Octobre 2003
PDF (146 Ko, 12 pages)
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Ce rapport résume les résultats d'une recherche auprès de groupes cibles effectuée en septembre 2003 par l'Initiative canadienne pour le commerce électronique (ICCe). La recherche, dont l'objectif était d'examiner l'adoption et la mise en oeuvre des solutions d'affaires électroniques (SAI) par les petites et moyennes entreprises canadiennes (PME), prolongeait deux études sur l'impact d'Internet menées antérieurement (voir l'Étude canadienne de l'impact d'Internet : l'expérience des PME et l'Étude canadienne de l'impact d'Internet : l'expérience internationale). Elle a révélé qu'en dépit des avantages découlant de l'adoption des SAI, le processus d'adoption reste fragmenté, désorganisé et ad hoc. Pour leur part, les PME ont affirmé qu'une stratégie exhaustive axée sur l'élaboration et la diffusion du contenu articulée sur un portail Internet les aiderait à adopter et à mettre en oeuvre les SAI.
Appel à l'action : La majorité des PME susceptibles d'adopter les SAI simples, notamment un site Web ou le courriel, l'ont déjà fait. L'adoption de solutions plus complexes sera leur prochain défi. L'adoption de SAI complexes est une proposition risquée offrant la perspective de bénéfices élevés. Les décideurs doivent saisir l'occasion d'élaborer une stratégie pour aider les PME à adopter, mettre en oeuvre et utiliser les SAI.
Appel à l'action : Les décideurs doivent élaborer une stratégie exhaustive d'élaboration et de diffusion du contenu pour répondre aux besoins des PME. Les démarches actuelles ne permettent pas d'atteindre ces objectifs. L'élaboration d'une ressource Internet parrainée conjointement par l'industrie et le gouvernement serait au coeur de toute stratégie.
L'Initiative canadienne pour le commerce électronique (ICCe) est un partenariat dirigé par le secteur privé, appuyé par Industrie Canada, qui vise à favoriser l'adoption des SAI par les PME afin de renforcer l'économie et le profil international du Canada en matière d'innovation. À cette fin, le groupe a récemment publié une étude en deux parties intitulée Impact de l'Internet. La partie I, publiée en novembre 2002, démontrait les avantages financiers découlant de l'adoption du commerce électronique. Publiée en mai 2003, la partie II abordait le visage international du commerce électronique.
L'objectif de la présente étude était de faire fond sur les données quantitatives des parties I et II en effectuant une analyse qualitative pour mieux comprendre les pratiques de cybercommerce des PME et les avantages qu'elles en retirent.
L'étude comportait trois objectifs précis :
On a effectué une recherche auprès de groupes cibles à Toronto, les 8, 9 et 10 septembre 2003. En tout, sept séances de deux heures regroupant entre six et neuf répondants ont eu lieu. Les répondants étaient des propriétaires de PME ou des cadres de direction responsables de l'adoption des SAI.
On a réparti les répondants en cellules distinctes d'après leur secteur d'activité et selon qu'ils avaient adopté les SAI ou non. Les trois industries choisies étaient les suivantes : fabrication, vente au détail et autre (services financiers, communications et secteur public). On a essayé de recruter un nombre égal de PME de petite taille (de 20 à 49), de taille moyenne (de 50 à 69) et de grande taille (de 70 à 99). En outre, une séance a été menée auprès d'un groupe représentatif d'entreprises (divers types d'industries et effectifs) ne prévoyant aucunement adopter les SAI.
Le choix et la mise en oeuvre des SAI font l'objet de peu de planification opérationnelle, sinon aucune. Un répondant a admis :
« Je procède instinctivement… nous ne semblons pas avoir d'objectifs en vue. »
Une SAI est généralement choisie et mise en oeuvre pour répondre à une nécessité, à une menace ou à une opportunité immédiate. Elle ne figure pas dans un programme d'activités ou une stratégie commerciale d'envergure. De plus, l'adoption d'une SAI ne suit pas un calendrier serré. Chaque projet de SAI est considéré séparément et son calendrier de mise en oeuvre dépend de sa portée et de sa complexité. L'achèvement du projet peut durer des semaines ou des années, selon les ressources disponibles, le niveau d'engagement et l'investissement. Tout retard est attribué à des erreurs ou à des ralentissements dans les tâches des principaux responsables du projet.
À l'exception de quelques répondants des secteurs de la technologie ou de la finance, les PME ont très peu de compétences techniques en SAI. En général, les répondants considèrent chaque entreprise comme une entité spéciale et unique; les seules personnes auxquelles ils peuvent donc se fier pour obtenir des renseignements impartiaux sur les SAI sont celles avec lesquelles la PME a des liens étroits ou qui connaissent leur industrie et leur entreprise. Par conséquent, un grand nombre de répondants se renseignent sur les SAI auprès de leurs amis, parents, associés, fournisseurs de confiance et même de leurs concurrents. C'est particulièrement le cas si le propriétaire de l'entreprise est la personne qui recherche l'information.
Malgré l'abondance de renseignements mis à la disposition des PME, les répondants ont beaucoup de difficulté à trouver une source fiable. En effet, il n'est pas facile d'établir la valeur et la crédibilité d'une source de renseignements, car les prix ne sont pas toujours un indicateur de la qualité.
Les témoignages peuvent constituer une source de sensibilisation aux SAI, car la PME accorde généralement de l'importance à l'expérience des autres exploitants de petites entreprises. L'Internet est une source fréquente d'information sur les SAI et presque tous les répondants avaient effectué une recherche en ligne à ce sujet. Qui plus est, ils consultent souvent le site Web d'un concurrent pour voir quelles applications il utilise.
Les fournisseurs de services étroitement associés à une PME sont des sources fiables de renseignements, mais la plupart des fournisseurs de services, y compris les entreprises de télécommunications, sont égocentriques et n'offrent pas nécessairement des renseignements impartiaux. Les PME font preuve de circonspection à l'égard des grandes institutions (banques, entreprises de télécommunications et cabinets comptables) et des organismes publics, estimant qu'ils ne comprennent pas vraiment leur secteur ni leurs activités et ne constituent pas une source fiable d'information.
Les répondants ont mentionné d'autres sources de renseignements sur l'adoption des SAI, notamment les revues spécialisées, les salons professionnels, les conférences, les livres blancs de l'industrie, les séminaires et les associations.
Les répondants participent tous au processus décisionnel, individuellement ou en équipe. Dans les organisations plus petites, le propriétaire/président prend la décision finale après avoir consulté les conseillers, consultants ou employés en qui il a confiance. Le décideur final n'ayant pas nécessairement d'antécédents solides en technologie ni d'expérience, le choix d'une SAI peut relever de l'intuition, d'un jugement sûr et d'une bonne fortune.
Dans les organisations plus vastes, la décision est prise par un consultant, le personnel des TI ou une équipe chargée d'évaluer et de choisir les SAI. L'équipe prend la décision finale ou recommande une décision au propriétaire/président.
On a donné aux répondants une liste de facteurs décisionnels clés, leur demandant de les classer selon leur importance relative dans le processus décisionnel. Ces facteurs étaient les suivants :
En général, les PME qui ont mis en oeuvre une SAI n'ont aucun regret, sinon très peu. À l'exception de deux problèmes d'achat et de site Web, la plupart des PME étaient satisfaites de la fonctionnalité générale des SAI. Pourvu que les SAI fonctionnent comme prévu, les PME étaient heureuses et prêtes à affronter le prochain défi.
Une fois adoptée, la SAI fait généralement partie intégrante des activités de tous les jours. Les répondants ont convenu qu'ils se priveraient difficilement de la SAI qu'ils ont adoptée. Le site Web n'était pas toujours considéré comme essentiel, mais les SAI axées sur les procédures (notamment la paye et les activités bancaires) étaient généralement enchâssées dans les activités quotidiennes de l'entreprise. Comme l'a mentionné un répondant :
« Cela reviendrait à vivre sans le téléphone. »
À l'instar de la planification, le calcul du rendement des investissements (RI) est rarement effectué au moment du choix ou de la mise en oeuvre d'une SAI. Aucun RI cible ni mesure du rendement ne guide la mise en oeuvre de la SAI. La SAI est choisie en fonction de sa fonctionnalité et des avantages prévus pour l'entreprise, mais peu de mesures, sinon aucune, ne servent à évaluer son rendement. Les seuls répondants qui avaient tenté d'évaluer une SAI provenaient des secteurs de la finance ou de la consultation.
Les PME, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité, effectuent rarement une évaluation de suivi de la mise en oeuvre ou des avantages des SAI. Certains répondants ont donné de l'information anecdotique sur l'augmentation des ventes ou la réduction des coûts. Un répondant a déclaré que la SAI avait dû fonctionner parce que les revenus de l'entreprise avaient augmenté sans qu'on ait embauché du personnel additionnel pour le service des ventes. Un autre répondant estimait que la quantité de paperasserie avait diminué grâce à la mise en oeuvre d'une SAI au service de paye. En général, on croit que la SAI réussit dans la mesure où elle fonctionne comme prévu. Si tel est le cas, on présume qu'elle doit avoir des retombées pour l'entreprise. Un répondant a déclaré que si le personnel est heureux, la SAI fonctionne comme prévu.
« Si le téléphone ne sonne pas, c'est qu'elle fonctionne. »
Certains sont insatisfaits du processus de sélection et de mise en oeuvre d'une SAI. On s'inquiète principalement du manque d'experts fiables, honnêtes et crédibles que la PME pourrait consulter sans dépenser beaucoup d'argent. Les renseignements disponibles sont trop techniques et ne se rapportent pas uniquement au secteur des PME.
On a présenté aux répondants trois concepts élaborés pour illustrer diverses façons de faciliter l'adoption des SAI. Ce sont :
On a demandé aux répondants d'évaluer les concepts de facteurs habilitants en examinant dans quelle mesure ils suscitaient une réaction positive, auraient contribué au processus d'adoption et auraient été utilisés.
| Total | Satisfaisant | Insatisfaisant | |
|---|---|---|---|
| Réaction initiale au concept? | 6,4 | 6,6 | 6,2 |
| Contribuera-t-il à vos procédures en matière de SAI? | 5,9 | 6,0 | 5,4 |
| L'utiliserez-vous? | 5,4 | 5,5 | 5,0 |
| Total | Satisfaisant | Insatisfaisant | |
|---|---|---|---|
| Réaction initiale au concept? | 6,9 | 7,4 | 6,5 |
| Contribuera-t-il à vos procédures en matière de SAI? | 6,8 | 7,1 | 6,4 |
| L'utiliserez-vous? | 6,3 | 6,4 | 6,1 |
| Total | Satisfaisant | Insatisfaisant | |
|---|---|---|---|
| Réaction initiale au concept? | 7,7 | 7,9 | 7,6 |
| Contribuera-t-il à vos procédures en matière de SAI? | 7,5 | 7,8 | 7,2 |
| L'utiliserez-vous? | 7,5 | 7,5 | 7,5 |
Le concept de cours collégial/universitaire a reçu les notes les moins élevées. La réaction initiale était positive, mais les répondants n'envisageaient pas d'avoir recours à cette solution.
Le centre de commerce électronique a été plus favorablement accueilli que le cours universitaire, ayant reçu une appréciation globale plus élevée pour les trois questions. Facilement accessible, il offre des renseignements impartiaux gratuits. La participation de stagiaires et d'étudiants post-universitaires à des projets est une idée intéressante, bien que les répondants doutent que ces personnes aient suffisamment d'expérience pratique pour être crédibles. On croit également que les centres de commerce électronique pourraient être inaccessibles et ne pas être en mesure de fournir des renseignements se rapportant uniquement au secteur des PME.
Parmi les trois concepts proposés, le site Web a obtenu la réponse la plus favorable aux trois questions. En outre, la réaction a été unanime, tous les groupes ayant affirmé qu'ils utiliseraient probablement cette source pour obtenir des renseignements sur la mise en oeuvre d'une SAI. Le site serait gratuit et accessible en tout temps. Convivial et non technique, il porterait sur un éventail de renseignements et de sujets. Les renseignements spécifiques à l'industrie et les histoires de réussite rehausseraient la valeur du concept.
L'association d'un organisme gouvernemental à n'importe quel concept suscite des inquiétudes. Bon nombre de répondants entrevoient la participation du gouvernement avec scepticisme et doutent des compétences des organismes et de leurs connaissances du secteur. Cependant, ce scepticisme diminue à la perspective d'une association entre le gouvernement et des dirigeants de l'industrie plus crédibles qui connaissent le secteur.
On a demandé aux répondants quelle est la meilleure façon de leur fournir des renseignements concernant l'évolution, la mise en oeuvre et le soutien des SAI. Mais, le secteur des PME regroupant un ensemble très diversifié et complexe d'industries et d'entreprises, il ne semble pas y avoir un seul canal de communication couramment utilisé pour rejoindre toutes les PME.
Même s'ils ont trouvé l'enjeu difficile, les répondants ont offert les suggestions suivantes pour la communication des renseignements :