Archivé — La mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés : Synthèse des principaux résultats et de leurs incidences sur les politiques

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Document préparé par Direction générale de la recherche économique et de l'analyse des politiques (alors Direction générale de l'Analyse de la politique micro-économique), Industrie Canada et Direction de la recherche en politiques, Ressources humaines et développement social Canada

Avril 2008

Le document présente les travaux de recherche effectués dans le cadre de l'Initiative de recherche sur les compétences (IRC) et résume les résultats et leurs implications discutés lors des ateliers de l'IRC. Le rapport fait état des points de vue des chercheurs et des participants aux ateliers et ne reflète pas nécessairement les politiques et les opinions d'Industrie Canada, de Ressources humaines et Développement des compétences Canada ou du gouvernement du Canada.


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Table des matières

Sommaire
1. Introduction
2. Données macro-économiques des tendances mondiales et situation du Canada
3. Les motivations et les facteurs socio-économiques connexes
4. La situation dans différents secteurs au Canada : Leçons tirées des données micro-économiques
5. Facteurs sur le plan des politiques qui influencent la mobilité des travailleurs hautement qualifiés
6. Les coûts et les avantages de la mobilité de la main-d'oeuvre hautement qualifiée vus sous un angle différent
7. Messages stratégiques et conclusions
Bibliographie


Sommaire du rapport de synthèse

La main-d''uvre hautement qualifiée est un élément essentiel d'une économie novatrice. Depuis quelques décennies, les travailleurs hautement qualifiés sont plus disposés à aller travailler dans un autre pays. De plus, la forte demande de main-d''uvre spécialisée dans les pays industrialisés a engendré une vive concurrence pour ces travailleurs prêts à se déplacer. L'immigration et l'émigration, temporaires ou permanentes, de travailleurs hautement qualifiés peuvent contribuer à former le bassin de main-d''uvre spécialisée dont le Canada a besoin. Toutefois, si l'attractivité du Canada n'est pas suffisante, ces travailleurs hautement qualifiés iront ailleurs. Le Canada doit s'adapter aux nouvelles exigences professionnelles et à la concurrence mondiale pour une main-d''uvre spécialisée afin d'appuyer une économie du savoir plus novatrice. Pour s'adapter, le Canada doit absolument accroître sa capacité d'attirer et de garder au pays une main-d''uvre hautement qualifiée.

Le principal enjeu pour les décideurs politiques consiste à structurer les moyens d'action afin de bénéficier de la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés, compte tenu des divers impacts de cette mobilité sur le marché du travail intérieur et l'économie. Le présent rapport de synthèse vise à soutenir l'élaboration des politiques en s'appuyant sur les conclusions des recherches contenues dans les projets menés dans le cadre de l'Initiative de recherche sur les compétences (IRC) ainsi que par d'autres études complémentaires.

Les projets ont porté sur trois domaines de recherche :

  1. Élaborer des méthodes permettant d'évaluer avec plus de précision les tendances mondiales de la migration de la main-d''uvre hautement qualifiée ainsi que de meilleures façons de déterminer la position du Canada sur le marché mondial par rapport à d'autres pays industrialisés.
  2. Accroître notre compréhension des facteurs fondamentaux à l'origine de l'augmentation de la migration de la main-d''uvre hautement qualifiée, surtout dans les économies avancées.
  3. Accroître notre compréhension des coûts et avantages économiques associés à la mobilité internationale de la main-d''uvre hautement qualifiée et des principaux facteurs ayant une incidence sur ces coûts et avantages.

Les principaux « faits stylisés » qui ressortent des études de l'IRC et d'autres études sur ces sujets sont les suivants :

  • Les flux mondiaux de main-d''uvre hautement qualifiée ont augmenté, et les travailleurs hautement qualifiés se déplacent déjà assez facilement entre de nombreux pays.
  • De plus en plus, ces flux représentent des déplacements temporaires plutôt qu'une migration uniquement permanente.
  • Le Canada ne réussit pas aussi bien que les autres économies avancées à attirer des travailleurs hautement qualifiés. Les lourdeurs administratives et les obstacles fiscaux sont peut-être des freins importants.
  • Ces tendances vers une plus grande mobilité de la main-d''uvre hautement qualifiée font partie de la mondialisation généralisée de l'économie et sont étroitement liées aux flux internationaux de capitaux et à la délocalisation de la production.
  • Il y a moins d'obstacles à l'immigration légale pour les travailleurs spécialisés que pour les travailleurs non spécialisés.
  • Les travailleurs hautement qualifiés sont attirés vers les endroits qui offrent des salaires élevés pour leurs compétences (mais il n'est pas évident qu'une grande dispersion des salaires soit un facteur d'attraction).
  • D'autres facteurs, notamment les débouchés professionnels, la qualité de vie, les « distances » sociales et culturelles ainsi que les obstacles administratifs, ont aussi une forte influence sur les décisions de déplacement des travailleurs hautement qualifiés.
  • Le niveau de scolarité est fréquemment utilisé pour mesurer le niveau de compétences relativement à la mobilité internationale, parce qu'il s'agit souvent de la seule mesure qui existe. La qualité des systèmes d'éducation varie énormément d'un pays à l'autre, de sorte que le niveau de scolarité est susceptible de mener à une surestimation de la qualité des compétences des travailleurs de pays où le système d'éducation est de faible qualité, habituellement les pays pauvres. Or, pour savoir si le Canada subit une « fuite des cerveaux », il ne suffit pas simplement de compter le nombre de Canadiens qui quittent le pays et le nombre d'immigrants possédant un niveau élevé de scolarité qui y entrent.
  • Comparativement à d'autres pays, le Canada réussit assez bien à attirer des immigrants permanents qui ont fait des études postsecondaires, mais une proportion relativement faible d'entre eux possèdent un doctorat. Malgré leur niveau de scolarité élevé, les immigrants récemment arrivés n'obtiennent pas de bons résultats économiques. Cela s'explique, en partie, par le fait qu'ils n'ont pas toutes les compétences requises dans l'économie canadienne, par exemple leurs capacités de lecture et d'écriture en français ou en anglais sont insuffisantes.
  • Pour les pays d'accueil, les principaux avantages d'une main-d''uvre qualifiée mobile à l'échelle internationale découlent des externalités de production de cette main-d''uvre, notamment une capacité accrue de former des grappes du savoir et un plus grand accès aux idées et aux technologies de pointe grâce à la participation à des réseaux.

Si l'on accepte ces « faits stylisés », quelles sont les conséquences pour l'élaboration des politiques? Quelles sont les autres incidences des constatations plus détaillées des recherches?

  1. On ne peut pas traiter la stratégie canadienne concernant les questions liées à la mobilité internationale de la main-d'œuvre hautement qualifiée sans tenir compte de la stratégie canadienne pour l'intégration de l'économie à l'échelle nord-américaine et à l'échelle mondiale. Par exemple, si l'investissement direct étranger (IDE) est étroitement lié aux mouvements internationaux de main-d'œuvre hautement qualifiée, les restrictions imposées à ces investissements peuvent restreindre la capacité du Canada de tirer profit de ces mouvements.
  2. La concurrence pour une main-d'œuvre hautement qualifiée sur les marchés mondiaux est susceptible de s'intensifier, en raison de la mondialisation continue, de la croissance économique rapide de l'Inde, de la Chine et d'autres pays moins développés et de la concurrence accrue pour cette main-d'œuvre parmi les économies avancées dont la population vieillit. Il est certes valable de mettre en œuvre des politiques qui facilitent l'entrée au Canada de travailleurs hautement qualifiés et qui facilitent les choses pour les employeurs souhaitant faire entrer ces travailleurs au Canada. Toutefois, dans un contexte de vive concurrence internationale, si le l'attrait du Canada n'est pas assez fort auprès des travailleurs hautement qualifiés, ces derniers iront ailleurs.
  3. Il faut que les politiques portant sur l'immigration de travailleurs spécialisés ne se limitent pas à l'idée que l'immigration de travailleurs spécialisés est principalement un moyen (parmi d'autres) d'atténuer les pénuries de main-d'œuvre spécialisée qui existent déjà. Au contraire, l'une des plus importantes leçons que nous pouvons tirer de la « nouvelle théorie de croissance », du fait de la présence des effets d'agglomération et d'externalités, est que l'arrivée de nouveaux travailleurs qualifiés crée une demande additionnelle de ces compétences de façon qui augmente la productivité de l'ensemble des travailleurs. Ainsi, plutôt que de simplement « remplir le vide », en comblant les pénuries de main-d'œuvre spécialisée, la politique d'immigration du Canada devrait faire preuve de plus de perspective et de créativité et penser à la création de grappes du savoir localisées qui permettent à l'ensemble des travailleurs d'être plus productifs, ce qui contribue à l'attraction davantage de travailleurs spécialisés et à l'augmentation du taux de croissance économique. Étant donné l'importance des grappes, les politiques visant à disperser les immigrants spécialisés pourraient être improductives.
  4. Si le Canada souhaite accroître le niveau de compétences de sa population active en faisant appel à l'immigration économique, il lui faudra mettre en place de meilleurs moyens de recrutement et de sélection des immigrants spécialisés. L'immigration économique comporte des coûts pour le Canada ainsi que des avantages éventuels au chapitre des compétences spécialisées. Il faut comparer les coûts et les avantages d'investir des fonds publics dans le recrutement, la formation et l'intégration des immigrants aux coûts et aux avantages d'investir plus de fonds publics dans l'acquisition et le perfectionnement des compétences des Canadiens nés au pays.
  5. Il se peut que les mouvements temporaires de la main-d'œuvre qualifiée deviennent la forme de mobilité type de la main-d'œuvre qualifiée au niveau international, remplaçant ainsi la migration à long terme. Cela signifie qu'il faudrait réorienter les politiques pour les axer davantage vers des mécanismes d'entrée temporaire afin de bénéficier d'une mobilité internationale de plus en plus grande de la main-d'œuvre hautement qualifiée.

Quelles questions stratégiques découlent de ces « faits stylisés » et de leurs répercussions?

  • La politique d'immigration visant à pourvoir l'économie canadienne d'une main-d'œuvre spécialisée devrait-elle être orientée de manière à favoriser davantage les entrées temporaires, compte tenu du caractère de plus en plus temporaire des mouvements migratoires des travailleurs hautement qualifiés?
  • Le Canada devrait-il recourir à la politique sur les entrées temporaires pour chercher à créer des grappes d'innovation? Jumeler l'élimination des restrictions relatives à l'IDE aux politiques destinées à faciliter l'entrée temporaire d'employés des entreprises étrangères?
  • Le Canada devrait-il chercher à étendre la portée des dispositions relatives à la mobilité des travailleurs hautement qualifiés dans le cadre de ses négociations commerciales? Si c'est la bonne solution, que peut-on faire pour réduire les obstacles à l'entrée temporaire liés à l'administration, aux lois fiscales, à l'assurance sociale et à la reconnaissance des titres?
  • Faut-il modifier la politique de sélection des immigrants spécialisés, étant donné les résultats obtenus, soit des immigrants ayant un niveau de scolarité plus élevé que la moyenne canadienne mais un niveau de littératie inférieur? Si oui, dans quelle direction?
    • Vers un système où l'entrée temporaire pourrait servir de tremplin à l'obtention de la résidence permanente pour un immigrant spécialisé?
    • Vers un système de vérification préalable des compétences linguistiques et des titres professionnels, comme celui qui existe en Australie?
    • Vers une politique qui encourage les étudiants étrangers à étudier dans des universités ou des collèges canadiens pour ensuite leur offrir un accès préférentiel à la résidence permanente une fois qu'ils ont reçu leur diplôme?
  • Les politiques destinées à diriger ou à attirer les immigrants vers des régions autres que les centres urbains habituels auraient-elles tendance à diminuer la contribution économique des immigrants hautement qualifiés?
  • Quelle serait la meilleure façon de répartir les investissements publics destinés à accroître le niveau de compétences de la population active canadienne entre le recrutement et l'intégration des immigrants et l'investissement dans l'acquisition et le perfectionnement des compétences des Canadiens?
  • La plus grande mobilité internationale implique une concurrence accrue pour les Canadiens hautement qualifiés qui ont profité de subventions importantes durant leurs années d'études. Est-ce que cela signifie que nous devrions nous orienter vers un système, où les étudiants au niveau postsecondaire et leur famille devraient assumer une plus grande part des coûts associés à leurs études puisque d'autres pays pourraient bénéficier des avantages des externalités et des impôts sur les revenus plus élevés qui découlent de cette scolarité?
  • Quel est l'équilibre approprié entre les politiques destinées à accroître l'offre de main-d'œuvre spécialisée (telles que les politiques d'immigration traitées aux points précédents) et les politiques destinées à accroître la demande de main-d'œuvre qualifiée grâce à une augmentation des activités novatrices des entreprises canadiennes et à une hausse des investissements directs des sociétés étrangères très novatrices?
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1. Introduction

La main-d'œuvre hautement qualifiée est un élément essentiel d'une économie novatrice. Depuis quelques décennies, les travailleurs hautement qualifiés sont plus disposés à aller travailler dans un autre pays. De plus, la forte demande de main-d'œuvre spécialisée dans les pays industrialisés a engendré une vive concurrence pour ces travailleurs prêts à se déplacer. L'immigration et l'émigration, temporaires ou permanentes, de travailleurs hautement qualifiés peuvent contribuer à former le bassin de main-d'œuvre spécialisée dont le Canada a besoin. Toutefois, si l'attrait du Canada n'est pas assez fort, ces travailleurs hautement qualifiés iront ailleurs. Le Canada doit s'adapter aux nouvelles exigences professionnelles et à la concurrence mondiale pour une main-d'œuvre spécialisée afin d'appuyer une économie du savoir plus novatrice. Pour s'adapter, le Canada doit absolument accroître sa capacité d'attirer et de garder au pays une main-d'œuvre hautement qualifiée.

La principale question qui se pose aux décideurs est de savoir comment structurer les moyens d'action afin de bénéficier de la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés, compte tenu des divers impacts de cette mobilité sur le marché du travail intérieur et l'économie. Le présent rapport de synthèse vise à appuyer l'élaboration des politiques en tirant profit des conclusions des recherches contenues dans les projets menés dans le cadre de l'Initiative de recherche sur les compétences (IRC) et ainsi que d'autres études complémentaires.

L'Initiative de recherche sur les compétences (l'IRC) est un programme de recherche sur les politiques à moyen terme qui a été mis sur pied en raison des craintes selon lesquelles des pénuries prolongées de main-d'œuvre qualifiée pourraient retarder le développement de l'économie du savoir et la capacité d'innover du Canada.

Le présent rapport de synthèse porte sur « La mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés ». Les domaines pertinents de recherche ont été recensés et ont fait l'objet de discussions à une table ronde de spécialistes, qui a eu lieu au début de 2004. Les trois domaines de recherche sont les suivants :

  1. Élaborer des méthodes permettant d'évaluer avec plus de précision les tendances mondiales de la migration de la main-d'œuvre hautement qualifiée ainsi que de meilleures façons de déterminer la position du Canada sur le marché mondial par rapport à d'autres pays industrialisés.
  2. Accroître notre compréhension des facteurs fondamentaux à l'origine de l'augmentation de la migration de la main-d'œuvre hautement qualifiée, surtout dans les pays développés.
  3. Accroître notre compréhension des coûts et avantages économiques associés à la mobilité internationale de la main-d'œuvre hautement qualifiée et des principaux facteurs ayant une incidence sur ces coûts et avantages.

Les projets de recherche de l'IRC portant sur le thème de la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés visent à nous faire mieux comprendre ces trois domaines de recherche. Le rapport de synthèse se veut un résumé des résultats des recherches de l'IRC et d'autres études, qui sont liés à ce thème, et il fait ressortir les implications sur le plan des politiques des résultats de ces études.

Le rapport comprend six sections portant sur les trois domaines de recherche susmentionnés. La deuxième section traite du premier domaine de recherche : les tendances de la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés et la position du Canada sur le marché de ce type de main-d'œuvre. Les trois autres sections portent sur le deuxième domaine de recherche : les facteurs à l'origine de la mobilité. Premièrement, la troisième section se concentre sur les facteurs autres que politiques qui sont à l'origine de la mobilité internationale de la main-d'œuvre qualifiée et les facteurs socio-économiques influant sur les mouvements entre les pays de travailleurs hautement qualifiés. On examine dans la quatrième section la situation des travailleurs spécialisés étrangers sur le marché du travail dans différentes branches d'activité économique au Canada. La cinquième section aborde les facteurs stratégiques qui touchent la mobilité des travailleurs hautement qualifiés. Le dernier domaine de recherche, les coûts et les avantages de la mobilité des travailleurs hautement qualifiés, est étudié dans la sixième section. Enfin, dans la septième section, on examine les implications des travaux de recherche sur le plan politique.

L'Initiative de recherche sur les compétences (IRC)

L'Initiative de recherche sur les compétences a été créée en 2003 dans le cadre d'un protocole d'entente entre Industrie Canada, Ressources humaines et Développement des compétences Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines. Elle avait pour but :

  • de favoriser la recherche sur les compétences, dans une optique d'élaboration des politiques, qui s'articule autour de quatre grands thèmes :
    • les incidences du vieillissement de la population canadienne sur le marché du travail et les compétences
    • la mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés
    • la formation parrainée par l'employeur au Canada
    • l'adaptation des marchés aux travailleurs qualifiés au Canada
  • d'alimenter les discussions entre les chercheurs, les décideurs et les praticiens grâce à la tenue de conférences et à la production de publications;
  • d'appuyer la diffusion et l'application aux politiques de recherches sur les compétences, surtout au sein de l'administration publique et du secteur universitaire et entre d'autres intervenants.

Trois ateliers ont eu lieu dans la région de la capitale nationale en 2006 : Les incidences du vieillissement de la population sur le marché du travail et les compétences, La mobilité internationale des travailleurs hautement qualifiés et L'adaptation des marchés du travail aux travailleurs qualifiés (y compris La formation parrainée par l'employeur). À la suite des ateliers, les versions définitives des rapports de synthèse de chaque atelier ainsi que de l'aperçu ont été établies. Les rapports de synthèse contiennent un exposé des résultats des recherches sur chaque thème et de leurs grandes répercussions sur le plan des politiques. L'aperçu fait la synthèse des résultats des recherches effectuées sur chaque thème et présente les grandes répercussions sur le plan des politiques, y compris un diagnostic général.

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2. Données macro-économiques des tendances mondiales et situation du Canada

Les échanges internationaux de travailleurs hautement qualifiés touchent considérablement le stock de capital humain au Canada. Les modes d'échange ne se limitent plus à l'immigration ou à l'émigration de travailleurs hautement qualifiés, mais englobent aussi les déplacements temporaires de travailleurs du savoir et d'étudiants de cycles supérieurs.

Il importe tout d'abord de définir ce que l'on entend par « compétences » et « travailleurs hautement qualifiés ». Kuhn (IRC-2005) établit des catégories de paramètres des « compétences » en se servant de la méthode de mesure des compétences. Il s'agit de mesures fondées sur les intrants, sur les tests, sur le salaire et sur le contenu de l'emploi. Selon ces catégories, la main-d'œuvre hautement qualifiée peut désigner un groupe de personnes qui ont un niveau élevé de scolarité ou qui ont obtenu des notes relativement élevées à des tests d'efficience ou qui ont un salaire élevé ou occupent une fonction professionnelle ou un poste de gestion (ou ont de l'expérience dans ces domaines). Dans un sens plus large, la main-d'œuvre hautement qualifiée est celle qui rehausse la capacité d'innover de l'économie. Dans diverses études, les mesures de compétences dépendent beaucoup de la disponibilité des données et du groupe d'intérêt à l'étude. Cette section donne un aperçu des répercussions sur le marché du travail canadien de la situation actuelle et des récentes tendances relatives aux déplacements des travailleurs hautement qualifiés dans le monde.

Depuis les années 1990, les tendances montrent une intensification marquée des flux de travailleurs hautement scolarisés de l'Asie vers des pays développés et une augmentation des échanges de travailleurs qualifiés parmi les pays industrialisés (Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 2002; Gera, Laryea et Songsakul, IRC-2004). Selon une nouvelle base de données de l'OCDE sur les immigrants et les expatriés, en 2000-2001, les principaux pays de l'OCDE, notamment les États-Unis, le Canada, l'Australie, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, sont des importateurs nets de travailleurs hautement scolarisés (Dumont et Lemaître, 2005).

La migration temporaire, par exemple les permis de travail et les permis d'études, est un mode de plus en plus important de migration de travailleurs hautement qualifiés dans les pays de l'OCDE à forte mobilité tels que les États-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni et le Canada. Même la migration avec droit de résidence permanente est souvent temporaire. En effet, Aydemir et Robinson (2006) ont montré qu'environ un tiers des immigrants masculins ont quitté le pays durant les 20 premières années et que 60 % de ceux qui ont quitté l'ont fait durant la première année suivant leur arrivée.1

Les politiques d'immigration favorisent les personnes hautement scolarisées

Les récentes politiques concernant l'immigration et l'entrée de travailleurs temporaires dans les principaux pays de l'OCDE sont favorables aux travailleurs hautement scolarisés. Le Canada, l'Australie et, depuis peu, le Royaume-Uni, ont un système détaillé de points d'appréciation basé sur les compétences pour la sélection des immigrants hautement scolarisés et dotés des compétences considérées pertinentes sur le marché du travail du pays (Gera et Songsakul, 2005). Le programme d'immigration des travailleurs spécialisés aux États-Unis ne repose pas sur un système de points. Le principal critère de sélection des immigrants économiques aux États-Unis (c'est-à-dire les catégories de préférence selon l'emploi) est l'offre d'emploi attestée. Ce système tend à favoriser les emplois qui demandent un haut niveau de scolarité. Des pénuries dans certaines professions, combinées à des permis de travail provisoires conçus précisément pour attirer des professionnels étrangers en demande, ont aussi donné lieu à des changements importants dans les profils professionnels des travailleurs étrangers. Les afflux importants de travailleurs temporaires des domaines liés à l'informatique de l'Inde et de la Chine aux États-Unis et au Canada dans les années 1990 témoignent, par exemple, de ce phénomène.

Les travailleurs étrangers temporaires et les immigrants hautement scolarisés constituent une part importante du marché du travail canadien. En 2000, un cinquième de la population active du Canada était née à l'étranger (Statistique Canada, Recensement de 2001). On observe de fortes concentrations d'employés nés à l'étranger dans les industries de haute technologie (Hall, IRC-2006) et les professions de la santé (Bourgeault, IRC-2006). Dans leur comparaison de la situation du Canada à celle d'autres grands pays de l'OCDE, Gera et Songsakul (2005) ont trouvé qu'autour de l'an 2000, le Canada a réussi exceptionnellement bien à attirer des immigrants permanents hautement scolarisés par rapport à d'autres pays concurrents (p. ex. l'Australie, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Allemagne et la France). Toutefois, le Canada ne réussit pas très bien lorsque l'on tient compte des entrées temporaires de travailleurs hautement qualifiés et d'étudiants internationaux de cycles supérieurs.

Selon McHale (IRC-2006) et Ellis (2006), le Canada ne réussit pas très bien à attirer des étudiants d'autres pays aux programmes d'études supérieures comparativement à certains pays concurrents tels que l'Australie et le Royaume-Uni. Les États-Unis restent la destination de choix pour les étudiants de cycles supérieurs et les travailleurs hautement qualifiés qui obtiennent un permis de non-immigrant, tels que les permis H-1B et TN-ALENA.2 Gera et Songsakul (2005) notent que la situation relative du Canada en ce qui a trait aux expatriés hautement qualifiés est pire que celle de tous les autres pays comparables, sauf le Royaume-Uni. Le Canada a encore de la difficulté à garder au pays les travailleurs hautement qualifiés, nés ici ou à l'étranger. Ce qui nous conduit à la question de l'exode des cerveaux.

L'exode des cerveaux du Canada

Les études sur la question de l'exode des cerveaux canadiens sont partagées. D'une part, on estime que la migration vers le sud ne semble pas poser de problème sur le plan du nombre de départs. Ce point de vue est partagé par Zhao, Drew et Murray (2000) et, dans des études plus récentes, par Helliwell (IRC-2006) et Finnie (IRC-2006a). Les chiffres sont relativement petits, beaucoup moins que un pour cent de la population par année3, et le taux de départ diminue alors que la migration de retour augmente depuis 2000.4 Des données provenant d'un recensement des États-Unis semblent confirmer l'existence d'un échange ou d'une circulation des cerveaux. Elles montrent une hausse des séjours temporaires de Canadiens aux États-Unis depuis les années 1990. Un plus grand nombre de personnes nées au Canada, surtout celles qui ont fait des études universitaires, vivent aux États-Unis en vertu de modalités de travail temporaires. Par contre, le Canada reçoit un apport important d'immigrants hautement scolarisés de pays autres que de l'OCDE (Gera et Songsakul, IRC-2005). Dans cette perspective, le problème de l'exode des cerveaux est minime.

Pour certains chercheurs, y compris Harris (IRC2004) et Harris, Easton et Schmitt (2006), la question de l'exode des cerveaux canadiens se pose en terme de « qualité », découlant de la substitution imparfaite des émigrants canadiens par des professionnels immigrants (provenant surtout de pays en développement). 5 C'est le cas particulièrement de certains professionnels, tels que les médecins et les scientifiques, où l'idée que des « grands noms » quittent le Canada pour les États-Unis reste une question litigieuse.6 Il est néanmoins clair que le nombre de ces travailleurs est peu important par rapport à la population active canadienne totale et aux taux historiques d'émigration. On ne compte pas beaucoup de « grands noms »; ce qui rend ces travailleurs si importants, c'est le fait qu'à cause des externalités de la production, il se peut que bon nombre de travailleurs autour d'eux deviennent plus productifs. Un haut dirigeant, qui crée et qui choisit une gamme de produits que les autres entrepreneurs ne voient pas, peut générer une grande richesse, pas seulement pour lui, mais aussi pour les milliers de travailleurs, de fournisseurs et de clients qui traitent avec lui.

La population active canadienne connaît l'immigration et l'émigration de travailleurs mobiles, surtout les travailleurs hautement qualifiés, comme nous l'avons déjà souligné. La question qui demeure est de savoir ce qui motive les travailleurs hautement qualifiés à déménager et ce qui détermine leur destination. La prochaine section, examine et la discussion portent sur les principaux facteurs à l'origine de la migration de la main-d'œuvre qualifiée.

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3. Les motivations et les facteurs socio-économiques connexes

Les recherches confirment que les gains d'emploi, le commerce international et l'IDE ainsi que les grappes du savoir exercent un pouvoir d'attraction sur les travailleurs hautement qualifiés. Les politiques en matière d'immigration ont une incidence directe, mais d'autres politiques influant sur ces facteurs socio-économiques déterminent aussi les départs potentiels par des mécanismes d'autosélection.

Qu'est-ce qui motive des personnes hautement qualifiées à se déplacer d'un pays à l'autre? Ces influences ont-elles le même effet sur les décisions des travailleurs faiblement qualifiés et des travailleurs hautement qualifiés? De quels facteurs socio-économiques dispose le Canada pour attirer ou garder au pays les gens de talent?

Les niveaux de gains et la dispersion des gains

Les gains d'emploi restent une motivation importante de la migration comme le confirment bon nombre d'études de l'IRC (Mueller et Hunt, IRC-2006; Gross et Schmitt, IRC-2006; Globerman et Shapiro, IRC-2006). En général, ceux qui ont un revenu élevé sont habituellement plus sensibles aux écarts de revenu que ceux qui ont un faible revenu (voir Finnie, IRC-2006a), à l'instar des personnes hautement scolarisées par rapport à celles qui sont faiblement scolarisées (voir Globerman et Shapiro, IRC-2006), et des personnes hautement qualifiées par rapport à celles qui sont faiblement qualifiées (les qualifications étant mesurées à la fois par la scolarité et l'expérience, voir Mueller et Hunt, IRC-2006).

Depuis Roy (1951) et Borjas (1987), on a fait valoir que les travailleurs très doués sont attirés vers les régions où l'inégalité des revenus (ou la dispersion des gains) est la plus élevée, indépendamment de l'écart sur le plan du revenu moyen. Si cela est vrai, les États-Unis seraient encore plus attractifs pour les Canadiens hautement qualifiés, étant donné le plus faible niveau d'inégalité des revenus au Canada, ce qui se traduirait par un exode des cerveaux plus important. Dans deux études, on a trouvé que l'effet de la dispersion des gains est important mais secondaire par rapport à la différence absolue des niveaux de gains. Pour Gross et Schmitt (IRC-2006), la distribution relative des revenus a très peu influencé la migration de travailleurs professionnels vers la France de 1983 à 2000 et le niveau relatif des revenus est habituellement plus important. Par contre, Mueller et Hunt (IRC-2006) montrent que la migration de travailleurs hautement qualifiés entre les États-Unis et le Canada vers la fin des années 1990 et le début des années 2000 a été déterminée à la fois par la de dispersion des salaires et par leur moyenne plus élevée (après impôts). Toutefois, ce dernier effet est plus important.

En suivant l'hypothèse de Roy et Borjas, Dostie et Léger (IRC-2006) soutiennent que ce ne sont pas tant les différences de gains qui attirent les travailleurs hautement qualifiés que la « prime à la productivité ». Ils ont ventilé les gains des médecins au Canada (de 1989 à 1997) en une composante pouvant être expliquée par des caractéristiques observables telles que l'âge, le sexe et le niveau de scolarité, et en une composante résiduelle (en raison de caractéristiques non observables et d'une variance aléatoire). Selon les auteurs, cette composante résiduelle représente la « productivité », laquelle contribue aux gains au-delà des caractéristiques observables des médecins. Selon les résultats de leur étude, les médecins les plus productifs (ceux dont la composante résiduelle est plus élevée) ont tendance à migrer vers la région où l'écart entre les gains reliés à la productivité est le plus élevé (la prime à la productivité). Le cas échéant, les politiques touchant la prime à la productivité influenceraient davantage la décision de migrer des médecins que celles touchant le rendement des caractéristiques observables des médecins (par exemple la spécialité).

Comme en témoignent les résultats d'entrevues dans Richardson (IRC-2006) et Richardson, McBey et McKenna (IRC-2006) ainsi que les résultats quantitatifs de Dostie et Léger, les travailleurs spécialisés sont aussi attirés vers des endroits où ils ont l'occasion de hausser leur rémunération en travaillant plus fort, plus intelligemment ou mieux. Autrement dit, la rémunération au rendement attire les travailleurs spécialisés; des milieux de travail où la rémunération est indépendante de la performance attirent plutôt les travailleurs peu qualifiés (ou les travailleurs non motivés). Un exemple récent mais très éloquent est l'étude de cas bien connue de Lazear (2000) concernant l'instauration d'une rémunération au rendement dans une entreprise de fabrication (Safelite Glass). Il est peut-être évident que l'ajout d'un élément de rémunération au rendement a incité bon nombre de travailleurs de la Safelite à produire davantage afin de gagner plus d'argent. Ce qui est plus surprenant, est le fait que la moitié de la hausse marquée de la productivité attribuée à l'instauration d'une rémunération au rendement dans ce cas-ci s'est faite sous forme d'autosélection des employés plutôt que d'une modification à l'effort consenti par les employés de l'entreprise. Autrement dit, grâce à la rémunération au rendement, certains employés doués ont jugé plus intéressant de rester chez Safelite et l'entreprise est devenue un employeur prisé pour ce genre de travailleurs. Cet effet de sélection a eu un effet très positif sur le rendement de Safelite.

Autres facteurs économiques

De toute évidence, la situation des affaires en général, surtout l'état de la demande dans certaines industries clés, a une incidence sur les mouvements de travailleurs hautement qualifiés. Finnie (IRC-2006a) a constaté une diminution des mouvements du Canada vers les États-Unis après l'effondrement des entreprises point-com au début de la décennie. On s'attend à une évolution naturelle et cyclique des mouvements de travailleurs spécialisés dans le monde; d'ailleurs, le fait que ces mouvements puissent atténuer les fluctuations cycliques de la demande est un avantage découlant d'une plus grande intégration économique internationale.

Selon certaines études, le commerce international et l'IDE influent sur les mouvements de travailleurs hautement qualifiés dans le monde. Les politiques touchant l'un de ces éléments ont une incidence sur les autres (Head et Ries, 2004). Globerman et Shapiro (IRC-2006) ont trouvé une preuve empirique d'un lien positif entre le commerce et le mouvement du capital financier et du capital humain. Selon les auteurs, l'IDE et les échanges commerciaux bilatéraux sont complémentaires à la migration de travailleurs hautement scolarisés dans les pays de l'OCDE. Toutefois, DeVoretz (IRC-2006), suggère que ce mouvement en tandem est peut-être faux en raison de la possibilité d'une causalité inverse, la migration entraînant le commerce et non le contraire. La question de la causalité par opposition au mouvement en tandem du commerce, de l'IDE et du capital humain reste à être étudiée.

Le rôle des réseaux sociaux et professionnels dans la facilitation des mouvements de travailleurs hautement qualifiés d'un pays à l'autre est une autre question qui mérite d'être examinée. Selon Gross et Schmitt (IRC-2006), toute politique non économique touchant les réseaux culturels ou sociaux réussit habituellement moins bien à stimuler la migration de professionnels comparativement aux travailleurs faiblement qualifiés. Par contre, les réseaux professionnels sont considérés comme un élément essentiel pour le lancement et la poursuite de recherches en collaboration et la rédaction conjointe de documents par des chercheurs de divers pays, comme le laissent entendre Cowan, Feldman et Kogler (IRC-2006). Les réseaux comprennent aussi la collaboration entre les entreprises, comme l'a constaté Richardson (IRC-2006), qui a noté l'importance de ce genre de réseaux et des partenariats financiers dans l'échange de scientifiques et de cadres dans l'industrie de la biotechnologie de la région de Vancouver ces dernières années. Il ne faudrait pas sous-estimer le rôle des multinationales dans l'échange de capital humain entre les pays dans un contexte de mondialisation (Globerman, 1999).

Certaines études sur les grappes du savoir laissent supposer qu'une masse de travailleurs hautement qualifiés exercent un pouvoir d'attraction sur leurs homologues en raison de l'effet d'agglomération (voir, par exemple, Wolfe et Gertler, 2004; Florida, 2005). Par exemple, des travailleurs hautement qualifiés en grand nombre dans une grappe attireront de nouvelles entreprises qui, à leur tour, attireront un plus grand nombre de travailleurs hautement qualifiés dans la région. Les résultats de l'étude de Richardson sur le secteur de la biotechnologie à Vancouver semblent indiquer une propension semblable. Des politiques gouvernementales telles que le Programme des chaires de recherche du Canada, qui visent à favoriser la création de réseaux de centres d'excellence, pourraient contribuer à attirer un plus grand nombre de travailleurs hautement qualifiés grâce à leur appui aux grappes.

Les facteurs autres que pécuniaires

Des facteurs autres que pécuniaires ont aussi une incidence sur la décision de migrer. Globerman et Shapiro (IRC-2006) font remarquer les « distances » géographiques, linguistiques et culturelles qui ont une corrélation négative avec les mouvements transfrontaliers des travailleurs. Des avantages relatifs autres que pécuniaires des diverses destinations, qui influent sur la qualité de vie des migrants et de leur famille, jouent souvent un rôle important dans la décision de migrer (Helliwell, IRC-2006). Ces avantages sont généralement liés à la satisfaction de vivre et à des raisons familiales, par exemple, le climat et l'environnement (Mueller et Hunt, IRC-2006), l'accès à des écoles de qualité pour les enfants (Richardson, IRC-2006), la sécurité publique et le système de soins de santé (Richardson et autres, IRC-2006).

L'exposé ci-dessus donne une vue d'ensemble des facteurs qui influent sur la décision de migrer des travailleurs hautement qualifiés. Nous notons certaines différences lorsque nous examinons différents secteurs et différentes professions plus en détail. La diversité de l'expérience sur le marché du travail et des facteurs touchant la décision de venir travailler au Canada est documentée dans des études de cas qui sont examinées dans la section suivante.

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