Coopérative La Siembra Inc.

Étude de cas

effectuée pour le
Secrétariat aux coopératives
d'Agriculture et Agroalimentaire Canada

par
Le Groupe Éconov Développement

Le 5 janvier 2006

Coopérative La Siembra Inc.
Établir un équilibre entre la justice sociale et les principes relatifs à la conduite des affaires

Sommaire

Située à Ottawa, la coopérative La Siembra Inc. est une nouvelle coopérative de travailleurs qui a réalisé d'importants progrès depuis sa création il y a six ans, alors que ses ventes annuelles sont passées de 47 000 $ en 2000 à 2,2 millions de dollars en 2005. L'organisation respecte scrupuleusement les principes axés sur le commerce équitable et le mouvement coopératif et elle croit à la distribution équitable des profits. Sa mission consiste notamment à fournir une aide aux producteurs membres d'une coopérative pour leur permettre d'améliorer les moyens de subsistance des familles d'agriculteurs et le bien-être de leur collectivité ainsi qu'à éduquer les consommateurs au sujet des avantages du commerce équitable et des alternatives biologiques.

La Siembra Inc. s'est transformée de petit fournisseur de chocolat chaud en distributeur d'une gamme complète de produits du cacao et du sucre connus sous la marque Cocoa Camino, sa marque maison. Ses produits bruts proviennent de coopératives agricoles d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale de même que des Caraïbes, et les primes commerciales équitables que leur verse La Siembra Inc. permet aux membres de ces coopératives d'améliorer leurs exploitations agricoles, d'augmenter leur niveau de vie et d'investir dans des projets de développement communautaire.

Dans le but de réaliser sa mission, La Siembra Inc. a mis l'accent sur l'augmentation de sa capacité de fabriquer des produits de haute qualité pour le marché nord-américain. Plus elle vend de produits, plus les producteurs de coopératives et les familles d'agriculteurs en retirent des avantages. Le financement de cette croissance a obligé la coopérative à trouver des façons innovatrices de contracter des emprunts et d'obtenir des capitaux propres. Un appel public à l'épargne et le recrutement d'investisseurs socialement responsables en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique lui a permis de recueillir plus de 600 000 $ d'investissement en actions. Lorsqu'on combine ce montant aux emprunts contractés, le montant total recueilli par la coopérative à ce jour dépasse 1 million de dollars. Étant donné que la coopérative s'est fixé comme objectif une croissance de 40 p. cent à long terme, elle sait pertinemment qu'elle doit trouver des solutions ingénieuses pour relever le défi continu associé à la capitalisation.

L'établissement de partenariats rigoureux et évolutifs de même que le recrutement de membres et d'employés compétents ont été des facteurs essentiels pour assurer la croissance de la coopérative. La Siembra Inc. s'est engagée à respecter les principes démocratiques du modèle coopératif et, à mesure qu'elle prendra de l'expansion, il sera essentiel qu'elle tienne compte de la croissance d'une façon qui reflète les valeurs de ses membres et qu'elle serve d'exemple en tant que coopérative de membres-propriétaires. Pour assurer la comptabilisation d'un triple résultat, la coopérative devra établir un équilibre entre sa mission économique et sa mission sociale. La concurrence accrue et des facteurs de production indépendants de sa volonté pourraient créer de nouveaux défis à l'avenir. La Siembra Inc. a néanmoins obtenu un franc succès au cours des six dernières années et elle s'engage à devenir l'une des principales organisations de commerce équitable en Amérique du Nord.

Cette étude de cas détaillée trace l'évolution de la coopérative et de ses leçons apprises en mettant un accent tout particulier sur la façon dont La Siembra Inc. a financé sa croissance.

  Table des matières

 

1. Introduction

1.1 But du projet

L'étude de cas de la coopérative La Siembra Inc. est une d'un ensemble de sept études de cas indépendantes commandées par le Secrétariat aux coopératives d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Les coopératives visées par cette série d'études de cas proviennent de toutes les régions du Canada et portent sur les six secteurs prioritaires suivants : valeur ajoutée à l'agriculture; accès accru aux soins de santé et aux soins à domicile, soutien au développement économique des collectivités rurales, éloignées ou nordiques, développement des collectivités autochtones, intégration des immigrants dans les collectivités et solutions communautaires aux problèmes environnementaux. La coopérative La Siembra Inc. est située à Ottawa (Ontario) et respecte la première des six secteurs prioritaires, soit la valeur ajoutée à l'agriculture. En plus d'offrir un produit-créneau au Canada et à l'étranger, la coopérative répond aux besoins socio-économiques de ses membres en favorisant le commerce équitable et en assurant un environnement plus durable grâce à l'adoption de pratiques liées à l'agriculture biologique et à l'établissement de relations à valeur ajoutée avec leurs coopératives de producteurs.

La présente série d'études de cas vise à examiner et à comprendre les pratiques commerciales adoptées par les coopératives et les mesures prises par ces dernières pour relever les défis et se prévaloir des possibilités existantes. Le mandat et les activités des coopératives canadiennes les placent manifestement à l'avant-scène d'une approche qui met l'accent sur les objectifs sociaux et économiques. L'examen des pratiques commerciales adoptées par les coopératives, ainsi que des défis à relever et des pratiques adoptées est utile pour les personnes qui s'intéressent au modèle coopératif pour promouvoir leurs intérêts. Ces études de cas permettent, individuellement et collectivement, d'offrir une orientation en vue du développement coopératif et des innovations dans ce secteur. La série d'études de cas a été conçue en collaboration avec un comité directeur consultatif créé par le Secrétariat aux coopératives et formé de personnes ayant des antécédents dans les domaines du développement coopératif, du développement des entreprises et du développement économique communautaire, ainsi qu'une expertise sectorielle diversifiée.

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1.2 Méthodologie

Les coopératives visées par la série d'études de cas ont été sélectionnées par suite de discussions avec le Secrétariat aux coopératives et le Comité directeur de l'Initiative de développement coopératif, à partir de coopératives innovatrices dans différentes régions du pays susceptibles de présenter un intérêt pour le mouvement coopératif à l'échelle du pays.

Pour aider l'expert-conseil à recueillir les renseignements requis en vue de la présente étude, on lui a remis des documents et des rapports clés et indiqué l'adresse du site Web de la coopérative La Siembra, ainsi que des sites Web sur l'agriculture et le commerce équitable. Par ailleurs, on a mené un certain nombre d'entrevues auprès d'informateurs clés en plus de soumettre la version préliminaire du rapport sur l'étude de cas à la coopérative qui devait l'examiner et faire part de ses commentaires avant la rédaction de la version définitive.

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2. Profil et contexte

2.1 Introduction

La coopérative La Siembra Inc. est une coopérative de travail fondée en août 1999 et elle vend du chocolat chaud biologique certifié équitable de marque Cocoa Camino. Elle est située au centre-ville d'Ottawa (Ontario) et elle a été fondée par trois personnes possédant de l'expérience dans les domaines du commerce équitable et du développement des entreprises et qui cherchaient à faire de la sensibilisation au développement. Forts de leur expérience et de leurs domaines d'intérêt, ces trois travailleurs-propriétaires ont décidé de créer une coopérative qui présenterait des avantages pour les exploitations agricoles familiales dans les pays en développement et qui permettrait de renseigner les consommateurs d'Amérique du Nord et d'offrir des produits biologiques certifiés équitables de qualité. Ils voulaient créer une entreprise de commerce équitable en Amérique du Nord.

La présente étude de cas met l'accent précisément sur le défi que présentait la capitalisation et montre de quelle façon la coopérative a réussi à obtenir du financement durant ses six années de croissance continue.

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2.2 Le concept de commerce équitable

De façon générale, le concept de « commerce équitable » désigne un type de commerce dont les modalités sont conçues de façon à créer une situation qui soit plus équitable pour les producteurs. La définition reconnue à l'échelle internationale est la suivante :

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.

Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l'opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnelNote de bas de page 1. »

Les critères à respecter pour devenir membre de la North American Fair Trade Federation montrent bien ce que signifie cette définition dans la pratiqueNote de bas de page 2 :

  • le versement d'un salaire équitable dans le contexte local;
  • l'adoption de mesures pour offrir des chances d'avancement aux employés;
  • l'adoption de mesures pour offrir des chances d'emploi égales à tous, principalement les personnes les plus défavorisées;
  • l'adoption de pratiques respectueuses de l'environnement;
  • la reddition de comptes publics;
  • l'établissement de relations commerciales à long terme;
  • l'instauration de conditions de travail saines et sécuritaires dans le contexte local;
  • la prestation d'une aide financière et technique aux producteurs lorsque possible.

En gros, les acheteurs de produits certifiés « équitables » paient une prime que les producteurs peuvent investir dans le développement local. On connaît surtout le commerce équitable dans le domaine de la production de café mais il existe plus de 20 produits certifiés équitables différents importés de pays en développement. Ces produits sont ensuite vendus à un certain nombre de villes d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Australie, de Nouvelle-Zélande et du Japon. Citons, à titre d'exemples de denrées alimentaires autres que le café, le thé, le cacao, les bananes et les fruits frais, le miel, le sucre et les jus. La liste de produits offerts s'allonge chaque année; ainsi, le vin, les fruits, les noix, les épices et les huiles devraient bientôt être inclus dans les produits certifiés équitables. Certains produits autres que des denrées alimentaires ont récemment été inclus; c'est le cas, notamment, des bijoux, des produits d'artisanat et des ballons de soccer.

Entre 2002 et 2003, les ventes de produits certifiés équitables ont augmenté de 42,3 %Note de bas de page 3 dans le monde entier, pour atteindre 83 480 tonnes métriques. Les ventes mondiales de produits du cacao ont triplé entre 2000 et 2003 et elles ont connu une hausse de 110 % en 2002-2003 seulement. D'après FLO International, il y avait 422 organisations de commerce équitable représentant un million de familles d'agriculteurs et de travailleurs dans 49 pays en février 2005.

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2.3 Les coopératives de travail

Les fondateurs de la coopérative La Siembra ont choisi le modèle coopératif comme structure organisationnelle parce qu'il s'agissait là de la structure correspondant le mieux à leurs valeurs et principes personnels. La gouvernance de la coopérative est axée sur sept principes reconnus internationalement dans le domaine du développement coopératifNote de bas de page 4, soit : la participation libre et volontaire, le contrôle démocratique par les membres, la contribution financière des membres, l'autonomie et l'indépendance, la formation, la sensibilisation et l'information, la coopération entre coopératives, ainsi que le souci de la collectivité. La coopérative La Siembra respecte également les principes généraux du commerce équitable qui, tels qu'ils sont indiqués ci dessus, favorisent l'établissement de partenariats axés sur le dialogue, la transparence et le respect et permettent d'assurer l'équité accrue du commerce international.

La coopérative La Siembra est une coopérative de travail à but lucratif. L'Ontario Co operative Association définit une coopérative de travail comme étant une entreprise dont 75 % des membres sont propriétaires et détiennent chacun un droit de vote, avec un minimum de trois membres-propriétaires. Les membres-propriétaires se créent de l'emploi et se partagent le contrôle de l'entreprise tout en offrant des produits et des services à la collectivitéNote de bas de page 5. D'après un document rédigé pour l'Ontario Worker Co-op Federation en 2003Note de bas de page 6, les coopératives de travail ontariennes comptent en moyenne huit membres-propriétaires et trois employésNote de bas de page 7. Par ailleurs, 40 % des coopératives visées venaient en aide à la collectivité internationale d'une façon quelconque, notamment grâce au commerce équitable et 80 % d'entre elles avaient élaboré un énoncé de mission ou poursuivaient des objectifs sociaux.

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2.4 Un marché à créneaux

La coopérative La Siembra voulait élargir le secteur du commerce équitable en Amérique du Nord à d'autres produits que le café. Les fondateurs ont envisagé plusieurs produits biologiques avant d'arrêter leur choix sur le chocolat chaud. Ils ont choisi ce produit parce qu'il n'y avait pas de chocolat chaud certifié équitable sur le marché à l'époque. Après avoir négocié des ententes en vue de l'achat de cacao provenant de producteurs de coopératives certifiées équitables au Costa Rica, la coopérative La Siembra a commencé à mélanger, à emballer et à vendre du chocolat chaud biologique certifié équitable dans de petits magasins de produits de santé indépendants d'Ottawa.

La production était assurée par les membres-propriétaires, à la résidence d'un des membres, avec l'aide de parents et d'amis. Peu de temps après, le centre de production a déménagé au sous-sol d'une église locale. Les trois membres-propriétaires exploitaient l'entreprise en soirée et durant les fins de semaine, en plus d'occuper un emploi à temps plein ailleurs. Au cours de la première année, l'entreprise a été financée grâce aux capitaux humains et financiers des propriétaires. À la fin de la première année d'exploitation (le 31 mai 2000), la coopérative avait réalisé des ventes totales de 47 000 $.

En septembre 2000, les trois membres fondateurs ont décidé de vendre la coopérative en raison de leur charge de travail énorme, puisqu'ils avaient essentiellement deux emplois à plein temps. Ils ont vendu les actions de la coopérative à deux nouveaux membres-propriétaires ayant de l'expérience dans les domaines du développement des entreprises et du développement international mais n'ayant aucune expérience dans les domaines du commerce équitable ou du développement coopératif. Deux des fondateurs ont donc offert leurs services en tant que conseillers et le troisième est revenu travailler au sein de la coopérative comme employé.

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3. Évolution de la coopérative La Siembra

3.1 Nouveaux propriétaires et nouvelles orientations

Les nouveaux propriétaires de la coopérative s'étaient fixé deux objectifs étroitement liés, soit : concevoir une gamme de produits de qualité et créer une chaîne de production durable conférant une valeur sociale, économique et environnementale à chaque étape du processus de production.

Pour atteindre ces objectifs, les propriétaires de la coopérative ont cru bon de mettre l'accent sur le développement et la mise en marché de nouveaux produits. Ensemble, ils ont investi 26 000 $ dans la coopérative et sont devenus des membres-propriétaires à temps plein. Ce nouvel investissement venait s'ajouter aux 15 000 $ investis par les actionnaires initiaux possédant des actions de la catégorie A dans la coopérative. Les nouveaux propriétaires exerçaient des fonctions différentes; ainsi l'un d'entre eux s'occupait des ventes et de la mise en marché, alors que l'autre s'occupait principalement de la production et des finances.

L'expansion de la gamme de produits « Cocoa Camino » était nécessaire pour tenir compte du caractère « saisonnier » de la vente de chocolat chaud et de cacao. Les propriétaires ont constaté qu'ils pourraient ajouter de nouveaux produits complémentaires à la gamme de produits existante et les vendre sous la marque de commerce Cocoa Camino, de façon à compenser pour les ventes moins élevées au printemps et à l'été. En augmentant la diversité des produits offerts, ils espéraient équilibrer les rentrées d'argent et accélérer le roulement des produits. Par ailleurs, ils n'avaient pas d'autre choix que d'augmenter les revenus découlant de la vente de nouveaux produits pour payer leurs salaires comme employés à plein temps.

Le centre de production de chocolat chaud est déménagé d'Ottawa vers une entreprise du sud de l'Ontario qui était prête à offrir un service de production restreint. En confiant la production directe de chocolat chaud à une autre entreprise, les membres-propriétaires ont pu se concentrer sur le développement et la mise en marché de nouveaux produits.

Les ventes sont passées de 47 042 $ en 2000, à 86 849 $ pour l'année se terminant en mai 2001, soit une augmentation de 46 %. Étant donné que les propriétaires ont mis l'accent sur le développement de nouveaux produits et le financement, il semble que l'entreprise ait pris de l'expansion principalement en raison d'une demande nouvelle et accumulée. L'expansion s'est poursuivie au cours de l'exercice 2001-2002 et la coopérative a embauché un coordonnateur des ventes et de la commercialisation pour la région du Québec et procédé à la mise en marché de plusieurs nouveaux produits. Par ailleurs, la coopérative La Siembra a organisé sa première visite à des producteurs en 2001, en se rendant en République dominicaine pour visiter les installations de CONACADO, son nouveau producteur de cacao certifié équitable.

Au début de 2002, la coopérative La Siembra a ajouté le sucre importé à sa gamme de produits. Le sucre était acheté auprès d'usines du Paraguay et une prime était versée aux coopératives de producteurs locaux de canne à sucre. La coopérative a procédé à la mise en marché de tablettes de chocolat au début de 2002, après une étude de commercialisation réussie dans le cadre du Trade Show de l'Association canadienne des aliments de santé organisé à Toronto, à la fin de 2001. Par ailleurs, la coopérative La Siembra a établi un partenariat triennal avec Equal Exchange en vue de l'approvisionnement en chocolat chaud de la marque Cocoa Camino. Ce nouveau partenariat était important pour la coopérative étant donné que l'entreprise Equal Exchange, fondée en 1986, était alors la plus grosse coopérative de commerce équitable et la plus connue aux États-UnisNote de bas de page 8. Ce partenariat a permis à la coopérative La Siembra de pénétrer le marché américain et de réaliser une plus grande économie d'échelle. Les deux organismes avaient plus à gagner en tant que partenaires qu'en tant que concurrents et ce partenariat n'a pas cessé d'évoluer et de s'avérer profitable pour les deux organismes et ce, aux plans commercial et coopératif.

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3.2 Expansion

En juin 2001, la coopérative a élaboré un plan d'entreprise exhaustif. Ce document donnait un aperçu des plans de la coopérative en matière d'expansion, ainsi que du financement nécessaire pour assurer une telle croissance. Les propriétaires ont commencé à envisager sérieusement diverses sources de financement afin de recueillir entre 250 000 $ et 350 000 $ pour les frais d'expansion et les besoins de trésorerie prévus. Étant donné que les grandes institutions financières ont refusé les demandes de financement de la coopérative, cette dernière s'est tournée vers la caisse populaire avec laquelle elle faisait déjà affaire.

La caisse populaire a adopté une approche progressiste dès le début. Ainsi, au cours de l'année de création de la coopérative, celle ci a obtenu le prix d'« Entrepreneur de l'année » décerné par cette dernière. En plus d'offrir un soutien financier, la caisse populaire a organisé une rencontre entre la coopérative La Siembra et la Société pour l'expansion des exportations en ce qui a trait à l'assurance sur les comptes débiteurs, et avec le gestionnaire des comptes internationaux de la caisse en ce qui a trait aux taux de change. Pour aider la coopérative à obtenir le financement nécessaire en vue de son expansion, la caisse populaire lui a offert d'augmenter sa marge de crédit de 15 000 $ à 30 000 $ pour répondre à ses besoins à court terme et elle a même accepté de lui offrir une marge de crédit de 100 000 $ à condition qu'elle fournisse une garantie équivalente.

La coopérative La Siembra a donc commencé à réunir des fonds provenant de différentes sources. Les actions de la catégorie A vendues aux actionnaires initiaux représentaient environ 15 000 $. L'investissement du nouveau groupe de propriétaires totalisait 26 000 $. La Canadian Alternative Investment CooperativeNote de bas de page 9 a approuvé un prêt de 50 000 $, alors que le fonds La ténacité ça fonctionneNote de bas de page 10, géré par la Fédération canadienne des coopératives de travailNote de bas de page 11, lui a consenti un prêt de 30 000 $. Bon nombre des prêts consentis par la caisse populaire et la CAIC exigeaient initialement une garantie personnelle de la part des membres-propriétaires.

Étant donné qu'ils n'avaient pas tout l'argent nécessaire pour aller de l'avant, les propriétaires ont lancé une campagne de financement intensive auprès d'investisseurs du secteur privé à Ottawa. Ils ont commencé à organiser des rencontres pour investisseurs au cours de l'été 2001 en vue de l'exécution du plan d'entreprise. Après avoir présenté un plan bien conçu et indiqué les nombreux avantages de l'agriculture biologique et du commerce équitable, les propriétaires étaient en mesure d'offrir à des investisseurs socialement responsables une possibilité d'investissement présentant de nombreux avantages. Le moment choisi était propice étant donné que les reportages des médias sur l'esclavage des enfants en Afrique avaient conscientisé le public quant au commerce inéquitable. La coopérative La Siembra offrait aux investisseurs locaux la possibilité de contribuer à la solution du problème tout en défendant une cause et en exerçant un contrôle de la qualité.

Les propriétaires de la coopérative La Siembra se sont rendu compte que le taux de rendement et le modèle coopératif étaient moins importants aux yeux des investisseurs que la possibilité d'éliminer les pratiques de commerce inéquitable. Trente cinq personnes de la région d'Ottawa ont assisté à la première rencontre organisée à l'intention d'investisseurs éventuels et signé des lettres d'intention pour un montant de 40 000 $. Au cours d'une période de sept mois, les investisseurs se sont engagés à verser 95 000 $ à la coopérative La Siembra.

En tant que membre de la Fédération canadienne des coopératives de travail (FCCT), la coopérative La Siembra a été en mesure d'offrir à ses membres-actionnaires la possibilité d'investir les actions de la coopérative dans un régime enregistré d'épargne-retraite (REER) autogéré créé par la FCCTNote de bas de page 12. Dans le cas de la coopérative La Siembra, la possibilité de verser des cotisations à un REER a constitué un outil intéressant pour attirer les investisseurs, principalement au début, alors que les dividendes versés aux actionnaires étaient peu élevés. Environ un tiers des investisseurs ont choisi de verser des cotisations à un REER et, à mesure que le montant des dividendes augmentait, l'option REER devenait de plus en plus intéressante pour les investisseurs.

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3.3 Reconnaissance par l'industrie

Au cours de l'automne 2002, les membres de la coopérative La Siembra ont été surpris d'apprendre qu'ils étaient en nomination pour le prix « Socially Responsible Business Award » décerné par Co-op AmericaNote de bas de page 13 dans l'industrie des produits en Amérique du Nord. Les membres ont peut-être été encore plus surpris d'apprendre qu'ils avaient remporté le premier prix lors de la Natural Products EXPO East, à Washington, DC. Cette récompense nationale était importante pour la coopérative étant donné qu'elle lui a assuré la reconnaissance à l'échelle nationale, grâce à ses produits et à son modèle d'entreprise. Étant donné qu'il s'agit de la première entreprise canadienne à remporter ce prix, on peut dire que la coopérative jouit d'une reconnaissance de l'industrie et qu'elle a acquis une certaine crédibilité au delà du domaine du développement coopératif et du commerce équitable.

En réponse à sa nomination, la coopérative La Siembra devait donner un aperçu de tous ses domaines d'activité. Elle a donc rédigé un document exhaustif renfermant un aperçu de sa vision et de ses valeurs, en fonction des considérations économiques traditionnelles, ainsi que de ses principes et pratiques sociaux et environnementaux. La version définitive du document était simple et transparente, elle renfermait une description détaillée d'aspects comme l'éthique, la reddition de comptes, la gouvernance, le rendement financier, les pratiques d'emploi, les relations commerciales, les produits et les services, la participation à la vie communautaire, ainsi que la protection de l'environnement. Les énoncés comme celui qui suit formulés par des pairs et des experts, des organismes de financement, des membres de conseils de direction, des détaillants, ainsi que des organisations de commerce équitable ont permis de confirmer que la coopérative La Siembra remplit ses promesses.

[Traduction] « C'est avec plaisir que j'appuie aujourd'hui la nomination de la coopérative La Siembra au prix Socially Responsible Business Award. La coopérative La Siembra contribue non seulement à l'amélioration des conditions commerciales des petits producteurs de cacao en vendant du cacao certifié équitable et des produits à base de chocolat, mais également en appliquant ces valeurs dans notre propre collectivité d'Ottawa, en appuyant des activités éducatives et culturelles comme des festivals de films et des concerts de musique du monde et des séminaires d'information sur le développement communautaire et en offrant des denrées alimentaires et du matériel d'information pour les levées de fonds pour le compte d'organismes communautaires. Cette attention accordée à tous les intervenants, depuis les fournisseurs du Tiers-Monde jusqu'aux clients d'Ottawa et du Canada, montre bien une façon de procéder qui devrait être appliquée à l'échelle mondiale. Je suis fier d'avoir investi dans la coopérative La Siembra. »

Bob Thompson, conseiller en développement international (fondateur/ancien directeur général de TransFair Canada et ancien président de Bridgehead Inc., récipiendaire de l'Ontario Ethics in Action Award en 1999 à titre de « Socially Responsible Business-Individual »)

La coopérative La Siembra a fait la promotion de ses réalisations en publiant un communiqué destiné à tous les médias du Canada et cette mesure lui a valu une couverture médiatique à la télévision, à la radio et dans les publications imprimées. La coopérative a adopté une optique stratégique pour se positionner dans son domaine d'expertise auprès des médias. En gros, elle s'est servie du prix remporté comme point de départ pour mettre l'accent sur le commerce équitable et l'industrie du cacao. Les médias en ont parlé parce que la coopérative offrait un point de vue différent quant à l'incidence de la mondialisation et de l'adoption d'une méthode pragmatique de résolution des problèmes comme l'esclavage des enfants. Grâce à ce positionnement stratégique, la coopérative La Siembra a établi sa crédibilité auprès des médias comme ressource dans le domaine du commerce équitable et des produits du cacao.

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3.4 Capitalisation grâce à un appel public à l'épargne

La capitalisation de la coopérative grâce au recrutement de nouveaux actionnaires s'est poursuivie. À l'automne 2002, la coopérative savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle atteigne le plafond admissible de 25 actionnaires pour pouvoir émettre des actions sans un prospectus. La croissance au delà de 25 actionnaires était limitée en fonction de la Loi sur les sociétés coopératives de l'Ontario, en vertu de laquelle une coopérative ne pouvait pas vendre ses actions, s'en départir ou accepter une contrepartie à moins qu'elle présente un prospectus et obtienne un reçu. Ce plafond constituait un obstacle réel pour la coopérative si elle voulait continuer d'attirer de nouveaux investisseurs pour financer sa croissance. Les grandes institutions financières hésitaient encore à lui prêter de l'argent et la coopérative savait pertinemment qu'elle devait maintenir un ratio d'endettement acceptable pour ses prêteurs et bailleurs de fonds existants. En obtenant des capitaux auprès d'investisseurs-actionnaires, elle pouvait maintenir ses coûts à un niveau abordable grâce à des dividendes annuels gérables tout en limitant son ratio d'endettement.

Elle a demandé conseil à un expert de l'extérieur et, après avoir fait preuve de diligence raisonnable, elle a décidé de réviser ses statuts constitutifs de façon à être en mesure de recueillir des fonds illimités auprès d'une quantité illimitée d'actionnaires. Elle a fait appel à un expert-conseil pour rédiger un prospectus qui a par la suite été soumis à l'approbation de la Commission des services financiers de l'Ontario. Cet avis renfermait tous les détails nécessaires à propos de la vente de parts sociales et de la vente d'actions privilégiées de la catégorie A (supporters) et de la catégorie B (membres). Les parts sociales (qui ne donnent pas droit à des dividendes mais qui confèrent un droit de vote) et les actions privilégiées de la catégorie B étaient offertes aux membres seulement, alors que les actions privilégiées de la catégorie A étaient offertes à toute personne intéressée. La valeur minimale des parts sociales pouvant être achetée était de 100 $, alors que la valeur minimale des actions privilégiées de la catégorie A et de la catégorie B pouvant être achetées était de 1 000 $ et de 5 000 $ respectivement. À l'heure actuelle, les membres de la coopérative doivent acheter au moins une part sociale et 500 actions privilégiées de la catégorie B au coût de 10 $ chacune.

Entre le 31 mai 2002 et l'année 2005, la coopérative La Siembra a recueilli environ 500 000 $ auprès d'investisseurs de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec. La stratégie consistant à aller au delà d'Ottawa a été rendue possible grâce à l'établissement de relations avec des organismes socialement responsables qui possédaient déjà un réseau leur permettant de diffuser des renseignements à propos des rencontres organisées à l'intention des investisseurs éventuels. De telles rencontres ont été organisées à Nanaimo, à Victoria, à Vancouver, à Montréal, à Toronto et à Ottawa.

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3.5 Développement et distribution de nouveaux produits

La coopérative La Siembra a continué d'élargir sa gamme de produits Cocoa Camino en y ajoutant un nouveau produit à base de sucre. Elle a réalisé des ventes de 992 000 $ en 2002-2003, soit une augmentation de 428 % par rapport à l'année précédente. Elle a réalisé un bénéfice pour la première fois de son histoire. Le montant des ventes a également donné lieu à un montant de 44 000 $ de primes à rendement supérieur au cours du marché qui ont été versées à des producteurs agricoles. Quatre-vingt pour cent de la croissance de la coopérative sont attribuables à la mise en marché de tablettes de chocolat, à l'augmentation des ventes en vrac aux fournisseurs, ainsi qu'à la vente de chocolat chaud de marque Cocoa Camino.

En 2003-2004, la coopérative La Siembra a mis sur le marché des mini-tablettes de chocolat et des sachets de sucre et négocié de nouvelles relations avec divers fournisseurs canadiens en vue de l'achat en vrac d'ingrédients. Les ventes à Equal Exchange ont augmenté en raison de la demande accrue de produits de la marque Cocoa Camino, notamment un nouveau cacao utilisé pour la cuisson. À l'époque, la coopérative a également établi des contacts avec des fabricants canadiens comme Nature's Path et Les Prés Bio en vue de la conversion des produits existants en produits biologiques certifiés équitables. Par ailleurs, la coopérative La Siembra a commencé à fournir du sucre et du cacao à la OntarioBio Farmer's Co-op en vue de la fabrication d'une tablette de chocolat au lait certifiée équitable, soit le premier produit laitier certifié équitable en Amérique du Nord.

La distribution a pris une nouvelle orientation en 2003-2004, alors que Loblaws a demandé à la coopérative La Siembra de fournir des produits biologiques certifiés équitables à 150 de ses magasins. Loblaws répondait à une demande de la clientèle et se prévalait d'une possibilité de croissance évidente; l'entreprise était prête à intervenir rapidement, c'est pourquoi les produits de la coopérative La Siembra se sont retrouvés sur les tablettes en quelques mois seulement. La coopérative La Siembra pense que Loblaws l'a choisie parce qu'elle est une coopérative nationale qui fabrique des produits de qualité et qui a acquis une solide réputation. Elle pense également que le prix remporté peu de temps auparavant avait inspiré confiance au détaillant. Les quantités étaient moins élevées que prévu initialement mais les ventes ont augmenté graduellement. Cette nouvelle voie de distribution était importante pour la coopérative La Siembra parce qu'elle lui a permis d'acquérir suffisamment de confiance pour s'attaquer au marché de masse, directement de l'entrepôt et en développant sa capacité d'offrir des quantités élevées de produits. D'autres détaillants sont venus s'ajouter à la liste des clients de la coopérative à la même époque, notamment les épiceries Overwaitea et Save-On-Food, dans l'ouest canadien. La clientèle initiale de la coopérative, c'est-à-dire les magasins de produits de santé indépendants, est toutefois restée la cliente principale, avec 69 % du total des ventes.

Trois nouveaux produits ont été mis sur le marché en 2004-2005 et l'expansion grâce à la distribution au détail s'est poursuivie alors que la coopérative La Siembra a commencé à offrir ses produits par l'intermédiaire des chaînes d'épiceries A&P et Safeway. Les ventes à Equal Exchange sont demeurées élevées et la coopérative a commencé à exporter ses produits au Japon. Elle a négocié des ententes avec deux nouveaux producteurs de cacao du Pérou et lancé son nouvel emballage Cocoa Camino. Le tableau ci après renferme une ventilation des ventes pour l'année se terminant en mai 2005 :

Une ventilation des ventes pour l'année se terminant en mai 2005
Type de vente Pourcentage des ventes totales (2005)
Distributeur 35%
Marque Cocoa Camino 28%
Marché de masse 18%
Ventes directes 9%
Marché industriel 8%
Levée de fonds 2%

Source : Rapport annuel de 2005 de la coopérative La Siembra

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3.6 Mission et profil

La coopérative La Siembra s'est donnée comme mission :

  • de jouer le rôle de chef de file dans le domaine du commerce équitable en Amérique du Nord;
  • d'offrir aux consommateurs des produits biologiques certifiés équitables de qualité;
  • d'aider les producteurs de coopératives à améliorer le niveau de vie de familles d'agriculteurs et le bien-être des collectivités;
  • de renseigner les consommateurs quant aux avantages du commerce équitable et aux solutions de rechange biologiques.

La coopérative ne fait pas que vendre un produit, elle veut transmettre des valeurs, comme en font foi ses missions sociale et économiqueNote de bas de page 14. La mission économique de la coopérative La Siembra est étroitement associée à son autonomie et à sa viabilité à trois égards :

  • permettre aux producteurs de gagner suffisamment d'argent pour améliorer leur niveau de vie et la qualité de vie de leurs collectivités;
  • générer un revenu suffisant pour défrayer les coûts d'exploitation;
  • générer un revenu suffisant pour obtenir un taux de rendement raisonnable pour les investisseurs.

La mission sociale explique les répercussions (et les moyens) envisagées par la coopérative La Siembra dans le cadre de ses opérations commerciales. Ces répercussions sociales touchent cinq groupes d'intervenants principaux, soit :

  • les producteurs - en améliorant leur niveau de vie grâce à une marge bénéficiaire plus équitable et à l'aide fournie aux groupes de producteurs;
  • les principaux concurrents - en faisant mieux connaître les possibilités d'assurer l'éthique et l'équité;
  • les détaillants - en offrant plus de possibilités pour la commercialisation de produits équitables;
  • les consommateurs - en les sensibilisant davantage au commerce équitable et en les encourageant à prendre des décisions d'achat axées sur la valeur;
  • les employés - en instaurant un milieu de travail démocratique de qualité.

Les nombreuses missions de l'organisation et du modèle coopératif se complètent. Pour la coopérative La Siembra, les principaux avantages du modèle coopératif sont la bonne volonté, le partage de renseignements, le soutien et les ressources. Le commerce équitable est un concept complémentaire étant donné que les producteurs sont également membres de coopératives. Par ailleurs, le commerce équitable renforce les composantes de la structure et de la philosophie d'une coopérative, c'est-à-dire qu'une organisation répond à ses propres besoins et à ceux d'autres coopératives. Il est intéressant de noter que la plupart des membres-propriétaires de la coopérative La Siembra ne connaissaient pas le modèle coopératif lorsqu'ils ont adhéré à la coopérative et avaient peu d'attentes. Cependant, les deux directeurs exécutifs actuels sont enchantés des résultats, tout comme les nouveaux membres de la coopérative, et ils sont devenus des porte-parole enthousiastes.

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3.7 Ventes et revenus

Comme l'indique le tableau ci après, les ventes de la coopérative La Siembra ont augmenté considérablement en six ans. Le lien entre la croissance du capital social et les revenus est positif, ce qui fait que l'année suivant l'obtention de nouveaux fonds est généralement suivie d'une forte hausse des ventes. Le bénéfice brut tourne autour de 30 % depuis trois ans et le revenu net a augmenté considérablement. La coopérative continue d'appliquer une philosophie axée principalement sur l'efficience et qui met l'accent sur la marge bénéficiaire et le contrôle budgétaire. Un montant total de 130 000 $ a été versé sous forme de primes à rendement supérieur au cours du marché à des producteurs de la République dominicaine, du Pérou, du Paraguay et du Costa Rica depuis la création de la coopérative La Siembra et ces primes ont eu des répercussions sur divers projets communautaires. Les dividendes versés aux investisseurs ont également augmenté au cours des trois dernières années, passant de 1,3 % à 2,1 % puis à 4 %.

Statistiques pour l'année se terminant en mai : 
  2000 2001 2002 2003 2004 2005
Capital social
(cumulatif)
12 020 $ 15 120 $ 128 120 $ 193 030 $ 390 210 $ 627 019 $
Revenus
47 042 $ 86 849 $ 188 013 $ 992 919 $ 1 735 128 $ 2 278 758 $
Marge bénéficiaire brute
34,6 % 46,5 % 37,2 % 30,8 % 29,08 % 30,7 %
Bénéfice net
(7 208 $) (4 891 $)  (44 889 $)Note de bas de page * 1 928 $ 6 227 $ 29 860 $
Ratio d'endettement
1,24 9,79 2,64 2,17 1,0 0,51
Primes à rendement supérieur au cours du marché versées à des agriculteurs
s.o. s.o. s.o. 44 000 $ 40 000 $ 50 000 $
Dividendes versés
s.o. s.o. s.o. 2 220 $ 5 921 $ 17 303 $

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3.8 Défis

Le modèle coopératif présente certains défis pour la coopérative La Siembra. Ainsi, la coopérative n'a pas réussi à attirer de gros investisseurs. De tels investisseurs veulent généralement être membres du conseil de direction mais la législation ontarienne sur les coopératives ne permet pas que des non-membres fassent partie du conseil de direction. La restriction provinciale limitant à 25 le nombre d'actionnaires par coopérative en l'absence d'un prospectus dûment enregistré entrave également la capacité d'obtenir des fonds. Le modèle coopératif donne de bons résultats mais demande beaucoup de temps en raison de toutes les mesures requises. Un processus interne de validation est important, tout comme la capacité de la direction de déterminer dans quels cas elle doit demander conseil à des ressources externes.

La coopérative La Siembra compte actuellement cinq membres-propriétaires, cinq employés à temps plein et deux employés à temps partiel. Bon nombre des employés actuels ont de l'expérience dans le domaine du développement international. Certains membres de la coopérative parlent couramment l'anglais, le français et l'espagnol. La stratégie en matière de recrutement de nouveaux membres-propriétaires et employés a toujours consisté à attirer des personnes audacieuses et talentueuses qui sont des généralistes et qui sont capables de s'adapter. À mesure que la coopérative prendra de l'expansion, les rôles deviendront de plus en plus spécialisés et la coopérative essaiera de recruter des personnes possédant une expertise et des connaissances plus spécialisées.

Au cours de ses deux premières années et demie d'existence, la coopérative La Siembra n'avait pas assez d'argent pour payer un salaire décent à ses membres-propriétaires. Un conseiller externe lui a recommandé de consigner cette contribution de capital en natureNote de bas de page 15. La consignation de l'apport de compétences permet à une coopérative de rémunérer tout le travail de façon équitable sans avoir à verser un salaire immédiatement. Pour reconnaître l'apport de compétences, on consigne la main-d'œuvre et on y attribue un salaire équitable, tout comme si on versait un salaire.

En tant que coopérative appartenant à des membres-propriétaires, La Siembra accorde beaucoup d'importance à l'initiative personnelle, à la démocratie, à l'égalité, à l'équité et à la solidarité. Elle s'est engagée à instaurer un climat permettant d'habiliter les employés en les aidant à acquérir les compétences, la vision et la capacité nécessaires pour changer leur propre comportement et celui du monde entierNote de bas de page 16. Le tableau ci après donne un aperçu des postes actuels au sein de la coopérative :

Le conseil de direction, dont les membres sont élus par les membres-propriétaires, est actuellement formé de quatre membres-propriétaires. C'est le conseil qui embauche les directeurs exécutifs, qui sont responsables de la gestion quotidienne de la coopérative et du recrutement des membres et employés. Il est évident, d'après la structure administrative, que les principaux membres-propriétaires de la coopérative ont deux rôles à jouer, soit au chapitre de la gouvernance et de la gestion.

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3.9 Orientations futures

La coopérative La Siembra a l'intention de continuer de diversifier sa gamme de produits canadiens en y ajoutant de nouveaux produits de la marque Cocoa Camino. Elle veut augmenter ses ventes de 40 % à long terme, c'est pourquoi elle vise les gros supermarchés du Canada et compte agrandir son réseau de distribution dans les marchés cibles de produits biologiques et de produits certifiés équitables. Elle essaiera également d'augmenter ses ventes d'ingrédients en vrac en raison des frais généraux peu élevés, du volume élevé et de la marge bénéficiaire raisonnable.

Tout comme par le passé, un des principaux défis à relever pour atteindre ces objectifs consistera à obtenir les fonds nécessaires pour financer la croissance et les besoins de trésorerie. La coopérative est en train de recueillir 200 000 $ de nouveaux investissements et de négocier des augmentations de sa marge de crédit. En établissant et en entretenant des relations de qualité avec des producteurs, des transformateurs et des distributeurs, elle continuera d'assurer sa réussite dans une large mesure. La nouvelle concurrence dans les domaines des produits biologiques et du commerce équitable exigera un suivi attentif en vue de l'adoption de stratégies appropriées.

La coopérative La Siembra compte actuellement dix membres-propriétaires et employés. Elle aura besoin d'autres ressources humaines pour poursuivre sa croissance. La coopérative sait pertinemment qu'elle ne peut pas passer de 10 à 25 personnes sans problèmes internes et que l'expansion exigera un engagement et une gestion attentive pour assurer le respect de la culture et des principes du modèle coopératif.

La coopérative La Siembra a connu une forte croissance au cours des six dernières années et elle a acquis une solide réputation en matière de produits de qualité et d'intégrité organisationnelle. Les membres-propriétaires savent que le défi à relever consistera à poursuivre la croissance tout en respectant les valeurs de la coopérative et en assurant la réussite de celle-ci. L'établissement d'un équilibre entre différents aspects comme le ratio d'endettement, le temps consacré à la collecte de fonds, le coût des capitaux et le contrôle de la coopérative exigeront une attention de tous les instants, tout comme la nécessité de trouver des solutions ingénieuses en matière de financement.

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4. Leçons apprises

4.1 Facteurs à prendre en considération et obstacles à la réussite

Personnel et gestion

La coopérative La Siembra a réussi à recruter et à conserver des employés compétents et talentueux qui sont devenus des « piliers » de l'organisation. Elle a récemment mis au point un généreux programme d'avantages sociaux à l'intention des membres et des employés. La direction reconnaît l'importance des ressources humaines pour la réussite de la coopérative.

La capacité de gestion a augmenté de façon naturelle au sein de la coopérative et les membres ont fait preuve de fortes capacités de planification stratégique, ainsi que de capacités de réflexion, de compréhension de la gestion et des lacunes organisationnelles et savent dans quels cas on doit demander conseil et obtenir une expertise externe.

La coopérative la Siembra est une entreprise axée sur les valeurs. Il n'est donc pas facile de recruter des membres et des employés qui respectent des valeurs axées sur le mouvement coopératif et le commerce équitable et qui possèdent les qualités requises. À mesure que la coopérative prendra de l'expansion, elle devra s'efforcer de trouver des personnes possédant de telles qualités, principalement en ce qui a trait au mouvement coopératif et au commerce équitable. Le secteur doit trouver une façon de recruter des jeunes qui possèdent les valeurs, les connaissances et l'expérience requises.

Leadership et gouvernance

Le modèle de gouvernance démocratique utilisé par la coopérative La Siembra a créé un mouvement de synergie et donné lieu à une organisation dirigée par un groupe de personnes qui en font partie. Ce n'est pas toujours le cas d'une nouvelle entreprise puisque c'est souvent une seule personne qui dirige. La coopérative La Siembra fait appel aux ressources du mouvement coopératif, notamment la Fédération canadienne des coopératives de travail et l'Ontario Co op Developers Network, pour obtenir des conseils en ce qui a trait aux stratégies commerciales. De telles ressources sont importantes pour les nouvelles organisations et pour les organisations qui veulent prendre de l'expansion, mais ne sont pas toujours accessibles ou abordables dans le cas des entreprises individuelles ou des petites entreprises.

Le processus décisionnel afférent au modèle coopératif permet d'obtenir de meilleurs résultats, mais le processus démocratique prend du temps qu'on ne peut pas consacrer aux ventes et à la capitalisation. Les rôles multiples des membres peuvent également occasionner des problèmes. En raison de l'intégration de la gestion verticale et des relations de travail horizontales, les membres de la coopérative doivent déterminer clairement le rôle qu'ils souhaitent jouer, ainsi que les limites de ce rôle. En appliquant les principes du mouvement coopératif et du commerce équitable comme freins et contrepoids, la coopérative La Siembra pourra faire face à cette situation ambiguë en s'engageant à respecter la vision et les valeurs du modèle coopératif tout en assurant la mise en œuvre d'une politique et de bonnes communications.

Partenariats

La coopérative La Siembra est consciente de l'importance des partenariats et de leur utilité pour profiter de nouvelles possibilités. Les partenariats de la coopérative ont pris diverses formes, notamment l'établissement de relations avec des associations, des fournisseurs, des prêteurs, des producteurs et des concurrents. Le partenariat établi avec Equal Exchange s'est avéré particulièrement utile pour la coopérative La Siembra puisqu'il constitue une source d'analyse comparative à mesure que la coopérative évolue, ainsi qu'une façon de réaliser des économies d'échelle et de pénétrer le marché américain. En mettant l'accent sur la transparence et la création d'une valeur pour les deux parties, ces deux organismes ont échangé des renseignements dans des domaines comme les marges de coût, les partenariats et la politique. Leur relation évolue de façon à aider les deux coopératives à adopter des mesures plus progressistes pour appuyer les membres. La coopérative La Siembra est plus petite et beaucoup plus jeune, mais elle est en mesure d'offrir à Equal Exchange des connaissances et des idées utiles de son point de vue unique.

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Capitalisation

Malgré les contraintes associées à une source de capitalisation restreinte et au plafond provincial de 25 actionnaires sans un prospectus approuvé, la coopérative La Siembra a réussi à recueillir plus de 625 000 $ de capital social. Elle a également réussi à obtenir environ 450 000 $ de prêts, y compris environ 200 000 $ de la part de Shared InterestNote de bas de page 17, une coopérative de prêts du Royaume-Uni qui vient en aide à des entreprises de commerce équitable dans le monde entier. En modifiant ses statuts constitutifs et en préparant un prospectus, la coopérative a été en mesure de joindre des particuliers socialement responsables dans trois provinces grâce à des rencontres à l'intention d'investisseurs éventuels organisées par des entreprises sur la même longueur d'ondes. Grâce à une présentation permettant d'assurer un équilibre entre les affaires et le commerce équitable, la coopérative a été en mesure de recueillir des fonds et de promouvoir le commerce équitable et le mouvement coopératif et ses produits. La coopérative La Siembra estime que ces rencontres lui ont été très utiles.

Cependant, une telle façon de procéder présente également des inconvénients. Il n'est pas toujours facile de trouver de nouveaux investisseurs-actionnaires étant donné que les nouveaux investissements ne coïncident pas toujours avec les périodes où la coopérative a le plus besoin d'argent. Par ailleurs, la coopérative La Siembra a constaté que la liaison avec les actionnaires et les activités de surveillance coûtent de plus en plus cher et demandent de plus en plus de temps à mesure que le nombre d'investisseurs augmente. En outre, la réglementation cause certains problèmes. L'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique imposent des exigences différentes aux actionnaires en matière de production et d'établissement de rapports. La durée et le moment choisis pour le processus d'offre, les coûts et les exigences en matière de rapports varient selon la province. Il n'y a pas de norme nationale en matière d'offre d'actions d'une petite entreprise.

Croissance du secteur

La coopérative La Siembra a accédé au secteur du commerce équitable de produits biologiques au bon moment. Les pionniers comme Bridgehead œuvraient dans le secteur depuis 1975 et les gros détaillants et consommateurs étaient prêts à accepter de nouveaux produits. La coopérative La Siembra a pris la bonne décision en offrant des tablettes de chocolat susceptibles d'intéresser des acheteurs de produits biologiques certifiés équitables. Il faut maintenant prendre des mesures pour assurer la visibilité du commerce équitable, notamment dans les épiceries, ainsi que la croissance du mouvement dans le secteur. Par ailleurs, à mesure que le mouvement prend de l'expansion, il en va de même pour les risques de désinformation et de dilution de l'intégrité du concept de commerce équitable, ce qui pourrait avoir une incidence sur les coopératives de commerce équitable.

La croissance continue du secteur offre de nouvelles possibilités de vente à la coopérative La Siembra. Cette situation permet également d'attirer de plus en plus de nouveaux venus dans le secteur. Il se pourrait que de gros concurrents ayant de nombreuses ressources financières contournent la coopérative La Siembra dans la chaîne de production et s'adressent directement aux producteurs. L'investissement de la coopérative pour assurer la loyauté et l'engagement à long terme de ses producteurs constituera un facteur clé pour la concurrence dans le secteur.

Les produits biologiques certifiés équitables coûtent plus cher. Les consommateurs sont prêts à payer le prix en raison de la valeur sociale associée à l'achat de tels produits. Cependant, un ralentissement économique comme une récession pourrait amener les gens à revenir sur leur décision d'acheter des produits « socialement responsables ». En pareil cas, les entreprises qui vendent des produits certifiés équitables pourraient devenir vulnérables et le secteur pourrait connaître un ralentissement ou un retardement de sa croissance.

Triple résultat

La coopérative La Siembra est en train de créer un nouveau modèle économique, soit un modèle prévoyant un triple résultat. La réussite doit être définie attentivement étant donné qu'il ne s'agit pas seulement d'augmenter les ventes et de créer de la richesse. La coopérative doit se comporter comme une entreprise et ne peut pas ignorer sa mission économique. La comptabilisation du triple plancher est difficile étant donné que les états financiers ne renferment pas une estimation du rendement associé aux avantages sociaux et environnementaux. On comprend bien que ces investissements « accessoires » ont une valeur réelle, mais il n'y a pas de façon définitive d'en évaluer l'incidence et d'en faire état. Il faut donc trouver une façon simple (et compréhensible) de procéder pour la comptabilité sociale afin de déterminer le résultat net des coopératives dotées d'un mandat social et économique.

Entrepreneurship et innovation

Lorsqu'il n'y avait pas de cacao et de sucre certifiés équitables, la coopérative La Siembra a demandé à TransFair Canada de lancer le processus et devenir la première entreprise à offrir de tels produits. Il s'agit là d'un exemple de l'entrepreneurship de la coopérative La Siembra. La création de nouveaux produits, l'emballage conjoint, le recours à de nouveaux fournisseurs et certains des risques pris par la coopérative sont d'autres exemples. En haussant constamment la qualité et en adoptant une position d'avant-garde, la coopérative a atteint ses objectifs grâce à une attitude positive, qui repose sur des faits et sur la volonté des membres de la coopérative de prendre des risques.

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4.2 Principaux enjeux

Capitalisation

La capitalisation est un problème continuel pour la coopérative La Siembra étant donné qu'elle n'a pas de bailleur de fonds majeur capable de lui offrir une source de financement souple qui pourrait constituer de l'avoir propre. Il se pourrait donc que le ratio d'endettement atteigne des sommets. Les emprunts ont été utiles jusqu'à maintenant et les modalités et les taux d'intérêt étaient secondaires. Cependant, la coopérative doit maintenant trouver une autre méthode de capitalisation.

Un rapport publié à l'automne 2003 résumait les constatations du projet pilote intitulé « La ténacité ça fonctionne - fonds d'investissement pour coopératives de travail », réalisé par la Fédération canadienne des coopératives de travail (FCCT) et financé par Développement des ressources humaines Canada. Ce projet pilote visait à évaluer la viabilité de la création d'un fonds autonome permanent pour appuyer le développement et l'expansion des coopératives de travail au CanadaNote de bas de page 18. Les constatations du rapport sommaire montrent que le projet pilote a permis à la FCCT de renforcer sa capacité de concevoir et de gérer un fonds prévoyant une assise financière durable. Le rapport indiquait également que l'infrastructure et le potentiel d'appui des coopératives de travail existaient déjà. Le financement total requis a été fixé à 21,5 millions de dollars ou 20 millions de dollars plus le montant initial de 1,5 million de dollars. À ce jour, aucun fonds de ce genre n'a été créé.

La coopérative La Siembra a réussi à obtenir des fonds grâce à la vente d'actions privilégiées de la catégorie A. Cette façon de procéder lui a permis de joindre des investisseurs individuels, mais la structure actuelle n'attire pas les actionnaires organisationnels qui investissent des montants élevés à condition d'être membres du conseil de direction et d'obtenir un taux de rendement élevé. Étant donné que les membres du conseil de direction de la coopérative La Siembra doivent être membres de la coopérative et employés à temps plein, il y a des restrictions quant à la façon dont la coopérative peut obtenir plus de capitaux. Il faudrait donc trouver une solution ingénieuse pour répondre aux besoins des gros investisseurs et de la coopérative tout en assurant un équilibre entre les risques d'investissement et le contrôle organisationnel.

Conjoncture économique

La conjoncture économique est un facteur important dans la vente de produits biologiques certifiés équitables. Étant donné la nature géographique diversifiée de la chaîne d'approvisionnement, la fluctuation des frais de transport pourrait influer grandement sur la marge bénéficiaire des producteurs, des transformateurs, des importateurs et des détaillants. Dans le cas de la coopérative La Siembra, les matières premières proviennent d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale, pour ensuite être expédiées à différents endroits en Europe en vue de la transformation, puis importées au Canada en vue de la distribution à l'échelle du pays, puis aux États-Unis et au Japon. Compte tenu de ces activités de transport, toute augmentation du prix du pétrole pourrait avoir une incidence marquée sur la marge bénéficiaire brute de la coopérative. On pourrait réduire le risque en établissant une installation de transformation dans les pays producteurs ou au Canada, mais une telle mesure exigerait un investissement énorme, ainsi que l'accès à des connaissances et à une expertise spécialisées.

Il y a d'autres risques au-delà du contrôle de la coopérative qui pourraient également influer sur le coût et la disponibilité de l'approvisionnement. Le mauvais temps, les maladies et les perturbations politiques, sociales et économiques dans les pays des producteurs pourraient avoir une incidence sur la production. La diminution de la quantité ou l'augmentation du coût de l'approvisionnement pourrait également avoir une incidence défavorable sur les organisations de la chaîne d'approvisionnement comme la coopérative La Siembra.

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5. Sommaire

La coopérative La Siembra Inc. est une nouvelle coopérative qui a réalisé d'importants progrès depuis sa création il y a six ans. Elle respecte des principes axés sur le commerce équitable et le mouvement coopératif et elle s'est transformée de petit fournisseur de chocolat chaud en distributeur de produits du cacao et de sucre de marque Cocoa Camino. Le financement de cette croissance a obligé la coopérative à trouver des façons innovatrices de contracter des emprunts et d'obtenir du capital de risque. Un appel public à l'épargne et le recrutement d'investisseurs socialement responsables, en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique lui a permis de recueillir plus de 600 000 $ de capital-actions. Lorsqu'on combine ce montant aux emprunts contractés, le montant total recueilli par la coopérative à ce jour dépasse 1 million de dollars. Étant donné que la coopérative s'est fixée comme objectif une croissance de 40 % à long terme, elle sait pertinemment qu'elle doit trouver des solutions ingénieuses pour relever le défi continu associé à la capitalisation.

Il lui faudra également établir des partenariats solides et qui évoluent et recruter des membres et des employés compétents pour assurer la croissance impressionnante prévue. La coopérative La Siembra s'est engagée à respecter les principes démocratiques du modèle coopératif. À mesure qu'elle prend de l'expansion, elle doit tenir compte des valeurs de ses membres et servir d'exemple en tant que coopérative de membres-propriétaires.

Pour assurer la comptabilisation d'un triple résultat, elle devra établir un équilibre entre sa mission économique et sa mission sociale. La concurrence accrue et les facteurs de production indépendants de sa volonté pourraient créer de nouveaux défis à l'avenir. La coopérative La Siembra a obtenu un franc succès à différents niveaux au cours des six dernières années et elle s'engage à devenir l'une des principales organisations de commerce équitable en Amérique du Nord.

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Bibliographie

Hoffman, Ken; Social Enterprise Development, La Siembra Co-op : Evaluation of the Social Enterprise : le 15 juin 2005.

Fédération canadienne des coopératives de travail; La ténacité ça fonctionne - Fonds d'investissement pour coopératives de travail : automne 2003.

Hough, Peter; Que veut dire la contribution de capital en nature? Fédération canadienne des coopératives de travail; avril 2003.

Stuart, Cynthia L; In Word and Deed: A Social / Economic Analysis of Ontario Worker Co-ops, prepared for the Ontario Worker Co-op Federation : 2003.

Fédération canadienne des coopératives de travail; Preparing and Marketing your Financing Proposals : A Plain Language Guide for Worker Co-ops; Section 1 : Preparing your Financing Strategy : février 2004.

Fairtrade Federation; 2003 Report on Fair Trade Trends in US, Canada and the Pacific Rim; Washington, D.C.; 2003.

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