par Maxim Poletaev et Chris Robinson.
Ce document n'est disponible qu'en anglais.
La mobilité accrue des travailleurs entre différents secteurs d'activités, professions et entreprises soulève des enjeux pour le marché du travail. Le capital humain spécifique aux compétences (ou à la profession), peut être utilisé par un travailleur dans toutes les entreprises et secteurs d'activité. Cependant, ceci n'est pas le cas du capital humain spécifique à l'entreprise ou au secteur d'activité. Ce document présente une analyse empirique sur la spécificité du capital humain au Canada, à l'aide des données de l'Enquête auprès des travailleurs déplacés de 1986 et de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu. Les données canadiennes montrent le rôle important joué par le capital humain spécifique relié aux compétences (à la profession), le rôle modeste du capital humain spécifique à l'entreprise, presque entièrement confiné à la première année avec l'employeur, et le rôle possiblement négligeable du capital humain spécifique au secteur d'activité. Les données américaines établissent un ordre d'importance semblable des différents types de capital humain aux États-Unis. De plus, les données ne montrent pas que les rendements des investissements en capital humain spécifique soient significativement différents dans les deux pays.
Le résultat voulant que le capital humain spécifique au secteur d'activité ne joue pas un grand rôle dans l'économie canadienne a d'importantes implications au niveau des politiques. Un marché du travail fonctionnant de manière efficiente réalloue continuellement le facteur travail entre les différents secteurs en réponse aux demandes changeantes pour les produits et services des différents secteurs. Étant donné que seule une quantité négligeable de capital humain est spécifique au secteur d'activité, ces réallocations peuvent se produire sans destruction importante de capital humain, et donc sans conséquence négative importante sur le salaire pour le travailleur moyen, si ses compétences de base restent inchangées. Ce résultat peut aussi être étendu aux réallocations entre différentes professions proches l'une de l'autre. Même si pour le travailleur moyen, les conséquences salariales de changer de secteur d'activité peuvent être faibles, l'effet pourrait être plus important pour une minorité d'individus. Une analyse plus désagrégée serait nécessaire à l'identification de telles minorités.