Profil industriel de l'industrie canadienne des produits en matière de plastique

Introduction

Bien que les premières matières plastiques aient été fabriquées il y a plus d'un siècle, le véritable avènement des polymères d'origine pétrochimique remonte aux années 1930, et a été suivi d'une série d'innovations rapides pendant la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre. En 1960, toutes les principales résines commerciales et un grand nombre des résines industrielles avaient été mises au point, et l'infrastructure industrielle était suffisamment développée pour permettre à l'industrie des produits commerciaux en matière plastique d'entrer dans sa phase de forte croissance. Récemment les progrès réalisés par les fournisseurs ont essentiellement consisté à apporter des modifications aux principaux groupes de polymères afin de répondre à des besoins particuliers, ainsi qu'à mettre au point de nouvelles résines industrielles à rendement supérieur.

On trouve la matière plastique dans la quasi-totalité des segments d'utilisation finale de l'économie. Ses particularités (facilité de transformation, légèreté et résistance à la corrosion) ont favorisé la création de nouveaux produits. La matière plastique a également remplacé le papier, le verre et le métal dans certaines applications traditionnelles.Bien que la gamme des produits en plastique soit très étendue, trois grandes utilisations dominent : l'emballage (34 p. 100 des expéditions), les articles de construction (26 p. 100) et les composants pour véhicules automobiles (18 p. 100) (voir la figure 1).

Figure 1: Marché de l'utilisation finale (en pourcentage du total)
Figure 1: Marché de l'utilisation finale (en pourcentage du total) [Description de la figure 1] Source: Estimé par Industrie Canada

Si on considère sa part de la consommation mondiale de résine le Canada assurerait environ 2 p. 100 de la totalité de la production mondiale de produits en plastique. La demande, tant interne que mondiale, de produits en matière plastique devrait croître plus vite que l'économie dans son ensemble, bien qu'à un rythme moins rapide que par le passé.

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La taille et la structure de l'industrie

En 2010, il y avait 2 422 établissements implantés au Canada qui transformaient des résines synthétiques en produits en plastique. Cette industrie a engendré des expéditions d'une valeur de 17,6  milliards de dollars et a employé 76 350 personnes. Pour les informations plus detailées, consulter ces Statistiques pour l'industrie des plastiques. Suite à une baisse de la production causée par la récession, l'industrie a montré une bonne croissance en 2010.

L'industrie de transformation des matières plastiques se caractérise par une proportion élevée de PME, qui sont presque toutes entièrement de propriété canadienne, et par quelques grandes entreprises dont 60 p. 100 appartiennent à des intérêts canadiens. Au total, l'industrie est à 95 p. 100 de propriété canadienne. Une liste des principales entreprises se trouve au-dessous.

Les produits en plastique ne sont pas seulement fabriqués par des entreprises appartenant à l'industrie des produits en matière plastique comme telle, mais aussi par d'autres groupes d'industries à titre d'activité secondaire, à la fois pour le commerce (jouets et mobilier en plastique) et pour les besoins internes (bouteilles en plastique fabriquées sur place par un fabricant de shampooing). L'analyse contenue dans le présent document considère l'industrie dans son sens le plus strict.

Bien que deux des grands marchés de produits en plastique — l'industrie des véhicules à moteur et la construction — soient très cycliques, l'industrie des produits en matière plastique elle-même l'est beaucoup moins. La hausse de la demande générale de produits en plastique, pour remplacer d'autres matériaux, atténue les effets cycliques.

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Commerce

En 2010, les exportations se sont élevées à 6,7 milliard de dollars et des importations ont été évaluées à 7,6 milliards de dollars. Les exportations canadiennes ont augmenté d'une façon impressionnante pendant les années 1990, pour passer de 18 p. 100 du montant des expéditions totales en 1990 à 41  p. 100 en 2010 (voir la figure 2). Les importations canadiennes des produits de plastique ont également considérablement augmenté pendant cette période et en 2010 elles représentaient 41 p. 100 du total de la consommation canadienne.

Les échanges commerciaux se font en très grande partie avec les États-Unis, qui ont absorbé 92 p. 100 des ventes à l'exportation en 2010. De plus, 72 p. 100 des importations proviennent des États-Unis. Pour plusieurs produits, cela sera toujours le cas puisque les frais élevés de transport limitent les possibilités d'exportation vers les marchés plus éloignés. En revanche, s'il existe un avantage technologique, il est possible de diversifier les exportations. L'industrie canadienne est beaucoup plus axée sur l'exportation que l'industrie américaine. Les entreprises canadiennes peuvent exploiter ce savoir-faire en matière d'exportation et s'emparer par le fait même d'une part plus importante des marchés américains et d'autres marchés étrangers.

Figure 2 : Orientation des échanges commerciaux (en pourcentage)
Figure 2 : Orientation des échanges commerciaux (en pourcentage) [Description de la figure 2] Source: Statistique Canada

En matière d'accords sur le commerce international et les tarifs douaniers, on peut constater que les droits de douane sur les résines d'origine américaine ont été progressivement abolis jusqu'en 1993, ce qui a contribué à rehausser la structure de coût concurrentiel du Canada. En vertu de l'ALE, les tarifs douaniers canadiens et américains sur les produits en plastique échangés entre les deux pays ont complètement abolis en 1998. En vertu de l'ALENA, les tarifs douaniers entre le Canada et le Mexique ont complètement abolis en 2003.

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Résines synthétiques

L'intrant le plus important dans l'industrie de transformation des matières plastiques est la résine synthétique. En règle générale, le coût de la résine représente de 30 à 50 p. 100 de la valeur finale d'un produit en plastique. L'expansion de l'industrie canadienne a été stimulée par une hausse spectaculaire de la capacité intérieure de production de résines synthétiques à la fin des années 1970. Cette hausse est attribuable à la première crise du pétrole ainsi qu'à la décision de bon nombre de multinationales d'investir dans la production en aval en utilisant comme matières premières le pétrole et le gaz naturel de l'Ouest canadien. Au cours de cette période, les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers de 10 à 12 p. 100 sur les résines, comparativement à des tarifs de 3 à 5 p. 100 sur les produits en plastique. A mesure que les multinationales ont implanté au Canada des usines de résines d'envergure mondiale, elles ont été incitées à élargir leur bassin de consommateurs au pays de manière à vendre autant de résines que possible sur le marché intérieur, afin d'éviter les tarifs douaniers à la sortie. Les multinationales produisant des résines se sont également intégrées en aval à des entreprises de transformation de matières plastiques pour pouvoir exporter indirectement leurs résines sous forme de produits, et par le fait même, bénéficier d'un traitement tarifaire préférentiel.

Les fluctuations des prix des résines exercent une très forte influence sur l'industrie (voir la figure 3). Lorsque les prix des résines montent, les transformateurs de matières plastiques ne peuvent pas toujours faire absorber immédiatement les hausses par leurs clients, ce qui a des effets néfastes sur les marges bénéficiaires.

Figure 3 : Variations annuelles du prix (en pourcentage)
Figure 3 : Variations annuelles du prix (en pourcentage) [Description de la figure 3] Source: Statistique Canada

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Distribution régionale

Au cours des 10 dernières années, la distribution régionale de l'industrie n'a pas beaucoup changé. En 2009, 47 p. 100 des établissements se trouve en Ontario, 25 p. 100 au Québec, 14 p. 100 dans les Prairies, 11 p. 100 en Colombie-Britannique, et 3 p. 100 dans les provinces de l'Atlantique (voir la figure 4). Les statistiques provinciales plus détailées se trouve ci-dessous dans le tableau 1.

Figure 4 : Distribution régionale des établissements (en pourcentage du total)
Figure 4 : Distribution régionale des établissements (en pourcentage du total) [Description de la figure 4] Source: Statistique Canada

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Les comparaisons entre le Canada et les États-Unis

Rentabilité

La figure 5 présente des valeurs pour des marges bénéficiaires brutes et des bénéfices bruts exprimées en pourcentage des ventes.

Figure 5 : Comparaison des marges brutes nationales dans l'industrie des produits en matière plastique, Canada et États-Unis
(en pourcentage)
Figure 5 : Comparaison des marges brutes nationales dans l'industrie des produits en matière plastique [Description de la figure 5] Source: Statistique Canada et département américain du commerce

Les niveaux de rémunération dans les industries canadienne et américaine (voir la figure 6) jusqu'au récemment. Le niveau de la productivité telle que mesurée par les livraisons par employé (voir la figure 7) sont plus bas au Canada que l'industrie américaine.

Figure 6 : Comparison des salaires moyens, Canada et États-Unis
Figure 6 : Comparison des salaires moyens entre le Canada et les États-Unis [Description de la figure 6] Source: Statistique Canada et département américain du commerce
Figure 7 : Comparaison des livraisons par employé, Canada et États-Unis
Figure 7 : Comparaison entre les livraisons par employé du Canada et des États-Unis [Description de la figure 7] Source: Statistique Canada et département américain du commerce

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Technologie

Outre les produits brevetés et la technologie des procédés, les transformateurs de matières plastiques bénéficient des innovations faites dans les secteurs des machines, des moules et des résines synthétiques. Ces industries en amont ont rationalisé leurs activités à l'échelle nord-américaine à la suite de l'entrée en vigueur de l'ALE, et ne fournissent plus autant de services techniques qu'autrefois. Cela a ralenti la diffusion de la technologie par les fournisseurs, essentiellement au détriment des PME qui caractérisent l'industrie canadienne. En outre, les PME n'ont pas collectivement rassemblé les ressources financières nécessaires pour effectuer des investissements à long terme dans des secteurs tels que la R-D; c'est pourquoi peu d'entre elles se sont assuré un avantage concurrentiel par la différenciation des produits.

Par rapport à l'ensemble du secteur manufacturier, l'industrie des produits en matière plastique consacre peu de fonds à la R-D (voir la figure 8).

Figure 8 : La R-D exprimée en pourcentage des expéditions
Figure 8 : La R-D exprimée en pourcentage des expéditions [Description de la figure 8] Source: Statistique Canada

Le taux accéléré de changements technologiques a été un des changements fondamentaux qui a suivi la mise en œuvre de l'Accord de libre-échange. Cette situation a eu lieu en même temps que le besoin de plus en plus croissant des fabricants d'investir dans la R-D pour pouvoir concurrencer sur le marché plus étendu, contre les sociétés américaines, qui ont avaient des taux plus élevés d'investissement de capitaux et de productivité. Les fournisseurs de résine ont aussi dû s'ajuster à l'Accord de libre-échange, qui a eu comme résultat une réduction du soutien technique au sein des plus petites entreprises, ce qui est typique dans l'industrie canadienne de transformation. Les données d'investissement et les données de dépenses en R-D regroupées ensemble soulèvent un défis, qui est que l'industrie canadienne doit adapter des pratiques plus innovatrices en matière d'investissement afin de concurrencer à plus long terme.

Les centres de technologie

Comme l'industrie se caractérise par un grand nombre de PME, il serait utile d'avoir recours à des initiatives collectives afin de favoriser l'utilisation accrue de la technologie en vue de rehausser la compétitivité. Bon nombre d'entreprises ont bénéficié de l'appui du gouvernement dans le secteur de la R-D lors de leur démarrage. Les organismes mentionnés ci-après jouent tous un rôle dans l'élaboration et la diffusion de la technologie pour l'industrie canadienne des produits en matière plastique.

Au sein du gouvernement fédéral, c'est le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) qui est le principal agent de R-D pour l'industrie des produits en matière plastique. L'Institut des matériaux industriels est le groupe le plus important à se consacrer aux matières plastiques. D'autres activités de recherche d'envergure sont exécutées par l'Institut des processus chimiques et de la technologie environnementale et l'Institut de recherche en construction.

A l'échelle provinciale, deux organismes de recherche ont des programmes appuyant l'industrie des produits en matière plastique : l'Alberta Research Council et le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ). Il existe en Ontario un centre d'excellence provincial, soit « Centre for Materials and Manufacturing », qui met en relation des chercheurs universitaires ainsi que des représentants d'entreprises ayant des besoins techniques communs. Les matières plastiques est un des principaux domaines d'action du Centre.

En outre, un certain nombre d'universités ont des membres du corps professoral ou des groupes de recherche qui s'occupent de projets sur les matières plastiques. Il s'agit notamment des universités suivantes : Colombie-Britannique, Alberta, Calgary, Western Ontario, Waterloo, Toronto, McMaster, Queen's, Ottawa, McGill, École Polytechnique, Laval, Concordia et Moncton. Leurs programmes de recherche sont souvent cofinancés par l'industrie et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

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Ressources humaines

L'industrie des produits en matière plastique est relativement à forte densité de main-d'œuvre et a un faible taux de syndicalisation (probablement de 10 à 15 p. 100). L'industrie fait face à des pénuries d'ingénieurs des procédés, de régleurs, de fabricants et de réparateurs de moules et de matrices de même que de personnel d'entretien. Selon une étude récente, cette situation risque de s'aggraver si des mesures correctives ne sont pas prises. Dans toute l'industrie, un grand nombre d'opérateurs de machine peu qualifiés manquent de compétences de base en science des polymères, en informatique, en communication et en mathématiques, disciplines qui prennent toutes de plus en plus d'importance. Certains segments de l'industrie semblent n'avoir qu'un faible engagement envers la formation professionnelle, et le roulement du personnel est très élevé.

Promouvoir le niveau de connaissance

L'écart de productivité constaté entre le Canada et les États-Unis a une incidence directe sur le perfectionnement des ressources humaines. Plus les entreprises mettent l'accent sur la nouvelle technologie, plus elles ont besoin de rehausser le niveau de compétences de leur personnel.

Bien que certains segments de l'industrie des produits en matière plastique aient tenté de miser sur la gestion des ressources humaines, l'industrie dans son ensemble semble être en retard sur d'autres industries en matière de formation professionnelle. Si l'industrie canadienne va investir dans une plus grande mesure en machinerie et en équipement, essentiellement pour répondre à l'adoption de nouvelles technologies de fabrication et de transformation du plastique et à une plus vive concurrence. De ce fait, l'industrie sera inévitablement obligée d'intensifier ses efforts en matière de formation. Bien qu'elle ait déjà fait certains progrès dans ces domaines, les efforts devront être maintenus et intensifiés à mesure que l'industrie se perfectionnera sur le plan technologique.

Ressources humaines et Développement des compétences Canada et l'industrie canadienne supportent le Conseil canadien sectoriel des plastiques pour coordonner la formation et le perfectionnement des ressources humaines.

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Développement durable

Les avantages environnementaux

La matière plastique offre beaucoup d'avantages comparativement à d'autres matériaux. Son utilisation permet non seulement de réduire les coûts et d'accroître le rendement des produits, mais aussi de contribuer au développement durable, comme le démontrent les exemples suivants.

Pièces pour véhicules automobiles
La matière plastique est de plus en plus utilisée dans l'industrie de l'automobile, dans des applications allant des panneaux de carrosserie aux pièces du compartiment moteur et du tableau de bord. La substitution du métal à la matière plastique permet d'alléger les véhicules et de réduire la consommation d'essence, ce qui contribue à la conservation du pétrole et à la réduction des émanations de gaz d'échappement.

Emballage
La matière plastique permet de créer avec le rendement voulu des emballages plus légers et moins volumineux que le verre, le métal ou le papier. Le poids et le volume du produit final, étant réduits, cela contribue à la conservation de l'énergie pendant le transport.

Articles de construction
Les fenêtres et les portes en vinyle n'ont pas besoin d'être peintes. Les émanations de solvants des peintures sont donc réduites. L'efficience thermique des constructions est aussi améliorée, ce qui réduit la quantité d'énergie consommée pour le chauffage et la climatisation.

Les pressions environnementales

Le principal texte de loi fédérale sur l'environnement qui ait trait à l'industrie des produits en matière plastique est la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) qui confère au gouvernement fédéral le pouvoir de s'attaquer aux problèmes de pollution atmosphérique, de pollution des sols et de pollution des eaux. Les dispositions de la Loi qui revêtent le plus d'importance pour l'industrie sont celles touchant les composés organiques volatils (COV), les hydrocarbures chlorofluorés, les déchets solides ainsi que les substances jugées toxiques après évaluation au titre de la Loi.

En même temps, l'industrie des produits en matière plastique fait face à un certain nombre de pressions d'ordre écologique qui risquent de limiter son expansion. Les principales préoccupations dans ce domaine sont la gestion des déchets solides, l'utilisation du polychlorure de vinyle et les liens éventuels entre le plastique et des disrupteurs endocriniens.

Déchets solides

L'effort de réduction des déchets solides a d'abord porté sur les emballages, mais il s'est ensuite étendu à d'autres secteurs, dont les composants pour véhicules automobiles et les articles de construction. Les industries ont réussi à atteindre les objectifs du Protocole national sur l'emballage en avance.

La méthode actuelle consiste à encourager l'utilisation dans les nouveaux produits d'un pourcentage plus élevé de résine recyclée. D'autres mesures contribuent à réduire les taux de rejet de la matière plastique : réduction de la quantité de matériau nécessaire pour emballer les articles (emballages plus minces) et réutilisation des contenants.

L'autre élément que l'on peut envisager dans une stratégie intégrée de gestion des déchets est la récupération de la teneur énergétique de la matière plastique. Certains types de matière plastique usagée (et d'autres matériaux) ne peuvent être recyclés qu'à des coûts excessifs. Dans ces cas, il pourrait être avantageux de récupérer l'énergie potentielle par une combustion bien contrôlée.

Dans le cadre de cette stratégie intégrée, une autre solution prend forme. Il s'agit de la pyrolyse, soit la conversion en produits chimiques à haute valeur ajoutée de la matière plastique consommée.

Chlorure de polyvinyle

Toutes les activités industrielles à base de chlore sont actuellement remises en question. Soulevée par Greenpeace, organisme international de recherche, de sensibilisation et de protection de l'environnement, cette question a d'abord suscité des préoccupations en Europe puis, à partir de 1993, de plus en plus en Amérique du Nord. La même année, les auteurs du rapport de la Commission mixte internationale sur les Grands Lacs ont recommandé l'interdiction de toute production de composés contenant du chlore dans le bassin des Grands Lacs — recommandation qui a été rejetée par les gouvernements fédéraux du Canada et des États-Unis.

Dans l'industrie plastique, le produit le plus touché par les préoccupations environnementales est le chlorure de polyvinyle (PVC). Selon les estimations, 38 p. 100 de chlore industriel aurait été utilisé pour ce dernier en 1998.

Le débat concernant l'incidence du PVC sur l'environnement se déroule en grande partie sans l'apport de données scientifiques concluantes. Le comité du vinyle de l'Association canadienne de l'industrie des plastiques a établi un Plan de gestion pour l'environnement pour contrôler les impacts du PVC pendant sa vie.

Le PVC suscite également des inquiétudes dans d'autres pays. Comme c'est le cas pour la plupart des questions environnementales, il conviendra de surveiller attentivement la situation internationale de façon à atteindre des objectifs environnementaux scientifiquement valides sans pour autant nuire à la compétitivité des entreprises canadiennes.

Disrupteurs endocriniens

Plusieurs produits chimiques sont présentement à l'étude afin de déterminer s'ils perturbent l'équilibre hormonal normal des êtres vivants. Certains chercheurs ont établi un lien entre la présence de ces disrupteurs endocriniens dans l'environnement et différents problèmes de santé touchant les êtres humains et les animaux, notamment : 

  • une hausse de la fréquence du cancer des testicules et une baisse de qualité des spermatozoïdes
  • une hausse de la fréquence du cancer du sein chez la femme
  • une baisse de la population de la faune et une hausse de la fréquence des déformations des individus de cette population.

Les catégories de produits chimiques en cause comprennent des substances suscitant déjà des inquiétudes, comme le DDT, les PCB et la dioxine. En ce qui concerne l'industrie des produits en matière plastique, on étudie les produits chimiques suivants, qui sont importants sur le plan commercial : 

  • le bisphénol A, qui sert à la fabrication de polycarbonate et que l'on trouve dans certaines colles servant à protéger l'intérieur des boîtes de conserve alimentaires;
  • les phthalates, qui servent de plastifiant dans le PVC;
  • le nonylphénol, un additif que l'on trouve dans des polymères comme le polystyrène et le PVC.

La question des disrupteurs endocriniens a commencé à susciter de vives préoccupations il y a un peu plus d'un an. Les écologistes l'utilisent dans leurs stratégies de contestation de certaines catégories de produits chimiques, notamment ceux qui utilisent le chlore. L'industrie se mobilise pour protéger ses intérêts en appuyant des recherches scientifiques destinées à faire le point sur les produits chimiques les plus redoutables. Malgré ces efforts, certains gouvernements, notamment en Scandinavie, réagissent aux pressions du public en imposant de nouveaux règlements.

Nouvelles exigences de notification

Dans le cadre de la méthode de gestion « du berceau à la tombe » des substances toxiques, les règlements adoptés dans le cadre de la LCPE sont destinés à garantir qu'aucune nouvelle substance ne sont introduite sur le marché canadien si les risques pour la santé humaine et pour l'environnement n'en ont pas été évalués. Le programme des nouvelles substances comprend des critères d'identification, un mécanisme d'évaluation et des pouvoirs d'application de mesures de contrôle spécial.

Composés organiques volatiles et oxydes d'azote

Les composés organiques volatiles (COV) et les oxydes d'azote (NOx) réagissent à la lumière du soleil pour former de l'ozone au niveau du sol, composé important du smog urbain. En 1988, à la demande du Conseil canadien des ministres de l'environnement, on a élaboré un plan en trois étapes de gestion des émanations de NOx et de COV. Bien que la production de plastique n'ait été responsable en 1985 que de 0,8 p. 100 des émanations totales de COV, les prévisions de croissance ont mené à l'adoption d'objectifs et de plans de réduction dans quatre sous-secteurs produisant 60 p. 100 des émanations de cette industrie.

Produits chimiques qui réduisent la couche d'ozone

L'utilisation de certains produits chimiques qui réduisent la couche d'ozone, tels les chlorofluorocarbures (CFC), doit être restreinte et éventuellement interdite en vertu du protocole de Montréal de 1987. Cet accord international vise à protéger la couche d'ozone stratosphérique qui, à son tour, protège la terre contre les rayons ultraviolets. L'industrie des produits en matière plastique a remplacé les CFC qu'elle utilisait comme agent de soufflage pour fabriquer de la mousse par des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), plus dispendieux. Les HCFC ne seront eux-mêmes qu'une solution temporaire, l'industrie devant les remplacer par des produits chimiques moins nocifs pour l'environnement lorsque la technologie aura été mise au point.

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Perspectives de croissance

Dans l'ensemble, l'industrie canadienne des produits en matière plastique est bien placée pour poursuivre son expansion sur les marchés canadien et étrangers. L'industrie canadienne possède le potentiel pour reprendre nettement l'avantage sur le plan de la compétitivité. L'industrie des produits en matière plastique doit poursuivre sa contribution aux objectifs de développement durable tout en continuant de répondre aux préoccupations environnementales qui risquent de limiter sa croissance.


Les principales entreprises

Tableau 1 : Les principales entreprises canadiennes opérées par les multinationales américaines et européennes
Entreprise Pays d'appartenance Location des usines
ABC Group Canada Rexdale (Ontario)
19 autres usines
Amcor Australie Mississauga (Ontario)
5 autres usines
Camoplast Canada Sherbrooke (Québec)
Canadian General-Tower Canada Cambridge (Ontario)
Decoma International Canada Concord (Ontario)
12 autres usines
Domco Belgique Farnham (Québec)
IPEX Belgique Don Mills (Ontario)
10 autres usines
Intertape Polymer Group Canada Truro (Nouvelle-Écosse)
Edmunston (Nouveau-Brunswick)
Montréal (Québec)
IPL Canada St-Damien (Québec)
4 autres usines
Jim Pattison Group Canada Vancouver (Colombie-Britannique)
9 autres usines
Kautex Textron Allemagne Windsor (Ontario)
Royal Group Technologies États-Unis Woodbridge (Ontario)
40 autres usines
Winpak Finlande Winnipeg (Manitoba)
7 autres usines
Woodbridge Foam Canada Woodbridge (Ontario)
14 autres usines