ARCHIVÉE — Chapitre 3 : État de préparation à Internet

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Pour une progression rapide 5.0 : Tirer le meilleur parti de la connectivité
L'Initiative canadienne pour le commerce électronique (ICCE)
Septembre 2004


3.1 Présence en ligne des consommateurs

Selon Ipsos-Insight, les Canadiens sont les plus grands utilisateurs d'Internet du monde. Plus de 71 % des Canadiens ont accédé à Internet en 2003, contre 70 % des Coréens du Sud, 68 % des Américains et 65 % des Japonais11. L'usage d'Internet au Canada est relié à l'accès, au prix et à la disponibilité. Bien que le nombre élevé d'utilisateurs ait engendré un contenu très riche, il ne s'est pas traduit directement par un nombre élevé d'acheteurs en ligne. De plus, le taux de croissance d'utilisation d'Internet par les ménages canadiens est demeuré stable12.

La majorité des Canadiens utilisent Internet principalement aux fins d'information et de services, notamment pour envoyer et recevoir du courriel, chercher des renseignements sur la santé, effectuer des transactions bancaires et organiser des voyages (voir l'encadré 1). En fait, les Canadiens sont de fervents utilisateurs des services bancaires en ligne. Entre 2000 et 2004, 42 % d'entre eux ont effectué leurs transactions bancaires par Internet occasionnellement et la proportion de Canadiens qui effectuent leurs transactions bancaires principalement de cette façon a triplé, passant de huit à 23 %13.

Encadré 1 : Consommateurs Canadiens en 2002

12,2 millions de ménages; 7,5 millions de ménages ayant accès à Internet

Navigation

3,6 millions de ménages utilisent régulièrement Internet à la maison. Parmi ceux-ci :

  • 64 % cherchaient des renseignements dans le domaine de la santé
  • 51 % accédaient aux services bancaires en ligne
  • 25 % utilisaient Internet pour leur travail

Source : Statistique Canada, Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages, sept. 2003.

Magasinage

1,7 million de ménages se sont servis d'Internet uniquement pour faire du lèche-vitrines

2,8 millions de ménages ont passé des commandes en ligne :

  • 27 % ont acheté des livres, des magazines et des journaux
  • 18 % ont utilisé Internet pour organiser un voyage
  • 18 % ont acheté des bijoux, des vêtements ou des accessoires

Les Canadiens préfèrent magasiner sur des sites canadiens, 3,64 $ de chaque tranche de 10 $ dépensés ou 884 millions de dollars a été consacré à des achats direct sur des sites Web non canadiens.

Source : Statistique Canada, Achats en ligne : magasinage des ménages sur Internet, déc. 2003.

Bien que les dépenses en ligne des Canadiens continuent d'augmenter, la croissance reste lente et les Canadiens continuent à hésiter à faire des achats en ligne. En fait, les Canadiens ont dépensé un peu plus de 2,4 milliards de dollars en ligne en 2002, soit une augmentation de 35 % par rapport au montant de 1,8 milliard de dollars dépensé en 2000. Cependant, ces 2,4 milliards de dollars ne représentent qu'une petite fraction des 656 milliards de dollars qu'ils ont dépensés en 200214.

Pourquoi les Canadiens, qui sont à l'avant-garde de l'utilisation d'Internet, n'ont-ils pas adopté d'emblée le magasinage électronique? Bon nombre font des réserves sur la sécurité des paiements d'achats de biens et de services en ligne. En effet, les données de Statistique Canada révèlent que plus des trois-quarts des ménages canadiens qui ont payé en ligne en 2002 affirment qu'ils sont préoccupés ou très préoccupés à l'égard des transactions financières faites par Internet15. Pourtant, comme l'indique la prévalence des transactions bancaires en ligne, les Canadiens utiliseront les services en ligne s'ils ont confiance qu'ils sont en sécurité.

En outre, bien que les Canadiens trouvent de plus en plus de biens et services auprès de cyber-détaillants, de nombreux biens et services ne sont pas encore offerts sur les sites Web canadiens (voir l'encadré 1).

3.2 Entreprises en ligne

L'utilisation des TIC de base est une mesure importante de la capacité opérationnelle d'une entreprise à exploiter les affaires électroniques et à participer au commerce électronique. La connectivité de base des PME canadiennes continue à progresser. Bien qu'il y ait toujours un écart entre le pourcentage de grandes entreprises et de PME qui sont branchées à Internet, la tendance globale à adopter Internet est encourageante. L'Enquête sur le commerce électronique et la technologie de 2003 de Statistique Canada révèle que plus des trois-quarts des entreprises canadiennes avaient accès à Internet en 2003, soit une hausse de 15 % depuis 200016. Selon une autre source, en 2003, 82 % des entreprises utilisaient Internet et le courriel17. Les petites entreprises, en particulier, augmentent leur usage des technologies de base. En 2000, seulement 56 % des petites entreprises utilisaient le courriel et 59 % utilisaient Internet; en 2003, 74 % utilisaient le courriel et 78 % avaient une connexion Internet18.

De plus, le type d'accès Internet, important précurseur de l'usage des SAI complexes, continue de varier selon la taille de l'entreprise. Les grandes entreprises tendent à avoir des connexions à haute vitesse toujours branchées, tandis qu'un grand nombre de petites entreprises continuent d'utiliser l'accès à faible vitesse (accès commuté). En 2003, 95 % des grandes entreprises utilisaient l'accès à large bande, contre 56 % des petites entreprises19.

Ces constatations sont significatives étant donné la contribution majeure des TIC à la productivité des entreprises. Les entreprises canadiennes sont en mesure d'exploiter le potentiel des TIC en partie parce qu'elles ont accès à Internet et peuvent l'utilisent efficacement. L'accès reste un obstacle : le Canada se classait encore parmi les dix premiers sur le plan de la connectivité Internet20 en 2003, mais 41 % des entreprises sondées récemment mentionnaient que le manque de disponibilité les empêchait d'avoir un accès à large bande21.

Par ailleurs, l'utilisation accrue des TIC quelle que soit la taille de l'entreprise indique que les entreprises sont techniquement prêtes à déployer les technologies de base des affaires électroniques. Avant de le faire, toutefois, elles doivent envisager la sécurité de leurs applications et de leurs systèmes et la vie privée de leurs clients.

Figure 1 : Type d'accès Internet, 2003

Micro= 1 à 4 employés, Petite= 5 à 19 employees, Moyenne= 20 à 99 employees, Grande=100 et + employees.  Taille de l'entreprise. Lignes téléphonique ordinaire : Micro=40; Petite=31; Moyenne=19; Grande=11. Modem Câble : Micro=16; Petite=13; Moyenne=10; Grande=8. Haute vitesse : Micro=42; Petite=50; Moyenne=56; Grande=42. Ligne T1 ou mieux : Micro=1; Petite=3; Moyenne=8; Grande=26.

Source : EKOS, Rethinking the Information Highway, décembre 2003.

3.3 Pratiques relatives à la sécurité et à la protection des renseignements personnels

Les pratiques concernant la sécurité et la protection des renseignements personnels sont une composante essentielle de toute stratégie d'adoption des affaires électroniques réussie, au niveau national et au niveau de l'entreprise. Il importe donc que les entreprises en tiennent compte dès qu'elles envisagent la mise en œuvre d'une telle stratégie. En effet, la complexité croissante de l'environnement électronique entraîne une augmentation des activités illégales et indésirables. La création de virus, le pourriel, l'usurpation d'identité et les attaques par déni de services sont doublement nuisibles pour la cyber-économie, car elles accroissent les coûts de l'adoption et du maintien des affaires électroniques et, ce qui est peut-être plus important, elles minent la confiance des consommateurs à l'égard de la sécurité d'Internet et des transactions électroniques (voir l'encadré 2).

Une sensibilisation accrue à ces menaces a incité les consommateurs et les entreprises à exiger la mise en place de mesures adéquates pour assurer leur sécurité et protéger leurs renseignements personnels. Une enquête menée en 2003 par Ipsos Reid a révélé que près du tiers des utilisateurs canadiens d'Internet se préoccupent davantage de la sécurité en ligne que l'an dernier et que 35 % d'entre eux ont subi une atteinte à leur vie privée en ligne. Les principaux partenaires commerciaux du Canada sont tout aussi inquiets de la sécurité et de la protection des renseignements qui traversent les frontières. D'ailleurs, l'Union européenne (UE) a adopté des directives et des lois en matière protection des renseignements personnels qui interdisent l'envoi de données personnelles dans les pays ayant des mesures de protection de la vie privée inadéquates.

Le 1er janvier 2004 est une date charnière sur la scène politique canadienne, car c'est à cette date que la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) est entrée pleinement en vigueur, s'appliquant à toutes les entreprises du pays et dans les provinces n'ayant pas adopté une loi « essentiellement similaire22 ». La mise en œuvre de la LPRPDE et le fait que l'UE convienne qu'elle respecte les exigences de la directive en matière de protection des renseignements personnels, ont facilité les transactions commerciales avec l'UE.

Une proportion importante de gens d'affaires connaissent la nouvelle loi et offrent aux consommateurs la protection qu'ils réclament. Cependant, les questions de sécurité et de protection des renseignements personnels, y compris la nouvelle loi et ses exigences, ne sont pas bien comprises par les petites entreprises et seulement huit pour cent d'entre elles font extrêmement confiance à leur niveau de cyber-sécurité23.

Pour aider les PME à comprendre et à respecter la loi sur la protection des renseignements personnels et les convaincre que, contrairement à leur impression, les pratiques de sécurité et de protection des renseignements personnels en ligne ne posent pas d'obstacles, l'ICCE recommande au Commissaire à la protection de la vie privée fédéral de multiplier les efforts de sensibilisation dans ce domaine. Elle recommande également au gouvernement fédéral de continuer à s'attaquer activement aux problèmes de sécurité.

Encadré 2 : Menaces à la sécurité dans l'environnement en ligne

Pourriel

Le pourriel est une communication électronique qui ne peut être présumée voulue ni attendue par le récipiendaire. Le pourriel est devenu la question de l'heure. Selon Brightmail, une importante société de sécurité Internet, en juin 2004 le pourriel représentait 65 % du volume total de courrier électronique. Les données canadiennes ne sont pas disponibles, mais le pourriel est devenu un problème international de taille. Il pollue les réseaux, accapare les ressources et, parce qu'il contribue à la diffusion des virus et facilite l'usurpation d'identité et autres activités criminelles, il mine la confiance à l'égard du commerce électronique.

Impliqué dans le pourriel, le Canada figure parmi les dix principaux pays d'où émane le pourriel. Selon Sophos, une entreprise de logiciels, le Canada est responsable de 2,91% du pourriel international. Les États-Unis domine avec 56,74 %. Spamhaus, un organisme voué à l'identification des polluposteurs et à la lutte antipourriel, place le Canada au septième rang sur la liste des dix principaux pays responsables du pourriel.

Source : Brightmail Logistics and Operations Centre (BLOC).

Reconnaissant la nécessité de lancer une offensive anti-pourriel concertée, le Groupe de travail ministériel sur le pourriel examinera les lois actuelles et présentera ses recommandations au ministre de l'Industrie en 2005.

Usurpation d'identité

L'usurpation d'identité consiste à obtenir les renseignements personnels d'une autre personne (p. ex. certificat de naissance, carte d'assurance sociale, permis de conduire) et à les utiliser à des fins d'imposture. Une fois qu'une identité a été « volée », ces renseignements personnels servent généralement à commettre une contrefaçon ou une fraude pour en tirer un profit financier. On associe souvent l'usurpation d'identité au « phishing » ou arnaque par courriel qui consiste à envoyer des courriels reprenant la mise en page (noms, logos) de sites d'institutions financières et d'organismes commerciaux et publics légitimes à des fins illicites.

  • Selon la U.S. Federal Trade Commission, l'usurpation d'identité est l'acte criminel commis contre les consommateurs qui augmente le plus rapidement en Amérique du Nord (Source : USFTC to the Senate Judiciary Committee's Subcommittee on Technology, Terrorism and Government Information, 20 mars 2002).
  • En 2003, 13 359 Canadiens ont rapporté un vol d'identité. Les pertes directes ont atteint environ 21 millions de dollars
    (Source : Phonebusters).
  • Le Conseil canadien des bureaux d'éthique commerciale estime que l'usurpation d'identité fait perdre 2,5 milliards de dollars par an à l'économie canadienne.

Les pratiques commerciales qui protègent les renseignements personnels des clients et préviennent les vols d'identité sont indispensables au règlement des problèmes de sécurité croissants, en ligne et hors ligne. L'action des entreprises et des consommateurs n'est toutefois qu'une partie de la solution. Le gouvernement doit faire sa part en adoptant les démarches législatives nécessaires pour régler ces problèmes, notamment modifier et renforcer les lois actuelles au besoin. À titre d'exemple, il pourrait clairement définir l'usurpation d'identité dans le Code criminel et adopter une disposition faisant de la possession de plusieurs pièces d'identité une infraction, et moderniser les infractions existantes au Code criminel en matière d'usurpation d'identité pour refléter davantage les progrès de la technologie. Il devra également travailler étroitement avec les entreprises et les consommateurs par le truchement d'initiatives telles que le Groupe de travail ministériel sur le pourriel.


11 Ipsos-Insight, Face of the Web, janvier 2004.

12 Statistique Canada, Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages, juillet 2004.

13 Association des banquiers canadiens, Voyons-y de plus près : De multiples façons d'effectuer ses transactions bancaires à : www.cba.ca, juillet 2004.

14 Statistique Canada, Enquête sur l'utilisation d'Internet par les ménages, 11 décembre 2003.

15 Ibid.

16 Statistique Canada, L'Enquête sur le commerce électronique et la technologie, 2003.

17 EKOS, Rethinking the Information Highway, hiver 2004.

18 Mark Uhrbach et Bryan van Tol, L'utilisation des technologies de l'information et des communications : les petites entreprises rattrapent-elles les grandes?, Analyse en bref, Statistique Canada, 2004.

19 Statistique Canada, L'Enquête sur le commerce électronique et la technologie, 2003.

20 Forum économique mondial, Global Information Technology Report, 2003-2004.

21 EKOS, Rethinking the Information Highway, hiver 2004.

22 Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, S.C. 2000, chap. 5.

23 Association des banquiers canadiens, Mêlez-vous de vos affaires électroniques : La sécurité et la protection des renseignements personnels, rapport final, septembre 2003.