Table ronde visant à appuyer l'excellence scientifique à l'échelle mondiale

18 août 2016 —Saskatoon (SK)
Appuyer l'excellence scientifique à l'échelle mondiale
Présenté par Maurice Moloney (coprés., Steven Rothstein)

Domaine d'intérêt

Soutenir l’excellence dans la recherche de calibre mondial, de la science fondamentale à la science appliquée.

  • Quels changements devrions-nous apporter sur le plan des politiques et du financement si nous souhaitons renforcer les capacités et l'innovation dans le domaine de la recherche?
  • Quelles organisations et quels centres de recherche sont essentiels pour renforcer les capacités sur le plan de l'excellence scientifique mondiale et comment devrions-nous les alimenter en ressources?
  • Comment pouvons-nous améliorer la collaboration entre le milieu universitaire et la recherche et nous attaquer aux lacunes sur le plan de la commercialisation?
  • Comment pouvons-nous accroître la demande à l'égard des diplômés ayant une formation en recherche au sein des entreprises canadiennes?

Faits saillants

Le Canada a mis en place des bases solides en ce qui a trait à l'excellence de la recherche et a réussi à attirer des personnes de talent; nous devons poursuivre dans cette voie pour avoir du succès dans l'avenir; nécessité de sensibiliser davantage à l'importance et à la réussite de la science et de la recherche; nécessité d'améliorer la coordination et la cohérence dans le soutien accordé à la recherche postsecondaire; nécessité d'offrir un soutien à long terme plus soutenu pour la recherche axée sur la découverte, sans lien avec l'industrie, afin de permettre aux idées transformationnelles de prendre forme ce qui, en retour, incitera l'industrie à participer; nécessité de renforcer la collaboration internationale et d'améliorer le soutien accordé à la recherche interdisciplinaire.

Résumé de la discussion

Il est impossible de prédire avec précision l'innovation et le potentiel futur. Le Canada doit miser sur des bases solides en renforçant le financement accordé à la recherche axée sur la découverte, notamment en permettant aux chercheurs de mener à bien leurs meilleures idées grâce à un financement durable à plus long terme qui ne les oblige pas à établir des liens avec des partenaires de l'industrie. Les chercheurs doivent également pouvoir compter sur la formation et les outils nécessaires pour les outiller afin qu'ils puissent gérer efficacement une activité de recherche.

Il est nécessaire d'améliorer la collaboration et la coordination entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux, ainsi que dans l'ensemble des institutions, afin de maximiser les ressources et l'efficience et d'optimiser l'écosystème scientifique du Canada. Les décisions en matière de financement doivent être fondées sur l'excellence et sur l'examen par les pairs. On doit également accroître la cohérence au niveau du soutien qu'offre le gouvernement fédéral à l'égard de la recherche postsecondaire.

Il existe déjà des mesures incitatives visant à accroître la participation de l'industrie dans les activités de R-D, mais il s'agit encore et toujours d'un point faible. Il faut mettre en place davantage d'outils et de formes de soutien pour aider les chercheurs à collaborer avec l'industrie, notamment permettre l'établissement de partenariats avec des entreprises internationales, faciliter le jumelage entre les chercheurs et les partenaires de l'industrie et simplifier les politiques sur la PI dans les universités.

Principales considérations et principaux défis à la mise en œuvre

Changement de paradigme : Il est impossible de prédire l'imprévisible; même si nous pouvons facilement cibler ce qui est présentement excellent, nous ne pouvons prédire les répercussions futures. L'échec est mal accepté. Le gouvernement doit être prêt à soutenir les idées novatrices que personne d'autre ne veut appuyer afin d'encourager la mise en place d'un écosystème plus novateur.

Fragmentation et manque de cohérence : L'éducation est financée par les provinces tandis que la recherche est soutenue par le gouvernement fédéral; il faut une meilleure interaction entre ces entités. On observe un manque de cohérence dans les décisions du gouvernement fédéral sur le financement ou la création de bon nombre d'organismes de recherche; par ailleurs, ces décisions ne sont pas toutes étayées par l'excellence et ne découlent pas toutes d'un examen par les pairs. Il existe des différences majeures entre les institutions quant aux formes de soutien offertes aux chercheurs.

Manque de soutien offert aux chercheurs pour favoriser la collaboration : L'adoption de différentes politiques restrictives sur la PI dans les universités entraîne des frictions et n'encourage pas les chercheurs à collaborer avec l'industrie. Les chercheurs doivent en grande partie se débrouiller seuls pour trouver et établir des partenariats avec l'industrie.

Obstacles à la participation : Manque de diversité dans le milieu de la recherche (dont la diversité des genres). Il faut surmonter les préjugés dans les processus de financement. Les difficultés vécues nuisent à la conservation des talents et empêchent la réalisation des activités scientifiques et novatrices canadiennes à leur plein potentiel.

Difficultés administratives : Faire des efforts majeurs sur le plan administratif pour gérer les subventions en matière de recherche. Les chercheurs ont besoin de plus de temps pour réaliser leurs travaux de recherche, notamment en ayant accès à un allégement de la tâche d'enseignement. Certains obstacles bureaucratiques nuisent à la collaboration entre les chercheurs des universités et les scientifiques fédéraux.

Principales idées et principaux résultats

Améliorer le financement de la recherche axée sur la découverte : Augmenter le montant et la durée du financement par subvention pour la recherche axée sur la découverte ainsi que la marge de manœuvre qui est accordée quant à la façon dont les fonds peuvent être utilisés. Par ailleurs, envisager d'indexer les montants du financement. Accroître le financement afin de pouvoir réaliser des idées exceptionnelles sans avoir besoin de la collaboration de l'industrie et renforcer le niveau d'agilité du système pour qu'il puisse s'adapter plus habilement aux domaines inattendus et nouveaux.

Élargir la base de la recherche jugée excellente : Améliorer le financement destiné à la « classe moyenne de la recherche », soit la classe qui ne fait pas nécessairement partie de la première tranche de 1 %, mais où l'on retrouve la majeure partie des talents et des idées novatrices, et qui risque de quitter le Canada si elle trouve de meilleures possibilités ailleurs.

Accroître la cohérence dans le financement de la recherche : Unifier/fusionner bon nombre des organismes et des programmes fédéraux de financement déjà en place et assurer une plus grande transparence. L'excellence et l'examen par les pairs doivent être à la base de toutes les décisions gouvernementales en matière de financement dans le domaine de la science et de la recherche. Il faut se concentrer sur les domaines qui présentent un avantage stratégique et encourager le développement d'une masse critique.

Renforcer la recherche dans les laboratoires fédéraux : Fournir les ressources requises et améliorer le leadership scientifique afin d'attirer davantage de talents et de les conserver. Éliminer les restrictions s'appliquant aux scientifiques fédéraux afin qu'ils puissent accéder à du financement provenant d'organismes subventionnaires. Réduire les obstacles administratifs/restrictions afin de favoriser la collaboration.

Faciliter la participation de l'industrie : Créer une base de données d'éventuels partenaires ou personnes-ressources de l'industrie afin d'accroître la collaboration; à l'heure actuelle, ce processus est réalisé sur une base ponctuelle, et la responsabilité de trouver des partenaires revient au chercheur. Modifier les critères d'admissibilité des programmes fédéraux actuels pour permettre la participation d'entreprises internationales. Changer les lignes directrices s'appliquant à la propriété intellectuelle afin que les chercheurs puissent conserver leurs droits de PI.

Accroître la demande à l'égard des diplômés ayant une formation en recherche : Il existe des différences entre les secteurs; il faut donc adapter les approches. Certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures incitatives pour engager de tels diplômés. Il faut mieux préparer ces diplômés aux possibilités offertes à l'extérieur du milieu universitaire. On doit éliminer les obstacles à l'immigration des chercheurs au Canada.

Date de modification :