Communiqué :
Le ministre d'État Goodyear livre le message du Canada lors d'une conférence scientifique internationale
Bonjour Mesdames et Messieurs. Merci, M. Agre, de cette chaleureuse présentation.
À titre de ministre d'État du Canada responsable des sciences et de la technologie (S-T), mon rôle consiste, entre autres, à promouvoir des politiques en matière de sciences et de technologie qui sont dans l'intérêt du Canada, sur le plan économique et sur le plan social, notamment en soutenant la croissance des entreprises qui innovent, les travaux de recherche-développement des établissements d'enseignement supérieur et la collaboration entre les organisations fédérales de sciences et technologie et les provinces ou territoires.
C'est pourquoi je suis ravi d'être ici pour parler, dans l'optique du Canada, de ce en quoi consiste le rôle des sciences et de la technologie et de leur contribution à la croissance économique et au rétablissement de l'économie, à l'échelle mondiale. Ce forum sur la politique scientifique et technologique de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) constitue une tribune importante pour discuter des questions essentielles de cette nature, avec les principaux intervenants de la politique scientifique des États-Unis et du monde entier.
Au Canada, nous apprécions et nous valorisons nos relations avec nos partenaires des États-Unis et du reste du monde, dans le domaine des sciences et de la technologie. Au moment où nous affrontons les mêmes difficultés et explorons de nouvelles frontières, chez nous et à l'étranger, nous sommes fiers de bâtir des partenariats qui renforcent nos travaux et améliorent nos vies. Même si nos partenariats en sciences et technologie sont presque trop nombreux à énumérer — et couvrent toute la gamme des disciplines scientifiques, de la recherche et des relations avec les entreprises — je ne citerai qu'un exemple de l'étroite collaboration en recherche de pointe entre le Canada et les États-Unis : il s'agit du partenariat Canada-Californie pour l'innovation stratégique. Ce partenariat alimente le développement de nouveaux modèles de collaboration et le lancement de projets Canada-Californie de recherche-développement intéressants pour l'industrie.
Nos pays sont aussi l'un pour l'autre le plus important partenaire commercial. Nous travaillons ensemble pour lutter contre le crime, explorer les sources d'énergie propres, étudier les maladies infectieuses, développer des méthodes d'identification plus sûres, qui améliorent la sécurité à la frontière, et développer des normes métrologiques en nanotechnologie. Le Canada travaille en partenariat avec les États-Unis et avec le reste du monde. Et le monde remarque ce que le Canada a à offrir.
À de nombreux égards, le Canada a mieux réussi que d'autres pays pendant le ralentissement économique. Notre gouvernement a réduit les impôts, remboursé la dette, investi dans l'infrastructure. Vous aurez peut-être entendu dire que d'après le Forum économique mondial, notre système bancaire est le plus solide du monde. Notre situation financière est la meilleure, comparativement aux autres pays du G7. Notre main-d'œuvre est très instruite, spécialisée, mobile et moderne.
Mais nous ne sommes pas à l'abri des difficultés économiques auxquelles le monde est confronté aujourd'hui. Ces difficultés commandent des réactions audacieuses, créatives. Nous comprenons que les sciences, la technologie et l'innovation constituent un élément vital de ces réponses. Le soutien accordé aujourd'hui aux S-T permettra de récolter des fruits encore longtemps par la suite, et nous ne saurions trop insister sur l'important rôle que jouent les sciences, la technologie et l'innovation pour ce qui est de stimuler la productivité, la compétitivité et la croissance.
Nous savons que l'investissement dans les S-T est particulièrement important pendant une période économique difficile.
À cet égard, le Canada a adopté une série de mesures de stimulation que nous mettons en œuvre en priorité. Mais avant d'en parler, je dois situer nos travaux de S-T dans leur contexte. En effet, les mesures à court terme de stimulation, liées aux sciences, à la technologie et à l'innovation, que nous avons mises en place pour nous aider à traverser le ralentissement, ont été élaborées pour soutenir notre stratégie des sciences et de la technologie à long terme. Intitulée Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada, cette stratégie a été annoncée par le premier ministre Stephen Harper il y aura deux ans la semaine prochaine.
La stratégie des S-T est notre plan pluriannuel, qui sert à guider notre gouvernement, nos gens d'affaires et nos chercheurs, pour qu'ils puissent, ensemble, générer de l'activité économique et élaborer des solutions aux problèmes mondiaux, grâce aux sciences.
Notre stratégie, tout en offrant à nos scientifiques la liberté de faire de la recherche scientifique, fait jouer l'effet de levier de la capacité des entrepreneurs à innover. Ainsi, nous obtenons trois avantages distincts :
Nous savons que les emplois de demain découleront des découvertes faites aujourd'hui, de sorte que nous examinons le financement de la recherche — investissement dans l'innovation, dans la découverte scientifique, dans la création d'emplois, pour faire front contre les difficultés économiques. La réaction du Canada face à la crise économique actuelle — le Plan d'action économique annoncé au mois de janvier — comprend des mesures à l'appui de la productivité et de la croissance économique. Simplement, nous faisons l'un des plus gros investissements dans les sciences, la technologie et l'innovation de toute l'histoire canadienne.
Dans les trois premiers budgets de notre gouvernement, depuis son arrivée au pouvoir, nous avons octroyé plus de 2,2 milliards de plus en financement pour la science et la technologie. Cette année, nous avons ajouté à cette somme l'un des plus gros investissements fédéraux ponctuels dans les S-T de l'histoire du Canada, en affectant plus de 5,1 milliards à des initiatives en sciences et en technologie.
Premièrement, nous finançons l'infrastructure de science et de technologie. Le Canada et les États-Unis ont déterminé que l'investissement dans l'infrastructure est un élément clé pour stimuler l'activité économique et créer des emplois. C'est pourquoi notre gouvernement intervient dès maintenant, en lançant l'un des plus gros programmes nationaux d'infrastructure de notre pays. Cette année seulement, nous avons mis de côté 2 milliards de dollars pour des travaux de réparation et de modernisation de nos universités et collèges, et 750 millions de plus pour financer l'infrastructure scientifique de pointe, par l'intermédiaire de la Fondation canadienne pour l'innovation. En tout, le Canada a affecté plus de 5 milliards de dollars à la fondation, depuis sa création en 1997. Nous voulons nous assurer que ceux qui font de la recherche au Canada ont les outils et les mécanismes nécessaires pour réussir. Nous savons que ces investissements créeront des emplois dès maintenant, tout en préparant l'infrastructure dont les scientifiques auront besoin au cours des prochaines années.
Mais affecter des fonds ne signifie pas seulement dépenser de l'argent ou réaliser des projets. C'est pourquoi, depuis que notre plan d'action économique a été présenté, nous avons pris des mesures extraordinaires pour alléger les formalités. Nous sommes en train d'accélérer le processus. Nous travaillons avec les provinces qui, avec d'autres partenaires, se partageront les dépenses en infrastructure. Notre objectif est d'avoir affecté la plupart des fonds du Programme d'infrastructure du savoir d'ici la fin du mois de juin. Dans l'ensemble, le Programme d'infrastructure du savoir aura permis d'investir plus de 4 milliards de dollars dans la recherche-développement et dans l'infrastructure liée à l'enseignement. Une partie importante de cette somme est destinée à des initiatives de sciences, technologie et innovation.
Ces investissements concordent avec l'engagement de notre gouvernement à l'égard de la recherche, ainsi qu'avec la focalisation de notre gouvernement sur la commercialisation de la recherche et sur l'amélioration de la mise en marché des idées innovatrices. Les décideurs des politiques publiques jouent un rôle de premier plan au niveau de la commercialisation en permettant au secteur privé de faire ce qu'il fait le mieux, c'est-à-dire transformer les connaissances en innovation et l'innovation en plus de richesses et de confort pour les gens.
Sachant que notre économie repose sur les petites et moyennes entreprises, cette année, nous avons aussi mis de côté 200 millions de dollars de plus, spécialement pour les petites et moyennes entreprises, dans le cadre de notre programme d'aide à la recherche industrielle, qui soutient des travaux innovateurs de R-D et qui aide les petites entreprises à devenir plus innovatrices et productives.
Nous avons amélioré notre programme d'incitatifs fiscaux aux sciences et à la R-D, qui constitue l'un des systèmes les plus avantageux du monde industrialisé pour soutenir l'investissement des entreprises dans la R-D. En fait, notre crédit d'impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental est le plus important programme de S-T, de l'ordre de 4 milliards de dollars par an.
Nous avons aussi mis sur pied un fonds pour la recherche dans le secteur de l'automobile, qui aide ce secteur à faire la transition vers l'économie du 21e siècle. Ce programme soutient les projets de R-D dans certains domaines comme les carburants de remplacement et il est piloté par l'industrie. Grâce à de tels programmes, nous réglons des problèmes non seulement à l'intérieur du Canada, mais aussi de gros problèmes auxquels nous sommes tous confrontés, comme le changement climatique et la nécessité de disposer de technologies de production durable de l'énergie.
Par exemple, en vue d'aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous investissons 1 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir le développement de la prochaine génération des technologies de l'énergie propre, comme celles, très prometteuses de la séquestration et du stockage du carbone; du charbon propre; de la réduction de l'impact environnemental des sables bitumineux; de l'hydrogène et des piles à combustible; de l'efficacité énergétique des bâtiments et de l'industrie; et de l'énergie renouvelable, à partir de sources propres comme le vent, le soleil, les marées et la biomasse. Il s'agit d'un domaine critique pour tous et nous espérons pouvoir travailler avec les États-Unis et avec nos autres partenaires de l'étranger au développement de nouvelles technologies, pour lutter contre le changement climatique.
Grâce à ces mesures, nous aidons à procurer un avantage entrepreneurial, qui facilitera pour les entreprises l'investissement dans la recherche scientifique et dans le développement expérimental, même en période économique difficile.
Nous améliorons aussi les liens entre la recherche publique et les besoins du secteur privé, grâce à un certain nombre de programmes gouvernementaux qui aident les entreprises à conclure des partenariats avec les universités et les collèges. Ainsi, le secteur privé et les établissements d'enseignement ont un accès commun à des réseaux, à des installations de recherche et à de jeunes chercheurs talentueux. Des programmes comme nos nouveaux réseaux pilotés par les entreprises de centres d'excellence et nos 18 nouveaux centres d'excellence pour la commercialisation et la recherche aideront le Canada à développer de nouvelles idées et à transformer ces idées en produits et procédés générateurs de richesses et de bien-être pour notre société.
Les pays qui sortiront gagnants de la présente crise économique sont ceux qui auront su tirer un avantage du savoir en soutenant la recherche et en découvrant de nouvelles avenues de recherche — ceux qui comprennent que la recherche d'aujourd'hui est la technologie, la connaissance ou le remède de demain.
C'est parce que les idées sont source de prospérité. L'imagination et l'innovation suscitent des possibilités. Comme vous le savez bien, le savoir est différent de n'importe quelle autre ressource — il se renouvelle sans fin et quand il est partagé et combiné, il rend possible une progression exponentielle.
C'est pourquoi les travaux de R-D des établissements d'enseignement supérieur sont particulièrement prioritaires pour nous. Le Canada dépense davantage pour ce type de recherche en proportion du PIB que tous les autres pays du G7, et le Canada arrive au deuxième rang de l'Organisation de coopération et de développement économiques à cet égard. Au début de la décennie, notre pays a souffert d'un exode des cerveaux notoire : un grand nombre des sujets les plus brillants ont quitté le Canada pour faire de la recherche à l'étranger. Nous avons remédié à la situation en faisant des investissements stratégiques dans la recherche, à la fois dans les sciences pures et dans les sciences sociales, ainsi qu'en créant un certain nombre de programmes pour attirer et retenir les talents de niveau supérieur.
Le Programme des chaires de recherche du Canada (CERC) a attiré l'attention du monde entier sur la création de 2 000 postes de professeur dans les universités partout au Canada. En misant sur la réussite de ce programme, nous avons introduit le nouveau programme des chaires d'excellence en recherche du Canada — 20 chaires de recherche prestigieuses, reposant sur un concours international solide, de 10 millions de dollars chacune, sur sept ans, pour des travaux de recherche effectués au Canada. Le programme des CERC a été créé pour attirer les meilleurs chercheurs au Canada et il aidera le Canada à soutenir la concurrence sur le marché international, pour ce qui est de la recherche de talents dans les domaines de la santé, de l'énergie, de l'environnement et de la technologie de l'information et des communications. De plus, cette initiative renforcera la capacité des universités canadiennes d'attirer et de retenir les meilleurs leaders scientifiques du monde, mais aussi les grands dossiers prioritaires pour les Canadiens à long terme.
Notre programme de bourses d'études supérieures Vanier du Canada est l'un des programmes les plus prestigieux du monde, qui aidera nos universités à former, attirer et retenir les meilleurs chercheurs au monde. La valeur et le prestige des bourses d'études supérieures Vanier mettent les doctorants qui les reçoivent au Canada sur un pied d'égalité avec les boursiers Rhodes au Royaume-Uni et les boursiers Fulbright aux États-Unis. Les boursiers recevront 50 000 $ par an pendant un maximum de trois ans. Ce programme soutiendra jusqu'à 500 nouveaux étudiants canadiens ou étrangers par an. Ces boursiers sont les meilleurs doctorants du monde et la prochaine génération de chercheurs, professeurs et dirigeants de l'industrie, qui feront des contributions considérables sur le plan économique et social, au Canada et à l'étranger. Comme pour les nouvelles chaires de recherche, ce concours est ouvert aux étudiants provenant des États-Unis et à d'autres étudiants de l'étranger. Le Canada veut les meilleurs et les veut maintenant.
Notre époque est effectivement intéressante. L'aube est en train de se lever sur un nouveau paysage scientifique évolutif, en Amérique du Nord et dans le monde entier. Certaines des difficultés qui surgiront, si elles sont correctement surmontées, peuvent conduire en fait à des débouchés viables pour le futur développement technologique.
Comme je l'ai dit, l'investissement dans les sciences, la technologie et l'innovation est une protection contre les conditions économiques difficiles. Cela signifie que nous voulons continuer à donner suite aux engagements que nous avons pris à l'égard de la S-T et donc, nous sommes prêts à nous adapter à la situation économique qui pourrait se présenter au cours des prochains mois et années. Si je peux me le permettre, je vais paraphraser Einstein, qui a une fois dit en plaisantant que sa sagesse n'avait rien à voir avec son intelligence, mais plutôt avec le fait qu'il passait plus de temps avec des problèmes. Et c'est précisément cet engagement incessant à l'égard de la résolution de problèmes qui peut conduire à de grandes découvertes, et parfois même à des changements de paradigme culturel radicaux.
L'ordre mondial de la science, de la technologie et de l'innovation est en train d'être remanié pour devenir intégré face aux difficultés humaines, comme jamais auparavant. Donc, ce qui importe peut-être par-dessus tout, ce qui l'emporte peut-être même sur la nécessité de réagir rapidement à la présente crise économique, c'est d'avoir une action durable. La compétitivité économique à long terme dépend, comme jamais auparavant, des idées, de l'innovation et de l'inventivité. C'est grâce à des mesures de stimulation à court terme, alignées sur des objectifs stratégiques à long terme, que nous trouvons notre place en façonnant des sociétés souples, dynamiques, innovatrices de demain, où, sans aucun doute, la science concerne tout le monde.
Je vous remercie de m'avoir écouté ce matin. Je tiens spécialement à remercier l'AAAS de m'avoir invité à participer à cet important forum sur la politique des S-T.
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