ARCHIVÉE — Pourquoi la petite-fille de Rosie, la riveuse, n'est-elle pas une personne de métier?
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Depuis une décennie environ, tant l'école que le monde du travail tentent de convaincre les filles de s'intéresser à des domaines d'activité à prédominance masculine. Une étude récente de la University of Alberta sur les filles et la science montre que malgré les grands pas franchis, il reste un grand nombre de facteurs qui rendent les jeunes femmes réticentes à poursuivre une carrière en science, notamment l'incertitude relative aux emplois disponibles après l'université et le manque de possibilités d'expérience de travail en science
Gary DaCosta, un enseignant de mécanique automobile à la Lester B. Pearson High School, à Burlington, en Ontario, et Stephen Gallagher, un enseignant de physique, de mathématiques et de calcul infinitésimal à la W.P. Wagner School of Science and Technology, à Edmonton, en Alberta, tous deux réfléchi à la question des femmes occupant des emplois nontraditionnels.
« Les filles possèdent une foule d'aptitudes fort utiles en mécanique automobile, dit M. DaCosta. Elles ont généralement une excellente motricité fine et elles sont plus patientes lorsque le travail exige une grande attention aux détails. »
M. Gallagher ajoute : « Elles sont aussi plus portées à discuter d'un problème et à l'examiner avant de se mettre au travail. Elles ont également tendance à vouloir s'assurer de la participation de tout le monde. »
Ni l'un ni l'autre de ces deux enseignants ne voient dans le milieu scolaire, dans les programmes d'études ni même dans la société des éléments susceptibles de décourager les filles de poursuivre des carrières axées sur les métiers ou sur les sciences exactes.
C'est tout simplement que « les filles ne considèrent pas que la mécanique automobile ou l'un des autres métiers sont des choix viables pour elles », explique M. DaCosta. Selon lui, même si les choses s'améliorent progressivement, il n'existe pas beaucoup de modèles pour les filles dans le monde du travail. Renee Boyce, enseignante de physique au Bishops College à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, abonde dans le même sens. Les filles peuvent exceller dans une carrière liée à la physique si l'on fait de la physique un élément pertinent à leur vie et à leurs intérêts, dit-elle.
M. Gallagher reconnaît que l'absence de modèles de fonction professionnelle est peut-être l'un des plus importants facteurs dissuasifs, mais il n'est pas certain que « dans un monde parfait, il y aurait autant de filles que de garçons » dans un domaine donné. Selon lui, il existe probablement des différences d'intérêts fondées sur le sexe, qui poussent les garçons et les filles dans des directions différentes. Les trois enseignants affirment que tout le monde devrait se sentir le bienvenu dans tous les cours et qu'il y a probablement des mesures à prendre pour que les filles se sentent plus à l'aise dans les ateliers et les laboratoires.
« Il est important de prêter une oreille attentive à leurs besoins, ajoute M. Gallagher. Les filles se sentent beaucoup plus à l'aise lorsqu'elles participent à la planification et à l'organisation du travail en classe. » Selon lui, le fait d'offrir une gamme assez étendue d'activités d'apprentissage et de créer des équipes de travail unisexes contribue à éliminer de nombreux problèmes. « Ce qui aide aussi, c'est de ne tolérer absolument aucune forme de discrimination, affirme M. DaCosta avec conviction. Je leur dis qu'il n'est pas nécessaire de posséder un chromosome Y pour manier une clé. Regardez Rosie, la riveuse. »