Les Autochtones et la PI

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Roberta Jamieson

Roberta Jamieson, une Mohawk de la bande Six Nations de Grand River, est un modèle et une dirigeante inspirante. En 2004, Mme Jamieson a été nommée présidente et directrice générale d'Indspire, un organisme de bienfaisance national autochtone qui investit dans l'éducation des Autochtones afin qu'ils puissent réaliser leur plein potentiel. Durant son mandat, Indspire a versé près de 100 millions de dollars à des étudiants autochtones sous forme de plus de 29 000 bourses d'études.

Ayant mené une carrière remarquable, Mme Jamieson est la première femme canadienne des Premières Nations à avoir obtenu un diplôme en droit, la première femme nommée ombudsman de l'Ontario et la première femme élue chef de la bande Six Nations de Grand River, où elle réside toujours avec sa famille. Après s'être vu décerner de nombreux prix, dont 25 doctorats honorifiques, Mme Jamieson a été nommée officière de l'Ordre du Canada en 2016.

Mme Jamieson attache beaucoup d'importance à la propriété intellectuelle (PI). En parlant de son expérience personnelle, elle affirme qu'« il arrive souvent que des personnes prennent le savoir-faire autochtone sans comprendre ou accepter qu'une telle appropriation est inappropriée et irrespectueuse ». Au cours des 13 années qui se sont écoulées depuis que Mme Jamieson a été nommée directrice générale, Indspire a enregistré plus de 30 marques de commerce.

Kendal Netmaker

Depuis qu'un geste de générosité à son égard a changé sa vie à jamais, Kendal Netmaker s'est donné pour mission d'aider les jeunes défavorisés à obtenir les moyens de s'épanouir. Ayant grandi dans la pauvreté au sein de la Première Nation de Sweetgrass en Saskatchewan, il ne pouvait s'offrir le luxe que représentaient les sports pour les jeunes. Tout ça a toutefois changé lorsque la famille d'un ami a payé ses frais d'inscription au soccer en 5e année, ce qui l'a mené à recevoir une bourse d'études pour jouer au volleyball dans une université.

Après avoir obtenu son diplôme de l'Université de la Saskatchewan, il a lancé sa marque de vêtements axés sur le mode de vie Neechie Gear, qui a été primée; il a ainsi enregistré sa première marque de commerce. Aujourd'hui, une partie des profits de sa société servent à financer des programmes de sports pour les jeunes. Lorsqu'on l'a interrogé sur l'importance des droits de propriété intellectuelle, Kendal a répondu ce qui suit : « Je veille à enregistrer une marque de commerce pour tout ce qui me semble nécessaire afin de conserver un avantage concurrentiel sur le marché. Par le passé, j'ai omis de le faire, et cela m'a occasionné bien des désagréments. »

Canada art inuit

Quelle est la clé du succès de la PI canadienne de la marque de commerce de l'étiquette L'Igloo? Tout a commencé lorsque des œuvres d'art inuit ont été présentées dans le Canada méridional au cours des années 1940 et 1950. À ce moment-là, le travail des artistes inuits était menacé par les produits d'imitateurs. En 1958, afin d'aider les artistes inuits à se protéger contre la contrefaçon, le gouvernement du Canada est intervenu en créant la marque de commerce de l'étiquette L'Igloo, qui certifie l'authenticité des produits.

En 2017, la marque de commerce a été transférée d'Affaires autochtones et du Nord Canada à l'Inuit Art Foundation, en vue de renforcer la capacité de la communauté inuite à protéger son identité culturelle et à améliorer les conditions socioéconomiques de son peuple. Le rapport Incidences de l'économie liée aux arts inuits du gouvernement du Canada comporte une estimation récente selon laquelle l'étiquette L'Igloo rapporte 3,5 millions de dollars par année à l'économie liée aux arts inuits.

Lorsqu'on l'a interrogée sur l'importance du transfert de la marque de commerce à l'Inuit Art Foundation, Alysa Procida, directrice administrative de l'Inuit Art Foundation, a déclaré ce qui suit : [traduction] « L'Inuit Art Foundation, une organisation dirigée par des Inuits, est honorée de perpétuer l'héritage d'une composante aussi importante de l'économie des arts inuits. Depuis les 60 dernières années, la marque de commerce protège les artistes inuits contre la fraude et l'appropriation culturelle, et la fondation est heureuse de pouvoir aider le programme à croître et à s'adapter aux besoins actuels. »

Sean McCormick

Si vous deviez entrer dans la peau de Sean McCormick, vous ressentiriez immédiatement son fort esprit entrepreneurial. Sean, un homme d'affaires métis de Winnipeg, est le président-directeur général (PDG) et fondateur de Manitobah Mukluks. Au cours des 28 dernières années, il a fait passer son entreprise d'un petit comptoir commercial à l'une des marques de chaussures connaissant la croissance la plus rapide au Canada. Aujourd'hui, les mukluks et les mocassins vendus par son entreprise sont régulièrement aperçus aux pieds des célébrités. Affichant des ventes annuelles de plus de 25 millions de dollars canadiens, l'entreprise détient une marque de commerce enregistrée qui aide à protéger sa marque de grande valeur.

Sean se décrit comme un homme métis qui a mis à profit sa fierté et son talent pour traduire ses origines en un produit populaire, et il se distingue également en étant une personne bienveillante et généreuse qui apporte sa contribution au sein de la communauté autochtone. En 2015, il a fondé la Storyboot School, un programme de sensibilisation où les étudiants sont jumelés avec des artisans autochtones pour apprendre l'art de fabriquer des mocassins.

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