Le Canada au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI)

Stratégie nationale en matière de TIC

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10 ans d'innovation au chapitre de l'utilisation des TIC pour le développement : Stratégie nationale en matière de TIC

Les dix dernières années ont fourni un environnement stimulant pour l'élaboration et la mise en œuvre fructueuses d'une vision nationale pour l'inclusion numérique et l'innovation au Canada. Nous avons assisté à la restructuration de l'administration fédérale, qui a permis d'intégrer l'ancien ministère des Communications au ministère de l'Industrie; au développement du World Wide Web, qui a présenté une nouvelle génération d'outils et de technologies de l'information et de communication capables de soutenir le passage de l'apprentissage « passif » à l'apprentissage « actif  »; et à la mise en place de restrictions budgétaires, qui ont réduit de moitié le budget du ministère de l'Industrie, ce qui a obligé celui-ci à se réinventer.

Néanmoins, le fait de mettre en place les politiques, les programmes et les réseaux nécessaires pour promouvoir l'innovation a permis d'accélérer le processus de transfert de connaissances requis pour favoriser l'autonomie des gens et le changement organisationnel. La mise de l'accent sur le renforcement des capacités, d'abord auprès des jeunes, a été un facteur critique qui a contribué à faire progresser la vision nationale du Canada pour l'inclusion numérique et l'innovation.

Fort de sa vocation technologique, le ministère de l'Industrie a agi comme catalyseur auprès des autres ministères et des secteur privé et sans but lucratif pour ce qui est d'ouvrir la voie à la mise en œuvre du programme « Un Canada branché ». Vu qu'il est prévu dans son mandat de favoriser un accès abordable aux services de communication, il a d'abord créé un Comité consultatif sur l'autoroute de l'information en avril 1994, et ce, en vue d'engager les Canadiens dans un dialogue sur ce que le gouvernement devait faire en vue de développer une autoroute de l'information.

Il en est résulté une volonté politique et un consensus public qui ont contribué à l'établissement de nouveaux partenariats entre le secteur public, le secteur privé et la société civile dans le cadre desquels a été adoptée une vision commune concernant l'utilisation des technologies de l'information et des communications (TIC) pour le développement. Comme le Premier ministre l'a déclaré, « un plan propre à contrer l'exode des cerveaux », basé sur les nouvelles pierres angulaires du développement durable : une société de l'information; une économie du savoir; et la bonne gouvernance.

Le renforcement des capacités est le fil conducteur qui unit chacun de ces éléments.

Dans la société de l'information, le réseautage de gens et d'organisations leur permet de partager activement l'information et les connaissances, accélérant du même coup le processus d'innovation dans les domaines de la technique, de la culture et de la gestion. Depuis 1994, la distribution de plus de 360 000 ordinateurs remis à neuf, dont ont fait don le gouvernement du Canada et de nombreuses sociétés, a permis de favoriser l'introduction de l'apprentissage électronique, en plus de contribuer à l'achat d'un très grand nombre d'ordinateurs (trois à quatre fois plus que le nombre d'ordinateurs remis à neuf). En 1999, le Canada est devenu le premier pays au monde à brancher chaque école et bibliothèque publique à Internet. Nous avons aussi élaboré des programmes visant à numériser notre patrimoine culturel et à soutenir le développement de contenu local. Enfin, selon l'édition 2001 du World Competitiveness Report, le Canada est le pays affichant le pourcentage le plus élevé de diplômés aux niveaux collégial et universitaire.

Alors que le Canada s'oriente vers une économie du savoir, l'entrepreneurship local devient essentiel pour retenir une main-d'œuvre hautement qualifiée. Un vaste réseau de 8 800 sites d'accès communautaire à Internet reçoit plus de 34 millions de visiteurs par année; bon nombre de ces sites sont en train de devenir des incubateurs de développement économique local. Ces collectivités électroniques ont pour mentor un réseau de douze « collectivités ingénieuses », et les grappes industrielles en résultant attirent les investisseurs étrangers.

Enfin, la bonne gouvernance a signifié non seulement assurer le leadership et catalyser les partenariats visant à orienter le Canada vers une société de l'information et une économie du savoir, mais aussi devenir une fonction publique innovatrice et un utilisateur modèle. Au cours des deux dernières années, Accenture a classé le Canada au premier rang parmi 22 pays pour ce qui est de son leadership dans le domaine du gouvernement électronique.

Le Canada a réussi à gérer ce processus de changement grâce à une combinaison de politiques et de programmes mettant l'accent sur le renforcement des capacités. Aujourd'hui, 75 p. 100 des Canadiens et 83 p. 100 de nos PME utilisent Internet. Ces réalisations sont pour le moins remarquables compte tenu que le Canada est le deuxième plus grand pays au monde, a deux langues officielles et compte une population d'à peine 31 millions d'habitants qui s'étend jusqu'aux confins du cercle arctique.

Sur le plan de l'accès aux communications, la politique de télécommunication canadienne favorable à la concurrence, notre fonds d'accès universel et l'instauration de nouveaux services ont favorisé les investissements du secteur privé dans l'infrastructure et l'innovation du marché. À plus de 98 p. 100, le Canada affiche, parmi les membres du G8, le taux de pénétration le plus élevé du service téléphonique; en outre, il peut se targuer d'offrir les frais téléphoniques les moins élevés pour les entreprises. Parallèlement, l'adoption d'un cadre d'orientation novateur pour le commerce électronique a permis de légaliser les « signatures électroniques », d'établir des normes de chiffrement à clé publique pour assurer la sécurité des données, d'élaborer une politique, neutre sur le plan fiscal, pour encadrer les transactions sur Internet et de mettre au point une nouvelle législation en matière de consommation visant à protéger l'information. L'ensemble de ces mesures favorise la confiance dans les transactions en ligne au Canada.

Voici quelques-unes des leçons que nous avons apprises en cours de route :

  • il faut voir grand mais commencer lentement;
  • le ministère des Communications peut jouer un rôle de catalyseur : favoriser l'intégration des TIC aux fins d'une « stratégie de développement  » dans les domaines social, économique et de la gouvernance;
  • il convient de promouvoir les partenariats (publics-privés-société civile), pour tirer profit des ressources des principaux intervenants, en ayant une vision commune et en favorisant les nouveaux rôles;
  • il est nécessaire d'établir un équilibre entre l'innovation technologique et l'innovation sur les marchés : favoriser l'autonomie des gens et des organisations (changement ascendant et descendant);
  • il faut soutenir ceux qui font preuve d'innovation, pour les faire connaître ensuite comme modèles à suivre, pour qu'ils servent de mentors aux autres;
  • au chapitre de la gestion du savoir, compte tenu de la diversité du Canada, il n'existe pas de « modèle » unique; il est important de tirer parti des connaissances provenant de diverses approches.

Pendant que le Canada ne cesse de s'ouvrir à l'information, au savoir et à l'innovation, nous continuons d'élaborer des politiques et des programmes qui mettent l'accent sur le renforcement des capacités. À titre d'exemple, mentionnons une nouvelle initiative, qui a été lancée récemment, le « programme pilote de services à large bande pour le développement rural et du Nord ». Grâce à cette initiative, des petites collectivités et des collectivités éloignées d'un bout à l'autre du Canada, de Quikitarjuaq au Cap-Breton, pourront mettre sur pied leurs propres réseaux à large bande.

Industrie Canada