Politique de la propriété intellectuelle

Biens immatériels autochtones au Canada : une étude ethnographique

Notes en fin d’ouvrage

1Aucun élément du contenu du présent rapport ne représente nécessairement les points de vue ou les opinions de l'une ou l'autre des nations autochtones qui y sont mentionnées, pas plus qu'il ne reflète l'opinion d'Industrie Canada. Notre rapport ne cherche d'aucune façon à porter atteinte aux droits des autochtones ni à ceux qui leur sont conférés en vertu des traités existants.

2L’expression « protocoles coutumiers » désigne les règles gouvernant les droits ou les pouvoirs de même que les responsabilités ou les obligations associées à l’acquisition, à l’utilisation, au transfert, à la gestion et à la possession d’expressions culturelles ou de la connaissance traditionnelle. Lorsque ces protocoles sont enchâssés dans des régimes plus formels de relations sociales, on utilise plutôt l’expression « lois coutumières ».

3L’expression « connaissance traditionnelle » désigne en quelque sorte la connaissance associée aux expressions culturelles, aux autres types de connaissance historique, à la connaissance technique et environnementale, à la connaissance rituelle ou à d’autres types de connaissance spécialisée.

4L’expression « expressions culturelles traditionnelles » peut désigner des expressions ayant trait à des biens immatériels ou matériels, ou encore les deux. Ces expressions sont reliées entre autres à la tradition orale, aux chants, à la musique instrumentale (tambour), à l’exécution des danses et des rituels, aux titres (noms), aux images et aux dessins (masques, dessins des tipis, wampums), aux œuvres en bois (totems), au tissage (paniers, vêtements) et aux objets sacrés (ballots de médecine sacrés). Ces exemples ne sont donnés qu’à des fins illustratives. Lorsqu’on les utilise par rapport à des biens, les expressions « biens immatériels » et « biens incorporels » peuvent être utilisées indifféremment.

5Les « régions culturelles» auxquelles on fait référence se fondent sur les régions mentionnées dans l’ouvrage Handbook of North American Indians, de la Smithsonian Institution (série de vingt ouvrages). Ces ouvrages constituent en quelque sorte une généralisation résumée des similarités culturelles à l’intérieur de ces groupes et entre ces mêmes groupes. Toutefois, comme c’est le cas pour toute généralisation, ces regroupements régionaux de culture font fi de certaines similarités et différences importantes qui caractérisent ces groupes. Il serait plus prudent de ne pas les considérer comme définitifs ou croire qu’ils représentent l’identité actuelle des Autochtones.

6Dans le présent rapport, l’utilisation de termes analytiques et descriptifs vise à obtenir une bonne clarté d’un point de vue général et pour l’élaboration de politiques. Nous comprenons que ces termes ne reflètent pas parfaitement les nuances qu’ils revêtent dans le monde autochtone. Nous sommes entre autres conscients que l’utilisation à répétition des termes « vente », « achat » et « échange » dans la littérature risque de devenir réductrice en faisant de ces questions culturelles complexes de simples marchandises. Nous tentons plutôt de décrire dans un anglais simple certains des engagements des peuples autochtones face à la connaissance et aux expressions culturelles traditionnelles.

7On utilise parfois le nom Kwakiutl en parlant des Kwakwaka’wakw. Bien que les auteurs utilisent l’expression anglaise « Coast Salish » tout au long de leur rapport, les données dont ils se sont servis proviennent des « Central Coast Salish », comme Suttles l’a mentionné en 1990.

8Jorgenson 1980:135.

9Jorgensen 1980:135, 138.

10Voir Cole and Chaikin 1990.

11Dans la littérature, on simplifie souvent le mot 'Na'mima en utilisant plutôt numyam ou numema.

12Voir Lévi-Strauss (1982:163-87).

13Goldman 1937:185.

14Codere 1990:366.

15Cela est résumé dans de nombreux ouvrages, y compris : Bunzel 1938:358; Codere 1990:366; Goldman 1937:196; et Holm 1990:379.

16Goldman 1975:44 5.

17Suttles 1991:92, Drucker et Heizer 1967:113.

18Bunzel 1938:358.

19Harrison 1992:236-7.

20Codere 1990:367.

21Suttles 1991:94.

22Codere 1990:367; voir aussi Goldman 1937:186.

23Bunzel 1938:360; Harrison 1992:228.

24Boas 1966:258 9.

25Ruth Benedict 1935:151.

26Harrison 1992:228, accentué dans l’original.

27Robbins 1999.

28Robbins 1999:20.

29Robbins 1999:21.

30Robbins (1999:21) est d’accord sur ce dernier point.

31Voir par exemple Loi sur les Indiens Act, L.R.C. 1906, c.81, art.149.

32Cramner-Webster 1991:227-9.

33Cramner-Webster 1991:232.

34Cramner-Webster 1991: 239.

35Jenness 1934-5:52.

36Amoss 1977a, 1978.

37Homer Barnett (1955:141) affirme que le terme utilisé pour ce genre de bien est ‘tcalängan' dans la langue des Sanish et ‘otakan' dans celle des Comox. La transcription de ces termes n’a pas été réalisée suivant une méthodologie linguistique rigoureuse et nous n’avons pas rencontré ces termes dans d’autres ouvrages. Nous hésitons donc à les utiliser.

38Collins 1979:247.

39Suttles 1987a:8; Amoss 1977b.

40Barnett 1955:142; Collins 1979:247.

41Collins 1979:247; Suttles 1987a:8.

42Barnett 1955:79.

43Barnett 1955:110.

44Collins 1979:247.

45Suttles 1982:59.

46Suttles 1987c:108; Stern 1934:57; Jenness 1955:71; Barnett 1955:141.

47Suttles 1987a:10.

48Suttles 1987c:106.

49Suttles 1987a:10.

50Stern 1934:56.

51Jenness 1955:71.

52Suttles 1982:59; Codere 1948.

53Codere 1948: Duff 1952:123-126; Lévi-Strauss 1982.

54Voir l’exemple à propos des Musqueam rapporté par Thom (2001).

55Bierwert 1999:169-170.

56Kew 2000.

57Bierwert 1999, chapitres 4 et 6.

58Barnett 1955:141, 250; Jenness 1934-5:52.

59Jenness 1934-5:53. Voir aussi un exemple comprenant la variation de la cérémonie du premier saumon pratiquée par une famille Nanaimo (Barnett 1955:90).

60Jenness 1934-5:52.

61Barnett 1955:141.

62Suttles 1987b:19.

63Gunther 1927:307.

64Barnett 1955:132.

65Barnett 1955:133.

66Jenness 1934-5:55.

67Collins 1966:426.

68Collins 1966:429; voir aussi Suttles 1987d:201; Barnett 1955:138-9.

69Barnett 1955:134.

70Jenness 1934-5:55.

71Collins 1966:430.

72Haeberlin et Gunther 1930:46; Jenness 1934-5:56.

73La nature et la forme des biens des collectivités subarctiques ont fait l’objet d’un débat de fond, surtout en ce qui a trait à la tenure des terres et du territoire. Certains croient que les collectivités subarctiques possèdent des territoires de chasse répartis entre les familles alors que d’autres sont d’avis qu’il n’y a pas de concepts clairs de propriété en ce qui a trait à la terre, si ce n’est celui où une terre est imposée ou acquise à la suite des interactions coloniales liées à la traite des fourrures (voir Rogers 1981). Comme la littérature ethnographique a traité en profondeur des biens matériels, les biens immatériels ont été en grande partie éclipsés de la littérature publiée.

74cf. Jenness 1943; Duff 1951.

75Morice 1895:3.

76Helm 1968:119.

77Goldman (1940:334 335) décrit les regroupements de parenté comme étant un groupe de frères, leurs femmes, leurs enfants de même que les femmes et enfants de leurs fils mariés. Les membres de ce groupe, le sadeku, reconnaissent l’autorité limitée de leur leader, souvent l’aîné des frères aussi appelé detsa.

78Tobey 1981:420-2.

79Voir aussi Jenness 1943.

80Jenness 1943.

81MacLachlan 1981:463.

82Honigmann 1981:446.

83McClellan 1981:488.

84MacLachlan 1981:463.

85Tobey 1981:422.

86Tobey 1981:420.

87Tobey 1981:420.

88Steward 1960:732 740.

89Diamond Jenness (1943) a offert une description détaillée du régime de potlatch des Carrier du nord.

90Voir plus particulièrement Mills 1994.

91Delgamuukw c. British Columbia, [1997] 3 S.C.R. 1010 .

92Fiske et Patrick 2000.

93Lantis 1984:218.

94Lantis 1984:218.

95Spenser 1984:334.

96Au dire de Rasmussen, Erinaliut (au singulier) et Erinaliu·tit (au pluriel) constituent des termes inuktitut désignant des paroles ou des phrases dotées de pouvoirs. Comme il n’a pas fourni la clé de l’orthographe utilisée et que ces termes n’apparaissent pas aux dictionnaires inuktitut récents que nous avons consultés, nous ne sommes pas en mesure de clarifier la question de l’orthographe contemporaine de ces termes.

97Weyer 1932:194; Boas 1907:153, 506; Lowie 1928:553-4.

98Rasmussen 1929:157.

99Rasmussen 1929:157.

100Rasmussen 1929:157.

101Weyer 1932:195.

102Rasmussen 1929:165.

103Rasmussen 1929:165.

104Rasmussen 1929:166-168.

105Rasmussen 1929: 109.

106Weyer 1932:195.

107Stefánsson 1919:369.

108Stefánsson 1919:370.

109Jenness 1922:92.

110Jenness 1922:92,191.

111Angutingmarik, dans Rasmussen 1929:132.

112Jenness 1922:93.

113Jenness 1922:195.

114Weyer 1932:435.

115Weyer 1932:433-4; Stefánsson 1919:170, 374; Jenness 1922:195; Boas 1888:594.

116Voir, par exemple Boas 1888:554-8; Bird 2002:13.

117Blackduck 2001; Bird 2002.

118Bird 2002:22.

119Bird 2002:30-1.

120Les territoires des Crow sont situés directement au sud (dans le Montana) des territoires des Premières Nations canadiennes des Prairies, c.-à-d. les Pieds-Noirs, les Gros Ventres les Assoniboins. Les Hidatsa sont les voisins des Assiniboins des Prairies. Leurs territoires sont situés dans le Dakota du Nord.

121Lowie 1920:238.

122Lowie 1920:239.

123Lowie 1920:239.

124Bowers 1965.

125Raczka 1979:76; Lowie 1928:555-560.

126Même si les détails concernant les pratiques liées aux ballots et les importants biens immatériels qui leur sont rattachés sont tirés d’articles portant sur les Pieds-Noirs, les principes généraux s’appliquent en général à l’ensemble des collectivités des Prairies et constituent une bonne source pour comprendre ces protocoles coutumiers.

127Steward 2001:336; Lowie 1920:239; Driver 1969:285.

128Steward 2001:338.

129Steward 2001:341.

130Steward 2001:338.

131Young 2001:1032-3.

132Young 2001:2033, citant l’ouvrage classique de Ewers 1955:262-271.

133Hoebel 1942:965, en se basant sur les comptes rendus de Lowie sur ces régimes de propriété.

134Steward 2001:336.

135Lowie 1920:239.

136Steward 2001:336; Lowie 1920:239.

137Lowie 1928:556.

138Lowie 1928:556.

139Lowie 1928:558.

140Raczka 1980:34.

141Greene 2001:1052-1053.

142Greene 2001. Voir aussi ses autres travaux qui examinent les biens immatériels des Kiowa en ce qui a trait aux dessins des tipis; Greene 1993, et Greene et Drescher 1994.

143Greene 2001:1052.

144Raczka 1979:69.

145Raczka 1992.

146Raczka 1980:30.

147Raczka 1980:20.

148Raczka 1980:30,32.

149Raczka 1980:32.

150Grinnell 1901:655-670.

151Greene 2001.

152Grinnell 1901:655.

153Dempsey 2001c:610, 616; Wissler 1918; Archambault 2001:987.

154Dempsey 2001b:631.

155Brasser 1979:32.

156Brasser 1979:32.

157Greene 2001:1052.

158Raczka 1980:32.

159Raczka 1980:34.

160Noble 2002.

161Les travaux les plus marquants de Boas ont trait aux Kwakwaka'wakw. On y reviendra plus loin dans notre rapport. Parmi les milliers de pages écrites par Boas sur ce sujet, son ouvrage de 1966 constitue une synthèse intéressante; Suttles (1991) a peut-être présenté de la manière la plus lucide le système de propriété sur lequel se fondaient les données de Boas.

162Lowie 1920, 1928; Bunzel 1938 constituent de bons exemples des écrits des étudiants de Boas quant aux biens immatériels autochtones. Voir aussi Lowie 1949:260 5 pour obtenir des exemples additionnels de biens immatériels provenant d’Amérique du Sud. Lowie 1920 présente des exemples intéressants en provenance de la Côte du Nord-Ouest. Il aborde des questions telles que les biens immatériels détenus par les Nuu chah nulth (anciennement appelés les Nootka), le régime de biens immatériels des Crow et l’importance des droits de propriété individuels sur les biens immatériels entourant les pratiques religieuses dans les Prairies, ce dernier volet est approfondi plus loin dans le présent rapport.

163Cappannari 1960:140.

164Voir aussi Segale 1941.

165Hallowell 1943:128 9.

166Hallowell 1943:134.

167Hann 1998 aborde la question des biens en général et en particulier celle de l’élaboration d’une théorie relative aux biens immatériels, aux pages 4 et 5, 25, 30 et 31.

168Pour lire un excellent exposé sur la propriété intellectuelle et rituelle dans les collectivités traditionnelles kwakwaka’wakw et mélanésienne, voir Harrison (1992). L’étude montre de quelle façon on attribue une valeur à de tels biens et les différentes actions sociales (telles que les cérémonies et les différends). Les membres de ces collectivités s’engagent dans leur distribution.

169Harrison 1992:234.

170Brascoupé et Endermann 1999:2.

171Brascoupé et Endermann 1999:4.

172Voir, par exemple, Brown 2003.