Évaluation finale de l’Initiative de l’industrie de la langue
Sommaire
L'industrie de la langue regroupe trois secteurs, le secteur de la traduction, de l'enseignement des langues, et de la technologie langagière. Selon le Conference Board du Canada, l'industrie de la langue au Canada contribuait 2,7 milliards $ au produit intérieur brut (PIB) en 2004. Dans le contexte du Plan d'action sur les langues officielles de 2003, on anticipait toutefois que la demande pour les services linguistiques augmenterait de façon marquée et que l'industrie de la langue n'avait pas la capacité jugée suffisante pour répondre à une demande accrue. L'Initiative de l'industrie de la langue (IIL) visait donc à accroître la capacité de l'industrie de la langue à offrir ses produits et services au Canada et à l'étranger. L'IIL comportait deux principaux objectifs :
- aider l'industrie de la langue à établir des orientations stratégiques, à renforcer les liens entre partenaires, à améliorer sa capacité de répondre à la demande croissante de services et de produits linguistiques ainsi qu'à se développer et à accroître sa visibilité; et
- mettre en place un plan de relève durable par suite de la mise en œuvre du Plan d'action pour les langues officielles.
Les principales activités de l'IIL se divisent en deux volets : 1) la création d'un réseau canadien de l'industrie de la langue, ce qui a pris la forme d'un soutien à l'Association de l'industrie de la langue (AILIA); et 2) le marketing et positionnement, qui comprenait notamment un programme de contributions offertes aux entreprises de l'industrie de la langue, et des activités de recherche et d'image de marque entreprises par le ministère.
L'objectif de ce projet était de mener une évaluation finale de l'IIL pour la période allant de 2003 à 2007. L'évaluation a pour but d'évaluer les résultats et l'efficacité de l'IIL. L'évaluation s'appuie sur des entrevues en profondeur (n=16), une revue de documentation, des études de cas (n=4), et un sondage auprès des membres de l'AILIA et d'entreprises ayant reçu des contributions du programme de contribution de l'industrie de la langue (PIL) (n=109).
Résultat
Succès de l'AILIA à se positionner comme association nationale de l'industrie de la langue
Globalement, on constate que l'AILIA n'a pas jusqu'à maintenant totalement réussi à se positionner comme association nationale. Selon les résultats, l'AILIA n'a pas encore réussi à attirer une masse critique de membres, et les taux de satisfaction vis-à-vis des services de l'AILIA sont en deçà de ce que l'on pourrait attendre de ce genre d'association. La distribution des membres indique également que les entreprises linguistiques de l'Ouest sont sous-représentées au sein de l'AILIA, notamment du côté des écoles de langues. L'AILIA dépend aussi fortement des fonds publics pour survivre et sa pérennité à long terme n'est pas assurée, du moins sous les paramètres actuels de l'Association. Cette dernière n'a pas réussi à atteindre ses objectifs de recrutement. On note tout de même que des progrès importants ont été réalisés par l'AILIA cette dernière année.
Contribution de l'AILIA et l'IIL à l'accroissement de la capacité de l'industrie
Globalement, on observe des impacts positifs de l'IIL sur la capacité de l'industrie à répondre à la demande. Les ententes de contribution ont eu un impact positif sur les écoles de langue, lesquelles ont eu du succès à attirer une clientèle internationale grâce au PIL. Les cabinets de traduction et les entreprises de technologie langagière sont également satisfaits du PIL et disent avoir profité du programme pour attirer de nouveaux clients. Cependant, on note un impact plutôt mitigé de l'AILIA sur le développement professionnel ou même au développement des entreprises en général. Une minorité d'entreprises semblent avoir du mal à recruter du personnel.
Succès de l'IIL à faire connaître les débouchés commerciaux
Les résultats indiquent que le secteur apprécie les études de marché et rapports produits par l'IIL, notamment du côté des cabinets de traduction. Les foires commerciales et les missions commerciales sont aussi appréciées, notamment par les écoles de langue, qui les utilisent pour attirer des étudiants de l'étranger.
Contribution de l'IIL à faire connaître davantage les produits et services de l'industrie aux clients potentiels d'autres secteurs industriels au Canada et à l'étranger
Avec quelques exceptions, la majorité des répondants des entrevues en profondeur ne peuvent dire si l'initiative a contribué à faire connaître davantage les produits et services de l'industrie aux clients potentiels d'autres secteurs industriels au Canada et à l'étranger. Aucun représentant de l'industrie n'a pu confirmer que l'IIL a pu contribuer à leur faire établir des contacts avec des clients en dehors de leurs marchés traditionnels.
Contribution à la création de synergies entre les organisations de l'industrie de la langue
Les résultats indiquent généralement que le PIL a contribué à bâtir des liens entre les bénéficiaires et d'autres partenaires, surtout du côté des entreprises de formation et de technologie langagière. Ces liens ont été créés lors des missions commerciales, la participation à des foires, etc. L'AILIA a pour sa part établi des liens avec d'autres institutions. Cependant, une faible majorité des membres de l'AILIA croit que celle-ci les a aidé à créer de nouveaux contacts avec des gens de leur industrie.
Analyse de la rentabilité
L'équipe d'évaluation a examiné l'efficience et l'efficacité du programme en regard de ses coûts. Une comparaison systématique des coûts de gestion des ententes de contribution entre l'IIL et deux autres programmes indique que les coûts de gestion de cette première sont très élevés, dépassant les 30% des valeurs de contribution. On l'explique entre autre par la taille restreinte du programme et de la valeur des contributions individuelles. Par contre, les estimations des revenus générés par les projets financés par le PIL, estimés à plus de 6 millions de dollars, tendent à montrer que les impacts financiers à court terme du PIL dépassent les coûts du programme, du moins ceux associés aux ententes de contribution.
L'initiative de l'industrie de la langue a pris fin le 31 mars 2008. Le rapport d'évaluation ne contient aucune recommandation en raison de ce fait, ni de plan d'action de la part de la gestion. La réponse de la gestion a confirmé son accord avec les constatations et conclusions de l'évaluation.
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