Archivé — L'acquisition des compétences numériques de demain

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Contexte

L'essor et l'adoption rapides des technologies numériques influent sur notre manière de travailler et de communiquer. Les entreprises ont compris qu'elles devaient exploiter la technologie pour maintenir leur compétitivité sur les marchés mondiaux; les artistes ont adopté le numérique pour perfectionner leur art; et les citoyens ont compris que la technologie joue un rôle important dans l'établissement de réseaux efficaces. Pour établir des conditions favorables à l'instauration d'une économie numérique de calibre mondial, il faut que tous les Canadiens acquièrent des compétences numériques.

De toute évidence, l'économie numérique repose sur un secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) solide et concurrentiel sur la scène mondiale. Pour que le secteur des TIC soit vigoureux, il faut que le Canada dispose de suffisamment de travailleurs en TIC qualifiés, dans toutes les professions et dans toutes les régions. Cependant, les travailleurs en TIC ne sont pas les seuls à devoir s'adapter au progrès des technologies numériques. En effet, l'ensemble de la population active, qu'il s'agisse des scientifiques hautement spécialisés ou des travailleurs affectés aux chaînes de production, subit de plus en plus les conséquences de l'évolution rapide de la technologie numérique en milieu de travail.

Ces progrès technologiques exercent une profonde influence sur le système d'apprentissage canadien, tant sur la manière d'enseigner que sur celle d'apprendre. Internet, la réalité virtuelle et les médias sociaux ont créé de nouveaux modes d'apprentissage. Cela dit, on s'inquiète de l'apparition d'un écart sur le plan des compétences numériques, car l'accès restreint de certains groupes aux nouvelles technologies entraîne un retard dans l'acquisition des compétences numériques37. Cette situation est particulièrement préoccupante du fait que la participation efficace au marché du travail dépend de plus en plus des compétences numériques.

Qu'entend-on par compétences numériques?

Il n'existe pas de définition convenue ni normalisée des compétences numériques. Toutefois, on s'entend pour dire qu'il s'agit de la capacité de repérer, d'organiser, de comprendre, d'évaluer, de créer et de diffuser de l'information par l'intermédiaire de la technologie numérique*. Les compétences numériques exigent la connaissance des technologies des communications actuelles et de leur utilisation. Elles sont un ensemble de compétences qui permettent aux citoyens de communiquer et d'évoluer dans le marché de l'emploi d'aujourd'hui et de demain.

*Définition tirée et adaptée de Educational Testing Service, Digital Transformation: A Framework for Digital Literacy, A Report of the International ICT Literacy Panel, 2002.


Comment mesure-t-on les compétences numériques ailleurs dans le monde?

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) réunit actuellement des renseignements sur les compétences numériques dans le monde. Elle mènera d'ailleurs en 2011, dans le cadre du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), un sondage visant à évaluer dans quelle mesure les adultes en âge de travailler utilisent leurs compétences technologiques en milieu de travail et en société*.

* Organisation de coopération et de développement économiques, Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes, 2010.

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Défis

Pour que le Canada devienne un chef de file de l'économie numérique, il faut promouvoir l'acquisition de compétences numériques par tous les citoyens. Celles-ci ont de l'importance non seulement pour le secteur des TIC, mais aussi pour la population active et pour tous les citoyens, qu'il s'agisse des étudiants, des personnes au foyer ou des personnes âgées.

Toutefois, il est difficile de savoir si les Canadiens ont les aptitudes et les compétences nécessaires à ce chapitre, car on ne sait trop en quoi consistent les compétences numériques ni où se situe le Canada par rapport à ses concurrents.

Combler la pénurie de compétences dans le secteur des TIC

Comme nous l'avons signalé dans un chapitre précédent portant sur la croissance du secteur des TIC, les employeurs ont eu de la difficulté à recruter des travailleurs qualifiés en TIC au cours des dernières années. Malgré une baisse de l'emploi dans ce domaine depuis le milieu de 2008, il y a toujours une pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans certains secteurs. La plupart du temps, celle-ci est attribuable non pas à un manque de qualifications, mais au fait que les travailleurs ne possèdent pas l'ensemble de compétences et d'expérience exigé par les employeurs canadiens. Pour résoudre cette pénurie de main-d'œuvre qualifiée, il faudra adopter diverses mesures intégrées et ciblées, coordonnées à l'échelle du gouvernement, de l'industrie et des partenaires du milieu de l'éducation.

On constate également un déséquilibre important entre les deux sexes, les femmes représentant moins du quart des travailleurs dans le secteur des TIC. Les Autochtones sont également sous-représentés; ils constituaient à peine 1 % des travailleurs de ce secteur en 2006. Toute stratégie sur l'économie numérique doit donc prévoir des moyens pour augmenter la participation des groupes sous-représentés en encourageant notamment l'inscription à des programmes d'enseignement postsecondaire liés aux TIC.

à court terme, le Programme des travailleurs étrangers temporaires du gouvernement du Canada a pallié la pénurie de main-d'œuvre spécialisée dans le secteur des TIC en facilitant l'intégration de travailleurs spécialisés dans divers domaines. En 2006, 4 663 permis de travail temporaires ont été délivrés pour des emplois dans le domaine des TIC; ce chiffre est passé à 7 092 en 2007 puis à 11 845 en 2008.

Pour résoudre la pénurie de main-d'œuvre à plus long terme, il faudra recourir à une stratégie ciblée et complexe axée sur trois volets principaux :

  1. l'expansion des programmes d'enseignement post-secondaire qui conjuguent les TIC à d'autres domaines, et le renforcement des programmes d'alternance travail-études et des stages;
  2. l'expansion des programmes en vue d'intégrer les groupes sous-représentés et les professionnels formés à l'étranger;
  3. la multiplication des occasions de formation continue destinées aux travailleurs actuels du secteur des TIC38.

L'immigration permanente est un élément de la solution à long terme, et elle est essentielle au maintien de la main-d'œuvre dans le secteur des TIC. En 2006, les professionnels formés à l'étranger représentaient 14 % des travailleurs du secteur des TIC39. Cependant, l'intégration et le maintien en poste de ces personnes semblent poser un problème.

Le Programme des conseils sectoriels du gouvernement du Canada continuera de soutenir la stratégie visant à répondre aux besoins relatifs à la main-d'œuvre en appuyant les deux conseils sectoriels de l'industrie qui s'occupent des questions de ressources humaines dans l'économie numérique : le Conseil des technologies de l'information et des communications (CTIC) et le Conseil des ressources humaines du secteur culturel (CRHSC).

Le projet prometteur du CTIC, baptisé Focus sur les technologies de l'information, illustre bien la manière dont le gouvernement fédéral travaille avec les provinces et les territoires pour offrir aux élèves de quatrième et cinquième secondaire (11e et 12e années) la possibilité d'acquérir des compétences techniques, administratives et relationnelles, et d'accéder directement au marché du travail.

Le CRHSC appuie aussi l'acquisition de compétences dans le secteur numérique. En 2008, il a produit une carte routière technologique, intitulée Création de contenu pour médias numériques, qui signale des projets technologiques hautement prioritaires pour aider les créateurs canadiens de contenu conçu pour les médias numériques à trouver les ressources humaines dont ils ont besoin. Le CRHSC a également mis au point un profil de compétences destiné aux auteurs de contenu produit pour les nouveaux médias afin d'aider les jeunes et les autres chercheurs d'emploi à choisir une carrière.

Améliorer les compétences numériques en milieu de travail dans tous les secteurs de l'économie

La capacité des entreprises canadiennes d'innover et de se positionner dans la chaîne de valeur mondiale dépendra dans une grande mesure de leur investissement dans les plateformes de TIC. De son côté, le succès de cet investissement dépendra de la présence de travailleurs ayant les compétences adéquates.

Ce sont probablement les PME qui auront le plus grand défi à relever. En effet, elles devront constamment investir dans les nouvelles TIC et former leurs employés à leur utilisation. Pour que les PME puissent participer de façon efficace au nouveau marché numérique, elles doivent prévoir la formation continue de leurs employés et le perfectionnement constant des compétences de ceux-ci.

Les grandes entreprises et les organisations auront leurs propres difficultés à surmonter pour relever le niveau des compétences dans le secteur numérique. Par exemple, dans le domaine de la santé, il faudra prendre les mesures nécessaires pour que les investissements importants dans les systèmes électroniques d'information sur la santé ne subissent pas les contrecoups d'une pénurie de spécialistes de l'informatique de la santé et de spécialistes de la gestion de l'information sur la santé40.

Dans les secteurs en pleine restructuration, particulièrement ceux de l'automobile et de la foresterie, on note un déplacement important et continu de travailleurs qui doivent réintégrer le marché du travail. Les travailleurs âgés et peu qualifiés ont été frappés de plein fouet par les pertes d'emploi. Pour qu'ils puissent trouver un nouvel emploi, il faudra créer des programmes visant à accroître leurs compétences numériques.

Réduire la « fracture numérique »

Au moment où le Canada veut créer une économie numérique de calibre mondial, il est essentiel que tous les citoyens possèdent les compétences nécessaires pour obtenir, utiliser et interpréter une gamme sans cesse croissante et de plus en plus complexe de renseignements numériques. Les avantages de l'acquisition de compétences numériques ne se limitent pas à l'amélioration des résultats du travail et de l'apprentissage en vue de rehausser la qualité de vie. La technologie est omniprésente et intégrée à la vie quotidienne. Les personnes ayant des lacunes dans ce domaine sont désavantagées, car elles risquent de ne pas avoir accès aux services gouvernementaux, aux soins de santé, aux renseignements ou à la formation dont elles ont besoin.

Une « fracture numérique » en émergence

Tant au Canada qu'ailleurs dans le monde, on constate l'existence d'une « fracture numérique »*.

* Organisation de coopération et de développement économiques et Statistique Canada, Apprentissage et réussite : Premiers résultats de l'Enquête sur la littératie et les compétences des adultes, 2005.

Un rapport de Statistique Canada sur le taux d'utilisation d'Internet reflète les constatations faites ailleurs dans le monde : l'expérience du numérique au Canada dépend du revenu, des études et de l'âge41. Les compétences essentielles, par exemple la capacité de lire et d'écrire, sont aussi étroitement liées aux aptitudes numériques, et l'amélioration de ces compétences est cruciale pour que les citoyens acquièrent les compétences voulues.

Le Bureau de l'alphabétisation et des compétences essentielles (BACE) du gouvernement du Canada travaille avec de nombreux partenaires à l'amélioration des capacités de lecture et d'écriture ainsi que des autres compétences essentielles des adultes afin d'aider ceux-ci à accéder au marché du travail, à s'adapter au changement et à réussir de façon à contribuer à l'essor de leur collectivité et de leur famille. Par la recherche de solutions fructueuses, l'établissement de partenariats et la mise au point d'outils, le BACE vient appuyer les investissements des provinces et des territoires dans les domaines de l'éducation et de la formation.

Les progrès de la technologie, particulièrement le réseautage social, peuvent favoriser l'apprentissage grâce à l'utilisation des nouveaux médias. En effet, le réseautage social peut modifier l'apprentissage formel et autonome en renforçant la communication et la collaboration. Les avantages sont considérables, puisque la technologie peut améliorer à la fois l'apprentissage en classe et la formation en milieu de travail. Toutefois, l'écart entre les niveaux de compétence pourrait aussi se creuser, car le processus d'apprentissage est de plus en plus lié aux compétences numériques. Toutes les personnes, indépendamment de leur âge, doivent donc acquérir des compétences suffisantes, notamment des compétences numériques, pour connaître les possibilités d'apprentissage et les exploiter rapidement et efficacement. Celles dont les compétences numériques ne sont pas à la hauteur risquent de se laisser distancer.

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Questions à débattre

La formation et l'apprentissage forment un domaine complexe relevant de la compétence partagée du gouvernement fédéral et des provinces et des territoires. Les provinces et les territoires sont les principaux responsables de la formation et de l'éducation, mais le gouvernement du Canada a la responsabilité d'assurer la sécurité et la prospérité économiques du pays. Pour ce faire, il doit : augmenter la taille de la main-d'œuvre en réduisant les obstacles; améliorer la qualité de la main-d'œuvre en favorisant le perfectionnement des compétences; et accroître l'efficacité du marché du travail en appuyant la mobilité et l'adaptation de la main-d'œuvre.

Pour nous aider à orienter les politiques du gouvernement du Canada en ce sens, nous sollicitons votre opinion concernant les questions ci-dessous :

  • Quels sont, à votre avis, les défis les plus importants à relever en matière de perfectionnement des compétences dans le contexte de l'économie numérique?
  • Quelle est la meilleure manière de relever ces défis?
  • Que pouvons-nous faire pour que les personnes qui entrent sur le marché du travail aient des compétences numériques?
  • Quel est le meilleur moyen de faire en sorte que la main-d'œuvre actuelle se perfectionne continuellement pour rester concurrentielle dans l'économie numérique? Les PME doivent-elles procéder différemment des grandes entreprises?
  • Quels sont les effets de l'économie numérique sur le système d'apprentissage au Canada? Sur notre façon d'enseigner? Sur notre manière d'apprendre?
  • Quelles stratégies devrait-on adopter pour réduire la fracture numérique?
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Avis

La consultation publique a pris fin le 13 juillet 2010. Il n'est plus possible de faire des commentaires ou de présenter des mémoires par l'entremise de ce site Web.

Du 10 mai au 13 juillet 2010, plus de 2 000 personnes et organismes canadiens se sont inscrits sur le site Web de la consultation publique pour faire connaître leurs idées et présenter des mémoires. Vous pouvez en prendre connaissance — et lire les commentaires des autres visiteurs — sur la page Soumission de mémoires et dans le Forum d'idées.