Je vous remercie.
Permettez-moi, tout d’abord, de dire à quel point je suis ravi d’être ici, en Israël. C’est la première fois que je visite ce magnifique pays, mais après avoir goûté votre chaleureux accueil, j’espère bien avoir l’occasion de revenir.
Je tiens à souligner le travail remarquable effectué par les organisateurs de la conférence. J’ai eu le plaisir de rencontrer Booky Oren plus tôt ce matin et je lui ai dit à quel point j’étais impressionné par la qualité du programme et la vaste gamme des technologies représentées.
Je félicite toutes les personnes concernées.
Je suis aussi touché de prendre part à cette rencontre en compagnie d’un groupe si imposant de conférenciers. J’ai bien hâte d’entendre leurs exposés.
L’ancien premier ministre Yitzhak Rabin a dit un jour qu’il fallait de nouveaux concepts pour favoriser la paix dans le monde. Or, notre relation avec l’eau, l’élément le plus fondamental de la vie, est peut-être un nouveau concept parmi les plus importants qui façonne le monde actuel.
L’eau est une ressource de plus en plus rare et de plus en plus en demande. Chaque jour, près de deux milliards de personnes dans diverses parties du monde n’ont pas accès à ne serait-ce qu’une quantité minimale d’eau potable. Dans 95 p. 100 des pays en développement, près de 70 p. 100 de l’eau douce sert à l’agriculture. Or, en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’incidence des changements climatiques sur la répartition des ressources hydriques, l’approvisionnement en eau potable risque de diminuer.
Par conséquent, il n’est pas seulement souhaitable de comprendre les grands problèmes touchant les systèmes hydriques et écologiques du monde, et de nous y attaquer, c’est une nécessité absolue. En effet, je crois que le dossier de la gestion de l’eau aura, au cours du présent siècle, l’importance qu’a eue celui de la gestion de l’énergie dans le précédent : il engendrera un débat crucial qui touchera tous les pays et toutes les industries et qui exigera que nous abandonnions nos vieilles habitudes pour en embrasser de nouvelles.
Nous devons nous mobiliser, échanger des idées et reconnaître que nous avons tous intérêt à relever ce défi commun. La bonne nouvelle — comme cette conférence le montre clairement — c’est que nous mettons au point les outils et les technologies, les processus et les programmes voulus pour relever ce défi et créer de nouvelles possibilités.
L’industrie hydrique compte déjà parmi les trois plus grandes au monde, avec celle du pétrole et du gaz et celle de l’électricité. En fait, la valeur du marché mondial des produits et services du secteur hydrique dépasse les 400 milliards de dollars, et l’on s’attend à ce que ce chiffre double tous les cinq à six ans.
Entre 2007 et 2016, environ 64 milliards de dollars seront investis dans des usines de dessalement et 25 milliards, dans des systèmes de pointe de réutilisation de l’eau. Les pays et les entreprises s’efforcent de trouver des solutions, tant dans les domaines du génie et de la construction, qu’au chapitre de la conception et de l’analyse de la qualité.
Pour les entreprises axées sur l’innovation et les pays d’avant-garde, cela pourrait signifier d’énormes débouchés.
Certes, il y a encore beaucoup à apprendre et à faire.
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler brièvement de certains des efforts que le Canada déploie. Je sais que, quand la plupart des gens pensent au Canada, ils imaginent un pays rempli de rivières, de lacs et de cours d’eau. Ils ont raison : nous avons la chance de posséder des ressources naturelles abondantes, dont l’eau. En effet, même si la masse terrestre du Canada n’équivaut qu’à 7 p. 100 de celle du monde, il bénéficie de 9 p. 100 des ressources hydriques renouvelables de la planète.
Cependant, cette statistique est quelque peu trompeuse. Environ 60 p. 100 de l’eau douce du Canada coule au nord, tandis que 85 p. 100 de la population vit à moins de 300 kilomètres de la frontière sud.
En d’autres mots, une grande partie de notre eau n’est pas là où nous en avons le plus besoin, c’est-à-dire dans nos régions les plus peuplées. En outre, même là où l’eau est abondante, la pollution constitue un problème grandissant. Par ailleurs, des sécheresses périodiques affligent certaines régions.
Le fait est que les réserves d’eau au Canada ne sont ni illimitées ni à l’abri des conséquences de nos choix antérieurs ou actuels. Parallèlement, l’eau est essentielle à la prospérité économique du pays, à la qualité de vie de sa population et à la relation de celle-ci avec la terre.
Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait au Canada certaines des entreprises les plus novatrices au monde dans le domaine des technologies hydriques. J’aimerais notamment souligner la présence de Nick Parker, fondateur et président associé directeur général de Cleantech Group, qui a également pris la parole à l’occasion de cette conférence, et celle de David London, de l’Associated Engineering, dont les bureaux sont à Toronto et dans l’Ouest canadien. Des représentants de deux universités canadiennes sont aussi avec nous : Gilles Patry, de l’Université d’Ottawa et Reyna Mercedes Salas Moreno, de l’Université McMaster. La députée fédérale de St. John’s-Sud–Mount Pearl, Siobhan Coady, m’accompagne également. Votre présence me réjouit.
En outre, certains des experts chefs de file en gestion de l’eau sont canadiens, y compris, bien sûr, David Schindler dont les travaux ont grandement été utilisés pour formuler la politique de gestion écologique non seulement au Canada, mais également aux États-Unis et en Europe.
Comme vous, les Canadiens croient que pour relever le défi de l’eau et trouver de nouveaux débouchés, il faut faire appel à l’innovation, à l’ingéniosité et à l’imagination de tous. Ils estiment aussi que les sciences et la technologie sont essentielles pour stimuler la productivité, la compétitivité et la croissance.
C’est pourquoi, en 2007, le gouvernement du Canada s’est doté d’une stratégie globale en matière de sciences et de technologies (S et T) et d’un programme pluriannuel dans ce domaine.
Mon ministère a comme responsabilité principale de mettre en œuvre cette stratégie, et l’environnement est une de nos priorités. Or, qui dit environnement, dit aussi gestion de l’eau.
La stratégie vise à doter le pays d’un avantage concurrentiel grâce à l’innovation, aux sciences et à la technologie. Elle entend aussi créer au Canada un milieu propice à la recherche, un pays où les meilleurs chercheurs veulent s’établir. Les sciences peuvent nous montrer la voie à suivre et nous permettre de relever les défis du XXIe siècle. Au Canada, nous voulons que la recherche novatrice débouche sur des produits commerciaux qui profitent à tous et à toutes.
Afin d’atteindre les objectifs énoncés dans notre stratégie, nous devons former des personnes hautement qualifiées, et c’est ce que nous faisons en investissant des sommes importantes dans nos établissements d’enseignement supérieur. Nous travaillons aussi à établir un réseau de centres d’excellence afin de favoriser l’établissement de liens entre les recherches exceptionnelles, le savoir-faire de l’industrie et les investissements pratiques.
Aujourd’hui, le pourcentage du produit intérieur brut que le Canada consacre à la recherche-développement dans les établissements d’enseignement supérieur lui vaut à cet égard le premier rang parmi les pays du G7.
Afin d’acquérir un avantage concurrentiel grâce à l’innovation, aux sciences et à la technologie, il faut aussi investir dans un équipement et des installations de pointe dans nos universités et nos centres de recherches. C’est la raison pour laquelle nous avons créé la Fondation canadienne pour l’innovation.
Par exemple, la Fondation a récemment versé 6,5 millions de dollars au Centre d’océanographie de l’Université Memorial, à Terre-Neuve, afin de mettre en place de nouvelles installations de pointe pour l’étude des écosystèmes et des organismes pélagiques vivant en eau froide.
Ces études ouvriront de nouveaux horizons aux recherches sur la façon dont les organismes de l’Arctique et de l’Atlantique Nord réagissent aux changements s’opérant dans leur environnement, y compris aux changements climatiques accélérés, ainsi qu’aux risques que présentent les maladies infectieuses et les organismes envahissants.
Nous avons aussi mis sur pied le Réseau canadien de l’eau, dans le cadre des Réseaux de centres d’excellence du Canada, pour favoriser les partenariats nationaux et les communautés d’expertise. En collaboration avec les universités, le gouvernement et l’industrie, le Réseau canadien de l’eau a lancé divers projets et initiatives scientifiques axés sur des questions clés concernant la distribution d’eau propre et salubre et ayant pour objet de protéger les bassins hydrographiques, les écosystèmes et la santé publique et de favoriser l’existence d’infrastructures hydriques durables.
Plus récemment, notre gouvernement a affecté des fonds considérables à de vastes projets relatifs aux infrastructures hydriques, dans le cadre de notre programme de stimulation de l’activité économique. Nous avons consenti aux municipalités des prêts peu coûteux de deux milliards de dollars pour leur permettre de moderniser les ouvrages d’infrastructure résidentielle tels que les réseaux d’égout et d’aqueduc.
Ces projets créeront des emplois immédiats, stimuleront l’innovation dans la construction et la conception, et permettront aux Canadiens de gérer encore mieux leurs ressources hydriques.
Par ailleurs, afin d’encourager encore plus l’innovation, le Conseil national de recherches du Canada a mis sur pied le Programme des certificats de chef de file canadien de l’innovation qui rend hommage aux entreprises canadiennes qui mettent au point et appliquent des technologies novatrices. Récemment, la société « Advanced Water Technologies », qui se spécialise dans la remise en état des étendues d’eau, s’est vu remettre ce certificat prestigieux.
L’engagement pris par le Canada en faveur de la gestion de l’eau va au‑delà de ses politiques nationales ou de ses sociétés commerciales. Nous avons aussi acquis une vaste expérience nationale en gérant le plus grand système transfrontalier d’eau douce du monde, soit le Réseau des Grands Lacs et du Saint‑Laurent.
Le Canada a créé, avec les États-Unis, une commission mixte internationale qui aide les deux pays à gérer judicieusement ces eaux et à les protéger pour les générations à venir.
Cette expérience nous a enseigné qu’il importe de coopérer et d’adopter une approche globale. Nous devons réaliser que les divers éléments de l’écosystème — l’air, la terre, les lacs et les cours d’eau, la flore, la faune et l’être humain — dépendent tous les uns des autres.
En mars prochain, l’engagement du Canada sur la scène internationale se poursuivra, car notre pays accueillera les participants au forum GLOBE 2010, qui est la conférence nord-américaine par excellence pour les entreprises durables. Tous les deux ans, des milliers de professionnels assistent à cette conférence pour découvrir les technologies environnementales les plus novatrices et discuter des solutions que les entreprises peuvent proposer afin de régler les problèmes environnementaux de la planète. La conférence aura lieu à Vancouver, et nous espérons vous y voir très nombreux.
En terminant, je vous redis à quel point je suis heureux d’être ici, en Israël. Cette année marque le 60e anniversaire de l’établissement des relations entre les deux pays. Il y a 12 ans, nous avons cimenté nos liens d’amitié en concluant l’Accord de libre-échange Canada-Israël. Or, je sais que toutes les réussites enregistrées à la faveur de cet accord ne sont que le prélude à de nombreuses autres encore à venir.
L’Accord de libre-échange Canada-Israël a déjà ouvert des portes, et nous espérons que cette conférence aidera nos pays à voir les nouvelles possibilités d’affaires qui existent, de part et d’autre.
Aujourd’hui, le monde fait face à une crise grandissante au chapitre de la gestion de ses ressources hydriques. Je suis convaincu que nous pouvons profiter de cette crise pour saisir les possibilités inhérentes et que nous pouvons relever les défis qui nous attendent et, ainsi, favoriser dans des proportions inimaginables non seulement la croissance économique, mais aussi l’équité et la paix partout dans le monde.
Je vous remercie.
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