LD-01 — Lignes directrices relatives à la mesure des champs radioélectriques de la gamme de fréquences de 3 KHz à 300 GHz

3e édition

Affiché sur le site Web d'Industrie Canada : le 19 mars 2015

Préface

La 3e édition des présentes lignes directrices, LD-01, Lignes directrices relatives à la mesure des champs radioélectriques dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz, remplace la 2e édition de la LD-01 publiée en octobre 2005. Le document a été révisé entièrement afin qu’il soit conforme à la plus récente version des lignes directrices figurant dans le Code de sécurité 6 de Santé Canada.

Publiée sous l’autorité du
ministre de l’Industrie

____________________________________
Daniel Duguay
Directeur général
Direction générale du génie, de la planification et des normes

Table des matières

  1. Objet
  2. Introduction
  3. Procédures d’évaluation pour vérifier la conformité aux limites basées sur le DAS
  4. Procédures de mesures spécifiques
  5. Exigences en matière de rapport
  • Annexe A — Limites du Code de sécurité 6 (CS6) applicables aux environnements non contrôlés
  • Annexe B — Logigramme général pour les procédures de mesure sur place
  • Annexe C — Incertitudes de mesure

1. Objet

Les présentes directives décrivent les procédures de mesure pour les différents types d'installations supportant les radiocommunications et la radiodiffusion, afin de vérifier la conformité aux exigences d'un « environnement non contrôlé » (y compris les limites, le contrôle des accès, etc.), établies dans le document de Santé Canada, intitulé Limites d’exposition humaine à l’énergie électromagnétique radioélectrique dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz — plus connu sous le nom de Code de sécurité 6. Ces procédures de mesure ont été élaborées en consultation avec Santé Canada.

Le présent document s'adresse aux personnes qui travaillent dans l'industrie des radiocommunications et de la radiodiffusion, en présumant que le vérificateur a des connaissances de base en théorie et en pratique des champs électromagnétiques, y compris la compréhension de la sécurité en matière de radiofréquence (RF). Il faut noter que ces procédures ne conviennent pas aux mesures dans la bande des très basses fréquences (sous 3 kHz).

2. Introduction

Comme il est décrit dans le document CPC-2-0-03, Systèmes d’antenne de radiocommunications et de radiodiffusion, Industrie Canada exige que toutes les installations radio soient exploitées en tout temps en conformité avec le Code de sécurité 6 (CS6) de Santé Canada, et ce, pour protéger le public. Afin de déterminer la conformité de ces installations radio, Industrie Canada a élaboré divers outils, lignes directrices et documents.

Le présent document, LD-01, Lignes directrices relatives à la mesure des champs radioélectriques dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz, est utilisé par le Ministère pour vérifier la conformité au CS6. Il couvre les procédures de mesure pour les installations supportant la radiodiffusion, les émissions à micro-ondes, les services mobiles terrestres, les téléphones cellulaires, les services de communications personnelles (SCP) et le radar. En outre, ces directives peuvent également être utilisées pour d'autres types de services.

La note technique NT-261, Modèle d’évaluation de l’exposition aux champs de radiofréquence selon le Code de sécurité 6 (CS6) (environnements non contrôlés), est un outil d'évaluation élaboré pour évaluer rapidement, par des calculs mathématiques, la conformité en matière d'exposition aux RF pour les sites d'antennes de radiocommunications simples.

Les Règles et procédures sur la radiodiffusion (RPR-1), Règles générales, précisent les renseignements requis lors de la présentation d'une demande de certificat de radiodiffusion afin d'en démontrer la conformité au CS6. Les RPR-1 décrivent les analyses requises et les autres méthodes utilisables, compte tenu des résultats des niveaux d'exposition aux RF présentés par le demandeur.

Le Ministère utilise un logiciel à l’interne pour évaluer la conformité au CS6 des sites de radiocommunications et de radiodiffusion. Les clients de l’extérieur peuvent utiliser des feuilles de calcul ou d’autres logiciels de modélisation qui tiennent compte des régions de champ proche et de champ éloigné, ainsi que des limites d’exposition applicables aux environnements non contrôlés, selon le CS6 afin d’analyser l’impact des stations de radiocommunication et de radiodifussion situées dans l’environnement local.

2.1 Instrumentation

Pour déterminer le type et la spécification des instruments de mesure qui seront utilisés pour mesurer l'exposition aux RF, on devrait consulter la norme IEEE STD C95.3 – Recommended Practice for Measurements and Computations of Radio Frequency Electromagnetic Fields with Respect to Human Exposure to Such Fields, 100 kHz-300 GHz, ou la norme IEC 62232 – Determination of RF field strength and SAR in the vicinity of radiocommunication base stations for the purpose of evaluating human exposure (en anglais seulement).

2.2 Mesures

Les procédures présentées dans ce document peuvent être utilisées pour vérifier la conformité aux limites applicables aux « environnements non contrôlés », selon le CS6, pour les cas suivants :

  1. mesures des champs électromagnétiques (EM) rayonnants;
  2. mesure des champs EM de fuite et des champs EM rerayonnés;
  3. mesure des courants induits et de contact.

2.3 Services de radiocommunications

Les services permis dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 65 MHz sont (entre autres) les suivants : navigation maritime, radionavigation et radiocommunications aéronautiques, radiodiffusion AM analogique, radiodiffusion ondes courtes, service fixe et service mobile terrestre, télédiffusion VHF et radioamateur. Dans cette gamme de fréquences, les procédures et techniques de mesure varient selon la fréquence et la nature du service. En règle générale, dans les services dont la fréquence de fonctionnement est au-dessous de 65 MHz, il peut être nécessaire de mesurer les champs électriques (E) et les champs magnétiques (H). Dans le cas de certaines émissions à grande puissance, par exemple le service de radiodiffusion AM, il faut parfois aussi mesurer les courants induits et les courants de contact.

Les services dans la gamme de fréquences de 65 MHz à 300 GHz comprennent (entre autres) la radiodiffusion VHF (FM), la télévision VHF/UHF et la radiodiffusion numérique, le service fixe, le service mobile terrestre, les SCP et les systèmes satellites. Dans cette gamme de fréquences, la longueur d'onde des champs électromagnétiques et les dimensions de l'antenne sont relativement faibles. En conséquence, les mesures sont normalement faites dans les régions de champ éloigné, et, en général, seul le champ électrique (E) doit être mesuré. Dans le champ éloigné, le champ magnétique (H) et le champ électrique (E) sont orthogonaux et sont reliés par une constante (377 Ω – l'impédance caractéristique de l'espace libre). Dans ce cas, on obtient la densité de puissance en divisant |E|2 par l'impédance caractéristique de l'espace libre. On peut donc mesurer seulement le champ E. En plus des mesures de champs, les mesures du courant induit et du courant de contact peuvent aussi être nécessaires pour les services fonctionnant jusqu'à 110 MHz.

Note : Les mesures en champ éloigné sont valides dès que les mesures sont réalisées dans la région du champ éloigné de chaque élément rayonnant du site à l'étude.

2.4 Régions de champ proche et de champ éloigné

L’espace autour d’une antenne rayonnante peut être divisé en deux régions : le champ proche et le champ éloigné. Pour une antenne dont la dimension maximale hors tout est petite par rapport à la longueur d’onde (c.-à-d. des antennes électriquement petites), la région de champ proche est une région d’induction, et les champs électrique et magnétique emmagasinent de l’énergie tout en produisant peu de rayonnement. L’énergie ainsi stockée est transférée périodiquement entre l’antenne et la région de champ proche. Cette région d’induction s’étend de l’antenne à une distance R.

\[R = \frac{\lambda}{2\pi}\]


(éq. 2.1)

où « λ » est la longueur d’onde.

Il n'existe pas de formule générale permettant d'estimer l'intensité de champ en région de champ proche pour les petites antennes. On ne peut faire des calculs exacts que pour les sources bien définies, par exemple les dipôles et les antennes unipolaires.

Dans le cas d'antennes dont les dimensions sont grandes par rapport à la longueur d'onde (c.-à-d. des antennes électriquement grandes), la région de champ proche comprend la région d'induction qui s'étend sur la distance obtenue à l'équation 2.1, et qui est suivie d'une région de rayonnement. Dans la région de rayonnement proche, l'intensité de champ ne diminue pas nécessairement de façon constante à mesure qu'on s'éloigne de l'antenne, mais peut présenter un caractère oscillatoire. Le critère couramment utilisé pour définir la distance de la source où commence le champ éloigné est celui où la phase des champs à partir de tous les points sur l'antenne a un écart d'au plus λ/16. La distance à partir de l'antenne qui satisfait à ce critère est calculée comme suit :

\[R = \frac{2 \cdot D^2}{\lambda}\]


(éq. 2.2)

où « D » correspond à la plus grande dimension de l’antenne (en mètres) [habituellement associée à la longueur].

On peut obtenir une distance pratique réaliste à partir d’une grande antenne (comme un réflecteur parabolique), qui concorde assez bien avec les résultats expérimentaux, grâce à la formule suivante :

\[R = 0,5 \frac{D^2}{\lambda}\]


(éq. 2.3)

Le lecteur trouvera de plus amples informations sur les régions de champ proche et de champ éloigné dans l’annexe de la note technique, NT-261 – Modèle d’évaluation de l’exposition aux champs de radiofréquences selon le Code de sécurité 6 (CS6) (environnements non contrôlés).

3. Procédures d’évaluation pour vérifier la conformité aux limites basées sur le DAS

Quand on vérifie la conformité aux exigences du CS6, les niveaux de référence associés aux limites applicables aux environnements non contrôlés sont associés à différentes restrictions de base (voir l'annexe A). De 3 kHz à 10 MHz, les niveaux de référence reposent soit sur la stimulation nerveuse (SN), soit sur le débit d'absorption spécifique (DAS). De 10 MHz à 6 GHz, les niveaux de référence sont basés sur le DAS seulement. Enfin, au-delà de 6 GHz, les limites de référence sont basées sur la densité de puissance.

Une période de référence spécifique est associée aux limites basées sur la SN et le DAS. Pour ce qui est des limites basées sur la SN, la période de référence est une mesure instantanée. Pour les limites basées sur le DAS, la période de référence est généralement associée à une exposition supérieure à 6 minutes.

La présente section porte sur les procédures de mesure permettant de déterminer la conformité aux limites basées sur le DAS. La section 4 porte sur des situations spécifiques où il faut établir la conformité par rapport aux limites basées sur la SN ou la densité de puissance.

3.1 Aperçu des procédures d’évaluation de la conformité aux exigences relatives aux RF

Les sites dotés d’antenne de radiocommunications et/ou de radiodiffusion doivent satisfaire aux limites imposées par le CS6 (dans les zones accessibles au public) concernant les environnements non contrôlés. Pour s’assurer de leur conformité, on devra suivre les étapes suivantes (voir le logigramme de l’annexe B) :

  1. Une étude de l’environnement de radiocommunications devra être effectuée avant de procéder aux mesures sur place. On devra recueillir les données se rapportant aux services localisés à une distance spécifiée pour le site à l’étude. Le vérificateur devrait particulièrement recueillir toutes les données pour les stations de radiodiffusion dans un rayon de 1 km, et toutes les données pour les émetteurs terrestres fixes des services radio mobiles, cellulaires, SCP, à micro-ondes, radar, de radiolocalisation, etc., situés dans un rayon de 100 m.
  2. Des calculsNote de bas de page 1 doivent être effectués afin d’estimer les niveaux RF du site évalué de façon à déterminer approximativement les emplacements à vérifier (c.-à-d. les emplacements dont le niveau de RF est égal ou supérieur à 50 % de la limite applicable aux environnements non contrôlés).

    Note : Si l’analyse théorique révèle qu’en aucun emplacement l’intensité n’est égale ou supérieure à 50 % de la limite applicable aux environnements non contrôlés (dans les zones accessibles au public), on estimera que le site est conforme et qu’il n’est pas nécessaire de prendre des mesures sur place.
  3. Il faut tenir compte de la distance du champ éloigné au moment de choisir les emplacements à vérifier. En règle générale, si un emplacement est situé dans le champ éloigné de tout élément rayonnant présent sur place, une mesure du champ E est suffisante. Autrement, lorsque le public a accès à la région de champ proche, il faut mesurer les champs E et H.
  4. Le choix du matériel à bande étroite et/ou à large bande utilisé pour effectuer les mesures sur place repose sur les bandes de fréquences présentes sur le site et les résultats de l’étude de l’environnement radio.
  5. Pour déterminer s’il y a lieu d’utiliser une moyenne temporelle pour les mesures détaillées faites sur place, le vérificateur devrait caractériser les diverses émissions présentes sur place en tenant compte de la variation temporelle des signaux de RF.

    Note : On a constaté, dans de nombreuses évaluations de mesures faites par le Ministère, que les signaux ne sont habituellement pas uniformes dans les deux premiers mètres au-dessus du sol (variation spatiale). Par conséquent, il faut calculer la moyenne spatiale entre 0,2 et 1,8 m au-dessus du sol, des toits, etc., pour toutes les mesures détaillées (voir la section 3.2.3).
  6. En utilisant les emplacements indiqués à la 2e étape comme points de départ, on doit faire un tour rapide du site (voir la section 3.2.2) afin de déterminer les emplacements où les niveaux de RF sont élevés (≥ 50 % des limites applicables aux environnements non contrôlés, y compris l’incertitude des mesures) et où des mesures détaillées doivent être effectuées. La configuration du tour rapide dépend du site à vérifier. Le tour rapide de vérification doit normalement être basé sur au moins huit rayons également espacés. Toutefois, lorsque les rayons sont difficiles à suivre, il peut être fait de façon aléatoire, pourvu que l’on couvre la même superficie. En outre, il devrait couvrir les autres emplacements accessibles au public (p. ex., sentiers avoisinants, plates formes d’observation, aires de repos, etc.). Une attention particulière doit aussi être portée aux points d’ancrage des haubans où le public pourrait avoir accès (dégagement minimum de 20 cm pour la prise de mesures), et où des niveaux élevés de rerayonnement peuvent être présents. Lorsque le tour rapide suit huit rayons également espacés, on devrait aller de la distance d’évaluation maximale, déterminée à la 2e étape ci-dessus, jusqu’à un point de référence central du site (p. ex., jusqu’au point de contrôle de l’accès comme une clôture, ou la base des pylônes si le public y a accès).

    Si les mesures doivent être effectuées à des emplacements distincts plutôt que de façon continue, la distance entre ces emplacements ne devrait pas dépasser deux mètres. Il faut prendre au moins quatre lectures sur chaque rayon pour chaque pylône, à partir de la distance de mesure maximale et en se dirigeant vers le pylône. Il pourrait être nécessaire d’augmenter le nombre de rayons et/ou la distance de mesure à partir du point de référence central si les mesures indiquent que des mesures supplémentaires devraient être prises pour vérifier le respect des limites fixées dans le Code de sécurité 6 à tous les endroits près du site auxquels le public peut avoir accès.
  7. Il faut voir clairement les antennes au moment d’effectuer les mesures sur place et ce, à au moins 20 cm de tout objetNote de bas de page 2 afin d’éviter les effets de couplage. Dans le cas des sites situés sur un toit d’immeuble, on doit, au minimum, effectuer des mesures aux emplacements où un membre du public pourrait être exposé au lobe principal et aux lobes secondaires des antennes.
  8. Il faut envisager de prendre des mesures du courant induit et du courant de contact si le site à l’étude comporte des émetteurs qui fonctionnent à une fréquence de 110 MHz ou moins.
  9. On doit conserver un rapport écrit dans lequel figurent les emplacements de mesure, la date, l’heure, les conditions météorologiques, la température ambiante, des photographies du site, les niveaux mesurés et la durée de la prise de mesure.
  10. Il faut tenir compte des incertitudes de mesure lors de la vérification.

3.2 Procédures de mesure de l’intensité de champ et de la densité de puissance

3.2.1 Caractérisation (variation temporelle) du site

Comme il est mentionné à la 5e étape de la section 3.1, le vérificateur doit d’abord caractériser le site d’émission en fonction de la variation temporelle des signaux de RF. Pour ce faire, il peut placer l’appareil de mesure (dans le champ éloigné) approximativement à l’endroit où l’évaluation théorique indique l’intensité maximaleNote de bas de page 3. La sonde devrait être installée sur un trépied non métallique à une hauteur comprise entre 1,0 et 1,8 m au-dessus du plan de référence où les mesures sont prises (sol, toit, etc.).

Les mesures sont d’abord recueillies sans arrêt pendant 6 minutes afin d’évaluer l’intensité moyenne du champ (ou la densité de puissance moyenne). Par la suite, une deuxième série de mesures (d’une durée de 6 minutes) est effectuée pour déterminer l’amplitude des variations par rapport à la moyenne évaluée dans la première série de mesures.

Si les variations de l’intensité moyenne du champ sont inférieures à ±20 % (ou ±36 % en densité de puissance)Note de bas de page 4, il ne sera pas nécessaire de calculer la moyenne temporelle pour le reste de la vérification, car les signaux sont considérés comme uniformes dans le temps. Ceci est généralement prévu dans le cas des sites de radiodiffusion (comme les stations FM). Dans ce cas, seule la moyenne spatiale obtenue par balayage sera requise car le signal est considéré comme étant spatialement non uniforme à proximité du sol. Toutefois, si les variations de l’intensité de champ sont supérieures à ±20 % (ou ±36 % en densité de puissance), il faudra alors établir les deux moyennes (spatiale et temporelle) pendant 6 minutes pour les mesures restantes, comme il est décrit à la section 3.2.3.2, car les signaux seront alors considérés comme étant temporellement et spatialement non uniformes.

Note : Les phénomènes transitoires dans les instruments de mesure ou les effets sporadiques électrostatiques instantanés peuvent créer des variations brusques dans les signaux de RF mesurés. Quand on détermine l’amplitude des variations temporelles des signaux, ces variations brusques dans le temps ne devraient pas être prises en considération.

3.2.2 Tour rapide

Une fois la caractérisation temporelle terminée, le vérificateur doit faire un tour rapide du site en utilisant un appareil de mesure, tel que décrit à la 6e étape de la section 3.1, afin de déterminer les emplacements pouvant présenter des niveaux de RF élevés. On doit utiliser les résultats de l’évaluation théorique comme point de départ. En règle générale, le vérificateur doit tenir l’appareil de mesure loin de son corps et ne doit pas se placer directement devant ou derrière l’appareil de mesure (c. à d. sonde ou antenne). Également, aucun objet ne doit se trouver en deçà de quelques mètres du vérificateur. L’appareil de mesure doit en outre être orienté en direction des antennes émettrices. L’appareil doit être maintenu à une hauteur comprise entre 0,2 et 1,8 m au-dessus du sol ou du plan de référence horizontal où les mesures sont effectuées. Des mesures détaillées, tenant compte de la moyenne spatiale et, le cas échéant, de la moyenne temporelle, sont requises aux emplacements où le signal de RF est égal ou supérieur à 50 % des limites du CS6 applicables aux environnements non contrôlés, compte tenu de l’incertitude de l’équipement de mesure.

3.2.3 Mesures détaillées

On doit calculer la moyenne spatiale à chaque endroit où des mesures détaillées sont prises (voir la section 3.2.2). Toutefois, selon les résultats de la caractérisation de la variation temporelle du site (voir la section 3.2.1), la moyenne spatiale le long d’une ligne verticale représentant l’étendue verticale du corps humain peut être obtenue soit par un balayage rapide, soit par des mesures visant à déterminer la moyenne temporelle de la manière décrite dans les deux sections suivantes.

Note : Le vérificateur doit s’assurer que l’appareil de mesure est correctement configuré en vue de toutes les mesures relatives au CS6. Par exemple, les instruments de mesure utilisés dans un environnement multifréquences doivent de préférence pouvoir faire la somme des niveaux d’exposition normalisés de toutes les fréquences présentes, en fournissant le niveau d’exposition normalisé total. Si l’on envisage de mesurer directement l’intensité de champ ou la densité de puissance, ces mesures doivent alors être faites séparément pour chaque fréquence, car les limites CS6 varient selon la fréquence.

Quand on effectue des mesures détaillées de l’intensité de champ et/ou de la densité de puissance (p. ex., pour les sites d’émission de radiodiffusion FM et numérique, de télédiffusion VHF, UHF et numérique, de SDM et de services cellulaires), le mode de mesure doit être réglé pour donner la valeur efficace moyenne (valeur RMS moyenne).
3.2.3.1 Moyenne temporelle non requise (moyenne spatiale par balayage)

Si la caractérisation temporelle du site (voir la section 3.2.1) indique qu’il n’est pas nécessaire d’évaluer la moyenne temporelle, on peut procéder à un balayage vertical rapide au moyen d’une sonde isotrope sur une hauteur correspondant à la taille d’un corps humain (de 0,2 à 1,8 m), afin de déterminer la valeur moyenne spatiale. En règle générale, si le temps de réponse de la sonde est rapide, le balayage spatial peut être effectué en 30 secondesNote de bas de page 5 environ. Dans le cas des sondes dont le temps de réponse est supérieur à 1 seconde, la vitesse du balayage vertical doit être telle que l’on prend au moins 30 échantillons pour calculer la moyenne spatiale.

Balayage pour déterminer la moyenne spatiale sur l’étendue verticale d’un corps humain (de 20 cm à 1,8 m) pour un champ électrique uniforme dans le temps

Figure 1 : Balayage pour déterminer la moyenne spatiale sur l’étendue verticale d’un corps humain (de 20 cm à 1,8 m) pour un champ électrique uniforme dans le temps

La figure représente un balayage vertical rapide au moyen d’une sonde isotrope sur l'étendue verticale d’un corps humain de 0,2 à 1,8 m.


Note : Si on utilise une sonde à axe unique au lieu d’une sonde isotrope, il faudra évaluer des moyennes spatiales détaillées.
3.2.3.2 Moyenne temporelle requise (moyenne spatiale détaillée)

Si des mesures de la moyenne temporelle sont nécessaires, il faut alors enregistrer sur une période de 6 minutes chacun des cinq points situés sur la ligne verticale qui représente l’étendue verticale d’un corps humain. Les 5 points doivent être équidistants (voir la figure 2 ci-dessous). En utilisant la moyenne temporelle évaluée pour chacun des 5 points, la moyenne spatiale est calculée pour cet emplacement spécifique en prenant la moyenne des 5 points. Pour plus de commodité, il est suggéré de placer la sonde sur un trépied non métallique lorsqu’on prend des mesures détaillées des moyennes temporelle et spatiale.

Exemple d’une grille pour mesurer le niveau d’un signal à l’aide des moyennes temporelle et spatiale et calcul de la valeur moyenne d’exposition en pourcentage des limites du CS6 (environnements non contrôlés)

Figure 2: Exemple d’une grille pour mesurer le niveau d’un signal à l’aide des moyennes temporelle et spatiale et calcul de la valeur moyenne d’exposition en pourcentage des limites du CS6 (environnements non contrôlés)

La figure représente 5 points le long d’une ligne verticale représentant l’étendue verticale d'un corps humain. Le point inférieur est à 0,2 mètres du sol ou du toit et le point supérieur est à 1,8 mètre. Les points de 1 à 5 ont des valeurs de 25 %, 28 %, 30 %, 31 % et 27 %, dont la moyenne est de 28,2 %.


Les trois équations suivantes illustrent comment calculer la moyenne spatiale au moyen de la ligne verticale à 5 points. On emploie la première équation si on utilise des sondes qui mesurent directement l’exposition totale en pourcentage de la limite, tandis qu’on emploie les deux autres équations pour les mesures de densité de puissance et d’intensité de champ, respectivement. L’incertitude de l’équipement de mesure doit être prise en considérations lorsque ces équations sont utilisées.

A) Calcul de la moyenne spatiale au moyen des valeurs d’exposition totale en pourcentage normalisé :

L’emplacement mesuré est conforme si :

\[\frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left( \frac {Ex\%_{Moy}} {100} \right)_j \leq 1 \]


(éq. 3.1)

où : (Ex%Moy)j est la moyenne temporelle de l’exposition totale en pourcentage normalisé au point j sur la ligne verticale.

L’équation 3.1 doit être utilisée pour des mesures en champ éloigné. On présume également que la sonde est configurée pour utiliser à l’interne le carré des valeurs de champ afin de déterminer le niveau d’exposition normalisé.

B) Calcul de la moyenne spatiale à l’aide des mesures de densité de puissance :

L’emplacement mesuré est conforme si :

\[ \sum^N_{i=1} \left( \frac {S_i} {S_{CS6,i}} \right) \leq 1 \]


avec
\[S_i = \frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left( S_{Moy,i} \right)_j \]


(éq. 3.2)
où :
  • N est le nombre total de fréquences sur le site;
  • Si est la moyenne spatiale de la densité de puissance pour la ième fréquence;
  • (SMoy)j est la moyenne temporelle de la densité de puissance pour la ième fréquence au point j de la ligne verticale;
  • SCS6,i est la limite de densité de puissance selon CS6 pour la ième fréquence.

L’équation 3.2 peut aussi être utilisée pour des mesures en champ éloigné seulement. Comme la sonde mesure les densités de puissance, on présume qu’elle utilise à l’interne le carré des valeurs de champs.

C) Calcul de la moyenne spatiale à l’aide des mesures d’intensité de champ :

L’emplacement mesuré est conforme si :

\[ \sum^N_{i=1} \left( \frac {E_i} {E_{CS6,i}} \right)^2 \leq 1 \]


avec
\[ E_i = \sqrt{ \frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left( E_{MoyRMS,i} \right)_{j}^2 } \]


(éq. 3.3)
où :
  • N est le nombre total de fréquences sur le site;
  • Ei est la moyenne spatiale de l’intensité de champ pour la ième fréquence;
  • (EMoyRMS,i)j est la moyenne temporelle RMS de l’intensité de champ pour la ième fréquence au point j de la ligne verticale;
  • ECS6,i est la limite d’intensité du champ électrique selon le CS6 pour la ième fréquence.

L’équation 3.3 peut être utilisée pour les mesures effectuées dans les régions de champ proche et de champ éloigné.

Note : Dans un environnement où il y a plusieurs bandes de fréquences, les instruments de mesure sont habituellement capables d’additionner les valeurs d’exposition combinées sans que l’utilisateur n’ait à faire de calculs manuels.

Si les mesures sont prises selon un seul axe à la fois, on doit combiner la moyenne temporelle RMS (pendant 6 minutes) de chacun des trois axes pour obtenir la moyenne temporelle RMS de l’intensité de champ au point j (EMoyRMS,i)j, à l’aide de l’équation suivante :

\[ \left(E_{MoyRMS,i} \right)_j = \sqrt{ \sum^3_{k=1} \Big[ \left(E_{MoyRMS,i} \right)_{j,k} \Big]^2 } \]


(éq. 3.4)

où : (EMoyRMS,i)j,k est la moyenne temporelle RMS de l’intensité de champ pour la ième fréquence au point j sur la ligne verticale le long de l’axe k(k=x, y et z).

3.2.3.3 Application de l’incertitude de l’équipement de mesure

Comme l’indique la 10e étape de la section 3.1, on doit inclure l’incertitude de l’instrument de mesure à chaque mesure avant de déterminer la conformité (voir l’annexe C). Les deux exemples suivants indiquent comment tenir compte de l’incertitude de l’instrument de mesure.

Premier exemple :

L’appareil de mesure indique 25 % des limites selon le CS6 applicables aux environnements non contrôlés. Si l’incertitude de l’appareil est de ±3 dB, le pourcentage d’exposition peut atteindre 50 % des limites selon le CS6 applicables aux environnements non contrôlés. Par conséquent, il faut envisager d’effectuer des mesures détaillées à cet emplacement (voir la section 3.2.3).

Deuxième exemple :

L’appareil de mesure indique 10 % des limites selon le CS6 applicables aux environnements non contrôlés. Si l’incertitude de l’appareil est de ±3 dB, le pourcentage d’exposition peut atteindre 20 % des limites selon le CS6 applicables aux environnements non contrôlés. Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’effectuer des mesures détaillées à cet emplacement.

3.3 Procédures de mesure du courant induit et du courant de contact

Il faut effectuer des mesures du courant induit et du courant de contact si des émetteurs de l'environnement en question fonctionnent à des fréquences égales ou inférieures à 110 MHz.

Dans certaines conditions, le courant induit peut dépasser les limites figurant au tableau A.4 de l'annexe A, et ce, même si l'intensité du champ électrique est inférieure aux limites figurant aux tableaux A.1 et A.3 de l'annexe A. Ces conditions peuvent se produire même lorsque l'intensité du champ électrique n'atteint que 25 % de la limite d'exposition. Par conséquent, lorsque le champ électrique est égal ou supérieur à 25 % de la limite applicable aux environnements non contrôlés, le courant induit à travers un seul pied devrait être mesuré à l'aide d'une pince ampérométrique ou d'une plateforme à bas profil composée de deux plaques conductrices parallèles superposées et isolées l'une de l'autre. Les premières mesures du courant induit doivent être effectuées aux emplacements où l'intensité de champ est la plus élevée.

Pour les fréquences entre 400 kHz et 110 MHz, on doit utiliser la limite de courant induit basée sur le DAS avec une période de référence de 6 minutes, et suivre les étapes ci-dessous lorsqu'il faut mesurer le courant induit au moyen d'une pince ampérométrique.

  1. Le vérificateur doit se rendre à chaque emplacement de champ élevé déterminé pendant le tour rapide décrit à la section 3.2.2. On doit consigner les détails caractérisant ces emplacements (p. ex., photos, coordonnées géographiques, description de l’emplacement).
  2. À chaque emplacement indiqué à la 1re étape, le vérificateur doit se tenir debout, sans toucher aux objets métalliques avec la pince ampérométrique fixée à sa cheville. Il doit modifier la position de ses bras afin d’obtenir une lecture maximale. L’incertitude de l’équipement de mesure doit être ajoutée au courant RMS moyen mesuré, puis le carré de cette valeur est ensuite comparé au carré de la limite de courant induit applicable aux environnements non contrôlés indiqué au tableau A.4 de l’annexe A. Si la caractérisation (variation temporelle) du site décrite à la section 3.2.1 indique qu’il faut calculer la moyenne temporelle, on doit obtenir la valeur RMS moyenne sur une période de référence de 6 minutes, sinon une période de 30 secondes est jugée suffisante (voir la note ci-dessous).

De même, le courant de contact peut dépasser les limites figurant au tableau A.5 de l'annexe A, même si l'intensité du champ électrique, qui représente un élément important contribuant au courant de contact, est inférieure aux limites figurant aux tableaux A.1 et A.3 de l'annexe A. Ces conditions peuvent se produire même lorsque l'intensité du champ électrique n'atteint que 25 % de la limite d'exposition. Par conséquent, lorsque le champ électrique est égal ou supérieur à 25 % de la limite applicable aux environnements non contrôlés, le courant de contact devrait être mesuré pour tout objet métallique conducteur avec lequel une personne pourrait entrer en contact et qui est situé dans un champ de RF de grande intensité. Les mesures doivent être effectuées à l'aide d'un circuit électrique dont l'impédance est égale à celle du corps humain ou avec une pince ampérométrique.

Dans le cas des fréquences comprises entre 100 kHz et 10 MHz (p. ex., les stations AM), on doit utiliser la limite de courant de contact basée sur le DAS, avec une période de référence instantanée. Par conséquent, une durée de mesure d'environ 30 secondes peut être envisagée pour obtenir la valeur RMS maximale du courant de contact (compte tenu de l'incertitude des mesures). Toutefois, selon les résultats de la caractérisation (variation temporelle) du site (voir la section 3.2.1), le temps de mesure peut être prolongé jusqu'à 6 minutes afin de s'assurer d'obtenir la valeur RMS maximale. Pour déterminer la conformité, on doit comparer le carré de la valeur RMS maximale (obtenue sur une période de 6 minutes ou sur une période de 30 secondes) au carré de la limite de courant de contact basée sur le DAS, spécifiée au tableau A.5.

Pour les fréquences comprises entre 10 MHz et 110 MHz (p. ex., sites de radiodiffusion FM et de télévision [canaux de télévision de 2 à 6]), on doit utiliser la limite de courant de contact basée sur le DAS sur une période de référence de 6 minutes. Par conséquent, on doit régler la pince ampérométrique pour obtenir la valeur RMS moyenne, et on doit comparer le carré de la valeur du courant de contact mesuré (compte tenu de l'incertitude des mesures) au carré de la limite de courant de contact basée sur le DAS figurant au tableau A.5. Si on doit déterminer la moyenne temporelle d'après les résultats de la caractérisation (variation temporelle) du site, décrite à la section 3.2.1, on doit obtenir la valeur RMS moyenne sur une période de référence de 6 minutes, sinon une période de 30 secondes est jugée suffisante (voir la note ci-dessous).

On doit suivre les étapes suivantes lorsque des mesures du courant de contact sont requises et prises à l'aide d'une pince ampérométriqueNote de bas de page 6.

  1. Effectuer une inspection visuelle de la zone autour de l'emplacement de l'antenne pour déterminer s'il y a des objets conducteurs qui pourraient être accessibles au public. Les caractéristiques des emplacements ainsi relevés doivent être consignées (p. ex., photographies, coordonnées géographiques, description de l'objet).
  2. Prendre les mesures du champ E ou du champ H près de l'objet conducteur, à une distance égale ou supérieure à la distance de séparation minimale recommandée (p. ex., 20 cm). Si les limites applicables aux champs E ou H sont dépassées, l'objet conducteur doit alors être considéré comme un point de surexposition (non-conformité) et aucune autre mesure n'est requise. Sinon, passer à l'étape 3) et utiliser une pince ampérométrique.
  3. Prendre les mesures en portant la pince ampérométrique autour du poignet et en touchant l'objet à tester avec l'index tout en portant un gant de tissu ou de caoutchouc.
  4. Si les limites de courant de contact sont dépassées, l'objet conducteur doit alors être considéré comme un point de surexposition (non-conformité) et aucune autre mesure n'est requise. Sinon, passer à l'étape 5).
  5. Prendre les mesures en portant la pince ampérométrique autour du poignet et en touchant l'objet à tester avec l'index (sans porter de gant) pendant une période de référence de 6 minutes ou de 30 secondes, de la manière décrite à l'étape 3), et comparer le carré de la valeur RMS maximale ou moyenne mesurée du courant de contact (compte tenu de l'incertitude de mesure) avec le carré de la limite du courant de contact applicable aux environnements non contrôlés, figurant au tableau A.5.
Note : Une période de référence de 6 minutes est applicable aux fréquences comprises entre 400 kHz et 110 MHz pour les limites de courant induit (voir le tableau A.4 de l’annexe A) et entre 10 et 110 MHz pour les limites de courant de contact (voir le tableau A.5 de l’annexe A). Par conséquent, la caractérisation (variation temporelle) du site (voir la section 3.2.1) indiquera s’il faut déterminer la moyenne temporelle. Si c’est le cas, on mesurera la valeur RMS moyenne du courant de contact et du courant induit sur une période de référence de 6 minutes. Si la moyenne temporelle n’est pas requise, on pourra mesurer la valeur RMS moyenne du courant de contact et du courant induit sur une période de référence de 30 secondes sans arrêt. Toutefois, si les valeurs mesurées du courant de contact et du courant induit varient grandement (c.-à-d. de plus de ±20 %) malgré les résultats de la caractérisation (variation temporelle) du site, le temps requis pour l’établissement de la moyenne devrait être prolongé à 6 minutes.

4. Procédures de mesures spécifiques

La section qui suit présente les procédures de mesure pour des types spécifiques de sites d’émission. Sauf indication contraire, les procédures générales de mesure décrites à la section 3 s’appliquent.

4.1 Procédures de mesure pour les sites d'émission de radio FM, de radio numérique, de télévision VHF/UHF/numérique et de systèmes de distribution multipoint (SDM)

Les procédures générales de mesure décrites à la section 3, pour vérifier la conformité au CS6, s'appliquent aux sites d'émission de radio FM, de radio numérique, de télévision VHF/UHF/numérique et de SDM.

Pour ce qui est des courants induits et de contact, on doit procéder aux mesures si des émetteurs dans l'environnement en question fonctionnent à des fréquences égales ou inférieures à 110 MHz (voir la section 3.3).

4.2 Procédures de mesure pour les sites d’émission AM

Les limites d’intensité de champ et de courant basées sur la SN et le DAS peuvent s’appliquer à une station AM, tout dépendant de sa fréquence de fonctionnement (voir les tableaux A.1, A.2, A.4 et A.5 de l’annexe A). Par conséquent, les périodes de référence applicables seront soit la référence instantanée, soit la référence de 6 minutes. Les périodes de référence instantanée sont considérées par la mesure des valeurs RMS maximales de champ et de courant pendant 30 secondes, tandis que les périodes de référence de 6 minutes impliquent la mesure des valeurs RMS moyennes de champ ou de courant. Comme les mesures RF pour les stations AM sont habituellement prises dans la région de champ proche, on doit mesurer l’intensité des champs électrique et magnétique lorsque l’on effectue des mesures détaillées.

En raison de la distance entre les antennes (pylônes) des réseaux AM, il faut vérifier chaque pylône séparément. Pour chaque pylône, on peut établir une distance radiale pratique à partir de laquelle les mesures peuvent commencer, et puis se diriger vers le pylône jusqu’à l’emplacement où l’accès au public est restreint (voir les procédures relatives aux stations AM dans le document RPR-1Note de bas de page 7). Pour déterminer la distance de mesure initiale d’après la procédure décrite dans le RPR-1 et applicable aux stations AM, on doit sélectionner 50 % de la limite la plus stricte de l’intensité des champs électrique et magnétique (valeur la plus faible) entre la limite basée sur la SN et la limite basée sur le DAS (voir les tableaux A.1 et A.2 de l’annexe A). Quand la méthode RPR-1 est utilisée, la zone de mesure de chaque pylône doit être définie en fonction de la puissance de l’émetteur proposée à sa base. Il ne s’agit que d’une méthode approximative, mais elle est assez précise dans la plupart des situations. En cas de doute, dans le cas des pylônes de faible puissance, il est recommandé d’utiliser un rayon de mesure d’au moins 5 mètres.

Les valeurs limites du CS6 applicables aux environnements non contrôlés se trouvent d’ordinaire le long d’une zone généralement circulaire ou légèrement ovoïde autour de la base de chaque pylône. Pour obtenir des mesures détaillées, il faut prendre au moins 4 lectures sur chaque rayon de chaque pylône, à partir de la distance de mesure maximale et en se rapprochant du pylône. En règle générale, il ne faut tenir compte que du pylône le plus « chaud », c.-à-d. celui où le courant est le plus élevé. Si les limites applicables aux environnements non contrôlés selon le CS6 sont dépassées dans les zones accessibles au public pour le pylône le plus « chaud », on prendra les mesures aux autres pylônes dans l’ordre décroissant du courant au pylône. Le rayon de mesure calculé pourrait devoir être prolongé quand les lectures à l’emplacement de départ dépassent déjà les limites du CS6 applicables aux environnements non contrôlés.

Comme il est indiqué ci-dessus, les limites d’intensité de champ basées sur le DAS et la SN sont applicables, dépendamment de la fréquence de fonctionnement de la station AM. On doit se reporter à la section 3.2 pour déterminer la conformité aux limites d’intensité de champ basées sur le DAS. Comme la puissance rayonnée par une station AM varie en fonction de sa modulation, il faudra probablement déterminer sa moyenne temporelle sur une période sans arrêt de 6 minutes. Toutefois, la caractérisation (variation temporelle) du site (voir la section 3.2.1) indiquera s’il faut déterminer ou non une telle moyenne. Si la moyenne temporelle n’est pas requise, la durée de la mesure peut être réduite à 30 secondes. Pour évaluer la conformité, on doit comparer le carré de la valeur RMS moyenne de l’intensité de champ (obtenue sur une période de mesure de 6 minutes ou de 30 secondes) au carré de la limite d’intensité de champ basée sur le DAS (voir la note ci-dessous pour les calculs).

Dans le cas des limites d’intensité de champ basées sur la SN, les méthodes de caractérisation du site, de tour rapide et de détermination de la moyenne spatiale, présentées aux sections 3.2.1 à 3.2.3 s’appliquent également. Comme le Code de sécurité 6 demande que l’on utilise une période de référence instantanée pour évaluer la conformité aux limites d’intensité de champ basées sur la SN, on doit alors mesurer la valeur RMS maximale de l’intensité de champ sur une période d’environ 30 secondes. Toutefois, selon les résultats de la caractérisation (temporelle) du site, le temps de mesure peut être prolongé à 6 minutes afin d’obtenir la valeur RMS maximale. Afin d’évaluer la conformité, la valeur RMS maximale de l’intensité de champ (obtenue sur une période de 6 minutes ou de 30 secondes) doit être comparée à la limite de l’intensité de champ basée sur la SN (voir la note ci-dessous pour les calculs).

Note : Pour les limites basées sur la SN, on calcule la moyenne spatiale en faisant la somme des 5 mesures spatiales de l’intensité de champ, et en divisant le résultat par le nombre d’échantillons. Dans l’équation suivante, on utilise une seule fréquence de fonctionnement. Toutefois, l’équation est valable également pour plusieurs fréquences si la limite applicable du CS6 est la même pour toutes les fréquences.

\[ \frac {E_{SN}} {E_{CS6-SN}} \leq 1 \]


pour assurer la conformité aux limites, où
\[E_{SN} = \frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left( E_{MaxRMS} \right)_{j} \]


(éq. 4.1)

Dans l’équation ci-dessus, (EMaxRMS)j est la valeur RMS maximale de l’intensité du champ E au point j sur la ligne verticale et ECS6-SN est la limite CS6 basée sur la SN pour le champ E. La même équation s’applique aux mesures du champ H.

Si on emploie des sondes à axe unique, on doit combiner les mesures le long des 3 axes comme suit :

\[\left(E_{MaxRMS}\right)_j = \sqrt{\sum^3_{k=1} \Big[ \left(E_{MaxRMS}\right)_{j,k} \Big]^2} \]


(éq. 4.2)

où : (EMaxRMS)j,k est la valeur RMS maximale du champ E au point j sur la ligne verticale le long de l’axe k (k = axes x, y et z).

Enfin, dans le cas d’un site où il y a plusieurs fréquences et plusieurs limites applicables du CS6, et si on utilise une sonde à axe unique, on emploie les équations générales suivantes où i dénote le ième groupe de fréquences ayant la même limite ECS6-SN,i du CS6 basée sur la SN :

\[ \sum^N_{i=1} \left[ \frac{E_{SN,i}}{E_{CS6-SN,i}} \right] \leq 1 \]


avec
\[E_{SN,i} = \frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left(E_{MaxRMS,i} \right)_j \]


et avec
\[\left(E_{MaxRMS,i}\right)_j = \sqrt{\sum^3_{k=1} \Big[ \left(E_{MaxRMS,i} \right)_{j,k} \Big]^2} \]


(éq. 4.3)

Pour les limites basées sur le DAS, la valeur moyenne spatiale est basée sur le calcul de la valeur RMS des intensités de champ mesurées. Comme il est indiqué ci-dessus, il faudra probablement utiliser les mesures de la moyenne temporelle de la valeur RMS de l’intensité de champ sur une période de 6 minutes pour les stations AM lorsqu’on prend des mesures basées sur le DAS. L’équation générale suivante s’applique lorsque les indices ont la même définition que dans les équations ci-dessus, et où la limite du CS6 basée sur le DAS pour le ième groupe de fréquences ayant la même limite est représentée par ECS6-DAS,i:

\[ \sum^N_{i=1} \left[ \left( \frac{E_{DAS,i}}{E_{CS6-DAS,i}} \right)^2 \right] \leq 1 \]


avec
\[E_{DAS,i} = \sqrt{ \frac{1}{5} \sum^5_{j=1} \left[ \left(E_{MoyRMS,i} \right)_j \right]^2 } \]


et avec
\[\left(E_{MoyRMS,i}\right)_j = \sqrt{ \cdot \sum^3_{k=1} \Big[ \left(E_{MoyRMS,i} \right)_{j,k} \Big]^2 } \]


(éq. 4.4)

Les mêmes équations s’appliquent aux mesures du champ H basées sur le SN et le DAS.

Dans le cas des stations AM, on doit aussi prendre des mesures du courant induit et du courant de contact. On doit consulter les procédures de mesure décrites à la section 3.3 pour connaître la marche à suivre. Pour ce qui est du courant de contact, comme on doit prendre des mesures instantanées basées sur le DAS pour les fréquences de fonctionnement des stations AM, on peut utiliser une durée de mesure d’environ 30 secondes pour évaluer la valeur RMS maximale du courant de contact. Cependant, compte tenu des résultats de la caractérisation (variation temporelle) du site (voir la section 3.2.1), la durée de mesure peut être prolongée à 6 minutes afin d’obtenir la valeur RMS maximale. Pour déterminer la conformité, on doit comparer le carré de la valeur RMS maximale (obtenue sur une période de 6 minutes ou de 30 secondes) au carré de la limite de courant de contact basée sur le DAS. La limite basée sur le DAS s’applique également pour le courant induit, mais la période de référence est de 6 minutes. Toutefois, la caractérisation (variation temporelle) du site (voir la section 3.2.1) indiquera si on doit calculer ou non la moyenne temporelle sur une période de 6 minutes. Si ce n’est pas le cas, on peut réduire cette durée à 30 secondes. Pour déterminer la conformité, on doit comparer le carré de la valeur RMS moyenne (obtenue sur une période de 6 minutes ou de 30 secondes) au carré de la limite de courant induit basée sur le DAS.

4.3 Procédures de mesure pour les sites d’émission à micro-ondes (fixes point à point)

Lorsqu’il faut mesurer l’intensité de champ pour les sites d’émission à micro-ondes, les points suivants s’appliquent :

Si la source de rayonnement n’est pas hautement directive (c.-à-d. largeur de faisceau > 5 degrés), il faut supposer qu’il y a des conditions de champ éloigné au delà de 1 mètre pour les fréquences supérieures à 300 MHz. Si l’on juge qu’il y a des conditions de champ éloigné, le CS6 permet la mesure du champ E, du champ H ou de la densité de puissance (DP).

Si l’on juge qu’il y a des conditions de champ proche, le CS6 exige la mesure distincte du champ E et du champ H dans la plage de fonctionnement des appareils de mesure commerciaux. Si l’on ne sait pas s’il faut prévoir des conditions de champ proche ou de champ éloigné, le vérificateur doit alors supposer qu’il y aura des conditions de champ proche et il faut mesurer séparément les champs E et H.

Les procédures de mesure décrites à la section 3 pour déterminer la conformité au CS6 sont également applicables aux sites d’émission à micro-ondes, sauf pour ce qui est des mesures du courant de contact et du courant induit, qui ne sont pas applicables aux gammes de fréquences supérieures à 110 MHz.

Note : Lorsque les principales contributions proviennent de sources fonctionnant à une fréquence égale ou supérieure à 3 GHz, on ne doit pas déterminer la moyenne spatiale, car elle pourrait ne pas donner de résultats assez prudents par rapport à la limite moyenne du DAS spatial de crête pour 1 g de tissu.

Balayer la sonde le long de l’étendue verticale d’un corps humain (de 0,2 à 1,8 m) et trouver le niveau « crête » de la valeur RMS moyenne. Consigner cette valeur d’intensité de champ ou de densité de puissance et la comparer aux limites du CS6 applicables à l’environnement non contrôlé, compte tenu de l’incertitude de l’équipement de mesure.

Selon les résultats de la caractérisation (variation temporelle) du site, si la moyenne temporelle n’est pas requise, on peut procéder à un balayage d’environ 30 secondes en couvrant l’étendue verticale du corps humain, pourvu que la sonde ait un temps de réponse rapide. S’il faut déterminer la moyenne temporelle, on doit mesurer chaque point pendant une période de référence de 6 minutes (voir la figure 2) et, parmi les cinq valeurs de moyenne temporelle RMS mesurées, on doit utiliser uniquement le niveau « crête » pour la comparaison avec les limites applicables aux environnements non contrôlés selon le CS6.

Pour déterminer s'il y a conformité ou non, les mêmes équations décrites à la section 3.2.3.2 sont applicables, sauf qu'on utilise seulement le niveau « crête » de la valeur RMS moyenne comme suit :

A) en utilisant les niveaux d’exposition normalisés, l’emplacement mesuré est conforme si :

\[ \frac {Ex\%_{Pk\_MoyRMS\_crête}} {100} \leq 1 \]


(éq. 4.5)

où : Ex%MoyRMS_crête est la moyenne temporelle crête de l’exposition totale en pourcentage normalisé parmi les points de mesure sur la ligne verticale.

De la même manière, l’équation 4.5 doit être utilisée pour les mesures en champ éloigné. Cette équation suppose également que la sonde calcule à l’interne le carré des valeurs du champ pour déterminer le niveau d’exposition normalisé.

B) en utilisant la mesure directe des densités de puissance, on doit d’abord évaluer l’exposition totale normalisée pour chacun des 5 points j de la ligne verticale (en additionnant la contribution normalisée de chaque fréquence i à ce point), puis on conserve parmi les 5 points, la valeur crête de l’exposition totale normalisée associée à chacun des points. Cette valeur crête doit être plus petite ou égale à 1 afin d’assurer la conformité au CS6.

Le paragraphe B peut être représenté sous la forme d’équations. Ceci dit, l’emplacement mesuré est conforme si :

\[ ExNorm_{Pk\_MoyRMS\_crête} \leq 1 \]

avec
\[ ExNorm_{Pk\_MoyRMS\_crête} = max_{j=1 à 5} \left[ \sum^N_{i=1} \left( \frac {S_{MoyRMS,i,j}} {S_{CS6,i}} \right) \right] \]


(éq. 4.6)
où :
  • N est le nombre total de fréquences sur le site;
  • SMoyRMS,i,j est la moyenne temporelle de la densité de puissance pour la ième fréquence au point j sur la ligne verticale;
  • SCS6,i est la limite de densité de puissance selon CS6, pour la ième fréquence;
  • ExNormMoyRMS_crête est la valeur crête parmi les 5 points sur la ligne verticale de l’exposition totale normalisée associée à chacun des points.

De nouveau, l’équation 4.6 doit être utilisée pour les mesures en champ éloigné. Comme la sonde mesure les densités de puissance, on suppose qu’elle calcule à l’interne le carré des valeurs de champ.

C) en utilisant les mesures directes du champ, de la même façon, on doit d’abord évaluer l’exposition totale normalisée pour chacun des 5 points j de la ligne verticale (en additionnant la contribution normalisée de chaque fréquence i à ce point), puis on conserve parmi les 5 points, la valeur crête de l’exposition totale normalisée associée à chacun des points. Cette valeur doit être plus petite ou égale à 1 afin d’assurer la conformité au CS6.

Le paragraphe C peut être représenté sous la forme d’équations. Ceci dit, l’emplacement mesuré est conforme si :

\[ ExNorm_{MoyRMS\_crête} \leq 1 \]

avec
\[ ExNorm_{MoyRMS_crête} = max_{j=1 à 5} \left[ \sum^N_{i=1} \left( \frac {E_{MoyRMS,i,j}} {E_{CS6,i}} \right)^2 \right] \]


(éq. 4.7)
où :
  • N est le nombre total de fréquences sur le site;
  • EMoyRMS,i,j est la moyenne temporelle de l’intensité de champ pour la ième fréquence au point j sur la ligne verticale;
  • ECS6,i est la limite d’intensité du champ électrique selon le CS6 pour la ième fréquence
  • ExNormMoyRMS_crête est la valeur crête parmi les 5 points sur la ligne verticale de l’exposition totale normalisée associée à chacun des points.

Enfin, l’équation 4.7 peut être utilisée pour les mesures réalisées dans les régions de champ proche et de champ éloigné.

Si les mesures sont prises selon un seul axe à la fois, pour chaque point j de la ligne verticale, on doit combiner la moyenne temporelle de l’intensité du champ de chacun des trois axes (EMoyRMS,i,j)k (pour la fréquence i) et on compare le champ total résultant pour la fréquence i(EMoyRMS,i,j) à la limite du CS6 pour la fréquence en question (ECS6,i). Cela nous donne l’exposition normalisée pour la fréquence i au point j. On additionne ensuite la contribution de chaque fréquence au point j pour obtenir le niveau d’exposition totale normalisé au point j. On répète la procédure pour chacun des 5 points sur la ligne verticale et on conserve seulement la valeur crête parmi les 5 valeurs d’exposition totale normalisée associée à chacun des points (ExNormMoyRMS_crête). Cette valeur crête de l’exposition totale normalisée doit être plus petite ou égale à 1 afin d’assurer la conformité au CS6.

Sous la forme d’équations, l’emplacement mesuré est conforme si :

\[ ExNorm_{MoyRMS\_crête} \leq 1 \]

avec
\[ ExNorm_{MoyRMS\_crête} = max_{j=1 à 5} \left[ \sum^N_{i=1} \left( \frac {E_{MoyRMS,i,j}} {E_{CS6,i}} \right)^2 \right] \]

et avec
\[E_{MoyRMS,i,j} = \sqrt{ \sum^3_{k=1} \left[ \left(E_{MoyRMS,i,j} \right)_k \right]^2 } \]


(éq. 4.8)
où :
  • N est le nombre total de fréquences sur le site;
  • (EMoyRMS,i,j)k est la moyenne temporelle de l’intensité de champ pour la ième fréquence au point j sur la ligne verticale et selon l’axe k(k=x,y et z);
  • EMoyRMS,i,j est la moyenne temporelle de l’intensité de champ pour la ième fréquence au point j sur la ligne verticale;
  • ECS6,i est la limite d’intensité du champ électrique selon le CS6 pour la ième fréquence;
  • ExNormMoyRMS_crête est la valeur crête parmi les 5 points sur la ligne verticale de l’exposition totale normalisée associée à chacun des points.

4.4 Procédures de mesure pour les sites d’émission des services mobiles terrestres, cellulaires, SCP et point-multipoint à micro-ondes

Les sites d’émission pour les services mobiles terrestres, de téléappel, bidirectionnels, à partage de canaux, cellulaires et SCP fonctionnent dans la gamme de fréquences de 30 MHz à 3,7 GHz.

Les procédures de mesure décrites à la section 3 pour déterminer la conformité au CS6 s’appliquent également à ces types de sites.

Pour ce qui est des courants induits et de contact (section 3.3), il y a lieu de procéder à des mesures si des émetteurs dans les environnements en question fonctionnent à des fréquences de 110 MHz ou moins.

4.5 Procédures de mesure pour les sites d’émission radar

Les procédures de mesure décrites à la section 3 pour déterminer la conformité au CS6 s’appliquent également à ces types de sites. On doit prendre des mesures spéciales aux sites radars, en raison des puissances extrêmement élevées qu’on y retrouve.

Dans le cas des sites d’émission radar, on doit accorder une attention spéciale à la détermination de la moyenne temporelle sur une période de 6 minutes. Dans les cas où il y a un risque prévu ou connu de surexposition du personnel chargé des mesures, il faut adopter l’une des quatre méthodes ci-dessous, selon l’évaluation du risque;

  1. Dans les cas à risque élevé, une antenne cornet peut être placée à l’intérieur de la zone de mesure (l’émetteur radar étant HORS TENSION) et connectée à un analyseur de spectre à l’aide d’un câble à faible atténuation assez long pour permettre la saisie de données sans risque de surexposition. On peut devoir utiliser un atténuateur pour protéger l’analyseur de spectre contre de possibles dommages.
  2. Dans les cas à risque moyen, les appareils de mesure peuvent être installés sur un trépied à l’intérieur de la zone de mesure (l’émetteur radar étant HORS TENSION); la lecture des mesures se fait alors à l’aide de jumelles ou d’une liaison optique.
  3. Dans les cas à faible risque, on peut utiliser une sonde aux fins d’évaluation initiale.
  4. Il est également possible, dans les cas où il ne serait pas nécessaire que l’émetteur fonctionne à sa pleine puissance, de réduire le niveau de puissance de l’émetteur et de rajuster les données de mesure pour tenir compte de cette réduction de puissance.

Quand les procédures d'essai demandent un faisceau de radar stationnaire, il faut évacuer le personnel des zones qui recevront les rayonnements du faisceau principal ou des lobes secondaires ou encore les réflexions des rayonnements du faisceau principal ou des lobes secondaires.

Pour les mesures associées à une antenne à balayage ou rotative, il faut maintenir la sonde en position assez longtemps pour mesurer plusieurs balayages de l'antenne. Il faut choisir un appareil de mesure dont le temps de réponse est assez rapide pour permettre ce type de mesures. L'émetteur radar ne doit pas être évalué sans être muni d'une charge appropriée. Il faut prévoir une distance suffisante entre l'antenne à balayage ou rotative et le vérificateur pour éviter toute blessure. Pendant toute la durée de la vérification, le vérificateur doit être en communication constante avec l'opérateur radar de façon à modifier les paramètres selon les exigences du programme de vérification et à pouvoir interrompre sur-le-champ le fonctionnement de l'émetteur en cas d'urgence.

5. Exigences en matière de rapport

On doit utiliser le document LD-08 — Lignes directrices pour la préparation de rapports de conformité sur l’exposition aux radiofréquences (RF) pour les systèmes d’antenne de radiocommunication et de radiodiffusion pour rédiger les rapports de mesures d’exposition aux RF.

Références

Les documents suivants sont indispensables pour mettre en pratique le présent document, et ils doivent donc être consultés avant de mesurer des champs RF.

  1. Règles et procédures sur la radiodiffusion, RPR-1 — Règles générales
  2. Circulaire des procédures concernant les clients, CPC-2-0-03 — Systèmes d'antennes de radiocommunications et de radiodiffusion
  3. Circulaire des procédures concernant les clients, CPC-2-0-20 — Champs de radiofréquences – Panneaux et contrôle de l'accès
  4. Lignes directrices, LD-08 — Lignes directrices pour la préparation de rapports de conformité sur l'exposition aux radiofréquences (RF) pour les systèmes d'antenne de radiocommunication et de radiodiffusion
  5. Cahier des charges sur les normes radioélectriques, CNR-102 — Conformité des appareils de radiocommunication aux limites d'exposition humaine aux radiofréquences (toutes bandes de fréquences)
  6. Note technique, NT-261 — Modèle d'évaluation de l'exposition aux champs de radiofréquences selon le Code de sécurité 6 (CS6) (environnements non contrôlés)
  7. Santé Canada, Limites d'exposition humaine à l'énergie électromagnétique radioélectrique dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz – Code de sécurité 6
  8. Santé Canada, Guide technique pour l'interprétation et l'évaluation de la conformité aux lignes directrices de Santé Canada sur l'exposition aux radiofréquences
  9. AS/NZS 2772.2:2011 Radiofrequency fields Part 2: Principles and methods of measurements and computation – 3 kHz to 300 GHz (en anglais seulement)
  10. IEC 62232, Determination of RF field strength and SAR in the vicinity of radiocommunication base stations for the purpose of evaluating human exposure (en anglais seulement)
  11. IEEE C95.3, Recommended Practice for Measurements and Computations of Radio Frequency Electromagnetic Fields with Respect to Human Exposure to Such Fields, 100 kHz-300 GHz (en anglais seulement)

Annexe A — Limites du Code de sécurité 6 (CS6) applicables aux environnements non contrôlés

Tableau A.1 – Limites de l’intensité du champ électrique pour un environnement non contrôlé, de 3 kHz à 10 MHz
Plage de fréquences Intensité du champ électrique (V/m, val. eff. [RMS]) Période de référence Note
0,003 - 10 MHz 83 Instantanée Basée sur la SN
1,1 - 10 MHz 87/f0,5 6 minutes Basée sur le DAS

Note : La fréquence, f, est en MHz.


Tableau A.2 – Limites de l’intensité du champ magnétique pour un environnement non contrôlé, de 3 kHz à 10 MHz
Plage de fréquences Intensité du champ magnétique (A/m, val. eff. [RMS]) Période de référence Note
0,003 - 10 MHz 21 Instantanée Basée sur la SN
0,1 - 10 MHz 0,73/f 6 minutes Basée sur le DAS

Note : La fréquence, f, est en MHz.


Tableau A.3 – Limites d’intensité de champ/densité de puissance pour un environnement non contrôlé, de 10 MHz à 300 GHz
Plage de fréquences Intensité du champ électrique (V/m, val. eff. [RMS]) Intensité du champ magnétique (A/m, val. eff. [RMS]) Densité de puissance (W/m2) Période de référence (minutes)
10 - 20 MHz 27,46 0,0728 2 6
20- 48 MHz 58,07/f0,25 0,1540/f0,25 8,944,1/f0,5 6
48 - 300 MHz 22,06 0,05852 1,291 6
300 - 6000 MHz 3,142f0,3417 0,008335f0,3417 0,02619f0,6834 6
6 000 - 15 000 MHz 61,4 0,163 10 6
15 000 - 150 000 MHz 61,4 0,163 10 616000/f1,2
150 000 - 300 000 MHz 0,158f0,5 4,21 x 10-4f0,5 6,67 x 10-5f 616000/f1,2

Note : La fréquence, f, est en MHz.


Tableau A.4 – Limites du courant induit pour un environnement non contrôlé
Plage de fréquences (MHz) Courant induit (mA, val. eff. [RMS]) au travers d’un seul pied Période de référence Note
0,003 - 0,4 100 f Instantanée Basée sur la SN
0,4 - 110 40 6 minutes Basée sur le DAS

Note 1 : Lorsqu’on évalue le courant passant par les deux pieds, les résultats doivent être comparés au double des limites pour un seul pied.

Note 2 : La fréquence, f, est en MHz.


Tableau A.5 – Limites du courant de contact pour un environnement non contrôlé
Plage de fréquences (MHz) Courant de contact (mA, val. eff. [RMS]) pour le toucher avec un doigt Période de référence Note
0,003 - 0,1 200 f Instantanée Basée sur la SN
0,1 - 10 20 Instantanée Basée sur le DAS
10 - 110 20 6 minutes Basée sur le DAS

Note : La fréquence, f, est en MHz.


Annexe B — Logigramme général pour les procédures de mesure sur place

Logigramme général pour les procédures de mesure sur place

L'annexe B représente un logigramme général pour les procédures de mesure sur place décrites dans ce document. Le schéma de procédures a les étapes suivantes: 1) Étude de l'environnement. 2) Sélection du matériel (c.-à-d. dispositif à large bande ou à bande étroite). 3) Calcul pour estimer les niveaux et les contours selon le CS6. Détermination des emplacements approximatifs où les niveaux RF sont égales ou dépassent 50 % de la limite applicable aux environnements non contrôlés. 4) Placer la sonde à l'emplacement dont l'intensité RF prédite ou mesurée est la plus élevée. Déplacer localement la sonde et varier sa hauteur de manière à localiser l’emplacement où l’intensité est maximale. 5) Caractériser la variation temporelle du site en mesurant l'intensité du champ à l'aide de la sonde placée sur un trépied pendant 6 min. La moyenne temporelle est requise si la variation du champ est de plus de 20 %. 6) Décision - Un emplacement dont l'intensité est élevée (égale ou plus de 50 % de la limite applicable aux environnements non controlés selon le CS6 avec l'incertitude des mesures) a-t-il été trouvé en marchant autour du site avec la sonde entre 0,2 et 1,8 m ? Si la réponse est non, passer à l'étape suivante. Si la réponse est oui : Décision : Moyenne temporelle requise ? Si la réponse est non, effectuer une moyenne spatiale par balayage sur la ligne verticale de 5 points sur une période d'au moins 30 secondes. Si la réponse est oui, calculer une moyenne spatiale sur la ligne verticale en 5 points avec une moyenne temporelle d'une période de 6 minutes pour chaque point.

Boucle - Un emplacement dont l'intensité est élevée (égale ou plus de 50 % de la limite applicable aux environnements non controlés selon le CS6 avec l'incertitude des mesures) a-t-il été trouvé en marchant autour du site en utilisant la sonde entre 0,2 et 1,8 m ? 7) Décision: Fréquence de fonctionnement de 110 MHz ou moins? Si la réponse est non, rédiger un rapport ou verser au dossier. Si la réponse est oui : Décision - Champs E > 25 % des limites du CS6? Si la réponse est non, rédiger un rapport ou verser au dossier. Si la réponse est oui, prendre la mesure du courant induit et du courant de contact est requis. Rédiger un rapport ou verser au dossier.


Annexe C — Incertitudes de mesure

Incertitudes relatives à la prise de mesure

Les incertitudes de mesure sont causées par les incertitudes provenant de la prise de mesure elle-même et/ou par l’incertitude liée aux instruments de mesure.

Documents connexes

Pour obtenir des renseignements additionnels sur les incertitudes de mesure, consulter le document Measurement Good Practice Guides publié par le National Physical Laboratory.

Incertitudes provenant de la prise de mesure elle-même

Les incertitudes provenant de la prise de mesure elle-même peuvent être réduites en suivant les pratiques et les procédures de mesure appropriées.

Incertitudes associées à l'équipement de mesure

Les incertitudes liées à l'équipement de mesure sont principalement attribuables à la conception des instruments. Elles peuvent aussi être causées par d'autres facteurs comme les conditions environnementales, la température, l'humidité, etc. Un étalonnage correct de l'instrument peut réduire grandement les erreurs systématiques, et la sélection minutieuse du type d'instrument et de la méthode de mesure peut réduire l'ampleur du facteur d'incertitude.

Exigences à satisfaire afin d'être conforme au Code de sécurité 6

  1. L'instrument sélectionné doit être d'un type commercial reconnu.
  2. L'étalonnage adéquat de l'instrument doit être effectué conformément à la période d'étalonnage recommandée par le fabricant.
  3. Les bonnes procédures de mesure doivent être suivies.

Si l'intensité de champ RF mesurée, plus le facteur d'incertitude établi pour l'instrument par le fabricant sont inférieurs aux limites du CS6 applicables aux environnements non contrôlés, les niveaux d'exposition seront acceptés tels que mesurés et le site sera jugé conforme au CS6.

Si l'intensité de champ RF mesurée, plus le facteur d'incertitude établi pour l'instrument par le fabricant sont supérieurs aux limites du CS6 applicables aux environnements non contrôlés, des mesures correctives doivent être prises afin d'assurer la conformité aux exigences du CS6 (voir la Circulaire des procédures concernant les clients, CPC-2-0-20 – Champs de radiofréquences – Panneaux et contrôles de l’accès). Par ailleurs, on peut prendre une mesure individuelle de chaque fréquence présente sur le site et additionner les différentes valeurs selon la méthode décrite dans le Guide technique de Santé Canada et détaillée dans le présent document, afin d'améliorer le facteur d'incertitude des mesures.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Les calculs peuvent être effectués à l’aide de la NT-261, des feuilles de calcul ou d’autres logiciels de modélisation qui tiennent compte des régions de champ proche et de champ éloigné, ainsi que des limites d’exposition applicables aux environnements non contrôlés, selon le CS6 afin de localiser les niveaux d’exposition maximale aux RF pour les sites en question.

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Note de bas de page 2

Pour les sites d’émission AM, une distance supérieure à 20 cm est requise afin de s’assurer que le vérificateur n’influe pas sur les niveaux mesurés. Il est recommandé d’utiliser un câble à fibre optique pour réaliser ces mesures.

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Note de bas de page 3

Lorsqu’on caractérise un site, il n’est pas nécessaire de trouver l’emplacement présentant le signal le plus intense. Toutefois, à l’emplacement choisi, le signal devrait être suffisamment intense pour déterminer si la variation du signal est importante (le cas échéant). Si les niveaux RF sur le site sont faibles, il peut s’avérer difficile de quantifier la variation du signal. Dans un tel cas, le vérificateur doit faire l’hypothèse que le champ est stable et réaliser les mesures détaillées à titre d’information sur le site. Néanmoins, l’objet principal des mesures est de déterminer s’il existe des emplacements accessibles au public où les niveaux RF sont égaux ou supérieurs aux limites applicables aux environnements non contrôlés, y compris l’incertitude des mesures et d’appliquer des mesures d’atténuation le cas échéant.

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Note de bas de page 4

Par exemple, si la densité de puissance moyenne mesurée est 40 % de la limite et si la densité de puissance mesurée varie entre 32 % et 51 %, la variation temporelle maximale de la densité de puissance sera d’environ 28 % ([51 % – 40 %] / 40 %). Dans ce cas, il ne sera pas requis d’évaluer la moyenne temporelle car la variation temporelle maximale de la densité de puissance est inférieure à 36 %.

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Note de bas de page 5

Par temps de réponse rapide, on parle d’une seconde ou moins.

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Note de bas de page 6

S'il y a un objet métallique conducteur avec lequel le vérificateur pourrait entrer en contact et qui est situé près d'un champ RF de haute intensité (p. ex., les stations AM dans un environnement contrôlé), on ne devrait pas réaliser les mesures au moyen de la pince ampérométrique, car les résultats des mesures pourraient dépasser de façon excessive les limites de courant de contact pour l'environnement contrôlé, et cette situation présenterait un risque pour le vérificateur.

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Note de bas de page 7

Règles et procédures sur la radiodiffusion (RPR)-1 – Règles générales (http://www.ic.gc.ca/eic/site/smt-gst.nsf/fra/sf01326.html).

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