Archivé — Innovation et stratégies d'entreprise : Perspective canadienne

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© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, représentée par le ministre de l'Industrie, 2017.

N.B. Dans la présente publication, la forme masculine désigne tant les femmes que les hommes.

Also available in English under the title Business Innovation and Strategy: A Canadian Perspective.

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Table des matières


Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise

Résumé

Il est largement admis que l'innovation est un facteur déterminant de la performance en matière de productivité, condition indispensable de l'amélioration des niveaux de vie à long terme. C'est pourquoi le faible niveau d'innovation observé au Canada est un problème très préoccupant pour la capacité des entreprises canadiennes à améliorer la compétitivité et la productivité. Ce problème se reflète par la faible performance du Canada sur le plan de la productivité comparativement à bon nombre des autres pays membres de l'OCDE et l'augmentation continue de l'écart de productivité avec les États-Unis.

En novembre 2010, Industrie Canada a publié l'Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise (EISE), en partenariat avec Affaires étrangères et Commerce international Canada et Statistique Canada. L'enquête a été envoyée à un échantillon de 6 233 entreprises de toutes les régions du Canada appartenant à 67 secteurs. L'EISE est la première enquête à tenir compte des facteurs interreliés qui influencent la décision d'une entreprise d'innover tels que l'orientation stratégique, les pratiques de gestion (y compris la gestion de la chaîne de valeur mondiale), l'utilisation des technologies, la structure de propriété et les environnements commerciaux et concurrentiels. Avant l'EISE, d'autres enquêtes et d'autres études avaient traité ces facteurs isolément, ce qui ne donnait pas une vision complète des problèmes du point de vue de l'entreprise.

Dans ce résumé, nous présentons certains résultats principaux de l'analyse des données de l'EISE. Plus précisément, le résumé présente un aperçu des activités novatrices des entreprises établies au Canada sur les sujets suivantes :

  1. Importance de l'innovation pour les entreprises au Canada.
  2. Mesures prises par les entreprises au Canada pour se positionner sur le marché.
  3. Évolution de l'intégration des entreprises du Canada à l'économie mondiale.
  4. Intensité de la concurrence des entreprises au Canada sur le marché.
  5. Mesures prises par les entreprises au Canada pour innover et adopter de nouvelles technologies.

L'analyse des résultats de l'EISE a débouché sur plusieurs constatations importantes. Elle a confirmé le point de vue largement partagé selon lequel l'innovation dépend de nombreux facteurs et est un processus complexe. En outre, les entreprises établies au Canada ont reconnu l'importance de l'innovation et l'ont intégrée, dans une large mesure, à leurs stratégies commerciales.

Voici certains faits saillants de l'enquête :

L'EISE a permis de recueillir une vaste série de données qui permettront aux chercheurs et aux analystes de réaliser des études pertinentes sur les activités d'innovation et les décisions stratégiques des entreprises au Canada. Elle aidera également les décideurs à concevoir des politiques fondées sur les faits qui tiennent compte des facteurs qui stimulent ou nuisent à l'innovation au niveau des entreprises.

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Section 1

Importance de l'innovation pour les entreprises au Canada

Pour maintenir la croissance de l'économie canadienne et le niveau de vie des Canadiens, il est important que les entreprises innovent. Les économistes considèrent que la croissance de la productivité et l'investissement des entreprises dans l'innovation sont intrinsèquement liés. Cela ne se résume pas aux investissements habituels dans la recherche-développement (R-D) et l'équipement, mais comprend aussi d'autres activités génératrices de connaissances, comme les méthodes de gestion et les pratiques organisationnelles et d'autres facteurs « immatériels ».

En outre, depuis l'avènement de la mondialisation attribuable aux technologies de l'information et des communications de pointe et à la réduction des obstacles au commerce international, il est plus facile de délocaliser ou d'externaliser les activités d'une entreprise dans des pays émergents, comme la Chine et l'Inde. Beaucoup d'entreprises canadiennes sont présentes sur le marché mondial, et l'innovation et les stratégies innovantes leur permettent de devancer la concurrence.

La récente appréciation du dollar canadien par rapport à la plupart des devises majeures accentue les pressions concurrentielles subies par les entreprises canadiennes, ce qui les incite à innover et à investir. Cela contribue également à réduire les prix que doivent payer les producteurs canadiens pour acheter des machines et du matériel ultramodernes.

Plusieurs facteurs étroitement liés influent sur le choix d'une stratégie commerciale novatrice, entre autres la structure de propriété de l'entreprise, l'intensité de la concurrence, les mesures

d'encouragement découlant de la politique publique et l'entreprenariat. Un certain nombre d'enquêtes et de rapports récents évaluent les différents facteurs qui ont une incidence sur l'innovation et la stratégie des entreprisesNote de bas de page 1 Note de bas de page 2, mais il n'existe aucun aperçu global des enjeux en cause du point de vue des entreprises.

Raison d'être de l'Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise

L'Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise (EISE) est une nouvelle enquête globale portant sur les facteurs qui influent sur les stratégies des entreprises — non seulement les facteurs ayant explicitement trait à l'innovation, mais également ceux en rapport avec d'autres stratégies. Il s'agit d'un projet lancé conjointement en 2007-2008 par Industrie Canada, Affaires étrangères et Commerce international Canada et Statistique Canada, afin de mieux comprendre les facteurs politiques et liés au marché qui encouragent, ou au contraire découragent, les entreprises à adopter des stratégies axées sur la croissance et l'innovation.

L'EISE fournit des renseignements détaillés sur diverses stratégies et pratiques commerciales déterminantes de l'innovation au sein d'une entreprise, comme son orientation stratégique, ses méthodes de gestion, l'utilisation de technologies de pointe ainsi que le marché et le milieu concurrentiel dans lesquels elle s'inscrit. L'enquête fournit également des précisions sur les pratiques et les activités relatives à la gestion de la chaîne de valeur mondiale au Canada, notamment les activités qu'une entreprise délocalisera à l'étranger et confiera en sous-traitance à des fournisseurs externes.

L'échantillon de l'enquête inclut 6 233 entreprises au Canada, chacune ayant plus de 20 employés et un chiffre d'affaires supérieur à 250 000 $, représentatives de 67 industries.

Structure du rapport

La section 2 présente les stratégies commerciales à long terme les plus importantes des entreprises et leur orientation stratégique relativement à leurs produits et à leurs activités. Ensuite, afin de mieux cerner l'ampleur des activités des entreprises au Canada, elle décrit les diverses activités auxquelles se livrent ces entreprises. On y explique de quelle manière une entreprise se positionne sur le marché en examinant son produit le plus vendu et son principal marché, son type d'activités et l'endroit où celles-ci se déroulent, ainsi que sa structure décisionnelle.

La section 3 porte sur le mode d'intégration des entreprises canadiennes aux chaînes de valeur mondiales et aux marchés internationaux. Il s'agit d'une stratégie commerciale importante pour ces entreprises lorsqu'elles recherchent de nouveaux marchés pour leurs produits et élargissent leur part du marché intérieur.

La section 4 vise à déterminer si les entreprises canadiennes évoluent dans un environnement concurrentiel. En leur demandant de définir leurs propres marchés, l'EISE obtient des réponses qui permettent de résoudre le problème important de la définition des marchés en évaluant directement l'intensité de la concurrence telle qu'elle est perçue par les entreprises.

La section 5 s'intéresse à l'adoption de technologies par les entreprises et à leurs stratégies d'innovation. Les concepts de complémentarité en innovation et de co-innovation sont examinés, afin de souligner la complexité de la mise en marché de nouvelles idées.

La section 6 présente les conclusions. De plus, une description de l'enquête et des tableaux détaillés (par industrie et taille d'entreprise) sont fournis en annexe.


Principales conclusions du Rapport

haut de la page

Section 2

Mesures prises par les entreprises au Canada pour se positionner sur le marché


Principales conclusions de cette section


La majorité des entreprises canadiennes mettent l'accent sur le positionnement du produit plutôt que sur la domination du marché par les coûts.

Les stratégies innovantes prennent de nombreuses formes différentes et dépendent normalement de la stratégie de marché à long terme de l'entreprise. Ainsi, une entreprise pourrait innover en matière de produits et de marketing afin de différencier son ou ses principaux produits, ou innover sur le plan organisationnel et des procédés afin de réduire les coûts.

L'hypothèse depuis longtemps retenue est que les entreprises au Canada tirent l'essentiel de leurs gains de productivité de la production de marchandises en série ou de biens et services à faible valeur ajoutée. Autrement dit, elles essaient surtout d'innover en réduisant au minimum le coût de leurs intrants afin de réaliser des économies d'échelle. Cependant, contrairement à cette hypothèse, les résultats de l'EISE (figure 2.1 ci-dessous et tableau A1 de l'annexe 2) montrent que la plupart des entreprises déclarent que leur stratégie à long terme est axée sur le positionnement du produit (p. ex., leadership du produit, segmentation du marché, diversification des produits, amélioration de la qualité) plutôt que sur la domination du marché par les coûts.

Figure 2.1 : Stratégie d'entreprise à long terme en 2009 — Pourcentage des entreprises
Graphique de la stratégie d'entreprise à long terme en 2009 — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.1
Stratégie d'entreprise à long terme en 2009 — Pourcentage des entreprises
Taille de l'entreprise Positionnement du produit Domination du marché par les coûts
Petites entreprises 76,3 23,7
Moyennes entreprises 90,9 9,1
Grandes entreprises 85,3 14,7
Toutes les entreprises 78,6 21,4
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Cependant, l'importance que l'on voit accordée au positionnement du produit par rapport à la domination du marché par les coûts est sans doute récente. La plupart des entreprises des secteurs de la fabrication et des autres secteurs déclarent avoir mis en œuvre leur stratégie à long terme actuelle au cours des sept dernières années (figure 2.2). Sans signifier forcément que l'on est passé d'une réduction des coûts à une différenciation du produit, cela appuie toutefois l'hypothèse selon laquelle les entreprises au Canada alignent depuis quelque temps leur orientation stratégique sur le positionnement du produit pour faire face à des facteurs extérieurs tels que l'appréciation du dollar ou les pressions accrues de la mondialisation.

Figure 2.2 : Stratégie d'entreprise à long terme actuelle, selon l'année de mise en œuvre - Pourcentage des entreprises
Graphique de la stratégie d'entreprise à long terme actuelle, selon l'année de mise en œuvre - Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.2
Stratégie d'entreprise à long terme actuelle, selon l'année de mise en œuvre – Pourcentage des entreprises
Type d'entreprise En 2009 ou 2010 Entre 2004 et 2008 Entre 1980 et 2003 Avant 1980
Toutes les industries sauf la fabrication 25,9 34,2 35,1 4,8
Fabrication 19,1 43,6 33,5 3,8
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

La stratégie des entreprises est plus souvent axée sur les activités ou les produits existants que sur des nouveautés.

La stratégie à long terme de la plupart des entreprises est plus souvent axée sur le positionnement du produit que sur la domination du marché par les coûts, mais l'orientation stratégique de la majorité d'entre elles consiste à exploiter les produits et les activités actuels plutôt qu'à en créer de nouveaux ou sensiblement améliorés (figure 2.3 ci-dessous et tableau A2 de l'annexe 2).

La majorité des entreprises déclarent que leur orientation stratégique consiste à maintenir ou à accroître les ventes de produits existants (77 %), à maintenir ou à intensifier les méthodes de marketing existantes (55 %), à maintenir ou à optimiser le fonctionnement actuel et les activités commerciales en cours (59 %) et à maintenir ou à optimiser l'organisation et les pratiques de gestion actuelles (60 %).

Figure 2.3 : Activités commerciales menées au Canada en 2009Note de bas de page a — Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale
Graphique des activités commerciales menées au Canada en 2009 — Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale  (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.3
Activités commerciales menées au Canada en 2009Note de bas de page a — Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale
activité Externalisation au Canada Effectuées au sein de l'entreprise au Canada
Fourniture de services 10,1 98,1
Gestion des ressources humaines 7,1 94,7
Gestion financière 6,4 92,9
Marketing, ventes et service après-vente 13,2 92,1
Production de biens 20,5 90,0
Distribution et logistique 18,0 89,4
Comptabilité et tenue des livres 22,6 86,0
Traitement de données 20,7 84,4
Services liés aux TIC 29,6 78,7
R-D 22,0 78,4
Centres d'appels et centres d'aide 23,0 76,7
Ingénierie et services techniques connexes 29,5 72,5
Développement de logiciels 48,4 54,9
Services juridiques 63,1 34,5

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Le pourcentage d'entreprises faisant état d'une orientation stratégique sur les produits nouveaux ou grandement améliorés varie d'une industrie à l'autre (figure 2.4). Les entreprises du secteur de la fabrication sont plus susceptibles de se concentrer sur des produits nouveaux ou grandement améliorés que celles des autres secteurs. En outre, les entreprises des industries de haute technologie ont davantage tendance à privilégier une orientation stratégique sur les produits nouveaux ou sensiblement améliorés que celles appartenant aux autres industries de fabrication et non liées à la fabrication.

Figure 2.4 : Entreprises dont l'orientation stratégique correspond aux produits nouveaux ou sensiblement améliorés en 2009, industries sélectionnées — Pourcentage des entreprises
Graphique des entreprises dont l'orientation stratégique correspond aux produits nouveaux ou sensiblement améliorés en 2009, industries sélectionnées — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.4
Entreprises dont l’orientation stratégique correspond aux produits nouveaux ou sensiblement améliorés en 2009, industries sélectionnées – Pourcentage des entreprises
Industries sélectionnées %
Fabrication de matériel de communication 69,6
Éditeurs de logiciels 58,5
Conception de systèmes informatiques et services connexes 58,0
Fabrication d'instruments de navigation, de mesure et de commande et d'instruments médicaux 57,2
Fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments 52,1
Fabrication de matériel informatique et périphérique 50,0
Fabrication de semi-conducteurs et d'autres composants électroniques 49,6
Traitement de données, hébergement de données et services connexes 45,6
Fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces 41,3
Services de recherche et de développement scientifiques 37,8
Toutes les industries sauf fabrication 14,9
Fabrication 35,8
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Pour la majorité des entreprises, le marché principal est local.

L'EISE comprenait des questions sur le produit ou le service le plus vendu de l'entreprise afin de recueillir des données sur la variété de produits offerts par les entreprises au Canada, de délimiter leur marché principal et de mieux connaître leur environnement concurrentiel.

Par marché principal du produit le plus vendu de l'entreprise, l'on entend la région géographique d'où provient le plus fort pourcentage du chiffre d'affaires total correspondant au produit le plus venduNote de bas de page 3. La figure 2.5 (voir également le tableau A3 de l'annexe 2) montre que le marché intérieur était le marché principal des entreprises en 2009, tant dans le secteur de la fabrication que dans les autres secteurs. Une part importante des entreprises hors du secteur de la fabrication sert principalement les marchés locaux (70 %).

Figure 2.5 : Ventes du produit le plus vendu de l'entreprise, par région, en 2009 — Pourcentage des ventes
Graphique des Ventes du produit le plus vendu de l'entreprise, par région, en 2009 — Pourcentage des ventes  (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.5
Ventes du produit le plus vendu de l'entreprise, par région, en 2009 – Pourcentage des ventes
Industrie Marché local Reste de la province Reste du Canada États-Unis Reste du monde
Toutes les industries sauf la fabrication 70,2 17 7,7 3,3 1,8
Fabrication 33,1 21,6 17,5 21,2 6,5
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Pour les entreprises de fabrication, toutefois, les marchés internationaux revêtent une plus grande importance. En moyenne, sur l'ensemble des industries de fabrication, 28 % des recettes des produits les plus vendus proviennent de l'étranger, 77 % d'entre eux provenant des É.-U. Cette part est plus importante pour les grandes (45 %) et les moyennes (39 %) entreprises de fabrication que pour les petites entreprises de fabrication (24 %).

L'EISE révèle également que 60 % des entreprises considèrent que leur produit le plus vendu est, en fait, une gamme de produits (78 % dans le secteur de la fabrication et 56 % dans les autres secteurs). Cela laisse entendre qu'une majorité d'entreprises dans un grand nombre d'industries canadiennes cherchent à combler la demande de différents segments du marché en fabriquant des produits différenciés.

L'externalisation nationale se limite à un petit nombre d'activités commerciales.

Selon leur nature et la stratégie qu'elles déploient, les entreprises se livreront à différents types d'activités commerciales. La figure 2.6 montre que, pour une activité commerciale donnée, au moins 70 % des entreprises réalisaient cette activité à l'interne en 2009, à l'exception des activités de services juridiques et de développement de logiciels.

Autrement dit, la figure 2.6 montre que les activités les plus fréquemment externalisées, mais exécutées quand même au Canada, sont les services juridiques (63 %), le développement de logiciels (48 %), les services associés aux technologies de l'information et des communications (30 %), ainsi que l'ingénierie et les services techniques connexes (30 %). La section 4 expose plus en détail la façon dont les entreprises intègrent ces activités sur les marchés mondiaux.

Figure 2.6 : Activités commerciales menées au Canada en 2009Note de bas de page b — Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale
Graphique des activités commerciales menées au Canada en 2009 — Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.6
Activités commerciales menées au Canada en 2009Note de bas de page bnbsp;— Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale
Activité commerciale Effectuées au sein de l'entreprise au Canada Externatlisation au Canada
Fourniture de services 98,1 10,1
Gestion des ressources humaines 94,7 7,1
Gestion financière 92,9 6,4
Marketing, ventes et service après-vente 92,1 13,2
Production de biens 90,0 20,5
Distribution et logistique 89,4 18,0
Comptabilité et tenue de livres 86,0 22,6
Traitement de données 84,4 20,7
Services TIC 78,7 29,6
R-D 78,4 22,0
Centres d'appels et centres d'aide 76,7 23,0
Ingénierie et services techniques connexes 72,5 29,5
Développement de logiciels 54,9 48,4
Services juridiques 34,5 63,1

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Activités commerciales non réalisées pas les entreprises

Les pourcentages de la figure 2.6 représentent les entreprises qui déclarent s'être livrées à une activité commerciale donnée, soit à l'interne ou à l'externe. Le questionnaire de l'EISE demande également quelles activités n'ont pas rapport à l'entreprise. Ainsi, une majorité d'entre elles déclarent ne pas effectuer les activités suivantes : ingénierie et services techniques connexes (51 %), développement de logiciels (54 %), R-D (57 %) et exploitation de centres d'appel ou d'aide (62 %). Les pourcentages de la figure 2.6 ont été recalculés afin d'exclure les entreprises qui n'effectuent pas une activité donnée.

Dans l'ensemble, les décisions relatives aux activités commerciales sont généralement prises au Canada, mais ce constat est plus flou pour les grandes entreprises dont le siège social se trouve à l'étranger.

Bien qu'elles représentent de manière générale un faible pourcentage des entreprises au Canada, les grandes multinationales semblent investir davantage dans l'innovation et être plus productives que les entreprises appartenant à des intérêts canadiensNote de bas de page 4. Dans son rapport, le Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence (GEPC, 2008) souligne l'importance des sièges sociaux situés au Canada, car ils sont une source d'emplois hautement spécialisés et bien rémunérés et peuvent attirer des services aux entreprises de grande valeur. En revanche, le Comité d'experts sur l'innovation dans les entreprises (CEIE, 2009) explique que le Canada tire profit de la présence de grandes entreprises, indépendamment du pays où se trouve leur siège social, car rien ne garantit que le Canada réussisse à créer suffisamment de grandes entreprises canadiennes pour les remplacer.

Les résultats de l'EISE montrent que 41 % des grandes entreprises du secteur de la fabrication déclarent que leur siège social est à l'étranger, principalement aux É.-U., l'Europe venant en deuxième position (figure 2.7). Pour les entreprises des autres secteurs, la proportion de grandes entreprises dont le siège social se trouve à l'étranger est de 17 %, la plupart de ces sièges sociaux se trouvant aux É.-U.

Figure 2.7 : Emplacement du siège social de l'entreprise en 2009 — Pourcentage des grandes entreprises
Graphique de l'emplacement du siège social de l'entreprise en 2009 — Pourcentage des grandes entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.7
Emplacement du siège social de l'entreprise en 2009 — Pourcentage des grandes entreprises
Type d'entreprise États-Unis Europe Tous les autres pays
Toutes les industries sauf fabrication 14,6 2 0,3
Fabrication 27,7 9,2 4
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Les résultats de l'EISE révèlent aussi que les grandes entreprises déclarent que la plupart des décisions relatives à leurs activités commerciales sont prises au Canada. Globalement, au moins 65 % d'entre elles affirment que ces décisions sont prises principalement au Canada, que ce soit au siège social ou au sein de leurs établissementsNote de bas de page 5. En comparaison, de 90 % à 95 % des entreprises (toutes tailles et pays où se trouve le siège social confondus) déclarent que les décisions relatives aux activités commerciales sont prises au Canada. Les décisions le plus souvent prises par la société mère étrangère ont trait à l'emplacement des installations de R-D et à la priorité accordée à la R-D, à l'emplacement des installations de production et au mode de financement (figure 2.8).

Figure 2.8 : Lieu de prise des décisions relatives aux activités commerciales en 2009Note de bas de page d — Pourcentage des grandes entreprises ayant pris ce type de décision
Graphique du lieu de prise des décisions relatives aux activités commerciales en 2009 — Pourcentage des grandes entreprises ayant pris ce type de décision (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 2.8
Lieu de prise des décisions relatives aux activités commerciales en 2009Note de bas de page d — Pourcentage des grandes entreprises ayant pris ce type de décision
Activité Principalement au siège social canadien ou dans les établissements canadiens Conjointement par le siège social canadien et la société mère étrangère Principalement par la société mère étrangère
Emplacement des installations de R-D 66,2 14,2 19,6
Adoption et mise en œuvre des technologies de pointe importantes 66,5 19,6 14,0
Source et mode de financement 67,1 13,4 19,5
Priorités de la R-D 67,3 18,6 14,2
Emplacement des installations de production ou de services 78,1 7,5 14,5
Services de soutien 81,1 10,9 8,0
Méthodes de distribution et de logistique 82,7 9,6 7,7
Choix des fournisseurs 85,0 10,5 4,5

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

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Section 3

Évolution de l'intégration des entreprises du Canada à l'économie mondiale


Principales conclusions de cette section


Entre 2007 et 2009, près de 50 % des entreprises de fabrication réalisaient des activités à l'étranger, 5 % ont délocalisé et 10 % ont externalisé des activités commerciales en dehors du Canada.

Bien que les entreprises canadiennes mènent généralement leurs activités commerciales au pays, l'intégration à la chaîne de valeur mondiale est importante pour elles. La Figure 3.1 (voir également le tableau A4 de l'annexe 2) montre que 48 % des entreprises de fabrication déclarent avoir mené des activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009. La figure montre également que le pourcentage d'entreprises qui réalisent des activités à l'étranger varie considérablement d'une industrie à l'autre.

L'EISE a également recueilli des données sur les changements apportés par les entreprises quant à l'endroit où se déroulaient leurs activités commerciales entre 2007 et 2009. Les questions faisaient la distinction entre la délocalisation et l'externalisation des activités commerciales. Une entreprise qui délocalisait des activités commerciales à l'étranger gardait les activités à l'intérieur de l'entreprise (p. ex., en passant par une filiale étrangère), tandis qu'une entreprise qui externalisait, ou confiait à la sous-traitance, une activité à l'étranger faisait réaliser cette activité à l'extérieur de l'entreprise (p. ex., en la confiant à un fournisseur tiers).

Figure 3.1 : Entreprises réalisant des activités à l'étranger entre 2007 et 2009, industries sélectionnées – Pourcentage des entreprises de fabrication
Graphique des entreprises réalisant des activités à l'étranger entre 2007 et 2009, industries sélectionnées – Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 3.1
Entreprises réalisant des activités à l'étranger entre 2007 et 2009, industries sélectionnées – Pourcentage des entreprises de fabrication
Industries sélectionnées %
Fabrication de matériel ferroviaire roulant 81,8
Fabrication de produits chimiques de base 76,8
Fabrication de résines, de caoutchouc synthétique et de fibres et de filaments artificiels et synthétiques 76,5
Fabrication 47,5
Fabrication de produits de viande 22,4
Scieries et préservation du bois 21,4
Fabrication de produits laitiers 11,9
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

La Figure 3.2 (voir également le tableau A4 de l'annexe 2) montre que, de 2007 à 2009, environ 70 % des moyennes et grandes entreprises de fabrication exportaient ou cherchaient à exporter des produits. C'était moins le cas pour les entreprises des autres secteurs, encore que le chiffre varie d'une industrie à l'autre. Ainsi, au cours de cette période, 54 % des éditeurs de logiciels exportaient ou cherchaient à exporter des biens ou des services.

Figure 3.2 : Entreprises qui exportaient ou cherchaient à exporter des produits entre 2007 et 2009 – Pourcentage des entreprises
Graphique des entreprises qui exportaient ou cherchaient à exporter des produits entre 2007 et 2009 – Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 3.2
Entreprises qui exportaient ou cherchaient à exporter des produits entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises
Type d'activité Grandes entreprises Entreprises moyennes Petites entreprises
Fabrication 69,8 71,3 48,8
Toutes les industries sauf fabrication 12,3 20,6 13,8
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Globalement, 5 % des entreprises de fabrication ont délocalisé à l'étranger des activités commerciales menées à l'origine au Canada, et 10 % des entreprises de fabrication déclarent avoir externalisé des activités à l'étranger entre 2007 et 2009. La Figure 3.3 (voir également le tableau A4 de l'annexe 2) montre que les grandes entreprises de fabrication sont plus nombreuses (19 %) que les entreprises de taille moyenne (16 %) et que les petites entreprises (8 %) à externaliser des activités commerciales à l'étranger.

Figure 3.3 : Entreprises ayant délocalisé ou externalisé des activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 – Pourcentage des entreprises de fabrication
Graphique des entreprises ayant délocalisé ou externalisé des activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 – Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 3.3
Entreprises ayant délocalisé ou externalisé des activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication
Délocalisé ou externalisé Grandes entreprises Entreprises moyennes Petites entreprises
Activités délocalisées à l'étranger 17,6 9,4 3,1
Activités externalisées à l'étranger 19,1 15,5 8,2
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Entre 2007 et 2009, les activités commerciales étaient externalisées principalement aux États-Unis et en Chine, et l'activité commerciale la plus souvent déplacée était la production de biens.

Entre 2007 et 2009, la production de biens était de loin l'activité la plus souvent délocalisée ou externalisée par les entreprises de fabrication (figure 3.4). Elle était déplacée par environ 80 % des entreprises de fabrication qui délocalisaient ou externalisaient des activités commerciales. La distribution et la logistique; le marketing, les ventes et le service après-vente; ainsi que la fourniture de services comptent parmi les activités commerciales les plus fréquemment déplacées, même si le déplacement de ces activités (environ 20 % des entreprises de fabrication) est beau-coup moins fréquent que celui de la production de biens.

Figure 3.4: Activités commerciales délocalisées ou externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabricationNote de bas de page e
Graphique des activités commerciales délocalisées ou externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.4
Activités commerciales délocalisées ou externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabricationNote de bas de page e
Activité Activités délocalisées à l'étranger Activités externalisées à l'étranger
Production de biens 79,9 80,5
Distribution et logistique 22,2 19,3
Marketing, ventes et service après-vente 20,4 6,9
Fourniture de services 18,7 21,9
Comptabilité et tenue de livres 16,5 10,9
Ingénierie et services techniques connexes 16 3,8
Gestion financière 14,8 16,1
R-D 13,1 7,1
Services TIC 12,2 3,6
Traitement de données 12 4,4
Gestion des ressources humaines 10,8 2,2
Centres d'appels et centres d'aide 8,5 7,1
Développement de logiciels 7,1 3,8
Services juridiques 5,5 2,3

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Les É.-U. étaient la destination la plus souvent citée (39 %) pour les activités commerciales externalisées par les entreprises de fabrication (figure 3.5). La Chine est une autre destination importante d'externalisation d'activités, puisque 31 % des entreprises de fabrication déplaçant leurs activités à l'étranger ont choisi ce pays. L'Inde et le Mexique se classaient respectivement en troisième et en quatrième position.

Figure 3.5 : Destination des activités commerciales externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009Note de bas de page f — Pourcentage d'entreprises de fabrication externalisant des activités commerciales à l'étranger
Graphique de la destination des activités commerciales externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication externalisant des activités commerciales à l'étranger (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.5
Destination des activités commerciales externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009Note de bas de page f — Pourcentage d'entreprises de fabrication externalisant des activités commerciales à l'étranger
Pays %
États-Unis 39,3
Chine 31,4
Inde 12,2
Mexique 4,3
Non précisé 27,1

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Le coût inférieur de la main-d'œuvre dans les économies émergentes est souvent cité comme étant la principale raison qui incite les entreprises à externaliser leurs activités commerciales. Ce constat est appuyé par les données de l'EISE, puisque 50 % des entreprises de fabrication interrogées ont affirmé que leur décision de délocaliser ou d'externaliser des activités commerciales visait surtout à réduire leurs frais de main-d'œuvre et d'autres coûts (figure 3.6). L'accès à de nouveaux marchés est la troisième raison la plus souvent mentionnée pour justifier l'externalisation des activités commerciales, raison indiquée par près de 30 % des entreprises de fabrication.

Figure 3.6 : Raisons motivant le déplacement d'activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont déplacé des activités commerciales et déclaré que la raison en était importante
Graphique des raisons motivant le déplacement d'activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont déplacé des activités commerciales et déclaré que la raison en était importante (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.6
Raisons motivant le déplacement d'activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont déplacé des activités commerciales et déclaré que la raison en était importante
Raisons motivant le déplacement d'activités commerciales à l'étranger %
Réduction des coûts autres que ceux de la main-d'œuvre 52,8
Réduction des coûts de la main-d'œuvre 51,3
Accès à de nouveaux marchés 28,5
Réduction des délais de livraison 19,5
Accès aux connaissances et technologies spécialisées 19
Amélioration de la logistique 18,9
Priorité accordée aux activités essentielles 15,3
Amélioration de la qualité des biens ou services ou introduction de nouveaux biens et services 14,7
Désir d'imiter le comportement ou l'exemple des concurrents ou des clients 14,1
Incitatifs fiscaux ou autres incitatifs financiers 12
Manque de main-d'œuvre 9,8
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Les entreprises du Canada rencontrent des obstacles différents, selon qu'elles exportent ou qu'elles délocalisent ou externalisent des activités commerciales.

Une comparaison des figures 3.7 et 3.8 suggère que la délocalisation ou l'externalisation d'activités commerciales à l'étranger est un processus qui diffère de l'exportation de biens. Le manque de financement, les obstacles juridiques ou administratifs au Canada, ainsi que les obstacles linguistiques ou culturels peuvent grandement compliquer la délocalisation et l'externalisation d'activités commerciales (figure 3.7), mais ils figurent parmi les obstacles les moins souvent cités dans le cas de l'exportation de biens (figure 3.8). En revanche, le respect des exigences des clients en matière de coût, la distance jusqu'aux consommateurs, les obstacles tarifaires ou commerciaux étrangers et les questions de sécurité frontalière comptent parmi les obstacles les plus souvent mentionnés par les fabricants qui exportent.

Figure 3.7 : Obstacles à la délocalisation ou à l'externalisation d'activités commerciales à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont déclaré que l'obstacle était importantNote de bas de page g
Graphique des activités commerciales délocalisées ou externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.7
Activités commerciales délocalisées ou externalisées à l'étranger entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises de fabricationNote de bas de page g
Obstacles à la délocalisation ou à l'externalisation d'activités commerciales à l'étranger %
Distance jusqu'aux producteurs 35,5
Tarifs commerciaux 30,2
Difficulté à trouver des fournisseurs potentiels ou adéquats 25,8
Manque de financement 24,4
Obstacles juridiques ou administratifs à l'étranger 20
Obstacles juridiques ou administratifs au Canada 19,8
Linguistiques ou culturels 17,4
Manque de compétences en gestions 16,1
Incertitude quant aux normes internationales 14,2
Distance jusqu'aux consommateurs 13,5
Obstacles d'ordre fiscal 13,1
Préoccupations concernant la violation des droits de brevet ou de PI 5,8

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Figure 3.8 : Obstacles à l'exportation entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont exporté ou cherché à exporter des produits et qui ont déclaré que l'obstacle était important
Graphique des obstacles à l'exportation entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont exporté ou cherché à exporter des produits et qui ont déclaré que l'obstacle était important (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.8
Obstacles à l'exportation entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication qui ont exporté ou cherché à exporter des produits et qui ont déclaré que l'obstacle était important
Obstacles à l'exportation %
Respect des exigences des clients en matière de coût 35,2
Distance jusqu'aux consommateurs 22,4
Obstacles tarifaires ou commerciaux étrangers 18,9
Question de sécurité frontalière 18,5
Respect des exigences des clients en matière de qualité 16,4
Barrières commerciales ou taxes canadiennes à l'exportation 13,6
Accès au financement 12,1
Obstacles juridiques ou administratifs au Canada 9,7
Préoccupations concernant la violation des droits de brevet ou de PI 5,5
Linguistiques ou culturels 4,2
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Entre 2007 et 2009, environ 5 % des entreprises de fabrication ont délocalisé vers le Canada des activités commerciales qui étaient réalisées à l'étranger, principalement aux É.-U.

Entre 2007 et 2009, 5 % des entreprises du Canada ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales, ce qui va à l'encontre de l'idée que les activités sont surtout délocalisées ou externalisées vers l'étranger. La figure 3.9 (voir également le tableau A4 de l'annexe 2) présente, pour les industries de fabrication avec la plus grande fréquence de délocalisation, le pourcentage des entreprises qui ont délocalisé leurs activités commerciales vers le Canada. Il s'agit généralement d'industries de haute technologie, entre autres des secteurs des télécommunications, de l'aérospatiale et de la fabrication de produits pharmaceutiques.

Figure 3.9 : Entreprises qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales entre 2007 et 2009, industries de fabrication sélectionnées — Pourcentage des entreprises de fabrication
Graphique des entreprises qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales entre 2007 et 2009, industries de fabrication sélectionnées — Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.9
Entreprises qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales entre 2007 et 2009, industries de fabrication sélectionnées — Pourcentage des entreprises de fabrication
Entreprises qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales %
Fabrication de matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication sans fil 22,1
Fabrication de matériel de communications 16,0
Fabrication de machines pour l’industrie du caoutchouc et du plastique 15,5
Fabrication de résines, de caoutchouc synthétique et de fibres et de filaments artificiels et synthétiques 14,5
Fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces 13,8
Fabrication de produits pharmaceutiques 12,7
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Entre 2007 et 2009, environ 85 % des entreprises de fabrication qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales y ont réimplanté la production de biens (figure 3.10). Comme pour les activités commerciales canadiennes délocalisées ou externalisées à l'étranger (figure 3.4), la distribution et la logistique; le marketing, les ventes et le service après-vente; ainsi que la fourniture de services sont les trois activités commerciales le plus souvent délocalisées de l'étranger vers le Canada.

Figure 3.10 : Délocalisation de l'étranger vers le Canada d'activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
Graphique de la délocalisation de l'étranger vers le Canada d'activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.10
Délocalisation de l'étranger vers le Canada d'activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
Délocalisation de l'étranger vers le Canada d'activités commerciales entre 2007 Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
Production de biens 85.4
Distribution et logistique 34
Fourniture de services 28.4
Marketing, ventes et service après-vente 22.4
Ingénierie et services techniques connexes 15.3
R-D 15.2
Comptabilité et tenue de livres 14
Gestion financière 12.9
Centres d'appels et centres d'aide 11.4
Gestion des ressources humaines 10.2
Services TIC 8.4
Traitement de données 6.2
Développement de logiciels 3.1
Services juridiques 2.6
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Enfin, la figure 3.11 montre que près de la moitié des entreprises de fabrication qui ont délocalisé de l'étranger vers le Canada des activités commerciales déclarent que ces activités étaient auparavant menées essentiellement aux É.-U. Venaient ensuite la Chine, le Royaume-Uni et le Mexique, avec des parts inférieures à 5 % dans chaque cas.

Figure 3.11 : Origine des activités commerciales délocalisées de l'étranger vers le Canada entre 2007 et 2009Note de bas de page h — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
Graphique de l'origine des activités commerciales délocalisées de l'étranger vers le Canada entre 2007 et 2009 — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 3.11
Origine des activités commerciales délocalisées de l'étranger vers le Canada entre 2007 et 2009Note de bas de page h — Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
Origine des activités commerciales délocalisées de l'étranger vers le Canada entre 2007 et 2009 Pourcentage d'entreprises de fabrication ayant réimplanté des activités commerciales au Canada
États-Unis 46,8
Chine 4,6
Royaume-Uni 3,6
Mexique 2,9
Non spécifié 28,7

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

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Section 4

Intensité de la concurrence des entreprises au Canada sur le marché


Principales conclusions de cette section


D'après les études économiques, la concurrence joue souvent un rôle déterminant pour stimuler la croissance de la productivité et de l'innovation stratégique dans les entreprises. Une « faible » intensité de la concurrence et un « relâchement de la vigilance » des entreprises arrivent souvent en tête des raisons avancées pour expliquer le fait que l'innovation des entreprises est à la traîne au CanadaNote de bas de page 6. La « faible » intensité de la concurrence au pays est souvent attribuée à la concentration des industries canadiennes et à la règlementation de secteurs tels que l'industrie des télécommunications ou le secteur bancaire.

Selon les données, les entreprises se livrent une vive concurrence au Canada.

La figure 4.1 montre que les entreprises de fabrication au Canada déclarent détenir, en moyenne, 35 % de la part du marché de leur produit le plus vendu sur leur marché principal (il faut remarquer que, pour la plupart des entreprises, le marché principal est local). Les industries dont les entreprises indiquent détenir la plus grande part du marché sont l'industrie de la construction et certaines industries de services publics et de transport (p. ex., transport ferroviaire). Les petites entreprises des industries non liées à la fabrication déclarent détenir une part de marché relativement importante, ce qui correspond à une autre constatation de l'EISE, selon laquelle le marché principal des petites entreprises est généralement de plus faible envergure et local.

Figure 4.1 : Part de marché du produit le plus vendu des entreprises sur leur marché principal en 2009 — Part de marché
Graphique de la part de marché du produit le plus vendu des entreprises sur leur marché principal en 2009 — Part de marché (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 4.1
Part de marché du produit le plus vendu des entreprises sur leur marché principal en 2009 — Part de marché
marché Toutes les entreprises Grandes entreprises Entreprises moyennes Petites entreprises
Fabrication 35,5 37,3 35,5 35,3
Toutes les industries 37,5 32,2 28,6 39,2
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Les entreprises déclarent également devoir faire face à un grand nombre de concurrents sur leur marché principal (figure 4.2 et tableau A5 de l'annexe 2). Plus de 20 % des entreprises de fabrication et des autres secteurs affirment avoir eu au moins une vingtaine de concurrents en 2009, et environ 80 %, au moins quatreNote de bas de page 7. Cela s'applique également aux industries que l'on considère généralement comme très concentrées ou non concurrentielles, en raison de la politique publique et de la réglementation. Les entreprises de télécommunications par fil et sans fil, par exemple, suivent le schéma global, plus de 75 % d'entre elles faisant état de plus de quatre concurrents.

Figure 4.2 : Nombre de concurrents déclarés par l'entreprise sur le marché principal de son produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises
Graphique du nombre de concurrents déclarés par l'entreprise sur le marché principal de son produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 4.2
Nombre de concurrents déclarés par l'entreprise sur le marché principal de son produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises
Nombre de
concurrents
Fabrication Toutes les industries
sauf fabrication
1–3 17.8 22.9
4–20 57.4 56.1
+20 24.8 21.1
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Étant donné que le Canada a conclu plusieurs accords commerciaux, comme l'Accord de libre-échange nord-américain, son économie est considérée comme une économie ouverte, très intégrée à la chaîne de valeur mondiale (comme l'explique la section 3). Les entreprises au Canada font face à la concurrence d'entreprises étrangères, ce qui influe sur l'intensité de la concurrence qu'elles doivent affronter.

La majorité des entreprises de fabrication au Canada déclarent avoir été en concurrence avec des multinationales sur leur marché principal en 2009. Plus précisément, 67 % des entreprises de fabrication et 46 % des entreprises des autres secteurs déclarent avoir été en concurrence avec des multinationales. Ce résultat s'applique également à toutes les entreprises, grandes et petites, du secteur de la fabrication (figure 4.3 et tableau A6 de l'annexe 2). Plus de 60 % des petites entreprises de fabrication déclarent être en concurrence avec une multinationale, même si elles sont en activité surtout au Canada. Parmi les exceptions aux tendances générales, mentionnons les industries à l'abri de la concurrence étrangère et les industries très localisées, comme les services publics, le secteur de la construction et certaines industries de transport (données non présentées dans les figures).

Figure 4.3 : Entreprises en concurrence avec des multinationales sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication
Graphique des entreprises en concurrence avec des multinationales sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 4.3
Entreprises en concurrence avec des multinationales sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication
Taille d'entreprise %
Toutes les entreprises 66,9
Grandes entreprises 85,1
Entreprises moyennes 74,1
Petites entreprises 63,7
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Un tiers des entreprises de fabrication au Canada ont été confrontées à la venue d'un nouveau concurrent sur leur marché principal en 2009 (figure 4.4). Ce pourcentage était moins élevé pour les grandes entreprises (26 %) que pour les entreprises de taille moyenne (29 %) et les petites entreprises (32 %).

Figure 4.4 : Entreprises confrontées à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication
Graphique des entreprises confrontées à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 4.4
Entreprises confrontées à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication
Taille d'entreprise %
Toutes les entreprises 31,1
Grandes entreprises 25,5
Entreprises moyennes 29,0
Petites entreprises 32,1
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

La réaction des entreprises à l'arrivée de nouveaux concurrents sur leur marché principal consiste essentiellement à changer le prix de leurs produits.

La nature de la réaction des entreprises à la venue de nouveaux concurrents pourrait être un indicateur important de leur esprit ou capacité d'innovation. Si les entreprises au Canada n'adoptent pas de pratiques exemplaires sous la pression de la concurrence, ce pourrait être indicatif d'un « relâchement de la vigilance ».

Selon les résultats de l'EISE, la majorité des entreprises dans l'ensemble du secteur de la fabrication réagissent à l'arrivée de nouveaux concurrents en ajustant le prix de leurs produits (figure 4.5 et tableau A7 de l'annexe 2). La figure montre également que la réaction des entreprises face à la venue de nouveaux concurrents varie d'une industrie à l'autre. Dans celles où la qualité, ou la perception de la qualité, contribuent à accroître la part du marché (p. ex., aérospatiale, informatique et pièces électroniques), les entreprises réagissent de façons plus novatrices. Ainsi, près de 70 % des entreprises liées à l'aérospatiale ont adopté une nouvelle technologie ou un nouveau procédé en réponse à l'arrivée d'un nouveau concurrent, et plus de 70 % des entreprises fabriquant des produits informatiques ou électroniques ont lancé un nouveau produit ou service quand elles se sont retrouvées dans une telle situation.

Figure 4.5 : Réaction des entreprises face à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication se trouvant dans une telle situation
Graphique de la réaction des entreprises face à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication se trouvant dans une telle situation (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 4.5
Réaction des entreprises face à l'arrivée de nouveaux concurrents sur le marché principal de leur produit le plus vendu en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication se trouvant dans une telle situation
type d'innovation Fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces Fabrication de produits informatiques et électroniques Fabrication
Modifié le prix du bien ou du service 44,5 53 64,8
Accéléré l'introduction d'un nouveau bien ou service 17,8 57,2 28,6
Lancé un nouveau bien ou service 28,3 71,4 37,4
Modifié les dépenses en marketing 53,5 43 38,6
Adopté une nouvelle technologie ou un nouveau procédé 66,1 47,1 39,2
Modifié la qualité du bien ou du service 54,9 48 35,7
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

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Section 5

Mesures prises par les entreprises au Canada pour innover et adopter de nouvelles technologies


Principales conclusions de cette section


Environ deux entreprises sur trois au Canada ont innové entre 2007 et 2009.

L'EISE établit quatre catégories d'innovation : innovation de procédé, innovation organisationnelle, innovation de produit et innovation en marketingNote de bas de page 8. Ces catégories s'appuient sur les définitions du Manuel d'Oslo afin d'établir de bonnes comparaisons internationalesNote de bas de page 9. Elles visent à cerner la contribution des activités économiques immatérielles de l'innovation, comme la valorisation de la marque de commerce, le marketing et les changements organisationnels, en particulier dans les secteurs autres que la fabrication.

Selon ce concept général de l'innovation, 67 % des entreprises au Canada ont innové au moins une fois entre 2007 et 2009. Dans le cas du secteur de la fabrication, cette proportion passe à 81 %. Les entreprises sont tout aussi susceptibles d'innover en matière de produits ou de procédés que sur le plan organisationnel ou du marketing (figure 5.1). Les entreprises de fabrication sont plus nombreuses que les autres entreprises au Canada à indiquer qu'elles innovent d'une manière ou d'une autreNote de bas de page 10.

Figure 5.1 : Type d'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises
Graphique du type d'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 5.1
Type d'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises
Industrie Procédé Organisationnelle Produit Marketing
Fabrication 58,1 53,9 48,6 40,0
Toutes les industries 33,5 34,6 34,8 35,4
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

En y regardant de plus près, l'innovation est un processus complexe, et les types d'innovation sont étroitement liés. L'adoption d'un nouveau procédé de production peut entraîner une modification des activités de soutien de l'entreprise, comme les activités organisationnelles (complémentarité). De plus, il arrive que l'adoption d'une innovation donnée exige que l'on ait recours à un autre type d'innovation (co-innovation). À partir de données tirées de l'EISE, les prochaines sous-sections illustreront ces deux concepts et évalueront leur incidence au sein des entreprises au Canada.

Les faits montrent que la complémentarité est chose courante au Canada.

La figure 5.2 illustre les complémentarités entre les types d'innovation, ainsi que les modifications qu'il a fallu apporter à d'autres activités de soutien, entre 2007 et 2009. Par exemple, 80 % des entreprises qui ont innové sur le plan des procédés déclarent qu'elles ont dû modifier en conséquence leurs activités opérationnelles; 27 % mentionnent des changements dans leurs activités de marketing et 55 % ont dû modifier certaines activités organisationnelles. Il apparaît aussi dans la figure 5.2 qu'il existe des complémentarités entre les innovations en matière de produit et de marketing et les activités de soutien.

Figure 5.2 : Complémentarité entre l'innovation et les activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises innovant sur le plan des procédés ou des produits, ou effectuant une innovation organisationnelle
Graphique de la complémentarité entre l'innovation et les activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises innovant sur le plan des procédés ou des produits, ou effectuant une innovation organisationnelle (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 5.2
Complémentarité entre l'innovation et les activités commerciales entre 2007 et 2009 — Pourcentage des entreprises innovant sur le plan des procédés ou des produits, ou effectuant une innovation organisationnelle
type d'innovation Innovation de procédé Innovation de produit Innovation organisationnelle Marketing
Activités de marketing 27,2 59,5 28,9  
Activités opérationnelles 80,0 67,7 82,1  
Activités organisationnelles 55,0 50,3    
Innovation de procédé   49,9    
Innovation de produit       83,3
Innovation organisationnelle       33,5
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Bien qu'elles ne soient pas représentées à la figure 5.2, les complémentarités dans le secteur de la fabrication et dans les autres secteurs sont semblables à celles qui sont présentées pour l'ensemble des entreprises.

La co-innovation est plus exigeante que la complémentarité.

L'adoption d'une innovation entraînant une modification importante d'autres activités de l'entreprise peut mener à une autre innovation. La figure 5.3 (voir également le tableau A10 de l'annexe 2) montre qu'il y a régulièrement de la co-innovation au Canada. Globalement, 34 % des entreprises qui ont innové en matière de marketing ont déclaré que ces innovations faisaient intervenir un nouveau produit. De même, 50 % des entreprises qui ont innové en matière de produits ont fait savoir que ces innovations avaient nécessité l'adoption de nouveaux procédés. La co-innovation produits-procédés est plus fréquente que la co-innovation marketing-produits, tant dans le secteur de la fabrication que dans les autres secteurs, bien que l'incidence de la co-innovation soit loin d'être uniforme dans l'ensemble des industries, comme le montre la figure 5.3.

Figure 5.3 : Co-innovation entre types d'innovation entre 2007 et 2009 - Pourcentage des entreprises innovant en matière de marketing ou de produitsNote de bas de page i
Graphique de la co-innovation entre types d'innovation entre 2007 et 2009 - Pourcentage des entreprises innovant en matière de marketing ou de produits (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 5.3
Co-innovation entre types d'innovation entre 2007 et 2009 - Pourcentage des entreprises innovant en matière de marketing ou de produitsNote de bas de page inbsp;— Pourcentage des entreprises menant ce type d'activité commerciale
  Co-innovation entre les innovations en marketing et de produit Co-innovation entre les innovations de produits et de procédés
Toutes les industries 34 50
Fabrication 57 67
Toutes les industries sauf la fabrication 27 44
Fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces 48 83
Fabrication de matériel de communications 77 50
Entreprises de télécommunications par câble 74 32

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Les nouveaux produits et services lancés au Canada ont des aspects novateurs.

Différentes questions posées dans le cadre de l'EISE visaient à mieux comprendre l'innovation portant sur les produits. Une de ces questions avait trait au caractère « unique » du produit le plus innovant de l'entreprise. Cette notion renvoie aux caractéristiques novatrices de ce produit et à l'existence, ou à l'absence, de produits pouvant remplacer en tout ou en partie cet aspect novateur.

La figure 5.4 montre que 27 % des entreprises du secteur de la fabrication qui ont innové sur le plan des produits avaient au moins un produit très innovant (caractéristiques novatrices uniques, pour lesquelles il n'existait que peu ou pas de produits de remplacement), tandis que pour les autres 73 %, les produits innovants présentaient quelques caractéristiques uniques mais il existait des produits de remplacement (50 %) ou ces caractéristiques étaient largement répandues sur le marché (23 %).

Les résultats de la figure 5.4 (voir également le tableau A11 de l'annexe 2) donnent aussi à penser que les caractéristiques du produit le plus innovant des entreprises novatrices des industries de la fabrication étaient un peu plus uniques que celles des industries de services sélectionnéesNote de bas de page 11.

Figure 5.4 : Produit le plus innovant de l'entreprise, selon le degré de nouveauté, entre 2007 et 2009, industries sélectionnées — Pourcentage des entreprises
Graphique du produit le plus innovant de l'entreprise, selon le degré de nouveauté, entre 2007 et 2009, industries sélectionnées - Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 5.4
Produit le plus innovant de l'entreprise, selon le degré de nouveauté, entre 2007 et 2009, industries sélectionnées — Pourcentage des entreprises
industrie Caractéristiques innovatrices uniques; peu ou pas de produits de remplacement Caractéristiques innovatrices uniques; plusieurs produits de remplacement Caractéristiques innovatrices ou produits ou services innovants analogues largement répandus sur le marché
Industries de services sélectionnéesNote de bas de page j 18,3 54,7 27,0
Fabrication 26,6 50,3 23,1

Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Bien que l'achat de technologies offertes dans le commerce soit le mode d'acquisition le plus courant, la personnalisation et la mise au point de technologies de pointe sont également importantes.

L'EISE définit les technologies de pointe comme étant de nouvelles technologies (équipement ou logiciels) qui permettent d'exécuter une nouvelle fonction ou qui améliorent considérablement une fonction par rapport aux technologies couramment utilisées dans l'industrie ou par les concurrents. Cet aspect de « supériorité par rapport à la norme dans l'industrie », conjugué à l'information sur les types de technologies de pointe utilisées, permet de mieux cerner la technologie de pointe, car une technologie nouvelle dans une industrie peut être couramment employée dans une autre.

La figure 5.5 montre que les entreprises de fabrication étaient plus nombreuses que celles des autres secteurs à adopter des technologies de pointe en 2009, sauf dans le cas des technologies de communication de pointe. En effet, les entreprises des autres secteurs étaient plus nombreuses, en pourcentage, que les entreprises de fabrication à faire appel aux technologies de communication de pointe.

Figure 5.5 : Utilisation de certaines technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises
Graphique de l'utilisation de certaines technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 5.5
Utilisation de certaines technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises
technologie Fabrication Toutes les industries
sauf la fabrication
Conception informatique et conception de pointe 42,2 17,7
Traitement informatique, fabrication et assemblage 36,1 11,3
Communication 23,7 29
Intégration et contrôle de l'information 19,7 12
Manutention de matériel automatisée 15,7 5
Inspection informatique 14,8 6,6
Technologies vertes 8,7 8,3
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Les entreprises acquièrent de nouvelles technologies par différents moyens (p. ex., en les achetant, en les louant ou en les utilisant sous licence). Ces technologies de pointe sont ensuite intégrées à la production de biens ou de services. Les entreprises peuvent franchir une étape de plus et transformer ces nouvelles technologies en les personnalisant ou en mettant au point de nouvelles technologies répondant mieux à leurs besoins pour la production.

Environ 75 % des entreprises de fabrication utilisant au moins une technologie de pointe déclarent l'avoir achetée dans le commerce (figure 5.6 et tableau A12 de l'annexe 2). Par ailleurs, il arrive souvent que les entreprises de fabrication adaptent ou en mettent au point de nouvelles technologies, et ceci est plus courant au sein des grandes entreprises que des petites et moyennes entreprises.

Figure 5.6 : Mode d'acquisition des technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication utilisant des technologies de pointe
Graphique du mode d'acquisition des technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication utilisant des technologies de pointe (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.
Description de la figure 5.6
Mode d'acquisition des technologies de pointe en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication utilisant des technologies de pointe
taille de l'entreprise Achat dans le commerce Personnalisation (adaptation) Dév. Licence Location dans le commerce Fusion ou acquisition
Grandes enterprises 75 46,2 35,5 28,6 14,1 3,9
Entreprises moyenne 76,3 37,8 24,7 18 9,4 1,4
Petites entreprises 74,5 31,2 17,6 16 11,1 2,2
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009.

Les crédits d'impôt, les subventions et les programmes de formation sont les principaux programmes gouvernementaux utilisés pour favoriser l'innovation au sein des entreprises au Canada.

Au Canada, des programmes gouvernementaux appuient directement et indirectement les activités d'innovation, afin de stimuler les investissements privés dans l'innovation.

Les crédits d'impôt, les subventions et les programmes de formation étaient les programmes financés par les pouvoirs publics le plus souvent utilisés en 2009 (figure 5.7)Note de bas de page 12. Lorsqu'on tient compte de tous les programmes fédéraux, provinciaux et municipaux de soutien, 51 % des entreprises de fabrication déclarent avoir utilisé des crédits d'impôt, 25 %, avoir bénéficié de subventions et 22 %, avoir fait appel aux programmes de formation. Les autres programmes publics visant à stimuler l'innovation étaient nettement moins utilisés, surtout au sein des secteurs autres que celui de la fabrication.

Figure 5.7 : Utilisation des programmes publics de soutien visant à stimuler l'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 —; Pourcentage des entreprises
Graphique de l'utilisation des programmes publics de soutien visant à stimuler l'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 —; Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 5.7
Utilisation des programmes publics de soutien visant à stimuler l'innovation des entreprises entre 2007 et 2009 —; Pourcentage des entreprises
obstacle Fabrication Toutes les
industries sauf
la fabrication
Crédits d'impôt 51 15
Subventions 25 19
Programmes de formation 22 19
Programmes d'embauche pour diplômés récents 10 2
Mesures d'incitation à l'exportation et services gouvernementaux 9 1
Services d'information sur les marchés 7 2
Programmes d'information et d'assistance technique 7 3
Accès aux installations de recherche 5 1
Achats de l'État 4 4
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

L'incertitude et le risque, le manque de compétences et le financement interne sont les principaux obstacles à l'innovation auxquels sont confrontées les entreprises au Canada. Seules quelques entreprises utilisent les programmes gouvernementaux pour réduire les obstacles à l'innovation.

Les entreprises déclarent être confrontées à un éventail d'obstacles dans les efforts qu'elles déploient pour innover. Certains sont d'ordre financier, d'autres sont liés à la structure du marché ou au degré d'aversion au risque de l'entreprise. Globalement, les trois principaux obstacles à l'innovation étaient le risque et l'incertitude (37 %), le manque de compétences au sein de l'entreprise (26 %) et le financement interne (23 %). À l'opposé, la protection de la propriété intellectuelle (5 %) et la politique sur la concurrence du gouvernement (4 %) étaient les deux obstacles à l'innovation les moins mentionnés par l'ensemble des entreprises (figure 5.8 et tableau A13 de l'annexe 2).

Figure 5.8 : Obstacles à l'innovation auxquels étaient confrontées les entreprises en 2009 — Pourcentage des entreprises
Graphique des obstacles à l'innovation auxquels étaient confrontées les entreprises en 2009 — Pourcentage des entreprises (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 5.8
Obstacles à l'innovation auxquels étaient confrontées les entreprises en 2009 — Pourcentage des entreprises
obstacle Fabrication Toutes les industries sauf la fabrication
Incertitude et risque 47 34
Financement interne 35 20
Manque de compétences 28 26
Taille du marché 26 15
Financement externe 25 14
Questions de réglementation 18 16
Ententes avec des collaborateurs externes 10 11
Propriété intellectuelle 8 4
Politique sur la concurrence du gouvernement 5 4
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

Une fois les obstacles à l'innovation cernés, l'EISE demande aux entreprises si elles essaient de les surmonter par leurs propres moyens ou si elles profitent de programmes de soutien offerts par les pouvoirs publics. Le pourcentage d'entreprises qui prennent des mesures pour réduire les obstacles à l'innovation est élevé.

Environ 90 % des entreprises de fabrication déclarent avoir pris des mesures pour atténuer les effets des obstacles à l'innovation cernés. Parmi ces entreprises, le taux de succès de ces mesures varie de 35 % à 60 %, selon la nature de l'obstacle (figure 5.9). Peu d'entreprises mentionnent que la protection de la propriété intellectuelle pose problème, mais plus de 60 % des entreprises confrontées à ce type d'obstacle ont affirmé qu'elles réussissent à l'atténuer. En revanche, les entreprises confrontées à des problèmes liés à la taille du marché sont moins susceptibles de déclarer qu'elles réussissent à réduire cet obstacle (35 %). La figure 5.9 montre également que de 10 % à 30 % des entreprises de fabrication qui ont pris des mesures pour réduire les obstacles à l'innovation ont recouru à des programmes gouvernementaux.

Il est à noter que le taux de succès des mesures destinées à atténuer le risque et l'incertitude, qui représentent l'obstacle le plus important à l'innovation, est parmi les plus faibles, mais que les taux de succès en ce qui concerne les obstacles liés au manque de compétences et au financement interne sont parmi les plus élevés.

Figure 5.9 : Taux de succès des mesures prises et utilisation de programmes publics de soutien pour réduire les obstacles à l'innovation en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication ayant fait face à ce type d'obstacles et ayant pris des mesures pour les réduire
Graphique des taux de succès des mesures prises et utilisation de programmes publics de soutien pour réduire les obstacles à l'innovation en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication ayant fait face à ce type d'obstacles et ayant pris des mesures pour les réduire (la description détaillée se trouve après l'image)
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009
Description de la figure 5.9
Taux de succès des mesures prises et utilisation de programmes publics de soutien pour réduire les obstacles à l'innovation en 2009 — Pourcentage des entreprises de fabrication ayant fait face à ce type d'obstacles et ayant pris des mesures pour les réduire
obstacle Les mesures prises ont été fructueuses Utilisation de programmes gouvernementaux
Propriété intellectuelle 60.5 10.0
Manque de compétences 52.2 19.0
Ententes avec des collaborateurs externes 52.1 14.8
Financement interne 45.6 31.3
Financement externe 45.4 25.3
Politique sur la concurrence du gouvernement 39.5 8.1
Incertitude et risque 38.7 18.5
Questions de réglementation 35.7 11.4
Taille du marché 35.0 28.9
Source : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise, 2009

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Section 6

Conclusion

L'EISE fournit un cadre détaillé pour l'analyse des différents facteurs qui affectent le rendement et l'innovation des entreprises, entre autres les stratégies et les activités commerciales, la structure des entreprises et l'intensité de la concurrence sur le marché. Une meilleure connaissance des facteurs qui stimulent l'innovation et la croissance des entreprises contribuera à l'élaboration éclairée de politiques au Canada.

Les entreprises déclarent avoir tendance à axer leurs stratégies commerciales à long terme sur le positionnement du produit plutôt que sur la domination du marché par les coûts. Bon nombre d'entre elles affirment par ailleurs avoir adapté leurs priorités stratégiques à la fin des années 2000, quand elles ont été confrontées à l'appréciation du dollar canadien et aux pressions accrues de la mondialisation.

Il ressort aussi du rapport que l'innovation est un processus complexe. Entre 2007 et 2009, les entreprises du Canada étaient nombreuses à innover de diverses façons (innovation sur le plan du produit, du procédé ou du marketing, ou innovation organisationnelle), lesquelles ont souvent exigé la modification importante des activités commerciales et des activités liées à l'innovation de l'entreprise. En outre, les entreprises — en particulier, celles du secteur de la haute technologie — déclarent avoir lancé un produit novateur ou adopté une nouvelle technologie pour faire face à une concurrence accrue, ce qui laisse entendre que la technologie et l'innovation représentent des atouts stratégiques importants dont se servent les entreprises du Canada pour demeurer concurrentielles sur un marché en pleine évolution.

La réalisation de l'EISE a permis d'obtenir une vaste quantité de données qui permettront aux chercheurs et aux universitaires de réaliser des études pertinentes sur les activités novatrices et les décisions stratégiques des entreprises au Canada. De plus, en disposant de données critiques qui nous faisaient défaut et qui permettent de mieux comprendre les facteurs qui stimulent ou nuisent à l'innovation au niveau des entreprises au Canada, les décideurs seront davantage en mesure d'élaborer des politiques fondées sur les faits.

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