L'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto

Étude de cas

Préparée pour
le Secrétariat aux coopératives
AAC

par
Le Groupe Éconov Développement

Le 31 mars 2006

Résumé

L'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto inc. (SVITLYCHKA) a été fondée au début des années 1960 par un groupe de parents qui cherchaient un établissement offrant un solide programme de formation générale afin d'aider leurs enfants à préserver leur langue et leur culture ukrainiennes. Centrée sur des objectifs de préservation du patrimoine et d'excellence scolaire, l'école s'est transformée en un milieu qui évolue constamment et utilise un modèle de coopérative où les parents membres participent activement. Chaque famille a un droit de regard égal sur l'exploitation et le développement de l'école et participe à diverses activités comme les collectes de fonds, l'élaboration des programmes et l'administration du conseil. De plus, les parents aident à tour de rôle les enseignants dans la classe, ce qui contribue à réduire les frais d'exploitation. Au fil des ans, des effectifs en constante rotation ont permis à l'école de profiter de la vaste expérience de ses membres dans des domaines comme la commercialisation, la comptabilité, la collecte de fonds et l'administration des affaires.

À l'école, l'enseignement se fait uniquement en ukrainien. L'école tire une fierté à la fois de l'enseignement de qualité, du personnel enseignant exceptionnel et de son environnement réconfortant et positif. Les enseignants sont généralement d'origine ukrainienne et ils ont un niveau élevé de scolarité et une vaste expérience de l'enseignement. Ils combinent le style d'enseignement le plus structuré de l'Ukraine avec les normes pédagogiques canadiennes dans le but de préparer les enfants à l'école à temps plein.

La garderie éducative a d'abord ouvert ses portes sans avoir de programme préscolaire. Depuis, un programme de prématernelle et un programme de maternelle ont été ajoutés, ce qui permet aux enfants de prendre part à un environnement préscolaire enrichi, et ce, jusqu'à ce qu'ils aillent à l'école à temps plein. À l'heure actuelle, SVITLYCHKA offre un enseignement à trois niveaux à des enfants âgés de 30 mois à six ans. Même si le nombre d'inscriptions varie au fil des ans à cause des caractéristiques démographiques familiales changeantes, de l'évolution du milieu et des tendances en matière d'immigration, la coopérative est généralement constituée de 30 à 40 familles.

Chaque année, l'école fait un bon nombre de collectes de fonds, lesquelles permettent d'amasser de l'argent pour compenser les frais d'exploitation qui augmentent. Les activités de financement servent aussi à intéresser plus activement la collectivité à la garderie éducative et à la culture ukrainienne. Le soutien des parents membres et du milieu des affaires a été un facteur important de la réussite de l'école dans ce quartier. Néanmoins, le principal obstacle à l'augmentation des revenus générés par les collectes de fonds réside dans la difficulté de l'école à obtenir son statut d'organisme de bienfaisance.

SVITLYCHKA est gérée avec succès comme un petit organisme à but non lucratif depuis plus de 40 ans et elle reçoit un minimum de soutien de la part du gouvernement. Au cours des dernières années, l'école a réussi à trouver les ressources nécessaires à son fonctionnement malgré un nombre d'inscriptions à la baisse et une augmentation des frais. Le défi était de taille, car l'école a dû se battre pour que les programmes demeurent abordables pour toutes les familles. Puisqu'il ne semble y avoir que peu de financement public pour compenser l'augmentation des frais, l'école reconnaît qu'elle devra trouver un commanditaire du secteur privé et envisager d'autres options, afin de conserver l'intégrité de la garderie préscolaire et de rendre l'école financièrement accessible à toutes les familles soucieuses de préserver leur langue et leur culture ukrainiennes.


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Table des matières


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1. Introduction

1.1 Objectif du projet

L'étude de cas de l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto Inc.fait partie des sept études de cas indépendantes commandées par le Secrétariat aux coopératives d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Les sept coopératives que comprend cette série d'études représentent le Canada sur le plan géographique et sont centrées sur six secteurs prioritaires : la notion de valeur ajoutée dans l'agriculture, l'amélioration de l'accès aux services de santé et aux soins à domicile, le soutien au développement économique des collectivités rurales et éloignées et des communautés du Nord, le développement des collectivités autochtones, l'intégration des immigrants dans les collectivités canadiennes et la prise en compte des solutions avancées par les collectivités pour répondre aux enjeux environnementaux. L'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto est située dans le sud de l'Ontario et offre un programme linguistique et culturel dans un environnement scolaire.

Cette série d'études de cas vise à examiner et à comprendre les pratiques commerciales propres aux coopératives ainsi que les réactions de celles-ci face à des possibilités et à des défis précis. Le mandat et les activités des coopératives du Canada les placent manifestement au premier plan d'une approche qui met l'accent tant sur les objectifs sociaux qu'économiques. Un examen des pratiques commerciales des coopératives, de leurs défis et de leurs pratiques est donné à titre indicatif pour les personnes intéressées à utiliser le modèle de coopérative pour faire valoir leurs intérêts. Séparément ou dans leur ensemble, ces études de cas donneront une bonne indication de la façon de bâtir et d'innover au sein du mouvement des coopératives. Cette série a été élaborée en collaboration avec un comité directeur mis sur pied par le Secrétariat aux coopératives et composé de personnes possédant de l'expérience en développement coopératif, en développement économique commercial et communautaire et dans divers autres domaines.


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1.2 Méthodologie

Les sept coopératives faisant partie de cette série d'études de cas ont été choisies à la suite de discussions avec le Secrétariat aux coopératives et son Comité directeur de l'Initiative de développement coopératif. Des coopératives représentatives dont l'expérience est appréciable ont été sélectionnées à partir de différentes régions qui pourraient intéresser le milieu des coopératives à l'échelle du pays.

Afin que l'expert-conseil puisse recueillir les renseignements nécessaires à l'élaboration de cette étude de cas, les principaux documents, rapports et sites Web liés à la coopérative et à ce secteur lui ont été fournis. De plus, un certain nombre d'entrevues auprès de personnes clés ont été menées. Une ébauche du rapport a été fournie à la coopérative afin qu'elle l'examine et le commente avant la fin de l'étude de cas.


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2. Profil descriptif et contexte

2.1 Introduction

L' Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto Inc. (SVITLYCHKA) a été fondée au début des années 1960 en tant que garderie éducative coopérative gérée par des parents et offrant un environnement propice à la préservation de la langue et de la culture pour les enfants d'âge préscolaire. Située au 404, avenue Willard, dans la partie sud-ouest de la Ville de Toronto, l'école offre actuellement un enseignement aux niveaux préscolaire, de la maternelle et de la prématernelle à des enfants âgés de deux à six ans. En plus de donner un enseignement en ukrainien, l'école offre aux parents et aux enfants l'occasion d'interagir sur le plan social et de développer la collectivité à laquelle ils appartiennent. La participation des parents et l'inscription des élèves ont considérablement changé au fil du temps, en partie à cause des caractéristiques démographiques familiales changeantes et des tendances en matière d'immigration dans la région de Toronto. À l'automne 2005, un total de 31 enfants étaient inscrits à un des trois programmes préscolaires offerts par SVITLYCHKA.


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2.2 Le modèle de coopérative préscolaire gérée par des parents

Une garderie éducative coopérative préscolaire gérée par les parents est mise sur pied par un groupe de familles aux idées semblables qui embauchent des enseignants formés afin d'offrir à leurs enfants une expérience préscolaire de qualitéNote de bas de page 1. Dans ce type de modèle de coopérative, l'école est administrée et entretenue par les parents des enfants inscrits, souvent sans but lucratif. Dans le but de réduire les coûts, les parents aident les enseignants dans la classe à tour de rôle et participent à des activités, comme les collectes de fonds, l'élaboration des programmes et l'administration du conseil.

La structure de coopérative permet à chaque famille d'avoir un droit de regard égal sur le fonctionnement et le développement de l'école. Le conseil d'administration est élu par les membres, qui ont chacun un vote. En tant que copropriétaires de l'école, les parents sont capables de travailler étroitement avec le corps enseignant professionnel dans le but de s'assurer que leurs enfants reçoivent un enseignement et des soins de grande qualité.

Les garderies éducatives de l'Ontario sont assujetties aux dispositions de la Loi sur les garderies du ministère ontarien des Services à l'enfance et à la jeunesse. Le Ministère octroie des licences à des personnes qui exploitent des garderies et des services de garde en milieu familial. Selon la Loi, quiconque a la garde temporaire de plus de cinq enfants âgés de moins de 10 ans et qui n'a pas de lien de parenté avec eux doit détenir une licenceNote de bas de page 2. Les garderies éducatives doivent se conformer aux règlements détaillés dans la Loi en ce qui concerne les lieux, le matériel et l'ameublement, le terrain de jeu, le personnel, la santé, l'alimentation, l'octroi des licences et le nombre d'élèves par enseignant.

Plus précisément, chaque service de garde doit compter un superviseur qui possède un diplôme en éducation de la petite enfance d'un collège d'arts appliqués et de technologie de l'Ontario ou un certificat d'études équivalent, ou qui a au moins deux ans d'expérience de travail dans une garderie où les enfants avaient le même âge et le même niveau de développement que les enfants de l'établissement où il est employé. Il doit de plus être autorisé par un directeur général du Ministère. Le ratio employé/enfants est d'un responsable pour huit enfants âgés de 30 mois à cinq ans inclusivement, pour un maximum de 16 enfants par groupe. Les centres sont inspectés par un représentant du Ministère dans le but de s'assurer que les normes établies dans la Loi sur les garderies sont respectées.

La Toronto and District Parent Co-operative Pre-school Corporation (PCPC) est un organisme à but non lucratif qui sert les membres des garderies éducatives coopératives du centre-sud de l'OntarioNote de bas de page 3. Cet organisme comporte actuellement 59 membres, dont 29 se trouvent dans la Ville de Toronto. Deux coopératives d'Etobicoke, dans la région de Toronto, sont aussi membres de la PCPC, dont l'une est l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto. L'autre coopérative est la Sonechko Nursery School and Daycare, qui offre un programme et un établissement de garderie.


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2.3 L'historique de l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto

SVITLYCHKA a été fondée en tant que coopérative par un petit groupe de jeunes mères au début des années 1960. Leur objectif était de créer une garderie éducative de première classe qui favoriserait le développement des enfants en offrant un programme pédagogique de qualité supérieure donné par des enseignants hautement qualifiés.

Les parents fondateurs étaient un groupe homogène dont les membres se connaissaient déjà pour avoir travaillé avec de jeunes filles et garçons dans le mouvement scout ukrainien PLAST. La création de la garderie éducative était perçue comme une extension à PLAST, de même qu'un prolongement de la relation existante entre les parents. Sous la direction d'un chef de projet, les parents ont travaillé ensemble à la création d'une école qui apporterait à leurs enfants les avantages du bilinguisme et la possibilité de préserver leur langue et leur culture ukrainiennes. Toutes les mères fondatrices étaient arrivées au Canada dans leur enfance et appréciaient pouvoir socialiser et travailler ensemble à la garderie.

Dans les premières années d'activité, environ 15 à 20 enfants étaient inscrits au programme de garderie éducative. Deux enseignants ont été embauchés peu de temps après l'ouverture de l'école. Les frais de scolarité suffisaient à couvrir les coûts d'exploitation et, par conséquent, les activités de collecte de fonds étaient peu nombreuses. Pendant cette période, la coopérative était en mesure de fonctionner sans avoir à payer de loyer, dans un bâtiment abritant aussi PLAST.


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2.4 Le programme SVITLYCHKA

« SVITLYCHKA est la première garderie éducative ukrainienne où tous les parents ont envie que leurs enfants aillent à l'école. »

Énoncé de vision de l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto

Le programme de renforcement préscolaire offert à SVITLYCHKA est centré sur le développement des compétences standard propices à l'apprentissage, de même que sur la connaissance de la langue et de la culture ukrainiennes. L'enseignement scolaire, de pair avec des occasions de socialiser et une immersion culturelle, répond à un besoin d'interaction sociale et de renforcement de la collectivité, autant pour les parents que pour les enfants.

À l'école, tout l'enseignement se fait en ukrainien. Des éléments de la culture traditionnelle, comme les contes populaires, sont intégrés aux programmes éducatifs préscolaires, de prématernelle et de maternelle de l'école afin d'offrir un environnement ukrainien enrichi aux élèves. L'école tire une fierté du mélange enseignement de qualité, personnel enseignant exceptionnel et environnement réconfortant et positif qu'elle offre. Elle détient une licence du ministère provincial des Services à l'enfance et à la jeunesse et doit se conformer aux lois et aux règlements de la Loi sur les garderies.

SVITLYCHKA a toujours accordé une grande importance à l'embauche d'enseignants aux qualifications supérieures. Conformément à la Loi sur les garderies, au moins un des employés possède un diplôme en éducation de la petite enfance. L'école embauche normalement des enseignants d'Ukraine qui ont un niveau élevé de scolarité (ils possèdent souvent une maîtrise) et une vaste expérience de l'enseignement. Ces enseignants combinent le style d'enseignement plus structuré de l'Ukraine avec les normes pédagogiques canadiennes dans le but de préparer les enfants à l'école à temps plein. Une communication régulière entre le corps enseignant et les parents aide à maximiser le développement individuel de chaque enfant.

Le programme de SVITLYCHKA a été conçu pour utiliser le patrimoine ukrainien de façon qu'il soit tourné vers l'avenir et qu'il ait un sens. Un accent est aussi mis sur l'utilisation au maximum du potentiel créatif de chaque enfant à l'aide de l'art, de la rédaction, de la narration et de la chanson. Des éléments de la culture traditionnelle ukrainienne ont été intégrés à la structure du programme afin d'enrichir la vision qu'ont les enfants du monde et de leur permettre d'avoir une idée positive d'eux-mêmes. La philosophie de l'école favorise aussi les vertus de base de coopération, de respect et d'indépendance, et y prend appui. Même si le Ministère provincial ne l'oblige pas, les programmes de prématernelle et de maternelle sont conformes aux lignes directrices du ministère de l'Éducation. L'école se sert du programme d'études du Ministère et a décidé de se conformer aux directives provinciales dans le but d'offrir un enseignement de première qualité.

SVITLYCHKA offre un enseignement dans trois niveaux de programme à des enfants âgés de 30 mois à six ans, soit les niveaux d'enseignement préscolaire, de la prématernelle et de la maternelle. Le groupe de parents est généralement constitué de 30 à 40 familles par an, et environ 10 à 15 enfants sont inscrits dans l'un ou l'autre des trois programmes. Les élèves doivent comprendre et parler l'ukrainien et ils doivent avoir acquis le sens de la propreté afin de pouvoir s'inscrire à l'école. En septembre 2005, 31 enfants étaient inscrits pour l'année scolaire 2005-2006, y compris 20 élèves au programme préscolaire, sept au programme de prématernelle et quatre au programme de maternelle. On estime qu'environ 10 % du corps étudiant actuel est composé de nouveaux immigrants, alors que le reste est essentiellement constitué de Canadiens de deuxième génération.

« Le programme de SVITLYCHKA a enrichi la vie de mes trois enfants de façon spirituelle et émotionnelle et leur a apporté la richesse des traditions ukrainiennes. »

Nadia Drozdowsky — parent membre



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2.5 Structure et effectif de la coopérative

La coopérative est responsable d'organiser et de gérer les activités scolaires et sociales de l'école. Les parents membres s'engagent profondément dans l'école et jouent un rôle actif dans la direction du développement pédagogique de leur enfant. Ils soutiennent l'école en prenant part à un bon nombre de fonctions, comme les collectes de fonds, les programmes, le soutien aux enseignants et la participation au conseil, de même qu'en exerçant un rôle actif dans le cadre des nombreux événements organisés chaque année par l'école. Au début de chaque année scolaire, les parents membres doivent s'inscrire dans au moins un domaine de participation. L'adhésion à la coopérative est automatique pour les parents dont les enfants sont inscrits à l'école.

L'effectif de l'école varie chaque année selon la composition du corps étudiant, qui change sans cesse. Étant donné que l'école offre des programmes à l'intention des enfants de 30 mois à six ans, les parents peuvent être membres de la coopérative pendant trois à quatre ans. Les familles qui comptent plus d'un enfant à l'école peuvent participer plus longtemps.

Le conseil d'administration est composé de six parents membres et est responsable de la gestion de l'organisation, comme de celle d'une entreprise. Le conseil est élu chaque année par les membres lors de l'assemblée générale annuelle. La gérance des règlements, la prudence sur le plan financier, l'embauche du personnel, les salaires et les questions concernant les parents et le développement sont tous des domaines dont traite le conseil, qui a toujours été normalement composé de personnes ayant de l'expérience dans des domaines comme le droit, la comptabilité, la commercialisation et les affaires.


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3. L'évolution de l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto

3.1 Un environnement changeant dans les services de garde d'enfants

Au cours des dernières décennies, certains facteurs ont contribué aux changements dans la prestation des services de garde d'enfants au Canada. Les caractéristiques démographiques familiales changeantes, dues à diverses tendances, ont entraîné une augmentation du nombre de parents qui travaillent. La Fédération canadienne des services de garde à l'enfance rapporteNote de bas de page 4 qu'en 2001, 53 % des enfants canadiens âgés de six mois à cinq ans allaient dans un service de garde sous une forme ou une autre, comparativement à 42 % en 1995Note de bas de page 5. Une variété de programmes de services de garde d'enfants d'âge préscolaire ont été mis sur pied pour répondre à ce besoin grandissant, y compris des centres de la petite enfance à temps plein et à temps partiel et des garderies éducatives.

Même si le Canada n'a pas, à l'heure actuelle, de système national de services de garde d'enfants, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont pris certaines mesures en direction d'un système pancanadien pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants au cours des cinq dernières annéesNote de bas de page 6. Le gouvernement ontarien a présenté sa vision à l'égard des familles comptant de jeunes enfants dans sa stratégie Meilleur départNote de bas de page 7, annoncée en novembre 2004. La mise en place de ce programme devrait durer au moins dix ans et débutera par un agrandissement majeur du système de services de garde, par des améliorations au niveau de la qualité dans le système pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants et par l'implantation de la vision Meilleur départ dans trois collectivités expérimentales de la province.

Les programmes préscolaires, tels que ceux offerts par SVITLYCHKA, attirent un marché à créneaux qui recherche un solide programme de formation générale favorisant la préservation de la langue et de la culture d'origine. Une étude menée sur l'apprentissage de la langue d'origine et la préservation de l'identité ethniqueNote de bas de page 8 a établi qu'il est chose courante pour beaucoup d'enfants immigrants d'aller, dès leur jeune âge, à une école où leur langue maternelle prime, plus particulièrement dans les grandes régions métropolitaines, où les cours en langue d'origine sont offerts par des organismes communautaires ou dans le cadre du programme scolaire régulier. Une étude sur les 76 écoles de Toronto, Edmonton et Vancouver où l'enseignement se fait en langue ethniqueNote de bas de page 9 a cerné le fort potentiel de ces écoles pour développer l'identité ethnique, former de futurs chefs ethniques et réunir les membres de la collectivité à l'aide de diverses activités symboliques. De plus, la documentation montre que l'alphabétisation des étudiants minoritaires dans leur langue maternelle les aide dans leur rendement scolaire en général.

À Toronto, et comme l'indique la tendance dans le reste de la province, le nombre d'enfants âgés de moins de 5 ans a chuté de 8,2 % de 1996 à 2001 (Statistique Canada). Ce facteur, associé à une diminution générale du nombre de personnes dont la langue maternelle ou la langue parlée à la maison est l'ukrainien, a eu des répercussions sur le marché des établissements préscolaires ukrainiens dans la région de Toronto.

L'annexe A, Les facteurs qui influent sur la prestation des services de garde d'enfants au Canada, présente un exposé plus approfondi du domaine changeant des services de garde d'enfants au Canada.


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3.2 Élargissement du programme

La garderie éducative a d'abord ouvert ses portes sans programme de prématernelle ou de maternelle. Le programme de prématernelle a été ajouté au milieu des années 1980 afin de permettre une continuité du programme préscolaire. Le programme de maternelle a été ajouté en 2001-2002 et a apporté un troisième niveau d'études aux enfants de l'école. L'ajout de ce troisième programme a aidé à la gestion de la garderie dans son ensemble, puisque les enseignants peuvent ajuster leur horaire en fonction des inscriptions annuelles aux différents niveaux. Les plus petites classes peuvent être jumelées, lorsque c'est plus approprié, afin de maximiser la présence des enseignants et de réduire au minimum les frais généraux. L'ajout du programme de maternelle permet aussi aux enfants de prendre part à un environnement préscolaire enrichi, et ce, jusqu'à ce qu'ils doivent aller à l'école à temps plein. Les enfants qui ont terminé leurs études à SVITLYCHKA peuvent continuer de recevoir un enseignement en langue et culture ukrainiennes à l'une des quatre écoles ukrainiennes de la région de Toronto.

Les enseignants qualifiés sont une composante clé de SVITLYCHKA. L'école a de la chance en ce sens où le bassin d'enseignants de qualité à partir duquel elle recrute ses enseignants a jusqu'à maintenant été fiable. Les enseignants de la coopérative ont généralement une vaste expérience de l'enseignement et ils ont fait leurs études en Ukraine ou dans d'autres pays d'Europe de l'Est. Néanmoins, leurs diplômes ne sont pas toujours officiellement reconnus au Canada par les systèmes scolaires provinciaux. En conséquence, la garderie éducative a été en mesure d'embaucher des enseignants avec une expérience et des compétences supérieures qui surpassent la norme provinciale en matière de programmes de garderie éducative. Ces enseignants offrent donc aux élèves un programme d'études enrichi qui possède toutes les composantes des programmes traditionnels de garderie éducative et de maternelle, de même qu'un enseignement en ukrainien. Un certain nombre d'enfants sont aussi inscrits dans des garderies éducatives qui offrent des programmes en anglais dans le but d'établir de solides bases dans les deux langues.

Une étude quantitative menée auprès des membres de SVITLYCHKA en 2002 a indiqué des taux élevés de satisfaction à l'égard du programme. D'après les réponses reçues, la principale force de la coopérative est la pratique de la langue, de la culture et de la religion ukrainiennes, suivie de près par l'établissement d'un réseau social et le développement de compétences connexes dans un milieu ukrainien. Des données qualitatives plus récentes indiquaient que les enfants qui allaient à SVITLYCHKA étaient extrêmement bien préparés à aller à l'école à temps plein.

L'école est en service depuis plus de 40 ans et a acquis une bonne réputation au sein de la collectivité. Les taux d'inscriptions ont varié au fil des ans, comme suite aux caractéristiques démographiques familiales changeantes, à l'évolution du voisinage et aux tendances en matière d'immigration. Actuellement, l'effectif de l'école comprend en grande majorité des familles de classe moyenne, dont les parents sont de la première génération, qui parlent ukrainien à la maison et qui veulent persévérer dans leur langue et leurs traditions ukrainiennes. Il comprend aussi un petit nombre de familles qui ont récemment immigré au Canada.

Chaque hiver, une campagne intensive de recrutement pour attirer de nouveaux étudiants et de nouveaux parents membres pour l'année à venir est menée au moyen d'annonces dans les stations radiophoniques ukrainiennes, à la télévision, dans les écoles de jour et du samedi et dans les entreprises et les églises, partout dans la ville. L'école est aussi présente aux événements et festivals communautaires tout au long de l'année. Une campagne par publipostage, entreprise en collaboration avec les églises ukrainiennes, aide à joindre de nouveaux immigrants. Des liens étroits sont aussi entretenus avec une halte-garderie préscolaire ukrainienne, d'où provient environ 80 % du corps étudiant de SVITLYCHKA.

Le nombre total d'inscriptions pour l'année scolaire 2005-2006 est légèrement plus bas que pour 2004-2005, alors que 33 familles étaient inscrites, dont 17 enfants à la garderie éducative, neuf enfants à la prématernelle et 7 enfants à la maternelle. La pleine capacité a été atteinte pendant l'année scolaire 2001-2002, mais les inscriptions ont baissé pour les années 2003-2004 à 2005-2006. Cette diminution peut être attribuée en grande partie au marché cible qui rétrécit. Les statistiques indiquent qu'il y a moins de familles qui parlent ukrainien dans la Ville de Toronto (Statistique Canada). De plus, le modèle de garderie éducative coopérative pose un défi pour un nombre croissant de parents qui travaillent et qui doivent néanmoins participer, s'organiser pour le transport et trouver un service de garde pour leur enfant pendant les heures de fermeture de l'école. L'établissement est aussi situé dans un quartier central propice au marché qui subit en revanche des augmentations de loyer. Toute augmentation des frais de scolarité, provoquée par des frais d'exploitation plus élevés, peut avoir une incidence négative sur le bassin d'élèves potentiels, plus particulièrement pour les familles qui ont récemment immigré au Canada et qui peuvent avoir des ressources limitées.

Le nombre d'inscriptions en septembre 2005 pour l'année scolaire 2005-2006 était de 31 enfants, soit 20 à la garderie éducative, 7 à la prématernelle et 4 à la maternelle. Certains des élèves actuels représentent une deuxième génération d'étudiants à l'école, un ou les deux parents étant aussi allés à SVITLYCHKA. La coopérative fonctionne selon l'année scolaire normale, sans programmes pendant les mois estivaux. Les cours pour l'année 2005-2006 sont donnés tous les ans de septembre à juin aux jours et aux heures précisés ci-dessous :

Horaire des classes et coûts pour tous les niveaux en 2005-2006

Les cours pour l'année 2005-2006
Programme Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Frais men-suels
Garderie éducativeNote de bas de page *
- 3 demi-journées par semaine
De 9 h à
11 h 45
  De 9 h à
11 h 45
  De 9 h à
11 h 45
250 $
Garderie éducativeNote de bas de page *
- 4 demi-journées par semaine
De 9 h à
11 h 45
De 9 h à
11 h 45
De 9 h à
11 h 45
  De 9 h à
11 h 45
275 $
PrématernelleNote de bas de page ** De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
  275 $
MaternelleNote de bas de page *** De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
De 12 h 45 à
15 h 45
  275 $

Au cours de l'été 2005, la garderie éducative a déménagé dans de nouveaux locaux, au 404, avenue Willard, dans l'église anglicane St. Paul's Runnymede. Auparavant, la coopérative louait des espaces dans deux salles paroissiales, y compris le plus récent emplacement sur l'avenue South Kingsway. Le choix du nouvel emplacement de l'école s'est fait selon certains critères : il devait être situé dans le quartier Bloor West, à proximité du métro, facile d'accès pour déposer les enfants et, idéalement, pas dans un sous-sol; de plus, il devait y avoir une aire de stationnement acceptable et du potentiel pour un terrain de jeu extérieur. Pour être en mesure de payer le loyer des nouveaux locaux qui grimpe sans cesse dans le quartier, le coût mensuel de la garderie éducative a considérablement augmenté. L'école a négocié un contrat de location de cinq ans à l'emplacement actuel, avec un paiement annuel qui augmentera chaque année selon la moyenne de l'indice des prix à la consommation de l'année précédente.

Pour ce qui est des collectes de fonds, la coopérative a eu beaucoup de succès. À l'aide d'idées créatives et comptant sur le soutien du milieu des affaires ukrainien du quartier, l'école a réussi à tenir des activités de financement rentables dirigées par des parents, de qualité égale à celles organisées d'ordinaire par des organisations plus importantes disposant d'un personnel. Le Ukrainian Art Show, les festivals de la famille de grande envergure et la Foire des enfants sont quelques exemples de campagnes de financement.

Les collectes de fonds s'effectuent tout au long de l'année. Des activités, comme la Foire des enfants et le Festival de la famille, attirent aussi une partie de la collectivité plus vaste qui s'étend au-delà des membres de l'école. Le Gala-bénéfice 40e anniversaire a été particulièrement réussi et a attiré des anciens élèves de l'école. Cet événement à lui seul, qui était qualifié d'activité familiale, a permis de recueillir plus de 13 000 $. Une vente aux enchères par écrit, des activités pour enfants, de la nourriture, de la danse, une vente d'objets d'artisanat et des prix figuraient au programme de la soirée.

L'école a été en mesure de s'approprier le marché unique d'une école où l'ukrainien prime. Le milieu des affaires ukrainien local, y compris les entreprises privées et les caisses populaires, a offert beaucoup de soutien à l'école, plus particulièrement dans le domaine des collectes de fonds, où il apporte son appui et des dons pour les campagnes de financement spéciales.

Le Plan stratégique 2000-2004 de l'école propose comme objectif de recueillir 50 000 $ destinés à un fonds de prévoyance pour la coopérative. En décembre 2005, environ 80 % de cet objectif avait été atteint. L'argent obtenu pour ce fonds a été donné par les familles et les caisses populaires locales qui soutiennent les diverses campagnes de financement organisées par l'école. Une petite partie de ce fonds a été utilisée pour financer le déménagement et les coûts de rénovation récents, mais le solde demeure disponible pour les dépenses futures durant les temps difficiles.

Dans le but d'atteindre ses objectifs en matière de collectes de fonds et d'offrir de meilleurs avantages à ses partisans, SVITLYCHKA a fait une demande à l'Agence du revenu du Canada pour obtenir le statut d'organisme de bienfaisance. L'obtention de ce statut donnerait à la coopérative la capacité de remettre un reçu à des fins fiscales aux particuliers et aux entreprises qui font des dons. Jusqu'ici, la garderie éducative n'a pas réussi. Même si quelques-unes ont eu plus de succès, l'obtention du statut d'organisme de bienfaisance n'est généralement pas chose aisée pour les écoles. Maintenant que certaines restrictions liées à ce statut ont été levées, l'école va peut-être de nouveau faire une demande au cours de l'année prochaine si ses chances de réussir semblent plus prometteuses.


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3.3 Information financière

La Ville de Toronto verse une partie des coûts de l'école sous forme de subvention annuelle appelée « Égalisation des salaires ». Cette somme contribue à environ 10 % du budget de fonctionnement de l'école. Le montant est basé sur un calcul effectué par la province, lequel n'est pas fondé sur le nombre d'enseignants ou d'inscriptions, et il n'a pas changé depuis de nombreuses années malgré l'augmentation des salaires et des frais d'exploitation de l'école.

SVITLYCHKA est une organisation stable, autant sur le plan financier qu'organisationnel, et fonctionne avec un niveau de gestion élevé. De nombreux parents membres sont des professionnels qui donnent de leur temps et de leur expérience à l'organisation, qui ne comprend pas d'employés rémunérés, à l'exception des deux enseignants en poste actuellement. La gestion et l'administration de l'école et de ses programmes sont prises en charge par les parents membres qui offrent de leur temps pour s'assurer d'un niveau de qualité supérieur et de frais d'exploitation réduits.

Au cours des quatre dernières années, l'organisation a réussi à assurer des résultats au seuil de la rentabilité malgré un nombre d'inscriptions à la baisse et une augmentation des frais. Le loyer, les assurances et les salaires pourraient encore faire grimper les frais d'exploitation au cours des prochaines années. L'école reconnaît qu'elle devra rester prudente sur le plan financier et que les coûts qui augmentent devront être équilibrés avec des efforts persistants en matière de collecte de fonds et davantage d'inscriptions.

Pendant l'année scolaire 2002-2003, SVITLYCHKA est devenue membre de la Toronto and District Parent Co-operative Preschool Corporation (PCPC), un groupe de coordination pour les garderies coopératives. Il a permis à SVITLYCHKA d'accéder à plusieurs ressources, notamment pour les activités, le développement professionnel, les programmes pour besoins particuliers et les exigences en matière d'assurance. Les enseignants ont profité des consultations avec le personnel de la PCPC, et le conseil d'administration a utilisé plusieurs des ressources de l'organisation.

Tableau de la période de juillet 2001 a juillet 2005 avec de l'information financière qui traite des revenue total comparé avec le total des dépenses pour comprendre les avoir total de l'école

Le tableau suivant présente l'information financière de la garderie éducative pour la période débutant en juillet 2001 et prenant fin en juillet 2005.
Pour l'exercice
Se terminant en juillet 2005 Se terminant en juillet 2004 Se terminant en juillet 2003 Se terminant en juillet 2002
Revenus des frais d'inscription 77 575 $Note de bas de page * 72 161 $ 78 992 $ 81 920 $
Collecte de fonds 30 079 $ 27 537 $ 12 213 $ 16 579 $
Subvention gouvernementale 11 500 $ 11 500 $ 11 500 $ 11 500 $
Total des revenus 119 831 $ 111 674 $ 103 285 $ 110 838 $
Total des dépenses 117 801 $ 107 496 $ 104 111 $ 106 408 $
Surplus/(Déficit) 2 030 $ 4 178 $ (826 $) 4 430 $
Actif net non affecté 24 627 $ 21 285 $ 15 470 $ 14 606 $
Total de l'actif 48 082 $ 46 218 $ 34 724 $ 36 220 $

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3.4 Défis

Coûts croissants
Les coûts croissants sont un enjeu majeur pour l'Ukrainian Co-operative Nursery School of Toronto. D'ordinaire, les coûts réels, tels le loyer, les salaires et les assurances, sont couverts par les revenus des frais d'inscription, alors que les collectes de fonds couvrent toutes les autres dépenses. Par conséquent, toute hausse des coûts réels se répercute sur les frais de scolarité que doivent payer les parents. Même si l'école prévoit un taux d'inscription stabilisé en 2006, ce qui apportera plus de revenus sous forme de frais supplémentaires, on s'attend quand même à ce que les coûts réels continuent d'augmenter. Même si les parents sont capables d'amortir une partie de coûts de gestion en donnant de leur temps et de leur expérience, il y a néanmoins une limite au taux de participation auquel on peut s'attendre de la part des membres.

Les membres ont deux options pour réagir aux coûts croissants s'ils veulent que l'excellence linguistique de la garderie soit maintenue. D'abord, les coûts peuvent être transférés aux parents membres sous la forme d'une hausse des frais de scolarité. Néanmoins, une augmentation des frais restreindrait le nombre de familles qui peuvent se permettre de participer à la coopérative, plus particulièrement dans le cas de celles qui sont récemment arrivées au Canada. L'autre option est d'augmenter les revenus supplémentaires en faisant plus d'activités de financement. Jusqu'à maintenant, l'école a obtenu du succès avec ses campagnes, mais elle pourrait être pénalisée par l'absence du statut d'organisme de bienfaisance si elle avait besoin de fonds importants. Des campagnes de financement supplémentaires nécessiteraient aussi une plus grande participation des parents membres, ce qui causerait des difficultés à ceux qui travaillent.

Il semble y avoir peu de financement public pour compenser les augmentations des coûts. Une subvention annuelle de la Ville de Toronto aide à amortir les frais d'exploitation, mais le montant de cette subvention n'a pas changé depuis dix ans. Par conséquent, l'école reconnaît qu'elle devra trouver un commanditaire du secteur privé, tout en continuant de chercher d'autres sources possibles de financement public. En regardant vers l'avenir, les membres réalisent qu'il sera important de garder la langue et la culture ukrainiennes vivantes, de même que de maintenir la qualité de la composante pédagogique des programmes; mais, sans plus de soutien du gouvernement, il sera de plus en plus difficile de conserver le programme actuel.

Inscriptions à la baisse
Le taux d'inscriptions à SVITLYCHKA a baissé au cours des dernières années. Une diminution du nombre d'enfants âgés de moins de cinq ans à Toronto, plus de parents qui travaillent et qui ont besoin de services de garde à temps plein et moins de familles qui parlent ukrainien, entre autres, se traduisent par une demande constamment à la baisse. La combinaison du taux d'inscriptions qui diminue avec des frais qui augmentent représente un défi de taille pour la coopérative en ce qui concerne le maintien de sa stabilité financière et de l'intégrité du programme.

Évolution des caractéristiques démographiques du quartier
L'école est située dans un quartier qui a pratiquement toujours été hautement ethnique et compté beaucoup d'immigrants, dont une forte population ukrainienne. Le secteur est en train de devenir plus en vogue et, par conséquent, le prix des loyers augmente. Cette situation pousse les gens à déménager plus à l'ouest du secteur, et encore plus loin de l'école. Le transport est déjà un facteur clé pour les parents qui travaillent, puisqu'ils doivent s'organiser pour que leurs enfants puissent se rendre à l'école et en revenir.

Impact du nouveau financement du gouvernement fédéral
Le financement du gouvernement fédéral annoncé récemment offrira la possibilité de créer un nombre important de nouveaux services de garde d'enfants en Ontario au cours des cinq prochaines années. De plus, la province est en train d'implanter sa stratégie Meilleur départ, laquelle sera mise en vigueur graduellement sur une période de dix ans. Néanmoins, on ne sait pas très bien quelles seront les répercussions des nouveaux plans et subventions sur les garderies éducatives, comme SVITLYCHKA, ou sur les autres services de garde d'enfants de la Ville de Toronto.

Difficulté d'obtenir le statut d'organisme de bienfaisance
SVITLYCHKA a fonctionné avec succès en tant que petit organisme à but non lucratif pendant plus de 40 ans avec un minimum de soutien de la part du gouvernement. Chaque année, l'ensemble des parents membres apporte son importante contribution en nature à l'organisation. La coopérative a déployé des efforts payants dans le cadre de ses collectes de fonds qui ont permis de compenser les frais d'exploitation et d'aider à rendre l'école accessible financièrement aux familles désirant préserver leur langue et leur culture ukrainiennes. Mais pendant que les coûts réels augmenteront, le besoin de financement se fera de plus en plus sentir afin de maintenir des frais de scolarité abordables. La difficulté d'obtenir le statut d'organisme de bienfaisance limite fortement la capacité de l'école d'augmenter ses revenus provenant des collectes de fonds.


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4. Enseignements tirés

Personnel
SVITLYCHKA a toujours accordé une grande importance à l'embauche d'enseignants ayant des qualifications et une expérience supérieures. Son accès à un bassin d'enseignants qualifiés a été un facteur clé qui aura permis à l'école d'atteindre son objectif. Aussi, la concordance des objectifs personnels des enseignants et des parents, compte tenu de la valeur attribuée au développement et au patrimoine de l'enfant et à l'utilisation du langage ukrainien, est importante. De plus, l'école s'est efforcée de rémunérer ses enseignants de manière juste.

Qualité et évaluation du programme
La garderie éducative s'est forgée une bonne réputation pour la qualité et la prestation de ses programmes. Le fait d'aider les enfants à devenir bilingues et de préserver la langue et la culture de leur patrimoine est vu comme une composante importante du développement de l'enfant par les membres. D'entrée de jeu, les parents ont joué un rôle actif dans le développement du programme. Le modèle de coopérative appuie ce type de participation active. L'utilisation de sondages permet à l'école de faire un suivi de la satisfaction des parents membres et d'évaluer le niveau de préparation de ses élèves pour l'école à temps plein.

Rôle des partenaires communautaires durant la phase de démarrage
Le rôle de PLAST et des parents qui participaient à cette organisation a été décisif dans la création de la coopérative, et la mise sur pied de la garderie éducative a été considérée comme un prolongement du mouvement scout ukrainien actif de Toronto. Un animateur de groupe au sein de PLAST a agi en tant que catalyseur dans la mise en place de SVITLYCHKA. Ce lien avec PLAST a donc aussi permis à l'école de bénéficier de locaux gratuits lors de ses premières années d'exploitation.

Effectif
L'effectif de la coopérative est assez unique en ce sens qu'il y a un roulement constant des parents membres. La durée d'adhésion peut être aussi courte qu'un an ou peut se prolonger sur bon nombre d'années, et elle peut être continue ou intermittente, selon l'âge et le nombre d'enfants dans une famille donnée. Parfois, certains élèves dont les parents ont eux aussi fréquenté SVITLYCHKA y sont inscrits. Cette situation aide à préserver la mémoire de l'organisation et à entretenir un sentiment d'appartenance à la collectivité.

Le constant changement de membres est avantageux, puisqu'il permet le partage de nouvelles idées et expériences. De même, une orientation constante est nécessaire pour les nouveaux parents membres qui se joignent à la coopérative. Des documents d'information ont été rédigés pour les différents postes du conseil et pour certains rôles parentaux, et ils sont transmis aux nouveaux membres dans le but d'aider au processus d'orientation.

Les parents membres apportent une importante contribution en nature à l'école en donnant de leur temps et en mettant leur expérience à profit. Il n'y a pas de personnel de gestion ou de personnel administratif employé à l'école, ce qui aide à garder les frais généraux peu élevés. Une combinaison de « chefs » et d'« abatteurs de besogne » au conseil et dans les principales activités de l'école, comme les collectes de fonds, a fourni à l'école une grande diversité de ressources. La participation à l'école favorise la culture du bénévolat et fournit aux membres des occasions d'acquérir des compétences dans des domaines auxquels ils n'auraient peut-être pas, autrement, participé, tels que le développement des qualités de chef, la promotion du travail d'équipe, les collectes de fonds, etc.

Direction et gouvernance
L'organisation est gérée comme une entreprise. Le conseil, qui est généralement constitué de personnes ayant de l'expérience dans des domaines clés, comme la comptabilité, les affaires, le droit ou la commercialisation, assure la direction.

Stabilité financière
L'école possède une stabilité financière depuis plus de 40 ans d'existence. Cette stabilité est le résultat d'une bonne gérance et de membres du conseil d'administration avertis. L'école se suffit largement et dépend très peu du financement public, qui est imprévisible. Les importantes contributions en temps et en expérience des parents membres aident à réduire les frais généraux et à accroître les revenus grâce aux campagnes de financement. Ces contributions n'ont pas de valeur financière et ne sont donc pas présentes dans les états financiers de l'école.

Collectes de fonds
L'école organise plusieurs activités de financement chaque année. En proposant des campagnes ambitieuses et créatives, elle a été capable d'atteindre des partisans au-delà de sa propre clientèle. Les parents jouent un rôle primordial dans ce domaine et ils ont, par le passé, dirigé certains événements de grande envergure qui ont généré d'importants revenus. Le soutien du milieu des affaires a été un facteur important dans la réussite de l'école dans ce quartier, mais le principal obstacle à l'augmentation des revenus générés par les collectes de fonds reste la difficulté qu'a l'école à obtenir son statut d'organisme de bienfaisance.

Modèle coopératif
L'utilisation du modèle coopératif fournit à l'école l'avantage de maintenir ses coûts peu élevés grâce à la participation des parents membres. En tant que membres actifs de la coopérative, ces derniers profitent de l'occasion pour travailler étroitement avec le corps enseignant dans le but d'assurer des programmes de qualité pour leurs enfants. Parallèlement, la participation qui est nécessaire de la part des parents membres peut représenter une difficulté pour ceux qui travaillent et n'ont pas le temps de donner un coup de main.


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5. Bibliographie

Profiling Canada's Families III. Institut Vanier de la famille, (2004) Ottawa, Canada.

Trends and Analysis, Early Childhood Education and Care in Canada, 2004, Childcare Resource and Research Unit, Université de Toronto, Canada.

ISAJIV, Wsevolod, Adaptation and Integration of New Immigrants: The Fourth Wave of Immigration from Ukraine in 1992-2001, Université de Toronto, Canada.

CHOW, Henry P.H. (avril 2004) Heritage Language Learning and Ethnic Identity Maintenance: A Case Study of the Chinese-Canadian Adolescents, Prairie Centre of Excellence for Research on Immigration and Integration.

Early Learning and Child Care in Canada — Moving Toward a Pan-Canadian System, Fédération canadienne des services de garde à l'enfance, www.cccf-fcsge.ca.

Stratégie Meilleur départ, juillet 2005 www.children.gov.on.ca/NR/CS/BestStart/ActionPlan_fr.pdf.

Making the right choice: Investing in high quality early learning and child care in Ontario, (présentation au Comité permanent des finances et des affaires économiques, gouvernement de l'Ontario), le 2 février 2004, Coalition ontarienne pour l'amélioration des services de garde d'enfants.

Sites Web d'intérêt

Association canadienne pour la promotion des services de garde à l'enfance 
Ministère ontarien des Services à l'enfance et à la jeunesse :
Ontario Coalition for Better Child Care :
Parent Cooperative Preschools International :
Fédération canadienne des services de garde à l'enfance :
Toronto and District Parent Co-operative Pre-School Corporation :


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Annexe A
Les facteurs qui influent sur la prestation des services de garde d'enfants au Canada

i) Caractéristiques démographiques familiales au Canada

Au Canada, la prestation des services de garde d'enfants a énormément changé au cours des soixante dernières années, conséquence d'importants changements sociaux, familiaux et économiques au sein de la société canadienneNote de bas de page 10. Des facteurs, comme l'augmentation du nombre de familles monoparentales et des plus petites familles, l'arrivée tardive des enfants et la participation accrue des femmes à la population active, ont tous eu un impact sur le besoin d'accéder aux services de garde d'enfants partout au pays.

La Fédération canadienne des services de garde à l'enfance indiqueNote de bas de page 11 qu'en 2001, 53 % des enfants canadiens âgés de 6 mois à cinq ans fréquentaient un service de garde sous une forme ou une autre, comparativement à 42 % en 1995Note de bas de page 12. Le nombre de familles dans lesquelles les deux parents travaillent à l'extérieur du foyer est aussi à la hausse, puisque sept familles sur dix peuvent compter sur deux revenusNote de bas de page 13. Dans les familles biparentales, 71 % des conjointes ayant des enfants d'âge préscolaire travaillent à l'extérieur du foyer. Dans les familles monoparentales, 60 % des mères seules ayant des enfants d'âge préscolaire travaillent à l'extérieur du foyer.

Une variété de programmes de garde d'enfants d'âge préscolaire sont offerts pour répondre à ce besoin grandissant, y compris des services à l'enfance à temps plein et à temps partiel et des garderies éducatives. Les heures d'ouverture, les âges minimum et maximum, les dates de fermeture, le transport, la langue, le niveau d'enseignement pédagogique, l'accès à des services complémentaires, comme le prêt de jouets et de livres et la possibilité d'avoir une aide financière, varient d'un centre à l'autre. Deux différences sont perceptibles entre les garderies et les garderies éducatives coopératives, à savoir le degré de participation des parents et les heures d'ouverture. Dans le modèle de garderie coopérative, les parents membres ont un rôle actif à jouer en tant que propriétaires et participants dans tous les aspects de l'exploitation. Les garderies sont souvent gérées selon le modèle plus traditionnel de l'entreprise, ce qui nécessite moins de participation de la part des parents. Les heures d'ouverture des garderies conviennent généralement aux parents qui travaillent et qui ont besoin de services de garde tôt le matin jusqu'en début de soirée. Les programmes de garderies éducatives ne sont offerts que sur une plus courte période.

Le Childcare Resource and Research Unit de l'Université de Toronto compile des données et de l'information sur les politiques et les services en matière de garde d'enfants. Dans une publication récenteNote de bas de page 14, cette organisation indiquait qu'il y avait 745 254 places dans les services de garde d'enfants au Canada en 2004, soit environ le double de 1992. Même si la majeure partie de cette croissance s'est produite dans la province de Québec, la plupart des provinces ont enregistré une augmentation au cours de la même période. En Ontario, une hausse de 2,6 % a été enregistrée. De plus, environ 80 % des services de garde canadiens sont gérés à titre non lucratif, souvent par des organismes communautaires ou des organisations de parents. Fait intéressant, entre 2001 et 2004 en Ontario, trois fois plus de places en services lucratifs ont été créées, par rapport à celles en services non lucratifs.

En matière de facteurs qui influent sur la demande potentielle en services de garde, le nombre d'enfants âgés de moins de cinq ans a diminué dans toutes les provinces de 1992 à 2003, soit une diminution de 211 000 dans tout le Canada, alors que le nombre d'enfants dont les mères sont entrées sur le marché du travail a augmenté de façon régulière.

ii) Immigration de l'Ukraine au Canada et préservation de la langue et de la culture

L'immigration de l'Ukraine au Canada a d'abord commencé à la fin des années 1800, la majorité des immigrants venant s'installer en AlbertaNote de bas de page 15. Puis, une deuxième vague d'immigration a déferlé sur le Canada entre 1918 et 1939Note de bas de page 16. Bien que beaucoup plus petit, un troisième mouvement d'immigration s'est produit à la suite de la Deuxième Guerre mondiale et, en 1952, 32 000 Ukrainiens avaient immigré au CanadaNote de bas de page 17. Comparée aux autres mouvements d'immigration, la troisième vague comptait une proportion élevée de professionnels, actifs sur le plan politique et s'opposant fermement au communisme. Un certain nombre d'entre eux ont collaboré à l'implantation de programmes de langue et de littérature ukrainiennes dans les universités de la Saskatchewan, du Manitoba, de l'Ontario (à Toronto et à Ottawa) et du Québec (à Montréal).

Le plus récent mouvement d'immigration au Canada a débuté au début des années 1980 et comptait aussi des immigrants au niveau d'instruction élevé. Une étude menée par l'Université de Toronto en 2001Note de bas de page 18 a permis de constater que, même si les immigrants de la plus récente vague étaient moins engagés au sein de la communauté que ceux des mouvements précédents, tout de même 92,3 % des nouveaux venus interviewés sentaient qu'il était important de transmettre l'esprit de la culture ukrainienne à leurs enfants. L'étude a révélé que 50 % des nouveaux immigrants envoyaient leurs enfants dans une école où l'on parlait l'ukrainien, et que d'autres activités, telles les cours de danse et les camps d'été, étaient aussi utilisées pour aider à préserver la langue et la culture ukrainiennes.

Une étude menée sur l'apprentissage de la langue d'origine et la préservation de l'identité ethnique indique que la langue fait autant partie de la culture qu'elle en est un moyen de transmission et de préservationNote de bas de page 19. Cette recherche a tenu compte d'un certain nombre d'études dont le sujet était la préservation de la langue d'origine et a établi qu'il est chose courante pour beaucoup d'enfants immigrants d'aller, dès leur jeune âge, dans une école où leur langue maternelle prime, plus particulièrement dans les grandes régions métropolitaines, où les cours en langue d'origine sont offerts par des organismes communautaires ou à l'intérieur du programme scolaire régulier. Une étude sur les 76 écoles de Toronto, Edmonton et Vancouver où l'enseignement se fait en langue ethniqueNote de bas de page 20 a cerné le fort potentiel de ces écoles pour développer l'identité ethnique, former de futurs chefs ethniques et réunir les membres de la collectivité à l'aide de diverses activités symboliques. De plus, la documentation montre que l'alphabétisation des étudiants minoritaires dans leur langue maternelle les aide dans leur rendement scolaire en général.

iii) Aide fédérale croissante pour les services de garde d'enfants

En décembre 2005, il n'y avait toujours pas de stratégie nationale en place pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada. À la place, chaque province et territoire est responsable des services à l'enfance sur son propre territoire. Les services, les subventions et les subsides offerts, les exigences en matière de formation des employés et les rapports enfants/employé varient d'une région à l'autre. Néanmoins, toutes les provinces et territoires ont en commun une sensibilisation grandissante, une collectivité dont la voix se fait de plus en plus entendre et des partisans des services de garde à l'enfance, tous concernés par l'importance de services de qualité pour la santé et le bien-être des enfants canadiensNote de bas de page 21. Ils reconnaissent aussi le besoin d'améliorer le financement et les règlements pour réagir à cette constatation qui s'impose de plus en plus.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont pris certaines mesures en direction d'un système pancanadien pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants au cours des cinq dernières annéesNote de bas de page 22. En Ontario, ces mesures ont engendré la signature d'un accord de financement pluriannuel, en novembre 2005, entre le gouvernement fédéral et la province de l'Ontario dans le but de soutenir l'apprentissage et la garde des jeunes enfants. Cet accord stipule que l'Ontario recevra environ 1,9 milliard de dollars sur cinq ans afin d'appuyer ses objectifs dans ce domaineNote de bas de page 23. Le financement pour la période prenant fin le 31 mars 2006 est déjà disponible pour la province.

Un aperçu des mesures en vue du développement du système pancanadien est donné à l'annexe B, Les étapes du développement d'un système pancanadien pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants.

iv) Cadre de travail pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants en constante évolution en Ontario

La province d'Ontario a présenté sa vision à l'égard des familles comptant de jeunes enfants dans sa stratégie Meilleur départNote de bas de page 24, annoncée en novembre 2004. La vision de Meilleur départ est que « lorsqu'ils entreront en première année, les enfants ontariens seront prêts et désireux de réussir à l'école ». La mise en place de cette stratégie durera au moins dix ans et l'Ontario réalisera d'abord les étapes clés suivantes :

  • augmenter sensiblement l'offre de services de garde d'enfants dans toute la province, en accordant la priorité aux enfants qui fréquentent la prématernelle et la maternelle en dehors des heures de classe et pendant l'été afin de leur offrir des journées complètes d'apprentissage et de garde;
  • améliorer la qualité du système réglementé d'apprentissage et de garde des jeunes enfants;
  • mettre en œuvre la vision complète de la stratégie Meilleur départ dans trois collectivités de démonstration de la province (Timiskaming, Lambton/Kent et Hamilton).

L'Accord de principe entre le gouvernement du Canada et le gouvernement de l'OntarioNote de bas de page 25 (mai 2005) stipule que l'Ontario, sous réserve de la disponibilité d'un financement fédéral (exposé dans le budget de février 2005), convient que les sommes consenties par le gouvernement du Canada dans le cadre de la stratégie Meilleur départ seront investies dans des programmes et des services réglementés d'apprentissage et de garde des enfants âgés de moins de six ans.

Les programmes et services réglementés se définissent comme étant ceux qui répondent aux normes de qualité fixées et contrôlées par le gouvernement de l'Ontario. Ils se définissent aussi comme étant ceux qui soutiennent la garde et l'apprentissage offerts directement aux jeunes enfants dans des milieux tels que les garderies, les garderies en milieu familial, les centres préscolaires et les garderies éducatives. Parmi les types d'investissements susceptibles d'être envisagés figurent le financement d'exploitation et d'immobilisations, les places de garde subventionnées, les bonifications salariales, la formation, le perfectionnement et le soutien professionnels, l'assurance de la qualité et les services d'information et de placement à l'intention des parents. Les programmes et services faisant partie du système scolaire officiel ne seront pas intégrés à cette initiative.

Selon le ministère provincial des Services à l'enfance et à la jeunesse, au 31 mars 2004, il y avait 124 442 places en services de garde agréés pour les enfants de cinq ans et moins. Plus de 4 000 nouvelles places subventionnées ont été créées par la province en 2004-2005. Le Ministère prévoit créer environ 25 000 nouvelles places en services de garde agréés dans toute la province d'ici la fin de 2007-2008, dont 5 855 places dans la Ville de TorontoNote de bas de page 26.

v) Marché des centres préscolaires ukrainiens à Toronto

À Toronto, comme ailleurs dans la province, de 1996 à 2001, le nombre d'enfants âgés de moins de 5 ans a chuté de 8,2 % (Statistique Canada). Les caractéristiques démographiques familiales pour la Ville de TorontoNote de bas de page 27 indiquent qu'en 2001, 68 % des familles avaient des enfants. De ce nombre, 48,2 % étaient biparentales et 19,7 %, monoparentales. Le nombre d'enfants de moins de six ans à la maison était de 173 975.

Sur le plan du statut d'immigrant et du lieu de naissance, des statistiques dont fait état la Ville de Toronto (d'après des données de Statistique Canada datant de 2001) démontrent que sur la population totale âgée de plus de 15 ans, soit 2 021 385 personnes, 58,3 % sont des Canadiens de première génération, alors que 20,1 % et 21 % sont de deuxième et de troisième générations, respectivement. Le nombre de personnes qui ont récemment immigré à Toronto est de 280 655, et de ce nombre, 7 385 sont nées en Ukraine. En général, le nombre de personnes dont la langue maternelle ou la langue parlée à la maison est l'ukrainien a diminué.

Description textuelle : Une carte de la ville de Toronto avec les conseils Communautaires et les frontières de quartiers.

SVITLYCHKA est située dans le quartier no 13 (Parkdale — High Park) de Toronto, à l'intérieur des limites du conseil communautaire d'Etobicoke York. La clientèle de la garderie vient surtout des quartiers sud et centre Etobicoke, Bloor West Village (Swansee) et High Park ou des quartiers nos 3, 4, 5, 6, 13 et 14. Quelques familles viennent aussi des collectivités de l'est de Mississauga et du centre-ville de Toronto. Les données démographiques de ces six quartiers sont indiquées dans l'annexe C, « Profil démographique des quartiers 3 à 6, 13 et 14 de Toronto ».

Les statistiques relatives à ces quartiers, tel que présentées par la Ville de Toronto (basées sur les résultats du recensement de 2001 de Statistique Canada), indiquent que 4,3 % de la population totale, soit 14 235 personnes, habitant dans ces six quartiers sont d'origine ukrainienne. Les personnes qui ont récemment immigré d'Ukraine, soit 3 040 personnes, se retrouvent principalement dans les quartiers nos 5 et 13. Dans tous les cas, il y a plus de personnes des première et troisième générations (personnes âgées de 15 ans et plus de toute origine) que de personnes de la deuxième génération.

Dans tous les quartiers, le nombre d'enfants âgés de cinq ans et moins a baissé de façon importante entre 1996 et 2001. Cette tendance suit celle du reste de la province. Pour 12 045 personnes, l'ukrainien est la première langue apprise à la maison dans l'enfance et encore comprise en 2001. Un nombre beaucoup plus restreint de personnes, soit 4 860, rapportent que l'ukrainien est la langue la plus parlée à la maison ou de façon régulière. Ces deux données sont très pertinentes, compte tenu du fait que tous les enfants qui vont à SVITLYCHKA doivent parler et comprendre l'ukrainien, langue qu'ils apprennent fort probablement grâce à leurs parents ou à d'autres membres de la famille.


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Annexe B
Les étapes du développement d'un système pancanadien pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants

  • 2001 : L'Entente sur le développement de la petite enfance est signée par les ministères fédéral, provinciaux et territoriaux. Cet engagement est le premier à s'adresser particulièrement à la petite enfance.
  • 2003 : Le Cadre multilatéral pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants est signé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Dans ce cadre, les gouvernements s'entendent sur les principes d'un système national et se mettent d'accord pour financer les services de garde d'enfants en particulier.
  • 2004 : Un Canada digne des enfants est adopté par le gouvernement fédéral. Le document établit qu'un système pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants est désormais une priorité nationale. Il représente la réponse du Canada à l'accord international intitulé Un monde digne des enfants.
  • 2005 : En février, le budget fédéral comprend une promesse d'investissement de 5 milliards de dollars sur cinq ans pour établir un système national pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants. Les provinces et les territoires seront engagés avec le gouvernement fédéral dans des accords bilatéraux. Les détails varieront selon la région, mais tous les accords partageront le même cadre et le même engagement envers les principes du QUAD (qualité, universalité incluse, accessibilité et développement).
  • 2005 : En novembre, le gouvernement fédéral et la province d'Ontario signent un accord de financement pluriannuel pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants. L'accord précise que l'Ontario recevra environ 1,9 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir ses objectifs en matière d'apprentissage et de garde des jeunes enfantsNote de bas de page 28. Le financement pour la période prenant fin le 31 mars 2006 est déjà disponible pour toutes les provinces.
  • 2005 : En décembre, le gouvernement libéral, dans son programme électoral, annonce qu'il prolongera la durée de son programme subventionné pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants jusqu'en 2015 et qu'il augmentera le financement de 5 milliards de dollars à 11 milliards de dollars. En réponse, le Parti conservateur propose un paiement de 1 200 dollars par an à chaque enfant d'âge préscolaire, de même que 1,2 milliard de dollars en subventions ou en crédits d'impôt afin d'encourager les entreprises et les groupes communautaires à créer 125 000 nouvelles places en services de garde sur cinq ansNote de bas de page 29. Le NPD avance un projet de loi sur les services de garde qui mènerait à un premier investissement de 1,8 milliard de dollars, suivi d'augmentations de 250 millions de dollars pour chacune des trois années suivantes, dans le but de créer un total de 275 000 places en garderieNote de bas de page 30. Le NPD affirme que les fonds qu'octroie le gouvernement fédéral devraient d'abord aller aux services de garde agréés à but non lucratif, plutôt qu'aux garderies commerciales à but lucratif.

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Annexe C

Les démographiques inclussent sont : la langues maternelle, l'age et le statut de citoyenneté pour l'année 2001

Profil démographique des quartiers 3 à 6, 13 et 14 de Toronto
  Ville de Toronto Quartier 3 Etobicoke Centre Quartier 4 Etobicoke Centre Quartier 5 Etobicoke Lakeshore Quartier 6 Etobicoke Lakeshore Quartier 13 High Park Quartier 14 High Park Total : quartiers 3 à 6, 13 et 14
À moins d'avis contraire, la source d'information est le Recensement 2001 de Statistique Canada (tel que rapporté par la Ville de Toronto).
Population totale (2001) 2 481 510 51 095 53 580 55 580 57 340 51 290 54 835 323 720
Population par âge (2001) :

Moins de cinq ans :
variation de 1996 à 2001

143 510
-8,2 %
2 565
-8,9 %
2 670
-11,9 %
2 975
-7,3 %
3 050
-15,4 %
2 820
-9,5 %
3 330
-8,4 %
17 470

De cinq à neuf ans :
variation de 1996 à 2001

149 635
8,4 %
2 990
7,3 %
3 150
7,3 %
3 245
10,2 %
3 105
2,3 %
2 680
-3,1 %
2 825
7,0 %
17 995
Nombre d'enfants de six ans et moins à la maison 173 975 3 185 3 170 3 590 3 630 3 360 3 900 20 835
Pourcentage de la population de six ans et moins 21,8 % 18,6 % 17,9 % 21,6 % 22,7 % 23,5 % 28,8 % 11,9 %
Population dont la langue maternelle est l'ukrainienNote de bas de page * Pas dans les 10 premiers groupes 1 820
3,3 %
2 440
4,6 %
2 705
4,9 %
1 435
2,5 %
2 640
5,2 %
1 005
1,8 %
12 045
Population dont la langue parlée à la maison est l'ukrainienNote de bas de page ** Pas dans les 10 premiers groupes 405
0,8 %
720
1,3 %
1 425
1,8 %
515
0,9 %
790
1,5 %
1 005
1,8 %
4 860
Population d'origine ukrainienne Pas dans les 10 premiers groupes 2 315
4,5 %
2 870
5,4 %
3 015
5,4 %
1 760
3,1 %
3 010
5,9 %
1 265
2,3 %
14 235
Population de plus de 15 ans selon la génération :
1re génération 58,3 % 46,9 % 50,0 % 46,8 % 45,3 % 44,9 % 56,3 %  
2e génération 20,1 % 24,9 % 26,1 % 24,8 % 21,2 % 25,5 % 18,8 %  
3e génération 21,6 % 28,2 % 23,9 % 28,4 % 33,5 % 29,6 % 24,9 %  

Nouveaux immigrants d'UkraineNote de bas de page ***

7 385

420

575

715

565

505

260

3 040

Pourcentage du total des nouveaux immigrants 2,6 % 10,6 % 12,1 % 16,4 % 12,6 % 15,2 % 3,9 %  

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