Table ronde du Comité consultatif de l’espace (CCE) sur l’avenir du Canada dans l’espace

Le 18 mai 2017 - WebEx, la jeunesse canadienne et la prochaine génération de leaders dans l’espace

Hôtes du CCE: Stéphane Germain, Christine Tovee et Michelle Mendes

Priorités

  1. Développer le secteur spatial du Canada;
  2. Innover et explorer l'espace;
  3. Renforcer les partenariats internationaux à long terme;
  4. Inspirer la prochaine génération;
  5. Contribuer à notre compréhension de la Terre;
  6. Améliorer la qualité de vie des Canadiens;
  7. Préserver une nation sûre et sécurisée.

Faits saillants

Il est possible de sensibiliser davantage les Canadiens quant aux réussites du Canada dans le secteur spatial, et plus particulièrement celles de l'Agence spatiale canadienne (ASC) et du gouvernement du Canada, auxquelles ont contribué des établissements universitaires et de petites et moyennes entreprises. Les efforts déployés par les Forces armées canadiennes pour promouvoir les possibilités de carrière au sein des Forces armées en utilisant des moyens très dynamiques et captivants pour communiquer avec l'auditoire constituent un modèle à examiner. Ces efforts de communication peuvent également être adaptés pour cibler des disciplines autres que la science traditionnelle et les mathématiques afin de promouvoir un large éventail de possibilités de carrière dans de nombreux domaines tels que le développement des entreprises ou la conception et la gestion de projet au sein de l'industrie spatiale.

De nombreux participants manifestent un vif intérêt à inspirer la nouvelle génération et suggèrent que les jeunes étudiants se familiarisent tôt avec le secteur spatial. L'intégration du matériel utilisé dans l'espace aux programmes scolaires pourrait aussi se révéler utile, compte tenu de la façon dont la société dépend maintenant de l'espace, particulièrement en ce qui concerne les communications par satellite. Les étudiants universitaires peuvent également jouer un rôle et inspirer la nouvelle génération en faisant la promotion des études postsecondaires en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques (STIM), et au–delà, dans les écoles primaires et secondaires.

L'augmentation de l'activité spatiale à l'étranger par rapport au Canada semble avoir favorisé un appel à l'augmentation des possibilités d'emploi au sein de l'industrie spatiale canadienne. De nombreux jeunes diplômés hautement qualifiés sont attirés vers les marchés étrangers, même s'ils préféreraient rester au Canada. La demande d'un plus grand soutien à l'entrepreneuriat est également exprimée, en particulier en ce qui concerne des mécanismes de commercialisation plus accessibles en matière de recherche et développement (RD), des incubateurs et des accélérateurs et des microprogrammes de financement.

Le Canada pourrait se positionner comme un leader mondial en matière d'observation de la Terre (OT) et de sciences planétaires, compte tenu du manque d'intérêt de l'administration actuelle des États–Unis au sujet des questions liées aux changements climatiques. Le programme RADARSAT, par exemple, peut fournir une multitude de données exclusives à cet égard. L'importance des investissements du gouvernement pour établir et maintenir l'activité spatiale est mise en évidence en faisant référence à des réussites aux États–Unis,  comme la société Space X d'Elon Musk.

Principales considérations et principaux défis de mise en œuvre

Compétences numériques et infrastructure : La collecte de données dans l'espace et leur diffusion offrent de nouvelles occasions d'accroître les compétences numériques dans plusieurs secteurs nécessitant le traitement de données massives. Le Canada devrait appuyer le développement de la technologie par satellite au lieu d'acheter des données à l'étranger, compte tenu de sa position de force, pour devenir un chef de file dans ce domaine.

Priorités liées à l'espace : Les politiques et les cadres relatifs à l'espace doivent trouver un écho dans la vie des gens afin de faire de l'espace un sujet passionnant pour le Canadien moyen. L'établissement des politiques profiterait aussi d'un engagement plus important des jeunes, lesquels sont souvent exclus des discussions en cours. Les politiques devraient aussi cadrer avec les efforts mondiaux visant à assurer la sauvegarde de la planète sous l'angle des changements climatiques et de la viabilité.i>

Croissance inclusive : Le programme américain Small Business Innovation Research (SBIR) est un modèle qui capte grandement l'attention au Canada et qui pourrait aider à faire avancer des idées novatrices au moyen du partenariat.

Éducation et sensibilisation du public: L'ASC doit accroître son empreinte en éducation et en sensibilisation du public, et ce, dans les programmes scolaires à tous les niveaux ainsi que dans les plateformes de médias sociaux.  Le tout permettrait  de mieux engager les jeunes d'aujourd'hui et de mieux promouvoir les carrières spatiales. Une approche suggérée pour y parvenir serait un plan d'éducation et de sensibilisation qui permettrait d'engager les enfants jusqu'à l'enseignement postsecondaire. Un intérêt particulier a été soulevé au sujet de l'exploration minière spatiale, et le désir de plus de programmes pour faire participer les élèves et les éduquer quant aux compétences requises pour développer de tels systèmes.

Communications publiques : Les renseignements éducatifs et le contenu divertissant sont importants pour captiver l'attention du public et, plus particulièrement, des jeunes. Les réussites des entrepreneurs peuvent être tout aussi inspirantes que celles des astronautes, et le fait de faire valoir les entreprises spatiales novatrices telles que la société Space X d'Elon Musk est une façon d'éveiller l'intérêt envers les sciences spatiales.i>

Capacités émergentes : On prévoit que le ravitaillement autonome sera une capacité émergente relativement à laquelle le Canada pourrait chercher à obtenir un avantage concurrentiel.

Science planétaire : On estime actuellement que l'ASC met l'accent sur l'ingénierie et la construction d'objets robotisés, mais les efforts concernant les technologies spatiales devraient être davantage axés sur les sciences planétaires et environnementales.

Manque de coordination : Le Concours de conception d'un satellite pour un défi canadien (CCSDC) est présenté comme un programme bien établi au Canada et a servi de point de référence pour l'évaluation du programme CubeSat de l'ASC. Il est mentionné que le programme CubeSat pourrait être un chevauchement des efforts et ne pas être un facteur d'innovation progressive, puisque l'échéancier très serré aurait pour effet d'encourager les groupes à acheter plutôt que de concevoir entièrement des sous–systèmes. Cette situation empêche le développement des compétences, des installations et des infrastructures nécessaires à la croissance des  programmes à cet égard dans tout le pays. Sur une note positive, il y a là une occasion de mieux évaluer les lacunes afin d'éclairer l'élaboration des futurs programmes favorisant la participation des jeunes.

Principales idées et réalisations

Approche sociale : Aborder l'espace sous un angle culturel fondamental contribuera à améliorer la qualité de vie, comme l'a démontré le programme Un Canada branché, notamment.

Données ouvertes : La prolifération des données ouvertes/massives place le Canada en meilleure position dans la conversation mondiale entourant le Nouvel espace.

Ambassadeurs de marque : Les jeunes ingénieurs et scientifiques qui participent aux clubs universitaires et aux concours internationaux sont de fait des ambassadeurs de marque pour le Canada en sciences et en technologie à l'étranger. Un soutien et une reconnaissance plus grands de ces efforts encourageront un plus grand nombre d'entre eux à participer, ce qui en fin de compte renforcera la présence du Canada sur la scène mondiale. Cela encouragera également la formation de partenariats entre les entreprises lorsque les étudiants de troisième cycle entameront leur carrière. En outre, le partenariat entre les universités canadiennes et étrangères et la mobilité des étudiants qui poursuivent leurs études à l'étranger pourraient être mieux pris en charge, compte tenu de l'ensemble des avantages d'une telle exposition internationale.

Esprit d'entreprise : L'encadrement des jeunes entrepreneurs et des entreprises en démarrage stimulera la croissance et garantira des taux élevés de succès.

Accès aux installations : Un accès plus large aux installations d'essai des commandes et aux sites de démonstration sécuritaires contribuera à stimuler  les innovations par les étudiants et les jeunes qui n'ont généralement pas accès à ces types de ressources.

Continuité et stabilité : Pour assurer la réussite à long terme du Canada dans l'espace, il faut des missions plus fréquentes, ainsi qu'un soutien et un financement continus. Cela maintiendra l'industrie spatiale canadienne présente dans l'esprit des gens, en plus de favoriser la naissance d'entreprises pour entretenir la motivation et d'inspirer la prochaine génération.

Participants

  • Adam Vigneron–Agence spatiale européenne
  • Anne Wen–Conseil consultatif de la génération spatiale
  • Austin Shirley – Université de la Saskatchewan
  • Bachar Elzein – École polytechnique de Montréal
  • Bryan Little–Collège militaire royal
  • Carl Demchuck - RockÉTS
  • Cassie Stuurman– Université du Texas
  • Christophe Leclerc–École polytechnique de Montréal
  • Chuck Black -  Commercial Space Blog
  • Clovis Vinant–Tang - Université McGill
  • Dario Schor - Magellan
  • Elise Harrington - Université Western de l'Ontario
  • Felix Valin–Université McGill
  • Francis Picotte - Ryerson Space Society
  • Gabriel Rodriguez - École polytechnique de Montréal
  • Jan Clarence Dee–Université Concordia
  • Larry Reeves - Concours de conception d'un satellite pour un défi canadien; UrthCast
  • Lilly Hader–Collège Georgia Brown
  • Mic Faragalli - Mission Control Space Services
  • Michael Jordan–Aviation royale canadienne
  • Olivier Jobin - École polytechnique de Montréal
  • Paul Albert–Lebrun–Université McGill
  • Pierre Daligault - École polytechnique de Montréal
  • Pierre–Alexandre Desrochers–RockÉTS
  • Ryan Anderson – Société spatiale canadienne
  • Tanya Harrison - Université de l'État de l'Arizona
  • Walid Chabchoub–Université McGill
  • Zaid Rana–Université Concordia
Date de modification :