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Notes pour une allocution

L'honorable Tony Clement, C.P., député
Ministre de l'Industrie

Cercle canadien d'Ottawa

Ottawa (Ontario)
Le 8 décembre 2009

La version prononcée fait foi

Je vous remercie.

Je remercie également le Cercle canadien d’Ottawa de m’avoir invité à me joindre à vous aujourd’hui. Depuis plus de 106 ans, les grands dossiers d’actualité font l’objet de discussions et de débats ici, dans cette enceinte. Je me sens donc privilégié de me trouver parmi vous aujourd’hui.

Je ne pense pas avoir besoin de rappeler à qui que ce soit dans la salle que nous avons vécu un événement historique au cours des 15 derniers mois, à savoir une récession mondiale d’une envergure sans précédent. Cette récession a commencé en dehors du Canada, mais elle a certainement eu des effets bien réels sur la population et les entreprises canadiennes.

Partout dans le monde, les pays ont dû prendre des mesures décisives. Bon nombre d’entre eux sortent maintenant de la récession, mais ils continueront d’en ressentir les effets pendant encore un certain temps.

Nos voisins américains font face à un taux de chômage jamais vu en 26 ans. La déflation est réapparue au Japon pour la première fois en presque quatre ans. Quant à lui, le Royaume-Uni est toujours enlisé dans la récession.

Au Canada, nous avons vu des entreprises et, dans certains cas, des industries entières ployer sous les pressions financières extrêmes. Des emplois ont été perdus, le pays est entré en récession, et le budget est devenu déficitaire temporairement.

En ce qui concerne mon propre portefeuille, j’ai dû prendre des décisions cruciales au sujet du secteur manufacturier (surtout l’industrie de l’automobile) et du secteur des technologies de l’information et des communications, et j’ai aussi pris des décisions très publicisées dans le contexte de la Loi sur Investissement Canada, entre autres.

Je sais que, dans tout l’appareil gouvernemental, d’autres ministres ont affronté des défis semblables.

Il s’agissait d’une période pénible où des choix difficiles ainsi qu’un leadership vigoureux et stable s’imposaient. Or, je suis fier d’affirmer que notre pays a su relever les défis et qu’il poursuit ses efforts pour sortir de la récession.

Dans les années qui ont précédé ce ralentissement économique mondial, notre gouvernement avait pris des mesures pour améliorer la situation budgétaire du Canada. Il a réduit la dette nationale, en remboursant presque 38 milliards de dollars au cours des trois premières années de son mandat. Par conséquent, le Canada était beaucoup mieux placé pour réagir quand la crise s’est produite.

Ce n’est pas là une opinion qui m’est propre. Le Forum économique mondial a déclaré qu’au sortir de cette période de ralentissement, le Canada sera un des deux seuls pays industrialisés à être plus compétitif qu’il ne l’était avant la crise.

L’Organisation de coopération et de développement économiques prévoit que le Canada comptera parmi les pays du G7 qui afficheront le meilleur rendement en 2010, grâce en grande partie aux politiques budgétaire et monétaire du gouvernement.

Je cite ici le Fonds monétaire international :

« La résilience du Canada témoigne de la solidité et de la crédibilité des structures qui sous-tendent sa politique économique et qui ont permis au pays de réagir de façon anticipatoire à la crise mondiale. Certes, l’avenir n’est pas sans risque, mais en poursuivant des politiques dynamiques pendant que l’économie se redresse, le gouvernement peut encourager un retour à point nommé à une croissance durable. »

Nous pouvons certes nous réjouir d’une telle opinion, mais ce n’est pas le moment de nous reposer sur nos lauriers. Le monde a sans doute évité la catastrophe, mais l’économie de la planète est encore fragile. Le Canada doit continuer à appliquer son plan de saine gestion financière qui l’a guidé jusqu’ici.

Aujourd’hui, j’aimerais vous dire où nous en sommes, ce qui nous attend et pourquoi tout cela importe.

La mise en œuvre du Plan d’action économique, au cours des dix derniers mois, représente l’essentiel de notre intervention pour enrayer la récession mondiale.

Notre Plan d’action économique comporte de nombreux éléments, mais il poursuit un seul but : faire échec aux effets de la récession mondiale au Canada.

On mesure les conséquences des récessions et l’on fait rapport sur elles au moyen de chiffres austères. Or, il n’est pas aussi facile de mesurer les résultats qu’elles ont dans la vie des Canadiens, car, derrière les statistiques, il y a des gens comme vous et moi, des Canadiens qui, d’un océan à l’autre, ont dû faire des choix difficiles au cours de l’année qui s’achève. Des gens qui ont besoin d’un emploi pour payer leurs comptes, ou qui ont dû renoncer pour le moment à leur rêve de posséder leur propre entreprise. Des gens qui se demandent comment ils vont faire pour envoyer leurs enfants à l’université et s’ils pourront prendre confortablement leur retraite.

Nous pouvons tous comprendre ces préoccupations, et c’est pourquoi nos efforts ont visé à aider la population canadienne grâce à des mesures concrètes, pratiques et immédiates.

Depuis la mise en œuvre du Plan d’action économique, nous avons pris des mesures extraordinaires pour stimuler l’économie et combattre la récession. Je suis heureux de signaler que 97 p. 100 des fonds de relance de 2009-2010 ont maintenant été engagés et que plus de 8 000 projets ont été amorcés dans toutes les parties du pays.

Ces mesures de stimulation immédiates étaient cruciales pour revigorer l’économie, rétablir la confiance et renforcer la position du Canada dans le monde.

Je ferais preuve de négligence si je ne mentionnais pas une nouvelle fort encourageante de Statistique Canada qui a récemment fait savoir que notre économie a créé le mois dernier 79 000 emplois. C’est là un chiffre impressionnant qui atteste de l’incroyable résilience de notre pays et de l’efficacité de notre plan.

C’est pourquoi nous investissons dans des programmes d’infrastructure qui créent des emplois dans tout le pays, tout en améliorant les routes, les ponts, les immeubles et les voies navigables dans les collectivités.

C’est aussi pour cette raison que nous avons soutenu GM et Chrysler au cours de leurs efforts de restructuration, de manière que les intervenants dans la chaîne d’approvisionnement du secteur de l’automobile, depuis la Colombie-Britannique jusqu’en Nouvelle-Écosse en passant par le sud de l’Ontario, puissent conserver leur emploi et qu’ils n’aient pas ainsi à remettre la réalisation de leurs plans à plus tard.

Grâce à nos investissements dans l’aérospatiale, la société Héroux Devtek, à Longueuil (Québec), comme d’autres entreprises du domaine, peut continuer de fournir des trains d’atterrissage et des composants structurels d’aéronef de toute première qualité à ses clients disséminés dans le monde entier; par ailleurs, nos jeunes ingénieurs en aéronautique peuvent continuer à remplir les postes qui sont créés ici, au Canada.

C’est pourquoi nous avons apporté d’importants changements à la Loi sur Investissement Canada, changements qui s’imposaient depuis longtemps pour faire du Canada une destination attrayante pour les investissements étrangers qui procurent des emplois aux Canadiens et leur ouvrent des débouchés, tout en garantissant que le pays puisse protéger sa sécurité et sa souveraineté nationales si cela devient nécessaire.

Au milieu de la pire crise économique jamais vue en des décennies, nous avons investi plus de 5,1 milliards de dollars dans les sciences et la technologie, soit la somme la plus élevée jamais consacrée en une seule fois aux sciences et à la technologie par un gouvernement fédéral canadien.

À l’avenir, les idées seront le moteur du monde, et les pays qui réussiront seront ceux qui sauront créer le savoir et l’enrichir. L’avenir de notre pays dépendra des découvertes, des innovations et de la commercialisation de produits nouveaux qui pourront renforcer nos industries traditionnelles et engendrer de nouveaux débouchés. Cependant, pour y arriver, nous devons faire en sorte que les fruits de nos travaux de recherche parviennent au stade de la mise en marché.

Par conséquent, je voudrais annoncer aujourd’hui que notre gouvernement fournira à la Banque de développement du Canada (BDC) 75 millions de dollars pour soutenir un nouveau fonds de croissance de 300 millions de dollars.

Appelé « Tandem Fonds d’Expansion », cet instrument d’investissement soutiendra la croissance et l’expansion d’entreprises de technologie en les aidant à pénétrer de nouveaux marchés; il accroîtra leur capacité de production et fournira des fonds de roulement supplémentaires.

Environ 20 à 40 entreprises canadiennes profiteront de cette première étape, à laquelle participeront la BDC et Tandem Expansion, gestionnaire du nouveau fonds privé de capital de croissance, ainsi qu’Exportation et développement Canada, Teralys Capital, la Caisse de dépôt et placement du Québec et le B.C. Renaissance Capital Fund.

Ce financement des stades avancés de la recherche et du développement constitue un solide complément non seulement de notre Stratégie des sciences et de la technologie adoptée en 2007, mais aussi des investissements que nous avons faits cette année dans ces domaines pour aider l’économie canadienne à traverser la récession et à relancer sa croissance.

Aujourd’hui, j’affirme que nous devons transformer une période de crise en une occasion de trouver et d’exploiter de nouvelles possibilités.

Depuis ma nomination au poste de ministre de l’Industrie, j’ai eu le privilège de représenter le Canada à l’étranger et de me rendre en Inde, aux États-Unis, en Italie, en Afghanistan et, plus récemment, en Israël. J’ai pu voir à quel point les autres admirent la réputation et les atouts du Canada.

J’ai été frappé par la chance que nous avons.

Vu les atouts que nous possédons, l’ingéniosité de nos ressources humaines et l’abondance de nos richesses naturelles, rien ne peut arrêter les Canadiens quand ils sont résolus à réussir.

À un moment où les investisseurs cherchent des endroits sûrs où placer leurs fonds, le Canada est un phare dans la tempête. Il possède le potentiel, les ressources, la main-d’œuvre et l’enthousiasme voulus pour devenir un chef de file de l’économie mondiale. Cependant, sa réussite n’est pas garantie, et il ne faut pas la tenir pour acquise : le Canada doit travailler avec ardeur pour l’obtenir et pour l’accroître.

Comment? Tout d’abord, nous devons gérer notre économie en nous attaquant en premier aux gros dossiers tels que la réduction des impôts et l’adoption de politiques judicieuses et de règlements intelligents. Le gouvernement crée un contexte attrayant pour les entreprises et les investisseurs mondiaux en appliquant des politiques économiques favorables qui accroissent la compétitivité des entreprises canadiennes et l’attrait de notre pays aux yeux des investisseurs étrangers.

Le gouvernement attire des investissements grâce à de faibles taux d’imposition. D’ici 2012, le taux d’imposition des sociétés devrait tomber à 15 p. 100, soit le plus faible du G-7.

Le gouvernement applique aussi une solide politique économique. Par exemple, au cours de l’année 2009, Industrie Canada a proposé d’apporter des modifications fondamentales à la Loi sur Investissement Canada.

Récemment, nous avons également modernisé la Politique sur les retombées industrielles régionales pour la faire correspondre aux réalités commerciales de l’heure et pour faire en sorte que les entreprises travaillent avec des partenaires canadiens dans le contexte de grands projets dépassant le cadre de ce que peuvent exiger leurs obligations actuelles. Dans le cas des constructeurs de navires, nous avons récemment terminé des consultations et nous sommes en train de formuler des options pour élaborer une stratégie durable à l’intention du secteur canadien de la construction maritime. En outre, nous collaborons avec le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation pour examiner des façons d’améliorer les essais cliniques des nouveaux médicaments pharmaceutiques.

Vous voyez donc que le gouvernement prend très au sérieux l’élaboration de ses politiques et des cadres du marché dans l’avenir, car il sait que des emplois et la prospérité du pays en dépendent.

En second lieu, les Canadiens doivent comprendre que la mondialisation n’est pas quelque chose qui se passe « au loin ». Nous devons en tenir compte dans nos plans d’entreprise si nous voulons réussir au XXIe siècle. Elle doit aussi faire partie de notre éducation, car nos concurrents ne se trouvent désormais plus de l’autre côté de la rue, mais bien partout dans le monde.

Il nous incombe donc de munir les Canadiens des outils qu’il leur faut pour faire concurrence aux meilleurs cerveaux et entreprises du monde. C’est pourquoi notre gouvernement s’est fixé un objectif ambitieux, il y a deux ans : doter le Canada de la main-d’œuvre la plus instruite et la plus qualifiée du monde.

Adopter les bons facteurs économiques fondamentaux grâce aux politiques et au régime d’imposition, promouvoir la croissance grâce aux sciences et à la technologie, embrasser une perspective davantage tournée vers le monde, et se doter de la main-d’œuvre la plus instruite du monde, voilà autant de mesures essentielles que le Canada doit prendre pour conserver sa place dans le marché mondial.

Tout cela importe parce que l’action des gouvernements a ses limites. Seules les forces du marché ont le pouvoir de stimuler et d’entretenir la créativité, l’innovation et la prospérité à long terme. À mesure que la récession s’estompera et que nous réduirons le financement public de relance, les résultats du Plan d’action économique du Canada seront manifestes. Ce sera la plate-forme d’une économie canadienne revigorée, prête à soutenir la concurrence et à réussir — et bien placée pour profiter des extraordinaires possibilités qu’offrira le XXIe siècle.

En terminant, je me rappelle le proverbe qui dit « à moitié fait qui commence bien ».

Je pense que cela est particulièrement vrai en ce qui concerne le Canada actuel. Les conditions économiques se sont améliorées, et le Plan d’action économique a grandement contribué à cet état de choses. Toutefois, la reprise est fragile, le taux d’emploi demeure trop bas, et la production, bien que meilleure, est encore modeste. Nous avons encore du travail à faire.

Nous devons mener à bien notre Plan d’action économique pour que le redressement se raffermisse.

C’est la bonne démarche à suivre pour les Canadiens et pour notre économie, aujourd’hui et à l’avenir.

Ne dévions pas de notre cap. Ne perdons pas de vue les possibilités à venir et continuons à nous préparer à l’incroyable avenir que nous pouvons édifier ensemble.

Je vous remercie.

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