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du commerce électronique à la cyber-économie :
Stratégies pour le 21e siècle
Industrie Canada
27 et 28 septembre 2004
Ottawa, Ontario


L'honorable Perrin Beatty
Président-directeur général, Manufacturiers et exportateurs du Canada
Animateur

La dernière journée et demie nous a permis d'avoir une vue d'ensemble des réalisations de la dernière décennie, déclare l'honorable Perrin Beatty et de déterminer où le Canada est rendu à l'heure actuelle - les domaines où il est un chef de file et les secteurs où il a encore du travail à faire. Il y a onze ans, l'engagement du Canada à l'égard de l'Autoroute de l'information a été annoncé lors d'une conférence à Vancouver. Les gens ignoraient alors si c'était une bonne idée et, en fait, si un engagement dans cette direction valait la peine. Personne ne connaissait Internet, le World Wide Web ou les questions dont nous avons parlé au cours de la dernière journée et demie.

Le groupe d'experts d'aujourd'hui va se pencher sur l'avenir, déterminer un plan d'action et cerner les enjeux auxquels il faut s'attendre. « Où nous dirigeons-nous et qu'est-ce que chacun d'entre nous peut faire ? », demande-t-il. La rapidité du changement est extraordinaire et les enjeux des plus excitants, dit-il.

Arthur Carty
Conseiller national en sciences auprès du Premier ministre, Conseil d'experts en sciences et en technologie

Il y a quelque 35 ans, lorsque deux ordinateurs ont été reliés à la University of California, Los Angeles, personne ne pensait à la protection de la vie privée et à la sécurité, affirme Arthur Carty. En fait, même les inventeurs de l'Internet d'aujourd'hui considèrent celui-ci comme un ouvrage en cours.

Internet a transformé l'économie et notre mode de vie, déclare M. Carty. De par sa nature, Internet est une cible mouvante; une cible que très peu d'entreprises canadiennes ont été en mesure d'atteindre. Les PME canadiennes ne sont pas aussi cyberprêtes que leurs homologues américaines. Il maintient que les trois quarts des collectivités canadiennes n'ont pas accès aux services à large bande, et que le Canada tire de l'arrière sur le plan de la productivité et de l'innovation par rapport à ses plus proches voisins.

Le secteur canadien des TIC emploie un demi-million de travailleurs du savoir instruits, de dire M. Carty. Le secteur représente 11 p.100 de la croissance économique depuis 1997 et 45 p. 100 de l'investissement commercial dans la recherche développement. Les TIC ont un apport pour chaque secteur de l'économie.

Pour réussir dans le domaine des TIC, le Canada doit mettre en œuvre un environnement qui encourage le risque. Les Canadiens doivent également avoir confiance en la sécurité de leurs systèmes. Ces deux facteurs favoriseraient le climat de prise de risque nécessaire à l'avancement du Canada, dit-il, ajoutant que tous les partenaires doivent participer au processus.

Plusieurs éléments sont essentiels à la réussite du Canada dans ce domaine :

  • Développement d'une infrastructure améliorée, notamment outils, formation en affaires électroniques et meilleures pratiques
  • Reconnaissance du besoin d'internationalisation et d'Internet en tant que grand égalisateur
  • Perfectionnement du capital humain
  • Établissement de partenariats innovateurs, souples entre le gouvernement, le milieu universitaire et l'industrie privée.

« Le Canada doit évaluer aussi rapidement qu'Internet et nous devons reconnaître qu'il faut nous renouveler nous-mêmes continuellement », conclut M. Carty.

Lorna Marsden
Présidente et vice-chancelière, Université York

Un enjeu important consiste à inciter un plus grand nombre de petites et moyennes entreprises à adopter les TIC et à multiplier les partenariats entre les PME et les établissements d'enseignement post secondaire, déclare Lorna Marsden.

Elle décrit plusieurs caractéristiques de l'environnement du Canada. Tout d'abord, la majorité des diplômés du premier cycle travaillent dans une PME. En outre, les Canadiens sont différents de leurs voisins. Leur sécurité et leur vie privée les préoccupent vivement. Enfin, en tant que nation, les Canadiens n'acceptent pas le changement rapidement. Tenant compte de cela, il est vital que l'industrie engage le cybertalent où qu'il soit, de la maternelle à la retraite.

À l'Université York, la majorité des étudiants font un usage transactionnel d'Internet, par exemple à des fins d'inscription et de participation à des réseaux d'anciens étudiants. Le défi consiste à replacer ce savoir dans un contexte d'innovation et de commercialisation à mesure qu'ils entrent sur le marché du travail.

Charles Sirois
Président du conseil et chef de la direction, Télésystème Ltée

Charles Sirois déclare qu'il n'a pas assez entendu parler d'entrepreneuriat à la conférence. La discussion, dit-il, « a porté sur la peinture et non pas sur les peintres ». Son exposé aborde le rôle des entrepreneurs, notamment la façon de les encourager et de les aider à jouer un rôle dans le développement de la cyber-économie du Canada.

On constate présentement une évolution radicale des mentalités; on va d'un monde que les gens possèdent à un monde que les gens partagent; des corporations aux associations; de la concurrence à la coopération; et des biens au savoir. Pour favoriser l'entrepreneuriat dans un tel contexte, il faut créer un environnement qui permet aux entrepreneurs d'apprendre, d'évoluer et de transférer leur savoir. Si le Canada instaure ce genre de culture, il réussira, affirme M. Sirois.

M. Sirois décrit Enablise Us, un système qui aide les entrepreneurs des pays en développement en leur offrant un mentorat dans le domaine des TIC. Le système prévoit un processus de certification pour les entrepreneurs. Après avoir obtenu leur certification, ces derniers signent une charte et sont appariés à un gestionnaire de réussite. Ils ont alors accès au réseau Enablis et à la banque Enablis qui offre des taux d'intérêt plus avantageux. Ce genre de modèle pourrait stimuler l'entrepreneuriat dans les pays développés.

Discussion

Un participant tente d'injecter un empressement dans la discussion. Le changement est plus rapide aujourd'hui et les services commerçables sont plus fortement axés sur les compétences. Le Canada ne peut se permettre de ne pas être un meneur, dit-il. La prochaine étape du processus sera d'organiser une table ronde réunissant les secteurs public et privé.

Charles Sirois émet des réserves sur la formulation d'une stratégie nationale et mentionne qu'il importe d'agir avec circonspection. « Qu'arrivera-t-il si nous nous engageons dans la mauvaise voie? » Cela pourrait être particulièrement problématique dans le monde du cybercommerce qui évolue lui-même très rapidement, dit-il.

Un autre participant affirme que le Canada doit se tenir au courant des travaux accomplis dans ce domaine à l'étranger. Il importe de situer les travaux du Canada dans le contexte des réalisations des autres pays.

Un participant demande comment il faut inscrire cette question au programme politique national. M. Sirois mentionne qu'il faut conscientiser les politiciens au fait que les TIC sont des instruments d'habilitation dans tous les secteurs de l'économie, et pas uniquement dans l'industrie. Il faudra gagner l'appui de chaque secteur et l'inciter à entreprendre des pourparlers avec le gouvernement.

Les milieux gouvernementaux croient que la technologie peut aider le système de santé et les consommateurs partagent cette opinion, affirme un autre participant. L'industrie doit saisir l'occasion de promouvoir cette question.

Les affaires électroniques sont réputées pouvoir mobiliser n'importe quel secteur, renchérit Lorna Marsden. Il est temps de favoriser cette mobilisation mais c'est maintenant une question de ressources.

Un participant demande à quoi ressemblera la cyber économie du Canada dans dix ans. M. Sirois répond que, pour réussir, le Canada devra créer un groupe d'entrepreneurs prospères. Les gens et non les corporations créeront les richesses, dit-il. « Le Canada devra relever l'enjeu de la cyber-économie pour que nous demeurions un des meilleurs endroits du monde où vivre.»

Selon M. Carty, dans dix ans les Canadiens se préoccuperont encore des soins de santé mais la cyber-économie prédominera.

Mme Marsden affirme que, dans dix ans, le Canada ne saura pas s'il a comblé l'écart de productivité s'il n'a pas élaboré de mesures pour mesurer cet écart. Le premier pas consiste à créer des indices perfectionnés pour déterminer qui nous sommes, ce que nous faisons et où nous devons nous diriger, dit-elle.