Table ronde visant à assurer la croissance des entreprises et à accélérer la croissance propre

16 août 2016 —Edmonton (AB)
Assurer la croissance des entreprises et accélérer la croissance propre
Présenté par Maurice Moloney

Domaine d'intérêt

Comment passer d’activités scientifiques de haut niveau et d’innovations transformatrices à un processus de commercialisation fructueux.

  • Que doit faire le Canada pour favoriser la mise à l'échelle des entreprises novatrices?
  • À l'échelle nationale, quelles organisations et quels centres de recherche sont essentiels pour renforcer les capacités sur le plan de l'excellence scientifique mondiale et comment devrions-nous les alimenter en ressources?
  • Comment pouvons-nous encourager et renforcer les collaborations entre l'excellence scientifique et l'industrie?

Faits saillants

Reconnaître l'innovation comme étant le produit découlant d'un système complexe de communautés formées de multiples intervenants; nécessité de jeter des ponts entre les différents centres d'innovation à l'échelle nationale et internationale; nécessité d'axer le soutien sur la création de carrefours d'innovation clés et d'établir des programmes qui encouragent la collaboration entre les carrefours nationaux; nécessité de simplifier les initiatives de soutien et de commercialisation pour les entrepreneurs; nécessité de célébrer une culture d'innovation à l'échelle nationale et de commercialiser nos forces à l'échelle internationale.

Résumé de la discussion

L'innovation est un sport de « contact » — Les entrepreneurs canadiens ont besoin du soutien de réseaux solides dans l'ensemble des régions, des secteurs et des pays pour ressortir de la masse. La « chaîne du savoir », qui mène de la découverte au lancement d'un produit, ne doit pas être perçue comme étant linéaire, mais plutôt comme une toile d'innovation complexe qui devient plus forte si l'on réunit des gens ayant des connaissances et des compétences différentes afin d'échanger des idées et de s'assurer que les points de « prise en charge » de la chaîne sont solides.

Passer de l'innovation à la commercialisation nécessite le soutien de nombreux acteurs. Le Canada doit voir à long terme en créant et en façonnant une culture d'innovation et d'entrepreneuriat. Pour ce faire, il doit exercer une influence sur les facteurs qui mènent à la réussite économique, mais non pas en façonnant des solutions et en choisissant des gagnants. Le Canada doit se tourner vers des modèles de pratiques exemplaires utilisés partout dans le monde, notamment en Israël, en Europe et à Singapour.

Principales considérations et principaux défis à la mise en œuvre

Commercialisation de la science : Les laboratoires de recherche qui misent sur les découvertes scientifiques pures ne tiennent compte que d'une petite proportion des possibilités commerciales que les sociétés reconnaissent sur le marché et qu'elles doivent prendre en compte. Les activités de développement doivent être étoffées par le marché. Il faut favoriser une augmentation des ventes et des exportations en réduisant les obstacles interprovinciaux et internationaux au commerce lorsque cela est possible.

Appui aux initiatives de mise à l'échelle : En raison du grand nombre de programmes de financement et de soutien, on obtient un système dans lequel il est difficile de naviguer et qui attribue des montants de financement relativement peu élevés. Ainsi, les entrepreneurs passent beaucoup trop de temps à chercher du financement et à soumettre des demandes au lieu de travailler à mettre sur pied leur entreprise. Des participants ont également observé qu'il faudrait accorder beaucoup d'importance à la création de moyennes entreprises. Alors que les entreprises valant des milliards de dollars peuvent devenir d'importantes plaques tournantes, les entreprises valant entre 100 et 500 millions de dollars sont souvent plus novatrices et jouent un rôle important quand vient le temps de générer des emplois. L'Allemagne, par exemple, a créé des programmes spéciaux qui visent à soutenir ces entreprises « Mittelstand » novatrices spéciales (ou PME). Finalement, on a reconnu que les activités de RS-DE étaient un moyen inefficace d'affecter le financement et le soutien à l'intention des entreprises novatrices.

Renforcement des capacités : Le Canada doit cibler et développer le savoir-faire dans les principaux secteurs stratégiques en soutenant la création de carrefours régionaux. Pour réussir à mettre sur pied des entreprises à forte croissance, il faut aller chercher le soutien d'un écosystème complexe d'incubateurs, d'accélérateurs, de bailleurs de fonds, d'établissements postsecondaires et d'organismes auxiliaires.

Perfectionnement des compétences : Le Canada produit une science de qualité, mais bon nombre d'innovateurs ne possèdent pas les compétences en affaires qui sont requises pour pouvoir commercialiser leurs découvertes. Une formation de base en affaires pour les innovateurs dans un éventail de secteurs et de champs d'intérêt contribuerait grandement à améliorer la capacité de survie des entreprises naissantes.

Renforcement de la collaboration : En encourageant la participation d'investisseurs étrangers, on augmentera le financement mis à la disposition des entreprises naissantes; on pourra également tirer des leçons de ces investisseurs bien établis et tirer profit de leurs relations afin de faire croître les réseaux et les marchés mondiaux. Alors que les régions doivent toutes composer avec des difficultés qui leur sont propres, les programmes devraient également encourager les organismes auxiliaires et les carrefours afin d'accroître la collaboration, de renforcer les liens, de créer des solutions commerciales viables et de présenter une image uniforme sur le marché international. Il faut encourager et soutenir la circulation de l'information entre les entreprises, les chercheurs et le marché.

Accès au capital : Pour chaque étape et pour chaque secteur, il faut recourir à différents aspects du financement. Le financement doit servir à l'approvisionnement en ressources. Le soutien à la recherche et aux entreprises naissantes qui font leurs premiers pas ne représente qu'une partie de l'équation. Il faut offrir des fonds complémentaires et des fonds de croissance afin de favoriser la création d'entreprises canadiennes compétitives à l'échelle mondiale.

Principales idées et principaux résultats

Commercialisation de la science : Le processus de développement doit être étoffé par le marché. Les programmes de subventions et de financement de la recherche devraient être structurés de manière à encourager les interactions entre les sociétés et les chercheurs et à réduire les obstacles à la commercialisation.

Appui aux initiatives de mise à l'échelle : Le processus de financement doit être simple et facile d'accès et doit s'accompagner d'une interface humaine afin d'offrir un soutien aux entrepreneurs de l'étape de la découverte jusqu'au lancement du produit et plus encore. Le fait d'offrir un financement de contrepartie ou un financement supérieur à des entreprises privées appuyées par le secteur privé, à l'aide des programmes présentement en place ou d'un programme de subventions s'apparentant au programme américain Small Business Innovation Research (SBIR), permettra de se concentrer sur le soutien aux entreprises gagnantes et de diminuer le temps que les entreprises consacrent à remplir des demandes de financement ou à chercher du financement.

Renforcement des capacités : Le gouvernement devrait orienter le financement et le soutien vers les grappes principales et les chercheurs au lieu de répartir le financement sommairement à l'échelle du pays. Le gouvernement doit voir à long terme et établir une culture d'innovation. Il est possible d'y parvenir en désignant des champions nationaux qui peuvent contribuer à jeter des ponts entre divers secteurs et différentes étapes de développement et qui peuvent applaudir et encourager l'innovation sous toutes ses formes, même lorsqu'un échec survient.

Perfectionnement des compétences : Afin d'améliorer le taux de réussite des entreprises naissantes novatrices, une formation en entrepreneuriat pourrait être intégrée aux programmes de STIM. S'il souhaite réduire l'écart entre la recherche et la commercialisation, le gouvernement pourrait également soutenir des programmes d'alternance travail-études aux deuxième et troisième cycles universitaires.

Renforcement de la collaboration : Le gouvernement devrait revoir les paramètres des programmes de soutien et de financement afin d'encourager la coopération et l'échange d'information entre les organisations et à travers les régions, notamment en favorisant la participation hâtive de l'industrie et des partenaires commerciaux dans le processus de développement.

Accès au capital : Le capital de risque représente une source de financement importante pour les entreprises naissantes novatrices. Le PACR a généré une hausse de la participation du secteur privé, mais les fonds seront engagés avant la fin du cycle de financement s'étendant sur 7 à 10 ans. Le gouvernement doit montrer à l'industrie qu'il lui offre son soutien continu en réinvestissant dans un programme semblable. On pourrait offrir un soutien au démarrage grâce à la reconduction de crédits à l'intention des incubateurs, des accélérateurs et des organismes auxiliaires de pointe en mettant en place des programmes comme le CNRC-PARI et le PCAI.

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