Archivé — Collection « Perspectives sur le libre-échange nord-américain »

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No 1 : La fabrication dans les pays de petite taille peut-elle survivre à la libéralisation du commerce ? : L'expérience de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis

par Keith Head et John Ries, Université de la Colombie–Britannique, avril 1999


Sommaire

Les effets de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis (ALE) sur le secteur de la fabrication au Canada intéressent à la fois les responsables des politiques et les universitaires. Du point de vue des politiques, l'expérience canadienne servira de leçon aux autres pays de taille restreinte qui envisagent de libéraliser leurs échanges avec un partenaire commercial de plus grande taille. Du côté de la recherche universitaire, il y a des théories concurrentes sur les avantages et les inconvénients éventuels de la libéralisation des échanges d'un petit pays manufacturier. Dans cette étude, nous élaborons deux modèles théoriques qui offrent des prédictions opposées au sujet des effets de la taille du marché et des réductions tarifaires sur la part de la production détenue par un pays. Nous développons ces modèles pour y inclure les effets habituels de la libéralisation des échanges sur le plan des avantages comparatifs. Nous évaluons les modèles à l'aide de données pairées sur les secteurs manufacturiers canadiens et américains, au niveau de la CTI à trois chiffres, pour la période 1990–1995.

Notre premier exercice empirique consiste à estimer les « effets à la frontière » — les obstacles observés et non observés au commerce qui entravent la consommation de biens importés. Nous décomposons l'effet à la frontière en une partie attribuable aux tarifs et une partie qui découle des barrières non tarifaires. Nous constatons que les barrières non tarifaires ont diminué constamment mais demeurent élevées (dépassant 50 pour cent en termes d'équivalent tarifaire) dans certaines industries. Ces barrières non tarifaires élevées atténuent les effets des réductions tarifaires négociées.

Notre deuxième exercice empirique consiste à tester les prédictions théoriques de nos deux modèles. Nous examinons la relation qui existe entre la part de la demande nord-américaine détenue par une industrie canadienne pour les biens de cette industrie et la part de la production de l'industrie détenue par le Canada. En outre, nous évaluons comment les tarifs influent sur cette relation. Notre examen fait ressortir certains éléments de preuve indiquant que la libéralisation des échanges favorise les industries où la demande est relativement faible, un résultat qui concorde avec l'un de nos modèles. Nous constatons aussi que les industries canadiennes qui ont un coefficient élevé de ressources naturelles et qui ont connu des réductions tarifaires importantes sont celles où l'on observe les variations les plus fortes de la part de la production détenue durant la période 1990–1995. Dans l'ensemble, nous observons que l'ALE s'inscrit dans une tendance à long terme vers une plus grande intégration économique du Canada et des États-Unis. Même si les différences dans les variations de la part de la production étaient peu importantes parmi les diverses industries examinées, nos résultats indiquent que la libéralisation des échanges a favorisé les industries canadiennes qui détiennent une faible part de la demande tout en ayant un coefficient élevé de ressources naturelles.

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