Feuille de route pour la durabilité des PME

Cet outil vous aidera, étape par étape, à atteindre vos objectifs de durabilité. Chaque section s’inscrit également dans un volet de gestion, d’opérations ou de leadership plus vaste. L’analyse de rentabilisation est un document autonome. La feuille de route contient de nombreux exemples pratiques de durabilité, portant le plus possible sur les expériences des PMEs

Table des matières


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Introduction

Votre entreprise a probablement déjà mis en œuvre des projets de préservation des ressources, de protection de l’environnement ou de durabilité, qui vont au-delà des simples aspects financiers, pour inclure les volets sociaux et environnementaux. Bien que certaines petites et moyennes entreprises (PMEs) soient uniquement motivées par les questions environnementales, d’autres travaillent à la conservation des ressources et se convertissent à la production écologique dans le but d’innover et d’être plus concurrentiels.

La durabilité représente en effet un avantage concurrentiel pour les PMEs. Leur plus petite taille et leur main-d’œuvre moins nombreuse leur permettent davantage de souplesse lorsque vient le temps d’intégrer la durabilité à leurs activités : elles s’adaptent et réagissent mieux à l’évolution des marchés. Les entreprises canadiennes sont reconnues pour leur souplesse à l’égard des fluctuations du dollar canadien par rapport au dollar américain, alors qu’elles accélèrent ou ralentissent leur production en réaction à l’évolution de leurs échanges avec les États-Unis. L’« économie verte » offre de nombreuses possibilités aux petites entreprises, alors que les innovateurs se réoutillent pour élargir leurs gammes de produits existantes, ou encore adaptent leurs produits et services pour fournir des pièces à des sociétés technologiques propres — et ce ne sont là que deux exemples.

Les PMEs représentent 99,8 % des entreprises, 60 % des emplois et 57 % du produit intérieur brut du Canada. Elles sont donc des partenaires essentiels du pays dans son action contre les changements climatiques, dans la conservation des ressources et dans d’autres domaines de la gestion de l’environnement. Cette feuille de route vise à aider les PMEsà gérer leur impact sur la société et l’environnement, à concevoir des produits et des services qui répondent aux besoins d’un marché en voie d’écologisation et à faire preuve de leadership en matière de changements climatiques, de pauvreté et d’autres questions environnementales et sociales pressantes.

Mode d’emploi de la feuille de route

La feuille de route se divise en modules : il suffit d’ouvrir une section pour y trouver un guide concis sur un thème particulier. Toutefois, chaque section s’inscrit également dans un volet de gestion, d’opérations ou de leadership plus vaste. L’analyse de rentabilisation est un document autonome.

La feuille de route s’applique tant aux entreprises de produits qu’aux entreprises de services. Cela étant dit, certains modules sont plus pertinents que d’autres, selon votre centre d’activités. Ainsi, si votre entreprise est orientée vers les produits, tous les modules, exception faite du module sur les Services, s’appliquent à vous. Si votre entreprise est orientée vers les services, il vous est recommandé de lire le module portant sur les Services en premier lieu afin de vous mettre en contexte, pour ensuite prendre connaissance de tous les autres modules à l’exception du module Développement des produits, qui porte exclusivement sur les produits.

Vous trouverez, tout au long du présent document, nombre d’exemples concrets de durabilité qui renvoient, chaque fois que cela a été possible, à des initiatives entreprises par des PMEs. Cependant, à des fins d’illustration, certains cas concernent également de grandes entreprises.


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Analyse de rentabilisation des initiatives et des programmes environnementaux

Pourquoi?

Les entreprises qui se lancent dans de nouvelles initiatives et de nouveaux programmes environnementaux sont généralement motivées par trois principaux facteurs : les valeurs, la conformité ou l’opportunité.Note de bas de page 1

  • Valeurs : « la bonne chose à faire » on entend par là les entreprises qui souhaitent réduire leur impact négatif pour favoriser leur impact positif au chapitre de la durabilité, afin de démontrer leurs valeurs. Les entreprises qui se montrent préoccupées par la réduction de leurs incidences environnementales et par la multiplication des avantages pour la communauté se taillent une bonne réputation auprès des employés, des clients, des fournisseurs, des investisseurs et des membres de la communauté.
  • Conformité : a chose que vous devez faire » c’est-à-dire réduire le temps consacré à la gestion de la réglementation actuelle, et profiter des avantages que procure le devancement de la réglementation future. La réglementation, quelle qu’elle soit, peut nuire aux opérations et à la rentabilité d’une entreprise. La réduction du risque relatif aux amendes réglementaires et du temps passé à comprendre et à se conformer aux règlements, de même que le fait de prévoir la nouvelle réglementation, sont de bonnes pratiques de gestion. Par exemple, bon nombre d’entreprises travaillent déjà à la réduction de leur consommation d’énergie et de leurs émissions de CO2, en prévision d’une réglementation forçant les entreprises à payer pour leurs émissions. D’autres entreprises s’appliquent à améliorer les conditions d’hygiène et de sécurité en milieu de travail dans l’optique de réduire leur fardeau réglementaire.
  • Avantage concurrentiel : « la chose que vous pouvez faire pour être rentable » souligne que la mise de l’accent sur l’environnement offre aux entreprises la chance d’accroître leurs revenus et leurs profits. Certaines entreprises améliorent leurs fluxs de trésorerie en réduisant les intrants de ressources (eau, énergie et services de déchet) afin de diminuer leurs coûts d’exploitation, alors que d’autres diversifient leurs gammes de produits existantes pour répondre à la nouvelle demande des consommateurs pour des produits et des services écologiques. Il y a également les entreprises qui examinent d’autres manières de répondre aux besoins sociaux par le biais du marché, par exemple les produits et services accessibles aux personnes âgées et aux personnes souffrant d’une invalidité. Lorsqu’une entreprise emprunte cette voie, en faisant connaître ses succès verts et l’importance qu’elle accorde à sa responsabilité sociale par le marketing et la publicité, elle contribue à renforcer son image de marque et à augmenter sa part de marché.

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Avantages escomptés

Attirer et maintenir en poste de bons employés

Les programmes de responsabilité environnementale et sociale ont une incidence sur les ressources humaines : ils transforment les valeurs d’une entreprise en mesures concrètes et font participer les employés au changement. De tels efforts peuvent améliorer le moral et la productivité des employés de l’entreprise, en plus d’en attirer d’autres.

Étant donné que de nombreux travailleurs estiment qu’ils sont plus écologiques que leur employeur,Note de bas de page 2 les initiatives environnementales leur permettent de mettre à profit leurs valeurs et leurs idées au travail. Lorsque les employés sont fiers de leur entreprise, ils sont plus productifs, plus créatifs, et plus engagés.Note de bas de page 3 Le maintien en poste des employés peut réduire les coûts liés au roulement du personnel. En tenant compte du recrutement, des entrevues, de l’embauche, de la formation et d’une productivité réduite, il en coûte environ 3 500,00 $ à une entreprise pour remplacer chaque employé rémunéré à 8,00 $/heure.Note de bas de page 4

Grâce à ses engagements environnementaux, une entreprise peut tirer les avantages suivants des efforts qu’elle déploie pour attirer et maintenir en poste de bons employés :

  • augmenter son avantage concurrentiel en matière de recrutement;
  • favoriser l’esprit d’équipe chez ses employés;
  • établir un lien émotionnel entre l’employé et l’entreprise.Note de bas de page 5

Réduire vos coûts d’exploitation

Les initiatives environnementales permettent de réduire les coûts d’exploitation en réduisant le coût des matériaux et des ressources. L’utilisation plus efficiente des matériaux -  même si c’est aussi simple qu’utiliser moins de papier et d’encre en poudre, réduit le coût des intrants. L’écoefficacité, soit utiliser moins d’eau et d’énergie et produire moins d’eaux usées, réduit le coût des services publics. Il est également possible de réduire les coûts d’entretien. Par exemple, il n’est pas nécessaire de changer aussi souvent l’éclairage efficient et les technologies sans eau exigent moins d’entretien. Les petites entreprises peuvent économiser jusqu’à 40 % de leurs coûts énergétiques, simplement en respectant le calendrier d’entretien de leur équipement, notamment le nettoyage et l’étanchéisation des conduites, les changements de filtre et le nettoyage des serpentins.Note de bas de page 6

Des études ont démontré que les petits immeubles commerciaux ont deux fois plus de fuites de conduites que les immeubles résidentiels. La détection et la réparation de ces problèmes constitue un moyen efficace de réduire vos coûts énergétiques et votre impact sur les changements climatiques.

Améliorer votre image de marque

L’image de marque d’une entreprise constitue son atout le plus précieux. Elle représente la valeur intangible de l’entreprise : sa réputation sur le marché. Les initiatives de durabilité aident à protéger et à améliorer votre image de marque. En joignant le geste à la parole, vous faites en sorte que votre image de marque ne soit pas ternie. En outre, en montrant de façon visible votre volonté de réduire vos incidences environnementales et sociales négatives et à rehausser votre impact positif, vous contribuez à favoriser de solides relations avec vos clients, vos employés et votre communauté. Plusieurs entreprises appellent cela le « permis social d’exercer son activité ».

La bonne nouvelle, pour les petites entreprises ayant peu ressources, c’est qu’elles n’ont nul besoin de campagnes de marketing sophistiquées pour promouvoir leur réputation. Les consommateurs ont affirmé dans un sondage que leur décision d’achat est principalement influencée par la réputation du produit ou de l’entreprise (21 %), le bouche-à-oreille (19 %) et la fidélité envers une marque (15 %). Seulement 9 % des répondants ont indiqué que l’argent dépensé en publicités écologiques influence leurs décisions.Note de bas de page 7

Maintenir et accroître votre part de marché

Alors que les grandes entreprises écologisent leurs chaînes d’approvisionnement, les petites entreprises qui les approvisionnent font face à des exigences environnementales et sociales de plus en plus strictes. Dans ce contexte, les petites entreprises novatrices maintiendront, voire augmenteront, leur part de marché et devanceront leurs concurrents. Par exemple, le géant mondial Wal-Mart pousse de nombreux fournisseurs à écologiser leurs opérations, à réduire les matières résiduelles issues de l’emballage de leurs produits et à abaisser les émissions de CO2 générées par leur production.Note de bas de page 8

La stratégie d’écologisation de votre entreprise peut vous aider à devancer vos concurrents, à vous distinguer sur le marché et à percer de nouveaux marchés. Par exemple, en 2008, les préoccupations des consommateurs relatives aux dangers potentiels du bisphénol-A (BPA) ont créé un débouché sur le marché des bouteilles d’eau réutilisables pour une petite entreprise en démarrage nommée Klean Kanteen, qui s’est positionnée en offrant une solution de rechange sûre aux bouteilles Nalgene contenant du Note de bas de page 9

Réduire vos risques

En réduisant son impact négatif sur l’environnement, votre entreprise peut réduire les risques associés aux prix volatils de l’énergie et des produits de base et à l’augmentation des primes d’assurance. Les initiatives environnementales aident votre entreprise à se protéger contre la hausse du coût des ressources naturelles (eau, énergie, bois, minéraux) en réduisant la demande. Dans certains cas, vous pourrez choisir des sources de remplacement et renouvelables et, en éliminant les produits dangereux, vous pouvez réduire le risque et les coûts associés aux déversements et aux blessures.

Les entreprises qui démontrent qu’elles gèrent proactivement leur impact sur l’environnement sont plus susceptibles de réduire leurs primes d’assurance, car elles sont perçues par les compagnies d’assurance comme ayant un profil de risque plus faible. Les entreprises qui gèrent de manière efficace leur rendement social et environnemental sont des entreprises mieux gérées globalement et plus susceptibles de présenter un nombre inférieur de demandes d’indemnisation et de payer des primes d’assurance moins élevées.

Améliorer votre accessibilité au financement bancaire

Les entreprises qui gèrent leur impact en matière de développement durable accèdent plus facilement au crédit. Réputées pour leur gestion efficace en raison de leur approche intégrée à la gestion de leurs risques financiers, sociaux et environnementaux et de leur rendement, les entreprises soucieuses du développement durable sont de plus en plus considérées comme un meilleur investissement par les institutions financières. Certaines institutions financières canadiennes, notamment HSBC et Vancity, ont commencé à scruter les antécédents relatifs à l’environnement et aux droits de la personne des bénéficiaires de prêt éventuels dans le cadre du processus d’évaluation des prêts.

Ressources supplémentaires

Business in the Community (BITC) et Little, Arthur D., The Business Case for Corporate Social Responsibility, 2003. (anglais seulement)

Willard Bob, The Sustainability Advantage. (anglais seulement)


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La Durabilité Sociale

Les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, peuvent favoriser la durabilité sociale — l’amélioration de la situation sociale des travailleurs et de leurs familles, des collectivités et de la société dans son ensemble, tant à l’échelle locale que mondiale. Les problèmes sociaux qui font obstacle au développement durable sont nombreux. Parmi ceux-ci, notons la pauvreté, le chômage et l’exclusion sociale, ainsi que les problèmes liés à la santé, à la sécurité, aux inégalités et aux conditions de travail. Les entreprises peuvent contribuer à régler ces problèmes en favorisant le bien-être de leurs travailleurs et des membres des collectivités où elles sont implantées, et en retirer du même coup de nombreux avantages intrinsèques et financiers.

L’objectif social avoué des entreprises est de créer des emplois. Ce faisant, elles contribuent directement à réduire la pauvreté et à favoriser le développement économique et social. Toutefois, de plus en plus, la communauté internationale s’entend pour attribuer aux entreprises une responsabilité sociale qui dépasse la création d’emplois et la contribution fiscale. On s’attend à ce que les entreprises tiennent compte de cette dimension sociale dans leurs activités quotidiennes et qu’elles agissent dans leur sphère d’influence pour assumer leur « responsabilité sociale » globale. Nombreuses sont les entreprises qui appliquent depuis longtemps ce principe en affaires, tandis que d’autres organisations n’ont commencé que récemment à envisager leur responsabilité sociale sous un angle stratégique et holistique. Il y a donc de plus en plus de sociétés qui incorporent une perspective sociale à leurs activités quotidiennes (et à leurs conséquences directes) et qui tiennent compte des facteurs sociaux au regard des conséquences de leurs activités sur ceux avec qui elles ont des relations (donc aux conséquences indirectes de leurs activités).

Les entreprises qui cherchent à définir leur rôle dans l’amélioration du bien-être collectif, tant à l’interne que dans leurs relations extérieures, peuvent s’appuyer sur deux ressources internationales : la première, ISO 26000, est un ensemble de directives dites « facultatives » en matière de responsabilité sociale s’adressant aux entreprises. La deuxième ressource, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), est constituée de huit objectifs adoptés par la communauté internationale lors du Sommet du millénaire qui a eu lieu en 2000 et par lesquels les nations s’engagent dans un partenariat mondial pour réduire la pauvreté extrême. Les OMD sont axés, entre autres, sur la pauvreté et la faim, l’éducation primaire, l’égalité des sexes et la mortalité infantile. On peut aller au projet millennium (anglais seulement) pour en savoir plus sur les OMD.

Les entreprises peuvent appliquer ces directives en les adaptant à leur contexte local, ou utiliser une approche « multilatérale » afin de déterminer comment créer un maximum d’impact social. Selon l’approche multilatérale, l’entreprise peut agir en concertation avec ses parties prenantes internes (employés) ou externes (clients, membres de la collectivité, fournisseurs, gouvernement local et autres) afin de fixer ses priorités.

Cette section de la feuille de route s’attardera aux trois aspects de la durabilité sociale qui sont les plus pertinents pour la majorité des petites entreprises : relations avec les employés, relations avec la collectivité et relations avec la clientèle. (La section relations avec la clientèle fournit davantage de renseignements sur l’implication des parties prenantes.)


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Relations avec les employés

Tout employeur doit considérer la qualité des emplois comme un objectif prioritaire. Les employés heureux rendent les clients heureux, ce qui se reflète dans le chiffre d’affaires. Les employés veulent des milieux de travail équitables, respectueux, sains et démocratiques, où leur contribution est valorisée. Voici certains des facteurs qui déterminent la qualité d’un emploi : rythme de travail et degré de stress, occasions d’exprimer son opinion, sécurité d’emploi, conciliation travail-vie personnelle, relations en milieu de travail, perfectionnement individuel et conditions physiques de travail.Note de bas de page 10 Les employés recherchent également d’excellents avantages sociaux, des salaires concurrentiels, des horaires flexibles et une volonté de l’entreprise d’accorder une importance capitale au bien-être des travailleurs. Les sections suivantes décrivent différents aspects de ces priorités pour les employés, notamment les pratiques en milieu de travail, la formation, la santé, la sécurité et le bien-être, la conciliation travail-vie personnelle, la diversité et des salaires vitaux (suffisants).

Pratiques en milieu de travail

Les pratiques en milieu de travail sont les procédures et pratiques qui gouvernent la manière dont le travail est exécuté au sein de votre organisation. Elles portent entre autres sur le recrutement et l’avancement, la discipline et les griefs, la cessation d’emploi, la rémunération, ainsi que les mesures influençant les conditions de travail, comme la participation des employés. (Elles touchent également la formation, la santé, la sécurité et le temps de travail, dont il est question plus loin.) Les gouvernements sont en premier lieu responsables de garantir un traitement équitable aux travailleurs, mais les entreprises qui aspirent à être de bons employeurs iront au-delà du simple respect des lois afin de créer un environnement de travail de qualité.

Un sondage auprès des employés peut servir de point de départ pour déterminer le degré de satisfaction au travail des employés et déceler les points forts et les points faibles. Cela peut aussi prendre la forme d’une journée de réflexion pour l’ensemble du personnel, où l’on demande aux employés de relever les aspects de leur travail qui pourraient être améliorés. Il peut également être utile de consulter d’autres employeurs afin de connaître les mesures qui ont de bons résultats chez eux.

Vous devez au minimum vous assurer d’offrir des salaires et des horaires raisonnables, ainsi qu’une protection médicale et dentaire si vous en avez les moyens. Il peut être avantageux pour votre entreprise d’être à l’écoute du personnel et de lui permettre d’influencer l’orientation de l’entreprise. Cela crée un sentiment d’appartenance et donne aux employés l’occasion de mettre leurs idées au service de la croissance de leur entreprise. Ceux-ci sont les yeux et les oreilles de votre entreprise. Ils peuvent donc apporter un point de vue différent et précieux, essentiel au succès de l’organisation. Dans l’éventualité où d’importants changements fonctionnels se produiraient, les employés s’attendront à être consultés en temps opportun afin que les conséquences négatives pour eux-mêmes et leurs familles soient réduites au minimum. Les « meilleurs employeurs » ont généralement recours aux pratiques suivantesNote de bas de page 11 :

  • les hauts dirigeants s’affichent parmi les employés, afin de favoriser les liens de confiance;
  • les communications sont régulières au sujet de l’orientation de l’entreprise, de ses stratégies, de ses progrès et du rôle des employés;
  • une culture de participation est instaurée, qui encourage les employés à exprimer leurs opinions et à contribuer à la résolution de problèmes;
  • les réussites sont soulignées;
  • l’embauche est encadrée par des examens réguliers du rendement;
  • l’entreprise valorise la conciliation travail-vie personnelle.

Conciliation travail-vie personnelle

Il y a dix ans, l’avancement était au premier rang des priorités professionnelles des Canadiens. Aujourd’hui, c’est la conciliation travail-vie personnelle : près de 40 % des hommes et des femmes qui travaillent affirment qu’ils quitteraient leur emploi pour des raisons de conciliation travail-vie personnelleNote de bas de page 12. Dans un tel contexte, l’adoption de pratiques de travail flexibles peut créer un avantage concurrentiel pour les entreprises qui recrutent. La conciliation travail-vie personnelle représente la conjugaison du travail rémunéré et des obligations familiales, mais ne se limite pas qu’à cet aspect. Il s’agit également de soutenir tout un éventail de responsabilités non professionnelles, comme l’éducation, la culture, les loisirs et le bénévolat. Les petites entreprises sont avantagées dans ce domaine, puisque les employeurs peuvent convenir d’arrangements avec chaque employé de façon non formelle, sans subir toute la lourdeur administrative de grands programmes officiels.

Voici certaines pratiques qui favorisent la conciliation travail-vie personnelle :

  • horaires de travail flexibles (horaire variable / télétravail)
  • capacité de travailler de la maison (lieu de travail flexible)
  • banques d’heures accumulées à convertir en congés
  • congés pour raisons personnelles
  • réduction de la charge de travail
  • réduction volontaire des heures de travail (p. ex. temps partiel)
  • flexibilité dans la planification des vacances
  • semaine de travail comprimée
  • partage d’emploi
  • absences autorisées
  • soutien pour enfants ou aînés à charge (p. ex. congé pour prendre soin d’un enfant malade ou service de garde sur place ou à proximité)
  • congés de maternité, de paternité et d’adoption

Le succès des programmes de conciliation travail-vie personnelle repose sur l’exemple donné par les hauts dirigeants et sur la culture d’entreprise. Les employeurs qui sont déterminés à aider leurs employés à atteindre l’équilibre entre leurs aspirations professionnelles et personnelles doivent eux-mêmes appliquer ce principe et éviter de véhiculer une culture de zèle excessif.

Santé, sécurité et bien-être

Selon Statistique Canada, l’absentéisme au travail entraîne chaque année des pertes estimées à 12 milliards de dollars et des dépenses représentant 5,6 % du budget en salaires des entreprisesNote de bas de page 13. Sachant que le coût direct moyen de l’absentéisme en 2000 s’élevait 3 550 $ par employé par annéeNote de bas de page 14, vous constaterez que les coûts liés à l’absentéisme montent en flèche et que ses répercussions sur la rentabilité de votre entreprise sont considérables. En effet, les chiffres révèlent que les entreprises employant moins de 20 personnes perdent en moyenne 6,2 jours par employé. Celles qui emploient entre 20 et 99 personnes perdent en moyenne 7,3 jours, le nombre de jours perdus augmentant proportionnellement à l’effectifNote de bas de page 15.

Les petites entreprises peuvent se donner des objectifs visant à améliorer la santé, la sécurité et le bien-être de leurs employés pour des raisons de rentabilité ou de responsabilité sociale, ou une combinaison des deux. Certaines entreprises considèrent même le bien-être au travail comme un élément de leur stratégie organisationnelle en raison des liens entre la santé et la satisfaction au travail. Quelle que soit la raison, toute initiative visant à créer un milieu de travail sain commence d’abord par des mesures pour assurer la sécurité des travailleurs et la prévention des blessures, pour ensuite évoluer avec l'établissement de programmes qui aident les employés à adopter des comportements sains : cesser de fumer, s’alimenter sainement ou faire de l’exercice.

Vous pourriez vous donner comme objectif de favoriser au maximum le bien-être physique, mental et social de vos employés et de les protéger des risques pour leur santé découlant de leurs conditions de travail. Le stress, le tabagisme, l’incapacité de concilier travail et vie personnelle et le sentiment d’avoir perdu la maîtrise des horaires et des milieux de travail figurent parmi les principaux problèmes liés à santé au travail de nos joursNote de bas de page 16. Les substances, procédés et équipements dangereux peuvent être au centre des préoccupations de santé et de sécurité. Afin de garantir un milieu de travail sécuritaire et productif, une entreprise peut se doter d’une politique de santé, sécurité et bien-être, effectuer des inspections afin de s’assurer que les risques sont contrôlés et éliminés, donner à ses employés de la formation sur les risques en milieu de travail et sur la réglementation applicable, et tenir régulièrement des réunions afin de détecter les situations non sécuritaires et de mettre des solutions en place. Il est important de faire en sorte que les employés se sentent inspirés et impliqués. Une philosophie axée sur la santé et la sécurité peut vous aider à attirer des employés et à les conserver, à réduire les coûts en soins de santé associés à l’invalidité, aux médicaments et à l’absentéisme, en plus d’être excellente pour la motivation du personnel.

Des investissements modestes peuvent encourager un mode de vie actif chez les employés en leur permettant de faire des choix en ce sens. L’installation de supports à vélos et de douches, la publication d’un bulletin d’information sur la santé, la formation de groupes de marche et d’équipes sportives, la proposition d’aliments santé (p. ex. des fruits et des bagels) lors des réunions, à la cafétéria ou dans les machines distributrices ne sont que quelques exemples de mesures simples et très efficaces pour encourager les employés à adopter un mode de vie sain et actif.

Rien ne sert de lancer des initiatives compliquées et coûteuses. Le succès repose sur la mobilisation de la direction et des employés, la pertinence des ressources et une politique sur la santé au travail qui donne le ton et l’orientation. Vos employés seront en meilleure santé et plus productifs et le rendement de votre investissement pourrait atteindre deux à huit fois la somme initialeNote de bas de page 17.

Diversité

Un certain nombre de tendances amènent les entreprises à considérer la diversité comme un véritable avantage stratégique pour leur entreprise, par exemple le besoin de demeurer compétitif, les changements démographiques, les pénuries de main-d’œuvre, l’immigration et la mondialisation. La diversité dépasse largement la législation sur l’équité en matière d’emploi, les quotas et les cibles qui ont caractérisé le discours sur les chances égales d’emploi et les gestes concrets posés depuis quelques dizaines d’années. L’approche moderne en matière de diversité s’exprime par des organisations inclusives qui valorisent les différences plutôt que de simplement les tolérer.

Les entreprises qui recrutent et qui gèrent leurs activités avec la diversité en tête peuvent profiter d’occasions d’affaires nouvelles et de possibilités de commercialisation qui exploitent différentes perspectives, en plus de mieux comprendre les besoins et les exigences d’une clientèle en mutation. L’inclusion de personnes de toutes les communautés, sans égard à leur sexe, à leur nationalité, à leur handicap, à leur âge, à leur orientation sexuelle ou à leurs croyances, peut conférer un avantage concurrentiel. Envisageons la question sous cet angle : le personnel diversifié se trouve à l’intersection entre l’entreprise et le client. Il prend part aux décisions de conception des produits et des services et il contribue à la stratégie d’entreprise lorsqu’il s’agit de prendre des décisions sur la pénétration des marchés. Les employés ayant des origines et des affiliations diverses peuvent vous aider à mieux comprendre et à mieux servir vos clients.

La diversification de l’effectif s’effectue en deux phases. La première consiste à adapter vos méthodes d’embauche afin d’atteindre un degré de diversité plus élevé. La deuxième phase consiste à gérer cette diversité afin que vos employés et votre entreprise la mettent à profit. Lorsqu’elle est gérée inadéquatement, la diversité peut causer de la frustration, de la colère et même de la méfiance chez les employés, ce qui crée un climat de travail malsain et réduit les avantages et les possibilités dont l’entreprise peut profiter.

Une gestion efficace de la diversité exige un engagement de la part des dirigeants, ainsi que des politiques, de la formation, du matériel de soutien et un plan d’action — comme tous les autres aspects d’une stratégie d’entreprise. Les plaintes doivent être examinées rapidement et avec un souci de confidentialité, et tous les employés doivent assumer la responsabilité de leurs comportements. Toutes ces mesures peuvent favoriser la création d’un milieu de travail où règnent le respect et la valorisation des différences.

Les entreprises qui mesurent leurs résultats et demandent aux gestionnaires de rendre des comptes sont celles qui tirent le meilleur parti des engagements pris à l’égard de la diversité. En rassemblant des gens aux origines et aux intérêts divers et en accordant la priorité à l’égalité des chances et au traitement équitable, vous ferez ressortir ce qu’il y a de meilleur en chacun, pour le plus grand bien de l’entreprise et de son personnel, et au bout du compte, celui de vos clients.

Formation

La formation continue et la formation en cours d’emploi peuvent aider les employés à briller dans les fonctions qu’ils occupent et à se préparer à assumer ultérieurement d’autres responsabilités au sein de l’entreprise. En investissant dans la formation et le perfectionnement de ses employés, une entreprise peut rehausser sa capacité globale, ce qui lui permettra d’atteindre ses objectifs d’affaires. Un personnel possédant un haut niveau de compétence est plus satisfait et plus loyal, ce qui crée un avantage commercial pour l’organisation.

La formation peut servir à orienter les nouveaux employés, à aider les travailleurs à s’adapter à de nouvelles technologies ou à de nouveaux processus de travail, à résoudre des problèmes de rendement, ou encore à soutenir la transition des employés qui changent de poste.

Pour encourager la formation, les possibilités sont variées : stages, formation professionnelle, congés d’études payés, remboursement des frais de scolarité, programmes de formation continue à grande échelle, etc. Les méthodes sont tout aussi variées, notamment l’enseignement en classe, la formation en ligne grâce à des webinaires, le mentorat, l’encadrement et le soutien à l’obtention de certifications et de permis.

Salaire vital

Toute entreprise doit se donner comme première responsabilité sociale de verser des salaires décents. Les Canadiens réalisent de plus en plus que le salaire minimal (le minimum qu’un employeur est tenu par la loi de payer) est souvent insuffisant pour maintenir les familles — surtout monoparentales — à l’abri de la pauvreté. De nombreux petits salariés dépendent des subventions publiques et des banques alimentaires pour nourrir et habiller convenablement leurs enfants afin qu’ils soient en mesure de participer pleinement à leurs activités scolaires.

Le Canada, qui connaît l’une des plus graves pénuries de main-d’œuvre du monde industrialisé, est aux prises avec des problèmes de recrutement. Les pénuries de main-d’œuvre sont un obstacle considérable à la productivité, plus nuisible encore que les fardeaux fiscal et réglementaire ou l’inflation, selon une étudeNote de bas de page 18. On prévoit donc que les niveaux de rémunération auront des répercussions de plus en plus marquées sur la productivité des petites entreprises. En offrant des salaires supérieurs au taux minimal, une entreprise attirera plus facilement les travailleurs, en plus de réduire ses taux de roulement et d’absentéisme et d’acquérir une bonne réputation au sein de la collectivité.  La société KPMG, à Londres, a vu ses taux de roulement chuter de moitié après la mise en place d’une politique de paiement d’un salaire vital à tous ses employés directs et contractuels en 2006Note de bas de page 19.

En offrant un salaire qui correspond au coût de la vie, un « salaire vital », les employeurs peuvent faire preuve de responsabilité sociale tout en améliorant les relations avec leurs employés. Le salaire vital est le salaire dont les employés ayant une famille ont besoin, compte tenu du coût réel de la vie dans leur collectivitéNote de bas de page 20. Il s’agit du taux horaire qui permet aux salariés en ménage de nourrir, d’habiller et de loger leur famille, de favoriser le développement sain des enfants, de prendre part aux activités qui font normalement partie de la vie communautaire, ainsi que d’échapper à l’anxiété chronique associée à un état de pauvretéNote de bas de page 21. Dans la région métropolitaine de Vancouver, en 2008, ce salaire s’élevait à 16,74 $ par heure, pour une famille biparentale avec des enfants en bas âgeNote de bas de page 22.

Les entreprises qui peuvent verser un salaire vital contribuent à réduire la pauvreté infantile, le manque d’instruction, ainsi que les risques de précarité d’emploi, de sous-emploi et de problèmes de santé futurs. En plus de favoriser le développement sain des enfants, le salaire vital peut favoriser l’égalité des sexes et réduire les graves difficultés financières que connaissent certaines familles.


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Mesures concrètes

Pratiques en milieu de travail

Il pourrait être avisé d’effectuer un sondage (anonyme) auprès de vos employés afin d’évaluer leur satisfaction au travail et de relever les sujets de préoccupation. Élaborez ensuite un plan d’action pour combler les lacunes. Demandez aux employés leur opinion sur les manières dont leurs conditions de travail pourraient être améliorées. Vous pourriez par exemple le faire régulièrement, à chacune des réunions hebdomadaires ou mensuelles avec les employés. Créez un climat rassurant où les employés exprimeront sans crainte leurs préoccupations. Vous pouvez instaurer des programmes officiels pour recueillir les suggestions des employés (p. ex. une boîte à suggestions) afin de connaître les difficultés auxquelles vos employés sont confrontés et ce qui peut être fait pour les éliminer. Mettez à profit tous vos canaux de communication, comme les réunions de service, les courriels envoyés par le président-directeur général, les bulletins et les notes de service, afin de faire savoir clairement aux employés ce que l’entreprise fait et quel est le rôle qu’ils ont à jouer pour atteindre vos objectifs d’affaires.

Conciliation travail-vie personnelle

Pour mettre sur pied un programme de conciliation travail-vie personnelle, évaluez d’abord les besoins des employés et commencez modestement. Quelles sont les priorités? La semaine de travail comprimée, les horaires flexibles, le travail à temps partiel ou le partage d’emploi? Faites d’abord un essai. Après cette période d’essai, sondez l’opinion des employés, des collègues, des clients, des fournisseurs et de toutes les autres parties prenantes qui ont été touchées par l’initiative. Relevez les problèmes s’il y en a et ajustez le programme. Rédigez et affichez la déclaration de votre engagement à l’égard de la conciliation travail-vie personnelle pour que le personnel sache qu’il peut compter sur votre soutien. Dans la mesure du possible, devenez vous-même un exemple en conjuguant vos aspirations professionnelles et personnelles, afin que ce principe s’intègre dans la culture d’entreprise.

Santé, sécurité et bien-être

La première étape de la création d’un milieu de travail sain et sécuritaire consiste à communiquer aux employés l’engagement de la direction à cet égard, par exemple en rédigeant et en publiant une politique. Faites participer les employés à l’élaboration de cette politique. Demandez-leur également de proposer des initiatives mettant en œuvre la politique. Un comité d’employés peut contribuer à mobiliser les employés et à déterminer d’autres manières d’améliorer la santé et la sécurité. Pour trouver des idées, renseignez-vous sur les besoins des employés grâce à un questionnaire, à un sondage éclair en ligne ou à un groupe de discussion.

D’autres solutions s’offrent aussi à vous, comme une vérification régulière de la conformité de l’entreprise aux règlements en matière de santé et de sécurité, l’ajout de la santé et de la sécurité à l’ordre du jour de toutes les réunions de direction ou de service, ainsi qu’une communication continue à ce sujet par l’intermédiaire de bulletins.  Même en ayant comme objectif à long terme d’offrir un programme complet de sécurité et de bien-être au travail, vous pouvez commencer en instaurant un programme de base simple, comme des dîners-conférences. Quelle que soit l’approche privilégiée, assurez-vous que la haute direction démontre son engagement à l’égard de la santé des employés.

Diversité

Comme c’est le cas pour la plupart des mesures touchant les relations avec les employés, la première étape visant à promouvoir, mettre en place et gérer la diversité consiste à définir et à communiquer votre approche. Afin d’augmenter la diversité de votre effectif, vous devrez revoir vos méthodes d’embauche et vos pratiques en milieu de travail afin de déterminer quelles mesures favoriseraient une plus grande diversité. Par exemple, vous pourriez modifier la manière dont vous annoncez les postes vacants afin de rejoindre d’autres groupes démographiques. Vous pouvez entre autres publier des annonces dans les médias ethniques, établir des relations avec des organismes ethnoculturels ou des groupes de personnes handicapées. Assurez-vous aussi que les illustrations et le texte de la documentation utilisée pour le recrutement reflètent vos valeurs en matière de diversité. Demandez des suggestions à votre personnel.

Vous pourriez envisager la réorganisation ou l’adaptation des tâches ou des locaux afin de pouvoir embaucher des personnes handicapées. Si vous soupçonnez des comportements pouvant faire obstacle à la diversité dans votre milieu de travail, il pourrait être avisé d’avoir recours à de la formation ou à d’autres ressources pour surmonter ces barrières comportementales. Si vous embauchez des personnes appartenant à un groupe minoritaire sur le plan du sexe, de la nationalité, des capacités physiques ou autre, il peut être nécessaire d’offrir aux employés de la formation psychosociale afin qu’ils comprennent quels sont le comportement et le style de communication auxquels l’entreprise s’attend d’eux.

Une politique sur le respect en milieu de travail peut contribuer à faire connaître les valeurs de l’entreprise à ce chapitre. Prenez soin de donner suite à toutes les plaintes pour manque de respect ou pour harcèlement; assurez-vous que la direction et les employés assument la responsabilité de leurs comportements.

Pour conserver le personnel et maintenir la diversité, l’entreprise peut instaurer un horaire flexible tenant compte des rendez-vous médicaux, des pratiques religieuses et des services de garde, par exemple. Pour soutenir les employés dans un milieu de travail diversifié, vous pouvez également encourager la création de groupes de soutien, l’adhésion à des réseaux de soutien ou l’utilisation de site Web pour permettre le partage de connaissances sur les ressources et les droits au travail, les discussions et l’échange de renseignements.

Formation

La mise en place d’un programme de formation rentable et de qualité commence généralement par un sondage ou une évaluation de la main-d’œuvre pour fixer les priorités en matière de formation, ainsi que par la recherche de ressources de formation, soit sur place ou en ligne. Bon nombre d’entreprises collaborent avec les établissements collégiaux et les écoles techniques de leur région afin de créer des programmes sur mesure qui répondront à leurs besoins. La formation des formateurs peut être une solution économique : un petit groupe d’employés reçoit une formation, puis forme à son tour le reste du personnel.

La solution idéale est de donner à vos employés l’accès à des congés d’études, ou mieux encore, de les rémunérer pendant qu’ils reçoivent de la formation. Le remboursement des frais de scolarité est un avantage très apprécié par les employés, qui peut contribuer à la fidélisation et à la conservation du personnel.

Avantages commerciaux

Le maintien de relations harmonieuses avec les employés offre de multiples avantages commerciaux. En voici quelques exemples :

  • une satisfaction accrue des employés, qui se traduit par une baisse du taux de roulement, une amélioration de la capacité d’adaptation aux changements, une hausse de la productivité, des économies substantielles et la conservation du savoir;
  • une amélioration de la renommée et de la réputation, ainsi qu’un bassin de talents plus vaste, qui entraîne une réduction des coûts de recrutement et du nombre de candidatures non sollicitées;
  • une diminution de l’absentéisme, des blessures, des accidents, des coûts liés aux invalidités et aux indemnisations, des coûts d’assurance vie et d’assurance médicale, des coûts associés à la formation d’employés temporaires, des coûts découlant de dommages matériels, des amendes et des primes d’assurance;
  • une amélioration des aptitudes et des compétences du personnel.

Les employeurs qui traitent bien leur personnel peuvent supplanter leurs rivaux sur les plans de la satisfaction de la clientèle, de la croissance des revenus et de la rentabilité en général.

Ressources

Pratiques en milieu de travail

« What Makes a Best Employer? » Renseignements et conclusions de l’étude de Hewitt sur les meilleurs employeurs au monde (anglais seulement). (PDF - 1.20 MB - 28 pages)

Canada’ Healthy Workplace Month fournit les meilleures pratiques et des ressources pour soutenir les milieux de travail sains.

Les organisations syndicales fournissent enseignements et encadrement pour créer des milieux de travail sains. Le Congrès du travail du Canada chapeaute les syndicats nationaux du Canada.

De nombreuses chambres de commerce offrent des programmes et des conseils aux petites entreprises. Communiquez avec votre chambre de commerce locale.

Santé, sécurité et bien-être

Le site Web « Santé et sécurité au travail » du gouvernement canadien est une ressource qui aide les employeurs et les employés à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Un site Web du gouvernement canadien faisant la promotion d’une vie active au travail.

Une liste de ressources concernant la promotion de la santé en milieu de travail (anglais seulement).

Diversité

Publication canadienne en ligne sur la diversité (anglais seulement)

« What About Disability? »  Un guide essentiel pour les petites entreprises (anglais seulement).

Formation

Communiquez avec l’établissement d’enseignement collégial ou technique de votre région.

Salaire vital

Un rapport de recherche qui donne un aperçu de ce que serait « un salaire vital pour les familles » (PDF - 2.85 MB - 52 pages) (anglais seulement).

Site Web de ressources de l’organisme « A living wage for families » (anglais seulement).


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Relations avec la collectivité

Contexte

Une entreprise socialement responsable doit impérativement tisser avec la collectivité des liens solides et mutuellement avantageux. Une entreprise qui se préoccupe activement du bien-être de la collectivité gagne le soutien de cette dernière, sa fidélité et son estime. Toute entreprise cherche à obtenir ce « permis d’exploitation social », comme on l’appelle souvent.

Les entreprises qui entretiennent des relations avec la collectivité ou qui s’impliquent au sein de la communauté appliquent en général une approche communautaire visant à prévenir ou à régler certains problèmes, à former des partenariats sociaux et à contribuer globalement à la qualité de vie de la collectivité. Les relations avec la collectivité sont également bonnes pour les affaires, puisque l’entreprise en retire un apport précieux de la part de la communauté et des autres parties prenantes.

Les entreprises entretiennent des relations avec les communautés locales avec lesquelles elles ont des intérêts communs. Ainsi, il est judicieux de prendre le temps de réfléchir à la manière dont vos relations peuvent servir à bâtir des initiatives mutuellement avantageuses. Le rendement, la rentabilité et la réputation de votre entreprise peuvent être rehaussés par vos efforts d’implication au sein de la collectivité.

Fixez vos priorités en tenant compte du contexte local, de votre stratégie d’entreprise, de vos atouts et de vos compétences. Consultez d’autres parties prenantes, notamment vos employés et des groupes communautaires importants, qui vous aideront à déterminer où investir le temps et les ressources de votre programme de relations avec la collectivité.

Voici certains domaines d’activités vers lesquels toute entreprise devrait envisager de se tourner :

  • accessibilité;
  • recrutement social;
  • implication des parties prenantes.

Un quatrième domaine d’activités, les dons communautaires, le bénévolat et les partenariats, est abordé dans une autre section.

Accessibilité

Pour s’impliquer au sein de la collectivité, il est essentiel de s’assurer que vos locaux, vos produits, vos services et vos communications sont faciles d’accès pour tous, quels que soient leurs capacités physiques, leur sexe, leur âge, leur origine ethnique, etc. Une entreprise peut démontrer son engagement à l’égard de l’inclusion en accueillant tous les membres de la communauté de manière à éveiller un sentiment d’inclusion et d’appartenance. Cela signifie que chacun peut prendre une part active dans la vie collective et voir sa contribution reconnue. C’est particulièrement vrai dans le cas des personnes handicapées, qui sont le sujet principal de cette section.

Les personnes considérées comme handicapées sont celles « qui ont de la difficulté à vaquer à leurs occupations quotidiennes ou dont la condition physique ou mentale ou un problème de santé limite le type et le nombre d’activités qu’[elles] peuvent faire »Note de bas de page 23. Il peut s’agir de surdité ou de difficultés auditives, de cécité ou de vision partielle, de troubles de la parole, de mobilité réduite — comme la difficulté de marcher sur une longue distance ou de se tenir debout pendant une longue période — d’agilité réduite (difficulté à se pencher ou à s’étirer), de troubles psychiatriques ou encore de handicaps intellectuels ou de difficultés d’apprentissageNote de bas de page 24.

La population étant vieillissante, le nombre de personnes handicapées est appelé à augmenter au sein des effectifs et de la clientèle des entreprises. Ces dernières doivent donc assurer un traitement équitable à toutes les personnes qu’elles emploient ou qu’elles servent. C’est une stratégie d’affaires sensée, puisqu’un Canadien sur sept est atteint d’un handicap (14,3 % de la population en général et 43,2 % des adultes de plus de 65 ansNote de bas de page 25).

La diversité en milieu de travail est abordée aux sections Relations avec les employés et Recrutement social. Cette section est axée sur les clients et les membres de la collectivité, mais les employés tireront également parti de la plupart des mesures proposées pour favoriser l’accessibilité et l’inclusion des consommateurs et des membres de la collectivité.

Il est judicieux de vous assurer que l’accès physique à votre entreprise est possible pour tous, notamment les parents avec poussettes. Le libre accès dépasse le simple respect des exigences du code du bâtiment, afin de réduire au minimum les obstacles et de permettre un véritable accès aux locaux. Les comptoirs surbaissés, les salles de bain adaptées, les planchers antidérapants, les alarmes d’incendie visuelles, ainsi que l’affichage à contraste élevé, en gros caractères, en relief et en braille sont autant de solutions possibles pour rendre vos locaux accessibles à tous.

L’accessibilité concerne également la facilité d’emploi de vos produits et services. Les « principes de conception universelle » constituent une approche en matière de conception de produits et d’environnements qui vise à les rendre utilisables et efficaces pour tous (d’où la notion d’universalité). Les produits qui respectent les principes de conception universelle sont d’un usage souple et équitable, ils sont simples et conviviaux et n’exigent pas un grand effort physiqueNote de bas de page 26. Les autobus à plancher surbaissé avec rampe, les portes et corridors intérieurs plus larges, les sous-titres, etc. représentent des innovations en matière « d’accessibilité » que la société d’aujourd’hui tient pour acquises. Efforcez-vous d’intégrer le concept d’universalité dans les activités quotidiennes de votre entreprise afin de créer un environnement ainsi que des produits et services qui sont plus sûrs et plus inclusifs. Allez au-devant des besoins de vos clients handicapés et effectuez les ajustements nécessaires pour leur permettre d’utiliser vos produits et services.

La manière dont vous communiquez avec vos clients peut également améliorer leur expérience, notamment celle des clients ayant un handicap. La communication respectueuse consiste entre autres à s’adresser directement à la personne plutôt qu’à son accompagnateur, à utiliser un langage axé sur la personne plutôt que sur sa condition (p. ex. en disant « une personne en fauteuil roulant » ou « une personne aveugle » plutôt que « un handicapé » ou « un aveugle »), ainsi qu’à demander la permission avant d’apporter son aide. Les communications électroniques doivent toujours être conformes aux Directives du W3C pour l’accessibilité aux contenus du Web, la norme internationale en matière d’accessibilité au Web.

Certaines entreprises s’efforcent de devenir des « entreprises intégratrices » en contribuant à l’avancement de l’inclusion sociale des personnes handicapées. Le (UK Employers' Forum on Disability) fait la promotion de ce concept auprès des grandes entreprises en définissant l’entreprise intégratrice comme une entreprise qui :

  • comprend les répercussions des handicaps sur tous les aspects de ses activités — les gens, les marchés, la concurrence, les fournisseurs, les collectivités et les principales parties prenantes;
  • instaure une culture d’inclusion et élimine les barrières qui se dressent devant certains groupes;
  • effectue des ajustements qui permettent à certaines catégories de personnes d’apporter leur contribution à titre d’employés, de clients et de partenairesNote de bas de page 27.

Compte tenu des percées technologiques et de la démographie, les personnes handicapées vivent plus longtemps et leur présence sur les marchés est donc plus marquée. Les entreprises qui peuvent tirer parti de cette réalité en rendant leurs locaux, leurs produits et leurs communications plus accessibles pourront profiter de nouvelles occasions d’affaires et assurer leur croissance.

Recrutement social

Les entreprises qui cherchent à contribuer véritablement à la réduction de la pauvreté ainsi qu’à l’inclusion sociale et économique peuvent songer à embaucher des personnes qui rencontrent des obstacles sur le marché du travail en raison d’un handicap physique ou mental, d’un trouble du développement, d’une inadéquation de leurs talents, d’une expérience ou de compétences insuffisantes, d’une période de chômage prolongée, de leur âge, de leur culture ou de leur langue, etc. Les personnes aux prises avec de telles difficultés — une situation les empêchant d’obtenir un emploi ou leur rendant la chose difficile — demeurent souvent hors du marché du travail pendant plusieurs années et connaissent divers problèmes qui nuisent à leur retour à une vie professionnelle active.

Le « recrutement social » constitue un engagement de la part d’un employeur à recruter expressément des employés aux besoins particuliers. Il existe plusieurs moyens de trouver des candidats de qualité parmi lesquels faire une sélection. Vous pouvez par exemple choisir d’avoir recours à une agence de placement financée par le gouvernement. Vous trouverez des répertoires d’agences à la section Ressources, ci-après. Partout au Canada, il existe des agences qui ont des programmes visant à épauler les employeurs dans le recrutement, la présélection et le suivi, réduisant souvent les coûts de recrutement. Une petite entreprise peut également cibler un groupe désavantagé, comme les jeunes, les nouveaux arrivants ou les personnes handicapées, et trouver l’agence locale ou provinciale qui est en mesure de lui fournir le soutien pratique dont elle a besoin. Parfois, l’organisme de placement peut aider l’entreprise à obtenir une subvention salariale du gouvernement ou à profiter d’autres programmes incitatifs, afin de compenser certains des coûts et d’accroître la création de valeur pour l’entreprise. Dans un tel cas, on s’attend à ce qu’un poste permanent soit créé par l’employeur après l’expiration de la subvention.

De nombreux franchisés de l’entreprise ontarienne (Active Green & Ross), spécialisée dans la mécanique automobile et les pneus, embauchent des employés de premier échelon par l’intermédiaire d’agences sans but lucratif dédiées au placement de personnes qui ont rencontré et surmonté des obstacles à l’emploi. Par exemple, environ un tiers des employés de leurs deux établissements à Barrie, en Ontario, ont été recommandés par le programme sans but lucratif Connexion Emploi. Pour le propriétaire de cette petite entreprise, c’est cette méthode qui s’est révélée la plus efficace, car les employés font l’objet d’une présélection avant d’être recommandés, reçoivent souvent de la formation et perfectionnent leurs compétences avant d’être placés et ont accès à du soutien pour conserver leur emploi. Tous ces facteurs combinés ont contribué au succès des placements et à une conservation accrue des employés.

L’entreprise de réparation d’équipement alimentaire commercial établie en Colombie-Britannique, Key Food Equipment Services, devait embaucher pour son siège social quelqu’un qui effectuerait certaines tâches importantes qui « n’entraient dans aucune description de poste ». L’entreprise a alors embauché une personne ayant un trouble du développement, grâce à un service de placement sans but lucratif, d’abord dans le cadre d’un programme d’acquisition d’expérience rémunérée. Le nouvel employé a fait ses débuts à la facturation, ainsi qu’à l’ensachage et à l’étiquetage de pièces dans l’entrepôt. Il s’est révélé un travailleur très compétent et a donc obtenu un poste permanent, assorti de responsabilités plus grandes et d’un plus grand nombre d’heures de travail. Il travaille désormais quotidiennement à l’inventaire périodique des pièces, en plus de stocker et de sélectionner les pièces.

Implication des parties prenantes

L’implication des parties prenantes désigne le processus d’écoute et de dialogue avec vos parties prenantes — habituellement, vos employés, vos clients et les membres de la collectivité — au sujet de leurs difficultés, de leurs préoccupations et de leurs besoins, ainsi que les orientations et décisions majeures de l’entreprise. Cela vous aidera à satisfaire davantage leurs besoins, tout en produisant pour votre entreprise des résultats plus concrets et durables. De plus en plus d’entreprises réalisent qu’il est important d’écouter leurs principaux auditoires afin de déceler les possibilités commerciales, de gérer les risques et d’innover avec leurs produits et services. Aux parties prenantes habituelles que sont les employés, les clients et la collectivité, s’ajoutent les autres groupes avec lesquels votre entreprise traite, comme les fournisseurs, les gouvernements, les autorités de réglementation, les ONG (organisations non gouvernementales), les investisseurs, les associations d’industrie, les médias, les Autochtones et bien d’autres. Bref, tous ceux pour qui les décisions et les activités de votre organisation ont un intérêt direct ou indirect sont des parties prenantes.

L’implication des parties prenantes peut vous aider à améliorer la communication avec celles-ci, à obtenir leur appui à l’égard de certains projets, à vous assurer du soutien de la collectivité, ainsi qu’à puiser dans un bassin supplémentaire d’idées, de données et de renseignements. En étant à l’écoute des préoccupations et des désirs de vos parties prenantes, vous pouvez tenir compte de leurs diverses priorités et perspectives; vous obtenez ainsi ce fameux « permis d’exploitation social ».

L’implication des parties prenantes est efficace lorsque l’entreprise recherche véritablement un apport de la part des intervenants; elle ne fonctionne pas si on l’applique dans le but de gérer des enjeux ou d’influencer certains groupes.

La coopérative de crédit Assiniboine Credit Union, à Winnipeg, au Manitoba, est un excellent exemple d’implication — et de consultation — de la collectivité. Au moment d’élaborer sa stratégie de responsabilité sociale d’entreprise, en 2008, Assiniboine a demandé à sept leaders et entrepreneurs de la collectivité ayant des réseaux bien établis de rédiger chacun de leur côté un court texte décrivant les trois principaux problèmes de la collectivité et le rôle que la coopérative de crédit pourrait jouer afin de les résoudre. Une analyse de ces rapports a révélé que la pauvreté, les changements climatiques et la pénurie de main-d’œuvre (qualifiée) étaient les principaux problèmes sociaux, économiques et environnementaux à traiter. Des interventions ont également été proposées à la coopérative. L’exercice a servi à l’élaboration de la stratégie d’Assiniboine en matière de responsabilité sociale d’entreprise. En guise de remerciement, la coopérative a remis 1000 $ à chaque partie prenante ou à une organisation caritative désignée par cette dernière.

Mesures concrètes

Accessibilité

La première étape à franchir pour promouvoir l’accessibilité et l’inclusion sociale consiste à adopter une mentalité selon laquelle chacun, qu’il ait ou non un handicap, doit être traité de façon équitable et conformément à ses besoins. Dans cette perspective, faites participer autant que possible les personnes handicapées, leurs proches et leurs amis dans la définition de votre approche. Demandez l’opinion de vos clients. Communiquez avec des groupes locaux de personnes handicapées et des groupes de promotion de l’accessibilité pour leur demander conseil. Des instituts techniques et certains départements universitaires pourraient peut-être vous aider à effectuer l’étude de marché et le développement de produit nécessaires afin d’adapter votre gamme actuelle en fonction des personnes ayant des handicaps physiques.

De nouveaux produits et services, des locaux et des communications plus accessibles aux personnes handicapées doivent s’accompagner de formation pour conscientiser le personnel afin que les interactions soient plus aisées. N’oubliez pas de demander avant d’aider, et d’agir en conséquence de la réponse.

Les personnes handicapées et leurs réseaux de soutien ont des attentes élevées quant à la manière de les inclure dans la vie communautaire. Pour une entreprise socialement responsable, il est essentiel de considérer les personnes handicapées comme d’éventuels clients et employés et non comme les bénéficiaires d’une œuvre charitable.

Recrutement social

Le recrutement social est un moyen pour les entreprises d’utiliser une fonction administrative incontournable (le placement) à des fins sociales. Les petites comme les grandes entreprises ont la possibilité d’embaucher des personnes ayant des besoins particuliers. La première étape consiste à trouver un poste convenable — qui peut exiger un certain degré d’adaptation des tâches ou de l’environnement. Ensuite, il faut chercher une organisation locale ou provinciale qui vous aidera à dénicher des candidats adéquats. Si vous accordez la priorité à l’embauche de jeunes aux prises avec des obstacles à l’emploi, privilégiez les agences d’aide à la jeunesse. Si vous souhaitez avant tout engager des personnes handicapées ou de nouveaux arrivants, communiquez avec des organisations œuvrant dans ces secteurs. La section Ressources ci-dessous énumère les services de placement provinciaux sans but lucratif qui peuvent également vous aider dans vos démarches de recrutement.

Implication des parties prenantes

Lorsque vous commencez à consulter et à mobiliser vos principales parties prenantes autour d’une nouvelle initiative d’affaires, ou que vous recueillez simplement leurs commentaires, leurs préoccupations et leurs idées, il peut être judicieux de dresser le portrait des intervenants qui sont concernés — directement ou indirectement, positivement ou négativement — par votre entreprise ou par votre décision d’affaires. Tenez une séance de déballage d’idées avec tous ceux qui, selon vous, pourraient trouver un intérêt dans vos décisions et vos activités. Pensez également aux parties prenantes qui pourraient soulever des préoccupations environnementales ou le point de vue des « générations futures ».

Définissez clairement la « portée » de la consultation et de l’implication recherchée afin de mieux délimiter la discussion. Envisagez d’organiser des réunions, des groupes de discussion ou des entrevues, de former des comités consultatifs ou de créer un site Web interactif ou une boîte de courriel afin d’ouvrir avec vos parties prenantes un dialogue sur votre rendement en matière de durabilité ou sur des décisions que vous avez à prendre.

Une fois le processus terminé, fournissez aux participants (et au public, si possible) un résumé de la consultation qui énumère les commentaires reçus et qui présente la manière dont les résultats entraîneront des mesures concrètes. Cette reddition de comptes démontrera à vos parties prenantes que vous avez apprécié le temps qu’elles vous ont consacré et les commentaires qu’elles ont faits, en plus d’illustrer comment leur participation a influencé vos décisions.

Avantages commerciaux

Permis d’exploitation social

Vos relations avec la collectivité peuvent contribuer à rehausser la réputation de votre entreprise et améliorer votre image au sein de la collectivité et auprès des autres parties prenantes. Ces relations peuvent assurer la pérennité de votre entreprise, son expansion, la croissance des ventes, le soutien des autorités réglementaires, etc. De plus, elles peuvent vous permettre d’acquérir la confiance de vos parties prenantes et du prestige auprès de celles-ci, ce qui les incitera à vous demeurer fidèles et à vous accorder leur soutien dans les bons et les mauvais moments.

Recrutement, conservation et motivation du personnel

Les entreprises qui sont estimées au sein de leur collectivité attirent et conservent plus facilement la main-d’œuvre. Les gens préfèrent travailler pour une entreprise qui laisse sa marque dans la collectivité, et les employés heureux sont habituellement plus motivés, plus engagés et plus productifs.

Les entreprises qui embauchent des personnes aux prises avec des obstacles à l’emploi peuvent tirer un avantage commercial de cette décision. Par exemple, des études ont démontré que les personnes handicapées peuvent être aussi productives et fiables que toutes les autres catégories d’employés; en outre, elles sont plus assidues et ont moins d’accidents que leurs collèguesNote de bas de page 28. D’autres études révèlent que lorsqu’une entreprise est perçue comme favorisant l’embauche de personnes handicapées et accueillant les clients handicapés, la motivation du personnel, l’esprit d’équipe et la réputation s’en trouvent améliorésNote de bas de page 29.

Innovation et nouveaux marchés

Les entreprises qui sont à l’écoute de leur collectivité et de leurs autres parties prenantes sont en mesure de tirer parti des nouvelles tendances des marchés et des possibilités d’innovation. Grâce au réseautage et à d’autres liens avec la collectivité, les entreprises se placent en position de générer de nouvelles idées commerciales, des pistes sur des clients éventuels et de nouvelles possibilités de partenariats.

Selon une estimation, le pouvoir d’achat des personnes handicapées et de leurs familles s’élèverait à 25 milliards de dollars par anNote de bas de page 30. Les personnes handicapées et leur famille immédiate (père, mère, frères et sœurs, conjoint ou conjointe) représentent environ 53 % de la population canadienneNote de bas de page 31. Les entreprises qui deviennent « intégratrices » en embauchant et en accommodant les personnes handicapées peuvent accélérer leur innovation et élargir leur clientèle.

Les entreprises qui engagent des membres de communautés immigrantes peuvent tirer parti des réseaux internationaux de ces derniers, de leurs compétences, de leurs relations avec la collectivité et de leurs connaissances langagières, ce qui confère à ces entreprises un avantage concurrentiel à l’échelle internationale.

Ressources

Accessibilité

« The Disability Communication Guide », du Employers' Forum on Disability (anglais seulement).

Implication des parties prenantes

« What About Disability » est un guide produit par le Employers' Forum on Disability (anglais seulement).

Répertoires d’agences de placement :

Implication des parties prenantes

Site Web d’Industrie Canada sur la responsabilité sociale des entreprises, qui fournit des renseignements sur l’élaboration d’un programme d’implication des parties prenantes.


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Relations avec la clientèle

Avantages commerciaux

Contexte

Sans clientèle, point de salut. Voilà le principe de base des affaires, que ce soit dans le secteur du détail ou dans les relations interentreprises. Que vous considériez ou non la satisfaction de la clientèle comme un enjeu lié à la responsabilité sociale, tous les propriétaires d’entreprise considèrent celle-ci comme un enjeu lié à la rentabilité. Consacrer ressources et temps à la compréhension de la clientèle est toujours un investissement judicieux. En effet, des relations solides et efficaces avec les clients peuvent assurer la prospérité à long terme.

Mobilisation de la clientèle

Être à l’écoute des clients et les mobiliser sont les premières étapes d’une bonne relation. Dans cette optique, bon nombre d’entreprises mesurent la satisfaction de leurs clients afin de connaître leurs attentes et d’évaluer leur expérience. Le service, le prix, la valeur, le produit et l’expérience du client sont alors analysés. C’est ici qu’une responsabilité sociale accrue a son importance, car elle permet d’améliorer les relations avec la clientèle, de favoriser la bonne entente et de prendre continuellement le pouls de la progression de l’expérience client. Aussi, il est tout à fait sensé de mettre en place des mécanismes de rétroaction à l’intention de la clientèle, que ce soit au moyen de cartes de commentaires ou d’une adresse électronique réservée à cette fin (servicealaclientele@entreprise.com). Soyez réellement à l’écoute de vos clients et donnez suite à leurs commentaires. Vous aurez ainsi une meilleure compréhension de leurs besoins et vous les fidéliserez. Des clients mobilisés et satisfaits sont plus enclins à faire de nouveau appel à vos services et à vous recommander.

Confiance de la clientèle

La confiance de la clientèle est un élément clé de la réussite d’une entreprise. Une recherche réalisée par Edelman, une société internationale de relations publiques, a démontré que « la confiance et la transparence jouent un rôle aussi important que la qualité des produits et services au regard de la réputation d’une entreprise » [traduction]Note de bas de page 32. L’accroissement de la confiance de la clientèle envers votre entreprise ainsi que vos produits et services est la voie à suivre pour connaître le succès. Cette confiance est principalement acquise lors des interactions avec les employés. Une excellente relation entre un client et un employé influera probablement de façon positive sur la confiance du client. Une entreprise peut renforcer les liens de confiance avec ses clients en tenant compte de leurs commentaires afin d’améliorer sa proposition de valeur.

Cette approche est conforme aux normes et aux principes directeurs généraux en matière de bonnes relations avec la clientèle. Dans le secteur du détail, l’ONU a publié des principes directeurs pour la protection du consommateur :

  • Protection des consommateurs contre les risques pour leur santé et leur sécurité
  • Promotion et protection des intérêts économiques des consommateurs
  • Accès à l’information voulue pour faire un choix éclairé
  • Éducation des consommateurs, notamment concernant l’impact socioéconomique et sur l’environnement des choix qu’ils effectuent
  • Possibilité pour le consommateur d’obtenir une réparation effective
  • Promotion des modes de consommation durablesNote de bas de page 33

Il s’agit là pour les entreprises d’une façon de fidéliser leurs clients et de gagner leur confiance. De son côté, le Conseil canadien des bureaux d’éthique commerciale propose les normes suivantes afin de favoriser la confianceNote de bas de page 34 :

  • Inspirer confiance : avoir une bonne réputation dans le marché et conserver cette réputation.
  • Promouvoir ses produits et services en toute honnêteté : souscrire aux normes en vigueur en matière de promotion et de vente.
  • Dire la vérité : décrire en toute honnêteté les produits et services, notamment en affichant clairement et adéquatement les informations obligatoires en lien avec les modalités importantes.
  • Faire preuve de transparence : diffuser ouvertement le type d’entreprise, son emplacement et l’identité de ses propriétaires. Communiquer efficacement les politiques, garanties et procédures qui peuvent influer sur la décision d’achat d’un client.
  • Tenir ses promesses : se conformer à toutes les ententes écrites et représentations verbales.
  • Être réceptif : régler les différends rapidement et professionnellement, en toute bonne foi.
  • Protéger les renseignements personnels : protéger les renseignements des clients contre une mauvaise utilisation ou l’usurpation. Recueillir uniquement les renseignements requis et respecter les préférences des clients au sujet de l’utilisation de leurs renseignements personnels.
  • Promouvoir l’intégrité : traiter chaque relation, transaction et engagement avec intégrité.

Le respect de ces normes comportementales peut aider une petite entreprise à gagner la confiance et la fidélité de ses clients. Ces derniers auront alors tendance à faire de nouveau appel à l’entreprise et à la recommander. Voici d’autres priorités en matière de responsabilité sociale des petites entreprises envers leurs clients :

  1. Protection de la santé et sécurité des produits
  2. Clientèle vulnérable et à faible revenu
  3. Conception durable des produits

La question de la conception durable des produits est également abordée à la section Développement de produits.

Protection de la santé et sécurité des produits

Les clients s’inquiètent particulièrement de la qualité et de la sécurité des produits. Il faut leur fournir des instructions précises qui mèneront à l’utilisation sécuritaire du produit, y compris en ce qui a trait à son assemblage et son entretien. Afin d’éviter tout dommage et tout danger, anticipez les risques que peuvent présenter votre produit et vos services dès l’étape de la conception et tout au long du cycle de vie, c’est-à-dire lors de la recherche et du développement, au moment de la fabrication, pendant l’entreposage et la distribution, lors de l’utilisation et après, lorsque le client jette, réutilise à d’autres fins ou recycle le produit. Qu’il existe ou non des règlements sur la sécurité, les produits doivent pouvoir être utilisés de façon sécuritaire et toute utilisation inappropriée doit avoir été envisagéeNote de bas de page 35.

Clientèle vulnérable et à faible revenu

Un élément important de la responsabilité sociale des entreprises consiste à permettre aux clients à faible revenu et à revenu fixe d’avoir accès à leurs produits et services. Certains chefs de file en tiennent compte pour des raISOns stratégiques et considèrent les consommateurs à faible revenu comme un « marché émergent ». D’autres y voient une occasion d’« inclusion sociale ». En réponse au problème d’abordabilité, plusieurs solutions sont avancées, dont la réduction des prix et la personnalisation des produits dans le but de répondre aux besoins uniques de la clientèle et d’établir des liens avec les communautés exclues, par exemple les collectivités défavorisées des centres-villes et les collectivités ISOlées.

Par ailleurs, la clientèle vulnérable peut avoir des besoins particuliers en raISOn de sa méconnaissance de ses droits. De plus, elle peut ne pas être en mesure de reconnaître, voire d’évaluer, les dangers possibles que présentent les produits et services. Il est possible qu’une telle clientèle soit incapable de prendre des décisions éclairées lors de campagnes de marketing ou d’appels de vente directeNote de bas de page 36.

Dans le but de mieux comprendre ses clients à faible revenu, BC Hydro a créé un comité consultatif où sont représentés 14 organismes de services sociaux qui offrent des services aux clients à faible revenu les plus vulnérables de la province (petits salariés, réfugiés, nouveaux arrivants, personnes âgées, personnes handicapées et Autochtones). Ce comité a pour mandat de donner des conseils sur les programmes et partenariats qui seraient bénéfiques pour les ménages à faible revenu par rapport à leurs besoins énergétiques et à leurs objectifs de conservation de l’énergie. Sachant que les ménages à faible revenu possèdent peu ou pas d’économies et qu’ils sont, par conséquent, plus vulnérables aux variations économiques, de services et de taux, BC Hydro tient compte des enjeux liés à l’accessibilité, à la mobilité, à la culture et à la langue lors de la mise en œuvre de changements et de nouveaux programmesNote de bas de page 37.

Conception durable des produits

Pendant le cycle d’innovation, les entreprises ont l’occasion d’évaluer comment adapter ou concevoir leurs produits ou services de manière à prévoir une utilisation contribuant directement à la durabilité sociale. En effet, les produits et services abordables et accessibles favorisent l’inclusion sociale; les dons à un groupe communautaire pour chaque article vendu font avancer leur cause; et la vente de produits équitables se traduit par un revenu pour les producteurs des pays du tiers monde et par des possibilités d’apprentissage pour leur famille. Et ce ne sont que trois exemples d’avantages collectifs parmi tant d’autres. Puisque les clients sont très sensibles aux produits qui appuient une cause sociale, des initiatives en ce sens peuvent aider une entreprise à attirer et à fidéliser une certaine clientèle. En outre, les clientèles pour lesquelles des produits sont adaptés ou conçus expressément deviennent de nouveaux « marchés » à exploiter par les petites entreprises.

Prenons l’exemple de Bell. Afin de bien adapter ses produits à sa clientèle ayant un handicap, la société a consulté des groupes communautaires de la Colombie-Britannique dans le but de connaître les attentes en matière d’accès aux technologies. La société a ensuite modifié ses combinés pour rejoindre un plus grand nombre de clients, dont ceux ayant un handicap, prenant ainsi en considération leur apport aux activités courantes de la vie. Grâce à la consultation auprès de ces groupes, Bell a participé à un projet du BC Institute of Technology, auquel la société offre son soutien financier pendant trois ans. Ce projet de recherche appliquée vise la création d’interfaces utilisateurs mieux adaptées à la clientèle ayant un handicap. Bell y voit une occasion d’exercer davantage sa responsabilité sociale tout en augmentant sa part de marché.

Mesures concrètes

Satisfaction de la clientèle

Effectuez un sondage auprès de vos clients afin de connaître leur degré de satisfaction à l’égard de votre entreprise, de vos produits et services ainsi que de leur expérience. Au moment où un client s’apprête à quitter votre magasin ou vos bureaux, demandez-lui ce que vous auriez pu faire pour lui offrir une meilleure expérience. Téléphonez à vos clients après leur visite ou envoyez-leur un questionnaire par la poste ou par courriel. Ajoutez des questions à un bulletin destiné à la clientèle. Mettez des cartes de commentaires à la disposition de vos clients, au point de vente ou après une vente.

Voici quelques questions à poser à vos clients : Êtes-vous satisfait de votre achat, du service et de notre entreprise? Prévoyez-vous effectuer d’autres achats auprès de notre entreprise? Quelle est la probabilité que vous recommandiez nos produits, nos services ou notre entreprise? Qu’aurions-nous pu faire pour vous offrir un meilleur service? Pensez également à leur demander leur opinion sur les faiblesses de votre entreprise, de vos produits et services ainsi que de leur expérience client. Tous ces renseignements vous seront très utiles, et ce type d’interaction avec la clientèle vous aidera à accroître la confiance de vos clients envers votre entreprise. Par ailleurs, si vous compilez les résultats, faites un suivi auprès de vos clients afin de les informer des changements apportés à la suite de leurs commentaires.

En outre, vous auriez peut-être avantage à rédiger un code de conduite pour la satisfaction de la clientèle afin de diffuser votre engagement envers vos clients. L’Organisation internationale de normalisation a publié des lignes directrices pour la rédaction d’un tel code, lequel vous aidera à réduire les problèmes et éliminer les causes des diverses plaintes et nombreux différends. Consultez la section Ressources à ce sujet.

Confiance de la clientèle

Afin d’inspirer confiance à vos clients, vous pouvez envisager de mettre sur pied une équipe dévouée à cette causeNote de bas de page 38. Les membres de cette équipe interfonctionnelle se rencontreraient pour trouver des réponses aux questions suivantes :

  • Quelles sont nos meilleures occasions d’accroître la confiance?
  • Comment tirer profit de ces occasions?
  • Quels événements risquent d’entraîner une perte de confiance?
  • Quelles mesures devons-nous prendre pour empêcher cette perte?
  • Lorsque nous perdons des clients, quelles mesures précises pouvons-nous prendre immédiatement pour regagner leur confiance?

Appliquez ce processus à chaque étape de la relation avec un client; vous aurez plus de facilité à repérer les occasions à saisir pour accroître la confiance de votre clientèle. Créez un plan à partir des meilleures idées et mettez-le en œuvre.

Clientèle vulnérable et à faible revenu

Menez une étude afin de découvrir les obstacles rencontrés lors de l’utilisation de votre produit ou service par les consommateurs à faible revenu, peu alphabétisés ou ISOlés géographiquement. Communiquez avec les organismes locaux de services sociaux; ils vous éclaireront sur les principaux problèmes. Mettez sur pied un comité consultatif ou une table ronde où les groupes communautaires et personnes à faible revenu s’exprimeront sur ce que vous pouvez faire pour aider les ménages à faible revenu à avoir accès à vos produits et services.

Avantages pour l’entreprise

Marque et réputation

Attirer et fidéliser la clientèle : voilà comment accroître sa part de marché. Des clients mobilisés et loyaux jouent un rôle positif au chapitre de la croissance et de la rentabilité de votre entreprise : « il est généralement reconnu qu’il faut débourser de 5 à 11 fois plus pour fidéliser un nouveau client que pour conserver un client actuel. Un client heureux parle en bien de votre entreprise à 3 ou 4 personnes alors qu’un client fâché raconte sa mauvaise fortune à 10 personnes »Note de bas de page 39.

Innovation

Les entreprises axées sur la clientèle sont mieux positionnées pour trouver des idées novatrices à partir des commentaires et suggestions de leurs clients. Être à l’écoute des besoins de la clientèle à faible revenu et vulnérable peut permettre l’amélioration des produits, amélioration dont d’autres clients tireront également profit. Concevoir un produit selon les concepts d’abordabilité, d’accessibilité et de valeur sociale procure à ce produit un avantage concurrentiel, puisqu’il s’adressera à un nouveau marché et favorisera l’établissement de relations constructives avec les clients et employés.

Ressources

L’Organisation internationale de normalisation (ISO) a publié le document Lignes directrices relatives aux codes de conduite des organismes, qui fournit des conseils sur la conception de codes de conduite relatifs à la satisfaction du client (ISO 10001).

L’ISO a publié le document Lignes directrices pour le traitement des réclamations dans les organismes, dont les conseils peuvent aider à maintenir la satisfaction et la fidélité des clients grâce à une résolution efficace et efficiente des plaintes à l’interne (ISO 10002).

L’ISO a publié le document Lignes directrices relatives à la résolution externe de conflits aux organismes, qui porte sur les plaintes à l’égard de produits n’ayant pas été résolues de façon satisfaisante à l’interne (ISO 10003).


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Planification et budgétisation des activités

Contexte

Les entreprises qui s’engagent envers la responsabilité environnementale et sociale — souvent appelée responsabilité sociale des entreprises, ou durabilité — commencent par intégrer des priorités environnementales et sociales à leurs décisions d’affaires, notamment à leurs plans d’affaires, à leurs achats et à leurs investissements financiers. On décrit souvent cette approche sous le vocable « triple résultat » (plutôt qu’un résultat unique, qui ne considère que les aspects financiers), ou le « résultat mixte ». Ainsi, l’entreprise se soucie des facteurs environnementaux et sociaux, en plus des facteurs économiques, au moment d’évaluer ses réussites et de planifier son avenir.

Les entreprises dotées d’un plan d’affaires qui les engagent sur la voie d’une plus grande durabilité commencent souvent par intégrer des objectifs environnementaux et sociaux à leurs plans annuels et à long terme. Elles sont ainsi mieux outillées pour surveiller leur rendement par rapport à leurs objectifs « non financiers » et à apporter des mesures correctrices au besoin.

Pour atteindre des objectifs environnementaux et réaliser des économies, certaines initiatives environnementales exigent des investissements de départ. Leur coût doit donc être inclus dans la planification financière et dans les budgets. Un exemple évident est celui de la modernisation de vos installations pour les rendre éconergétiques. Le coût des rénovations pourrait ne pas être récupéré avant trois ou quatre ans. Ces coûts doivent être budgétés et pris en compte dans le processus de budgétisation annuel. Il en va de même pour les initiatives sociales, par exemple l’offre d’un régime d’avantages sociaux étendus à vos employés ou l’amélioration de l’accès à vos locaux, qui doivent être soigneusement comptabilisées dans le processus de budgétisation. Du reste, il arrive souvent que les avantages financiers tirés de l’amélioration du moral des employés et du taux de maintien de l’effectif et de la croissance de la part de marché ne se fassent sentir qu’à long terme, et souvent de manière intangible, ce qui rend difficile toute quantification.

Les entreprises qui intègrent des facteurs environnementaux et sociaux à leurs analyses de rentabilisation et à leurs analyses financières prévoient souvent des cycles de récupération plus longs, évaluent les répercussions sur leur chaîne d’approvisionnement, étudient les questions relatives à la fin de vie utile ou au cycle de vie et tiennent compte des intérêts d’autres intervenants. En appliquant cette perspective plus vaste à la prise de décision, les entreprises peuvent tenir compte des coûts cachés et des possibilités irréalisées au sein de leur entreprise dans leurs investissements et dans leur plan d’achats. Par exemple, la comparaison des coûts relatifs à l’utilisation d’un produit toxique par rapport à l’utilisation d’une solution de rechange plus écologique n’est pas qu’une simple comparaison de prix : elle doit prévoir d’autres coûts cachés, comme la santé et la sécurité des travailleurs, la manutention et l’entreposage du produit et les questions réglementaires.

Agir

Intégrer les objectifs sociaux et environnementaux aux plans d’activités et aux budgets

Un facteur de réussite important en matière de gestion durable consiste à s’assurer que les programmes et les initiatives de développement durable fassent partie intégrante des cycles de planification et de budgétisation et des analyses de rentabilisation, au lieu d’être simplement considérés comme des projets secondaires. Gérés de cette façon, les aspects du développement durable deviennent une deuxième considération fondamentale ayant une place de choix dans les rapports, les plans et l’affectation des ressources.

Une fois que vous aurez déterminé les initiatives environnementales et sociales les plus importantes à vos yeux, vous devez déterminer les ressources – en temps et en argent – dont vous aurez besoin pour les mener à bien. Certaines entreprises emploient judicieusement les économies réalisées par des mesures environnementales toutes simples (comme les économies provenant de la réduction de la consommation de papier ou des mesures d’efficacité énergétique) pour financer d’autres initiatives environnementales. Par exemple, l’Université de la Colombie-Britannique a économisé environ 23 millions de dollars depuis 2000 en coûts d’énergie, et ces économies servent au financement de son office de la durabilité, qui élabore et met en œuvre des initiatives de durabilité dans tout le campus, dont plusieurs génèrent des économies supplémentaires pour l’Université.

Une étape complémentaire serait de donner à vos employés des services de l’approvisionnement et des finances le mandat d’évaluer les aspects sociaux et environnementaux à long terme des investissements d’affaires, comme les projets d’immobilisation. BC Hydro l’a fait, par un processus appelé «Prise de décision structurée» par lequel elle intègre ses objectifs environnementaux et sociaux à ses exigences en matière d’analyse de rentabilisation.

Les coûts du cycle de vie

L’évaluation des coûts du cycle de vie est un processus d’analyse de rentabilisation qui intègre plusieurs coûts dont la comptabilité financière classique ne tient pas compte. Le coût du cycle de vie est la somme de tous les coûts récurrents et ponctuels (non récurrents) pendant une période précise ou pendant toute la durée de vie utile d’un bien, d’un service, d’une structure ou d’un système. Il comprend le prix à l’achat, les coûts d’installation, les coûts d’exploitation, d’entretien et de mise à jour, ainsi que la valeur restante (résiduelle ou récupérée) à la fin de la propriété ou de la vie utile du produit.

Dans les modèles classiques, les coûts du cycle de vie, comme la santé, la sécurité et l’impact sur l’environnement, sont souvent perçus comme étant extérieurs à la décision à prendre et exclus des analyses financières et de rentabilisation. Par exemple, une entreprise pourrait choisir un produit toxique pour une application de nettoyage, parce que ce produit est moins dispendieux que l’option écologique. Toutefois, en tenant compte des coûts du cycle de vie, l’entreprise inclura également la valeur des autres coûts connexes au cycle de vie du produit, comme son utilisation ou son élimination. Dans le cas du produit toxique de nettoyage, l’entreprise comptabilisera d’autres coûts réels, comme le besoin de gants et de lunettes de protection pour l’utilisation de ce produit, les arrêts de travail à la suite d’un accident et les coûts accessoires, comme le danger pour l’environnement associé au produit.

Les ressources suivantes  visent à vous montrer comment vous pouvez commencer à mettre en oeuvre œuvre le calcul des coûts du cycle de vie dans vos évaluations financières.

Ressources


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Développement des produits

Contexte

Voici l’occasion d’intégrer le développement durable à tous les volets du cycle de développement de vos produits : de la conception à la livraison, en passant par l’emballage et la fabrication, sans oublier le retour possible des produits. L’examen du cycle de vie d’un produit est essentiel au processus d’écologisation. L’évaluation du cycle de vie étudie toutes les facettes de l’évolution d’un produit : l’extraction des matières premières, la fabrication, la distribution, la vente au détail, l’utilisation du produit et, enfin, sa mise aux rebuts. Cette réflexion fondamentale aux stades de conception et de développement d’un produit constitue une occasion de réduire son impact négatif sur la société et l’environnement, dans les nombreux aspects de sa vie utile. Les parties intéressées à votre entreprise, tout particulièrement vos clients, accorderont une grande valeur à cet impact réduit sur l’environnement.

Vous souhaiterez peut-être même prolonger le cycle de développement de votre produit en déterminant les meilleurs moyens d’en disposer à la fin de sa vie utile. Par exemple, est-il possible de mettre sur pied un programme de reprise des produits, en établissant des installations de recyclage et, le cas échéant, de réutilisation des matériaux issus du produit originalement vendu à vos clients? Y a-t-il une autre entreprise avec laquelle vous pourriez établir une coentreprise qui utiliserait les matériaux retournés pour fabriquer un autre produit? Teck Cominco, par exemple, s’est dotée d’un processus de broyage et de fusion des déchets électroniques, comme les téléviseurs, les moniteurs, les ordinateurs et les imprimantes, dans le cadre duquel elle récupère le germanium, le zinc, l’indium et le plomb sous forme de poudre pour les utiliser dans ses produits métalliques. D’autres matières provenant des déchets électroniques (la silice et le fer) sont intégrées dans un produit revendu ensuite et utilisé dans la fabrication de ciment Portland.

À l’opposé de l’approche de conception et de développement d’un produit « du berceau à la tombe », l’approche « de berceau à berceau » élimine l’étape de la mise aux rebuts du cycle de vie d’un produit en prévoyant la réutilisation ou le recyclage dans le processus de développement. Ainsi, il n’y a plus de « fin du cycle de vie » d’un produit, puisque l’on s’assure que les matériaux autrefois considérés comme des rebuts pourront se biodégrader naturellement et restaurer les sols, ou être recyclés en entier en des matériaux de haute qualité utilisés pour créer de nouveaux produitsNote de bas de page 40.


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Conception durable d'un produit

La conception d’un produit constitue l’occasion d’y intégrer des caractéristiques écologiques et socialement responsables. Appelé « conception au service du développement durable », ce processus tient compte des facteurs environnementaux et sociaux dès les premières étapes du développement d’un produit, afin de minimiser son impact négatif sur l’environnement et la société pendant toute sa durée de vie utile et de respecter les principes socioéconomiques et les principes du développement durable écologique.

La conception durable d’un produit englobe la sélection des matériaux, l’utilisation des ressources, les besoins de fabrication et la planification de son élimination finale (recyclage, réutilisation ou mise aux rebuts). Elle tient compte des circonstances socioéconomiques de l’entreprise et représente une occasion, pour l’entreprise, de contribuer à résoudre divers problèmes sociaux, au nombre desquels la pauvreté, la sécurité, les inégalités, la santé et l’environnement de travail. Cette méthode ne s’applique pas en vase clos : elle doit être intégrée à la méthode de conception actuelle d’une entreprise, afin d’établir l’équilibre entre les paramètres environnementaux et sociaux et les caractéristiques classiques du produit, notamment la qualité, le coût et la fonctionnalité.

Lorsque les grandes entreprises s’engagent envers la durabilité (par exemple, Wal-Mart ou GE), le respect de ces engagements entraîne des répercussions sur leur chaîne d’approvisionnement, et les petites et moyennes entreprises qui en font partie doivent répondre aux besoins de leurs clients. Étant donné que 50 à 75 % des coûts sont assumés à l’étape de la conception, les petites entreprises qui sont au début des cycles de vie des produits d’une autre entreprise doivent considérer la reconception des produits durables. Pour de plus amples informations, consultez le document Going for the Green, dont le lien se trouve dans la section Ressources.


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Production écologique

Une production optimisée, plus propre

La production optimisée — ou « écologique » — s’attaque au gaspillage des ressources, dans le but d’accroître la productivité et de réduire les coûts. Il s’agit d’un volet du processus de conception écologique, consacré à l’amélioration continue, par la reconnaissance du fait que la réduction de l’impact sur l’environnement s’inscrit dans un processus circulaire qui commence, prend fin et recommence, et qui se questionne sur les moyens de fabriquer des produits de meilleure qualité, avec moins de ressources, et en créant moins de déchets, voire aucun déchet. Selon la firme de consultants internationale Deloitte, les entreprises devraient s’attaquer à six sources de gaspillage :

  1. La surproduction : la production d’une quantité de produits supérieure à la quantité que vous pouvez vendre entraîne un gaspillage de matières premières, d’énergie et d’eau, ainsi que la nécessité de recycler les produits ou de les enfouir lorsqu’ils se gâtent ou deviennent obsolètes avant d’avoir été vendus.
  2. Les stocks : soyez à l’affût de l’emballage excédentaire des produits en stock, du risque d’endommager les produits entreposés, du remplacement de produits en cours de processus et de l’énergie gaspillée pour le chauffage ou le refroidissement de votre entrepôt.
  3. Le transport : recherchez les possibilités de réduction de votre consommation d’énergie, de vos émissions et de vos déversements pendant le transport des produits.
  4. Les produits défectueux : cherchez à réduire la quantité de produits défectueux, dont la fabrication est une source de gaspillage de matières premières, d’énergie et d’eau. L’élimination des produits défectueux exige également des efforts supplémentaires pour leur recyclage ou leur enfouissement, et la conversion des matériaux qu’ils contiennent en nouveaux produits nécessite un supplément d’énergie, d’eau et de main-d’œuvre.
  5. La surtransformation : cherchez à éviter la surtransformation des produits, qui exige plus de matières premières, d’énergie et d’eau et qui génère plus de déchets et d’émissions par produit que nécessaire.
  6. L’attente : soyez à l’affût du gaspillage ou des dommages de composants pendant que les produits attendent l’étape de leur finition, ainsi que de l’énergie consommée pendant les périodes d’inactivité.

Pour de plus amples informations sur les six sources de gaspillage, consultez le document Grean Lean Six Sigma, dont le lien se trouve dans la section Ressources.

Production et prestation de services socialement responsables

Les facteurs sociaux inhérents à la production sont de plus en plus scrutés à la loupe. La santé et la sécurité en milieu de travail, la protection des droits de la personne élémentaires des employés, notamment l’absence de discrimination, les avantages partagés de la croissance économique, le développement communautaire et l’engagement des parties intéressées ne sont que quelques-uns des enjeux sociaux de premier ordre à l’égard desquels les entreprises prennent de plus en plus leurs responsabilités. Tout processus de développement d’un produit est rattaché à un certain nombre de facteurs sociaux qu’il est impératif de prendre en considération, ne serait-ce que pour saisir l’occasion de se servir du processus de production pour générer un impact social positif. Différentes stratégies peuvent être utilisées pour fabriquer un produit durable sur tous les angles — social, environnemental et économique —, par exemple s’adjoindre la participation de fournisseurs locaux, incorporer une caractéristique culturelle locale, ou se préoccuper des aspects liés à la santé ou à d’autres valeurs sociales.

Agir

Ces notions en tête, les PME ont l’occasion de revoir la conception de leurs produits en les améliorant, de créer une toute nouvelle gamme de produits, ou de passer au secteur des « services », en louant ou en reconfigurant leurs produits de sorte à vendre un service ou une fonction (par exemple, le chauffage), plutôt qu’un produit (par exemple, une fournaise).

La conception et la fabrication durables permettent à votre entreprise d’intégrer des caractéristiques environnementales et sociales dans la conception de votre produit, tout en respectant les exigences rattachées au développement durable de plus en plus rigoureuses de votre clientèle et en réduisant vos coûts.

Écologiser la conception des produits

Songez aux exigences de vos clients. Si vous êtes le fournisseur d’une autre entreprise, étudiez quelles pourraient être leurs préoccupations, ou posez-leur directement la question. Le fait d’ignorer la présence de produits toxiques ou problématiques peut vous permettre de maintenir de bas prix à court terme, mais, en gérant ces produits de manière proactive, vous offrirez une valeur ajoutée à vos clients. Évaluez les volets suivants de votre produit, pour y détecter les occasions d’en revoir la conception :

  • La durée de vie utile du produit : augmentez la durée de vie utile d’un produit en améliorant sa durabilité ou en revoyant sa conception afin de permettre des mises à jour plus faciles. Cela accroîtra sa valeur et sa longévité, tout en réduisant le gaspillage.
  • Le choix des matériaux : vérifiez l’existence de matériaux écologiques pouvant remplacer les matériaux habituels. Cela pourrait donner lieu à la remise à neuf d’un produit à partir de pièces usagées de qualité supérieure, à l’obtention de matériaux au contenu en matières recyclées plus élevé ou à la substitution d’un matériau plus écologique et non toxique. Cela pourrait également vous amener à vous approvisionner auprès d’organisations sources de valeur sociale ajoutée en raison de leurs contributions à la communauté ou à embaucher des personnes aux prises avec des obstacles à l’emploi.
  • La recyclabilité : en tenant compte de la fin de la vie utile d’un produit, il est possible de fabriquer des produits plus faciles et plus sûrs à désassembler et à recycler par pièce de composant. Par exemple, en éliminant les soudures en plomb et l’assemblage par collage des produits électroniques de consommation et en revoyant leur conception pour y inclure des pièces modulaires et des raccords à pression, on réduit les coûts de leur désassemblage en vue d’un recyclage plus facile et plus sûr.
Une gamme de produits durables

Certaines sociétés revoient la conception et la configuration de leurs produits un à la fois, en les lançant sur le marché au fur et à mesure que chacun est prêt. D’autres lancent une suite de produits durables sur le marché, qu’ils appellent leur « gamme de produits écologiques ». Vous pourrez choisir de remodeler votre gamme complète de produits ou de conserver certains produits, en offrant des produits plus écologiques et socialement responsables à vos diverses clientèles. La section Marketing examine les avantages et les inconvénients d’une image de marque écologique pour les entreprises qui en sont à ce stade.

Vous souhaiterez peut-être étudier la possibilité de faire certifier les qualités environnementales et sociales de votre produit ou service par un tiers. Ecologo est le certificateur de produits environnementaux au Canada. Vous trouverez d’autres programmes de certification de produits à Ecolabel Index ainsi que des renseignements de nature générale auprès du Bureau de la consommation (BC) du Canada, notamment dans son ouvrage intitulé Un guide du consommateur pour comprendre les déclarations et les étiquettes écologiques au Canada, qui se trouve à Consultez la section Services pour obtenir de plus amples renseignements sur les étiquettes écologiques pour les fournisseurs de service.

Novex Couriers, une entreprise de messagerie de la Colombie-Britannique, a monté sa « gamme environnementale » en achetant des modèles hybrides pour son parc de véhicules de messagerie. Elle a ajouté un deuxième produit écologique à sa gamme écologique en lançant un service de messagerie numérique qui réduit l’impact négatif sur l’environnement des émissions des véhicules et qui permet à ses clients et à elle-même d’épargner en envoyant par Internet des documents juridiques portant signature officielle.

La transformation en services : des produits aux services à valeur ajoutée

La conception écologique offre aux entreprises l’occasion de se remettre en question et d’étudier la possibilité d’offrir à leurs clients des services de grande valeur plutôt que des produits. Ainsi, au lieu de vendre aux clients des produits qui leur permettent d’obtenir les services recherchés par le biais du produit, pourquoi ne pas offrir le service directement? En règle générale, les clients recherchent l’effet du produit, et non le produit lui-même. Cette transition est appelée la « transformation des produits en services ». Cette stratégie est des plus efficaces lorsque les entreprises misent sur leurs forces et tirent profit des connaissances du personnel du service à la clientèle sur place et d’un service à la clientèle efficace et direct, qui connaissent les produits existants, pour créer un nouveau service à valeur ajoutéeNote de bas de page 41.

En guise d’exemple, la compagnie Xerox a effectué la transition vers la prestation de services à valeur ajoutée en offrant des services de gestion de la configuration d’équipement et de la consommation d’énergie et de papier, en plus de continuer d’offrir sa gamme traditionnelle de produits de bureau (photocopieuses, imprimantes et dispositifs multifonctionnels)Note de bas de page 42. L’Université de la Colombie-Britannique travaille de concert avec Xerox à la réduction du nombre de photocopieuses et d’imprimantes dans chaque secteur, en plus de suivre de près la consommation de papier dans l’optique d’arriver à la réduire. Ces services aident les clients à réduire le nombre de machines en utilisation, la quantité d’impressions non nécessaires et la consommation de papierNote de bas de page 43. Pour découvrir d’autres exemples de la transition des produits vers les services, consultez le document Sustaining Through Servicizing (anglais seulement), dont le lien figure dans la section Ressources. Pour en apprendre davantage au sujet de la transition des produits vers les services, consultez le document Services That Substitute for Products (anglais seulement), dont le lien figure dans la section Services.

Avantages

Les nombreux avantages de la gestion du développement durable sont exposés dans l’analyse de rentabilisation. La mise en œuvre d’une conception de produits orientée vers le développement durable peut représenter de nombreux avantages pour une entreprise. L’économie des ressources permet de réduire les coûts et, bien souvent, les délais de fabrication. Étant donné que la conception durable des produits exige parfois que des groupes fonctionnels diversifiés travaillent ensemble pour la première fois, les efforts de conception durable des produits peuvent également donner lieu à d’autres innovations en matière de produits et de processus.

Répondre aux attentes des clients envers des produits écologiques et socialement responsables

Que vous fassiez partie de la chaîne d’approvisionnement d’une autre entreprise ou que vous vendiez vos produits directement aux consommateurs, la demande pour des produits plus écologiques et socialement responsables est en croissance. Le développement durable de produits vous assure de conserver votre part de marché et de demeurer concurrentiel.

Innover dans la gamme de produits

L’innovation en matière de produits diversifie la gamme, ouvre la voie vers de nouveaux secteurs d’activité et augmente votre clientèle, ce qui constitue un avantage concurrentiel pour votre entreprise. Votre entreprise pourrait même se tourner vers le secteur des services, diversifiant encore davantage vos sources de revenus. Tous ces changements augmentent la résilience de votre entreprise ainsi que sa capacité d’adaptation et de réaction à l’évolution du marché et aux coûts grandissants des principaux intrants.

Ressources


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Services

Contexte

Dans le cas des fournisseurs de services, le concept de durabilité ne s’applique pas à la manière dont le produit est fabriqué, mais à la façon dont les services sont assurés et dont l’entreprise est exploitée. Les effets sociaux ou environnementaux des services peuvent découler de leur procédé de production (développement et tirage de photos ou nettoyage à sec par exemple) ou encore des matériaux utilisés, du mode de transport et de l’espace occupé.

Les fournisseurs de services peuvent aussi améliorer leur durabilité en éliminant leur recours à un produit donné. Par exemple, les services de partage de véhicules offrent aux entreprises et aux particuliers la possibilité de renoncer à acquérir un parc de véhicules ou même une voiture. Lorsque plusieurs entreprises se partagent les mêmes véhicules, le nombre de véhicules à produire est moindre que si chacune des entreprises possédait les siens. Cela permet de réduire considérablement les matériaux, l’énergie et l’eau utilisés ainsi que les polluants émis en cours de production. Les fournisseurs de services peuvent s’efforcer d’offrir une valeur ajoutée aux consommateurs préoccupés par la durabilité en réduisant l’empreinte écologique de leur service et en trouvant diverses façons de transformer les produits en services.

Intervention

Verdir le procédé

Même sans extraire, récolter ou fabriquer des produits, les fournisseurs de service appliquent des procédés qui engendrent des effets environnementaux et sociaux. Pour verdir leurs procédés, ils doivent en déterminer les effets et prendre des mesures pour les atténuer. En réparation automobile et en développement et tirage de photos, par exemple, il est possible de substituer les produits traditionnels par des produits respectueux de l’environnement : les ateliers de débosselage peuvent utiliser les pistolets pulvérisateurs à débit élevé et à basse pression pour réduire leur recours à des solvants de dégraissageNote de bas de page 44 et les services de développement et de tirage de photos peuvent recourir à la technologie de récupération de l’argent pour réduire la toxicité de leurs eaux uséesNote de bas de page 45. Les services de ramassage des déchets peuvent recycler les matières qu’ils collectent.

C’est justement ce qu’a fait l’entreprise vancouvéroise de ramassage de rebuts résidentiels et commerciaux 1-800-Got-Junk. Elle recycle jusqu’à 70 % des objets que les clients mettent au rebut, tandis que ses concurrents ne garantissent aucunement le recyclage et que le taux régional moyen de recyclage est de 55 %Note de bas de page 46 par habitant.

Réduire l’empreinte de la consommation, du transport et du bâtiment

Si l’entrepreneur utilise des produits pour fournir ses services, il devrait évaluer ses possibilités d’assurer un service plus durable en s’approvisionnant en produits verts. Par exemple, un service de nettoyage pourra offrir un service plus responsable en utilisant des produits certifiés écologiques. D’autres renseignements se trouvent dans la rubrique sur l’approvisionnement écologique.

Si le transport compte pour beaucoup dans la prestation du service, le fournisseur devra envisager d’en réduire les effets. Par exemple, un service de nettoyage écologique pourrait se procurer des véhicules alimentés aux carburants de substitution ou encore former ses livreurs à réduire leur consommation de carburant. Des précisions se trouvent dans la rubrique sur le transport.

Si l’entreprise loue un espace à bureaux ou un espace commercial, elle devra songer à la possibilité de réduire l’empreinte de son bâtiment sur l’environnement. Ainsi, un cabinet de graphistes pourrait réduire son utilisation d’électricité à l’aide d’un dispositif d’allumage et d’extinction informatisé des lumières. D’autres renseignements figurent à la rubrique sur les bâtiments.

Offrir des services qui se substituent aux produits

Remplacer des biens par des services est un moyen de transformer le mode de consommation en renonçant à acquérir des biens en faveur de services qui remplissent des fonctions semblables, ce qui favorise ainsi l’utilisation minimale de ressources par unité de consommationNote de bas de page 47. Pour des exemples de services de substitution, se reporter à la rubrique Transformation en services dans la rubrique sur le développement des produits.

Pour passer d’une offre de produit à une offre de service, il faut cesser de vendre des produits non fongibles et vendre plutôt la fonction du produit ou le service qu’il assure, de telle sorte qu’une quantité moindre de produits suffira à remplir les mêmes besoins. Le fait de produire une quantité moindre de produits diminue l’impact de la production sur l’environnement ainsi que la quantité de déchets après que les produits ont terminé leur vie utile. Aussi bien les fabricants que les fournisseurs pourraient réaliser des profits stables et accroître leur revenu en vendant des services ainsi que réduire les coûts du matériel et de l’énergie tout en maintenant et en élargissant leur clientèle.

Certains produits sont de meilleurs candidats à la transformation en services que d’autres. Ainsi, le matériel électronique et les véhicules, par exemple, se prêtent bien à un modèle de service (location) étant donné leur durée de vie limitée et leur coût initial qui en font des produits chers à l’achat. Par contre, les biens fongibles comme le papier et les produits alimentaires ne pourraient s’inscrire dans un modèle de service.

Il y a quelques années, Mountain Equipment Co-op, un détaillant canadien de matériel pour activités de plein air, s’est lancé dans la prestation de services en offrant son matériel à la location plutôt qu’à la vente. Il a ainsi mis les activités de plein air à la portée d’un plus grand nombre — tant ceux qui n’avaient pas les moyens d’acheter le matériel que ceux qui tenaient à faire l’essai d’un nouveau sport avant de trop investir d’argent. Grâce à cette solution, le fabricant n’a pas besoin d’augmenter sa production, et l’environnement profite de l’utilisation réduite du matériel et de l’énergie ainsi que de l’atténuation des émissions dues au transport étant donné qu’un plus grand nombre de gens se partagent une plus petite quantité de marchandises louées au lieu d’en faire l’achat.

La société américaine Gage Products Co. est un autre exemple. Elle approvisionne les ateliers de peinture automobile en produits chimiques spéciaux. Alors qu’elle offrait ses mélanges de produits chimiques pour peinture automobile à la vente seulement, Gage offre aujourd’hui des services à valeur ajoutée et aide le personnel des ateliers à appliquer ses mélanges, à changer les couleurs et à réduire l’utilisation de solvants. Ces services à valeur ajoutée ont fini par attirer de gros clients, dont Chrysler qu’elle a aidée à se conformer aux nouvelles exigences réglementaires en matière d’environnement et à diminuer ainsi sa pollution par une utilisation réduite des produits chimiques. Pour en savoir plus, et pour découvrir d’autres cas de transition des produits aux services, consulter le document Sustaining Through Servicizing, dont le lien figure à la rubrique sur les Ressources.

Informer les clients des réalisations au chapitre de la durabilité

Les entreprises de services ont plus de difficulté à faire valoir leurs réalisations au chapitre de la durabilité. Tandis qu’un fabricant de produits peut mettre en valeur et les attributs de ses produits (recyclé à 100 %, biodégradable, etc.) et ses méthodes d’exploitation durables, un fournisseur de services ne peut faire valoir que ces dernières. Pour bien informer ses clients de ses méthodes d’exploitation écologiques, il doit mesurer et quantifier ses réalisations sur le plan de la durabilité. Il peut s’y prendre de diverses façons. L’une d’elles serait d’évaluer les pratiques de son entreprise et d’en faire le suivi et le rapport (consulter la rubrique sur les Mesures, suivi et rapports pour plus de précisions). Une autre consisterait à évaluer les méthodes d’exploitation par rapport à une norme reconnue. Plusieurs normes environnementales s’appliquent aux services. En respectant les normes sociales et environnementales d’un programme d'écoétiquetage d’un organisme tiers, le fournisseur peut intégrer son symbole de certification écologique à ses campagnes de publicité et garantir l’authenticité de ses allégations.

Bien que les écoétiquettes soient depuis longtemps utilisées pour les produits comme le papier et les produits de nettoyage, l’industrie de l’accueil, les lave-autos, les imprimeurs, les restaurants, les services de traiteur et autres en font un usage de plus en plus fréquent (se reporter à la rubrique Ressources pour des précisions). Si une écoétiquette semble pouvoir s’appliquer à son champ d’activité, le fournisseur devrait tirer parti du fait que la certification environnementale garantit aux clients que l’entreprise respecte une norme reconnaissable en laquelle ils ont confiance. EcoLogo et Green Seal sont deux programmes de certification environnementale crédibles qui sont fondés sur des mesures rigoureuses de vérification de la qualité sur le marché nord-américain.

Avantages pour l’entreprise

La rubrique Analyse de rentabilité fait état des nombreux avantages de la gestion de la durabilité. Un fournisseur de services peut gagner beaucoup en axant ses efforts sur la durabilité. S’il verdit son procédé, il peut réduire les coûts de la manutention et de l’élimination des matières dangereuses. En fournissant des services qui remplacent des produits, il peut élargir sa part de marché et diversifier ses activités. En réduisant l’empreinte sur l’environnement des produits qu’il achète, il peut réduire ses dépenses de transport et d’entreposage et offrir de meilleures conditions de travail à ses employés.

Ressources

Substitution des produits par les services

MIT Sloan Management Review. « Sustainability Through Servicizing ». Examen des façons dont les entreprises peuvent intégrer le remplacement des produits par des services dans leur stratégie environnementale. (PDF - 392.46 MB - 10 pages) (anglais seulement)

Écoétiquetage de services

Certification « Green Seal » pour les hôtels et les établissements d’hébergement ainsi que pour les restaurants et les services alimentaires.

Certification « Ecologo » pour les infrastructures d’hébergement, les lave-autos commerciaux, les services d’impression numérique, les locaux administratifs, les services d’entretien biologique de gazon, les systèmes de gestion de l’emballage (contenants à boissons), la collecte et l’élimination de réfrigérants.

Sustainability Through Product Service Systems & Servicizing (PDF- 229.31 MB - 15 pages) (anglais seulement) :

Programmes d’écoétiquetage sectoriels

Hôtels : Hotels: Green Key Eco-Rating Program . (anglais seulement)

Restaurants : Green Table Network (anglais seulement)

Autres renseignements sur les programmes canadiens d’écoétiquetage :


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Achats

Contexte

Les achats est un domaine où votre entreprise peut appliquer ses valeurs. L’achat de papier plus écologique, d’éclairage et d’équipement plus éconergétiques, de même que l’utilisation de nettoyants non toxiques, démontrent à vos employés et à vos clients que vous joignez le geste à la parole. Les achats écologiques impliquent que vous établissez vos priorités environnementales et exigez que vos fournisseurs et les produits et services que vous achetez les concrétisent. Ils englobent deux aspects fondamentaux : les caractéristiques environnementales du produit et son mode de fabrication, notamment les pratiques environnementales de l’entreprise qui fabrique, distribue ou vend le produit ou le service. (Consultez la section Achat éthique et social pour une discussion sur la dimension sociale de l’approvisionnement.)

Questions à poser avant d’acheter un produit

  • Pouvons-nous nous en passer?
  • Pouvons-nous l’emprunter, le louer, ou un modèle légèrement usagé?
  • Existe-t-il un modèle plus petit, plus léger, ou fabriqué à l’aide d’une quantité moindre de matériaux?
  • Est-il éconergétique?
  • Réduira-t-il la quantité de déchets destinés aux sites d’enfouissement?
  • Est-il fabriqué localement?
  • Est-il fabriqué à l’aide de matériaux de postconsommation recyclés ou récupérés?
  • Est-il recyclable?
  • A-t-il été conçu pour la durabilité? Est-il multifonctionnel?
  • Est-il fabriqué selon une méthode moins énergivore?
  • Existe-t-il en version moins toxique?
  • Est-il possible de réduire l’emballage servant au transport du produit?
  • Le produit ou son emballage sont-ils réutilisables, recyclables ou réparables?
  • Utilise-t-il des ressources renouvelables?
  • Sa réutilisation est-elle pratique? Est-elle encouragée?
  • Le fournisseur reprendra-t-il le produit à la fin de sa vie utile?
  • Dans quelles conditions de santé, de sécurité et environnementales a-t-il été fabriqué?
  • Quelles sont les pratiques sociales et environnementales de la société qui l’a fabriqué?

Réduire les matières premières
Les achats écologiques réduisent les intrants de matières premières nécessaires aux produits consommés par les entreprises. Par exemple, en achetant du papier contenant de 30 à 100 % de fibres recyclées, on réduit l’exploitation forestière nécessaire à la production de fibres à papier vierges. En outre, la fabrication de ce type de papier est moins énergivore. Consultez la section Acheter du papier plus écologique pour de plus amples informations.

Réduire les produits toxiques
Les achats écologiques réduisent la quantité de produits toxiques consommés par votre entreprise. Par exemple, dans la formule chimique standard des détergents et des dégraissants écologiques, bon nombre d’ingrédients toxiques, comme les matières corrosives et les métaux lourds, sont remplacés par des produits plus écologiques. Un restaurant de Vancouver, en Colombie-Britannique, est parvenu à éliminer un processus de nettoyage complet en évaluant ses options d’approvisionnement écologique : en substituant un processus de nettoyage à la vapeur aux dégraissants chimiques lourds, le nettoyage de la hotte du four s’effectue en 6 minutes au lieu de 3 heures.

Réduire le transport
Les achats écologiques peuvent entraîner une réduction du transport associé à un produit. Par exemple, en achetant des produits locaux, les entreprises réduisent souvent les émissions issues du transport de leurs produits. Vous pourriez étudier la possibilité de recourir à un fournisseur de services de fret et de logistique « SmartWay Transport Partner », qui affiche sa cote d’écoefficacité et de rendement environnemental à l’adresse Smartway Transport. Une deuxième option serait d’obtenir ces services auprès de fournisseurs conformes à Écoflotte, un programme de Ressources naturelles Canada qui aide les entreprises à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie et de carburant de leurs parcs de véhicules : fleetsmart.

Écologiser la chaîne d’approvisionnement
Outre l’examen des caractéristiques environnementales des produits que vous achetez, vous pourriez également évaluer les pratiques environnementales des entreprises qui vous fournissent ces produits et services. Ont-elles pris un engagement en matière environnementale, par exemple? Comment gèrent-elles leur impact sur l’environnement? Un salon de coiffure de Colombie-Britannique s’affichant comme un salon écologique ne fait pas qu’utiliser des produits biologiques pour les cheveux, mais, lorsqu’il ne peut obtenir ces produits, il s’approvisionne auprès d’entreprises qui se sont dotées de programmes environnementaux solides.

Agir

La quantité considérable de possibilités d’approvisionnement écologique et tous les renseignements mis à votre disposition peuvent être déconcertants de prime abord. Commencez par des gains faciles, qui favoriseront la réussite et l’adhésion de vos employés. Les achats écologiques comportent dix étapes, pour commencer et pour poursuivre vos efforts. Vous pouvez commencer par celle qui vous convient le mieux.

  1. Trouvez des alliés au sein de votre organisation : déterminez les champions et des décideurs qui sauront vous appuyer.
  2. Tirez parti des ressources clés : cernez les sources d’information externes pour faciliter la prise de décision (par exemple, consultez la section Réseau d’approvisionnement durable, ci-dessous).
  3. Élaborez un énoncé de principes et dressez un plan : créez un cadre pour votre activité.
  4. Amorcez une conversation sur la durabilité avec les fournisseurs actuels : communiquez vos objectifs, demandez à connaître les activités et les produits écologiques de vos fournisseurs.
  5. Trouvez des façons d’utiliser ce que vous avez déjà, mais en moins grande quantité : repensez les achats, réduisez la quantité de produits, recyclez ou convertissez les anciens produits en de nouvelles utilisations.
  6. Choisissez de nouveaux fournisseurs qui ont la durabilité à cœur : déterminez les fournisseurs qui offrent des gammes de produits ou de services écologiques ou qui exercent leurs activités de manière écologique.
  7. Adoptez une approche tenant compte du « coût total de propriété » à l’égard de ce que vous achetez : évaluez les coûts à long terme de vos achats et tenez compte des coûts relatifs à la santé, à la sécurité et à l’élimination dans vos décisions d’achat. Consultez la section Planification et financement des activités pour de plus amples informations.
  8. Dressez la liste des 10 principaux aspects du magasinage durable : déterminez les 10 produits que vous achetez le plus (voir ci-dessous).
  9. Établissez des objectifs et suivez vos activités : établissez des objectifs pour guider votre travail (p. ex., 2 nouveaux fournisseurs écologiques) et pour mesurer les progrès accomplis.
  10. Faites connaître les réalisations et récompensez-les : créez un élan chez vos employés en les informant des réussites et en récompensant leurs idées.

Pour de plus amples informations sur cette question, consultez le site d’Industrie Canada, à l’RSE adresse.

Évaluer les possibilités figurant dans l’aide-mémoire des 10 points les plus importants

Dans certains secteurs de produits et de services, le marché est bien développé, les surcoûts sont au plus bas, les économies sont avérées et les avantages environnementaux sont les plus importants. L’aide-mémoire suivant vous guidera dans votre recherche d’achats écologiques :

  1. Équipement électronique : ordinateurs, moniteurs, imprimantes et photocopieurs
  2. Fournitures de bureau : papier, cartables, marqueurs et stylos
  3. Ameublement de bureau : chaises, tables et cloisons murales
  4. Papier : papier de photocopie, livres et blocs-notes
  5. Éclairage : bureau, cuisine, salle de bains et atelier
  6. Produits de nettoyage et services d’entretien : entretien général, planchers, surfaces, tapis et solvants
  7. Réunions, congrès et événements : installations, aliments, recyclage et déplacements
  8. Déplacements d’affaires : mode et fréquence des déplacements
  9. Cadeaux et vêtements : uniformes, casquettes, chandails, prix et cadeaux
  10. Café, thé et autres produits : café et services de café, autres aliments et boissons

Pour de plus amples informations sur cet aide-mémoire, consultez le site d’Industrie Canada, à l’RSE adresse.

Adopter une approche systématique

Les entreprises qui souhaitent adopter une approche plus systématique doivent cibler leurs efforts sur les fournitures le plus souvent achetées et sur les fournisseurs de qui elles achètent le plus. En matière d’achats, cette approche est généralement nommée « analyse des dépenses », et vise à ventiler toutes les dépenses de l’entreprise par bien et par fournisseur. Elle exige un système financier plus sophistiqué et peut parfois donner à l’entreprise une vue d’ensemble des endroits où elle peut tirer profit de ses dépenses pour maximiser les gains environnementaux. La plupart des entreprises entament ensuite une conversation (voir l’élément nº 4 ci-dessus) avec leurs cinq principaux fournisseurs, ou travaillent à écologiser leurs dix à vingt principaux achats.

Avantages

Harmonisation avec les valeurs de l’entreprise 
L’approvisionnement écologique vous permet de mettre en œuvre vos valeurs, de « joindre le geste à la parole. » Il envoie un signal clair à vos employés, à vos fournisseurs et à vos clients sur vos efforts d’écologisation des activités de votre entreprise. Il cible les moyens adoptés par votre entreprise pour harmoniser vos décisions opérationnelles à vos valeurs et à vos objectifs organisationnels. Par exemple, l’engagement de la caisse populaire Vancity envers la carboneutralité d’ici 2010 a été respecté, en partie grâce à sa décision d’acheter du papier de photocopie postconsommation entièrement recyclé pour son usage interne et pour les communications à ses membres (clients).

Acheter du papier plus écologique
Le papier plus écologique est l’endroit idéal pour débuter l’écologisation de votre chaîne d’approvisionnement, étant donné qu’il s’agit d’un matériau utilisé par tous, extrêmement bien développé et mis à l’épreuve dans toutes les applications, sans compter que son prix est raisonnable et qu’il offre de nombreux avantages environnementaux.

Ce que vous pouvez faire :

  • Achetez moins. Réduisez votre consommation de papier en diminuant les marges des documents, en imprimant recto verso et en récupérant le papier imprimé sur une seule face pour en faire des blocs-notes ou pour l’impression de brouillons.
  • Achetez du papier recyclé. Réduisez l’exploitation forestière en achetant du papier avec un fort contenu de matières recyclées. Le papier recyclé réduit l’exploitation forestière et sa fabrication exige beaucoup moins d’électricité que le papier ordinaire, ce qui donne lieu à une baisse des émissions de gaz à effet de serre. Consultez Environemntal Defense Fund Paper Calculator (anglais seulement) pour comparer les avantages environnementaux (consommation de bois, énergie, gaz à effet de serre, eaux usées et déchets liquides) d’un papier par rapport à un autre.
  • Achetez du papier certifié. La certification vous garantit que le papier contient vraiment les matières recyclées annoncées et qu’il ne contient pas de fibres issues de l’exploitation forestière illégale ou provenant de forêts protégées. Consultez Forest Stewardship Council (anglais seulement) pour de plus amples informations ou encore pour trouver du papier certifié (choisissez le mot « papier » sous la rubrique « produit » et « Canada »).
  • Achetez localement. Le papier fabriqué localement voyage moins, ce qui réduit les émissions de gaz à effet de serre. Il peut également générer des emplois et soutenir des entreprises d’importance dans votre économie locale.

Pour de plus amples informations, consultez le guide d’achat du papier du WWF :

Boucler la boucle du recyclage
Les achats écologiques créent un marché pour les produits contenant des matières recyclées, pour que le plastique, le papier et les autres matériaux soient recyclés en produits utiles. Vous bouclez ainsi la boucle : d’une part, vous gérez vos déchets en recyclant le plus possible et, d’autre part, vous achetez des produits contenant des matières recyclées.
Pour un aperçu complet des nombreux avantages de l’approvisionnement durable, consultez le guide de l’analyse de rentabilité et des avantages de l’approvisionnement durable, parrainé par Industrie Canada, à l’adresse : Guide to the Business Case and Benefits of Sustainability Purchasing (anglais seulement).

Ressources

L'approvisionnement éthique et social

Contexte

À l’heure de la mondialisation des économies et de la délocalisation de la fabrication et des services, les feux des projecteurs sont pointés sur l’« approvisionnement éthique » – l’intégration des droits humains, de la santé, de la sécurité et de l’environnement dans la chaîne d’approvisionnement des entreprises. L’approvisionnent socialement responsable, appelé « approvisionnement social » dans le présent guide, est une tendance parallèle qui met l’accent sur l’approvisionnement local destiné à soutenir les objectifs de développement économique des collectivités locales en vue de favoriser l’inclusion sociale et économique. Regroupés, les concepts de l’approvisionnement écologique, de l’approvisionnement éthique et de l’approvisionnement social deviennent l’« approvisionnement durable », soit l’intégration de considérations sociales, éthiques et écologiques dans les décisions d’achat. L’ approvisionnement écologique est examiné plus loin; la présente section porte sur l’approvisionnement éthique et social.

Approvisionnement éthique

L’approvisionnement éthique est le processus par lequel une entreprise cherche à améliorer les conditions de travail de ceux qui fabriquent les produits qu’elle achète. Cette main-d’œuvre travaille dans des usines du monde entier et, souvent, dans des pays émergents où les lois censées protéger les droits des travailleurs sont inadéquates, voire inappliquéesNote de bas de page 48. Généralement, une entreprise qui a à cœur l’approvisionnement éthique adoptera à l’égard des fournisseurs un code de déontologie qui énonce ses exigences minimales au chapitre des salaires, des heures de travail et des conditions de santé et de sécurité des travailleurs et qui fait état de considérations environnementales. De plus, cette entreprise surveille périodiquement si ses fournisseurs respectent le code; les écarts de conduite signalent la nécessité de les faire participer à des programmes qui leur permettront d’améliorer leur performance. Ces efforts favorisent l’établissement de milieux de travail sains dans les pays en voie de développement, et aident les entreprises à gérer les risques de réputation et à améliorer le moral des employés.

Approvisionnement social

Les entreprises voulant intégrer la responsabilité sociale dans leurs pratiques d’achat peuvent procéder de nombreuses façons autres que l’approvisionnement social :

  • approvisionnement auprès d’entreprises sociales;
  • approvisionnement auprès d’entreprises autochtones;
  • approvisionnement local;
  • approvisionnement équitable.

Au contraire des dons de charité, qui s’inscrivent dans les coûts d’une entreprise, l’approvisionnement social contribue à l’atteinte des objectifs sociaux sans nécessiter de dépenses additionnelles. Cette pratique consiste à employer une activité commerciale commune — l’approvisionnement — pour diriger des fonds vers une entreprise qui produit des retombées sociales.

Approvisionnement auprès d’entreprises sociales

Cherchant à augmenter leur financement ou à créer de l’emploi pour ceux qui se heurtent à des obstacles à l’emploi, certaines organisations à but non lucratif fondent des « entreprises sociales » — des entreprises à but non lucratif au service d’une cause sociale. Les petites comme les grandes entreprises peuvent s’approvisionner en produits et en services auprès d’entreprises sociales en vue d’améliorer directement les conditions sociales locales. Au nombre de celles ci figurent les services d’impression, les services de nettoyage, les services d’emballage, les fleuristes, les fabricants de produits ligneux personnalisés, les services d’entretien général d’immeubles ainsi que les constructeurs et les rénovateurs. D’autres exemples se trouvent dans le Marché canadien de l’entreprise sociale, le répertoire d’entreprises sociales établies d’un bout à l’autre du Canada.

Tinto Coffee House, à Toronto, achète son pain d’une entreprise sociale locale, St. John’s Bakery. La boulangerie artisanale biologique emploie des personnes qui cherchent à acquérir de l’expérience de travail mais qui éprouvent des difficultés à trouver un emploi. La boulangerie a employé des réfugiés, des personnes souffrant de dépendance et de troubles émotionnels, mentaux ou du développement ainsi que des chefs de famille monoparentale vivant dans la pauvreté. Les recettes de l’entreprise sociale sont versées à la mission St. John the Compassionate qui offre des repas, du soutien et des programmes aux sans-abri ainsi qu’aux personnes et aux familles vulnérables.

Approvisionnement auprès d’entreprises autochtones

Les entreprises situées dans une région où vit une population autochtone (Premières Nations, Inuits, métis) peuvent soutenir le développement économique et la création d’emplois chez les Autochtones en s’approvisionnant directement auprès d’entreprises qui leur appartiennent. Le réseau Industrie Canada fournit une liste de répertoires d’entreprises autochtones canadiennes.

Lyall’s Drafting & Design Ltd. est une firme d’experts-conseils en conception appartenant à des Inuits qui offre des services de soutien informatisé en dessin et en conception à l’industrie du génie. Située à Happy Valley-Goose Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador, elle soutient les entreprises autochtones en s’approvisionnant auprès d’elles. En effet, elle achète tout ce qu’elle peut des entreprises autochtones locales, dont :

  • des ordinateurs et du matériel technique de Labrador Specialty Services Inc.;
  • des fournitures de bureau de Mokteck 2000;
  • des services de messagerie d’Innu Mikun Airline;
  • des produits promotionnels de Doris’s Designs & Engraving.

Approvisionnement local

L’approvisionnement local permet aux entreprises de favoriser les fournisseurs locaux. Grâce à cette pratique, les entreprises peuvent contribuer à augmenter les recettes fiscales locales, à améliorer les infrastructures municipales, à soutenir l’emploi local, à diversifier l’économie locale et à renforcer la résilience des collectivitésNote de bas de page 49, tout en réduisant le fardeau environnemental qu’occasionnerait le transport de marchandises sur de longues distances.

Pour venir en aide aux agriculteurs locaux et soutenir l’économie locale, Small Potatoes Urban Delivery (SPUD), un service de livraison à domicile de produits d’épicerie biologiques, situé à Vancouver, achète plus de 50 % de ses produits à des producteurs locaux. En comparaison, seulement 15 % à 20 % des produits vendus dans les épiceries et les magasins d’aliments naturels sont produits localementNote de bas de page 50. L’entreprise publie les « kilomètres-assiette » de ces aliments, soit la distance qu’ils ont parcourue, et présente ses fournisseurs locaux sur son site Web pour que ses clients puissent acheter des aliments produits le plus près de chez eux et pour qu’ils puissent connaître les agriculteurs qui produisent leur nourriture.

Approvisionnement équitable

Les produits équitables sont certifiés par une tierce partie comme provenant de producteurs rémunérés à un salaire équitable qui leur permet de soutenir leur famille et de contribuer au développement économique de leur collectivité. Le commerce équitable favorise l’accès à des prêts, à de l’aide technique, à des soins de santé, à l’éducation et à la formation, et encourage les pratiques agricoles écologiques. Au nombre des produits équitables typiques figurent le café, le thé, le sucre, le coton, les fruits, les fleurs, le chocolat et le cacao. En 2008, Fairtrade Labelling Organizations International a estimé que plus de 7,5 millions de producteurs et membres de leur famille du monde entier profitaient de l’infrastructure, de l’aide technique et des projets de développement communautaire financés par le commerce équitableNote de bas de page 51. En achetant du café et du thé équitable pour sa cafétéria, une entreprise peut soutenir directement des modes de vie durables dans le tiers monde.

Selon ses priorités, les entreprises peuvent atteindre leurs objectifs sociaux de diverses autres façons par son mode d’approvisionnement. Elles peuvent entre autres s’approvisionner auprès d’entreprises exploitées par des membres d’une minorité visible, par des personnes ayant une incapacité ou par des femmes.

Intervention

Consulter la rubrique Approvisionnement écologique pour se renseigner sur l’établissement d’un programme d’approvisionnement durable.

Si l’approvisionnement éthique et social l’intéresse, une entreprise peut commencer par établir des objectifs faciles à réaliser, comme acheter du café équitable et changer de fournisseur en faveur d’une entreprise locale.

Par delà ces réussites ponctuelles, l’entreprise devra envisager une approche plus globale, laquelle dépendra entre autres de la nature de sa chaîne d’approvisionnement et de ses principaux achats ainsi que des volets où elle exercera le plus d’influence et où elle s’exposera aux plus grands risques. L’approche globale devrait être fondée sur tout objectif social qu’elle aura déjà établi en priorité. Si l’entreprise met l’accent sur les bonnes relations avec ses employés, elle voudra s’assurer qu’aucun atelier clandestin ne s’est faufilé dans sa chaîne d’approvisionnement. Si elle considère comme prioritaire le développement économique autochtone, elle devra s’efforcer de trouver des fournisseurs autochtones. Une entreprise qui a des liens étroits avec sa communauté voudra sans doute créer un réseau d’approvisionnement local et soutenir les entreprises locales. Une entreprise doit d’abord circonscrire ses objectifs sociaux et, ensuite, raffiner son approche en trouvant les fournisseurs qui permettront de réaliser ses objectifs.

Consulter la rubrique Ressources pour plus d’informations sur la façon de mettre sur pied un programme d’approvisionnement social.

Avantages

Une pratique d’approvisionnement éthique et social peut améliorer l’image de marque d’une entreprise aux yeux de ses employés, des consommateurs et de collectivité locale. Elle permet de rendre compte des valeurs d’une entreprise et de réduire le risque d’atteinte à sa réputation qu’entraînerait sa contribution à l’exploitation de travailleurs dans les pays émergents.

Une entreprise qui cherche à intégrer ses objectifs sociaux dans son programme d’acquisition tissera des liens solides avec ses fournisseurs et assumera globalement sa responsabilité sociale.

Ressources

Généralités

Buy Smart Network (anglais seulement) vient en aide aux acheteurs désireux d’intégrer des considérations éthiques, sociales et écologiques dans leur programme d’approvisionnement. Des ressources, des possibilités d’apprentissage et des outils sont fournis sur son site Web.

Industrie Canada offre des ressources sur l’approvisionnement durable, dont le document 10 façons de lancer ou d’améliorer votre stratégie d’achat pour la durabilité.

Approvisionnement éthique

Maquila Solidarity Network est une organisation canadienne non gouvernementale axée sur l’approvisionnement éthique. Son site Web présente un aperçu des sujets, des ressources et des liens connexes. (anglais seulement)

Ethical Trading Initiative est une alliance d’entreprises, de syndicats et d’organismes sans but lucratif qui encourage l’approvisionnement éthique. Des ressources et des outils en ligne se trouvent sur son site Web. (anglais seulement)

Approvisionnement social

Enterprising Non-profits (enp) offre un coffre à outils en ligne sur l’approvisionnement social. (anglais seulement)

Le Canadian Aboriginal and Minority Supplier Council (CAMSC) est une association d’entreprises qui s’emploient à promouvoir l’approvisionnement auprès des Autochtones et des membres de minorités visibles. (anglais seulement)

La Business Alliance for Local Living Economies (BALLE) est une association nord-américaine d’entreprises mobilisées pour stimuler les économies locales et promouvoir l’approvisionnement local. (anglais seulement)

L’organisme canadien de promotion du commerce équitable Fairtrade offre de l’information et des ressources sur l’approvisionnement équitable. (anglais seulement)


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Utilisation des ressources

Papier et impression

Contexte

Réduire la consommation de papier

Le papier est une fourniture utilisée à grande échelle par les entreprises, et le gaspillage de papier est chose courante : de l’impression des courriels aux photocopies sur un seul côté, le rêve du bureau sans papier est loin d’être une réalité. Si l’achat de papier plus écologique (consultez la section Acheter du papier plus écologique) est important, la réduction de la consommation du papier élimine les achats de papier à la base, entraînant des effets connexes sur l’environnement, notamment la réduction de l’exploitation forestière, de la consommation d’énergie et d’eau nécessaires à la transformation du papier, ainsi qu’une réduction de la pollution de l’eau et de l’air associée à sa fabrication et à son transport. Cela, sans oublier la réduction importante des coûts associés aux achats de papier. La réduction de la consommation de papier représente une occasion en or pour les entreprises qui souhaitent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour de plus amples informations, consultez la section Leadership (Leadership en matière de changements climatiques).

L’impression écologique

Les imprimantes de bureau consomment de l’encre et de l’énergie, en plus de nuire à la qualité de l’air à l’intérieur des immeubles. La réduction de la quantité de documents imprimés permet des économies de papier, d’encre et d’énergie, en plus de prévenir la pollution de l’air.  Au moment de mettre à jour vos imprimantes, étudiez d’abord la possibilité d’acheter un appareil multifonctionnel qui intègre les fonctions d’impression, de numérisation, de photocopie et de télécopie. Assurez-vous que l’équipement est conforme à Energy Star, qu’il permet l’impression recto verso et la réduction du format d’impression (deux pages par feuille), qu’il est doté d’un plateau pour le papier réutilisé et que sa garantie couvre l’utilisation de papier contenant une grande part de matériaux recyclés.

Lorsque vous achetez des services d’impression, posez des questions sur le type de papier ou de carton utilisé dans les imprimantes. Il est important d’exiger du papier certifié, à fort pourcentage de matériaux recyclés, comme le précise la section Acheter du papier plus écologique. Demandez à votre imprimeur de vous décrire les autres volets environnementaux de ses activités, comme la toxicité de l’encre, l’utilisation de solvants et le recyclage de l’eau de mouillage.

Agir

Imprimer recto-verso

L’impression recto verso est le moyen le plus simple de réduire votre consommation de papier. Si vos imprimantes offrent la fonction d’impression recto verso, réglez cette fonction par défaut, et mettez en œuvre une politique à cet effet. Si vos imprimantes n’offrent pas cette fonction, veillez à ce que vos prochaines imprimantes la prennent en charge.

Réutiliser le papier dont une face est imprimée

Recueillez le papier imprimé sur une seule face et réutilisez-le si possible, ou faites-le relier pour fabriquer des blocs-notes.

Passer aux communications électroniques

Les communications électroniques peuvent grandement réduire la consommation de papier. Des fiches de paie des employés aux nouvelles, en passant par la commercialisation, les communications aux clients et la facturation, de nombreuses occasions permettent de passer du papier à l’électronique. Vos clients s’attendent de plus en plus à ce que cette option leur soit offerte. Les entreprises qui ne font pas le virage vers les communications en ligne perdront des parts de marché au profit de celles qui offrent des services électroniques.

Avantages commerciaux

Les avantages de la réduction de la consommation de papier et de l’impression écologique résident dans les économies réalisées par la diminution de la quantité de papier et d’encre utilisés. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources


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L’eau

Contexte

L’eau est une ressource naturelle vitale et un intrant important des entreprises. Alors que les changements climatiques se font sentir partout sur la planète, que la croissance de la population exerce une pression sur les zones urbaines et que la rareté de l’eau devient évidente, les législateurs mettront plus d’accent sur la protection des sources d’eau contre la pollution et sur la réduction de la consommation mondiale d’eau potable. Même si l’utilisation de l’eau a toujours été sous-tarifée, les effets des changements climatiques risquent de donner lieu à une augmentation des coûts dans un avenir proche.

Agir

Recueillir les factures de consommation des ressources en eau

La surveillance des factures de consommation des ressources en eau est une première étape importante de la gestion de l’utilisation de l’eau. L’examen de ces factures vous permettra de repérer les fuites, d’établir les cycles de consommation quotidiens et hebdomadaires et de cibler des secteurs potentiels de conservation de l’eau.

Évaluer les plus grands contributeurs

À l’aide de vos factures de consommation des ressources en eau, étudiez les possibilités de réduction de cette consommation dans votre entreprise, en associant la consommation facturée à la consommation d’eau traitée, ainsi qu’à d’autres utilisations, comme les robinets, les toilettes et les cuisines. Évaluez les facteurs saisonniers et les autres facteurs ayant une incidence sur l’utilisation de l’eau et dressez un plan d’action pour réduire cette utilisation. Il existe peut-être des moyens de réduire la consommation de l’eau traitée, comme modifier les procédés de nettoyage, installer des limiteurs de débit dans les salles de bains ou sensibiliser les employés à la conservation des ressources en eau. Si vous désirez être encore plus rigoureux, vous pourriez effectuer une vérification des économies de ressources en eau. Consultez la section Ressources ci-dessous et la section Mesures, suivi et rapports pour de plus amples informations sur les vérifications.

Étudier les mesures incitatives et les subventions

S’il est possible de réduire l’utilisation de l’eau par des processus ou d’autres modifications, votre entreprise sera peut-être en mesure de pallier le coût de ces changements par des mesures incitatives et des subventions. Il est possible d’obtenir certaines subventions applicables aux économies d’énergie, étant donné que la réduction de l’utilisation de l’eau chaude dans les cuisines et les salles de bains diminue l’énergie nécessaire à chauffer l’eau. L’adresse Subventions et incitatifs présente des mesures incitatives pour les entreprises. Des municipalités de partout au Canada offrent des subventions associées à l’économie des ressources en eau. Consultez le site Web de votre municipalité pour de plus amples informations.

Effectuer une analyse de rentabilisation des appareils économiseurs d’eau et des modifications de processus

À l’aide d’une analyse du cycle de vie (consultez la section Planification et financement des activités) effectuez une analyse de rentabilisation des occasions d’économie des ressources en eau. Cette analyse de rentabilisation comprendra tous les détails financiers corporels, soit les coûts, les épargnes et la période de récupération, mais elle devra également traiter de la question des avantages intangibles, comme l’amélioration de votre image de marque. Une analyse de rentabilisation permettra à votre entreprise de comparer et de faire un choix entre diverses possibilités écologiques.

Avantages commerciaux

Les avantages de l’économie des ressources en eau résident dans la réduction des factures d’eau potable et d’eaux usées et d’une baisse connexe des factures d’énergie, étant donné la diminution de l’utilisation de l’eau chaude. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources


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L’énergie

Contexte

Par « consommation d’énergie », on entend votre consommation d’électricité et de gaz naturel, de même que la consommation de tout autre carburant pour alimenter vos générateurs. Les PMEs ont un grand rôle à jouer dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre associées à la consommation d’énergie et dans l’atténuation des effets des changements climatiques. Étant donné leur grand nombre et le plus petit impact relatif des PMEs, chaque entreprise doit faire sa part pour la réduction de la consommation d’énergie. Pour en connaître davantage sur les réductions de gaz à effet de serre, consultez la section Leadership (Leadership en matière de changements climatiques).

Agir

Recueillir les factures de consommation d’énergie

La surveillance des factures de consommation d’énergie est une première étape importante de la gestion et de la réduction de votre consommation d’énergie. L’examen de ces factures vous permettra de repérer les périodes de pointe de votre consommation quotidienne et de repérer les conservations d’énergie potentielles. Si vous êtes locataire, discutez avec le propriétaire de l’économie d’énergie et tentez de travailler ensemble pour atteindre vos objectifs de réduction de consommation d’énergie.

Évaluer les plus grands contributeurs

Pour s’attaquer à la consommation d’énergie, rassemblez une équipe qui élaborera une carte de processus identifiant les intrants d’énergie à différentes étapes. Le plus possible, veillez à obtenir les commentaires du personnel en atelier. Si vous désirez être encore plus rigoureux, vous souhaiterez peut-être effectuer une vérification de la consommation d’énergie. De nombreux fournisseurs d’énergie provinciaux effectuent ce type de vérification ou vous aideront à trouver un consultant fiable pour le faire.

La consommation d’énergie d’un immeuble peut être évaluée en surveillant les principaux contributeurs de la consommation d’énergie, comme l’éclairage, le chauffage et la climatisation. Des mises à niveau de l’éclairage peuvent permettre une réduction de 40 % de votre consommation d’énergie. En minimisant les pertes et les gains de chaleur, il est possible de réduire votre consommation d’énergie de plus de 5 %, souvent à très peu de frais. L’entretien adéquat de votre équipement existant peut considérablement réduire votre consommation d’énergie. De simples mesures peuvent grandement réduire votre consommation d’énergie, notamment le fait de repérer les fuites des conduites, la vérification de la circulation de l’air et de la charge de fluide frigorigène, le nettoyage des serpentins et le changement des filtres de CVCA. Enfin, faites appel à l’engagement des employés pour réduire la consommation d’énergie « fantôme », en les encourageant à éteindre leur équipement, les lumières et leurs ordinateurs lorsqu’ils ne les utilisent pas.

Étudier les mesures incitatives et les subventions

S’il se trouve des occasions de réduire votre consommation d’énergie, votre entreprise sera peut-être en mesure de pallier le coût de ces changements par des mesures incitatives et des subventions. De nombreux fournisseurs d’énergie provinciaux offrent des mesures incitatives et des subventions relatives aux vérifications de l’efficacité énergétique des petites entreprises et à la modernisation de l’éclairage et des appareils. Consultez le site Web de votre fournisseur d’énergie pour obtenir de l’information ou Ressources naturelles Canada pour consulter une liste de mesures incitatives et de subventions.

Effectuer une analyse de rentabilisation des appareils et équipements éconergétiques

À l’aide d’une analyse du cycle de vie (consultez la section Planification et financement des activités) effectuez une analyse de rentabilisation des occasions d’économie d’énergie. Cette analyse de rentabilisation comprendra tous les détails financiers corporels, soit les coûts, les épargnes et la période de récupération, mais traitera également de la question des avantages intangibles, comme l’augmentation de la productivité des employés, grâce à un meilleur éclairage, et l’amélioration de votre image de marque, consécutive à la réduction de vos émissions de gaz à effet de serre. Une analyse de rentabilisation permettra à votre entreprise d’évaluer diverses options d’approvisionnement écologique visant l’amélioration de l’efficacité énergétique de votre équipement, de même que de comparer et de choisir entre diverses occasions environnementales.

En 2009, une entreprise de transformation des produits du soya de Vancouver, en Colombie-Britannique, Sunrise Soya Foods, a pris l’initiative d’installer un économiseur de chaudière afin de réduire sa consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre associées au chauffage de son usine de fabrication de tofu à Vancouver. Après avoir pris connaissance de l’analyse de rentabilisation, elle a injecté la somme de 20 000 $ dans l’installation de l’économiseur, lequel chauffe l’eau avant que celle-ci arrive dans la chaudière. L’entreprise s’attend à récupérer son investissement en moins d’un an et d’économiser chaque année la somme de 22 400 $ en coûts de consommation d’énergie.

Avantages commerciaux

Les avantages des économies d’énergie résident dans la réduction des factures de consommation d’énergie et dans la réduction des gaz à effet de serre qui en découle. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources


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Matériaux

Contexte

On entend par « utilisation efficiente des matériaux » la création d’un plus grand nombre de produits avec une quantité inférieure de matériaux, la fabrication de moins de produits défectueux et la création d’une quantité moindre de résidus. La réduction de la quantité de matériaux utilisés donne lieu à des économies et élimine le besoin d’extraire d’autres ressources. Le fait de ne pas utiliser certains matériaux entraîne une réduction de l’exploitation forestière et minière, ainsi que d’autres répercussions importantes sur l’environnement de l’extraction des ressources. Le fait d’utiliser moins de matériaux permet également d’éliminer le gaspillage, générant des économies supplémentaires, associées à l’élimination des déchets et aux frais du recyclage.

Agir

Établir un rapport matériau produit

Un rapport matériau:produit vous permet de comprendre votre utilisation des matériaux dans votre cycle de production, d’établir des objectifs d’efficience et d’évaluer votre rendement. Ce rapport représente l’« efficacité matérielle » de votre production. Par exemple, une fromagère peut évaluer qu’elle fabrique 200 grammes de fromage pour chaque litre de lait. Une partie du lait est transformée en fromage, et une autre est transformée en déchet. La quantité nécessaire à la création du produit représente un rapport matériau:produit de 1 L : 200 g. La fromagère pourrait établir un objectif visant la création d’une plus grande quantité de fromage avec la même quantité de lait, et rechercher avec ses employés des occasions et des idées pour obtenir un rapport s’approchant davantage de 1 L : 250 g.

Évaluer votre flux de déchets

Recherchez les efficiences matérielles dans les résidus et les produits défectueux. À l’aide de l’approche par bilan massique (reportez-vous à l’encadré), vous découvrirez que les matériaux produisent soit des produits, soit des résidus — des déchets, sous forme d’air, de liquide ou de déchets solides. L’évaluation de votre flux de déchets vous aidera à découvrir les utilisations inefficientes de matériaux dans la fabrication de vos produits. L’objectif est d’utiliser une plus grande part des matériaux acquis dans la fabrication des produits, et une moindre part dans la production de résidus. Un autre secteur de gaspillage de matériaux se trouve dans les produits défectueux. En déterminant un taux de produits défectueux et en établissant des objectifs de réduction de leur nombre, votre utilisation des matériaux et de toutes les autres ressources sera plus efficiente.

Revoir la conception de vos produits ou de vos processus

Procédez à l’examen et à la révision de vos produits ou de vos processus, à l’aide des renseignements recueillis sur l’efficience et le gaspillage des matériaux, pour accroître votre efficience matérielle et réduire le gaspillage. Consultez la section Développement des produits pour de plus amples informations.

Avantages commerciaux

Les avantages de la réduction des matériaux en intrant résident dans la réduction des factures de matériaux. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources

Que faut-il entendre par « vérification »?

Une vérification environnementale est une évaluation de l’utilisation d’une ressource par divers processus, ou des sources et des types de déchets produits par une entreprise. Par exemple :

  • une vérification de l’efficacité énergétique ventile la consommation d’énergie d’une entreprise par secteur, comme l’éclairage, le chauffage ou la climatisation, la réfrigération et le lavage de la vaisselle;
  • une vérification des économies de ressources en eau ventile l’utilisation des ressources en eau d’une entreprise par secteur, comme le refroidissement, la fabrication, le lavage de la vaisselle, la lessive et la consommation domestique (robinets et toilettes);
  • une vérification des déchets ventile les déchets produits par une entreprise en diverses catégories de déchets recyclables et non recyclables, comme le papier, le carton, le plastique, le métal, les déchets dangereux et les déchets électroniques;
  • une vérification des matériaux (ou bilan massique, selon les lois de la physique qui dictent qu’un matériau qui entre dans un procédé en sort ou s’y accumule) ventile l’utilisation des matériaux d’une entreprise, selon les intrants servant à la fabrication d’un produit ou générant des émissions, des déchets ou des matières recyclables.

Vous voudrez peut-être procéder vous-même à une vérification. Consultez les liens de la section Ressources. Votre fournisseur de services publics (électricité, eaux et déchets), une firme de consultants ou d’ingénierie de votre région pourra vous aider à le faire.


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Gestion des déchets

Déchets solides

Contexte

Beaucoup de matériaux commerciaux sont déversés dans les lieux d’enfouissement, notamment les déchets électroniques, comme les vieux ordinateurs, ainsi que d’autres matériaux toxiques polluant la terre et l’eau. La réduction des déchets et le recyclage de la plus grande quantité de matériaux possible sont importants pour la réduction de la pollution et pour prolonger la capacité des lieux d’enfouissement. Toutefois, il y a là davantage qu’une simple question d’espace et de toxicité — les matériaux enfouis produisent du méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Plus les entreprises agissent pour contribuer à réduction des accumulations de gaz méthanier, plus notre société sera en mesure de ralentir les changements climatiques.

Agir

Obtenir de l’expertise

De nombreuses ressources sont accessibles pour vous aider à gérer vos déchets solides. Communiquez avec votre service de recyclage municipal pour connaître les programmes et les services offerts. Les conseils de recyclage ou les organismes locaux à but non lucratif possèdent de vastes connaissances des possibilités de recyclage et offrent parfois des services d’échange des matières résiduelles. Communiquez avec le Conseil du recyclage de l’Ontario, le Recycling Council of British Columbia, le Recycling Council of Alberta ou un bureau régional d’Environnement Canada pour obtenir de l’aide.

Recueillir les factures des services de déchets

Si vous payez vos services de déchets, recueillez vos factures pendant une année afin d’obtenir le coût total annuel de ces services et la quantité de déchets que vous produisez. Si vous connaissez les dimensions de votre benne et le nombre de ramassages hebdomadaires, vous pouvez calculer votre production de déchets (consultez l’encadré). Si votre propriétaire s’occupe de la gestion des déchets, discutez avec lui de vos objectifs de réduction des déchets.

Évaluer le flux des déchets et réfléchir à des solutions

Une vérification des déchets est le meilleur moyen de repérer les secteurs potentiels de réduction des déchets et d’amélioration du recyclage. Le but de la vérification des déchets est la détermination des « flux » ou des catégories de déchets que vous acheminez vers les lieux d’enfouissement. Vous devez connaître vos sources de déchets les plus importantes pour élaborer des solutions de rechange à l’enfouissement. Votre fournisseur de services de déchets ou de recyclage pourra parfois procéder à cette vérification pour vous. Cependant, un simple examen général des bennes et des contenants à déchets de votre installation, incluant les contenants à déchets et à matières recyclables de la réception et de l’arrière du bâtiment, vous éclairera dans vos efforts de réduction des déchets. Organisez une réunion pour que vos employés puissent faire valoir leurs idées sur les possibilités de réduction des déchets et d’augmentation du recyclage. Une vérification des déchets pourra permettre d’engager et de motiver vos employés, s’ils ont la chance d’effectuer l’analyse, d’exprimer leurs idées et de mettre en œuvre des solutions. Pour découvrir d’autres possibilités de réduction des déchets, consultez les six sources de déchets, dans la section Développement des produits (Une production plus écologique).

Étudier les options de réutilisation et de recyclage

De nombreux programmes réutilisent les produits que vous êtes prêts à éliminer ou à recycler. Par exemple, les programmes Cell Phones for Food et Ordinateurs pour les écoles recueillent les déchets électroniques utiles et les réutilisent à d’autres fins.  Le papier, l’ameublement de bureau et les fournitures de bureau peuvent parfois faire l’objet d’un don aux écoles, aux garderies et aux organismes communautaires, et certains artistes seront parfois intéressés à des rebuts, comme le bois ou le métal. Communiquez avec votre conseil de recyclage local pour trouver plus d’idées et de personnes-ressources.

Au lieu de destiner ses déchets alimentaires aux sites d’enfouissement, Terra Breads Bakery and Café dirige la totalité de ses déchets alimentaires de la cuisine de son local de vente au détail situé à Vancouver vers une usine de compostage, contribuant par le fait même à prolonger le cycle de vie des sites d’enfouissement régionaux et à réduire les émissions de gaz à effet de serre se dégageant de la décomposition des déchets enfouis. L’usine de compostage transforme par la suite les nutriments utiles provenant des déchets alimentaires en produits de conditionnement de sol, qu’elle vend pour favoriser la croissance de l’usine et améliorer l’état des pelouses et des jardins.

Regrouper les contrats

Votre entreprise a probablement conclu plus d’un contrat de gestion des déchets : un pour le recyclage, un pour les déchets. Voici l’occasion de regrouper ces contrats auprès d’une seule entreprise. L’existence d’un seul contrat exige moins de gestion de votre part, et il est fort possible que votre entrepreneur vous offre un rabais pour avoir regroupé vos contrats. Travaillez avec un entrepreneur qui saura vous offrir de l’aide précieuse dans la réduction de votre flux de déchets. Les entrepreneurs en gestion des déchets offrent maintenant des services d’examen général et de vérification. Si votre entrepreneur actuel n’offre pas ces services, étudiez les services offerts par d’autres entrepreneurs au moment de regrouper vos contrats.

Travailler avec les entreprises voisines

Étudiez la possibilité de travailler avec des entreprises de votre voisinage pour réduire les déchets et augmenter le recyclage. Un voisin pourrait réutiliser certains de vos rebuts, ou s’associer avec vous pour conclure un nouveau contrat de cueillette des matières recyclables ou des déchets biologiques destinés au compostage. Par exemple, l’organisme Chicago Waste to Profit Network s’est donné pour mandat de trouver des possibilités d’échange de matériaux pour le compte des entreprises, des institutions et des départements de la ville de Chicago dans l’optique de réduire la quantité de déchets et les émissions et de générer des avantages économiques. Grâce à cet organisme, les échanges de matériaux — les « déchets » d’un participant deviennent un intrant utile pour un autre participant — ont permis aux entreprises de réduire leurs coûts relatifs à la gestion des déchets et des matériaux. Depuis 2006, l’organisme a généré beaucoup plus de valeur et d’économies que ces entreprises auraient pu le faire si elles avaient œuvré séparément, détournant 165 000 tonnes de déchets solides des sites d’enfouissement, réduisant les émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 102 000 tonnes, et générant près de 16 millions de dollars en répercussions économiques pour les entreprises localesNote de bas de page 52.

Avantages commerciaux

Les avantages financiers de la réduction de vos déchets solides et de l’augmentation du recyclage résident dans les économies réalisées sur les services de ramassage des déchets et des contrats regroupés. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources


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Déchets liquides

Contexte

Les déchets liquides des entreprises surchargent les réseaux d’égout et les usines de traitement des eaux usées, conçus uniquement pour le transport et le traitement des eaux usées des robinets et des toilettes. Les produits chimiques, les métaux, les huiles et la graisse, les aliments et autres déchets d’entreprise congestionnent ces réseaux et polluent les eaux réceptrices avec des contaminants que les usines de traitement ne parviennent pas à éliminer. Les entreprises peuvent accroître la capacité des systèmes d’égout et protéger les milieux récepteurs en réduisant la quantité de contaminants déversés et en empêchant les contaminants de s’introduire dans les égouts. Qui plus est, il est possible que des collecteurs d’eaux pluviales situés près de votre entreprise déversent l’eau de pluie dans des secteurs où le poisson pourrait être menacé par les déchets liquides introduits dans les égouts. Dans les rues de certaines municipalités, ces canalisations sont identifiées par un poisson jaune, qui indique le risque que représente pour les habitats de poissons les déchets liquides et autres matériaux.

Agir

Obtenir de l’expertise

De nombreuses ressources sont accessibles pour vous aider à gérer vos déchets liquides. Communiquez avec votre service de lutte contre la pollution pour connaître les programmes et les services offerts aux petites entreprises. Examinez les ressources pertinentes à votre secteur : de nombreux guides sont offerts pour des secteurs particuliers. Communiquez avec Environnement Canada, le Centre canadien de la prévention de la pollution, votre association industrielle ou un conseiller en environnement pour obtenir de l’aide.

Détourner les déchets liquides des collecteurs d’eaux pluviales

Pour éviter que la pollution ne pénètre des milieux naturels sensibles, vérifiez la présence de collecteurs d’eaux pluviales à l’extérieur de vos installations. La plupart des collecteurs extérieurs sont des collecteurs prévus pour les eaux pluviales seulement, qu’ils acheminent vers les ruisseaux, rivières et océans à proximité. Certaines substances, en s’infiltrant dans ces collecteurs, pourraient menacer des espèces de poissons et d’autres espèces animales vivant dans les milieux récepteurs. Si des collecteurs d’eaux pluviales se trouvent sur votre terrain, étiquetez-les. L’étiquette servira d’aide-mémoire aux employés à propos des dangers potentiels de l’introduction de déchets dans les collecteurs d’eaux pluviales.

Déterminez ensuite quelles sont les activités en cours près des collecteurs d’eaux pluviales. Par exemple, il est possible que le nettoyage des véhicules, de l’équipement ou des bennes à ordures ait lieu près d’un collecteur d’eaux pluviales extérieur. Quelques options s’offrent à vous en matière de réduction des déversements de déchets liquides : étudiez la possibilité de modifier vos procédés pour permettre le nettoyage de l’équipement à l’intérieur, afin de capter et de détourner les déchets liquides des collecteurs d’eaux pluviales vers des collecteurs sanitaires, mieux équipés pour gérer le savon, par exemple. Vous pourriez modifier le procédé de nettoyage du secteur des bennes pour y inclure le brossage et l’utilisation de savons écologiques sans eau. Étudiez la possibilité de substituer un produit de rechange écologique à vos produits chimiques de nettoyage; consultez la section Évaluer les substituts, ci-dessous. Une solution de rechange définitive au détournement des déchets liquides des collecteurs d’eaux pluviales réside dans une forme rudimentaire de traitement. Par exemple, l’installation d’une simple pompe de séparation des huiles et de l’eau avant que l’eau ne pénètre dans les collecteurs.

Assurez-vous de communiquer vos objectifs de réduction de l’impact de vos déchets solides à vos employés, de modifier les procédures au besoin et de former votre personnel sur les nouvelles procédures.

Répertorier les polluants

Dressez la liste de vos flux de déchets liquides, notamment les produits chimiques de nettoyage et les solvants, les peintures, les absorbants liquides, les huiles et les lubrifiants. Examinez vos procédures pour y intégrer l’utilisation et l’élimination correctes de ces matériaux et pour vérifier que vous respectez vos propres politiques et la réglementation gouvernementale en la matière. Si vous êtes incertain quant à la bonne méthode d’élimination de vos déchets liquides, ou si vous cherchez des idées de recyclage des déchets liquides, communiquez avec votre municipalité ou avec Environnement Canada.

Évaluer les substituts

À l’aide de votre répertoire des polluants, évaluez la toxicité des divers produits chimiques déversés dans vos canalisations. Par une petite recherche ou quelques appels chez les fournisseurs de produits chimiques, vous serez en mesure de repérer les possibilités de substituer des produits plus écologiques. Étudiez la possibilité d’adopter une politique sans liquides toxiques dans les collecteurs. Avec votre personnel, lancez des idées pour trouver des solutions de gestion des déchets liquides de votre entreprise. À l’aide de votre répertoire des polluants et de votre évaluation des substituts, dressez un plan de substitution de produits plus écologiques. Ce faisant, adoptez l’approche du cycle de vie (consultez la section Planification et budgétisation des activités) en tenant compte de tous les coûts de l’élimination des déchets, de l’équipement de protection des employés et des incidents de santé et de sécurité associés aux produits toxiques.

Colour Innovations, une entreprise de services de prépresse et d’impression de Toronto, a entrepris de réduire de façon importante ses effluents de produits chimiques et d’eaux usées découlant de son processus d’impression. Ainsi, elle est passée à un système exclusif d’écriture directe des plaques afin d’éliminer tous les produits chimiques relatifs aux films de son flux d’eaux usées généré par son processus de prépresse. En outre, la totalité des eaux usées provenant de la salle des impressions, y compris les eaux de mouillage, est récupérée en vue d’une élimination sûre ou est traitée sur place. Par ailleurs, compte tenu de la propriété corrosive de la développeuse de plaques CTP, l’entreprise a installé un neutralisateur de pH afin de ramener les niveaux de pH sous des seuils acceptables en vertu de la règlementation locale en matière d’eaux usées, et fait l’essai d’unités de recirculation des eaux pour sa développeuse en vue de neutraliser et de réduire de 50 % son flux d’eaux usées dans les égouts de la villeNote de bas de page 53.

Avantages commerciaux

Les avantages d’éliminer la pollution issue des déchets liquides produits par votre entreprise résident dans les améliorations de la santé et de la sécurité, par la substitution de solutions de rechange plus écologiques aux produits toxiques. Certaines entreprises pourraient également bénéficier d’une réduction des frais relatifs aux réseaux d’égout. Les nombreux avantages des initiatives environnementales se trouvent dans l’analyse de rentabilisation.

Ressources

Pollution Prevention Planning Guide :

Calculer votre production de déchets
Étape 1 : Mesurez votre benne, ou demandez à votre entrepreneur de le faire. Comparez la mesure, en verges, au volume correspondant dans le tableau ci-dessous.
Bin Type LxWxH Volume (m3)
2 verges cubes 6 pi x 3 pi x 3 pi2 po 1,529109716
3 verges cubes 6 pi x 3 pi6 po x 4 pi 2,293664574
4 verges cubes 6 pi x 4 pi8 po x 4 pi 3,058219432
5 verges cubes 6 pi x 4 pi8 po x 5 pi 3,82277429
6 verges cubes 6 pi x 5 pi6 po x 5 pi 4,587329148
8 verges cubes 6 pi x 5 pi6 po x 6 pi8 po 6,116438864
Benne de 12 gallons 19 pi x 16 pi x 13 pi 0,045424942
Benne de 35 gallons 23,75 po x 19 po x 37,5 po 0,132489413
Benne de 64 gallons 29,5 po x 23,25 po x 40,25 po 0,242266355
Benne de 95 gallons 37 po x 26,5 po x 46 po 0,359614121

Étape 2 : Multipliez le volume de votre benne par le nombre de ramassages hebdomadaires.
Étape 3 : Multipliez le résultat par le nombre de semaines de ramassage par année (probablement 52).
Étape 4 : Multipliez le résultat par la densité moyenne des déchets urbains solides (150 kg/m3)*.
Exemple
Une benne de 4 verges (3,06 m3 selon le tableau ci-dessus) ramassée 3 fois par semaine.
Volume hebdomadaire : 3,06 m3 x 3 = 9,18 m3
Volume annuel : 9,18 m3/semaine x 52 semaines/année = 477,36 m3
Poids annuel : 477,36 m3 x 150 kg/m3 = 71 604 kg (71,6 tonnes)
* Densité des déchets urbains solides non tassés selon HENRY, J. et HEINKE, G., Environmental Science and Engineering, Simon & Schuster, New Jersey (États-Unis), 1996, p. 574.


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Les bâtiments

Contexte

Les bâtiments ont une influence considérable sur leurs occupants et sur l’environnement. La construction et la rénovation des bâtiments exigent d’immenses ressources; mais leur exploitation accapare elle aussi de grandes quantités de ressources. Qu’elles soient propriétaires ou locataires du bâtiment qu’elles occupent, les petites et moyennes entreprises (PME) disposent de moyens pour diminuer leurs impacts environnementaux et leurs coûts, et améliorer la qualité de leur environnement intérieur et leur image. En tant qu’entreprise, vous pouvez avoir affaire à divers aspects de la gestion de bâtiments commerciaux :

  • La construction
  • La rénovation
  • L’exploitation
  • L’entretien

Au Canada, les bâtiments résidentiels et commerciaux laissent une empreinte environnementale importante. En gros, ils comptent pour :

  • 50 % des ressources naturelles extraites et 33 % de la consommation d’énergie dans tout le pays
  • 25 % des déchets mis en décharge
  • 10 % des particules en suspension dans l’air
  • 35 % des gaz à effet de serre

Une proportion importante de ces impacts est attribuable aux quelque 500 000 bâtiments commerciaux et institutionnels que compte le pays. Ces impacts se font sentir pendant la construction, la déconstruction, la rénovation et l’occupation, et leur ampleur est due en partie au fait que les Canadiens passent environ 90 % de leur temps à l’intérieur d’un bâtiment, que ce soit à la maison, au travail ou pendant leurs loisirs.

Beaucoup des questions que se posent les petites entreprises en ce qui a trait à l’exploitation et à l’entretien des bâtiments sont abordées plus loin, aux sections Énergie, Déchets et Eau de ce document. La présente section porte plus particulièrement sur la construction et la rénovation, et sur le rôle que peut jouer la petite entreprise dans la réduction de ses impacts environnementaux et sociaux, lors de la construction du bâtiment et dans ses rapports avec le propriétaire.

Pour atténuer les impacts environnementaux des bâtiments commerciaux, la construction et la rénovation doivent utiliser des matériaux et produits durables, qui réduisent la consommation de matières premières et atténuent les impacts environnementaux associés à l’extraction des ressources, et à la fabrication, au transport et à l’installation de ces matériaux et produits. Choisissez des appareils et des systèmes (chauffage, éclairage) qui auront une plus grande efficacité énergétique pendant toute la durée de vie du bâtiment. Les systèmes des services d’utilité publique des bâtiments existants doivent être correctement entretenus, et les occupants doivent être incités à réduire leur consommation d’eau et d’énergie, et leur production de déchets.

Le fait d’être propriétaire ou non d’un bâtiment déterminera en grande partie l’approche adoptée pour améliorer la performance environnementale du bâtiment et la santé des occupants. Les propriétaires ont davantage leur mot à dire pendant la construction et la rénovation de leurs bâtiments, et ils peuvent prendre des décisions qui atténuent les effets négatifs liés à l’exploitation et à l’entretien des bâtiments, et en réduisent les coûts. Toutefois, les locataires ont une influence d’un autre type sur la rénovation, l’exploitation et l’entretien des bâtiments, selon les dispositions de leur bail. Par exemple, si un bail rend le locataire responsable des coûts d’exploitation (coûts de gestion des déchets, d’énergie et d’eau), celui-ci trouvera des avantages financiers directs à apporter des changements qui réduiront l’utilisation de matériaux et de ressources.

Mesures à prendre

Nouvelle construction

Une nouvelle construction doit impérativement s’inspirer des principes de durabilité, car c’est à l’étape de la conception que sont réglés les aspects du bâtiment liés à la consommation d’énergie et de ressources en eau. En effet, non seulement les mesures d’efficacité énergétique les plus rentables ont-elles trait à l’enveloppe du bâtiment et à sa conception, mais les décisions prises au cours de la phase de conception ont une influence déterminante sur la consommation de ressources, pendant toute la durée de vie du bâtiment.
Il existe plusieurs manières reconnues de réduire les impacts environnementaux négatifs d’un nouveau bâtiment et d’améliorer la santé des occupants, aux étapes de planification :

  • Emplacement/structure : situer le bâtiment le long d’un corridor de transport en commun; rénover un bâtiment plutôt que de le démolir pour reconstruire à neuf; orienter correctement un bâtiment neuf, de manière à éviter la surchauffe due au soleil, à maximiser l’ombre des arbres autour du bâtiment, à favoriser la production d’énergie renouvelable, et à mettre en valeur la lumière du jour et les vues.
  • Choix des matériaux : utiliser des matériaux de construction qui témoignent d’un souci de l’environnement, notamment des matériaux locaux, recyclés, réutilisés et issus de pratiques d’exploitation forestière durable, et des matériaux peu toxiques, qui améliorent la qualité de l’air intérieur.
  • Eau : collecter et utiliser l’eau de pluie, afin de réduire la consommation d’eau potable (de grande qualité), installer des appareils sanitaires à faible consommation d’eau et aménager des toits verts pour limiter le ruissellement d’eau à partir du toit, filtrer les polluants et réduire la quantité d’eau déversée dans les égouts pluviaux, qui peuvent à leur tour submerger les cours d’eau dans lesquels ils se déversent et perturber un habitat de poissons essentiel (la question des toits verts est abordée plus loin).
  • Énergie : construire un bâtiment à haute efficacité énergétique, notamment en optant pour des systèmes de production d’énergie non conventionnels, pour une enveloppe du bâtiment éconergétique, pour des appareils d’éclairage efficaces, et pour des systèmes de chauffage/refroidissement qui diminuent la consommation d’énergie.
  • Environnement intérieur : améliorer la santé, le bien-être et la productivité des occupants en maximisant la lumière du jour, en atténuant le bruit, en régulant la ventilation et l’humidité, et en évitant les matériaux qui peuvent nuire à la qualité de l’air.
  • Exploitation et entretien : il est possible de réduire les coûts d’exploitation et d’entretien en prescrivant l’utilisation de matériaux et de systèmes qui simplifient et réduisent l’entretien. Par exemple, le choix d’un revêtement de sol durable peut réduire la nécessité de décaper et cirer le plancher, opération qui fait souvent appel à des produits chimiques toxiques.

Conception intégrée

Pour construire un bâtiment écologique et sain, il est essentiel de réunir dès le départ l’équipe de construction, pour examiner comment vous y prendre pour atteindre vos objectifs de durabilité, y compris vos objectifs financiers. Les professionnels de la conception de bâtiments ont l’habitude de travailler en isolement par rapport aux autres; mais le fait de réunir constructeurs, architectes, ingénieurs, designers d’intérieur, paysagistes et autres spécialistes dès l’étape de la conception peut aider à cerner les occasions de maximiser vos investissements dans des résultats environnementaux. Cette démarche, appelée « processus de conception intégrée » (PCI) est la première étape essentielle de tout projet de construction. Comme de plus en plus d‘architectes, de promoteurs et d’entrepreneurs ont une expérience de la construction écologique, il devient plus facile d’embaucher des professionnels rompus au PCI.

Si votre entreprise applique des procédés de fabrication, de transformation des aliments, d’imprimerie, ou quelque autre procédé qui consomme beaucoup d’énergie ou d’eau, il est important de faire participer les concepteurs de procédés au PCI. Car isoler la conception des procédés de la conception du bâtiment peut mener à des occasions manquées; par exemple, celle d’utiliser la chaleur résiduelle du procédé pour chauffer le bâtiment.

Au moment de planifier la phase de construction, il est également possible de faire entrer en ligne de compte des considérations sociales, comme les pratiques d’embauche des entrepreneurs, et leur ouverture à l’égard des travailleurs qui font face à des obstacles à l’emploi. Par exemple, BridgmanCollaborative Architecture, une firme d’architecture, de planification et de conception, a embauché Inner City Renovations (ICR) pour convertir une ancienne banque de Winnipeg et y aménager ses bureaux. ICR et une entreprise sociale dont la mission est de contribuer à soulager la pauvreté au centre-ville en offrant de l’instruction, de la formation et des emplois à temps plein de qualité aux résidents à faible revenu du centre-ville. Cette démarche est désignée ici « approvisionnement social ».

Rénovation d’un bâtiment

Lors de la rénovation d’un bâtiment, les facteurs environnementaux doivent être pris en compte tant pendant la déconstruction que pendant la rénovation comme telle.

Déconstruction

La déconstruction est un aspect très important de la rénovation d’un bâtiment. Par le passé, avant de rénover, on démolissait : on sortait les matériaux du bâtiment (bois, métal, murs secs, etc.) et on les éliminait en vrac en les transportant à la décharge. Peu à peu, cette perception « du berceau à la tombe » de la déconstruction s’efface au profit d’objectifs de réutilisation et de réduction des déchets, qui témoignent de la nouvelle philosophie « du berceau au berceau ». Les promoteurs ont fini par se rendre compte que beaucoup des matériaux de déconstruction ont une grande valeur et que, à condition de les séparer avec soin, on peut les réutiliser, les revendre ou les recycler. Garder intacts les fenêtres, les appareils d’éclairage, les moquettes et d’autres matériaux pendant la déconstruction permet de les vendre ou des les donner à des œuvres de charité plutôt que de les envoyer à la décharge. Par exemple, Habitat pour l’humanité exploite des centres de rénovation ReStore partout au Canada. Les entreprises font des dons de matériaux neufs ou usagés au Centre de rénovation ReStore, qui les revend et utilise les profits ainsi réalisés pour financer le programme de construction de maisons abordables d’Habitat. Les entrepreneurs ou les propriétaires peuvent ainsi acheter des marchandises de récupération à ReStore ou à d’autres fournisseurs de matériaux de construction usagés pour les utiliser dans un projet de nouvelle construction ou de rénovation.

La déconstruction consiste à réutiliser des matériaux de construction intéressants et à détourner ces matériaux des lieux d’enfouissement, faisant économiser au constructeur ou au promoteur les coûts d’élimination, ce qui compte d’autant là où les frais d’élimination sont élevés. Par exemple, dans la région métropolitaine de Vancouver, la déconstruction de la Pan-Hellenic House, un immeuble de 3 300 pi2 à l’Université de Colombie-Britannique, a mené à réutiliser et recycler 93 % des matériaux, plutôt que de les enfouir, ce qui a représenté une économie de plus de 10 000 $ pour l’université.

Rénovation

Beaucoup des principes qui s’appliquent à la construction de nouveaux bâtiments s’appliquent aussi à la rénovation. Comme chercher des matériaux écologiques, et des systèmes et caractéristiques qui réduisent la consommation d’énergie et la consommation d’eau, et qui protègent la qualité de l’air intérieur.

Pour ce qui est des petites rénovations intérieures, le fait que vous soyez propriétaire ou locataire influera sur la rentabilité des mesures que vous pourriez prendre pour améliorer la consommation d’énergie et d’eau, comme, par exemple, installer des appareils d’éclairage plus éconergétiques. Mais il est important de tenir compte des avantages économiques en aval, car les améliorations rattachées aux stratégies du bâtiment durable peuvent aussi améliorer la productivité et le bien-être de vos employés (voir la section Avantages), et elles peuvent avoir un effet positif sur la réputation environnementale de votre entreprise, si vos activités génèrent moins de gaz à effet de serre et moins d’autres impacts environnementaux. Certes, les améliorations locatives sont à l’avantage de votre propriétaire, mais il se peut très bien que votre entreprise récupère les sommes investies avant même la fin du bail, et que l’atténuation des impacts environnementaux améliore votre image.

Exploitation et entretien du bâtiment

L’exploitation et l’entretien d’un bâtiment sont des facteurs essentiels pour réduire les impacts environnementaux de celui-ci et pour mettre en valeur des aspects sociaux, comme le confort et le bien-être des employés, comme le souligne Investa Property Group :
Selon une idée fausse très répandue, pour être « vert », un bâtiment doit être doté des technologies de pointe et afficher un design contemporain. Or, certains des bâtiments les plus performants sont des bâtiments anciens, gérés par des personnes soucieuses d’optimiser leur performance et qui encouragent les locataires à faire de même. Une bonne gestion des bâtiments est essentielle à des résultats environnementaux et sociaux positifs.

Énergie, Déchets et Eau

Les sections sur l’eau, l’énergie et la gestion des déchets (matériaux de rebuts) abordent plus en détail les moyens de réduire les impacts environnementaux négatifs et d’accroître les effets sociaux positifs de l’exploitation et de l’entretien des bâtiments.

Certification à titre de bâtiment écologique

La présente section expose les systèmes LEED et Green Globes de la BOMA, deux méthodes couramment utilisées pour évaluer les qualités environnementales d’un bâtiment. Les deux systèmes se ressemblent beaucoup. Mais le système LEED est plus rigoureux, exigeant des documents pour soutenir chaque allégation. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients, selon les objectifs de votre entreprise. Il vaut donc la peine d’étudier les deux programmes pour voir lequel vous convient le mieux.

Le LEED (pour Leadership in Energy and Environmental Design) est un programme de classement des bâtiments écologiques. Il s’agit d’un système de vérification indépendante (certification par tierce partie), accordant le niveau de certification « Certifié », « Argent », « Or » ou « Platine », selon les points obtenus à l’égard des critères suivants :

  • Aménagement écologique des sites : choix de l’emplacement d’un bâtiment selon des critères écologiques. Un « site écologique » est désigné tel en fonction de sa proximité d’un circuit de transport en commun, de la façon dont l’érosion des sols et les eaux de ruissellement sont gérées, et de sa contribution à la densité urbaine.
  • Gestion efficace de l’eau : ce critère mesure jusqu’à quel point la consommation d’eau est réduite dans le bâtiment. Une « gestion efficace de l’eau » correspond à une réduction globale de la consommation d’eau par les systèmes et appareils sanitaires du bâtiment (robinets, toilettes, chaudières), à un aménagement paysager qui privilégie les végétaux tolérants à la sécheresse et qui nécessitent peu d’arrosage, et au recours à des technologies de récupération des eaux usées, qui font économiser l’eau.
  • Énergie et atmosphère : critère qui renvoie aux sources d’énergie, à l’efficacité énergétique et à l’élimination de l’utilisation de produits chimiques dommageables pour l’atmosphère (p. ex., qui mènent à un appauvrissement de la couche d’ozone). Ce critère vise le rendement énergétique du bâtiment, l’utilisation d’énergie renouvelable ou d’énergie verte, et la protection de la couche d’ozone.
  • Matériaux et ressources : critère qui renvoie à la réduction de la consommation de ressources et à l’utilisation de matériaux récupérés, recyclés et locaux. Ce critère vise la réutilisation d’éléments d’un bâtiment existant (murs, planchers, toit) aux fins d’une rénovation, le détournement des déchets de construction hors des lieux d’enfouissement, et l’utilisation de produits recyclés, provenant de la région ou possédant une certification environnementale.
  • Qualité de l’environnement intérieur : il s’agit d’évaluer les efforts faits pour procurer un environnement intérieur sain aux occupants du bâtiment. Le critère « qualité de l’environnement intérieur » renvoie à la ventilation, à la capacité des occupants de régler la température, à la quantité de lumière naturelle, et à de faibles concentrations de produits chimiques polluants dans les matériaux de construction, les peintures, les moquettes et les colles.
  • Innovation et processus de conception : cette catégorie récompense les efforts exemplaires en matière de protection de l’environnement. Elle accorde des points pour des caractéristiques écologiques innovantes et pour l’embauche d’un professionnel agréé LEED pour le projet. Le programme LEED 2009 comprend aussi une catégorie désignée « priorité régionale », pour souligner les cas où le projet répond à un enjeu environnemental important dans la région.
  • À l’origine, le programme LEED s’appliquait uniquement aux nouvelles constructions et aux rénovations importantes. Le programme offre maintenant une norme touchant les aspects exploitation et entretien des bâtiments existants, comme l’achat de meubles à privilégier du point de vue environnemental, les produits et services de nettoyage écologiques, et les politiques d’achat durable, qui permettent de protéger la qualité de l’air et de réduire la consommation de ressources. (Voir la section Achat écologique pour plus de détails.) Le programme LEED offre aussi un système de cotation des locaux commerciaux, qui s’applique à l’aménagement ou aux rénovations intérieures de locaux loués.

Fifth Town Artisan Cheese est la première installation industrielle à avoir obtenu la certification LEED Platine au Canada. La fromagerie de Picton, en Ontario, a obtenu cette cote élevée en :

  • réutilisant les matériaux qui restaient après la construction de sa laiterie pour concevoir et construire son pavillon de dégustation
  • installant une citerne de 10 000 litres qui recueille l’eau de pluie
  • construisant une zone humide assurant le traitement biologique du lactosérum et des eaux usées
  • appliquant une stratégie de production d’énergie verte, qui utilise des panneaux solaires, une éolienne, une installation géothermique qui comble les besoins de chauffage et de refroidissement, un coefficient élevé d’isolation thermique, et des capteurs de zone et régulateurs automatiques pour gérer les systèmes de chauffage, de refroidissement et d’électricité
  • aménageant la salle d’affinage dans la cave pour réduire les besoins de refroidissement

BOMA BESt (Building Environmental Standards) est la norme de l’industrie canadienne en matière de certification des immeubles verts pour les immeubles existants. Six éléments du rendement et de la gestion d’un immeuble du point de vue environnemental sont évalués. Ce sont : l’énergie, l’eau, la réduction des déchets, les émissions et les effluents, l’environnement intérieur et les systèmes de gestion axée sur l’environnement. Le programme BOMA BESt, qui a été lancé en 2005 par Building Owners and Managers Association (BOMA) Canada, répond au besoin de l’industrie d’avoir accès à des normes réalistes pour l’évaluation du rendement énergétique et du rendement environnemental global des immeubles existants. Depuis la mise sur pied du Programme, plus de 2 000 immeubles, ce qui représente des centaines de millions de mètres carrés d’espaces commerciaux canadiens, ont obtenu la certification BOMA BESt. Il s’agit d’un programme national offert par l’entremise d’associations BOMA locales situées partout au pays. Pour obtenir la certification de niveau 1, un immeuble doit satisfaire aux 14 pratiques BESt de BOMA, tel que vérifié par une tierce partie indépendante. Pour obtenir une certification de niveau supérieur (niveaux 2 à 4), un demandeur doit satisfaire aux pratiques BESt et respecter en entier le module d’évaluation BOMA BESt pour le genre d’immeuble qui correspond au sien. Tous les renseignements fournis dans le cadre du Programme font l’objet d’une vérification par une tierce partie indépendante avant que la certification ne soit accordée. Le Programme offre actuellement quatre modules d’évaluation en ligne pour des immeubles existants, soit pour les immeubles de bureaux, les commerces de vente au détail ouverts, les immeubles industriels légers et les centres commerciaux fermés. Un module pour les immeubles résidentiels à plusieurs unités sera disponible en ligne sous peu. Rendez vous sur www.bomabest.com pour plus d’information.

Un troisième système de classement des bâtiments fait actuellement son apparition sur le marché nord–américain. Il peut intéresser les propriétaires qui accordent une grande valeur à une certification écologique avancée pour des raisons environnementales, économiques ou sociétales. Ce système s’appelle Living Building Challenge. Il s’agit du système le plus exigeant : il exige que le bâtiment produise sa propre énergie et qu’il capte et traite sa propre eau. Dans les faits, il s’applique uniquement aux bâtiments neufs.

Toits verts

Un « toit vert » est un système de toiture qui utilise un substrat végétalisé (des végétaux, un milieu de croissance et une membrane étanche) pour procurer divers avantages sociaux, économiques et environnementaux. Un toit vert sur un bâtiment réduit les besoins de chauffage (et de conditionnement de l’air, le cas échéant), absorbe l’eau de pluie, sert d’habitat aux oiseaux et aux insectes bénéfiques, et prolonge la durée de vie du toit.

En 2009, le centre de yoga et restaurant de Colombie-Britannique Radha Yoga & Eatery, a installé un toit vert sur une partie de son bâtiment vieux de 100 ans. La structure du toit ne pouvant supporter un toit vert pleine grandeur, un toit vert ultraléger de Xeroflor Canada a été installé. Ce produit est constitué de sédums (orpins) et d’un milieu de croissance enracinés dans un tapis synthétique, sous lesquels se trouvent une nappe de rétention d’eau et un milieu filtrant. Le système ne pèse que 10 livres par pied carré et il est posé par dessus la structure de toit existante. Pour le centre Radha, ce toit, qui fait 500 pieds carrés, a comme atouts de nécessiter peu d’entretien et de procurer certains des avantages d’un toit vert.

Baux verts

Les locataires peuvent collaborer avec les propriétaires pour élaborer des conditions qui offrent aux locataires (et aux propriétaires) des mesures incitatives pour réduire la consommation d’énergie et d’eau, et la production de déchets et d’émissions de gaz à effet de serre. Si vous payez directement vos factures de services publics, vous pouvez trouver rentable d’apporter des améliorations à l’éclairage et à l’isolation, et d’installer des appareils économiseurs d’eau. Ces mesures vous permettront en effet de réduire vos factures, votre consommation de ressources et vos émissions de gaz à effet de serre. Mais, même si vous ne payez pas vos propres factures, les frais vous sont transférés dans le loyer; il est donc dans l’intérêt de tous les locataires de réduire leur production de déchets et leur consommation d’eau et d’énergie.

Un bail vert est essentiellement une entente entre le propriétaire et un locataire qui prévoit quelles améliorations seront apportées et comment les économies seront partagées entre eux. Certes, il est possible de négocier de telles dispositions au milieu d’un bail, mais il est toujours préférable de le faire avant la signature du bail ou au renouvellement de celui-ci. Les locataires doivent tenir compte de la structure des loyers et des dépenses d’exploitation (et de la manière de les calculer), de la consommation d’énergie, de même que des services de nettoyage écologique et de recyclage, et de gestion des déchets assurés par le propriétaire. Un bail vert type, avec un guide de l’utilisateur, peut être consulté.

Avantages pour l’entreprise

Réduction des coûts

Parmi les avantages les plus évidents associés aux bâtiments écologiques figurent les économies réalisées au chapitre des coûts d’exploitation : la consommation d’énergie, la consommation d’eau et l’entretien représentent jusqu’à 85 % des coûts du cycle de vie d’un bâtiment. Or, des systèmes et des appareils éconergétiques peuvent réduire de 30 à 40 % les coûts d’énergie et d’alimentation en eau potable. Les bâtiments neufs les plus performants sont conçus pour entraîner des coûts d’énergie 70 % inférieurs aux coûts associés à un bâtiment classique répondant aux exigences des codes. On peut aussi s’attendre à une diminution des coûts d’entretien, car les systèmes éconergétiques, comme les systèmes de chauffage, sont souvent petits et faciles d’entretien; il en va ainsi des appareils d’éclairage éconergétiques, qui nécessitent des changements d’ampoules moins fréquents. Même si les coûts d’immobilisation associés à la construction et à la rénovation de bâtiments écologiques peuvent dépasser d’environ 2 % les coûts habituels, ceux-ci sont souvent rapidement récupérés grâce à une diminution des coûts d’exploitation.

Augmentation de la productivité

Les employés profitent d’un environnement amélioré : baisse du niveau de bruit, meilleur éclairage, meilleure qualité de l’air et meilleure régulation de la température, ce qui peut se traduire par des gains de productivité nette pour l’entreprise. Comme les coûts salariaux sont un poste important du budget de la plupart des PME, améliorer un tant soit peu la productivité des employés peut entraîner des avantages financiers considérables. Par ailleurs, la recherche révèle que l’absentéisme et les problèmes de santé (asthme, allergies, maladies respiratoires) sont moins courantes dans les bâtiments verts et que la productivité est de 2 à 10 % supérieure dans les immeubles où la ventilation, l’éclairage (y compris celui de la lumière du jour) et la régulation de la température sont meilleurs, et où les dégagements gazeux sont réduits.

Recrutement et maintien en poste des employés

Un lieu de travail écologique peut être plus attirant pour les nouveaux employés éventuels, surtout dans les secteurs où la concurrence est vive pour le recrutement d’employés qualifiés et où il peut être difficile de garder en emploi des employés compétents.

Attention médiatique

Les projets de bâtiments écologiques sont relativement nouveaux dans le monde des PME. Ce sont de bons sujets de reportage et l’attention médiatique peut conférer à l’entreprise une image de marque enviable. De plus, ce peut être l’occasion pour une petite entreprise qui dispose d’un budget de publicité limité de bénéficier d’une publicité gratuite.

L’hôtel Listel à Vancouver, C.-B., par exemple, a installé un chauffe-eau solaire et s’est attiré l’attention de médias provenant d’aussi loin que de l’Idaho, du Nevada, de la Californie et d’Hawaii. Voir la section Commercialisation pour de plus amples renseignements sur les « nouvelles méritées ».

Ressources documentaires

Déconstruction et rénovation
Le site Web des constructeurs verts de la région métropolitaine de Vancouver (Build Smart) offre des outils pour mieux récupérer et recycler les matériaux pendant la démolition (guide de démolition, information sur les avantages, devis type et guide de gestion des déchets).

Centres de rénovation ReStore de Habitat pour l’humanité : faites don de vos matériaux de construction usagés ou achetez des matériaux usagés pour les réutiliser dans des projets de rénovation ou de nouvelle construction :

Certification de bâtiments écologiques
Système de certification LEED, Conseil du bâtiment durable du Canada :

Système de certification de bâtiments écologiques Green Globes (anglais seulement)

Exploitation et entretien (anglais seulement)
Guides d’exploitation et d’entretien pour l’éclairage, l’enveloppe du bâtiment, la qualité énergétique et les systèmes de chauffage, de ventilation et de conditionnement de l’air (CVCA) :

Baux verts (anglais seulement)
Le Green Lease Guide for Commercial Office Tenants de l’Association des biens immobiliers du Canada (REALpac) offre aux locataires de locaux de bureau de l’information sur la manière d’aborder les questions liées à la durabilité du bâtiment au moment de négocier le bail :

Le Office Green Lease: Model Green Lease Guide for Office Tenants de la REALpac (anglais seulement)
offre un modèle de bail vert pour les locataires de locaux de bureau :


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Transport

Contexte

Les besoins en transport de votre entreprise peuvent avoir des répercussions importantes sur l'environnement. Qu'il s'agisse de vols aériens pour affaires, de l'expédition de marchandises ou du navettage des employés, le mouvement des biens et des personnes provoque des émissions et des fuites, dont les polluants atmosphériques, les gaz à effet de serre (GES) et la pollution de l'eau. Au Canada, le transport routier, ferroviaire, maritime et aérien représente 26,7 % des émissions totales de gaz à effet de serreNote de bas de page 54. Le transport cause aussi d'autres problèmes environnementaux comme la réduction de la qualité de l'air (à cause du smog et des particules en suspension) et la pollution de l'eau par les fluides des véhicules, comme les huiles et les lubrifiants qui s'échappent sur les routes pour aboutir dans nos ruisseaux et nos cours d'eau.

Plusieurs possibilités s'offrent aux petites entreprises pour réduire les incidences environnementales du transport, notamment :

  • Déplacements d'affaires : Déplacement de votre personnel local vers des destinations à l'extérieur pour des réunions d'affaires, des conférences, des ventes;
  • Livraison : Transport de marchandises et services, y compris les envois par messager, d'un lieu à un autre;
  • Gestion du parc de véhicules : Exploitation et entretien de votre parc, y compris la formation des conducteurs;
  • Navettage des employés : Déplacement quotidien de vos employés entre leur domicile et le lieu de travail.

Mesure

Déplacements d'affaires

Réduisez les émissions de GES, la pollution atmosphérique et les coûts associés à vos déplacements d'affaires, y compris les vols et les déplacements en voiture, en utilisant des modes de transport à faible incidence et en réduisant le nombre de déplacements. Voici quelques mesures pour y parvenir :

  • Remplacez les déplacements en voiture par des modes de transport à faible incidence pour les réunions, les ventes et autres déplacements d'affaires dans votre ville :
    • Offrez des incitatifs à vos employés pour qu'ils prennent le transport en commun ou un mode de transport actif (marche, vélo) au lieu de conduire;
    • Écologisez votre parc afin de réduire les incidences de la conduite automobile (voir la section Gestion du parc ci-dessous pour plus d'information sur la façon d'y parvenir).
  • Réduisez l'incidence des déplacements en dehors de votre région :
    • Envisagez le rail ou le covoiturage au lieu des vols aériens sur courte distance;
    • S'il faut prendre un vol aérien, encouragez les employés à emprunter les navettes d'aéroport ou le transport public jusqu'à l'hôtel.
  • Réduisez la nécessité des réunions en personne, en encourageant les « réunions virtuelles ». Plusieurs options sont disponibles :
    • Téléconférence ou vidéoconférence : Rencontrez virtuellement vos employés ou vos clients par téléconférence ou vidéoconférence. Examinez les présentations des équipes dans le cadre de webinaires, une méthode gratuite. Ainsi, les membres de votre équipe pourront se rencontrer plus fréquemment, et cela réduira le temps de travail perdu à cause des déplacements et les émissions de GES.
    • Solutions en ligne (gratuites ou presque) de transfert d'information et de promotion du travail d'équipe, comme le partage de fichiers, le partage d'écrans et les conférences web. Voici quelques exemples :
      • Partage de fichiers : Le partage de fichiers vous permet de transférer de gros fichiers et de collaborer avec les membres de l'équipe sans avoir à vous rencontrer en personne. Il existe de nombreux services gratuits ou abordables de partage de fichiers, selon vos besoins, comme « You Send It », « For My Innovation (FMYI) », et d'autres encore.
      • Partage d'écrans et webinaires : Le partage d'écrans et les webinaires vous permettent d'avoir des rencontres virtuelles ou de formation pendant lesquelles les utilisateurs peuvent partager des fichiers ou regarder des présentations, écouter du contenu audio et interagir avec le présentateur et le public. Il existe beaucoup d'options gratuites ou peu coûteuses, notamment le logiciel de partage d'écrans « Screen Stream », le logiciel de webinaire et le logiciel « Netxpression Webinar Builder » qui permet de construire des webinaires et des présentations en ligne, et d'autres logiciels.
      • idéoconférence : Il existe de nombreux services de vidéoconférence gratuits ou à faible coût, qui permettent la communication vocale et vidéo en direct entre trois personnes ou plus, notamment « Skype », « Google Chat », « Windows Live Messenger » et d'autres.
      • Vous pouvez comparer les services de videoconference au site web de Master New Media.

Ces logiciels, utiles pour réduire les déplacements d'affaires, évoluent rapidement, et vous devrez alors vous tenir au courant des nouvelles technologies en faisant une recherche sur Internet en utilisant les expressions ci-dessus (« logiciel de partage de fichiers », « logiciels de webinaire », etc.).

Basée à Calgary, la société Tech House Computer Services a réduit l'incidence de ses déplacements d'affaires en utilisant un vélo muni d'une remorque pour ses déplacements urbains. En hiver, quand la neige rend plus difficiles les trajets en vélo, le personnel de Tech House emprunte parfois les véhicules de l'Alternative Transportation Calgary Co-operative, un réseau de covoiturage dont les membres partagent la propriété des véhicules. Grâce à ces modes de transport, Tech House réduit ses coûts de véhicules, de carburant et d'assurances, tout en réduisant les incidences environnementales du transport à ses fins commerciales.

Expédition (transport de biens et marchandises)

Afin de réduire les émissions de GES, la pollution atmosphérique et les coûts d'expédition, cherchez à optimiser le nombre d'envois. Voici quelques exemples en ce sens :

  • Recourez à des transporteurs qui sont éco-certifiés ou reconnus;
  • Examinez vos pratiques d'expédition et de livraison. Vous pourriez changer de mode de transport pour certains biens, p. ex., passer de la route au rail;
  • Planifiez vos livraisons pendant les heures creuses : en évitant les heures de pointe, vous réduirez votre consommation de carburant et gagnerez du temps;
  • Consolidez les expéditions : le transport des produits en direction et en provenance de vos locaux peut offrir des possibilités de regroupement. En faisant plusieurs commandes en même temps, vous augmenterez votre inventaire, ou encore, encouragez vos clients à commander en vrac et vous réduirez les émissions dues au transport. Même les services de messagerie peuvent être consolidés avec un peu de planification. Les expéditions peuvent aussi parfois être consolidées avec les entreprises voisines.

La société Coffee Company de Salt Spring, établie sur l'île Saltspring (Colombie-Britannique), a réduit son incidence environnementale en changeant ses pratiques de transport. Plutôt que de faire livrer ses grains de café par bateau depuis différents ports autour du monde vers Oakland, en Californie, puis par camion jusqu'à Vancouver, elle passe maintenant des commandes moins nombreuses, mais plus importantes, et les fait livrer directement à Vancouver. L'entreprise a ainsi réduit ses émissions de GES de 1,5 tonne par chargementNote de bas de page 55.

Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la société Integral Sense Brands (ISB), un distributeur britannico-colombien de produits de soins personnels naturels provenant du monde entier, encourage ses clients à consolider leurs commandes. La société offre des tarifs d'expédition avantageux aux clients qui commandent plus d'un produit à la fois, de sorte que le client et l'entreprise réduisent tous deux leurs émissions de gaz à effet de serre. ISB vend à des détaillants avec un engagement poussé envers la durabilité environnementale : en expliquant à ses clients sa volonté de réduire son empreinte de carbone, elle a obtenu une réponse des plus positivesNote de bas de page 56.

Gestion des parcs de véhicules

Certaines entreprises disposent de parcs de véhicules pour les déplacements d'affaires ou l'expédition des marchandises. Ces parcs ont un impact important sur l'environnement, et leur bonne gestion peut réduire les émissions. L'Environmental Defense Fund, une des principales organisations environnementales américaines s'appuyant sur la science, souligne que le parc de véhicules moyen émet 15 tonnes de carbone par an, et que les entreprises peuvent réduire ces émissions jusqu'à 2 tonnes par de simples mesures d'entretien des véhicules et de formation des conducteursNote de bas de page 57. Si vous possédez un parc de véhicules, plusieurs possibilités s'offrent à vous pour réduire l'incidence environnementale de votre parc (émissions de gaz à effet de serre, pollution de l'air, fuites). Pour écologiser votre parc, vous devez 1) faire un entretien approprié des véhicules, 2) mieux les utiliser (formation des conducteurs), 3) mieux choisir les véhicules et 4) sélectionner le carburant. Voici quelques explications.

1. Entretien

L'entretien du véhicule, c.-à-d. la vérification de la pression des pneus, les changements des liquides et des filtres et l'alignement des roues, fait économiser du carburant et réduit la pollution de l'air. Colmatez les fuites de liquide pour empêcher la pollution de l'eau par l'huile, le liquide de frein, le fluide de la transmission et d'autres produits chimiques qui se retrouvent sur la route, puis dans les ruisseaux et les cours d'eau. Envisagez les mesures suivantes :

  • Pression des pneus : Il est important de maintenir la pression appropriée des pneus. Une pression trop faible augmente l'usure des pneus et la consommation de carburant. Vérifiez la pression maximale sur le flanc des pneus ou sur la portière du côté conducteur. Comme le temps froid en hiver réduit la pression dans les pneus, vérifiez souvent la pression des pneus en hiver. Lors du remplacement des pneus, optez pour des pneus à faible résistance au roulement afin d'améliorer l'économie de carburant.
  • Changements d'huile : Changez l'huile et les filtres à huile régulièrement, car la vieille huile perd ses propriétés lubrifiantes, réduit la puissance du véhicule et fait consommer plus de carburant. Quand vous changez l'huile, utilisez de l'huile synthétique, qui dure deux à trois fois plus longtemps que l'huile classique, ce qui accroît la durée de vie du moteur et génère moins d'émissions de GES.
  • Filtre à air : Changez le filtre à air régulièrement, car la restriction de l'air dans la chambre de combustion du moteur réduit la puissance du véhicule et la consommation de carburant. Cette pratique permettra également de prolonger la durée de vie du moteur.
  • Alignement des roues : L'alignement des roues réduit l'usure des pneus, protège la suspension et réduit la résistance au roulement, d'où des économies de carburant.
  • Détection de fuites : Vérifiez régulièrement les niveaux des fluides, et vérifiez sous les véhicules, dans le stationnement, s'il y a des égouttements ou des fuites chroniques. Le colmatage des fuites économise de l'argent et réduit le ruissellement dans les ruisseaux et les cours d'eau.
2. Comportement des conducteursNote de bas de page 58

La formation des conducteurs et des employés est l'une des mesures les moins coûteuses et les plus faciles à appliquer pour réduire la consommation de carburant par le parc de véhiculesNote de bas de page 59. Une consommation moindre de carburant réduit les coûts, les émissions de GES et la pollution atmosphérique. Des programmes de formation de conducteurs sont disponibles partout au Canada. Vous pouvez aussi concevoir votre propre programme en vous basant sur les nombreux cours vidéo et conseils sur l'entretien et la conduite offerts par différents groupes (voir la section Ressources pour plus de détails). L'écoconduite comporte plusieurs aspects importants, notamment :

  • Changement de vitesse et régime : Changez de vitesse dès que possible (sur les transmissions manuelles), (anglais seulement) en conduisant au plus haut rapport et au plus bas régime possible. Pour la plupart des voitures, cela signifie garder le régime sous 2 500 tours/minute, et sous 1 900 tours/minute pour les véhicules hybrides.
  • Accélération et freinage : Évitez les accélérations et les freinages inutiles en roulant à vitesse constante, anticipez les feux de circulation et, le moment venu, décélérez en douceur. Utilisez le régulateur de vitesse sur les routes relativement plates.
  • Vitesse : Évitez les vitesses élevées. Les vitesses supérieures à 90 km/h augmentent considérablement votre consommation de carburant.
  • Ralenti : La marche au ralenti gaspille du carburant, accroît les coûts et émet des GES. Évitez la marche au ralenti pendant plus de 60 secondes lorsque vous ne roulez pas. Des études montrent qu'après 60 secondes de ralenti, les coûts de carburant pour redémarrer le moteur augmentent, tout comme le potentiel d'usure du démarreur et de la batterie. Vous pourriez adopter une politique d'entreprise : pas de ralenti pendant plus de 60 secondes, et former les conducteurs à ce sujetNote de bas de page 60. Parfois, la marche au ralenti est nécessaire en raison des conditions météorologiques extrêmes — le moteur doit tourner au ralenti pour faire fonctionner le système de chauffage ou de refroidissement du véhicule. Si c'est le cas, ajoutez à votre politique anti-ralenti et à votre programme d'éducation d'autres mesures visant à réguler la température du véhicule, p.ex., en installant des pare-soleil pour garder les intérieurs au frais, ou un système de chauffage intérieur qui réduira les coûts de carburant sur les gros véhicules.
  • Planification des itinéraires : En planifiant vos itinéraires, vous vous assurez que les véhicules de livraison sont utilisés au maximum, ce qui élimine les trajets inutiles et peut aider à éviter les bouchons. Les entreprises peuvent utiliser des outils comme le GPS et des logiciels de planification de route, pour un ordonnancement stratégique et cartographier et planifier des itinéraires efficacesNote de bas de page 61.

En Colombie-Britannique, Small Potatoes Urban Delivery (SPUD), un service de livraison à domicile de produits organiques, a réalisé un inventaire des GES en 2008 et s'est fixé comme objectif de devenir neutre en carbone. Comme le transport représente 93 % de ses émissions de GES, bon nombre de ses efforts pour réduire de 10 %Note de bas de page 62 ses émissions de 461 tonnes métriques devaient porter sur le transport. La formation des conducteurs a été une mesure importante prise par SPUD pour réduire la consommation de carburant par ses camions de livraisonNote de bas de page 63.

Véhicules
Le choix de véhicule pour votre parc a des incidences environnementales importantes selon la taille, le type de carburant et la cote de consommation du véhicule.

  • Taille appropriée : Une des mesures les plus simples et les plus efficientes en termes de coût et de carburant est de s'assurer que la taille du véhicule est appropriée aux utilisations envisagées.
  • Modification des véhicules : Différentes modifications et technologies vous permettront d'économiser du carburant. Les technologies à considérer comprennent les jupes aérodynamiques, les groupes électrogènes (pour réduire la marche au ralenti) et l'emploi de pneus appropriés.
  • Établissement des coûts pour le cycle de vie : Lorsque vous sélectionnez des véhicules pour votre parc, évaluez non seulement le coût du véhicule, mais également ses coûts d'exploitation, d'entretien et d'élimination (revente).
  • Cote de consommation : Il est essentiel de comparer la consommation de carburant des diverses options d'un véhicule, car votre choix de véhicule déterminera ses coûts d'exploitation et son incidence environnementale. Pour avoir une information fiable, ne vous fiez pas aux seuls renseignements fournis par le constructeur du véhicule. Il existe plusieurs sources indépendantes d'information sur la consommation de carburant. Pour connaître la cote de consommation testée des voitures et camions, consultez le site de Ressources naturelles Canada, et pour les véhicules hybrides, consultez le site
  • Nouvelles technologies de véhicules : Lors de l'achat de véhicules, évaluez les avantages de remplacer les véhicules classiques à essence par des véhicules employant d'autres technologies.
    • Les véhicules hybrides (VH) sont environ 30 % plus économes en carburant que les véhicules à essence ordinairesNote de bas de page 64, et ils peuvent réduire les émissions atmosphériques de polluants générateurs de smog de près de 90 % et les émissions de GES de moitiéNote de bas de page 65 selon le type de véhicule et les conditions de conduite. Ils fonctionnent comme les véhicules ordinaires, ils sont facilement disponibles et ils sont sur le marché depuis un certain nombre d'années.
    • Les véhicules hybrides rechargeables (VHR) sont environ 75 % plus économes en carburant que les véhicules à essence ordinaires, et ils réduisent davantage les polluants et les GES que les VH. Ils ont un système entièrement électrique qui doit être rechargé et qui offre une autonomie d'environ 120 km avant de passer au système à carburantNote de bas de page 66. Ils sont censés être disponibles en version limitée en 2011, et la production de masse débutera en 2012.

Les camions hybrides peuvent réduire les émissions et les coûts du carburant de 30 à 50 %. Ils sont utilisés dans les grands parcs commerciaux (p. ex., UPS, Coca-Cola), et de nombreux modèles sont offerts depuis quelques années. Cette option deviendra viable pour les exploitants de petits parcs à mesure que la technologie évoluera et que davantage de constructeurs produiront des camions hybridesNote de bas de page 67.

Mills Basics, une entreprise de fournitures de bureau établie à Vancouver, a acheté un camion de livraison électrique afin de réduire ses émissions de carbone. Le camion sans émission s'inscrit dans le cadre de son « plan carbone neutre » qui prévoit une réduction de 30 % des émissions actuelles de Mills Basics, soit 532 tonnes, d'ici 2020Note de bas de page 68.

De plus, divers types de carburant de remplacement sont disponibles, comme il est décrit ci-dessous.

3.  Carburants de remplacement

Les carburants de remplacement peuvent aider à réduire les émissions de GES et de polluants atmosphériques associés aux carburants pétroliers classiques (p. ex., l'essence et le diesel). Certains carburants de remplacement (biodiesel, éthanol) sont attrayants, car ils peuvent être utilisés dans les moteurs à essence et diesel réguliers. Cependant, ils ne sont pas disponibles partout au pays. Voir la section Ressources pour en savoir plus sur la disponibilité de ces carburants au Canada.

Biodiesel
Le biodiesel est un carburant de remplacement utilisable dans n'importe quel moteur diesel standard moderne. Il est fabriqué à partir d'huiles végétales et de graisses animales, et souvent à partir de déchets organiques recyclés (p. ex., l'huile de cuisson) qui peuvent être mélangés avec du diesel ordinaire pour réduire les émissions de GES, de soufre, d'azote et de particulesNote de bas de page 69. Dans certains cas, les parcs de véhicules peuvent être exploités avec du biodiesel à 100 %. Les mélanges plus faibles (B5 et B20, qui contiennent 5 % ou 20 % de biodiesel mélangé avec du diesel ordinaire, respectivement) sont souvent plus appropriés pour les climats froids, car la fraction biodiesel du mélange s'épaissit par temps froid.

Recycling Alternative, un transporteur de matières recyclées en Colombie-Britannique, utilise pour ses véhicules du biodiesel à 100 % (appelé B100) produit à partir de déchets organiques recyclés. Ce carburant émet jusqu'à 92 % moins de carbone que le diesel ordinaireNote de bas de page 70.

Éthanol
L'éthanol est un alcool de grain pur, fabriqué au Canada à partir de maïs ou de blé, qui est mélangé à l'essence pour produire du carburant donnant des émissions réduites de GES. Par rapport à l'essence, les émissions de GES produites par le carburant E10 à base de maïs (c.-à-d. 10 % d'éthanol mélangé à l'essence ordinaire) sont inférieures de 3 à 4 %, et pour le carburant E10 produit à partir de matières ligneuses ou agricoles, elles sont moindres de 6 à 8 %. Le carburant à l'éthanol peut être utilisé dans les véhicules à essence modernes (1980 ou plus récent). La plupart des véhicules peuvent fonctionner avec un mélange contenant jusqu'à 10 % d'éthanol (E10, disponible dans certaines stations-service au Canada). Certains véhicules peuvent fonctionner avec des mélanges d'éthanol plus concentrés (jusqu'à 85 %); toutefois, on doit se renseigner auprès des fabricants de véhiculesNote de bas de page 71.

La production de carburants à partir de végétaux comme le blé ou le maïs soulève certaines inquiétudes, car on craint qu'il y ait moins de nourriture disponible pour la consommation. Certains carburants sont fabriqués à partir de cultures, et d'autres à partir de déchets provenant de divers procédés agricoles. Le meilleur carburant à base de végétaux emploie des déchets des cultures existantes, et non des cultures neuves. Avant de décider d'employer des carburants plus verts, vous pourriez faire un peu de recherche sur la disponibilité des carburants fabriqués à partir de déchets, p. ex., l'éthanol fabriqué à partir des fibres de maïs.

Hydrogène
Les piles à hydrogène produisent de l'électricité en combinant l'hydrogène et l'oxygène. Elles produisent très peu d'émissions de GES, voire aucune, tout dépendant du mode de production de l'hydrogèneNote de bas de page 72. Les véhicules à hydrogène ne sont pas encore disponibles commercialement en raison de l'absence d'une infrastructure de ravitaillement. Cependant, certains efforts sont déployés pour accroître la disponibilité de l'hydrogène. Un consortium de fournisseurs canadiens de technologie, de partenaires gouvernementaux et d'utilisateurs de technologie en Colombie-Britannique élabore actuellement une « autoroute de l'hydrogène », un réseau de sept stations de ravitaillement en hydrogène entre Victoria et WhistlerNote de bas de page 73. Des chariots élévateurs à hydrogène sont également en voie de développement, mais ils ne seront pas disponibles avant plusieurs années.

Gaz naturel
Le gaz naturel est un combustible fossile pressurisé qui brûle plus proprement que l'essence ou le diesel. Il émet moins de GES et de polluants atmosphériques. Il est également moins susceptible de contribuer à la pollution de l'eau, car le système de confinement étanche nécessaire pour contenir le gaz signifie qu'il ne peut pas s'échapper sur les routes et dans l'eau à cause d'une manipulation négligente, de déversements, de fuites ou de l'évaporationsupNote de bas de page 74. On trouve sur le marché une gamme de véhicules au gaz naturel, et il est toujours possible de convertir pour environ 6 000 $ un véhicule existant afin qu'il roule au gaz naturelNote de bas de page 75.

Propane
Le propane est un combustible fossile (gaz) qui est pressurisé et stocké sous forme liquide pour être utilisé dans les véhicules. Il peut réduire jusqu'à 20 % les émissions des GES. Il réduit également la pollution de l'air, car il produit des quantités extrêmement faibles d'oxydes de soufre, lequel contribue aux pluies acides et au smog. Le système pressurisé de confinement étanche du propane le rend également moins susceptible de contribuer à la pollution de l'eau, car il ne peut pas s'échapper sur les routes et dans l'eau à cause d'une manipulation négligente, de déversements, de fuites ou de l'évaporationNote de bas de page 76.

Navettage des employés

Même si cela n'est pas vraiment du ressort de l'entreprise, la façon dont les employés se rendent au travail et en reviennent peut avoir une incidence importante sur les émissions de GES, surtout dans le cas des véhicules à occupant unique. Les entreprises peuvent influer sur le mode de navettage de leurs employés par diverses mesures :

  • Localiser les lieux de travail à proximité des services de transport en commun;
  • Offrir divers incitatifs, par exemple :
    • Favoriser les modes de transport autres que la voiture, par des rabais sur les laissez-passer ou les frais d'adhésion aux services de covoiturage;
    • Favoriser l'achat de véhicules à faibles émissions ou utilisant des carburants de remplacement;
    • Offrir le stationnement gratuit aux covoitureurs;
  • Soutenir le personnel afin qu'ils puissent organiser des groupes de covoiturage;
  • Obtenir la participation du personnel aux campagnes qui encouragent les autres modes de transport. Par exemple, on peut organiser des défis pour les employés habitant en banlieue, ou des semaines « vélo-travail » pour inciter les employés à essayer de nouvelles formes de transport d'une manière amusante et stimulante;
  • Faire preuve de souplesse quant aux horaires (semaine de travail écourtée, évitement des heures de pointe) et au lieu de travail (possibilité de faire du télétravail);
  • Offrir des rangements sécurisés de vélos, des douches et des vestiaires pour les cyclistes et les marcheurs;
  • Offrir aux covoitureurs, aux marcheurs et aux cyclistes un retour garanti chez eux (en taxi par exemple) si ou un membre de leur famille tombe malade ou s'il y a une urgence.

Établie à Vancouver, la société Eclipse Awards, spécialisée dans les trophées en cristal et en verre, offre à ses employés divers incitatifs visant à promouvoir des modes de transport autres :

  • Incitatifs pour l'achat de véhicules sans émission : pouvant atteindre 450 $ (p. ex., scooter électrique, vélo, voiture hybride);
  • Incitatifs pour l'exercice : l'entreprise offre à chaque employé 0,30 $ pour chaque kilomètre marché jusqu'au travail, et 0,20 $ pour chaque kilomètre parcouru en vélo jusqu'au travail;
  • Incitatifs pour de transport public : l'entreprise paie 50 % du coût d'un laissez-passer d'autobusNote de bas de page 77.

Avantages pour l'entreprise

Économies de coûts
Les modes de transports plus durables permettent de réaliser d'importantes économies. Toutefois, il faudra peut-être investir dans de nouveaux véhicules ou convertir les véhicules existants aux carburants de remplacement, mais ces investissements seront rapidement épongés grâce aux économies de carburant, et l'entreprise commencera ensuite à économiser de l'argent.

D'autres économies sont immédiates. Par exemple, en remplaçant les déplacements d'affaires par des réunions et des présentations virtuelles, on réalisera des économies importantes sur les vols aériens. D'autres mesures simples comme l'entretien des véhicules et la formation des conducteurs se traduiront par d'importantes économies de carburant. Les programmes de formation des conducteurs peuvent à eux seuls réduire les coûts en carburant d'environ 10 %Note de bas de page 78.

Plus grande durée de vie des véhicules
Plusieurs mesures d'économie de carburant sont liées à de bonnes pratiques d'entretien des véhicules, ce qui réduit l'usure et prolonge la durée de vie de vos actifs. Un entretien régulier, jumelé aux techniques d'écoconduite, réduit la nécessité de remplacer les véhicules et les pièces (pneus, freins). Cela réduit aussi les besoins en travail d'entretien et accroît les économies de coûts.

Attentes des clients sensibilisés au changement climatique
Le transport est l'une des principales sources de GES causant le réchauffement climatique. Les clients sont de plus en plus sensibilisés aux questions environnementales, et ils recherchent des entreprises qui prennent des mesures à l'égard du changement climatique. En plus de répondre aux attentes de la clientèle et de la fidéliser, vos efforts visant à écologiser vos activités de transport vous aideront à acquérir une image positive et à gagner de nouveaux clients.

Ressources

Formation des conducteurs

  • Green Driving Canada (anglais seulement) fournit des conseils sur l'écoconduite dans le cadre de ses programmes « Eco-Driving » et « Xtreme Eco-Driving ».

Parcs de véhicules

  • L'Environmental Defense Fund (anglais Seulement) offre un programme progressif de gestion de parc pour réduire les émissions de GES et de polluants atmosphériques et les fuites en fixant des objectifs, en créant un inventaire et en améliorant le choix et l'utilisation des véhicules, dans une optique de réduction des émissions de carbone, avec production de rapports d'étape (Green Fleet Framework).
  • Le programme Écoflotte de Ressources naturelles Canada offre des ressources de formation des conducteurs (manuels, formation), des ateliers sur la gestion du carburant, de l'information sur les économies de carburant, une trousse d'outils pour la réduction de la marche au ralenti, des études de cas et des histoires de réussite.
  • Le programme « E3 Fleets » du Fraser Basin Council est un programme national qui offre aux entreprises un examen de leurs parcs afin d'évaluer leurs choix de véhicules et de carburant et leurs habitudes de conduite dans le but de réduire la consommation de carburant, les émissions et les coûts. Le programme offre divers outils pour aider les entreprises à suivre et déclarer les émissions de carbone, trouver des carburants de remplacement (p. ex., le biodiesel, les mélanges d'éthanol, l'hydrogène) et calculer les avantages rattachés à l'achat d'un véhicule hybride.
  • Ressources naturelles Canada offre une analyse du coût d'exploitation des véhicules qui compare les coûts du cycle de vie et les émissions de GES des véhicules ordinaires par rapport à des modèles plus économes en carburant.

Carburants

  • Ressources naturelles Canada fournit des renseignements sur les carburants de remplacement, y compris une description de chaque type de carburant, leurs avantages environnementaux, sociétaux et économiques, les aspects sécurité et performance, et leur disponibilité.

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Marketing

Contexte

Le marketing est un volet important de toute entreprise, car il contribue à faire connaître à vos clients vos produits, vos services et votre image de marque. Communiquer votre message efficacement est la clé du marketing efficace. Vous souhaiterez parler de vos initiatives sociales et environnementales et les intégrer à votre message pour améliorer votre image de marque et attirer vos clients vers vos produits et services respectueux des considérations environnementales et sociales. Peu d’entreprises font bien cela. Créez un message efficace qui prône la responsabilité écologique et sociale en communiquant ce que vous faites bien, ainsi que vos projets concernant l’impact de votre entreprise. Communiquez honnêtement les bienfaits apportés par vos produits à l’environnement et à la société. Que ce soit pour votre image de marque ou vos produits, évitez les grandes déclarations et le langage pompeux.

Les entreprises qui tentent de paraître écologiques ou de faire croire que leurs produits ou services ont été conçus avec un souci pour l’environnement et la responsabilité sociale sont parfois accusées d’« écoblanchiment » lorsqu’elles n’agissent pas en conséquence. C’est notamment le cas des entreprises qui dépensent plus pour publiciser leurs vertus durables que leurs programmes verts, ou encore des entreprises qui font des affirmations vagues et vides de sens sur le « caractère écologique » de leurs produits, sans rien expliquer, ou qui font des déclarations non corroborées, par exemple des déclarations du type « shampoings non testés sur les animaux » qui n’offrent ni preuve ni certification à l’appui de ces dires.

Agir

Recueillir les faits et les chiffres

Pour communiquer efficacement vos initiatives ou programmes de développement durable, recueillez les faits ou chiffres pertinents relatifs à vos efforts. Le meilleur marketing présente des exemples concrets de vos véritables économies d’eau, d’énergie ou de matériaux, de la quantité de matières résiduelles récupérées, ou des réductions de gaz à effet de serre issues de vos programmes environnementaux. Du point de vue social, vos activités de marketing pourraient consister à faire connaître les innovations auxquelles vous avez eu recours pour fabriquer des produits plus accessibles pour les collectivités défavorisées.

Pour des affirmations efficaces concernant vos produits et services, recueillez des informations précises portant sur les avantages écologiques et sociaux de votre produit comparativement à d’autres produits sur le marché, ou sur un nouveau produit ou la nouvelle formule d’un produit comparativement à l’ancienne. Par exemple, si l’emballage d’un nouveau produit a été réduit, un message efficace pourrait être : « Emballage réduit de 55 % ». Si un nouveau produit permet d’aider des familles agricoles au Guatemala, on pourrait lire dans la présentation de votre produit les avantages que ces familles ont tirés de la fabrication du produit en question.

Un message crédible, pertinent, efficace et distinctif

Greenbiz offre une formule de marketing écologique et durable simple : créez un message crédible, pertinent, efficace et distinctif, qui distingue votre entreprise et vos produits de la concurrence.

Crédible - Créez un message crédible en appuyant vos affirmations sur des faits et des chiffres pertinents. Le niveau d’information peut dépendre de l’image ou de l’historique de votre secteur sur les plans social et environnemental, ainsi que de votre public cible. L’information peut varier selon qu’elle s’adresse à vos clients ou à vos employés. Par exemple, vous pouvez créer un simple aperçu dans l’intranet pour vos employés, et un rapport plus détaillé pour les autres parties intéressées, comme les investisseurs ou votre conseil d’administration.

Pertinent - Un message pertinent présente vos réussites par rapport à l’impact sur le développement durable de votre entreprise. Par exemple, si une entreprise de l’industrie automobile cible dans sa publicité les efforts d’écologisation de ses installations, alors qu’elle n’améliore pas la consommation de carburant de ses véhicules, son message écologique ne sera pas pertinent par rapport à son principal impact sur l’environnement. Il en va de même pour une entreprise qui met en valeur ses programmes plus qu’avantageux pour la société, mais qui présente des antécédents qui laissent à désirer sur le plan de la santé et de la sécurité; le message qu’elle cherche à faire passer sonnera faux.

Efficace - Un message efficace traduit les renseignements se rapportant au développement durable pour démontrer l’ampleur de vos réalisations. Par exemple, vous avez peut-être réduit vos déchets d’une tonne, mais votre message sera plus pertinent pour votre public si vous le traduisez par une « réduction du nombre de ramassages de nos bennes à rebuts de quatre à trois par semaine », ou une autre expression facile à comprendre. Le moyen de communication du message a également une incidence sur son efficacité. Le message doit être exprimé d’une façon convenant à votre entreprise. Par exemple, plutôt que de mener une campagne de relations publiques en grande pompe, votre message serait peut-être mieux servi par le bouche-à-oreille, ou par un article dans le magazine de votre association industrielle ou dans un journal d’affaires local.

Distinctif - Pour que votre entreprise ou vos produits et services se distinguent, créez un message unique et distinct de celui des entreprises concurrentes et leur produits ou services. Les petites et moyennes entreprises ont un avantage : la concurrence écologique ou durable n’est pas vigoureuse dans leur secteur. Elles peuvent souvent se distinguer comme étant l’entreprise soucieuse des considérations environnementales et sociales de choix, par de petits efforts uniques visant l’écologisation de leurs opérations ou de leur gamme de produits ou par la prise en considération de leurs engagements sociaux dans leurs programmes communautaires.

Consultez la section Ressources : vous y trouverez le lien vers l’article de Greenbiz et plus d’information sur sa façon d’aborder le marketing à l’aide d’un message  « crédible, pertinent, efficace et distinctif. »

Avantages commerciaux

Les nombreux avantages de l’écogestion sont exposés dans l’analyse de rentabilisation. En voici quelques-uns propres au marketing écologique.

Distinguer votre entreprise et vos produits

Il est important de distinguer votre entreprise par ses produits ou services écologiques et socialement responsables ou par ses réalisations sur le plan du développement durable. Il est essentiel de communiquer cette information à vos clients, car selon le CSR Monitor de Globescan, 80 % des Canadiens sont prêts à payer plus pour des produits fabriqués de manière socialement et écologiquement responsable. Si vos clients sont d’autres entreprises ou organismes, l’écologisation des chaînes d’approvisionnement et les questions de responsabilité permettront à votre gamme de produits de se démarquer de la concurrence.

Publicité gratuite (« nouvelles méritées »)

Les réalisations environnementales et sociales permettent d’attirer l’attention des médias, un phénomène que l’on nomme « nouvelles méritées ». Bien qu’elles ne soient pas aussi ciblées que la publicité payée, les nouvelles méritées représentent une publicité gratuite qui contribue à renseigner le public sur l’image de marque verte et socialement responsable de votre entreprise. Par exemple, les efforts en matière de construction écologique de Mountain Equipment Co-op ont grandement attiré l’attention des médias, qui ont mis en lumière l’image de marque verte de l’entreprise aux heures de grande écoute de la télévision – alors qu’une publicité semblable aurait coûté plusieurs centaines de milliers de dollars.

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Ressources humaines

Contexte

Les employés sont importants pour la réussite d’un programme environnemental. Les gens – vos employés et la communauté dans laquelle vous exercez vos activités – sont un volet essentiel du paradigme de la durabilité « les gens, la planète, le profit ». La gestion efficace des ressources humaines va au-delà de la communication, et recherche les idées des employés, en leur demandant leur temps et leur énergie pour la mise en œuvre de différentes initiatives. L’engagement de vos employés est à la source d’une panoplie de connaissances sur votre entreprise et d’idées en matière d’innovation, de réduction des coûts et de nouveaux processus et produits visant à réduire votre impact sur l’environnement. Plus les employés sont engagés, plus ils sont motivés, fidèles et productifs (consultez l’analyse de rentabilisation), ce qui accroît les avantages globaux pour votre entreprise.

Agir

Communiquer les objectifs

La communication des objectifs de l’entreprise quant aux nouveaux programmes et aux nouvelles initiatives en matière de développement durablet est essentielle à une compréhension commune de la cible de l’entreprise et de la contribution attendue de chacun. Lorsqu’elle est bien faite, elle offre une feuille de route claire des efforts de l’entreprise, en indiquant comment les employés peuvent y jouer un rôle. La communication de cette information entraîne l’adhésion des employés, étant donné qu’ils comprennent le contexte et la justification des changements.

Faire participer et responsabiliser les employés

L’engagement des employés envers les innovations ou les changements en milieu de travail est essentiel. Des pratiques en matière de ressources humaines peuvent favoriser l’intégration des valeurs environnementales et l’adhésion des employés dans une entreprise. .Les employés motivés et responsabilisés par rapport à leur participation aux programmes de développement durable contribuent aux résultats par leurs idées de première ligne sur les moyens de réduire les déchets et de modifier les processus, dans le but d’atteindre les objectifs de l’entreprise.

Par exemple, 3M a lancé un programme pour ses employés, visant à les engager envers la réduction de son impact sur l’environnement. Le programme a donné lieu à plus de 3 000 projets, la plupart issus des idées des employés, ayant permis à l’entreprise de réduire ses émissions de plus d’un milliard de tonnes et d’économiser environ 500 millions de dollars depuis 1975. Rien ne vaut les connaissances et l’enthousiasme des employés de première ligne.

Récompenser les idées novatrices et le travail inlassable

La célébration des réussites et la récompense des réalisations sont des facteurs importants de la gestion des ressources humaines, lorsque l’on vise la mise en œuvre d’objectifs environnementaux. Une tape sur l’épaule, un prix, un article dans le bulletin interne ou un don à l’organisme social ou de charité préféré d’un employé stimuleront l’intérêt et l’engagement du personnel envers vos programmes. Vous pouvez également considérer la rémunération de vos employés, étant donné que si vos cibles de rendement et vos mesures incitatives monétaires ne s’attardent qu’à vos objectifs financiers, il sera peut-être difficile d’inciter vos employés à tenir compte d’autres facettes de leur travail. L’inclusion des objectifs environnementaux aux descriptions des tâches de vos employés ou à vos contrats de rendement annuels pourrait également avoir un effet positif.

Gérer les changements

L’innovation et la durabilité exigent des changements, et les changements donnent lieu à la crainte et à l’incertitude. Un climat ouvert aux discussions est important pour bien gérer les ressources humaines et soutenir vos employés pendant ce processus. Il entraîne la création d’une culture où il est acceptable d’exprimer son désaccord et ses opinions. En offrant des possibilités de rétroaction, les impressions favorables et défavorables seront mises au jour et vous pourrez comprendre les sources d’inquiétudes de vos employés. Consultez la section Leadership (Culture) pour de plus amples informations.

Intégrer les engagements envers la durabilité aux programmes de recrutement

De plus en plus d’employés préfèrent travailler pour une entreprise qui partage leurs valeurs sociales et environnementales. Les entreprises d’avant-garde dans ce domaine intègrent leur message de durabilité à leurs programmes de recrutement. Consultez les offres d’emploi : vous en aurez la preuve. Vous y trouverez peut-être également quelques idées pour faire passer votre recrutement au niveau supérieur, augmentant ainsi vos chances d’attirer les meilleures ressources.

Ressources 


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Mesures, suivi et rapports

Contexte

Les mesures, le suivi et les rapports constituent un volet important des programmes de durabilité. Les mesures vous permettent d’évaluer les progrès que vous avez accomplis par rapport à vos objectifs, le suivi vous aide à surveiller ces progrès et à vous améliorer sans cesse, tandis que les rapports communiquent vos résultats à vos employés et à d’autres parties intéressées. Parmi les exemples courants, notons les mesures de l’utilisation des ressources (énergie, eau, papier, matériaux), de la quantité des déchets produits, des émissions de gaz à effet de serre, du nombre d’heures de bénévolat des employés ou de leurs dons aux organismes sociaux ou environnementaux.

Une devise courante de la gestion durable veut qu’il soit impossible de gérer ce qui n’est pas mesuré. Au moment où votre entreprise commence à gérer et à réduire son impact négatif sur la durabilité, évaluez les indicateurs appropriés pour mesurer les progrès accomplis, pour établir des cibles précises et pour surveiller votre rendement environnemental mensuel, semestriel ou annuel. Vous pourrez mieux faire le suivi de votre rendement, ainsi que d’autres facettes de votre entreprise, et repérer les secteurs exigeant des efforts supplémentaires. De telles données peuvent également servir de mesures incitatives pour les employés, en les encourageant et en les stimulant à en faire plus. De nombreuses entreprises commencent le processus de mesures en procédant à une vérification environnementale et sociale de leurs activités. . Si vous souhaitez également commencer ainsi, vous trouverez des exemples pour vous aider dans la section Ressources. Vous pouvez également consulter la section Utilisation des ressources.

Pendant la dernière décennie, le monde a assisté à une multiplication des rapports sur le rendement environnemental et sur la durabilité, alors que de nombreuses petites et moyennes entreprises ont produit des rapports de durabilité annuels. De tels rapports traitent des aspects positifs et négatifs du rendement environnemental et social d’une entreprise, dans un but de transparence accrue et afin de susciter de l’intérêt chez divers intervenants, comme les actionnaires, les investisseurs, les employés, les membres de la collectivité et les clients. Les auteurs de ces rapports découvrent également que le processus de publication d’un rapport de durabilité permet de mieux clarifier et de mieux cibler les efforts de l’entreprise relatifs à la gestion de son rendement environnemental et social. Ainsi, les rapports de durabilité constituent également un bon moyen d’améliorer votre rendement.

En pratique, les PMEs sont moins susceptibles de publier des rapports de durabilité. Toutefois, faire des rapports sur leur rendement environnemental peut augmenter leur crédibilité auprès des clients, des investisseurs et des banquiers, qui exigent de plus en plus de mesures et de rapports environnementaux pour évaluer la capacité financière et le profil de risque des entreprises. Comme nous le mentionnions dans l’analyse de rentabilisation, les employés aiment également travailler pour une entreprise qui partage leurs valeurs. Le fait de pouvoir lire un document portant sur les efforts concrets et sur l’impact positif de l’entreprise sur l’environnement ou sur la communauté pourrait faire en sorte que les meilleurs candidats soient plus attirés par votre entreprise.  L’objectif : fournir un moyen de communiquer de l’information afin d’être crédible et de gagner la confiance des parties intéressées. Cela peut se faire de façon aussi simple que par une publication dans votre site Web ou l’envoi d’une mise à jour aux fournisseurs, aux clients et aux employés, ou encore par un rapport de durabilité annuel plus rigoureux et plus complexe.

Agir

Mesures

La mesure de la réussite de vos programmes environnementaux et de vos initiatives en matière d’environnement facilite le suivi de vos progrès et l’atteinte de vos objectifs. Ces mesures vous donnent une description précise de votre situation actuelle, qui vous permet d’établir vos objectifs et de les atteindre. Les mesures relatives à votre situation actuelle créent votre seuil de référence. En fin de compte, vous aurez besoin d’indicateurs pertinents à votre entreprise, qui s’intègrent facilement à vos flux de travaux et qui peuvent être reproduits avec régularité, pour la surveillance et le suivi des progrès accomplis. Commencez à établir votre seuil de référence :

  • Recueillez les factures de chaque secteur de consommation de ressources. En règle générale, il s’agira des services de collecte des déchets et des matières recyclables, de votre consommation d’énergie (électricité et gaz naturel) et de ressources en eau, ainsi que de votre utilisation de matériaux. Vérifiez les indicateurs fournis par votre service public, votre entrepreneur et vos fournisseurs et évaluez s’ils suffisent au suivi des progrès accomplis dans le temps.
  • Procédez à une vérification pour un examen plus approfondi de vos secteurs de consommation de ressources. Par exemple, si vous souhaitez réduire la consommation d’énergie dans une partie particulière de votre immeuble, ou encore éliminer un matériau de votre flux de déchets, vous aurez besoin d’une ventilation plus approfondie que celle figurant sur votre facture. La simple vérification du contenu d’une benne vous donnera le volume total de vos déchets, une ventilation de votre flux de déchets et des idées sur les meilleures occasions potentielles de réduction. Une vérification de l’efficacité énergétique ou des émissions de gaz à effet de serre vous donnera votre consommation d’énergie ou les émissions des différents secteurs de votre entreprise, qui vous permettront d’établir des objectifs précis.
  • Sondez votre personnel pour évaluer dans quelle mesure ils considèrent que l’entreprise est responsable sur les plans social et environnemental. Cela permettrait de relever les lacunes à combler dans le but d’entretenir le moral et l’engagement des employés.

Pour de plus amples informations sur les vérifications et sur la réduction de votre impact dans divers secteurs, consultez la section Utilisation des ressources.

Suivi

Le suivi est la vérification périodique de votre réussite par rapport à vos objectifs. À intervalles réguliers, vous utiliserez des techniques de mesure pour évaluer comment vont les choses et pour apporter les correctifs nécessaires, au besoin. Le suivi peut être une activité annuelle par rapport à un objectif particulier, par exemple la réduction des déchets acheminés vers les sites d’enfouissement d’une benne par semaine, mais il peut également servir, avec les mesures, à l’établissement de nouveaux programmes, à veiller à ce que vos programmes se poursuivent et à vous améliorer. Il s’agit du concept de l’amélioration continue.

Rapports

  • Tenez compte de votre public lorsque vous faites un rapport sur les réussites de vos efforts en matière de développement durable. Pour les employés et la plupart des clients, un aperçu suffit. Cependant, vous pourriez fournir un rapport plus détaillé à d’autres groupes que cela intéresse (comme les banquiers ou les employés).
  • Tenez compte de votre impact et faites des rapports en conséquence. Les rapports de durabilité ne font pas long feu lorsqu’une entreprise ne traite pas son principal impact sur l’environnement. Par exemple, si une entreprise fait un rapport sur les progrès accomplis par rapport à ses objectifs de recyclage du papier, mais qu’elle ne fait aucun progrès par rapport à un flux de déchets hautement toxiques, elle ne gagne pas en crédibilité. Si vous êtes incertain quant aux secteurs ayant le plus d’impact, procédez à une vérification, comme celles prévues aux sections Mesures et Utilisation des ressources, ou obtenez des conseils en communiquant avec votre organisme environnemental local, un ministère ou votre association commerciale. Vous pourriez même demander l’avis de vos employés, de vos fournisseurs, de vos voisins et de vos clients, étant donné que ce qui les concerne vous concerne également.
  • Élaborez un format approprié et reproductible qui tient compte des objectifs de votre entreprise et des ressources pouvant être affectées aux rapports. Concevez un moyen approprié pour faire rapport de vos progrès, qui aura un impact suffisant sur la direction, sur les employés et sur les parties intéressées, sans représenter un fardeau pour vos ressources limitées.

Saltspring Coffee, une entreprise de café biologique de la Colombie‑Britannique, en est à sa quatrième année de mesure et de rapports relativement à ses émissions de gaz à effet de serre, lesquelles se chiffraient à 263,43 tonnes en 2007. L’entreprise a réussi à faire diminuer ses inventaires de GES (rapports sur les émissions directes) sous la norme de l’industrie, incluant ses émissions indirectes. L’entreprise fait état de ses mesures relatives aux émissions et de ses stratégies de réduction de celles‑ci sur son site Web :Note de bas de page 79.

Ressources


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Leadership

Introduction

Une entreprise atteint une position de leadership lorsqu’elle commence à travailler à des changements qui dépassent ses frontières. Par exemple, elle peut travailler à changer son industrie, au cœur de sa chaîne d’approvisionnement, à modifier le comportement de ses employés à la maison, ou faire participer d’autres intervenants à la protection des ressources essentielles de la planète et à la lutte de problèmes sociaux d’envergure, comme la pauvreté. Elle peut même travailler avec le gouvernement, qu’il soit municipal, provincial ou fédéral, pour faire évoluer les politiques en matière d’environnement ou de conditions sociales.

Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les moyens d’insérer l’éthique environnementale dans votre culture opérationnelle, vos relations communautaires et l’influence que vous exercez dans vos relations d’affaires.  Vous voudrez peut-être également étudier la possibilité que votre entreprise joue un rôle de leader en matière de climat.

La culture organisationnelle

Quelle est votre culture?

Contexte

La culture est le miroir du comportement, des convictions et des valeurs d’une entreprise. La culture influence les relations entre les employés et les dirigeants, ainsi que les relations avec les parties intéressées extérieures à l’entreprise, comme les fournisseurs et les clients. La culture représente l’harmonisation entre les employés et valeurs organisationnelles. Dans une culture souple et adaptable, les employés agissent selon les valeurs de l’entreprise et réagissent rapidement aux changements.

Créer une culture adaptative

La durabilité exige des changements de comportement et de philosophie. L’entreprise est mieux positionnée pour jouer un rôle de leader si elle crée une culture prévoyant le changement. Si vous faites participer les employés de tous les échelons aux efforts de changement, ils deviendront partie intégrante et essentielle du processus créatif. La création d’une culture adaptative repose sur un milieu de travail qui permet la circulation des idées et qui donne droit à l’erreur. Les employés commencent à agir parce qu’ils croient que c’est la bonne chose à faire, et leur participation soutenue engendre la cohésion d’un groupe qui travaille à l’atteinte d’objectifs de groupe, plutôt que la motivation personnelle des individus au sein du groupe. La création d’une culture adaptative peut stimuler les innovations en matière de développement durable et de produits. Le fait de permettre à la liberté créatrice de s’exprimer et de soutenir le changement constitue un avantage concurrentiel, qui vous permet d’être plus souple, plus adaptatif et plus vigilant que vos concurrents par rapport à l’évolution du marché.

Agir

Donner le ton, d’en haut

Le leadership de la haute direction est essentiel à la réussite de n’importe quelle initiative de durabilité : l’orientation provient alors de la source, des décideurs. Ainsi, une culture de valeurs environnementales et sociales se communique par des gestes, renforcés par une prise de décision et compris par les employés qui voient leur entreprise faire la démonstration de ses valeurs et de ses objectifs, une entreprise qui « joint le geste à la parole ». Il est crucial de veiller à ce que le propriétaire de l’entreprise et ses dirigeants donnent l’exemple. Pour ce faire, il est possible d’intégrer le rendement au chapitre du développement durable aux salaires ou aux primes des cadres et des dirigeants, afin de veiller à ce qu’il soit pris au sérieux et justement rémunéré. Pour de plus amples renseignements sur ce point, consultez la section Ressources humaines. À titre de leader, vous pourriez étudier votre mode de transport au travail, votre utilisation d’un ordinateur portatif pour prendre des notes pendant les réunions, le type de contenant utilisé pour votre café du matin au bureau, etc. Ce sont ces petites choses qui communiquent l’« appui venant de haut ».

Créer des « équipes vertes »

En règle générale, les équipes vertes ou les équipes du développement durable sont des groupes d’employés représentant divers services de l’entreprise, comme l’approvisionnement, la commercialisation, les installations, les ventes et les ressources humaines. Ils peuvent être volontaires ou choisis, ou les deux. Cette approche comporte un avantage important : les groupes composés d’employés de différents services de l’entreprise peuvent se réunir pour résoudre des problèmes, atteindre des objectifs, discuter de différents points de vue et apporter leurs compétences diversifiées pour s’acquitter des tâches à accomplir.

Ressources

Embedding Sustainability in Organizational Culture, guide à l’intention des cadres (anglais seulement)

Dons et bénévolat communautaires

Contexte

Donner à la communauté, tant à l’échelle nationale qu’internationale, fait la démonstration de votre engagement environnemental et social à vos employés, à la population en général, voire au monde. Il est important de donner à des causes méritoires; ces dons représentent une occasion de promouvoir votre entreprise (consultez la section Commercialisation pour plus d’informations). L’impact de votre contribution à la communauté et à des causes internationales sera considérable s’il correspond à vos objectifs et à vos valeurs. Par exemple, il y a quelques années, Mountain Equipment Co-op a harmonisé ses dons de charité à ses objectifs environnementaux de protection et d’accessibilité des milieux sauvages. Elle a ainsi ciblé ses dons vers des organismes et des événements de protection des milieux sauvages. Par la suite, elle a lancé, avec des partenaires, la campagne « Horizons sauvages », qui vise à hausser à 50 % la quantité de milieux sauvages protégés au Canada.

Certaines entreprises rattachent les ventes de leurs produits à des causes sociales ou environnementales. Par exemple, l’entreprise Ethical Bean Coffee, en Colombie-Britannique, appartient à des parents adoptifs, qui en assurent également la gestion. Une portion des recettes de chaque sac vendu est versée directement à l’Adoptive Families Association of BC afin d’appuyer sa mission consistant à trouver une famille à chaque enfantNote de bas de page 80.

Il existe une autre façon de contribuer à des causes communautaires et d’offrir des avantages aux employés : encourager ces derniers à faire du bénévolat auprès d’un organisme local de charité ou à but non lucratif, pendant leurs heures de travail. Les organismes de charité ou à but non lucratif profiteront des compétences mises gratuitement à leur service par vos employés, pendant que votre entreprise profitera d’une meilleure image de marque et d’employés plus engagés et plus heureux. Qui plus est, vos employés pourront acquérir de nouvelles compétences, ce bénévolat pouvant compléter vos programmes de formation. Le Centre de développement des connaissances du Canada indique que les entreprises qui soutiennent le bénévolat des employés bénéficient d’une meilleure image de marque auprès du public (33 %), d’un meilleur moral de leurs employés (21 %) et de meilleures relations avec la communauté environnante (17 %). Étant donné que les grandes entreprises sont plus susceptibles d’appuyer de telles initiatives que les entreprises plus petites, ces dernières peuvent se démarquer encore davantage dans leur secteur.

Vous pouvez également favoriser l’esprit d’équipe en participant à des projets locaux tous ensemble. Le nettoyage des berges et des cours d’eau et le ramassage des déchets le long des routes font partie des possibilités environnementales. Au nombre des projets sociaux possibles, ce pourrait être de construire un terrain de jeu pour les enfants ou d’organiser une vente aux enchères dont les profits seront versés à un organisme du milieu de la santé. L’entreprise de la Colombie-Britannique Scott Construction paye chaque année ses employés afin qu’ils participent au Programme de bénévolat. En 2009, les employés bénévoles de Scott ont mis à profit leurs compétences en construction et ont rénové le terrain de jeu du centre YWCA Citygate Early Learning and Care CentreNote de bas de page 81.

Outre les dons aux organismes de charité et le bénévolat des employés, les entreprises peuvent également aider les groupes communautaires par des dons « en nature » ou non monétaires, comme de l’équipement ou des meubles en surplus, l’accès à leurs salles de réunion ou des services professionnels, par exemple des services de comptabilité ou de formation. Réfléchissez aux nombreuses ressources non financières de votre entreprise, allant de l’usine en tant que telle à votre parc, en passant par vos connaissances et vos compétences et aux différentes manières d’en faire profiter les organismes communautaires afin de faire avancer leur cause. Par exemple, le programme « Mille Gestes » du Groupe Aéroplan offre la possibilité à ses membres de donner des miles à un organisme à but non lucratif canadien parmi les huit organismes sélectionnés par le programme. À ce jour, plus de 151 millions de miles ont été donnés. Le Groupe Aéroplan a également contribué aux efforts de secours humanitaires au Chili dans la foulée du tremblement de terre survenu en 2010 en donnant un million de miles à la Croix-Rouge canadienneNote de bas de page 82.

Un autre moyen d’œuvrer pour le bien-être social et environnemental est de chercher les occasions de conclure des partenariats et de collaborer avec des organismes à la réalisation de projets collectifs. En Nouvelle‑Écosse, iNova Credit Union s’est alliée à un réseau local composé de treize autres municipalités, entreprises et organismes à but non lucratif afin de mettre sur pied le projet « Atlantic Canada Sustainability Initiative », qui vise à renforcer les capacités et à stimuler le développement durable dans la région de l’Atlantique.

Agir

Mettre sur pied un programme de don qui s’harmonise avec vos objectifs environnementaux et sociaux

Veillez à ce que vos dons communautaires ou internationaux aient pour effet de renforcer vos objectifs environnementaux et sociaux :

  • Ciblez certains de vos dons à des projets environnementaux ou sociaux
  • Évaluez vos objectifs en matière de développement durable et déterminez comment vos programmes de dons communautaires peuvent contribuer à l’atteinte de vos objectifs généraux
  • Donnez plus de poids à vos efforts de marketing en appuyant des initiatives environnementales et sociales, des organismes sans but lucratif et divers évènements
  • Communiquez avec un organisme environnemental ou communautaire de votre région ou un organisme de développement international pour connaître les projets que vous pourriez appuyer, en argent ou par le bénévolat de vos employés

Créer un programme de bénévolat des employés

Créez un programme qui profitera à la communauté et à vos employés, en permettant à ces derniers de faire du bénévolat auprès d’organismes communautaires, pendant leurs heures de travail. Faites un sondage auprès de vos employés pour connaître leurs activités de bénévolat actuelles, et les organismes de charité ou à but non lucratif qu’ils appuient. Discutez avec eux de ce qui les intéresse et de la structure potentielle du programme. Voici quelques options :

  • des heures rémunérées consacrées au bénévolat;
  • des programmes de récompenses pour reconnaître le bénévolat des employés;
  • des affectations à court terme dans les organismes environnementaux;
  • des programmes d’équipe en appui à des projets de développement durable, comme construire une maison dans le cadre de l’initiative Habitat pour l’humanité, ou nettoyer un cours d’eau.

Agir à titre de partenaire dans le cadre d’une initiative de développement durable

Réfléchissez à ce que vous et votre entreprise pourriez entreprendre pour faire une différence. Parfois, tout ce qui manque est un réseau de personnes et d’organismes ayant les mêmes valeurs qui collaborent pour faire avancer une cause. Brassez des idées avec votre personnel; contactez des organismes locaux ou un conseiller municipal pour vous renseigner sur les secteurs où les besoins sont les plus criants, par exemple des logements abordables ou un programme d’emplois écologiques. Lisez les journaux locaux pour connaître les principaux problèmes. Communiquez avec d’autres propriétaires d’entreprise et des personnes influentes dans la collectivité pour savoir s’ils seraient intéressés à une collaboration. Organisez une rencontre, cernez l’enjeu et discutez de la manière de collaborer à un projet afin de bien définir la priorité ou la situation. Convenez d’un cadre de référence, réunissez les fonds et autres ressources nécessaires, et élaborez et mettez en œuvre votre plan d’action.

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Tirer parti de votre influence

Contexte 

Tirer profit de votre influence vous classe à part à titre de leader et vous permet de distinguer votre image de marque. Cela démontre que vous n’êtes pas seulement un leader aguerri aux affaires, capable de récolter les bénéfices financiers de la réduction de votre impact social et environnemental négatif au profit d’un impact positif, mais que vous travaillez pour raconter votre histoire, échanger des pratiques exemplaires, pour convaincre les autres de vous imiter et pour influencer les politiques gouvernementales en faveur de l’environnement et de votre communauté et de la société dans son ensemble.

Agir

Travailler avec d’autres entreprises de votre secteur

Personne ne peut comprendre votre entreprise comme d’autres entreprises dans le même secteur que vous. Le récit de vos histoires et la communication de vos pratiques exemplaires pourraient favoriser l’innovation, faire en sorte que vous, et d’autres autour de vous, cessiez de réinventer la roue et rehausser la barre du rendement en matière de développement durable pour tous, et ce, en moins de temps qu’en travaillant chacun dans son coin. Travaillez avec votre association industrielle ou avec un groupe pour tirer parti de votre influence, pour raconter votre histoire et pour échanger vos pratiques exemplaires avec d’autres. Si l’ensemble de votre industrie ou votre secteur affiche un mauvais dossier environnemental, le risque pour votre entreprise est que le gouvernement décide de le réglementer pour rehausser le rendement. Toutefois, il y a là l’occasion de profiter d’un permis social d’exercer et d’une meilleure image de marque pour votre secteur, localement et sur les marchés mondiaux, si votre association industrielle vous aide à progresser. Communiquez avec votre association de gens d’affaires locale et demandez-lui comment vous pouvez vous engager ou si vous pouvez diriger le lancement d’un comité environnemental ou socialement responsable.

Collaborer avec d’autres entreprises et organismes

À elle seule, une entreprise peut apporter de nombreuses améliorations en matière de développement durable. Toutefois, en travaillant avec d’autres entreprises, il est possible de réduire les coûts d’amélioration qu’une entreprise seule serait incapable de financer. Cette mise en commun pourrait également donner lieu à un partage de services ou à des échanges de matières résiduelles (de sorte que chaque entreprise puisse intégrer les déchets aux intrants de leurs produits, par exemple), ou à des contrats communs de services de recyclage. Par exemple, les entreprises membres du Chicago Waste to Profit Network ont redirigé près de 50 tonnes de déchets et les émissions de CO2 connexes, tout en générant 1,9 millions de dollars de revenus ou d’économies en 2008, soit beaucoup plus que ce que chacune de ces entreprises, seule, aurait pu réaliser. Une entreprise peut partager une benne de matières recyclables avec un voisin, ou travailler avec un groupe d’entreprises à l’installation d’un système de chauffage géothermique ou solaire. Commencez par communiquer avec votre chambre de commerce locale pour connaître les projets ou initiatives en cours. Vous pouvez également offrir de diriger vous-même un réseau.

Le « réseautage éco-industriel » est une approche qui consiste à bâtir des relations entre entreprises d’une région géographique (comme un parc industriel) afin de collaborer pour réduire la consommation d’énergie, de matériaux, d’eau, de ressources humaines et d’infrastructureNote de bas de page 83. Le Parc industriel de Burnside, au Nouvelle-Écosse, compte plus de 1 000 petites et moyennes entreprises. Par l’entremise du Réseau éco‑industriel du Nouvelle-Écosse, les entreprises de Burnside travaillent ensemble à la réduction de la quantité de déchets qu’elles produisent. Elles échangent des sous-produits qui devraient officiellement être mis au rebut, plus particulièrement des matériaux d’emballage et d’expédition comme du carton, des contenants en plastique et en métal, du matériau de remplissage et des palettes. Ces matériaux sont peut-être des déchets pour l’entreprise qui les donne, mais ils prennent une tout autre utilité pour d’autres, qui s’en servent pour l’emballage ou l’expédition. L’échange de matériaux rend inutile l’approvisionnement en nouveaux matériaux, en plus de générer des économies pour les deux entreprisesNote de bas de page 84.

S’engager avec le gouvernement

Les entreprises qui s’engagent avec le gouvernement pour influencer les politiques et les programmes publics font preuve de leadership. Par exemple, s’il n’existe pas de ramassage local des matières compostables, un groupe d’entreprises pourrait se réunir pour chercher une solution avec le gouvernement. Il se peut également que les codes de construction locaux ne permettent pas les innovations des installations de traitement permettant la réutilisation de l’eau dans vos systèmes. Le gouvernement peut vous aider à affirmer votre position de leader et à démontrer votre engagement envers un environnement plus sain, dans un vaste éventail de secteurs. Vos efforts offriront un héritage aux prochaines générations et rendront vos employés fiers d’être associés à votre entreprise.

Communiquez avec votre association industrielle ou votre chambre de commerce pour connaître les projets ou initiatives en cours auxquels vous pourriez participer. Communiquez avec le maire de votre municipalité ou avec un de ses conseillers, ou encore avec un représentant provincial ou avec votre député, pour obtenir leurs conseils pour vous lancer ou pour vous engager.

Beaubear Credit Union (BCU), à Miramichi au Nouveau-Brunswick, s’est associé à son gouvernement local et à des organismes aux valeurs similaires pour lancer un système de transport local. Inspiré par le besoin criant au sein de la collectivité et de son entreprise, Beaubear s’est fait le meneur d’un groupe composé de représentants de la Ville de Miramichi, du collège local, de la commission scolaire, des autorités de l’établissement hospitalier et autres. BCU a fourni le soutien essentiel au succès de cette initiative de transport, présidant le comité consultatif dès sa mise sur pied et injectant les ressources financières nécessaires (qui correspondent à 10 ans de frais d’affichage dans les autobus) afin de collecter les fonds pour acheter les véhicules et les abris d’autobus. On estime l’achalandage actuel du système de transport à approximativement 4 000 usagers par mois. Le développement économique généré par ce nouveau système de transport comprend sept emplois à temps plein et un emploi à temps partiel, cela sans compter que la Ville fait actuellement l’objet d’une étude pour le déménagement ou l’expansion possible d’un certain nombre d’entreprises qui recherchent spécifiquement un système de transport en commun pour leur personnel.

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Leadership en matière de changements climatiques

Contexte

Pourquoi c’est important

Les changements climatiques constituent le plus gros problème environnemental de notre ère. Il s’agit de modifications à long terme des conditions climatiques moyennes, évaluées à l’aide de plusieurs indicateurs, notamment la température, les précipitations, les vents. Nos infrastructures, nos modèles climatiques, notre faune et nos paysages pourraient souffrir des répercussions des changements climatiques.

Les changements climatiques sont issus de procédés naturels et de l’activité humaine. Au Canada, 80 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre associées à l’activité humaine sont liées à la production ou à la consommation de combustibles fossiles à des fins énergétiques.

Le rôle des entreprises

Par leur consommation d’énergie, leurs activités de transport et autres, les entreprises, grandes ou petites, contribuent aux émissions de gaz à effet de serre. Bien qu’il soit facile de pointer du doigt les grandes industries, les petites entreprises, prises dans leur ensemble, contribuent tout aussi considérablement aux émissions commerciales du Canada. Des gestes, grands et petits, sont nécessaires et toutes les entreprises doivent faire leur part pour réduire ces émissions. Cela exige un leadership d’envergure. Les entreprises à l’avant-plan qui mesurent et qui réduisent leurs propres émissions seront mieux à même de supporter les hausses de coûts prévisibles du pétrole et la réglementation gouvernementale potentielle dans ce secteur. Les entreprises qui ne tracent pas la voie risquent de traîner derrière leurs concurrents et de devoir en fin de compte faire du rattrapage à plus de frais. Il faut également reconnaître que les secteurs public et privé commencent à exiger de leurs fournisseurs qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre générées par leurs produits et leurs services. Les entreprises qui prennent les devants réussiront beaucoup mieux sur le marché.

Agir

Les gestes posés pour gérer vos émissions de gaz à effet de serre seront étroitement liés aux mesures que vous prendrez pour réduire votre consommation d’énergie et de carburant. Consultez les stratégies de gestion énergétique dans les sections Utilisation des ressources et Immeubles. Consultez les stratégies de gestion du carburant dans la section Transports.

En règle générale, les entreprises qui souhaitent faire preuve de leadership en matière de changements climatiques adoptent des stratégies en la matière. Ces stratégies comportent les volets suivants :

  1. Faites le ménage chez vous, en commençant par réduire vos émissions de gaz à effet de serre. Établissez un plan de gestion des gaz à effet de serre. Fixez des cibles audacieuses de réduction de vos émissions. Certaines entreprises visent la carboneutralité, tandis que d’autres travaillent à un bilan carbone négatif, devenant générateurs nets d’énergie, revendant leurs surplus au réseau.  En travaillant à la réduction de vos émissions de gaz à effet de serre, étudiez la possibilité de passer à une énergie renouvelable, notamment l’énergie solaire, éolienne ou hydroélectrique. De nombreux services publics d’électricité commencent à présenter leurs efforts en matière d’énergies renouvelables et de rechange. Communiquez avec votre fournisseur d’électricité pour étudier les possibilités d’achat de certifications d’énergie écologique, pour réduire encore plus vos émissions. Certains fournisseurs privés d’énergies renouvelables peuvent également vous aider à atteindre vos objectifs de réduction de carbone.
  2. Offrez des produits et des services novateurs adaptés aux changements climatiques et qui permettent à vos clients de réduire leurs propres émissions.
  3. Influencez le comportement de vos fournisseurs par vos achats et vos investissements (c.-à-d. exigez de vos principaux fournisseurs qu’ils se dotent de plans de gestion des gaz à effet de serre et demandez à ceux qui gèrent vos avoirs d’investir dans des entreprises durables qui gèrent leurs propres émissions de manière responsable).
  4. Offrez des programmes d’éducation et de sensibilisation du public sur les changements climatiques et sur ce qui peut être fait pour réduire son impact sur l’environnement.
  5. Travaillez avec d’autres entreprises pour influencer les gouvernements municipaux, provinciaux et fédéral, afin qu’ils agissent sur les changements climatiques.

L’entreprise québécoise Réseau-Bureautique, qui offre du mobilier de bureau, fait preuve d’innovation dans les produits qu’elle propose à ses entreprises clientes, en les aidant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et leur consommation de matériaux. En effet, l’entreprise remet à neuf le mobilier de bureau en changeant les panneaux de tissu et les surfaces de poste de travail, en refaisant la finition et les caissons, et en modernisant les agencements de couleur. L’entreprise offre à la fois le produit (accessoires de bureau recyclés) ou le service (remise à neuf du mobilier de bureau existant). Elle garantit à ses clients des économies de l’ordre de 30 à 50 % par opposition à l’achat d’un mobilier de bureau neuf. L’entreprise met également à la disposition de ses clients potentiels un compteur de CO2 qui aide les clients à calculer la réduction des émissions de gaz à effet de serre associée à l’achat de leur mobilier de bureau remis à neuf comparativement à l’achat d’un nouveau mobilier.

La règle d’or : une estimation de vos principales contributions

Il existe quelques cibles pour les entreprises qui souhaitent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sans se lancer dans les mesures. La règle d’or, selon le groupe Climate du Center for Environmental Leadership in Business, est de consacrer ses efforts de réduction à trois principaux domaines :

  • l’énergie consommée par les bâtiments;
  • les déplacements des employés;
  • la consommation de papier.

Vous trouverez des mesures de réduction des gaz à effet de serre découlant de l’utilisation des ressources (consommation d’énergie et de papier) dans les sections Transports (déplacements des employés) et Immeuble de la feuille de route.

Pour réduire les émissions générées par les déplacements des employés :

  • remplacez les déplacements pour se rendre à une réunion par la téléconférence, la vidéoconférence ou la cyberconférence;
  • réduisez les déplacements des employés en leur offrant des options de travail flexibles (télétravail, semaines de travail condensées), en organisant le covoiturage et en encourageant le transport en commun.
  • Étudiez la possibilité d’offrir des douches aux employés qui se rendent au travail à vélo, ainsi que des installations sécuritaires et verrouillées pour le rangement de leurs vélos.
  • Organisez des concours pour favoriser l’engagement de vos employés.
  • Offrez vos espaces de stationnement gratuits aux véhicules servant au covoiturage ou aux véhicules hybrides, pour faire passer votre message.

La carboneutralité

Les entreprises qui souhaitent adopter une approche plus rigoureuse de la gestion des gaz à effet de serre, voire atteindre la carboneutralité, doivent suivre ces trois étapes ;

  • Mesurer. Faites l’inventaire complet des domaines ayant un impact sur les gaz à effet de serre (c.-à-d. un inventaire de vos gaz à effet de serre). Les entreprises font souvent appel un vérificateur d’efficacité énergique pour les aider à cette étape, particulièrement technique.
  • Réduire. Dressez des plans d’action pour réduire vos émissions le plus possible.
  • Compenser. Étudiez la possibilité d’acheter des crédits de compensation d’émissions de carbone pour les émissions que vous ne pouvez réduire. Consultez le catalogue du carbone (anglais seulement) pour trouver un fournisseur de crédits qui répond à vos besoins. Les crédits d’émissions de carbone sont des parts pouvant être achetées et investies dans des projets locaux ou mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de compenser pour les émissions que vous ne pouvez réduire. Certaines entreprises commencent par compenser une partie de leurs activités, notamment les émissions de gaz à effet de serre associées aux déplacements par avion, au bureau du propriétaire ou à un produit clef.

Que faut-il entendre par « empreinte écologique » d’un produit?

L’empreinte écologique d’un produit mesure son impact relatif en matière de contribution aux changements climatiques. L’empreinte écologique mesure les tonnes d’émissions de carbone pendant la vie d’un produit, de l’extraction des matières premières, à son utilisation et à son élimination, en passant par sa fabrication, son transport et sa vente au détail.

L’empreinte écologique est particulièrement importante pour les petites entreprises qui agissent à titre de fournisseurs de plus grands organismes. Alors que l’« effet Wal-Mart » se fait sentir sur tous les petits fournisseurs, les grandes entreprises exigent de leurs petits fournisseurs qu’ils divulguent et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. En 2007, Wal-Mart a lancé un programme pilote de mesure et de réduction de l’empreinte écologique de sept produits. Avec le temps, cette liste est susceptible de s’accroître pour inclure beaucoup plus de fournisseurs parmi les 60 000 qui traitent avec la grande entreprise.

Cet effet se fera sentir sur un grand nombre de petits fournisseurs dans le monde, alors que des programmes mondiaux, comme le Carbon Disclosure Project’s Supply Chain Leadership Council, (anglais seulement) [document PDF] déterminent les risques relatifs au carbone issu de la chaîne d’approvisionnement de sociétés comme Cadbury Schweppes, Dell, HP, IBM, L'Oréal, Nestlé, Procter & Gamble, Unilever, Colgate-Palmolive, Heinz, Johnson Controls et Vodafone. Un grand nombre de ces sociétés indiquent que la majorité de leurs émissions proviennent de leur chaîne d’approvisionnement, et s’engagent à faire comprendre à leurs fournisseurs les dangers du carbone et exiger qu’ils réduisent leurs émissions. Les fournisseurs qui gèrent efficacement leurs émissions sont plus susceptibles de conserver leurs relations d’affaires avec les grandes entreprises.

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