par Robin Cowan, Maryann Feldman et Dieter Kogler.
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La mobilité internationale de la main-d'oeuvre qualifiée, et les coûts et avantages possibles pour les pays d'origine et d'accueil, conceptualisée dans deux modèles, le modèle traditionnel de l'exode des cerveaux, et le modèle plus contemporain de la circulation des cerveaux, aurait un effet significatif sur la capacité d'innover des économies nationales. De plus, le savoir, l'un des éléments clés du processus d'innovation, serait le facteur le plus déterminant de la compétitivité et de la réussite dans l'économie mondiale du savoir. Les mouvements et les retombées du savoir qui, dans une certaine mesure, se produisent avec la mobilité de la main-d'oeuvre qualifiée, sont des préoccupations de plus en plus importantes dont doivent tenir compte les décideurs dans l'élaboration de politiques publiques portant sur des stratégies économiques durables. La plupart des politiques nationales actuelles se concentrent uniquement sur la capacité d'attirer des personnes hautement qualifiées en supposant qu'un plus grand bassin de connaissances mène à l'innovation et à la croissance économique. Cependant, l'innovation n'est pas un processus aléatoire qui se produit par hasard, mais plutôt un processus collectif reposant sur les compétences des personnes et intégré aux réseaux sociaux et professionnels. Nous ne comprenons pas très bien ces réseaux à cause surtout du manque de données pertinentes et d'études empiriques sur le sujet. Des questions restent en grande partie sans réponse, notamment en ce qui touche le rôle des réseaux sociaux et professionnels pour faciliter la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés ainsi que l'intensité et l'activité des réseaux professionnels au Canada comparativement à ceux d'autres pays avancés. Nous tentons de répondre à ces questions en présentant des données empiriques tirées de l'enquête intitulée « Survey of Canadian Professional Networks », laquelle comprend une analyse portant sur des Canadiens hautement qualifiés qui ont effectué au moins une partie de leurs études à l'étranger et qui résident aujourd'hui au Canada ou à l'étranger. Les Canadiens qui vivent à l'étranger représentent, en partie, un exode des cerveaux. Comme ils font partie d'un réseau étranger, leur contribution au réseau du savoir canadien est, par définition, presque réduite. Toutefois, il existe des éléments liés à la circulation des cerveaux : il semble bien que les Canadiens à l'étranger participent à l'économie du savoir canadienne lorsque l'occasion se présente. Cependant, les résultats de l'enquête montrent de grandes différences entre les Canadiens qui vivent au pays et ceux qui vivent à l'étranger, et ils laissent supposer qu'il y a peut-être lieu d'améliorer le système d'innovation du Canada grâce à des politiques publiques destinées à perfectionner les réseaux sociaux et professionnels des Canadiens hautement qualifiés.