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Analyse économique et statistiques

Documents de travail

No 8 : L'investissement étranger direct et l'intégration économique de la zone APEC

par Ashfaq Ahmad, P. Someshwar Rao et Colleen Barnes, Analyse de la politique micro-économique, Industrie Canada, février 1996

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Résumé

La région de l'Asie-Pacifique est celle qui enregistre la croissance économique la plus rapide dans le monde. L'accès aux marchés des économies membres de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) sera un facteur primordial pour la promotion de l'emploi et de la croissance au Canada.

De nombreuses études ont été réalisées ces dernières années sur la région de l'Asie-Pacifique, mais peu de travaux empiriques ont été consacrés à l'investissement et à l'intégration économique de la région. La rareté des données explique en partie cette situation. La présente étude nous a permis d'élaborer un ensemble relativement cohérent de données sur l'investissement direct des économies de l'APEC. Nous examinons de façon assez détaillée les liens qui existent en matière d'investissement entre les pays de l'APEC puis nous analysons les rapports qui unissent le commerce et l'investissement international.

Voici les principales constatations qui ressortent de l'étude.

Dynamisme économique

  • Toutes les économies de l'APEC-Asie, à l'exception de la République des Philippines, ont enregistré des taux de croissance très élevés de la production et des revenus réels et ont marqué des gains importants sur les économies industrialisées au cours de la période d'après-guerre.
  • Cependant, les niveaux de productivité et de revenu réel dans les pays asiatiques (sauf au Japon, à Hong Kong et à Singapour) sont toujours bien en deçà des niveaux observés dans les économies de l'APEC hors Asie.
  • Des taux élevés d'épargne et d'investissement, une croissance rapide des exportations, la présence d'une main-d'oeuvre bien formée et spécialisée, de faibles coûts de main-d'oeuvre, l'évolution favorable des taux de change, une infrastructure bien développée, une orientation extérieure, ainsi que des politiques micro-économiques et macro-économiques axées sur le marché semblent avoir contribué au miracle de la croissance asiatique.
  • La région APEC-Asie continuera d'enregistrer une performance supérieure à celle de la région du Pacifique hors Asie en raison des écarts très importants observés sur le plan de la productivité et de la technologie, à condition que ces pays continuent de pratiquer des politiques micro-économiques et macro-économiques appropriées et de renforcer leurs liens en matière de commerce et d'investissement avec les pays de l'APEC et les autres. En d'autres termes, le marché de l'APEC, qui représente plus de deux milliards de personnes, recèle un potentiel de croissance considérable.

Ouverture

  • Les économies de l'APEC-Asie (à l'exception du Japon) ont, dans l'ensemble, une propension beaucoup plus élevée au commerce que les économies de l'APEC hors Asie. Durant les années 80, la part du commerce dans l'économie intérieure a augmenté de façon spectaculaire en République populaire de Chine (RPC) et au Mexique.
  • La part des flux d'investissement étranger direct (IED) dans la formation intérieure de capital a plus que doublé dans la plupart des économies de l'APEC au cours de la seconde moitié des années 80.
  • En 1992, les flux d'IED entrant en RPC ont bondi à 11,2 milliards de dollars US, alors qu'ils n'étaient que de 4,4 milliards de dollars US un an plus tôt, faisant de ce pays le deuxième plus important récipiendaire de l'IED au monde (après les États-Unis) et le plus important pays d'accueil de l'IED parmi les pays en développement.
  • Les parts des stocks d'investissement direct (entrant et sortant) dans le PIB ont aussi augmenté de façon marquée dans la plupart des économies de l'APEC au cours des années 80.
  • Les secteurs manufacturier et tertiaire représentaient la plus grande partie des stocks d'IED entrant et sortant dans toutes les économies de l'APEC, sauf dans les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE). En outre, la part du secteur tertiaire dans le stock d'IED entrant de la zone APEC a augmenté considérablement au cours des années 80.

Intégration économique de l'APEC : liens commerciaux

  • Entre 1980 et 1992, les liens commerciaux entre les économies de l'APEC-Asie et de l'APEC hors Asie se sont resserrés considérablement. De même, l'importance des échanges entre les membres de l'APEC-Asie et entre les membres de l'APEC hors Asie dans le commerce total de ces deux sous-groupes de la zone APEC a augmenté de façon sensible. En conséquence, la part des échanges internes de l'APEC dans les échanges totaux de l'APEC est passée d'environ 58 pour cent en 1980 à environ 70 pour cent en 1992.
  • Les liens commerciaux entre l'APEC et le reste du monde (RDM) ont diminué de façon spectaculaire au cours des années 80, tandis que les liens commerciaux avec l'Union européenne (UE) sont demeurés pratiquement au même niveau.

Intégration économique de l'APEC : liens en matière d'investissement

  • En 1992, le stock d'IED entrant provenant des économies de l'APEC représentait environ 50 pour cent du stock d'IED total de l'APEC, les parts respectives des économies de l'APEC-Asie et de l'APEC hors Asie étant à peu près égales.
  • Tant dans les pays de l'ANASE que dans les économies nouvellement industrialisées (ENI), la source la plus importante d'IED était la région APEC-Asie, notamment le Japon et les ENI elles-mêmes. Les économies de l'APEC hors Asie sont des investisseurs plus importants dans les ENI que dans les pays de l'ANASE.
  • Les parts du Japon et de l'UE dans le stock total d'IED entrant dans la région de l'APEC hors Asie ont augmenté de façon considérable au cours des années 80. Par ailleurs, l'importance des États-Unis comme pays d'origine a diminué de façon notable.
  • En 1992, près de la moitié du stock d'investissement direct sortant de l'APEC est allée vers d'autres économies de l'APEC, une tranche de 30 pour cent est allée vers l'UE et les autres pays du monde en ont reçu 20 pour cent. Au cours des années 80, les parts de l'APEC et de l'UE ont augmenté de façon appréciable, mais celle du RDM a diminué.
  • Tandis que la part de l'APEC comme région d'origine de l'IED des autres économies de l'APEC est en déclin, les liens globaux en matière d'investissement entre les pays de la région vont en se resserrant.
  • Au sein de l'APEC, les économies non asiatiques ont des liens plus étroits en matière d'investissement direct avec les autres économies de l'APEC que les économies de l'APEC-Asie.
  • En termes de liens d'investissement globaux, les pays de la région APEC-Asie sont le plus étroitement liés aux économies de l'APEC hors Asie. Si nous examinons uniquement les flux d'investissement entrant, les liens internes de la région APEC-Asie prédominent.

Rapports entre les liens commerciaux et l'investissement

  • Les facteurs suivants semblent avoir joué un rôle important dans la détermination des profils de commerce et d'investissement des économies de l'APEC au cours des années 80 : taux de croissance économique plus élevé des pays de l'APEC, notamment dans la région APEC-Asie; nature complémentaire des échanges entre les économies de l'APEC; coûts de main-d'oeuvre très faibles dans les pays asiatiques (sauf au Japon); proximité géographique et évolution rapide de l'avantage comparatif des économies de l'APEC; affinité culturelle des économies des trois sous-groupes de l'APEC : APEC-Asie, Amérique du Nord et groupe constitué de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande (ANZ); ententes de libre-échange conclues dans la région (ALE, ALENA, ANASE et ANZ); possibilités et craintes suscitées par l'avènement de l'UE; croissance économique plus lente des pays du RDM; diminution des prix réels des produits de base; et, le plus important, liens plus étroits en matière d'investissement entre les économies de l'APEC.
  • Les profils de commerce et d'investissement de l'ensemble des économies de l'APEC font ressortir une corrélation forte et positive tant en 1980 qu'en 1992, ce qui laisse penser que le commerce et l'IED sont complémentaires plutôt que substituts. Les tendances des flux commerciaux et des deux stocks d'investissement direct dans les économies de l'APEC au cours des années 80 supposent aussi une complémentarité entre les liens commerciaux et d'investissement.
  • L'élasticité totale des flux commerciaux par rapport aux stocks d'IED entrant et sortant pour la région de l'APEC se situe en moyenne autour de 0,6. Néanmoins, elle varie sensiblement parmi les économies de l'APEC (de 0,3 à 0,8), celles de l'APEC-Asie affichant une élasticité moins élevée.

L'investissement joue un rôle de premier plan dans l'intégration des économies de l'APEC et les liens commerciaux se développent en réaction aux profils d'investissement. Du point de vue des politiques, la présente analyse laisse penser que les efforts visant à faciliter l'investissement et le commerce devraient se poursuivre et que cela engendrera inévitablement des pressions en vue d'harmoniser les politiques entre les pays de l'APEC dans des domaines tels que le droit des sociétés, la propriété intellectuelle et la politique de concurrence.

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