par Nicole Fortin et Daniel Parent.
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Les auteurs ont utilisé des données provenant de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes (EIAA, 1994), ensemble de données qui est administré de la même façon au Canada et aux États-Unis, en particulier, qui contient des réponses aux questions sur la littératie et l'habileté arithmétique, ainsi que des renseignements sur les antécédents démographiques des répondants. Les auteurs ont ainsi pu étudier plusieurs dimensions de la formation qui avaient auparavant été laissées de côté. Deux grands thèmes ont émergé de leur analyse. Premièrement, bien que les auteurs constatent certaines différences entre les pays pour ce qui est de la prestation et de l'intensité de la formation sur le plan de l'ampleur, ils pensent que les facteurs, au sein d'un même pays, liés à l'origine ethnique, à la langue ou au sexe jouent un rôle important. La preuve statistique la plus solide de cette étude a trait à la fréquence et à l'intensité de la formation qui sont moins élevées chez les Canadiens-français que chez les Canadiensanglais. Les auteurs ont trouvé une preuve semblable, bien que pas aussi évidente, d'une différence entre les Américains africains et les Américains blancs. Deuxièmement, les grandes différences que les auteurs ont observées entre le Canada et les États-Unis ne se situent pas tant dans la quantité de formation offerte à la main-d'œuvre que dans les effets très différents que les mesures de littératie semblent avoir sur la formation. En particulier, la surprenante relation négative entre la capacité de lecture de textes au contenu quantitatif et la formation observée aux États-Unis ne fait pas partie de la structure de la formation au Canada. Le fait de poser à chaque personne des deux pays des questions normalisées sur la formation et la littératie a l'avantage de permettre la production d'une analyse significative des déterminants de la formation par pays. Ensemble, ces deux séries de constatations laissent fortement supposer que deux voies pour la recherche s'annoncent très prometteuses. Premièrement, il faudrait étudier davantage le lien entre les facteurs d'ordre linguistique ou ethnique et l'accumulation de capital humain après les études. Deuxièmement, il faudrait essayer de comprendre, par exemple, pourquoi un plus grand nombre de travailleurs américains possédant une capacité de lecture de textes au contenu quantitatif sont moins susceptibles de recevoir de la formation, alors que le contraire est vrai au Canada, ce qui est le résultat habituellement attendu.