ARCHIVÉE — Mobiliser la collectivité
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Dans les collectivités autochtones, les écoles doivent mobiliser la collectivité.
Le problème n'est pas l'attitude des gens, mentionne Casey Brown. « Leurs doutes au sujet de l'école sont souvent justifiés. »
Il arrive que des parents souhaitent participer à l'éducation de leurs enfants dans la culture qu'ils veulent transmettre, et l'école peut être en mesure d'y prendre part et, par le fait même, de gagner leur confiance. « Pour de nombreuses raisons, plusieurs enfants autochtones, même ici à Yellowknife, ne sont pas exposés à beaucoup d'activités culturelles », affirme Eileen Erasmus. Certains parents peuvent, par exemple, occuper deux emplois, ce qui leur laisse peu de temps à consacrer à la transmission d'activités culturelles auprès de leurs enfants. Au fil du temps, les enfants peu exposés à leur propre culture deviennent à leur tour des parents et le problème s'aggrave.
Pour y remédier, Eileen et ses collègues organisent de nombreuses activités culturelles et les intègrent à leur programme scolaire.
Le premier groupe que Cassey Brown s'est donné pour mission de mobiliser, c'est le conseil de bande. Comme elle voulait gagner la confiance de la bande et des parents, elle leur a demandé ce qu'ils souhaitaient que l'école leur apporte.
La bande gérait très bien l'économie locale, mais devait se concentrer sur l'aspect social. « Ils savaient que nous pouvions y prendre part, mais ils voulaient s'assurer que nous étions engagés à travailler pour la collectivité. »
Elle a alors réalisé que l'enjeu était grandement lié à la fierté. Si les parents et leurs enfants pouvaient être fiers de leur école, ils la fréquenteraient avec fierté. Dans le cadre d'une conférence, Casey a déjà mentionné vouloir que chaque enfant de Fort McKay soit fier d'être un enfant de Fort McKay. En levant les yeux, elle a remarqué que des gens pleuraient. « Je me suis dit, okay Casey, ce n'est pas tout de le dire, il faut maintenant le faire. »
Bien que l'idée soit simple, il fallait pour la réaliser qu'elle devienne le point central de tout ce qu'entreprendraient Casey et ses collègues. Même la plaque d'immatriculation de Casey parle de fierté.
Selon Eileen, l'une des parties les plus importantes de son travail consiste à trouver des moyens pour que ses élèves réussissent, même si cela ne correspond pas aux objectifs du programme. « Lorsqu'un enfant a rédigé avec beaucoup de peine une histoire, j'essaie de trouver le moindre point positif — même s'il s'agit de trouver une aiguille dans une botte de foin — comme lui dire qu'il a trouvé de bons noms pour ses personnages. » La fierté de cette réalisation va se refléter sur d'autres plans.
Ce n'est pas seulement les enfants qui fréquentent actuellement l'école qui ont besoin de se sentir fiers, ce sont tous les enfants qui l'ont déjà fréquentée, explique Casey.
L'une des percées majeures est le résultat d'un programme qui incitait les enfants à porter leur fierté en créant des vêtements affichant la mention « Fier d'être un enfant de Fort McKay ». Casey se souvient avoir reçu un courriel l'informant que le chef portait un tel vêtement. « Je me suis dit ça y est. Voilà la relation que nous tentions d'établir. Il ne faut jamais la perdre. » (voir aussi l'article Éliminer la malbouffe : lancer et maintenir un programme de distribution de fruits)