Évaluation de l'intensité du champ électromagnétique dans la ville de Toronto
Gestion du spectre
Services techniques de l'Ontario
Préparé par :
Ben Nguyen, ing.
Sumesh Mohabeer, ing.
Vicky Lai
Elisabeth Lander
Juin 2002
Remerciements
Le présent projet n'aurait pas pu être réalisé sans le soutien et l'encouragement considérables de nombreuses personnes. Nous tenons à remercier tout particulièrement Carl Olsen, directeur de la Gestion du spectre pour la région de l'Ontario, qui nous a accordé son appui sans réserve dès le début, ce qui nous a donné la souplesse et le temps d'entreprendre une étude aussi exhaustive.
Il n'aurait pas été possible de recueillir les données nécessaires à l'analyse et à la démonstration des théories sans l'aide de Dave Slingerland, de Joe Doria et de Watson Reed, de la région de l'Ontario. Nous tenons aussi à remercier Arto Chubukjian et Andrew Lam, de la DGSE, ainsi que Brian Kasper, du Bureau d'homologation et de services techniques (DEB) à Ottawa, pour leurs conseils et leur aide dans la sélection des appareils de mesure.
Nous tenons à remercier Martial Dufour, du Centre de recherches sur les communications (CRC) à Ottawa, pour l'utilisation de l'Explorateur de spectre et du logiciel nécessaire ainsi que pour ses conseils éclairés sur les principes de fonctionnement du système. Nous remercions aussi Don Paskovich, de la DGSE, qui s'est occupé du prêt d'équipement au CRC, sans lequel rien n'aurait été possible. Enfin, nous remercions tous ceux et toutes celles qui ont su encourager et appuyer l'équipe.
Note au lecteur : Les acronymes sont définis à l'annexe F.
Résumé à l'intention du public
Industrie Canada est chargé d'autoriser les stations de radiocommunication au Canada pour veiller à ce qu'elles se conforment à nos politiques, à nos règlements et à nos normes. L'une des exigences est que toutes les stations doivent se conformer aux lignes directrices du Code de sécurité 6 (CS 6), intitulé « Limites d'exposition humaine aux champs de radiofréquences électromagnétiques dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz ». À l'intérieur des limites de la ville de Toronto, le Ministère a effectué une vérification, qui a comporté la mesure du champ radioélectrique à 61 endroits. Les emplacements sélectionnés étaient représentatifs de zones résidentielles, industrielles et commerciales, de parcs, d'écoles et d'aéroports. Les mesures ont été prises à la hauteur de la tête d'un piéton (à 1,75 m au-dessus du sol).
La vérification a confirmé que les mesures prises à tous les endroits sélectionnés étaient de beaucoup inférieures aux limites recommandées dans les lignes directrices du CS 6. L'emplacement qui présentait le champ radioélectrique le plus élevé, de 16 fois inférieur aux limites du CS 6, est situé entre Metro Hall et Roy Thompson Hall. Une analyse poussée des données montre que les 10 emplacements classifiés résidentiels ont des mesures en moyenne 7 194 fois inférieures aux limites du CS 6. Les 16 emplacements classifiés comme écoles et parcs où des mesures ont été prises avaient en moyenne un champ 5 154 fois inférieur aux limites du CS 6, les 8 emplacements industriels avaient un champ en moyenne 4 464 fois inférieur, les 26 emplacements commerciaux avaient des mesures 324 fois inférieures en moyenne, et l'emplacement situé à proximité de l'aéroport international Pearson avait un champ 125 000 fois inférieur aux limites du CS 6.
Résumé à l'intention de la direction
Industrie Canada s'est toujours intéressé aux champs électromagnétiques des radiofréquences (RF) en raison de son obligation, inhérente à la délivrance des licences, de veiller à la conformité aux lignes directrices du Code de sécurité 6 (CS 6) de Santé Canada, intitulé « Limites d'exposition humaine aux champs de radiofréquences électromagnétiques dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz ». Compte tenu de l'augmentation du nombre d'installations d'antenne au Canada, notre engagement et notre participation deviennent plus essentiels que jamais. La prolifération des antennes s'est traduite, chez le grand public, par une prise de conscience du champ RF et une inquiétude accrue à cet égard. Afin de nous acquitter de nos responsabilités et de répondre à cette inquiétude croissante du public, notre bureau de la région de l'Ontario a mené une étude dans la ville de Toronto, l'une des régions les plus encombrées du Canada sur le plan des radiofréquences, dans le but de déterminer les niveaux RF ambiants.
Des mesures ont été prises à 61 endroits dans la ville, afin que des données à jour soient fournies au Ministère. Les emplacements sélectionnés étaient représentatifs de zones résidentielles, industrielles etcommerciales, de parcs, d'écoles et d'aéroports. À chaque endroit, on a enregistré des signaux pendant au moins six minutes par bande de fréquences afin de saisir les variantes associées aux conditions locales et de se conformer aux lignes directrices du CS 6. Les mesures ont été prises à 1,75 m au-dessus du sol, à la hauteur de la tête d'un piéton, pendant une période de trois heures en tout. Comme l'énergie RF se concentre en grande partie dans la partie inférieure du spectre des fréquences radioélectriques et compte tenu des fréquences pouvant être mesurées par les appareils, les mesures ont été prises à des fréquences comprises entre 150 kHz et 3 GHz.
L'étude a permis de conclure que le niveau RF ambiant maximal mesuré aux endroits inspectés était inférieur à 6 % des limites du CS 6 de Santé Canada, soit à peu près 16 fois moins élevées que ces limites, pour les personnes non classifiées comme travailleurs exposés aux RF et aux micro-ondes (y compris le grand public). Le niveau maximal a été mesuré à un seul endroit, dans la zone comprise entre Metro Hall et Roy Thompson Hall. La moyenne des valeurs maximales dans les zones résidentielles inspectées était de 0,0139 %, soit 7 194 fois moins que les limites du CS 6, compte tenu des 10 emplacements inspectés; de 0,0194 %, ou 5 154 fois inférieure, dans le cas des écoles et des parcs (16 endroits inspectés); de 0,0008 %, ou 125 000 fois inférieure, à proximité de l'aéroport international Pearson (1 endroit inspecté); de 0,0224 %, ou 4 464 fois inférieure, dans les zones industrielles (8 endroits inspectés); et de 0,3086 %, ou 324 fois inférieure, dans les zones commerciales (26 endroits inspectés). Aux fins de l'analyse des données et de comparaison, si les mesures prises au Metro Hall et au Spadina Parkette devaient être supprimées des calculs parce qu'elles ont été prises à proximité des nombreuses installations de radiodiffusion situées au coeur de Toronto, le pourcentage moyen en vertu du CS 6 pour les zones commerciales baisserait considérablement, passant à 0,0556 %, ou 1 798 fois moins que les limites du CS 6. Les valeurs moyennes et maximales se situent bien en dessous des limites recommandées par Santé Canada.
L'analyse des données fait aussi ressortir que ce sont les services de radiodiffusion qui ont contribué le plus au niveau de signal mesuré aux emplacements inspectés, et qu'ils représentaient de 44 % à 71 % de ce niveau. Les services mobiles terrestres (systèmes bidirectionnels traditionnels, service de télé-appel, services à partage de canaux et services mobiles spéciaux) ont contribué de 10 % à 26 % du signal mesuré. Les services de téléphone sans fil (systèmes de communications personnelles et téléphones cellulaires) représentaient, pour leur part, de 9 % à 24 % du signal mesuré. Ces chiffres ont une précision globale d'environ ±3 dB, en raison de la méthode de mesure et de la précision des appareils, des câbles et des antennes utilisés.
Table des matières
- Introduction
- Activités liées aux mesures
- Analyse des données
- Résultats
- Conclusions
- Recommandations techniques
- Annexe A - Localisation des emplacements et valeurs par rappport au CS 6
- Annexe B - Exemple de renseignements sur un emplacement et cartes
- Annexe C - Graphiques d'étalonnage des antennes et des câbles
- Annexe D - Appareilsd'inspection
- Annexe E - Photographies de diverses antennes
- Annexe F - Acronymes
- Annexe G - Emplacements proposés par la ville de Toronto
- Annexe H - Personnes-ressources
- Annexe I - Documents de référence
Évaluation de l'intensité
du champ électromagnétique dans la ville de Toronto
(PDF, 1.23 Mo, 38 pages) – Lecteurs PDF
Introduction
Depuis dix ans, l'industrie canadienne des services sans fil connaît une croissance considérable, qui s'est traduite par une hausse du nombre d'installations d'antenne de toit et de pylône. Encombrement du spectre, préoccupation croissante à l'égard des pylônes d'antenne existants et proposés et inquiétude du public face aux effets des radiofréquences (RF) sur la santé, autant de questions qui transparaissent davantage dans toutes les régions du Canada. La région du Golden HorseshoeNote 1 en Ontario, en particulier la ville de Toronto, a l'un des environnements radio les plus encombrés au Canada.
Dans le cadre de son mandat visant une meilleure gestion de la réglementation du spectre des fréquences radioélectriques, Industrie Canada, plus spécifiquement le Service de gestion du spectre de la région de l'Ontario, a entrepris de déterminer les niveaux RF ambiants actuels dans l'ensemble de la ville de Toronto au moyen d'une série de mesures et d'analyses des données. Cette étude visait la conduite d'une vérification de nombreux emplacements dans la ville dans le but de déterminer si les limites d'exposition établies dans le Code de sécurité 6 (CS 6) pour les personnes non classifiées comme travailleurs exposés aux RF et aux micro-ondes (y compris le grand public) étaient respectées dans les zones ouvertes au grand public au niveau du sol. L'étude visait aussi à établir si une catégorie particulière de titulaires de licence (comme les titulaires de licence de système de radiodiffusion, de téléphone cellulaire, de système de communications personnelles (SCP), de système de télécommunications multipoint locaux (STML), de système de télé-appel, de service aéronautique et de station mobile terrestre) contribuait de façon importante au niveau RF dans la gamme des fréquences de 150 kHz à 3 GHz. On a aussi examiné l'intensité de champ électromagnétique dans la bande de fréquences des appareils industriels, scientifiques et médicaux (ISM) pour aider les fabricants à concevoir des appareils radio appelés à fonctionner dans des zones encombrées. En outre, le Ministère s'intéressait au rapport entre ces niveaux RF et les limites d'exposition recommandées par Santé CanadaNote 2.
Grâce à l'information obtenue, le Ministère sera en mesure de faire preuve d'une efficacité accrue pour l'autorisation des stations et de se pencher sur une préoccupation croissante du public en ce qui concerne l'énergie RF dans les quartiers. En outre, les données recueillies lui permettront de passer en revue ses procédures d'examen des demandes par rapport aux limites recommandées en vertu du CS 6 en ce qui concerne des demandes simples, et aussi de donner une réponse en bonne et due forme à la ville de Toronto au sujet des niveaux de champ électromagnétique à divers endroits dans la ville. Le Ministère a convenu de partager les résultats de l'étude avec la ville, l'industrie des télécommunications et toute autre partie intéressée.
Les mesures ont été prises à 61 endroits à Toronto, dont 12, énumérés à l'annexe G, ont été proposés par la ville de Toronto. Les emplacements sélectionnés étaient représentatifs de zones résidentielles, industrielles et commerciales, d'écoles, de parcs et d'aéroports. Pour prendre les mesures, on a utilisé des analyseurs numériques (Explorateur de spectre et analyseur vectoriel de signaux) pour prendre, dans la bande, des mesures de la puissance des signaux reçus dans la gamme de 150 kHz à 3 GHz du spectre des fréquences radioélectriques. Les données recueillies ont été analysées, normalisées et comparées aux limites établies par Santé Canada, ce qui a donné un résultat global en vertu du CS 6 pour chaque endroit.
Avant de prendre les mesures, on a effectué des inspections préliminaires aux endroits sélectionnés au moyen d'un appareil de mesure Narda et de sondes connexes pour s'assurer que les limites recommandées en vertu du CS 6 n'étaient pas dépassées. En raison de la sensibilité limitée des sondes et de leur incapacité à enregistrer des lectures valides des signaux faibles, des appareils additionnels ont été utilisés pour l'obtention de mesures précises.
Le rapport comprend trois grandes sections, qui portent sur chaque étape de l'étude, soit les activités liées aux mesures, l'analyse des données et les conclusions. La partie qui porte sur les activités liées aux mesures traite principalement des critères de sélection des emplacements, des principes sur lesquels repose le fonctionnement des appareils, des procédures et méthodes de prise des mesures, de la collecte des données et de la précision de l'équipement. La section qui traite de l'analyse des données présente les diverses méthodes d'enregistrement des données, les formules dont on s'est servi dans l'analyse des données pour calculer les niveaux en vertu du CS 6 à chaque emplacement, les différentes méthodes qui servent à déterminer la valeur maximale par rapport à un scénario probable ainsi qu'un sommaire de la contribution des divers services de radiocommunications. La section qui traite des conclusions et des recommandations techniques présente les niveaux RF aux emplacements inspectés par rapport aux lignes directrices du CS 6, les bonnes techniques de mesure et des commentaires sur les points forts et les faiblesses de l'équipement. On a joint à la fin du rapport plusieurs annexes, qui donnent les valeurs maximales et moyennes enregistrées à chaque emplacement inspecté, ainsi que les courbes d'étalonnage. Quiconque aimerait connaître les données brutes ou le programme complet pour en faire une analyse devrait consulter les auteurs de la présente étude. Une liste des personnes-ressources est jointe au présent rapport (annexe H).
Activités liées aux mesures
Sélection des emplacements
Dans la ville de Toronto, des mesures ont été prises à 61 endroits. Les emplacements ont été sélectionnés en fonction de plusieurs critères : tout d'abord, on a choisi des emplacements représentant diverses zones géographiques, comme des zones résidentielles, industrielles et commerciales, des écoles, des parcs et des aéroports; ensuite, on a inclus plusieurs endroits proposés par la ville de Toronto, énumérés à l'annexe G. Pour des raisons liées à des difficultés de transport de l'équipement et à la complexité de diverses configurations d'antennes de toit, on n'a pas choisi d'emplacement de toit pour la présente étude.
Une inspection préliminaire a été menée dans le but de déterminer des emplacements où il serait pratique et acceptable de prendre des mesures pour assurer des possibilités de réflexion et de diffraction minimales à chaque emplacement. On a employé la sonde et l'appareil de mesure Narda pour effectuer une vérification préliminaire afin de s'assurer que les emplacements ne dépassaient pas les limites permises en vertu du CS 6. Toutefois, en raison des niveaux RF relativement faibles à chacun de ces emplacements et de la sensibilité des sondes Narda, l'appareil de mesure ne pouvait pas enregistrer correctement l'énergie RF aux emplacements. Durant cette inspection, les coordonnées géographiques ont été établies avec précision au moyen du système de positionnement global (GPS). On a noté des détails de base sur les paramètres des emplacements : les installations d'antenne visibles, le blocage causé par des immeubles ou des arbres ainsi que la ligne de visibilité en direction de la Tour CN à chaque emplacement. L'annexe B contient des photographies, des cartes et des observations pour l'un des emplacements inspectés.
Sélection des appareils
Des analyseurs numériques ont été sélectionnés suite à une inspection antérieure menée par une équipe de spécialistes du Ministère (plus précisément du Bureau d'homologation et de services techniques (DEB), de la DGSE, du bureau régional et du bureau de district de Toronto, et du centre régional des services de gestion du spectre d'Acton), qui a passé en revue l'équipement, les instruments et les procédures de mesure. L'équipe a réalisé une expérience limitée en mesurant des émissions de radiodiffusion FM et de télévision en provenance de la Tour CN et de la First Canadian Place. Pour comparer les différentes méthodes de mesure, on a employé trois dispositifs : l'Explorateur de spectre reposant sur la technologie du processeur numérique de signaux (DSP), mis au point par le CRC au moyen de matériel courant d'Agilent Technologies et de National Instruments; un analyseur de spectre (analogique) HP8594E; et l'appareil de mesure 8719 de Narda combiné à une sonde de champ E de type 8760N. L'équipe a conclu que l'analyseur numérique convenait mieux pour déterminer les niveaux de champ dans le contexte des inspections, et c'est pourquoi il a été sélectionné comme principal dispositif de mesure.
Traditionnellement, pour déterminer les niveaux RF, on mesurait la puissance de la porteuse au moyen d'un analyseur de spectre à accord par balayage. Toutefois, grâce au perfectionnement de la technologie, les analyseurs peuvent maintenant mesurer la puissance d'un signal dans une largeur de bande donnée, ce qui suppose le recours à une technique récente de mesure de la puissance de bande par laquelle on mesure la superficie en-dessous de la signature de signal. Le signal reçu est numérisé au moyen d'un convertisseur analogique/numérique, puis analysé par un processeur numérique de signaux (DSP). Aux fins de la présente étude, on a choisi l'analyseur vectoriel de signaux HP 89441A et l'Explorateur de spectre, deux analyseurs numériques. Les instruments calculent la transformée de Fourier rapide (TFR) en mesurant essentiellement la puissance de sortie de centaines de filtres à bande étroite dont les fréquences centrales sont réparties dans toute la largeur de bande précisée, puis en en faisant la somme.
Idéalement, on aurait préféré une antenne omnidirective couvrant toute la gamme des fréquences radioélectriques de 150 kHz à 3 GHz mais, en l'absence d'une antenne commerciale et pour des raisons de temps, il n'a pas été possible d'en obtenir une. Par conséquent, on a réparti les fréquences en quatre gammes, et on a choisi des antennes pour couvrir chacune d'entre elles. L'équipe s'est servie d'une antenne omnidirective Singer 92198-3 pour recevoir les signaux dans la gamme de 150 kHz à 30 MHz, d'une antenne fouet omnidirective maison pour les signaux dans la gamme de 30 MHz à 80 MHz, d'une antenne omnidirective Rhode and Schwarz HK014 pour les signaux dans la gamme de 80 MHz à 1300 MHz et d'une antenne log-priodique directive Tecom 201031 pour les signaux dans la dernière gamme (de 1300 MHz à 3000 MHz). L'annexe E contient des photographies de l'antenne log-priodique Tecom 201031 et de l'antenne Rhode and Schwarz HK014.
L'antenne fouet maison, l'antenne Rhode and Schwarz et l'antenne Tecom ont été étalonnées au laboratoire technique du Ministère à Ottawa, tandis que l'antenne Singer l'a été au moyen du graphique d'étalonnage du fabricant. L'annexe C donne les courbes d'étalonnage de chaque antenne.
Méthode et installation de mesure
Toutes les mesures sur le terrain ont été prises à 1,75 m au-dessus du sol, comme le recommandent les lignes directrices du CS 6. L'antenne fouet et l'antenne Singer ont été installées de telle sorte que leurs points d'alimentation étaient à 1,75 m au-dessus du sol, l'antenne Rhode and Schwarz HK014 a été réglée de sorte que son centre de phase était à 1,75 m au-dessus du sol, et l'antenne log-priodique Tecom 201031 a été installée de sorte que son point d'alimentation et son centre se trouvaient à 1,75 m au-dessus du sol. Des précautions ont été prises pour installer les antennes de manière à réduire au minimum les réflexions, les diffractions et les interactions avec les personnes et les véhicules, ainsi que pour veiller à ce qu'à l'intérieur de la zone utilisée pour déterminer la moyenne spatiale, comme le mentionnent les lignes directrices du CS 6, la variation du signal reçu soit inférieure à 0,5 dB.
Avant de prendre les mesures, on a entré les plans de répartition des bandes de fréquences, les canaux assignables et assignés (avec leur largeur de bande respective) de la gamme de 150 kHz à 3 GHz dans le logiciel de l'Explorateur de spectre, comme listes de balayage. Ces listes contenaient tous les canaux à mesurer dans le cadre de la présente étude.
Les réglages de l'Explorateur de spectre ont été optimisés en fonction de la vitesse et de la précision, et ils sont montrés à la figure no 02.
Au début de chaque mesure, on a surveillé l'analyseur vectoriel de signaux et l'Explorateur de spectre pour détecter toute surcharge. Lorsqu'on observait une surcharge dans le cas de l'analyseur vectoriel de signaux, on augmentait l'atténuation; lorsqu'on observait une surcharge dans le cas de l'Explorateur de spectre, on effectuait des rajustements en augmentant l'atténuation par des moyens externes ou internes (ou les deux). En augmentant l'atténuation, on réduisait la sensibilité de l'analyseur et, par conséquent, on éliminait les signaux de faible niveau. Comme ces signaux n'étaient plus enregistrés, les mesures donnaient des résultats de puissance de bande légèrement inférieurs aux valeurs réelles. Les signaux éliminés sont cependant souvent inférieurs de 60 dB aux signaux mesurés (ou un million de fois plus faibles que ces derniers). Par conséquent, ces rajustements ont réduit l'énergie totale à l'étage d'entrée de l'analyseur.
À chaque emplacement, on a enregistré les signaux pendant au moins six minutes par bande de fréquences pour saisir les variations attribuables aux conditions locales et se conformer aux lignes directrices du CS 6. On a fait tourner de 360o toutes les antennes, sauf l'antenne Singer 92198-3 et l'antenne fouet maison, pour obtenir le niveau maximal des signaux. On a normalement surveillé les emplacements pendant trois heures, ce qui a permis de recueillir environ un giga-octet de données.
L'analyseur vectoriel de spectre a enregistré l'intensité des signaux reçus dans la gamme de 150 kHz à 30 MHz. Afin de s'assurer que le récepteur était stable avant la numérisation, on a sélectionné un temps de stabilisation de cinq millisecondes. L'Explorateur de spectre a mesuré les signaux dans la bande de fréquences de 30 MHz à 3 GHz. L'Explorateur a pris plusieurs millisecondes pour prendre les mesures dans une sous-bande, puisqu'il ne peut numériser que 4,51 MHz à la fois. Le temps de balayage dépend aussi du nombre de blocs (équivalent à la largeur de bande de résolution d'un analyseur analogique) sélectionné pour chaque canal. Les deux analyseurs étaient commandés par logiciel par un ordinateur personnel qui horodatait les données enregistrées.
La plage de fréquences de l'analyseur vectoriel a été subdivisé en huit gammes de fréquences pour tenir compte des huit bandes de l'antenne omnidirective Singer 92198-3. Le tableau no 01 donne la liste des sousbandes de fréquences de l'analyseur vectoriel.
| Sous-bande de fréquences | Principaux services | Antenne utilisée |
|---|---|---|
| 150 - 300 kHz | Maritime et aéronautique | Singer 92198-3 |
| 300 - 590 kHz | Aéronautique et radiodiffusion AM | Singer 92198-3 |
| 590 - 1100 kHz | Radiodiffusion AM | Singer 92198-3 |
| 1100 - 2100 kHz | Radiodiffusion AM et mixtes | Singer 92198-3 |
| 2100 - 4100 kHz | Mixtes | Singer 92198-3 |
| 4100 - 8000 kHz | Mixtes | Singer 92198-3 |
| 8000 - 15000 kHz | Mixtes | Singer 92198-3 |
| 15000 - 30000 kHz | Mixtes | Singer 92198-3 |
Pour simplifier les réglages de l'Explorateur de spectre, on a divisé la bande de fréquences surveillée (de 30 MHz à 3 GHz) en sous-bandes pour tenir compte des diverses antennes de réception, des types de services et des niveaux de signal de réception escomptés. Le tableau no 02 énumère ces sous-bandes.
| Sous-bande de fréquences | Principaux services | Antenne utilisée |
|---|---|---|
| 30 - 80 MHz | Mobile terrestre et télévision | Fouet |
| 80 - 88 MHz | Radiodiffusion télévisuelle | HK 014 |
| 88 - 108 MHz | Radio FM | HK 014 |
| 108 - 136 MHz | Aéronautique | HK 014 |
| 136 - 174 MHz | Mobile terrestre | HK 014 |
| 174 - 406 MHz | Radiodiffusion télévisuelle | HK 014 |
| 406 - 470 MHz | Mobile terrestre | HK 014 |
| 470 - 806 MHz | Radiodiffusion télévisuelle | HK 014 |
| 806 - 849 MHz | Mobile | HK 014 |
| 849 - 902 MHz | Cellulaire, à partage de canaux, téléappel | HK 014 |
| 902 - 960 MHz | À partage de canaux, téléappel, liens fixes | HK 014 |
| 960 - 1300 MHz | Aéronautique | HK 014 |
| 1300 - 3000 MHz | SCP, radiodiffusion numérique, télédistribution sans fil | Tecom 201031 |
Chaque sous-bande de fréquences a été divisée en canaux de fréquence d'une largeur de bande fixe de 10 kHz, de 50 kHz, de 100 kHz, etc. Le tableau no 03 donne des spécimens des canaux de fréquence.
| Numéro de canal | Fréquence centrale (en MHz) | Largeur de bande des canaux (en Hz) | Résolution des filtres (en Hz) | Nombre minimal de filtres |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 88,005 | 10000 | 312,5 | 9 |
| 2 | 88,015 | 10000 | 312,5 | 9 |
| 3 | 88,025 | 10000 | 312,5 | 9 |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| 299 | 90,985 | 10000 | 312,5 | 9 |
| 300 | 90,995 | 10000 | 312,5 | 9 |
| 301 | 91,005 | 10000 | 312,5 | 9 |
La figure no 03 donne les signaux reçus maximaux des canaux de fréquence des bandes de fréquences surveillées pour plusieurs services.
Aux fins de cette analyse, on a déterminé le niveau maximal du signal reçu enregistré durant la période de surveillance pour chaque canal de fréquence. Ces valeurs ont été converties en champ électrique équivalent et normalisées par rapport à la limite appropriée du CS 6. Pour chaque emplacement, on a fait la somme des carrés des valeurs normalisés des champs électriques pour tous les canaux de fréquence dans le but d'obtenir le pire cas d'ensemble en vertu du CS 6.
L'hypothèse selon laquelle toutes les fréquences actives étaient émises simultanément est une probabilité extrêmement faible. C'est pourquoi les résultats constituaient une surestimation de l'énergie RF réelle présente dans la zone inspectée. Cela permet cependant au Ministère de raisonnablement assurer au public qu'aux 61 emplacements inspectés, l'énergie RF est inférieure aux valeurs calculées au moment des mesures.
Plusieurs hypothèses ont été faites au cours des mesures et du projet lui-mme. Un principe fondamental voulait que le délai nécessaire pour compléter un passage de la bande de fréquences était égal au temps de transmission des signaux ou plus court. Cela voulait dire que tous les signaux transmis étaient enregistrés par le système, qui n'en manquait aucun à cause de cycles d'utilisation courts. Une autre hypothèse cruciale supposait qu'au moment des mesures, tous les émetteurs étaient entièrement opérationnels et qu'ils fonctionnaient à leur puissance habituelle. Enfin, s'il fallait augmenter l'atténuation pour compenser une surcharge, le fait que les signaux faibles n'étaient plus enregistrés n'aurait pas d'incidence majeure sur les résultats d'ensemble. C'est valide, parce que les signaux éliminés sont souvent de moins de 60 dB, soit un million de fois inférieurs au niveau de signal mesuré.
Le DEB, à Ottawa, s'est occupé d'étalonner le gain d'antenne, le facteur d'antenne et les pertes dans les câbles. Aux fins de la présente étude, les mesures et l'équipement ont une précision de ±3 dB, ce qui comprend une précision de ±1,0 dB pour les récepteurs, une variation de ±0,5 dB pour le gain d'antenne, des incertitudes de ±0,2 dB pour les câbles et les connecteurs, une troncature de ±0,1 dB pour les données et d'autres facteurs concernant les procédures de mesure, qui ont contribué une valeur additionnelle de ±1,0 dB. En additionnant simplement les incertitudes individuelles, on obtient une incertitude attribuable à l'équipement de ±2,8 dB. C'est une valeur prudente.
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