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No 16 : Stratégies commerciales des PME et des grandes entreprises au Canada

par Gilles McDougall et David Swimmer, Direction de l'analyse de la politique micro-économique, Industrie Canada, octobre 1997


Résumé

La présente étude porte sur les stratégies de croissance et de compétitivité adoptées par les grandes entreprises et par les petites et moyennes entreprises (PME). Elle a été menée dans le but de découvrir si ces stratégies diffèrent selon la taille de l'entreprise et, le cas échéant, si l'on peut, à l'aide de ces différences, cerner les problèmes propres aux PME.

Aux fins de l'étude, on entend par « stratégie commerciale » « tous les aspects du comportement d'une entreprise », ce qui comprend les méthodes de gestion, les ressources humaines, la technologie, l'investissement, la formation du personnel, le recours aux programmes du gouvernement et les sources d'innovation.

L'étude s'appuie sur un sondage récent réalisé auprès de PME et de grandes entreprises par Abt Associates du Canada pour le compte d'Industrie Canada. Elle jette un éclairage nouveau sur les grandes entreprises en tirant parti d'un échantillon plus vaste que ceux employés d'ordinaire pour mener des études de cas; l'étude permet ainsi de formuler des généralisations sur le comportement des grandes entreprises. Elle favorise également une meilleure compréhension des PME, puisqu'elle permet de les comparer aux grandes entreprises, de façon à déterminer si les stratégies commerciales des petites et moyennes entreprises se distinguent des stratégies mises en oeuvre par les grandes entreprises et à évaluer dans quelle mesure il y a lieu de se préoccuper de la question.

L'étude permet de relever d'importantes similitudes entre les PME et les grandes entreprises, à savoir :

  • Les grandes entreprises et les PME partagent le même point de vue pour ce qui est des quatre grands facteurs exerçant le plus d'influence sur leur situation concurrentielle, soit la qualité des produits, le service à la clientèle, la flexibilité et la gamme de produits.
  • Les facteurs qui influent le plus sur la croissance, tant pour les PME que pour les grandes entreprises, sont la gestion, le marketing et le moral des employés. Viennent ensuite l'accès au capital et aux marchés, l'aptitude à adopter la technologie et la culture de l'entreprise. L'aide du gouvernement est considérée comme le facteur ayant le moins d'influence sur la croissance.
  • Les grandes entreprises et les PME ne diffèrent guère en matière de stratégie commerciale. Elles considèrent que la part de marché, de même que le lancement de nouveaux produits, sont importants. Parmi les autres facteurs essentiels, mentionnons l'évolution technologique, l'usage efficient des facteurs de production, les pratiques de gestion et la stratégie en matière de ressources humaines.
  • Les grandes entreprises jugent, au même titre que les PME, que les clients et les cadres sont le plus souvent à l'origine de l'innovation en matière de produits. Les installations de recherche et développement, l'unité de production et les fournisseurs viennent au deuxième rang. Les plus importantes sources d'innovation en matière de processus sont les cadres et l'unité de production, suivis des clients et des installations de recherche et développement.

L'étude relève des différences notables entre les grandes entreprises et les PME, à savoir :

  • Les grandes entreprises sont beaucoup plus portées que les PME à essayer de s'associer avec d'autres entreprises, dans le cadre notamment de partenariats stratégiques, d'entreprises en participation ou d'associations stratégiques.
  • Proportionnellement, les petites entreprises sont plus nombreuses que les grandes entreprises à faire appel aux programmes du gouvernement, même si ces programmes sont communément utilisés par des entreprises de toutes les tailles. Les PME attachent beaucoup plus d'importance que les grandes entreprises aux dégrèvements fiscaux pour la recherche et le développement, de même qu'aux programmes de formation du gouvernement. Bien que les PME jugent moins utiles les renseignements commerciaux auxquels le gouvernement leur donne accès ou les incitatifs à l'exportation, ces services n'en sont pas moins importants pour elles.
  • Les grandes entreprises sont plus enclines que leurs homologues plus petites à considérer la culture de l'entreprise et la compétence de la main-d'oeuvre comme des facteurs qui comptent pour la croissance. En outre, sur l'ensemble des méthodes de gestion, elles accordent également plus d'importance que les PME à une structure organisationnelle innovatrice.
  • Pour ce qui est de la formation, il y a, au sein des grandes entreprises, plus d'employés qui suivent des cours dans le cadre de programmes de formation réguliers, sauf en ce qui concerne les professionnels, lesquels reçoivent une formation à peu près équivalente indépendamment de la taille de l'entreprise. Que ce soit dans une grande entreprise ou dans une PME, le temps consacré par les employés à la formation sur le tas est équivalent, soit approximativement 10 pour cent du temps de travail.
  • Chez les grandes entreprises, l'obtention sous licence de la propriété intellectuelle est plus souvent considérée comme une source d'innovation en matière de produits ou de processus que chez les PME.

L'on observe en définitive que les PME et les grandes entreprises adoptent, en règle générale, des stratégies commerciales qui se ressemblent. Les facteurs de croissance les plus importants sont vus par les PME, au même titre que par les grandes entreprises, comme étant la gestion, le marketing, l'accès au capital et aux marchés, et l'aptitude à adopter des technologies. L'aide du gouvernement est classée au dernier rang des facteurs de croissance.

Les résultats mis en évidence par l'étude révèlent que les politiques gouvernementales devraient s'attacher essentiellement à améliorer le climat des affaires. L'adoption de politiques macroéconomiques sensées et la mise en place de politiques d'encadrement des marchés justes et efficientes facilitent la tâche des PME comme celle des grandes entreprises, dans leurs efforts de compétitivité et de succès, de même qu'au chapitre de la création d'emplois.

Cependant, certaines disparités marquantes entre les stratégies commerciales des PME et des grandes entreprises révèlent que quelques interventions ciblées du gouvernement seraient peut-être justifiées. Tout d'abord, les stratégies commerciales des grandes entreprises sont dans l'ensemble plus axées sur l'importance des employés que celles des PME. Une main-d'oeuvre qualifiée semble avoir plus de valeur pour les grandes entreprises que pour les PME, et les grandes entreprises sont plus nombreuses que les PME à offrir à leurs employés des programmes de formation réguliers. Tout indique, par conséquent, que des programmes de formation gouvernementaux pourraient s'avérer une aide précieuse pour les PME.

En second lieu, les grandes entreprises sont plus portées à s'engager dans des partenariats stratégiques, des entreprises en participation et des associations stratégiques que ne le sont les PME. Par le fait même, il pourrait être avantageux pour les PME d'envisager de telles possibilités. Dans ce domaine, le gouvernement peut accorder son appui en facilitant l'association des PME avec d'autres entreprises, tant au niveau national qu'international.

Enfin, l'obtention sous licence de propriété intellectuelle est une pratique qui joue un plus grand rôle chez les grandes entreprises comme source d'innovation. Les PME auraient donc tout avantage à explorer plus avant cette possibilité et le gouvernement pourrait les aider dans cette voie.

Selon les faits présentés dans l'étude, une politique gouvernementale axée sur les PME se justifie. S'il est vrai que les PME classent l'aide gouvernementale au dernier rang parmi les facteurs importants pour leur croissance, il n'en reste pas moins que ces dernières ont davantage recours à ces programmes que les grandes entreprises et que, par rapport à leur stratégie commerciale globale, elle situent cette aide gouvernementale à un niveau plus élevé que ne le font les grandes entreprises.

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