ARCHIVÉE — Chapitre 1 : L'Environnement des affaires électroniques

Information archivée dans le Web

Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d’autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous »

Pour une progression rapide 5.0 : Tirer le meilleur parti de la connectivité
L'Initiative canadienne pour le commerce électronique (ICCE)
Septembre 2004


1.1 Le Canada dans le monde

Le 21e siècle est une cyber-économie1. Internet et les technologies de l'information et des communications (TIC) sont essentiels à la croissance économique et à la productivité. Ainsi, ils stimulent le progrès dans des nouveaux domaines tels que la biotechnologie et la nanotechnologie et facilitent la collaboration, la modélisation et le partage de renseignements. En outre, les technologies et les réseaux articulés sur Internet peuvent accroître la productivité, diminuer les coûts et ouvrir de nouveaux débouchés; ils sont le fondement de l'essor de la compétitivité du secteur privé et de la réforme des services du secteur public.

Depuis 1999, les experts du monde entier reconnaissent le Canada comme un chef de file mondial du commerce électronique et de l'adoption d'Internet. Le Canada a atteint les plus hauts niveaux en matière de connectivité Internet et de développement de l'infrastructure. Selon un récent rapport Ipsos-Insight, le Canada mène sur le plan de l'adoption d'Internet par les particuliers, suivi de près par la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon2. En outre, il se classe deuxième (derrière la Corée) sur le plan de l'accès Internet à large bande et figure constamment parmi les cinq premiers sur celui de la connectivité des entreprises. Le Conference Board du Canada rapporte également que, sur le plan de la connectivité — à savoir, disponibilité, prix, portée et utilisation — le Canada se classe deuxième parmi les pays du G73.

Cependant, divers rapports internationaux révèlent que le Canada a perdu du terrain par rapport aux autres pays et ce, malgré son infrastructure perfectionnée et son haut niveau de connectivité. En effet, en 2001, le Canada arrivait quatrième sur 64 au classement de l'état de préparation de l'Economist Intelligence Unit. En 2002, il était neuvième; en 2004, il se classait onzième4. L'étude E-Envoy du Royaume-Uni a conclu pareillement que, malgré l'ampleur du déploiement de l'infrastructure et de l'acceptation d'Internet comme mode commercial par les consommateurs du Canada, l'accès à Internet ne s'est pas traduit par une augmentation du commerce électronique5. Ce qui revient à dire que les Canadiens n'ont pas tiré pleinement parti des possibilités électroniques.

Les ventes effectuées par le truchement du commerce électronique continuent de représenter une petite partie des dépenses de consommation et les Canadiens continuent à s'inquiéter de la sécurité en ligne. Pareillement, un nombre relativement élevé de PME ne s'adonnent pas au commerce électronique, citant le coût élevé, le manque de temps, les préoccupations sur le plan de la sécurité et le manque de personnel compétent comme étant les obstacles majeurs à l'adoption des affaires électroniques. L'Étude canadienne de l'impact d'Internet : l'expérience internationale6 mentionne que les entreprises ont déjà mis en œuvre les solutions d'affaires Internet (SAI) plus simples et économiques, notamment les applications du courriel et les sites Web et évitent les solutions d'arrièreplan plus complexes qui apportent souvent le plus de valeur aux entreprises.

Par ailleurs, il y a des signes encourageants. Les PME continuent d'investir dans les technologies Internet et un grand nombre d'entreprises canadiennes adoptent la technologie plus agressivement que leurs homologues américaines. L'appréciation du dollar canadien a obligé bon nombre d'entreprises canadiennes à avoir recours aux affaires électroniques pour devenir plus productives et concurrentielles. Qui plus est, à mesure que la prochaine génération de jeunes entrepreneurs s'y connaissant en technologie arrivera sur le marché du travail, il y aura probablement un regain d'intérêt à l'égard des affaires électroniques. Étant donné que les Canadiens et les entreprises canadiennes dominent le monde sur le plan de l'adoption d'Internet, le Canada pourrait fort bien reprendre les devants. Pour ce faire, il faudra redoubler les efforts en vue de bâtir une économie innovatrice et, notamment, prendre en compte la contribution des TIC à la croissance économique et à la productivité.

Le rang inférieur assigné au Canada par divers rapports découle en partie des politiques gouvernementales prudentes dans ce domaine. De par leur nature, les TIC invitent le changement, redéfinissant l'interaction des entreprises, des établissements d'enseignement et de santé et de la société tout entière. Ce facteur, conjugué au ralentissement technologique de 1999, a contribué aux politiques gouvernementales prudentes sur ce plan et à la désaccentuation d'une politique nationale ambitieuse. Entre temps, les dirigeants politiques d'autres pays, y compris le Royaume-Uni, l'Australie et la Corée, ont reconnu l'apport des TIC à la croissance de la productivité et ont mis en œuvre des stratégies dynamiques pour encourager l'adoption des affaires électroniques dans leur pays.

Le discours du Trône de 2004 et le budget fédéral de mars 20047 ayant souligné l'importance de doter le Canada d'une économie pour le 21e siècle, le gouvernement canadien, le milieu des affaires et le secteur de l'éducation doivent collaborer à l'élaboration de politiques gouvernementales qui exploitent les avantages technologiques du Canada et encouragent les PME canadiennes à adopter des solutions d'affaires électroniques plus perfectionnées.

Comment se porte le Canada?

Circonspection, conservatisme et contentement : les trois causes de notre marasme.

Les entreprises canadiennes ont envisagé avec trop de circonspection l'adoption des pratiques du commerce électronique et les investissements en TIC pour améliorer les procédures administratives.

Bien que nos consommateurs soient branchés et fassent du lèche-vitrines en ligne, leurs habitudes d'achat en ligne sont conservatrices.

Traditionnellement prudent, le gouvernement s'est contenté de miser sur le bon départ du Canada au lieu d'adopter des politiques stratégiques pour stimuler la croissance continue. Le rendement global et le potentiel de risque jadis extraordinaires du Canada risquent d'être éclipsés par d'autres nations.

1.2 Les affaires électroniques : la proposition en matière de valeur

Les affaires électroniques se fondent sur l'utilisation de réseaux informatisés pour effectuer un vaste éventail de transactions commerciales, automatiser et transformer les procédures d'entreprise et gérer plus efficacement les chaînes de valeur interentreprises. Outre les applications du commerce électronique, le service à la clientèle et le soutien, les affaires électroniques peuvent comprendre les fonctions de ressources humaines, l'automatisation de la force de vente, la gestion de la chaîne d'approvisionnement et d'autres applications visant à automatiser les procédures internes centrales des entreprises.

Les affaires électroniques peuvent nettement améliorer le rendement des entreprises, les rendant plus productives et rentables. Leur capacité de générer des bénéfices a surpassé les prévisions économiques les plus optimistes. Forrester Research a prédit en 1999 que les transactions électroniques des consommateurs américains atteindraient 108 milliards de dollars en 2003. En fait, en dépit du ralentissement qui a frappé l'économie américaine en 2002, elles se chiffraient à 95 milliards de dollars en mai 20038.

Les économistes affirment également que les TIC contribuent à la croissance économique9. Les études de l'impact des TIC sur l'économie américaine ont révélé que la montée de l'investissement en TIC des entreprises, conjuguée à la présence de travailleurs plus qualifiés, a contribué de façon significative à l'essor de la productivité depuis 199510.

Il est facile de constater — même au niveau le plus fondamental — que la prestation électronique des services est plus rapide et pratique pour les clients. Par exemple, les systèmes de réservation informatisés, combinés aux appareils de distribution des billets, permettent aux clients d'acheter leurs billets de voyage ou de divertissement beaucoup plus rapidement. Pour les entreprises, la vraie valeur provient de l'automatisation des fonctions d'entreprise internes et de la transformation des procédures aux fins d'efficacité et de réduction des frais d'administration et de production.

L'Étude canadienne de l'impact d'Internet : l'expérience des PME, publiée en novembre 2002, a révélé comment les petites et moyennes entreprises canadiennes utilisent les SAI pour améliorer leurs procédures administratives (la PME est une entreprise ayant moins de 500 employés). L'étude a suggéré qu'une entreprise peut accroître son profit net de plus de 150 % dans le cas du « meilleur » scénario fondé sur les variations de revenus et de coûts engendrées par l'adoption des SAI.

Les motifs en faveur de l'utilisation des affaires électroniques sont clairs. En améliorant la productivité, les affaires électroniques peuvent apporter une énorme contribution à la croissance économique et à la prospérité du Canada. Pour sa part, l'infrastructure canadienne permet aux entreprises de franchir la prochaine étape. Quel est donc le bilan pour les entreprises canadiennes? Adoptent-elles proactivement les affaires électroniques? Si non, quelles politiques ou structures faut-il modifier pour favoriser l'adoption des affaires électroniques?


1 Industrie Canada, Le défi du changement : Bâtir l'économie du 21e siècle, document d'information pour la conférence sur la cyber-économie, septembre 2004.

2 Ipsos-Insight, The Face of the Web, janvier 2004.

3 Conference Board du Canada, Cashing In on Connectedness, avril 2004.

4 Economist Intelligence Unit, The 2004 e-Readiness Ranking Report, 2004.

5 Office of the e-Envoy, Country Report, The Canadian e-Economy, juillet 2003.

6 ICCE, Étude canadienne de l'impact d'Internet : l'expérience internationale, mai 2003.

7 Budget de 2004, Nouvel élan vers la réussite, 23 mars 2004.

8 BusinessWeek, The E-Biz Surprise, 12 mai 2003.

9 OCDE, ICT and Economic Growth: Evidence from OECD countries, industries and firms, 2003.

10 Monographie de recherche d'Industrie Canada, La croissance économique au Canada et aux États-Unis à l'ère de l'information, éditeur, Dale Jorgensen, mai 2004.