialement! Les considérations idéologiques sont celles qui suscitent le plus de conflits entre les organisateurs, mais on peut assumer que nous souhaitons tous réduire la possession et l'utilisation des automobiles, tout en améliorant la situation économique des membres. Si c'est là le principal objectif, il n'y a pas vraiment de différence entre les formes d'entreprise. Cependant, il faut se demander si on vise à générer des bénéfices ou à lutter efficacement contre les changements climatiques. Pour le CAN, la réponse à cette question a été un facteur décisif du choix de la formule coopérative.Note de bas de page 77 [Traduction]

Réf. : CO-OPERATIVE AUTO NETWORK. « Is a Car Sharing Organization Best as a For-Profit? Non-profit? Co-operative? », [En ligne]. [http://www.cooperativeauto.net/about/consult.html] (29 septembre 2005)


2.16 Nouvelles orientations et orientations futures

Le CAN adopte des stratégies de croissance dynamiques, étant donné que de plus en plus de personnes prennent conscience des avantages économiques et environnementaux de la copropriété automobile. Selon le CAN, les prochaines étapes à franchir sont, entre autres, les suivantes :

  • expansion en fonction des carrefours des circuits de transport en commun. Un certain nombre de véhicules sont déjà répartis le long de deux circuits d'autobus, aux gares du SkyTrain et près de deux gares maritimes. Le CAN prévoit que son expansion sera fonction des carrefours des circuits de transport en commun, mais il entend faire tout en son pouvoir pour offrir de meilleurs services aux utilisateurs du transport en commun et aux résidents des secteurs désavantagés sur le plan du transport en communNote de bas de page 78;
  • élaboration d'un service de gestion du parc automobile pour les entreprises et gouvernements partenaires, qui ferait en sorte que les véhicules du CAN seraient utilisés par ces partenaires pendant les heures de travail, et par les membres en général pendant les autres heures;
  • procéder à la mise sur pied d'une nouvelle filiale à l'intention des entreprises, CorpCAN, qui permettra aux entreprises membres (par exemple, les bureaux d'architectes) d'adhérer au CAN, de sorte que leur personnel utilisera les véhicules du CAN pour le travailNote de bas de page 79;
  • fonder un cercle de prêteurs avec les membres pour créer un fonds spécial et un programme de prêts à l'intention des personnes qui n'ont pas les moyens de débourser les 500 $ nécessaires pour acheter une action;
  • ajouter davantage de véhicules hybrides au parc automobile;
  • élaborer des cours sur la prévention des accidents et lancer un régime collectif de soins médicaux pour les membres;
  • planifier la mise en place d'un système intelligent relatif à la mobilité qui comporte un lecteur de carte à puce sans contact pour permettre aux membres de déverrouiller une automobile réservée et d'en obtenir la clé. La carte à puce enregistrerait des données sur l'utilisateur du véhicule, la durée de l'utilisation et le nombre de kilomètres parcourus, et elle générerait la facture pour le membre. Le CAN mène actuellement un projet pilote en utilisant cette technologie dans deux de ses véhicules. Cependant, la viabilité des grands organismes de copropriété automobile pourrait être menacée par la mise en application de cette technologie, étant donné qu'elle est nouvelle et très coûteuse et qu'elle entraîne des risques (p. ex., acheter un dispositif qui deviendrait rapidement désuet);
  • renforcer la commercialisation pour aider à améliorer la réputation de l'organisme et à accroître la sensibilisation au concept de copropriété automobile et au CAN;
  • poursuivre la mise à l'essai de la copropriété automobile dans les nouveaux ensembles résidentiels du centre-ville (se référer à l'encadré 8, ci-dessous). La Ville de Vancouver a récemment inclus la copropriété automobile parmi les avantages dont peuvent profiter les promoteurs immobiliers (Règlement sur les véhicules en copropriété) : trois des stationnements ordinaires requis dans un projet d'aménagement peuvent être échangés contre un stationnement réservé à un véhicule en copropriété. Il faut maintenant verser un dépôt de 27 500 $ par stationnement réservé à un véhicule en copropriété, dans le cadre d'un engagement relatif à un changement de zonage, pour remplacer trois stationnements ordinaires par un stationnement réservé à un véhicule en copropriété; ce montant équivaut approximativement au coût d'un des véhicules du CAN. Certains promoteurs prévoient volontairement l'aménagement de stationnements réservés aux véhicules en copropriété; certains responsables d'édifices d'habitation peuvent souhaiter le faire eux-mêmes, par exemple, en achetant leur propre parc de véhicules, qu'ils mettront à la disposition des locataires de leurs immeubles. Le CAN serait avantageusement positionné pour gérer de tels parcs automobiles.

Encadré 8 : La copropriété automobile dans les nouveaux ensembles résidentiels

Étant donné que la popularité de la copropriété automobile augmente, un certain nombre de promoteurs ont commencé à montrer de l'intérêt pour l'instauration de systèmes de copropriété automobile dans les nouveaux ensembles résidentiels, comme solution de rechange à l'aménagement des stationnements requis. La Ville de Vancouver a autorisé les promoteurs de l'ensemble résidentiel Electric Avenue, un projet d'appartements en copropriété du centre-ville, à aménager moins d'espaces de stationnement, à condition qu'ils acceptent d'acheter des véhicules pour le CAN, lesquels seraient stationnés dans des espaces spécialement désignés du stationnement sous-terrain de l'édifice, et d'inciter les résidents à adhérer au CAN. Ils s'attendaient à ce que 10 % des 426 résidents s'inscrivent, mais ont eu la surprise de voir 26 % d'entre eux le faire.

Habituellement, la construction d'un espace de stationnement sous-terrain coûte 15 000 $. Lorsque deux espaces de stationnement sous-terrains ne sont pas construits, le montant économisé peut servir à payer un véhicule. Le rapport entre le nombre de membres du CAN et le nombre de véhicules étant de 19 pour un, les promoteurs ont rapidement fait les calculs et ont accepté d'acheter sept véhicules. La coopérative gérera le parc automobile, s'occupera des réservations, recevra les paiements et se chargera de l'entretien nécessaire. Le CAN discute actuellement de telles ententes avec d'autres promoteurs, avec le soutien des urbanistes de la Ville.

Réf. :
1) DAUNCEY, Guy. « Car Sharing in Vancouver », [En ligne]. [www.earthfuture.com] (12 août 2005). Publié pour la première fois dans LEDIS, mai 2004.
2) Site Internet de Electric Avenue. http://www.rennie.com/electricavenuecondos/EAFlashSite.html
(25 novembre 2005), (anglais seulement).
3) SKELTON, Chad. « City of Vancouver steers developers to car-sharing », Vancouver Sun, le 12 novembre 2003.
4) KENNEDY, Peter. « Pooled cars latest twist in condo marketing », The Globe and Mail, le 7 avril 2003.

  • Idéalement, le CAN aimerait augmenter l'actuel rapport entre membres et véhicules, qui est de 19 à 20 membres par véhicule, à 23 membres par véhicule, ce qui est le rapport de certains organismes de copropriété automobile européens.Note de bas de page 80

Futurs défis et enjeux

  • Gérer la croissance et les finances simultanément. Comment le CAN peut-il croître aussi rapidement que possible et aussi rapidement que nécessaire sans contracter une dette trop lourde?
  • Les besoins en matière de technologie. Pour que son parc automobile compte beaucoup plus que 150 véhicules, le CAN devra se doter d'une technologie plus poussée.
  • Le renouvellement de l'équipe de direction. Le CAN doit se préparer à relever le défi que constituera, dans un avenir plus ou moins rapproché, la mise en place d'une nouvelle équipe de direction qui remplacera l'actuelle directrice générale et son personnel qui, grâce à leur dynamisme et à leur esprit d'entreprise, ont dirigé et géré avec succès la croissance de l'organisme.
  • Les futures augmentations du prix de l'essence. Les prix du carburant sont actuellement un facteur d'adhésion au CAN et suscitent de l'intérêt pour celui-ci dans une large mesure. Il s'agit à la fois d'un défi sur le plan administratif et d'une occasion de croissance.
  • La concurrence potentielle financée par des intérêts extérieurs qui pourrait peut-être se multiplier dans l'avenir, dans le contexte des Jeux olympiques d'hiver qui auront lieu en 2010 à Vancouver.
  • Le maintien de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le CAN aide son personnel à maintenir l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Il est important de considérer les moyens et les objectifs en cette matière au moment de fonder un organisme de copropriété automobile. Le nombre de membres contribue partiellement à atteindre cet équilibre dans le cas du CAN, mais toutes les personnes qui lancent un organisme de copropriété automobile devraient être conscientes du défi que représente le maintien de l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle.

3. Leçons tirées de l'expérience

Une récente étude de cas portant sur les expériences de Communauto (le plus important organisme de copropriété automobile du Québec) et du CAN fait état d'enseignements très utiles tirés des activités d'élaboration et de mise sur pied d'un programme de copropriété automobile.Note de bas de page 81 Parmi les facteurs qui contribuent au succès de ces activités, on trouve les suivants :

  1. Commencer modestement et créer le marché. La copropriété automobile est une initiative à long terme à la croissance graduelle. Plutôt que de chercher à atteindre le plus vaste marché possible en vue d'en arriver au seuil de rentabilité (habituellement, 600 membres), le premier objectif suivant le lancement d'un organisme de copropriété automobile dans une ville doit être de créer - plutôt que de conquérir - le marché. En Amérique du Nord, le concept de copropriété automobile est trop récent pour que cette étape cruciale soit omise. De plus, une analyse de données a montré qu'il faut trois ou quatre ans pour attirer les 300 à 400 premiers membres, et qu'ensuite la croissance s'accélère grâce à la sensibilisation du public et au bouche-à-oreille (comme ce fut le cas pour le CAN). Par conséquent, sans un important capital de démarrage, tenter de mener des activités à grande échelle dès le début comporte de grands risques.Note de bas de page 82
  2.  Cibler le marché. Étant donné qu'il est impossible de répondre à tous les besoins des membres avec un nombre limité de véhicules et d'espaces de stationnement, il est essentiel de cibler le marché de façon stratégique,Note de bas de page 83 comme le CAN l'a fait initialement dans le secteur West End de Vancouver. D'autres principes se rapportant à cette stratégie consistent à ne pas répartir les véhicules trop loin les uns des autres et à travailler en fonction de cercles concentriques, de sorte que les possibilités d'accès aux véhicules se trouvant à l'extérieur d'un quartier donné ne soient pas trop limitées et décourageantes pour les membres qui ne pourraient avoir accès aux véhicules normalement répartis dans leur quartier.
  3. Mener ses activités avec pragmatisme et simplicité. Pour assurer la santé financière de l'organisme, il importe d'offrir des services de base uniformes avant de commencer à proposer des programmes plus exigeants sur les plans administratif et logistique (p. ex., pouvoir prendre possession d'un véhicule à un endroit et le laisser à un autre endroit). Il importe aussi d'éviter d'utiliser des systèmes qui font en sorte que les services doivent s'adapter à la technologie - ce doit être le contraire. Optez pour la simplicité, donnez aux membres les services qu'ils veulent recevoir et fixez des frais équitables. Les activités « d'enracinement » et la planification effectuée pendant la mise sur pied de l'entreprise sont également reconnues comme étant les principaux facteurs de la réussite du CAN.
  4. Choisir la technologie appropriée. Le CAN a mis en place les systèmes appropriés pour sa croissance. La technologie retenue est suffisamment élaborée pour les besoins de l'organisme, mais elle n'est pas trop compliquée pour les utilisateurs; cela constitue un avantage pour les membres.
  5. Faire en sorte que le personnel des échelons supérieurs et inférieurs des organismes et des gouvernements soit prêt à apporter son appui. Le fait que le personnel des échelons supérieurs apporte son appui aux organismes de copropriété automobile ne garantit pas toujours que le personnel des échelons inférieurs est sensibilisé au concept et y apportera lui aussi son soutien. Il importe de sensibiliser le personnel des échelons inférieurs et de s'assurer de son appui, particulièrement en ce qui concerne la gestion des stationnements et l'application des règlements relatifs à ces derniers.
  6. Collaborer avec les promoteurs pour implanter la copropriété automobile dans les nouveaux quartiers (se référer à la section 4.8, ci-dessus). La copropriété automobile peut aider les promoteurs de nouveaux ensembles résidentiels construits dans le noyau central d'une ville à économiser de l'argent en réduisant le nombre de stationnements requis pour leurs projets, et elle est perçue comme un avantage financier supplémentaire par les acheteurs potentiels (c.-à-d. qu'ils n'auront pas besoin de posséder une automobile).
  7. La copropriété automobile est plus équitable que la propriété, mais elle peut tout de même être inaccessible aux personnes ayant un faible revenu. Bien que le CAN ait élaboré ou élabore actuellement des programmes de financement et de soutien pour les membres afin d'aider les personnes ayant un faible revenu à adhérer à l'organisme, la copropriété automobile demeure, pour bien des gens, une option plus coûteuse que le transport en commun.
  8. La copropriété automobile convient le mieux aux personnes qui ont des horaires de travail flexibles ou qui n'ont pas besoin d'un véhicule chaque jour pour le travail.
  9. La nécessité d'une masse critique de population. La copropriété automobile convient particulièrement aux secteurs urbains densément peuplés où l'espace limité ne fait qu'aggraver les problèmes associés à la multiplication des automobiles. Le centre-ville de Vancouver devient de plus en plus peuplé, même s'il a toujours été dense, et le secteur du West End est particulièrement touché par les inconvénients relatifs aux automobiles et au stationnement. Le concept du CAN constituait donc une très bonne idée qui a été lancée en temps opportun à Vancouver. Inversement, la copropriété automobile est plus difficile à mener à bien dans les banlieues faiblement peuplées; dans ces régions, il est difficile d'assurer la viabilité financière de telles activités.Note de bas de page 84

Parmi les autres enseignements utiles que le CAN et ses partenaires ont tirés de leur expérience de l'établissement d'un organisme de copropriété automobile et qu'ils ont mentionnés pendant les entrevues et dans d'autres circonstances, on trouve les suivants :

  1. Lancer le CAN sous forme de coopérative constituait probablement la meilleure approche (consulter l'encadré 9, ci-dessous), bien qu'elle comporte des avantages et des inconvénients (se référer à la section 3.2, ci-dessus).

Encadré 9 : Le lancement sous forme de coopérative était la meilleure façon de commencer

« Le fait de lancer le CAN sous forme de coopérative nous a vraiment donné le meilleur contexte pour vérifier la viabilité du projet - c'est-à-dire que d'autres groupes qui ont lancé un projet n'ont pu supporter le fardeau de leurs dettes et ont vendu ou fermé leur entreprise longtemps avant de pouvoir franchir l'étape positive que requiert une masse critique. Étant donné que je ne me sentais pas personnellement menacée par l'endettement, cela ne m'a pas préoccupée outre mesure. » [Traduction] Tracey Axelsson, 2005.

  1. Le pouvoir d'un groupe est immense. Il est difficile de composer avec la diversité des personnalités, des intérêts et des besoins, mais si vous investissez réellement l'énergie nécessaire et que vous êtes en mesure de surmonter ce qui semble être une avalanche de critiques, le résultat final sera positif, solide et équitable.Note de bas de page 85
  2. La faisabilité de la mise sur pied d'un organisme de copropriété automobile est grande. On peut vraiment fonder un organisme de copropriété automobile sans investir de grosses sommes, et il y a énormément d'information gratuite à ce sujet sur Internet. Le CAN a débuté ses activités avec une feuille de papier, un ordinateur de type « 486 », une ligne téléphonique, deux véhicules et 16 personnes. De plus, les organismes de copropriété automobile qui souhaitent que leurs réservations soient faites en ligne peuvent trouver des systèmes de réservation gratuits ou à faible coût sur Internet. Enfin, le soutien financier que les autres coopératives peuvent apporter au moment du démarrage est d'une valeur inestimable.Note de bas de page 86
  3. Il y a beaucoup de soutien potentiel. Le public, les médias et les collectivités adorent le concept de copropriété automobile et apporteront beaucoup de soutien.
  4. Ne pas faire la promotion du concept en se limitant aux avantages environnementaux. La dimension écologique du concept aura une incidence limitée sur la promotion et ne touchera probablement que les personnes qui sont prêtes à ne jamais utiliser de véhicule. Il faut parler des avantages pour l'environnement, tout en expliquant au public combien d'argent il économisera. Étant donné que le public est de plus en plus sensibilisé au concept, Tracey Axelsson affirme que les groupes comme le sien continuent de mettre l'accent sur les avantages financiers pour les nouveaux membres, tout en exposant les avantages pour l'environnement. Au CAN, le travail de sensibilisation à la protection de l'environnement est fait, même si l'on utilise les avantages financiers pour attirer les membres. Cependant, ceux-ci se font rappeler à l'ordre : étant donné que chaque kilomètre parcouru entraîne un « coût » pour la planète, les membres doivent toujours payer pour l'utilisation des véhicules.Note de bas de page 87
  5. Avoir l'esprit d'entreprise. Le CAN fait preuve d'une grande adresse en profitant des occasions favorables lorsqu'elles se présentent, et ses réalisations démontrent l'importance de l'esprit d'entreprise. Soyez ouverts aux nouvelles idées, sachez reconnaître les occasions favorables, effectuez un suivi adéquat et fixez des objectifs qui sont avantageux pour tous.
  6. Effectuer constamment de la promotion et de la sensibilisation auprès des organismes des secteurs public et privé pour faire connaître le groupe de copropriété automobile et pour créer un vaste réseau. Par exemple, la directrice générale a toujours réalisé d'importantes activités de promotion pour le CAN. Donnez un « visage » à l'organisme avant de consacrer trop d'efforts à son image de marque. La copropriété automobile est fondée sur la confiance - les membres doivent savoir à qui se fier.
  7. Déterminer et établir des relations et des partenariats stratégiques clés avec les membres et d'autres organismes. Le soutien des autorités locales est important pour obtenir des espaces de stationnement adéquats.Note de bas de page 88 Le partenariat avec Vancity est un exemple d'options de financement novatrices, et le partenariat avec Discount Rental montre les natures complémentaires des coopératives de copropriété automobile et des entreprises privées de location de véhicules.Note de bas de page 89 Le lien avec la Co-operative Housing Federation de la Colombie-Britannique montre la valeur que les partenariats avec d'autres coopératives peut apporter aux activités de formation relatives à la gouvernance et à la planification stratégique.
  8. La publicité faite par les membres lorsqu'ils parlent de leur expérience à d'autres personnes est importante pour la croissance et l'expansion. Le fait que les membres soient fiers d'être propriétaires est important; ils sont enthousiasmés par le CAN et ils en parlent à leurs amis, et ils sont plus enclins à rapporter les véhicules à l'heure prévue.
  9. L'importance de former un solide noyau de personnes dévouées pour accomplir les tâches nécessaires pendant la croissance de la coopérative, et le rôle clé que joue l'esprit d'entrepreneuriat du personnel et des membres fondateurs. La continuité des ressources humaines et de l'organisme est très importante. La responsabilisation de l'organisme envers les membres et le fait de toujours essayer de répondre aux besoins de ces derniers, sans perdre de vue les objectifs quand le nombre de membres augmente (p. ex., quand CAN a orienté ses activités à l'extérieur de la région du West End de Vancouver) sont également importants.
  10. Un leadership solide. L'importance cruciale d'un leadership solide pour assurer l'ordre et pour préserver la personnalité de l'organisme. Par exemple, le leadership fervent et dynamique de la directrice générale du CAN a été l'élément clé du développement de l'organisme; la directrice générale était motivée et totalement dévouée, bien qu'insuffisamment rémunérée.

4. Conclusions

Le CAN est une coopérative de copropriété automobile qui connaît beaucoup de succès, tant sur le plan financier qu'administratif. De nombreuses conclusions d'importance, dont pourraient bénéficier les autres coopératives du même genre, ont été tirées de l'expérience du CAN à la suite des entrevues et de l'examen des documents pertinents. Ces conclusions sont, entre autres, les suivantes :

  • Choisir la formule coopérative pour la mise sur pied d'un organisme de copropriété automobile est l'une des meilleures stratégies.
  • Le financement. La copropriété automobile convient bien au modèle coopératif, par exemple, du point de vue du capital social initial requis pour financer les activités.
  • Les organismes de copropriété automobile peuvent s'attendre à une croissance importante. On peut s'attendre à ce que les coopératives de copropriété automobile prennent de plus en plus d'expansion dans l'avenir et à ce qu'elles jouent un rôle de plus en plus important et actif en ce qui a trait aux questions touchant le transport dans les collectivités.
  • La croissance suscite à la fois des occasions favorables et des défis. Étant donné la croissance à laquelle les coopératives de copropriété automobile peuvent s'attendre, la gestion de la croissance des organismes nouveaux ou déjà établis comportera continuellement des défis. Un bon nombre des défis que le CAN devra relever dans l'avenir constituent également des occasions favorables : la croissance du CAN se poursuivra, les activités de celui-ci s'étendront probablement davantage sur le plan géographique et des pressions seront peut-être exercées pour que les services soient offerts dans des secteurs qui sembleront moins pertinents qu'auparavant. Il y aura aussi des occasions de croître plus rapidement que le CAN ne peut le faire actuellement; l'organisme n'ayant plus les mêmes contraintes (financières, par exemple).
  • Composer avec les enjeux relatifs aux changements climatiques. Les coopératives de copropriété automobile ont un rôle potentiellement important à jouer par rapport aux initiatives communautaires et gouvernementales visant les changements climatiques. Pour le CAN, le fait de participer plus étroitement aux efforts des divers paliers de gouvernement concernant les changements climatiques (par exemple, la modification des comportements) pourrait constituer une importante occasion de produire des résultats et d'atteindre ses objectifs.
  • Les partenariats sont essentiels. L'établissement et la gestion de partenariats sont d'une importance cruciale, aussi bien pendant le démarrage de l'organisme que dans la poursuite de ses activités.
  • L'utilisation de la technologie. La nécessité de la technologie actuelle et nouvelle (p. ex., systèmes de réservation en ligne, carte à balayage, etc.) et le rôle qu'elle peut jouer constituent à la fois une question et un enjeu critiques pour les coopératives de copropriété automobile.
  • Des solutions novatrices pour l'avenir. Certaines des occasions favorables novatrices que le CAN examine actuellement (p. ex., infrastructures de transport interreliées, telles que le projet avec TransLink, partenariats avec des représentants du secteur privé, tel que celui de CorpCan touchant les ensembles résidentiels, etc.) ont, pour les organismes de copropriété automobile, un important potentiel en ce qui concerne la diminution des incidences sur l'environnement et l'optimisation des avantages pour la société.

5. Bibliographie

1. AXELSSON, Tracey. « Car Sharing: How it Works in Vancouver, Canada. », [En ligne], 1999. Vancouver (Colombie-Britannique), Canada. [http://stratus.city.toronto.on.ca/inter/mte/mte.nsf/
0/165cc2b870446ce085256812006a1f13?OpenDocument] (Modifié pour la dernière fois le 22 octobre 1999).

2. CANADIAN CO-OPERATIVE ASSOCIATION. « Co-operatives and the Environment. Eco-co-op profiles », [En ligne], novembre 2004.

3. CO-OPERATIVE AUTO NETWORK. « Frequently asked questions  », [En ligne]. [http://www.cooperativeauto.net/member/faq.html] (29 septembre 2005).

4. CO-OPERATIVE AUTO NETWORK. « Rapport annuel 2003-2004 ».

5. CO-OPERATIVE AUTO NETWORK. « Benefits of Car Sharing », [En ligne]. [http://www.cooperativeauto.net/benefits/#link1] (24 novembre 2005).

6. CO-OPERATIVE AUTO NETWORK. « Is a Car Sharing Organization Best as a For-Profit? Non-profit? Co-operative? », [En ligne]. [http://www.cooperativeauto.net/about/consult.html] (29 septembre 2005).

7. DAUNCEY, Gary. « Car Sharing in Vancouver », [En ligne]. Publié pour la première fois dans LEDIS, mai 2004. [http://www.earthfuture.com/community/carsharevancouver.asp]. (27 novembre 2005).

8. Electric Avenue (appartements en copropriété), 989, rue Nelson, Vancouver. [http://www.rennie.com/electricavenuecondos/EAFlashSite.html] (28 novembre 2005).

9. ENVIRONNEMENT CANADA. « Colombie-Britannique : Le projet de partage du Co-operative Auto Network », [En ligne], ÉcoAction. (Modifié pour la dernière fois le 30 janvier 2003).

10. GOSSLING, Fionna. « What is a Car Sharing Co-operative? » B.C. Institute for Co-operative Studies, 2001.

11. DISTRICT RÉGIONAL DE LA RÉGION DE VANCOUVER (DRRV). « Co-operative Auto Network Case Study », [En ligne]. [http://www.gvrd.bc.ca/sustainability/casestudies.htm] (27 novembre 2005).

12. GREATER VANCOUVER TRANSPORTATION AUTHORITY (TRANSLINK). « Reduce Your Car Expenses Through Car Sharing », communiqué, [En ligne], 8 mars 2004. [http://www.translink.bc.ca/About_TransLink/News_Releases/news03080401.asp] (27 novembre 2005).

13. JENSEN, Nicole. « The Co-operative Auto Network Social and Environmental Report 2000-2001 », 2001.

14. KENNEDY, Peter. « Pooled cars latest twist in condo marketing », The Globe and Mail, le 7 avril 2003.

15. SHEPHERD, Colleen. « Nelson & Area Auto Co-operative », BC Institute for Co operative Studies, Victoria (Colombie-Britannique), 2002.

16. SKELTON, Chad. « City of Vancouver steers developers to car-sharing », Vancouver Sun, le 12 novembre 2003.

17. STOCKHOLM PARTNERSHIPS FOR SUSTAINABLE CITIES. « Project 68: Co-operative Auto Network (CAN) », Canada, [En ligne]. [http://www.partnerships.stockholm.se/search_view.asp?Id=68] (24 novembre 2005).

18. TRANSPORTS CANADA. « L'auto-partage au Canada : des options de transport personnel plus écologiques. », [En ligne], Programme de démonstration en transport urbain. [http://www.tc.gc.ca/programs/environment/UTSP/carsharing.htm] Les études de cas du Programme de démonstration en transport urbain ont été préparées et rédigées par Culbridge Marketing, Noxon Associates Limited et le groupe Verdant. (mis à jour pour la dernière fois le 13 décembre 2005).

19. WANLESS, Tony. « Green goals need principle, interest. », The Province, Smart Money [Date inconnue].

6. Remerciements

Remarque : Le Groupe Éconov Développement tient à remercier toutes les personnes qui ont donné de leur temps et offert des suggestions dans le cadre des entrevues et des travaux de préparation de la présente étude de cas :

  • Tracey Axelsson, directrice générale du Co-operative Auto Network (CAN);
  • AJ Andrien, coprésident du conseil d'administration du CAN;
  • Derek Gent, Vancity Capital Corporation (filiale de Vancity);
  • Bob McDonald, ingénieur en transport, Ville de Vancouver.

Nous remercions aussi le personnel du CAN pour le temps et les efforts consacrés à la mise à disposition de documents fort utiles.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Tracey Axelsson, directrice générale
Co-operative Auto Network
205-470, rue Granville
Vancouver (Colombie-Britannique) V6C 1V5
Canada
Tél. : (604) 685-1393
Courriel : Tracey Axelsson
Site Web : www.cooperativeauto.net (anglais seulement.)

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