Table ronde sur l'innovation

24 août 2016 — Montréal (QC)
Tous les domaines d'action
Présenté par Austin Hill et Janie Béïque

Domaine d'intérêt

1) Société entrepreneuriale et créatrice; 2) Excellence scientifique à l'échelle mondiale; 3) Grappes et partenariats de calibre mondial; 4) Croissance des entreprises et croissance propre; 5) concurrence dans un monde numérique; 6) Conduite des affaires.

Faits saillants

Pour améliorer notre capacité d'innovation et promouvoir Canada à l'étranger, le gouvernement encourager la formation continue en créant des liens plus forts et plus diversifiés entre tous les acteurs en innovation, faciliter l'immigration pour les travailleurs spécialisés et les étudiants étrangers formés au Canada. La population autochtone et celle des milieux économiquement plus faibles devraient être mieux représentées à l'université pour augmenter le nombre de diplômées en diminution au Canada depuis des années.

Toute politique d'innovation devrait prendre en compte les particularités et les priorités provinciales. Il faut également favoriser des mesures pour les moyennes entreprises qui ne sont pas suffisamment intégrées dans l'écosystème de l'innovation. Depuis 10 ans, le manque de richesse a été créé par la forte diminution du nombre d'entreprises de taille moyenne.

La création de nouvelles structures de recherche n'est pas nécessaire — le gouvernement fédéral devrait augmenter son appui, entre autres, aux neuf consortiums de recherche existants au Québec et également donner des moyens financiers pour renforcer les liens entre tous les acteurs en recherche et innovation en favorisant, par exemple la mobilité entre les université, les entreprises et les ONG et agences gouvernementales. De plus, le gouvernement devrait être une vitrine technologique.

Le Canada est en mode rattrapage au niveau numérique et il manque de compétence. L'accès à l'internet haute vitesse dans les régions rurales est primordial. Le gouvernement devrait mettre en place d'une stratégie numérique qui anticipe les prochaines tendances, par exemple en Europe avec le 5G qui sera offert en 2020.

Résumé de la discussion

Les pays forts en innovation appuient la mobilité de la main-d'œuvre et des talents dans les milieux de recherche de l'écosystème de l'innovation (par exemple la Corée du Sud, le Japon, l'Allemagne, les États-Unis et Israël).

Le gouvernement du Canada devrait arrimer ses mesures à celles des provinces ainsi qu'à leurs priorités. Il y a beaucoup de programmes de coopératifs dans les universités, mais peu pour amener les gens des entreprises à l'université. Tous les gestes posés par le gouvernement devront être cohérent, permettre une continuité en dépit des cycles politiques car l'objectif visé ne peut se réaliser à court terme. Le Canada doit toutefois demeurer agile dans un contexte ou tout évolue extrêmement rapidement.

Les institutions du savoir, y compris les centres de recherche, devraient être structurées comme les Centres collégiaux de transfert de technologie. Il est important que le gouvernement investisse de manière équilibrée, continue à long terme et en intégrant tous les intervenants dans le système d'innovation — tous doivent être mandaté de devenir des protagonistes de l'innovation. De plus, toutes les organisations devraient rendre des comptes sur l'innovation pour justifier chaque dollar investi. Plusieurs grappes actuelles au Québec sont de beaux modèles sur lesquels on pourrait bâtir.

Le big data, la génomique, la transformation alimentaire et l'intelligence artificielle sont des secteurs transversaux représentant beaucoup d'opportunités, mais il manque du gaz (financement) afin de les déployer.

Principales considérations et principaux défis à la mise en œuvre

Entrepreneuriat : Tous les étudiants des baccalauréats universitaires ont maintenant accès à des cours d'entrepreneuriat, alors l'effet de cette mesure sera observé d'ici 4 ou 5 ans. Le gouvernement pourrait toutefois financer les clubs d'entrepreneuriat dans les universités et inciter les entreprises à y participer. Il faut aussi voir l'incitation à l'entrepreneuriat de manière plus large pour y inclure les projets d'innovation sociale.

Travailleurs qualifiés : L'appareil gouvernemental devrait être plus souple, notamment avec une formation continue effectuée en milieu de travail et moins à l'école. Il y a également un besoin de faire des campagnes de promotion des carrières et des compétences du secteur manufacturier. Faciliter la rétention des talents étrangers formés dans nos universités devrait être priorisé.

Internet numérique : Le gouvernement devrait favoriser : la démonstration des nouvelles technologies dans un environnement réel de simulation; et la collaboration avec les partenaires qui détiennent des infrastructures existantes comme avec l'organisme CANARIE. Les régions rurales doivent avoir accès à l'internet haute vitesse si on veut compétitionner. Favoriser les diagnostics numériques de même que les usines numériques.

Réglementation : Le gouvernement devrait modifier son système réglementaire afin de l'assouplir, de le moderniser pour rendre les entreprises plus compétitives. Il doit aussi détenir une réglementation environnementale plus concrète pour créer des marchés dans le secteur des technologies propres.

Commercialisation : Au Québec, nous avons un historique de développer des plans où les investissements en recherche et en infrastructure sont privilégiés, mais une stratégie pour la commercialisation serait nécessaire. Étendre les crédits d'impôt avec des critères rigoureux pour la commercialisation là où un retour sur l'investissement est possible ou procurer une aide directe. Ne pas oublier les PMEs dans les critères d'accessibilité.

Provisionnement : Appliquer les mesures comme Buy America Act; étendre la Politique des retombées industrielles et technologiques pour le secteur de la défense aux autres secteurs; et assurer que les appels d'offres invitent des solutions innovantes (comme nouvelles technologies, matériaux ou applications) et force l'inclusion des PMEs et autres parties importantes de l'écosystème.

Principales idées et principaux résultats

Talent et relève : Augmenter le nombre d'immigrants, mais en ciblant les travailleurs qualifiés. Faire connaître les histoires à succès en matière d'innovation et favoriser les mesures pour la mobilité des talents de durée variable entre les différents milieux de recherche en innovation (comme le Programme de stages Accélération Québec FRQ — Mitacs).

Universités : Elles devraient être mieux financées, car la compétition est très féroce à l'internationale pour attirer les professeurs d'haute qualité qui peuvent faire une différence et amener les jeunes à innover. Supporter les universités et autres centres de recherche dans l'acquisition d'infrastructure qu'elles pourraient partager avec le milieu entrepreneurial. Les chairs de partenariat industriel sont un modèle à étendre à tous les domaines de recherche mais aussi élargir la notion de partenaire éligible au-delà du milieu industriel pour inclure les agences, ONG, etc.

Secteurs d'activités : Le Canada pourrait faire des appels d'offres pour définir les secteurs d'activités où il devrait investir, comme il le fait avec les universités via le Fonds d'excellence en recherche Apogée Canada. Le gouvernement dans ses gestes doit encourager le décloisonnement des secteurs.

Partenariats : Le gouvernement devrait financer les associations pour accompagner les PMEs à adopter une culture d'innovation et faire connaître l'offre gouvernementale de programmes. Le gouvernement devrait favoriser dans son financement les structures qui sont innovante et intégrées dans l'écosystème.  Il devrait également favoriser l'accès aux données qu'il détient.

Propriété intellectuelle : Adopter une approche qui favorise l'exploitation et commercialisation des découvertes.

Grappes : Le gouvernement se doit d'être flexible dans ses interventions; en appuyant les secteurs de force aujourd'hui et en investissant des secteurs ou technologies prometteurs et plus risqués. Pour améliorer les échanges et des développements innovateurs entre les grappes, le gouvernement pourrait financer la formation.

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