Les bâtiments
Contexte
Les bâtiments ont une influence considérable sur leurs occupants et sur l’environnement. La construction et la rénovation des bâtiments exigent d’immenses ressources; mais leur exploitation accapare elle aussi de grandes quantités de ressources. Qu’elles soient propriétaires ou locataires du bâtiment qu’elles occupent, les petites et moyennes entreprises (PME) disposent de moyens pour diminuer leurs impacts environnementaux et leurs coûts, et améliorer la qualité de leur environnement intérieur et leur image. En tant qu’entreprise, vous pouvez avoir affaire à divers aspects de la gestion de bâtiments commerciaux :
- La construction
- La rénovation
- L’exploitation
- L’entretien
Au Canada, les bâtiments résidentiels et commerciaux laissent une empreinte environnementale importante. En gros, ils comptent pour :
- 50 % des ressources naturelles extraites et 33 % de la consommation d’énergie dans tout le pays
- 25 % des déchets mis en décharge
- 10 % des particules en suspension dans l’air
- 35 % des gaz à effet de serre
Une proportion importante de ces impacts est attribuable aux quelque 500 000 bâtiments commerciaux et institutionnels que compte le pays. Ces impacts se font sentir pendant la construction, la déconstruction, la rénovation et l’occupation, et leur ampleur est due en partie au fait que les Canadiens passent environ 90 % de leur temps à l’intérieur d’un bâtiment, que ce soit à la maison, au travail ou pendant leurs loisirs.
Beaucoup des questions que se posent les petites entreprises en ce qui a trait à l’exploitation et à l’entretien des bâtiments sont abordées plus loin, aux sections Énergie, Déchets et Eau de ce document. La présente section porte plus particulièrement sur la construction et la rénovation, et sur le rôle que peut jouer la petite entreprise dans la réduction de ses impacts environnementaux et sociaux, lors de la construction du bâtiment et dans ses rapports avec le propriétaire.
Pour atténuer les impacts environnementaux des bâtiments commerciaux, la construction et la rénovation doivent utiliser des matériaux et produits durables, qui réduisent la consommation de matières premières et atténuent les impacts environnementaux associés à l’extraction des ressources, et à la fabrication, au transport et à l’installation de ces matériaux et produits. Choisissez des appareils et des systèmes (chauffage, éclairage) qui auront une plus grande efficacité énergétique pendant toute la durée de vie du bâtiment. Les systèmes des services d’utilité publique des bâtiments existants doivent être correctement entretenus, et les occupants doivent être incités à réduire leur consommation d’eau et d’énergie, et leur production de déchets.
Le fait d’être propriétaire ou non d’un bâtiment déterminera en grande partie l’approche adoptée pour améliorer la performance environnementale du bâtiment et la santé des occupants. Les propriétaires ont davantage leur mot à dire pendant la construction et la rénovation de leurs bâtiments, et ils peuvent prendre des décisions qui atténuent les effets négatifs liés à l’exploitation et à l’entretien des bâtiments, et en réduisent les coûts. Toutefois, les locataires ont une influence d’un autre type sur la rénovation, l’exploitation et l’entretien des bâtiments, selon les dispositions de leur bail. Par exemple, si un bail rend le locataire responsable des coûts d’exploitation (coûts de gestion des déchets, d’énergie et d’eau), celui-ci trouvera des avantages financiers directs à apporter des changements qui réduiront l’utilisation de matériaux et de ressources.
Mesures à prendre
Nouvelle construction
Une nouvelle construction doit impérativement s’inspirer des principes de durabilité, car c’est à l’étape de la conception que sont réglés les aspects du bâtiment liés à la consommation d’énergie et de ressources en eau. En effet, non seulement les mesures d’efficacité énergétique les plus rentables ont-elles trait à l’enveloppe du bâtiment et à sa conception, mais les décisions prises au cours de la phase de conception ont une influence déterminante sur la consommation de ressources, pendant toute la durée de vie du bâtiment.
Il existe plusieurs manières reconnues de réduire les impacts environnementaux négatifs d’un nouveau bâtiment et d’améliorer la santé des occupants, aux étapes de planification :
- Emplacement/structure : situer le bâtiment le long d’un corridor de transport en commun; rénover un bâtiment plutôt que de le démolir pour reconstruire à neuf; orienter correctement un bâtiment neuf, de manière à éviter la surchauffe due au soleil, à maximiser l’ombre des arbres autour du bâtiment, à favoriser la production d’énergie renouvelable, et à mettre en valeur la lumière du jour et les vues.
- Choix des matériaux : utiliser des matériaux de construction qui témoignent d’un souci de l’environnement, notamment des matériaux locaux, recyclés, réutilisés et issus de pratiques d’exploitation forestière durable, et des matériaux peu toxiques, qui améliorent la qualité de l’air intérieur.
- Eau : collecter et utiliser l’eau de pluie, afin de réduire la consommation d’eau potable (de grande qualité), installer des appareils sanitaires à faible consommation d’eau et aménager des toits verts pour limiter le ruissellement d’eau à partir du toit, filtrer les polluants et réduire la quantité d’eau déversée dans les égouts pluviaux, qui peuvent à leur tour submerger les cours d’eau dans lesquels ils se déversent et perturber un habitat de poissons essentiel (la question des toits verts est abordée plus loin).
- Énergie : construire un bâtiment à haute efficacité énergétique, notamment en optant pour des systèmes de production d’énergie non conventionnels, pour une enveloppe du bâtiment éconergétique, pour des appareils d’éclairage efficaces, et pour des systèmes de chauffage/refroidissement qui diminuent la consommation d’énergie.
- Environnement intérieur : améliorer la santé, le bien-être et la productivité des occupants en maximisant la lumière du jour, en atténuant le bruit, en régulant la ventilation et l’humidité, et en évitant les matériaux qui peuvent nuire à la qualité de l’air.
- Exploitation et entretien : il est possible de réduire les coûts d’exploitation et d’entretien en prescrivant l’utilisation de matériaux et de systèmes qui simplifient et réduisent l’entretien. Par exemple, le choix d’un revêtement de sol durable peut réduire la nécessité de décaper et cirer le plancher, opération qui fait souvent appel à des produits chimiques toxiques.
Conception intégrée
Pour construire un bâtiment écologique et sain, il est essentiel de réunir dès le départ l’équipe de construction, pour examiner comment vous y prendre pour atteindre vos objectifs de durabilité, y compris vos objectifs financiers. Les professionnels de la conception de bâtiments ont l’habitude de travailler en isolement par rapport aux autres; mais le fait de réunir constructeurs, architectes, ingénieurs, designers d’intérieur, paysagistes et autres spécialistes dès l’étape de la conception peut aider à cerner les occasions de maximiser vos investissements dans des résultats environnementaux. Cette démarche, appelée « processus de conception intégrée » (PCI) est la première étape essentielle de tout projet de construction. Comme de plus en plus d‘architectes, de promoteurs et d’entrepreneurs ont une expérience de la construction écologique, il devient plus facile d’embaucher des professionnels rompus au PCI.
Si votre entreprise applique des procédés de fabrication, de transformation des aliments, d’imprimerie, ou quelque autre procédé qui consomme beaucoup d’énergie ou d’eau, il est important de faire participer les concepteurs de procédés au PCI. Car isoler la conception des procédés de la conception du bâtiment peut mener à des occasions manquées; par exemple, celle d’utiliser la chaleur résiduelle du procédé pour chauffer le bâtiment.
Au moment de planifier la phase de construction, il est également possible de faire entrer en ligne de compte des considérations sociales, comme les pratiques d’embauche des entrepreneurs, et leur ouverture à l’égard des travailleurs qui font face à des obstacles à l’emploi. Par exemple, BridgmanCollaborative Architecture, une firme d’architecture, de planification et de conception, a embauché Inner City Renovations (ICR) pour convertir une ancienne banque de Winnipeg et y aménager ses bureaux. ICR et une entreprise sociale dont la mission est de contribuer à soulager la pauvreté au centre-ville en offrant de l’instruction, de la formation et des emplois à temps plein de qualité aux résidents à faible revenu du centre-ville. Cette démarche est désignée ici « approvisionnement social ».
Rénovation d’un bâtiment
Lors de la rénovation d’un bâtiment, les facteurs environnementaux doivent être pris en compte tant pendant la déconstruction que pendant la rénovation comme telle.
Déconstruction
La déconstruction est un aspect très important de la rénovation d’un bâtiment. Par le passé, avant de rénover, on démolissait : on sortait les matériaux du bâtiment (bois, métal, murs secs, etc.) et on les éliminait en vrac en les transportant à la décharge. Peu à peu, cette perception « du berceau à la tombe » de la déconstruction s’efface au profit d’objectifs de réutilisation et de réduction des déchets, qui témoignent de la nouvelle philosophie « du berceau au berceau ». Les promoteurs ont fini par se rendre compte que beaucoup des matériaux de déconstruction ont une grande valeur et que, à condition de les séparer avec soin, on peut les réutiliser, les revendre ou les recycler. Garder intacts les fenêtres, les appareils d’éclairage, les moquettes et d’autres matériaux pendant la déconstruction permet de les vendre ou des les donner à des œuvres de charité plutôt que de les envoyer à la décharge. Par exemple, Habitat pour l’humanité exploite des centres de rénovation ReStore partout au Canada. Les entreprises font des dons de matériaux neufs ou usagés au Centre de rénovation ReStore, qui les revend et utilise les profits ainsi réalisés pour financer le programme de construction de maisons abordables d’Habitat. Les entrepreneurs ou les propriétaires peuvent ainsi acheter des marchandises de récupération à ReStore ou à d’autres fournisseurs de matériaux de construction usagés pour les utiliser dans un projet de nouvelle construction ou de rénovation.
La déconstruction consiste à réutiliser des matériaux de construction intéressants et à détourner ces matériaux des lieux d’enfouissement, faisant économiser au constructeur ou au promoteur les coûts d’élimination, ce qui compte d’autant là où les frais d’élimination sont élevés. Par exemple, dans la région métropolitaine de Vancouver, la déconstruction de la Pan-Hellenic House, un immeuble de 3 300 pi2 à l’Université de Colombie-Britannique, a mené à réutiliser et recycler 93 % des matériaux, plutôt que de les enfouir, ce qui a représenté une économie de plus de 10 000 $ pour l’université.
Rénovation
Beaucoup des principes qui s’appliquent à la construction de nouveaux bâtiments s’appliquent aussi à la rénovation. Comme chercher des matériaux écologiques, et des systèmes et caractéristiques qui réduisent la consommation d’énergie et la consommation d’eau, et qui protègent la qualité de l’air intérieur.
Pour ce qui est des petites rénovations intérieures, le fait que vous soyez propriétaire ou locataire influera sur la rentabilité des mesures que vous pourriez prendre pour améliorer la consommation d’énergie et d’eau, comme, par exemple, installer des appareils d’éclairage plus éconergétiques. Mais il est important de tenir compte des avantages économiques en aval, car les améliorations rattachées aux stratégies du bâtiment durable peuvent aussi améliorer la productivité et le bien-être de vos employés (voir la section Avantages), et elles peuvent avoir un effet positif sur la réputation environnementale de votre entreprise, si vos activités génèrent moins de gaz à effet de serre et moins d’autres impacts environnementaux. Certes, les améliorations locatives sont à l’avantage de votre propriétaire, mais il se peut très bien que votre entreprise récupère les sommes investies avant même la fin du bail, et que l’atténuation des impacts environnementaux améliore votre image.
Exploitation et entretien du bâtiment
L’exploitation et l’entretien d’un bâtiment sont des facteurs essentiels pour réduire les impacts environnementaux de celui-ci et pour mettre en valeur des aspects sociaux, comme le confort et le bien-être des employés, comme le souligne Investa Property Group :
Selon une idée fausse très répandue, pour être « vert », un bâtiment doit être doté des technologies de pointe et afficher un design contemporain. Or, certains des bâtiments les plus performants sont des bâtiments anciens, gérés par des personnes soucieuses d’optimiser leur performance et qui encouragent les locataires à faire de même. Une bonne gestion des bâtiments est essentielle à des résultats environnementaux et sociaux positifs.
Les sections sur l’eau, l’énergie et la gestion des déchets (matériaux de rebuts) abordent plus en détail les moyens de réduire les impacts environnementaux négatifs et d’accroître les effets sociaux positifs de l’exploitation et de l’entretien des bâtiments.
Certification à titre de bâtiment écologique
La présente section expose les systèmes LEED et Green Globes de la BOMA, deux méthodes couramment utilisées pour évaluer les qualités environnementales d’un bâtiment. Les deux systèmes se ressemblent beaucoup. Mais le système LEED est plus rigoureux, exigeant des documents pour soutenir chaque allégation. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients, selon les objectifs de votre entreprise. Il vaut donc la peine d’étudier les deux programmes pour voir lequel vous convient le mieux.
Le LEED (pour Leadership in Energy and Environmental Design) est un programme de classement des bâtiments écologiques. Il s’agit d’un système de vérification indépendante (certification par tierce partie), accordant le niveau de certification « Certifié », « Argent », « Or » ou « Platine », selon les points obtenus à l’égard des critères suivants :
- Aménagement écologique des sites : choix de l’emplacement d’un bâtiment selon des critères écologiques. Un « site écologique » est désigné tel en fonction de sa proximité d’un circuit de transport en commun, de la façon dont l’érosion des sols et les eaux de ruissellement sont gérées, et de sa contribution à la densité urbaine.
- Gestion efficace de l’eau : ce critère mesure jusqu’à quel point la consommation d’eau est réduite dans le bâtiment. Une « gestion efficace de l’eau » correspond à une réduction globale de la consommation d’eau par les systèmes et appareils sanitaires du bâtiment (robinets, toilettes, chaudières), à un aménagement paysager qui privilégie les végétaux tolérants à la sécheresse et qui nécessitent peu d’arrosage, et au recours à des technologies de récupération des eaux usées, qui font économiser l’eau.
- Énergie et atmosphère : critère qui renvoie aux sources d’énergie, à l’efficacité énergétique et à l’élimination de l’utilisation de produits chimiques dommageables pour l’atmosphère (p. ex., qui mènent à un appauvrissement de la couche d’ozone). Ce critère vise le rendement énergétique du bâtiment, l’utilisation d’énergie renouvelable ou d’énergie verte, et la protection de la couche d’ozone.
- Matériaux et ressources : critère qui renvoie à la réduction de la consommation de ressources et à l’utilisation de matériaux récupérés, recyclés et locaux. Ce critère vise la réutilisation d’éléments d’un bâtiment existant (murs, planchers, toit) aux fins d’une rénovation, le détournement des déchets de construction hors des lieux d’enfouissement, et l’utilisation de produits recyclés, provenant de la région ou possédant une certification environnementale.
- Qualité de l’environnement intérieur : il s’agit d’évaluer les efforts faits pour procurer un environnement intérieur sain aux occupants du bâtiment. Le critère « qualité de l’environnement intérieur » renvoie à la ventilation, à la capacité des occupants de régler la température, à la quantité de lumière naturelle, et à de faibles concentrations de produits chimiques polluants dans les matériaux de construction, les peintures, les moquettes et les colles.
- Innovation et processus de conception : cette catégorie récompense les efforts exemplaires en matière de protection de l’environnement. Elle accorde des points pour des caractéristiques écologiques innovantes et pour l’embauche d’un professionnel agréé LEED pour le projet. Le programme LEED 2009 comprend aussi une catégorie désignée « priorité régionale », pour souligner les cas où le projet répond à un enjeu environnemental important dans la région.
- À l’origine, le programme LEED s’appliquait uniquement aux nouvelles constructions et aux rénovations importantes. Le programme offre maintenant une norme touchant les aspects exploitation et entretien des bâtiments existants, comme l’achat de meubles à privilégier du point de vue environnemental, les produits et services de nettoyage écologiques, et les politiques d’achat durable, qui permettent de protéger la qualité de l’air et de réduire la consommation de ressources. (Voir la section Achat écologique pour plus de détails.) Le programme LEED offre aussi un système de cotation des locaux commerciaux, qui s’applique à l’aménagement ou aux rénovations intérieures de locaux loués.
Fifth Town Artisan Cheese est la première installation industrielle à avoir obtenu la certification LEED Platine au Canada. La fromagerie de Picton, en Ontario, a obtenu cette cote élevée en :
- réutilisant les matériaux qui restaient après la construction de sa laiterie pour concevoir et construire son pavillon de dégustation
- installant une citerne de 10 000 litres qui recueille l’eau de pluie
- construisant une zone humide assurant le traitement biologique du lactosérum et des eaux usées
- appliquant une stratégie de production d’énergie verte, qui utilise des panneaux solaires, une éolienne, une installation géothermique qui comble les besoins de chauffage et de refroidissement, un coefficient élevé d’isolation thermique, et des capteurs de zone et régulateurs automatiques pour gérer les systèmes de chauffage, de refroidissement et d’électricité
- aménageant la salle d’affinage dans la cave pour réduire les besoins de refroidissement
BOMA BESt (Building Environmental Standards) est la norme de l’industrie canadienne en matière de certification des immeubles verts pour les immeubles existants. Six éléments du rendement et de la gestion d’un immeuble du point de vue environnemental sont évalués. Ce sont : l’énergie, l’eau, la réduction des déchets, les émissions et les effluents, l’environnement intérieur et les systèmes de gestion axée sur l’environnement. Le programme BOMA BESt, qui a été lancé en 2005 par Building Owners and Managers Association (BOMA) Canada, répond au besoin de l’industrie d’avoir accès à des normes réalistes pour l’évaluation du rendement énergétique et du rendement environnemental global des immeubles existants. Depuis la mise sur pied du Programme, plus de 2 000 immeubles, ce qui représente des centaines de millions de mètres carrés d’espaces commerciaux canadiens, ont obtenu la certification BOMA BESt. Il s’agit d’un programme national offert par l’entremise d’associations BOMA locales situées partout au pays. Pour obtenir la certification de niveau 1, un immeuble doit satisfaire aux 14 pratiques BESt de BOMA, tel que vérifié par une tierce partie indépendante. Pour obtenir une certification de niveau supérieur (niveaux 2 à 4), un demandeur doit satisfaire aux pratiques BESt et respecter en entier le module d’évaluation BOMA BESt pour le genre d’immeuble qui correspond au sien. Tous les renseignements fournis dans le cadre du Programme font l’objet d’une vérification par une tierce partie indépendante avant que la certification ne soit accordée. Le Programme offre actuellement quatre modules d’évaluation en ligne pour des immeubles existants, soit pour les immeubles de bureaux, les commerces de vente au détail ouverts, les immeubles industriels légers et les centres commerciaux fermés. Un module pour les immeubles résidentiels à plusieurs unités sera disponible en ligne sous peu. Rendez vous sur www.bomabest.com pour plus d’information.
Un troisième système de classement des bâtiments fait actuellement son apparition sur le marché nord–américain. Il peut intéresser les propriétaires qui accordent une grande valeur à une certification écologique avancée pour des raisons environnementales, économiques ou sociétales. Ce système s’appelle Living Building Challenge. Il s’agit du système le plus exigeant : il exige que le bâtiment produise sa propre énergie et qu’il capte et traite sa propre eau. Dans les faits, il s’applique uniquement aux bâtiments neufs.
Toits verts
Un « toit vert » est un système de toiture qui utilise un substrat végétalisé (des végétaux, un milieu de croissance et une membrane étanche) pour procurer divers avantages sociaux, économiques et environnementaux. Un toit vert sur un bâtiment réduit les besoins de chauffage (et de conditionnement de l’air, le cas échéant), absorbe l’eau de pluie, sert d’habitat aux oiseaux et aux insectes bénéfiques, et prolonge la durée de vie du toit.
En 2009, le centre de yoga et restaurant de Colombie-Britannique Radha Yoga & Eatery, a installé un toit vert sur une partie de son bâtiment vieux de 100 ans. La structure du toit ne pouvant supporter un toit vert pleine grandeur, un toit vert ultraléger de Xeroflor Canada a été installé. Ce produit est constitué de sédums (orpins) et d’un milieu de croissance enracinés dans un tapis synthétique, sous lesquels se trouvent une nappe de rétention d’eau et un milieu filtrant. Le système ne pèse que 10 livres par pied carré et il est posé par dessus la structure de toit existante. Pour le centre Radha, ce toit, qui fait 500 pieds carrés, a comme atouts de nécessiter peu d’entretien et de procurer certains des avantages d’un toit vert.
Baux verts
Les locataires peuvent collaborer avec les propriétaires pour élaborer des conditions qui offrent aux locataires (et aux propriétaires) des mesures incitatives pour réduire la consommation d’énergie et d’eau, et la production de déchets et d’émissions de gaz à effet de serre. Si vous payez directement vos factures de services publics, vous pouvez trouver rentable d’apporter des améliorations à l’éclairage et à l’isolation, et d’installer des appareils économiseurs d’eau. Ces mesures vous permettront en effet de réduire vos factures, votre consommation de ressources et vos émissions de gaz à effet de serre. Mais, même si vous ne payez pas vos propres factures, les frais vous sont transférés dans le loyer; il est donc dans l’intérêt de tous les locataires de réduire leur production de déchets et leur consommation d’eau et d’énergie.
Un bail vert est essentiellement une entente entre le propriétaire et un locataire qui prévoit quelles améliorations seront apportées et comment les économies seront partagées entre eux. Certes, il est possible de négocier de telles dispositions au milieu d’un bail, mais il est toujours préférable de le faire avant la signature du bail ou au renouvellement de celui-ci. Les locataires doivent tenir compte de la structure des loyers et des dépenses d’exploitation (et de la manière de les calculer), de la consommation d’énergie, de même que des services de nettoyage écologique et de recyclage, et de gestion des déchets assurés par le propriétaire. Un bail vert type, avec un guide de l’utilisateur, peut être consulté.
Avantages pour l’entreprise
Réduction des coûts
Parmi les avantages les plus évidents associés aux bâtiments écologiques figurent les économies réalisées au chapitre des coûts d’exploitation : la consommation d’énergie, la consommation d’eau et l’entretien représentent jusqu’à 85 % des coûts du cycle de vie d’un bâtiment. Or, des systèmes et des appareils éconergétiques peuvent réduire de 30 à 40 % les coûts d’énergie et d’alimentation en eau potable. Les bâtiments neufs les plus performants sont conçus pour entraîner des coûts d’énergie 70 % inférieurs aux coûts associés à un bâtiment classique répondant aux exigences des codes. On peut aussi s’attendre à une diminution des coûts d’entretien, car les systèmes éconergétiques, comme les systèmes de chauffage, sont souvent petits et faciles d’entretien; il en va ainsi des appareils d’éclairage éconergétiques, qui nécessitent des changements d’ampoules moins fréquents. Même si les coûts d’immobilisation associés à la construction et à la rénovation de bâtiments écologiques peuvent dépasser d’environ 2 % les coûts habituels, ceux-ci sont souvent rapidement récupérés grâce à une diminution des coûts d’exploitation.
Augmentation de la productivité
Les employés profitent d’un environnement amélioré : baisse du niveau de bruit, meilleur éclairage, meilleure qualité de l’air et meilleure régulation de la température, ce qui peut se traduire par des gains de productivité nette pour l’entreprise. Comme les coûts salariaux sont un poste important du budget de la plupart des PME, améliorer un tant soit peu la productivité des employés peut entraîner des avantages financiers considérables. Par ailleurs, la recherche révèle que l’absentéisme et les problèmes de santé (asthme, allergies, maladies respiratoires) sont moins courantes dans les bâtiments verts et que la productivité est de 2 à 10 % supérieure dans les immeubles où la ventilation, l’éclairage (y compris celui de la lumière du jour) et la régulation de la température sont meilleurs, et où les dégagements gazeux sont réduits.
Recrutement et maintien en poste des employés
Un lieu de travail écologique peut être plus attirant pour les nouveaux employés éventuels, surtout dans les secteurs où la concurrence est vive pour le recrutement d’employés qualifiés et où il peut être difficile de garder en emploi des employés compétents.
Attention médiatique
Les projets de bâtiments écologiques sont relativement nouveaux dans le monde des PME. Ce sont de bons sujets de reportage et l’attention médiatique peut conférer à l’entreprise une image de marque enviable. De plus, ce peut être l’occasion pour une petite entreprise qui dispose d’un budget de publicité limité de bénéficier d’une publicité gratuite.
L’hôtel Listel à Vancouver, C.-B., par exemple, a installé un chauffe-eau solaire et s’est attiré l’attention de médias provenant d’aussi loin que de l’Idaho, du Nevada, de la Californie et d’Hawaii. Voir la section Commercialisation pour de plus amples renseignements sur les « nouvelles méritées ».
Ressources documentaires
Déconstruction et rénovation (en anglais seulement)
Le site Web des constructeurs verts de la région métropolitaine de Vancouver (Build Smart) offre des outils pour mieux récupérer et recycler les matériaux pendant la démolition (guide de démolition, information sur les avantages, devis type et guide de gestion des déchets).
Centres de rénovation ReStore de Habitat pour l’humanité : faites don de vos matériaux de construction usagés ou achetez des matériaux usagés pour les réutiliser dans des projets de rénovation ou de nouvelle construction :
Certification de bâtiments écologiques
Système de certification LEED, Conseil du bâtiment durable du Canada :
Système de certification de bâtiments écologiques Green Globes (en anglais seulement)
Exploitation et entretien (en anglais seulement)
Guides d’exploitation et d’entretien pour l’éclairage, l’enveloppe du bâtiment, la qualité énergétique et les systèmes de chauffage, de ventilation et de conditionnement de l’air (CVCA) :
Baux verts (en anglais seulement)
Le Green Lease Guide for Commercial Office Tenants de l’Association des biens immobiliers du Canada (REALpac) offre aux locataires de locaux de bureau de l’information sur la manière d’aborder les questions liées à la durabilité du bâtiment au moment de négocier le bail :
Le Office Green Lease: Model Green Lease Guide for Office Tenants de la REALpac (en anglais seulement)
offre un modèle de bail vert pour les locataires de locaux de bureau :