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Redémarrer, relancer, repenser la prospérité de tous les Canadiens

De : Innovation, Sciences et Développement économique Canada

Un plan de croissance ambitieux pour bâtir une économie numérique, durable et innovante

Rapport du Conseil sur la stratégie industrielle

Tables des matières

Un moment d'ambition et d'action

Message de la présidente

L'année 2020 marquera l'histoire. La crise de la COVID-19 a frappé brutalement. Notre vie personnelle, notre vie professionnelle, nos habitudes, nos certitudes ont été ébranlées. Pour protéger la vie humaine, les gouvernements ont dû prendre des mesures exceptionnelles ayant des répercussions importantes sur l'économie, comme l'imposition de confinement et l'introduction des contrôles aux frontières. Le coup de frein sur l'économie mondiale a entraîné une chute vertigineuse du PIB. Au Canada, dans les premiers mois de la pandémie, la dégringolade du PIB a été de 18 %, du jamais vu.

Les gouvernements et les banques centrales à travers le monde sont intervenus de façon massive afin de contenir les effets dévastateurs de la crise. Le gouvernement du Canada est intervenu, débloquant dans de courts délais des sommes records pour limiter les impacts sur les personnes, les familles, les entreprises. C'est dans ce contexte inédit que le Conseil sur la stratégie industrielle (le Conseil) a débuté ses travaux en juin 2020 avec le mandat de déterminer la portée et la gravité des conséquences de la COVID-19 sur les industries, aider le gouvernement à faire le point sur les pressions qui touchent des secteurs en particulier, et recevoir les commentaires formulés par le milieu des affaires sur les conséquences de la pandémie.

Je tiens à remercier le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie et le gouvernement du Canada pour sa confiance. C'est un privilège de présider ce Conseil. Je tiens aussi à féliciter chaleureusement les neuf membres pour leur engagement exceptionnel et à remercier le secrétariat du Conseil, qui fait partie d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada, et les fonctionnaires pour leur coopération et leur soutien dévoués. Notre mandat est large et exigeant.

Nous avons amorcé nos travaux avec un sentiment d'urgence et la volonté de consulter les Canadiens d'un bout à l'autre du pays et de tous les secteurs de l'économie pour avoir une vision claire de la situation. J'ai eu le privilège de participer à près d'une centaine de réunions avec un nombre considérable de dirigeants d'entreprises, d'associations, de collèges et universités, de régions, de communautés autochtones, d'organismes communautaires et de groupes de jeunes. Ils nous ont fait part en toute honnêteté et avec générosité de leurs besoins, parfois même de leur détresse; ils nous ont aussi dit qu'ils étaient résolus à aider le Canada à se rétablir.

Vous nous avez inspirés. Vous nous avez motivés. Vos espoirs et vos préoccupations ont guidé notre réflexion et nos recommandations; nous avons saisi l'urgence de la situation. Dès le mois de juillet, et de façon continue, nous avons présenté le contenu de nos échanges aux décideurs du gouvernement et, au cours des semaines suivantes, nous avons vu le gouvernement faire des annonces et confirmer des engagements qui faisaient écho à vos préoccupations.

Nous avons établi des objectifs clairs dès le départ : nous voulions être ambitieux, audacieux et tournés vers l'action. Cette démarche a inspiré un plan d'action à trois volets, intitulé Redémarrer, Relancer et Repenser, qui comprend cinq recommandations principales.

Dans le volet Redémarrer, nous répondons directement aux préoccupations soulevées dans le cadre de nos consultations. Il faut aider les familles, protéger les emplois et maintenir les entreprises à flot. Il s'agit de préserver le tissu économique et social et de tenir bon, alors que d'autres vagues de l'épidémie sont toujours possibles, et de redonner confiance aux Canadiens.

En protégeant notre tissu économique et social, nous nous plaçons en position de Relancer l'économie. Nous reconstituons nos forces. Nous pallions nos lacunes, mises en lumière par la crise. Nous ciblons les programmes gouvernementaux les plus efficaces et nous redoublons d'efforts pour développer notre main-d'œuvre, améliorer nos infrastructures, renforcer nos écosystèmes d'innovation et faciliter l'accès au capital. Ce sont les caractéristiques de base des économies prospères. Parallèlement, nous modernisons notre réglementation trop lourde pour la rendre plus souple et nous misons de façon stratégique sur les capacités d'approvisionnement du gouvernement pour renforcer des secteurs clés. Nous offrons ainsi des occasions aux petites et moyennes entreprises (PME) innovantes de se faire valoir et nous mettons le savoir-faire local sous les projecteurs.

Ces mesures transversales et structurantes nous donnent l'élan pour Repenser notre économie et pour nourrir de nouvelles ambitions. La crise transforme le monde. Des tendances s'accélèrent, comme la lutte contre les changements climatiques, la numérisation et l'intelligence artificielle (IA), tandis que d'autres se dessineront dans la nouvelle géopolitique du monde post-COVID-19. De nouveaux défis et de nouvelles opportunités se présenteront. Le Canada doit se préparer, miser sur ses forces et viser le sommet dans des secteurs prometteurs comme le numérique et les données; les ressources, l'énergie renouvelable et les technologies propres; la fabrication à haute valeur ajoutée et l'agroalimentaire. Le Canada doit élaborer une véritable stratégie industrielle post-pandémique, qu'il doit mettre en œuvre avec un plan d'investissement et de croissance ambitieux. Ce sera un précédent. Toutefois, vu l'ampleur de la crise, nous croyons fortement qu'il s'agit de la réponse appropriée. Donnons-nous comme objectif que les entreprises canadiennes soient des chefs de file à l'échelle mondiale dans les secteurs où nous avons des atouts pour réussir.

Ce plan d'investissement et de croissance permettra de solutionner nos défis en matière de compétitivité, de productivité et de durabilité; il nous positionnera comme des leaders dans le monde de demain. Ce plan doit reposer sur un cadre financier solide et rigoureux comprenant des paramètres appropriés pour rassurer les Canadiens et les marchés quant au plan du gouvernement en matière de discipline financière à long terme. Ce plan est l'incarnation d'une ambition et d'une manière de faire. Nous voulons que les entreprises canadiennes soient reconnues pour leur conscience éthique et pour leurs valeurs. Elles doivent adopter les principes ESG et être responsables sur les plans environnemental, social et de la gouvernance.

C'est en collaborant que nous mettrons ce plan en œuvre. Les trois volets, Redémarrer, Relancer et Repenser, appellent à créer de nouveaux partenariats avec les secteurs public et privé afin de canaliser les investissements et unir les efforts des différents gouvernements au Canada, dans le respect des compétences de chacun.

« Collaborer dans le cadre d'un partenariat renouvelé à l'échelle du Canada », tel est le souhait le plus fréquemment exprimé par les participants à nos consultations. L'heure est grave : il faut plus que de bonnes intentions. Nous devons agir ensemble. Cette crise appelle les Canadiens à se solidariser. Bâtissons ensemble un avenir prometteur pour assurer la prospérité de tous.

Monique F. Leroux
Présidente, Conseil sur la stratégie industrielle
Octobre 2020

À propos du conseil

Mis sur pied le 8 mai 2020 par le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, le Conseil sur la stratégie industrielle a réuni des chefs d'entreprise d'expérience afin de travailler en partenariat avec le gouvernement du Canada pour approfondir notre compréhension des répercussions générales et sectorielles de la COVID-19 sur les industries et proposer des voies de relance.

Le Conseil est basé sur les Tables sectorielles de stratégies économiques qui sont soutenues par Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Ce nouveau modèle de collaboration entre l'industrie et le gouvernement a été lancé en octobre 2017 afin de contribuer à transformer les forces économiques canadiennes en avantages mondiaux. Les Tables représentaient les six secteurs (fabrication de pointe, agroalimentaire, technologies propres, industries numériques, sciences biologiques et la santé et ressources de l'avenir) que le Conseil consultatif en matière de croissance économique avait cernés en raison de leur grande incidence sur le potentiel de croissance du Canada. Le rapport des Tables sectorielles de stratégies économiques, publié en septembre 2018, présentait des recommandations sur la compétitivité du régime fiscal, la réforme en matière de réglementation et le soutien aux exportations. Ces recommandations se sont traduites par des annonces stratégiques lors de l'Énoncé économique de novembre 2018. Le budget de 2019 a renforcé le soutien fourni aux Tables sectorielles de stratégies économiques et ajouté une septième table pour le tourisme et l'accueil.

Afin de répondre aux défis et aux pressions particulières causées par la COVID-19, le gouvernement a mis sur pied le Conseil sur la stratégie industrielle et ajouté deux nouvelles tables représentant les secteurs du commerce de détail et du transport durement touchés par la pandémie. Les neuf secteurs représentés par le Conseil sur la stratégie industrielle forment ensemble environ la moitié du PIB du Canada.

Le Conseil est présidé par Monique F. Leroux, ancienne présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins et vice-présidente du conseil de Gestion Fiera Inc., et composé des neuf présidents des Tables sectorielles de stratégies économiques : fabrication de pointe (Rhonda Barnet), agroalimentaire (Murad Al-Katib), technologies propres (Karen Hamberg), industries numériques (John Baker), sciences biologiques et santé (Karimah Es Sabar), ressources de l'avenir (Mark Little), commerce de détail (Paviter Binning), tourisme et accueil (Ben Cowan-Dewar) et transport (Sylvie Vachon). Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada, et Simon Kennedy, sous-ministre d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada, en sont membres d'office. L'annexe E présente une liste complète des membres du Conseil et de leurs organisations.

En tant que Canadiens et dirigeants d'entreprise, c'est un honneur d'avoir la chance de servir notre pays et de représenter nos secteurs économiques respectifs. Tout au long de nos consultations, nous avons été inspirés par la vision et les idées que les Canadiens nous ont présentées pour donner forme à la relance économique. C'est un immense privilège de présenter nos idées et de formuler des conseils sur la meilleure façon d'intervenir.

Nous devons prendre des mesures immédiates, ciblées et axées sur le risque pour répondre à cette pandémie historique; nous sommes absolument convaincus que nous avons une occasion unique de prendre des mesures urgentes pour faire face à la situation et mieux rebâtir. Chacun de nous peut témoigner de la volonté du secteur privé de collaborer avec le gouvernement afin de lancer des initiatives transformationnelles qui vont préparer la réussite économique du Canada et améliorer la qualité de vie à long terme de tous les Canadiens.

Citation du Conseil

À propos de notre rapport

Ce rapport présente d'abord le contexte de nos travaux, soit notre évaluation de la situation économique au Canada à la lumière des événements survenus depuis le début de la pandémie. Dans ce cadre, nous nous sommes mis au défi de réfléchir aux problèmes les plus importants que nous pourrions régler afin d'avoir un maximum d'effet sur notre croissance économique et la qualité de vie des Canadiens.

Nous avons parlé à des centaines de dirigeants et leaders de l'ensemble des secteurs économiques et de toutes les régions du Canada, incluant des dirigeants d'entreprise, des associations, des collèges et universités, des communautés autochtones, des organismes communautaires, des groupes de jeunes, entre autres, afin de nous aider à comprendre les répercussions de la COVID-19. Nous avons été touchés par les conséquences que la pandémie a eues sur les Canadiens et par les difficultés qu'ils doivent surmonter. Tout au long de nos consultations, on nous a fait part d'excellentes idées, de grandes idées au potentiel transformateur, qui justifiaient une discussion plus approfondie. Nous les présentons dans ce rapport.

Nous avons également élaboré des scénarios de relance, à partir desquels nous avons bâti un cadre pour stimuler l'économie, en réalisant les bons investissements stratégiques et en adaptant les politiques. Au fil de nos discussions, nous avons acquis la conviction que le Canada devait se donner une stratégie industrielle globale et renouvelée. Pendant que nous travaillions ensemble, à l'échelle des secteurs, à mettre au point nos recommandations, il est devenu évident que dans certains domaines, chaque secteur pouvait profiter des travaux menés dans d'autres pour se rétablir plus rapidement (p. ex., les répercussions transversales du numérique, du développement des compétences et du renforcement de l'innovation). Ce rapport présente aussi ces leviers transversaux de développement.

Le défi que nous nous sommes lancé a donné lieu à un plan complet qui inclut cinq recommandations clés afin de bâtir une économie numérique, durable et innovante pour tous les Canadiens. Ce plan audacieux et ambitieux vise à accélérer notre relance et notre croissance. Il s'agit également d'un plan responsable, qui met à profit les partenariats et les investissements des secteurs privé et public. Il réunit les mesures que nous devons prendre en tant que pays, de façon cohérente et dans un esprit de responsabilité partagée. Ces mesures se présentent comme un tout bien orchestré et non comme un menu à la pièce.

L'esprit de nos recommandations se fonde sur notre conviction que cette crise est l'occasion d'apporter un changement transformateur. Il est vrai que le Canada, avant la crise, se trouvait dans une position relativement bonne; mais il est vrai aussi qu'il se heurtait déjà et depuis longtemps à des défis au chapitre de la productivité, des investissements en capital, de la recherche et développement, de la commercialisation, de la numérisation et du commerce, entre autres. La crise a exacerbé ces faiblesses à l'échelle canadienne, elle a aussi accéléré plusieurs changements déjà amorcés sur le plan mondial. Une nouvelle géopolitique prend forme. La lutte contre les changements climatiques va marquer la reprise. Partout les pays du monde réalignent leurs politiques et leurs stratégies économiques. Ces pressions nous imposent d'agir rapidement et de concentrer nos efforts dans ces secteurs où nous avons un avantage concurrentiel ou des atouts stratégiques qui peuvent assurer notre avenir.

Le Conseil croit que la mise en œuvre de ses recommandations transformera le pays et fera du Canada un acteur de premier plan sur l'échiquier mondial. Si nous unissons nos forces avec la volonté inébranlable de donner le meilleur de nous-mêmes, nous serons pour le monde un exemple inspirant, nous offrirons des solutions canadiennes à des défis planétaires et nous générerons une prospérité pour tous les Canadiens.

Membres du Conseil sur la stratégie industrielle

Murad Al-Katib
Secteur de l'agroalimentaire

John Baker
Secteur des industries numériques

Rhonda Barnet
Secteur de la fabrication de pointe

Paviter Binning
Secteur du commerce de détail

Ben Cowan-Dewar
Secteur du tourisme et de l'accueil

Karimah Es Sabar
Secteur de la santé et des biosciences

Karen Hamberg
Secteur des technologies propres

Mark Little
Secteur des ressources de l'avenir

Sylvie Vachon
Secteur du transport

Remerciements

Le Conseil tient à remercier ses membres d'office, la conseillère scientifique en chef, Mona Nemer, et le sous-ministre, Simon Kennedy, pour leurs précieuses contributions à ses travaux. Nous remercions également pour sa collaboration professionnelle et soutenue toute l'équipe du Secrétariat d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Sommaire exécutif

Le Conseil

Le Conseil sur la stratégie industrielle a été créé afin d'évaluer les répercussions de la COVID-19 sur l'économie canadienne et déterminer la portée et la gravité des conséquences sur les industries, aider le gouvernement à faire le point sur les pressions qui touchent des secteurs en particulier, et recevoir les commentaires formulés par le milieu des affaires sur les conséquences de la pandémie. Nous nous sommes mis au défi d'aller au-delà de ce mandat et de trouver des façons de générer une prospérité et une richesse accrues pour les Canadiens. Nos travaux se fondent sur de vastes consultations menées auprès de représentants de plus de mille entreprises, associations, représentants des milieux de l'enseignement supérieur, organismes communautaires, communautés autochtones et groupes de jeunes de tous les secteurs et d'un bout à l'autre du pays. Notre rapport est imprégné de leurs suggestions, de leurs inquiétudes et de leurs espoirs. Nous tenons à les remercier pour leurs précieuses contributions.

Le Conseil a également évalué la situation économique mondiale. Nous présentons des recommandations ancrées dans le contexte canadien, qui prennent en compte une nouvelle géopolitique mondiale post-COVID-19 et qui brossent un portrait ambitieux des opportunités que le Canada pourrait saisir afin de devenir un chef de file dans certains des secteurs très prometteurs.

Le choc

Au cours de la décennie qui a suivi la dernière récession, le Canada affichait l'une des croissances économiques les plus élevées parmi les pays membres du G7. Malgré ce rendement enviable, l'économie canadienne carburait à un niveau inférieur à son véritable potentiel. Le Canada demeurait aux prises avec des obstacles historiques persistants, particulièrement en matière de productivité, d'investissement privé, de commerce et d'infrastructure matérielle et numérique.

Quand la crise sanitaire a éclaté, le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour protéger des vies humaines, mettant à l'arrêt de larges domaines d'activité. Les lacunes de notre économie ont pu amplifier le choc dans certains secteurs, mais même des entreprises parmi les plus importantes et les mieux gérées du Canada ont été frappées de plein fouet par l'effondrement de leurs activités. Au cours des premiers mois de la pandémie, le PIB réel du Canada a connu son repli le plus important et le plus marqué depuis qu'on a commencé à consigner de telles données, en 1961, avec une baisse de 18 %.

Principales conclusions

La crise a eu des répercussions inégales sur l'économie. Les secteurs les plus durement touchés (le tourisme et l'accueil, le transport aérien, le commerce de détail, l'aérospatiale et le secteur pétrolier et gazier) seront aussi les plus difficiles à rebâtir. Certains groupes d'entreprises, particulièrement les entreprises dirigées par des femmes, par des Autochtones ou par des minorités visibles, ont été frappés plus durement. La relance sera elle aussi inégale, et elle sera longue. Le PIB ne devrait pas retrouver son niveau d'avant la pandémie avant 2022, voire 2024 dans certains secteurs.

Entre-temps, la relance dépendra de la gestion efficace des risques liés à la santé publique et de notre capacité de résister aux nouvelles vagues de la pandémie jusqu'à ce qu'un vaccin soit créé et administré à la population.

Plusieurs annonces récentes, notamment les changements apportés aux subventions salariales, la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer (anciennement l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial) et la Prestation canadienne d'urgence (qui a été transférée à l'assurance-emploi) sont en accord avec la vision du Conseil. Le choc causé par la pandémie donnera lieu à de nouvelles priorités mondiales et le Canada doit s'y préparer.

Un plan d'action en trois volets et cinq recommandations

Le Conseil propose un plan d'action ambitieux et transformateur en trois volets : Redémarrer, Relancer et Repenser. Ces trois volets interreliés sont présentés sous la forme d'un continuum d'intervention qui nous permet de gérer l'urgence, de rebâtir nos forces et de nous tourner vers l'avenir afin de générer une prospérité à long terme pour tous les Canadiens.

Les différents volets de ce plan doivent être déployés de pair avec d'autres domaines d'investissement clés, notamment les soins de santé et le secteur connexe des biosciences.

Redémarrer

  1. Redonner confiance aux Canadiens en maintenant les mesures de soutien à l'emploi et au revenu, et en gérant les risques à la santé pour pouvoir redémarrer un maximum d'activités en toute sécurité. Le niveau de confiance des entreprises et des consommateurs canadiens demeure inférieur à ce qu'il était avant la pandémie, ce qui constitue en soi un obstacle à la relance. La pandémie a créé une nouvelle réalité avec laquelle nous devons apprendre à vivre jusqu'à ce qu'un vaccin soit mis au point et administré à la population. Le gouvernement doit chercher à renforcer la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens.
  2. Stabiliser les secteurs les plus durement touchés et fournir une aide qui répond aux besoins de divers secteurs afin de protéger des centaines de milliers d'emplois et d'entreprises. Le Conseil est convaincu que l'investissement requis pour protéger les secteurs les plus durement touchés est considérablement inférieur aux coûts financiers et humains associés aux répercussions sur le tissu économique et social de régions et de secteurs entiers au Canada.

Relancer

En protégeant son tissu économique et social, le Canada se place dans une position qui permet la relance. Il devra déployer des efforts pour rivaliser, étant donné que tous les pays du monde se préparent pour la suite des choses. Les priorités du Canada sont bien connues.

Investir dans les forces du Canada afin de pallier les faiblesses de l'économie qui ont été exacerbées par la crise. Au fil des ans, un certain nombre de rapports ont mis en évidence les faiblesses structurelles de l'économie canadienne.

  1. Le Conseil recommande au gouvernement de simplifier ses programmes, d'éliminer ceux qui sont inefficaces et de renforcer ceux qui contribuent réellement à consolider des facteurs clés de la réussite économique. Le Canada doit former et attirer les meilleurs talents, renforcer son écosystème d'innovation, accélérer la numérisation et atténuer les risques liés aux projets novateurs. Il faut repérer et combler les lacunes dans la chaîne de financement, et adapter les rôles des sociétés d'État à vocation, s'il y a lieu.

    Parallèlement, le Canada doit agir sans tarder pour combler son retard en matière d'infrastructures matérielles et technologiques. Nous devons aussi moderniser notre réglementation trop lourde. Et nous devons tirer parti de manière stratégique du pouvoir d'achat du gouvernement afin de renforcer des secteurs clés, en offrant à des entreprises canadiennes innovantes, y compris des PME, des occasions de se faire valoir tout en mettant notre savoir-faire sous les projecteurs.

Ces propositions ne sont aucunement nouvelles; elles sont toutefois plus pertinentes que jamais. Ce sont les bases du succès des économies les plus performantes.

Repenser

En protégeant son tissu économique et social et en renforçant les bases de son économie, le Canada créera les conditions requises pour repenser la façon dont il génère de la richesse et la place qu'il cherche à occuper dans le monde. Le choc causé par la pandémie accélère certaines tendances et façonne une nouvelle géopolitique mondiale. De nombreuses possibilités naîtront, mais la compétition sera féroce. Le Canada doit miser sur ses forces fondamentales et se fixer de nouvelles ambitions.

  1. Élaborer une stratégie industrielle canadienne afin de garantir que nos industries phares aideront les Canadiens à prospérer dans le monde post-COVID-19. Le Conseil recommande au gouvernement de doter le Canada d'une stratégie industrielle ambitieuse, qui réunit tous les chefs de file du pays dans de nouveaux partenariats. Le Conseil croit que la gravité de la crise, qui a touché l'ensemble des régions, des secteurs et des collectivités, justifie une intervention concertée à plusieurs niveaux.

    Aux quatre coins du monde, de nombreux pays, dont la France, l'Allemagne, la Corée du Sud et l'Union européenne, élaborent des stratégies à grande échelle afin de prospérer dans un nouveau monde. Le Canada ne peut pas traîner de la patte et lutter contre cette crise sans précédent en recourant à des approches conventionnelles.

    Le Canada doit élaborer une stratégie industrielle basée sur quatre piliers :

    • Pilier 1 : Devenir une économie numérique et axée sur les données;
    • Pilier 2 : Être le chef de file mondial sur les plans environnemental, social et de gouvernance (ESG) dans les domaines des ressources, de l'énergie renouvelable et des technologies propres;
    • Pilier 3 : Bâtir un secteur de la fabrication novateur à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial;
    • Pilier 4 : Tirer parti de nos atouts dans l'agroalimentaire pour nourrir la planète.

Cette stratégie industrielle entraînera dans son sillage pratiquement tous les secteurs de l'économie et pourrait paver la voie à une génération de prospérité et au renouvellement du leadership du Canada à l'échelle mondiale. La nouvelle stratégie industrielle devrait également établir des partenariats renouvelés avec le secteur privé ainsi que des investissements ancrés dans un cadre financier solide et rigoureux.

Il faudra collaborer afin de mettre en œuvre ce plan d'action.

  1. Faire du défi posé par la crise de la COVID-19 l'occasion de renforcer notre solidarité et de créer de nouveaux partenariats entre les secteurs public et privé (afin de canaliser les investissements) et entre les gouvernements au sein de la fédération pour mettre en commun nos forces, tout en respectant les compétences de chacun.

Des retombées économiques prometteuses

Ce plan d'action complet devra reposer sur un cadre financier solide et rigoureux, comprenant des paramètres appropriés pour rassurer les Canadiens et les marchés quant aux orientations à long terme du gouvernement en matière de discipline financière. Ce plan d'action incarne à la fois une ambition et une attitude. Bref, c'est une façon d'agir.

Un mécanisme de mise en œuvre

Ce plan en trois volets, axé sur l'investissement et la croissance apportera des changements considérables. Il faudra obtenir un soutien élargi et collaborer étroitement pour le mettre en œuvre. Ces travaux devront être menés au moyen d'un mécanisme de mise en œuvre qui surveillera la progression des projets, assurera un suivi des investissements et adaptera les mesures, le cas échéant, à la lumière des commentaires formulés sur le terrain. Le Conseil et les Tables sectorielles de stratégies économiques pourrait être le point de convergence de la mise en œuvre du plan.

Inspiré par les principes ESG

Notre plan incarne des valeurs et des principes d'action. Nous croyons au rôle du gouvernement en tant qu'acteur économique stratégique, tout comme nous croyons en celui de l'entreprise en tant que membre actif et présent au sein des communautés. Cette notion se reflète dans le respect des principes ESG par les entreprises; ces principes les appellent à avoir une conduite responsable en ce qui concerne les questions environnementales, sociales et de saine gouvernance. Nous voulons que les entreprises canadiennes soient reconnues pour leur conscience éthique et leurs valeurs. Cette position éthique doit guider notre façon de faire des affaires et de générer de la richesse au profit de tous les Canadiens.

Accélérer la transformation numérique

La pandémie a accéléré la transformation numérique qui était amorcée. Nous devons intensifier ce mouvement et investir maintenant pour bâtir des entreprises de calibre mondial à la fine pointe de la technologie et inspirer les secteurs traditionnels à adopter eux aussi les technologies numériques.

Assurer la prospérité de tous

Le Canada est un pays au formidable potentiel. Les membres du Conseil sont convaincus que le Canada dispose des ressources, du talent, du savoir et du génie requis pour réussir dans le monde post-COVID-19. Cette crise doit nous réunir et nous mobiliser afin d'assurer notre prospérité et devenir un chef de file dans ce nouveau monde.

1. Un événement sans précédent pour l'économie canadienne

La réponse à la COVID-19 a mobilisé le Canada

La pandémie a eu des effets dévastateurs sur notre vie quotidienne, notre santé et nos collectivités. Les Canadiens ont eu pour consigne de rester à la maison; plusieurs entreprises non essentielles ont fermé leurs portes. Tous les gouvernements ont ordonné la distanciation physique entraînant la suspension des activités de nombreuses entreprises ou une transition accélérée vers le télétravail. L'intervention était nécessaire, mais elle a été coûteuse. Pour amortir le choc, le gouvernement du Canada a déployé des programmes d'aide financière essentiels et un soutien à la liquidité dans des délais records.

Les mesures d'intervention, jumelées à la grave détérioration des perspectives économiques, ont eu un lourd impact. Au cours du printemps 2020, le PIB réel du Canada a connu son repli économique le plus important et le plus soudain depuis qu'on a commencé à consigner les données trimestrielles, en 1961, soit une baisse de 18 % comparativement à la période précédant la COVID-19. Le Canada devrait accuser un déficit de 343,2 milliards de dollars en 2020-2021, bien au-delà des prévisions antérieures à la pandémie de 34,4 milliards de dollars. On prévoit que la dette globale augmentera à 48 % du PIB en 2021-2022, en hausse par rapport à son niveau de 31 % du PIB en 2019-2020Note de bas de page 1.

Les Canadiens sont rentrés au pays afin de relever le défi ensemble

Nos transporteurs aériens ont volé aux quatre coins du globe pour ramener les Canadiens à la maison. Nos fabricants se sont retournés rapidement afin de produire localement des fournitures médicales et de l'équipement de protection individuelle (EPI). Les travailleurs des services essentiels dans tous les secteurs de l'économie se sont présentés tous les jours pour servir leurs concitoyens. En plus de déployer des mesures de soutien économique, les gouvernements ont investi dans la recherche pour le développement d'un vaccin et la mise au point de traitements efficaces, et ont constitué des réserves d'équipement pour renforcer la capacité de réponse à l'épidémie. 

L'ampleur des mesures de soutien et la rapidité de leur déploiement ont été appréciées; 88 % des Canadiens approuvent l'intervention des autorités et appuient les mesures de santé publique rigoureuses, reconnaissant qu'il faut atténuer les risques pour la santéNote de bas de page 2.

Avant la pandémie, le Canada était dans une position de force, mais faisait face à des défis

Le Canada rassemble des forces et atouts exceptionnels. La prospérité du pays repose sur des secteurs industriels puissants et dynamiques, des partenariats tissés à travers le monde, des connaissances scientifiques étendues, des technologies de pointe, et une abondance de ressources naturelles.

Au fil des ans, l'économie du Canada a prouvé sa résilience. Depuis la récession de 2009, le Canada affichait l'un des taux de croissance économique les plus élevés parmi les économies du G7Note de bas de page 3. Le Canada affichait le ratio dette-PIB le plus bas des pays du G7. Grâce à la création de plus d'un million d'emplois depuis 2015, le taux de chômage a atteint un creux historique, à 5,5 %Note de bas de page 4. En même temps, les salaires ont connu leur plus importante hausse en plus d'une décennie (4,5 %)Note de bas de page 5, contribuant à réduire la pauvreté à son plus bas niveau historique (9,5%) en 2019Note de bas de page 6.

La COVID-19 nous a plongés dans une autre réalité, tant au Canada qu'à l'étranger. Nous devons y faire face. Nous devons aussi nous rappeler qu'au moment où la pandémie a éclaté, nous étions déjà confrontés à des changements profonds (géopolitique mondiale, numérisation, changements climatiques). La crise est venue intensifier ces changements. Elle a aussi accéléré des tendances socioéconomiques déjà présentes (inégalités économiques, évolution de la demande des consommateurs, perturbations des échanges commerciaux et des approvisionnements). En outre, en toile de fond de nos travaux, un mouvement de revendication sociale contre le racisme systémique et l'inégalité s'est manifesté au Canada et à travers le monde. Ces enjeux sérieux demandent aussi de l'attention et devront influencer nos actions.

Les perspectives économiques du Canada demeurent incertaines

Afin de mieux comprendre les répercussions de la COVID-19 sur notre économie et sur notre avenir, nous avons effectué une modélisation fondée sur des scénarios. Cette modélisation prenait en considération les conditions économiques et de santé publique possibles, ainsi qu'une analyse approfondie des neuf secteurs représentés au Conseil. Il s'agit des six secteurs à croissance élevée représentés par les Tables sectorielles de stratégies économiques, ainsi que les secteurs du tourisme et de l'accueil, du commerce de détail, et du transport, qui ont été frappés de plein fouet par la pandémie.

Nous avons étudié neuf scénarios allant d'un échec des interventions de santé publique à un contrôle rapide et efficace du virus, ainsi que les répercussions et les interventions au chapitre des politiques économiques. Les perspectives les plus probables suggèrent une résurgence localisée du virus et une lente croissance à long terme. Il est clair qu'il sera impossible de revenir à notre vie d'avant tant qu'un vaccin sécuritaire et efficace n'aura pas été mis au point et offert à grande échelle aux Canadiens. À travers le monde, et au Canada, nous observons des efforts et une collaboration sans précédent en vue de développer un tel vaccin. Cependant, une grande incertitude subsiste quant au moment de sa découverte et sa disponibilité éventuelle.

Figure 1 : Modélisation des scénarios économiques

(2020, % indique les scénarios que les dirigeants estiment être les plus probables)

Sources : Sondage auprès des cadres mondiaux réalisé par McKinsey; analyse McKinsey, en collaboration avec Oxford Economics; 31 août au 4 septembre, N=2,079, 481 en Amérique du Nord, juin-juillet auprès des petites entreprises, n=726; 1 au 5 juin, N=2,174, en Amérique du Nord

Version textuelle

% indique les scénarios que les dirigeants estiment être les plus probables

X1 % – Résultats du sondage auprès de dirigeants nord-américains

X2 % – Résultats du sondage auprès de PME canadiennes

- Retombées et réponse de la politique économique
Interventions inefficaces Interventions partiellement efficaces Interventions très efficaces
Propagation du virus et intervention en santé publique Maîtrise rapide et efficace de la propagation du virus

Scénario (S) 3 (S3) – Diminution rapide, suivie d'une légère recrudescence

X1= 19 %

X2= 4 %

S4 – Diminution rapide, suivie d'une recrudescence modérée

X1= 7 %

X3= 11 %

S5 – Diminution rapide, suivie d'une recrudescence rapide

X1= 3 %

X2= 16 %

Intervention efficace, mais résurgence (régionale) du virus

S6 – Diminution rapide, suivie par plusieurs petites recrudescences affichant une légère tendance à la hausse

X1= 18 %

X2= 11 %

S1 – Diminution rapide, suivie par plusieurs petites recrudescences affichant une tendance modérée à la hausse

X1= 36 %

X2= 34 %

S2 – Diminution rapide, suivie par plusieurs petites recrudescences affichant une forte tendance à la hausse

X1= 2 %

X2= 11 %

Échec général des interventions en santé publique

S7 – Diminution rapide, suivie de l'aplatissement de la courbe

X1= 2 %

X2= 5 %

S8 – Diminution rapide, suivie par une petite recrudescence et une tendance modérée à la hausse subséquente

X1= 12 %

X2= 6 %

S9 – Diminution rapide, suivie par une petite recrudescence et une forte tendance à la hausse subséquente

X1= 1 %

X2= 1 %

La relance sera inégale

La relance économique sera inégale d'un secteur à l'autre et d'un groupe démographique à l'autre et elle se produira par vagues. Il est peu probable que nous observions un retour du PIB aux niveaux antérieurs à la pandémie avant l'année 2022. La COVID-19 a eu des répercussions disproportionnées sur certains secteurs, ce qui s'explique en partie par l'incidence des mesures de confinement et leur capacité à adapter leurs activités.

Alors que les entreprises ont commencé à rouvrir leurs portes pendant les mois d'été, l'économie a montré quelques signes de relance. Certains secteurs ont commencé à combler l'écart, tandis que d'autres sont demeurés gravement touchés. Les industries des services ont été parmi les plus résilientes lors des perturbations économiques antérieures, mais elles ont été les plus durement touchées par la pandémie. Des secteurs comme le tourisme, l'aérospatiale et le transport aérien, et les secteurs pétrolier et gazier, ont subi les répercussions les plus négatives imputables à la crise de la COVID-19. La relance économique du Canada sera compromise si le secteur des ressources au pays ne se remet pas. En outre, même si le secteur du commerce de détail a montré des signes de relance, il a lui aussi été touché sévèrement par les mesures de confinement et demeure très fragile devant la possibilité qu'elles doivent être réintroduites.

Les répercussions économiques que nous avons constatées dans ces secteurs ont été et demeurent plus importantes que celles de la récession de 2009. Nous constatons des répercussions dans toutes les industries, qui génèrent des effets multiplicateurs négatifs sur le PIB. Ce ne sont pas tous les domaines de l'économie qui retrouveront leur situation antérieure; les avis sur le rythme de la relance varient d'une industrie à l'autre. Plus nous tournons notre regard vers l'avenir, plus l'incertitude est grande.

Figure 2 : Répercussions sur le PIB des secteurs les plus touchés

(juin 2020, changement en % sur une base annuelle)

Source : Statistique Canada, Tableau: 36-10-0434-02 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle

Voici les répercussions par secteur :

  • Économie générale : -8
  • Tourisme, accueil et culture : -50
  • Transport aérien : -95
  • Aérospatiale : -13
  • Transports en commun : -63
  • Pétrole et gaz et soutien : -20

Des populations canadiennes sont laissées pour compte

La pandémie a eu des répercussions disproportionnées sur les femmes, les jeunes, les Autochtones et les nouveaux Canadiens. La raison en est qu'ils sont surreprésentés dans le commerce du détail et le tourisme, qui sont parmi les secteurs les plus durement touchés. En outre, la possibilité de faire du télétravail dans ces secteurs est faible et a limité la poursuite des activités rémunérées. Les fermetures d'écoles et de garderies ont également augmenté le poids des responsabilités des parents, mais plus encore pour les femmes, ce qui a eu une incidence négative sur leur participation au travail. Les entreprises dirigées par des Autochtones ont également été touchées de manière disproportionnée. Cette réalité nous rappelle que les mesures prises pour Redémarrer, Relancer et Repenser notre économie doivent être inclusives et offrir des possibilités permettant à tous les Canadiens de bien vivre dans cette nouvelle normalité.

« Nous aimerions que le Canada reconnaisse qu'il n'est pas encore tout à fait bâti et qu'il manque d'infrastructures pour permettre à tous les Canadiens d'accéder à des soins de santé, à l'éducation, aux services de transport aérien, à des possibilités de développement économique et à la connectivité numérique. Des fonds semblent pourtant toujours accessibles, mais on ne parvient pas à mener à bien les projets. »

Président, association communautaire autochtone canadienne

Figure 3 : Incidence de la COVID-19 par groupes démographiques

(mars à août 2020, % des travailleurs sans emploi ou qui travaillent moins de la moitié de leurs heures habituelles, 2020, par rapport au même mois en 2019)

Source : Statistique Canada, Tableau : 14-10-0017-01 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle

Voici les données du graphique à barres :

- Mars Avril Mai Juin Juillet Août
Tous les âges

20 %

30 %

25 %

17 %

10 %

9,5 %

Jeunes (de 15 à 24 ans)

32 %

48 %

42 %

24 %

17 %

14 %

Femmes

26 %

32 %

29 %

20 %

12 %

10 %

Hommes

15 %

27 %

23 %

15 %

10 %

8 %

L'encadré à droite du graphique indique ce qui suit :

Les femmes et les jeunes sont surreprésentés dans des secteurs qui ont été touchés de manière disproportionnée, tels que le commerce de détail et le tourisme, en partie à cause des faibles possibilités de télétravail dans ces secteurs.

  • Le tourisme et le commerce de détail offrent la plus faible possibilité de télétravail (~16 % et ~20 % respectivement);
  • Le tourisme et le commerce de détail sont les principaux employeurs des femmes, à ~50 % chacun, et des jeunes, à ~30 % chacun.

Figure 4 : Répercussions auto-déclarées de la COVID-19 sur l'emploi et les finances des participants autochtones et non autochtones

(du 26 mai au 8 juin 2020, % des participants)

Source : Statistique Canada, Répercussions de la COVID-19 sur les Canadiens – Confiance à l'égard des autres, 2020 (consulté en octobre 2020)
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- Répondants ayant signalé des répercussions fortes ou modérées sur leur capacité de respecter leurs obligations financières ou de répondre à leurs besoins essentiels en raison de la COVID-19 Perte d'emploi ou réduction des heures de travail chez les participants qui travaillaient avant la COVID-19
Participants autochtones
Tous 36 37
Femmes 36 38
Hommes 36 36
Participants non autochtones
Tous 25 35
Femmes 25 37
Hommes 24 33

Incidence de la COVID-19 sur le genre : une « récession féminine »

La COVID-19 a entraîné des répercussions sexospécifiques considérables et menace d'effacer des décennies de progrès au chapitre de l'égalité des genres. Les femmes ont perdu leurs moyens de subsistance dans des proportions beaucoup plus élevées que les hommes : 1,5 million de femmes au Canada ont perdu leur emploi au cours des deux premiers mois de la pandémieNote de bas de page 7. Les femmes sont surreprésentées dans les secteurs du tourisme et de l'accueil et du commerce de détail, qui ont été parmi les plus durement touchés par les fermetures et les mises à pied. Le secteur du tourisme en particulier sera l'un des plus lents à se remettre.

L'ouverture des écoles et des garderies devrait permettre un retour au travail. Toutefois, le niveau d'incertitude élevé entourant la durée et la gravité d'une deuxième vague de COVID-19, jumelé à la capacité limitée d'effectuer des dépistages et d'obtenir des résultats rapidement, a placé bon nombre de mères en emploi dans une situation insoutenable, particulièrement celles dont la tâche ne permet pas le télétravailNote de bas de page 8.

La pandémie a mis en lumière des lacunes structurelles et des inégalités constantes; il faudra porter une attention stratégique ciblée pour faciliter un retour complet sur le marché du travail. Nous visons à créer une économie numérique, durable et innovante, qui repose sur les principes de la diversité et de l'inclusion; pour y arriver, tous les Canadiens doivent pouvoir participer.

2. Repenser l'avenir économique du Canada

Une vision pour une économie numérique, durable et innovante

Le Canada peut reconstruire en mieux et viser une économie plus forte et générant une croissance plus rapide qu'avant la pandémie. Nous voyons cette crise comme une occasion de repenser notre place sur la scène mondiale en tant que chef de file en matière d'innovation; toutefois, nous devons agir rapidement. Le secteur privé et les gouvernements sont prêts à agir. Notre relance exige de prendre des mesures concertées afin de bâtir une vision commune pour le Canada. Ensemble, en tant que membres du Conseil sur la stratégie industrielle, nous nous sommes grandement inspirés de l'expérience et des réflexions d'une vaste gamme d'intervenants pour définir cette vision.

Le Conseil a mené un processus de consultation rigoureux, auquel ont participé des intervenants d'un bout à l'autre du Canada. Nous avons obtenu des points de vue sur les répercussions nationales, régionales et sectorielles de la COVID-19; recueilli des informations sur l'incidence des programmes de soutien (ce qui a fonctionné, ce qui a moins bien fonctionné et où se trouvent les lacunes à pallier). Et nous avons échangé sur des approches pour relancer les activités commerciales à court et à moyen terme.

Les propos des intervenants ont démontré que les entreprises ont vécu (et vivent) la pandémie de différentes façons. Toutefois, nonobstant ces différences, il y avait un fort consensus sur le fait que le temps était maintenant venu de se relever, de limiter les dommages sur nos secteurs les plus durement touchés, et de stimuler l'investissement dans les secteurs où nous pouvons profiter d'une croissance accélérée.

Nos efforts ne doivent pas se limiter à réparer les dommages causés par la crise, mais doivent nous amener à imaginer l'avenir et à bâtir une économie numérique, durable et innovante pour tous les Canadiens, une économie plus forte que celle d'avant la COVID-19.

Le temps est venu d'accroître notre compétitivité, notre capacité d'innovation et notre productivité en investissant dans des domaines fondamentaux qui créeront des synergies à travers les différents secteurs économiques. Pensons à l'impact structurant des investissements technologiques, qu'il s'agisse de commerce électronique ou de technologies de l'information et des communications (TIC). Nous devrons être encore plus avancés que nous le sommes maintenant. Nous devons être à la fine pointe de la technologie. Il est essentiel d'investir dans la fabrication et la transformation à valeur ajoutée, les technologies propres et durables et la connectivité numérique afin de garantir la prospérité et la création d'emploi, tout en améliorant le rendement général de l'économie canadienne. En outre, avec nos ressources naturelles abondantes nous pouvons être des chefs de file mondiaux et les exploiter dans le respect des principes ESG, tout en explorant de nouvelles pistes en vue de créer des produits plus durables (p. ex., la chaîne de valeur associée à l'électrification des transports) avec de nouvelles technologies propres.

Dans tous nos secteurs, nous devons attirer et encourager l'investissement, transmettre aux Canadiens les connaissances nécessaires pour occuper des emplois nouveaux et à valeur ajoutée, tirer parti de nos relations commerciales dans des chaînes d'approvisionnement renouvelées, et créer un milieu propice à l'action et à l'innovation. Notre réussite donnera jour à un Canada plus résilient et plus autosuffisant, créera davantage de champions à l'échelle nationale et mondiale, et augmentera la richesse des citoyens.

Pour y arriver, nous devrons travailler avec le secteur public à élaborer des politiques qui maximisent les retombées pour notre économie et compter sur une stratégie industrielle robuste, accompagnée d'un plan d'action à long terme. Notre stratégie économique trace la voie pour y arriver : une voie audacieuse, ambitieuse et concrète.

Dans le cadre de nos travaux visant à définir un nouvel avenir économique pour le Canada, nous avons élaboré un ensemble de principes clés. Nos recommandations jettent les bases d'un nouveau leadership canadien (voir la prochaine page pour les principes, les points forts, les défis et les principales tendances à l'échelle mondiale).

Le Conseil reconnaît que ces principes ne sont pas exhaustifs. Il y a d'autres domaines de travail importants.

Les différents volets de notre plan doivent être déployés de pair avec d'autres domaines d'investissement clés, notamment les soins de santé et le secteur connexe des biosciences. En ces temps de pandémie, jamais ces secteurs n'ont été aussi importants. Des activités d'innovations essentielles à la croissance de l'économie de l'immatériel (p. ex., les découvertes et les brevets connexes) sont intrinsèquement liées à ces secteurs. Nous pouvons transformer les soins de santé, notre investissement le plus important, et les forces du Canada dans le domaine des biosciences, en moteurs économiques.

Si nous favorisons une attitude « Équipe Canada » et que nous mettons nos forces à l'œuvre afin d'aider le monde à relever ses défis, nous ferons rayonner le génie canadien et nous augmenterons notre prospérité.

Consultations, dialogue et enquêtes

Notre processus consultation a compté près d'une centaine d'échanges avec des représentants de plus de 1 000 entreprises, associations d'entreprises, groupes syndicaux, organismes autochtones, collèges et universités. Nous avons eu des discussions continues avec des chefs de file profondément engagés dans l'économie du Canada; des entretiens particuliers avec des dirigeants de banques d'institutions financières, du milieu universitaire et de l'industrie du Canada; ainsi qu'une vaste gamme de groupes et d'associations de l'industrie (nationales, et en fonction des régions et des secteurs) représentant les intérêts économiques des Canadiens. Nous avons également reçu plus de 100 contributions écrites, transmises directement à la présidente, par l'intermédiaire des voies ministérielles, ou par le site Web du Conseil, et nous avons mené un sondage auprès d'environ 700 PME à l'échelle des secteurs, des provinces et des territoires.

Les recommandations du Conseil sont guidées par les principales tendances mondiales, les forces et les défis propres au Canada et des principes directeurs

Thèmes clés et mesures recommandées

Principales tendances

Évolution de la dynamique mondiale : divergence d'intérêts croissante entre les principales économies (p. ex. la Chine et les États-Unis) et montée du protectionnisme due à la COVID-19.

Accélération des perturbations de l'industrie par les nouvelles technologies : importance croissante de l'économie immatérielle (p. ex. données, logiciels).

Inégalité des revenus, vulnérabilité de la main-d'œuvre et agitation sociale en hausse : l'inégalité des revenus s'accroît pour plus de 70 % de la population mondiale avec des foyers de troubles sociaux.

Émergence du changement climatique comme défi mondial : les marchés de capitaux, les investissements et les préférences des consommateurs se sont orientés vers la décarbonation et la nécessité d'une économie qui résiste aux chocs climatiques.

Perturbations majeures du commerce et des chaînes d'approvisionnement : la COVID-19 a souligné la nécessité d'accroître la résilience, l'efficacité et la diversification des chaînes d'approvisionnement.

Points forts

Abondance de ressources naturelles (eau, agriculture, énergie, sylviculture, mines).

Système d'enseignement postsecondaire de calibre mondial et la proportion la plus élevée d'adultes en âge de travailler (59 %) ayant obtenu un diplôme d'études post-secondaires (par rapport à la moyenne de 38 % de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)).

L'un des écosystèmes financiers les plus solides au monde avec des banques et des fonds de pension bien capitalisés.

Nation commerçante aux frontières ouvertes avec un accès aux marchés de premier plan, dont 60 % du PIB mondial et 1,4 milliard de consommateurs.

Solides capacités de recherche et développement et leader dans la recherche sur l'IA (y compris dans les secteurs des hautes technologies et des biotechnologies), avec la présence de certaines des plus grandes sommités mondiales.

Qualité de vie élevée : filet de sécurité sociale étendu et ouverture à la diversité (multiculturalisme), qui permet d'attirer les meilleurs talents internationaux.

Défis

Investissements insuffisants dans les infrastructures matérielles, d'innovation et numériques.

Marché intérieur fragmenté et réglementation inefficace : manque d'agilité et obstacles interprovinciaux à la circulation des personnes, des biens et des investissements.

Faible diversification des échanges : dépendance excessive à l'égard du marché américain malgré les accords conclus avec de nombreux autres pays.

Manque de transformation à valeur ajoutée : on s'appuie sur les exportations de produits de base dont la valeur de transformation est faible.

Difficulté à commercialiser la propriété intellectuelle et à passer à l'échelle supérieure : les défis liés à la commercialisation de la propriété intellectuelle empêchent des entreprises canadiennes de croître et devenir des organisations de premier plan à l'échelle mondiale.

Systèmes de soins de santé peu agiles (fragmentés ou trop centralisés) qui complexifient la gestion des crises, et préoccupations croissantes en matière de santé mentale, exacerbées par la COVID-19.

Création de richesse insuffisante : les entreprises canadiennes de premier plan devraient être plus nombreuses pour soutenir l'économie et les talents à l'échelle nationale.

Principes

Approche « une pierre deux coups » : priorisation des mesures de Redémarrer et de Relancer qui deviendront des atouts pour la phase Repenser de la stratégie. Bien exécutés, les investissements immédiats peuvent remettre l'économie sur ses rails et contribuer à son succès à long terme.

Interventions urgentes, fondées sur les risques et axées sur les données : interventions adaptées avec une reconnaissance des risques inhérents et variés

Qualité de vie : le Conseil se concentre sur les initiatives susceptibles d'avoir une incidence considérable sur la qualité de vie des Canadiens.

Durabilité : agir avec la conviction que la croissance sera rendue possible par un développement durable.

Croissance inclusive : soutenir un portefeuille d'initiatives dont les effets peuvent être ressentis par tous les Canadiens (p. ex. régions, groupes minoritaires).

Approche de partenariat : collaboration renouvelée entre les secteurs public et privé, ainsi qu'entre les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral.

Consolider les aspects qui fonctionnent : ajuster et tirer parti des programmes gouvernementaux existants, dans la mesure du possible, y compris le Conseil consultatif sur la croissance économique et les Tables sectorielles de stratégies économiques.

3. Un plan d'action économique basé sur la collaboration des Canadiens

Dans la foulée de ses consultations et de ses propres délibérations au cours des quatre derniers mois, le Conseil a déterminé cinq principaux domaines d'action pour engager le Canada sur la voie d'une économie numérique, durable et innovante. C'est à travers ce cadre que nous allons détailler nos orientations pour Redémarrer, Relancer et Repenser l'économie du Canada.

Le cadre d'action et principes directeurs

À l'étape Redémarrer, nous devons être soucieux de rétablir la confiance des Canadiens et l'activité des commerces de manière sécuritaire en améliorant la prévisibilité et la stabilité de la situation en lien avec la pandémie. À l'étape Relancer, nous pouvons définir une trajectoire de croissance inclusive, avec un plan d'investissement axé sur l'avenir qui redouble les efforts dans les secteurs clés de la réussite économique. Une fois ces mesures prises, nous serons en position de Repenser l'économie et la croissance du PIB au-delà des niveaux pré-COVID-19, grâce à une stratégie industrielle qui soutient l'innovation et la durabilité. Tout en mettant en œuvre ce plan ambitieux, nous renouvellerons nos partenariats avec les secteurs public et privé et maximiserons nos investissements.

Figure 5 : Aperçu des recommandations

Version textuelle

Cette image représente le plan d'action du Conseil. Ce plan comprend des recommandations visant à redémarrer, relancer et repenser l'économie canadienne pour qu'elle prospère à long terme.

Les recommandations en ce qui concerne la phase redémarrer visent à rétablir la confiance et rouvrir les commerces de manière sécuritaire. La première recommandation vise à renforcer la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens pour naviguer dans la nouvelle normalité et ajuster le plan de réponse économique pour mieux soutenir une réouverture de l'économie en toute sécurité. La deuxième recommandation vise à stabiliser et sécuriser les secteurs les plus touchés en appliquant des mesures ciblées:  Compagnies aériennes, aéroports et aérospatiale; Ressources de l'avenir; Tourisme, accueil et culture.

Les recommandations relatives à la phase relancer sont destinées à établir une trajectoire de croissance inclusive. Elles permettront de relancer la croissance en doublant les investissements dans un plan d'avenir. Elles portent plus précisément sur la diversité, talent et innovation en matière de main-d'œuvre; l'écosystème d'innovation et financement en recherche et développement; l'accès au capital afin d'accélérer la croissance des entreprises canadiennes; l'infrastructures stratégiques (numériques et matérielles); la réglementation agile; l'utilisation stratégique des marchés publics.

Les recommandations relatives à la phase repenser visent a catalyser la croissance du PIB au-delà des niveaux antérieurs a à la COVID-19. Elles permettront de repenser avec une stratégie industrielle basée sur quatre piliers pour constituer une économie numérique, durable et innovante pour tous les Canadiens. Elles visent à rendre l'économie canadienne numérique et axée sur les données; être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres; bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial; tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète.

Le Conseil recommande de mettre en place des partenariats renouvelés entre les secteurs public et privé et des investissements reposant sur un cadre budgétaire et financier solide, pour les trois phases que sont redémarrer, relancer et la repenser.

Ces recommandations reposent sur des connaissances et des recommandations sectorielles approfondies, étayées par des analyses fondées sur des données, figurant à la section éclairage sectoriel: réflexion approfondies sur les différents secteurs du présent rapport. En retour, ces connaissances sectorielles aident à étayer les recommandations concernant les phases redémarrer, relancer et repenser.

Les observations fondamentales tirées des consultations de l'industrie et de l'ensemble des parties prenantes se trouvent aux annexes B, C et D.

Redémarrer : rétablir la confiance et rouvrir les commerces de façon sécuritaire

Pour Redémarrer l'économie, le Conseil propose une intervention à deux niveaux pour répondre à des enjeux immédiats et pressants découlant de la COVID-19 : rétablir la confiance des Canadiens et stabiliser les secteurs les plus touchés. Commençons avec le rétablissement de la confiance.

Recommandation A : Renforcer la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens pour mieux soutenir une réouverture de l'économie en toute sécurité

Le Canada doit être inébranlable dans sa lutte contre une résurgence de la COVID-19, et être tout aussi motivé dans ses efforts de relance économique. L'une des clés consiste à renforcer la confiance des consommateurs. Les Canadiens doivent avoir confiance en l'efficacité des mesures de santé publique au moment où ils s'apprêtent à retourner sur les lieux de travail et à reprendre les activités qui soutiennent l'économie de consommation. Des économistes de premier plan ont mentionné que l'incertitude prolongée constitue l'un des obstacles les plus sérieux à la relance économique. Les mesures pouvant accroître la prévisibilité de la situation font partie des outils politiques les plus puissants dont nous disposons pour permettre une relance stable et sans reculs.

Les consommateurs canadiens ont indiqué que les mesures de précaution et de protection en place influençaient de façon déterminante le choix de visiter ou non un commerce comme ils le faisaient avant la COVID-19. Or, les messages entourant les activités de consommation sécuritaires semblent devenir moins clairs avec le temps. Il importe donc que les consignes soient sans équivoque.

En adoptant un cadre axé sur le risque, clair et commun à l'échelle du Canada, les consommateurs pourraient se sentir mieux outillés et disposer d'une meilleure information pour comprendre les risques. Nous devons avoir une approche pédagogique et aider les entreprises et les communautés à mettre en place des protocoles de sécurité pour lutter contre la COVID-19 dans nos lieux de travail et les milieux locaux.

La confiance des consommateurs a chuté en avril à la suite des fermetures imposées pour lutter contre la COVID-19. Même si elle a remonté en juillet et qu'elle s'est maintenue ces derniers mois, les indicateurs de confiance demeurent inférieurs à leur niveau antérieur à la pandémie et, avec le temps froid qui arrive, les inquiétudes entourant la résurgence du virus sont vives. Si l'industrie et le gouvernement agissent de concert pour gérer soigneusement le risque, nous pourrons renforcer et accélérer les efforts pour rebâtir la confiance des citoyens.

Les consultations auprès des chefs d'entreprise ont mis en lumière la nécessité d'un plan d'action cohérent offrant une voie à suivre pour reprendre l'activité économique de manière sécuritaire. Les intervenants ont apprécié la rapidité avec laquelle le gouvernement a agi. Nous avons vu par ailleurs, avec le temps, qu'il existe des façons de s'adapter à la nouvelle réalité, en collaboration avec les provinces, pour qu'un bon nombre de Canadiens puissent retourner au travail et permettre la reprise sécuritaire de l'activité commerciale en mettant en place des mesures de santé publique. Ces actions fonctionnent, à condition, évidemment, que la transmission du virus demeure sous contrôle.

« Dans les messages de santé publique, on blâme souvent les restaurants de façon injustifiée. Les restaurants ont mis en place certaines des mesures sanitaires les plus rigoureuses (recherche de contacts et distanciation, entre autres, plus que dans les autres secteurs de l'économie) et très peu de données portent à croire que les personnes qui vont au restaurant s'exposent à un danger. »

Association de dirigeants du secteur hôtelier

Pour améliorer la vie des Canadiens dans cette nouvelle normalité, il faut renforcer les capacités de dépistage et de recherche de contacts afin de contenir les éclosions. À ce jour, la plupart des dépistages ont été effectués par l'entremise des systèmes de santé qui ont déployé des points de service locaux. La mise à contribution du secteur privé pourrait augmenter l'offre de dépistage et renforcer les capacités d'analyse. Ce faisant, nous pourrions mieux limiter le risque de transmission tout en accélérant la reprise de l'activité économique. Il est possible d'y arriver en augmentant et en coordonnant le dépistage entre le système de santé et l'industrie afin de réduire le risque pour les travailleurs.

Le secteur privé peut contribuer au cadre de gestion du risque et aider à renforcer la confiance. À titre d'exemple, les tests de dépistage rapide menés par les transporteurs aériens pourraient réduire le recours à la quarantaine comme principal moyen de limitation de la contagion. Les gouvernements doivent également continuer de se concentrer sur le déploiement de l'application nationale Alerte COVID pour s'assurer que les Canadiens peuvent obtenir l'information dont ils ont besoin pour prendre de meilleures décisions et se protéger. En date du 14 octobre 2020, plus de 4,38 millions de Canadiens avaient téléchargé l'applicationNote de bas de page 9; nous devons la promouvoir fortement pour que des millions d'autres personnes la téléchargent en nous assurant qu'elle est disponible dans l'ensemble des provinces et des territoires.

La confiance des consommateurs s'améliore graduellement, grâce aux mesures de confinement et à une meilleure communication. Mais il faut aussi renforcer la confiance des entreprises, qui est tout aussi importante. Les entreprises ont besoin d'espoir, de perspectives positives, qui influenceront leur désir d'investissement. Il est crucial que les entreprises reçoivent l'appui dont elles ont besoin au bon moment pour ressortir de cette pandémie dans une bonne position. Cela va au-delà d'un soutien financier. Il s'agit aussi de renforcer ce sentiment d'appartenance et de solidarité que les Canadiens ont affiché dans les derniers mois afin de soutenir les entreprises locales.

L'autre élément essentiel pour restaurer la confiance, c'est de soutenir les travailleurs. Des Canadiens se trouveront dans une situation où ils devront se chercher un nouvel emploi ou s'adapter à une nouvelle organisation en milieu de travail. Ils auront besoin de différentes formes de soutiens, dont l'aide à la requalification et l'accès à la formation, qui leur permettront de se repositionner sur le marché du travail ou dans leurs organisations. Ces points seront abordés en détail dans la recommandation C.

Nous avons déterminé cinq mesures particulières visant à renforcer la confiance en vue d'un redémarrage solide, dont certaines ont déjà fait l'objet d'un engagement du gouvernement dans le discours du Trône.

Figure 6 : Indice de confiance des consommateurs au Canada

(août 2019 à septembre 2020, indice = 0-100)

Source : Ipsos, Indicateurs économiques consolidés, 2020 (consulté en juin 2020)
Version textuelle

Ce graphique présente l'indice de confiance des consommateurs au Canada par mois pour la période allant d'août 2019 à septembre 2020. Les notes les plus faibles sont au mois d'avril et de mai; elles augmentent progressivement, mais demeurent sous les niveaux pré-COVID-19.

Voici les indices :

  • Août 2019 : 56
  • Septembre 2019 : 53
  • Octobre 2019 : 53
  • Novembre 2019 : 53
  • Décembre 2019 : 53
  • Janvier 2020 : 52
  • Février 2020 : 54
  • Mars 2020 : 53
  • Avril 2020 : 36
  • Mai 2020 : 38
  • Juin 2020 : 42
  • Juillet 2020 : 44
  • Août 2020 : 44
  • Septembre 2020 : 45

L'encadré à droite du graphique indique ce qui suit :

La confiance des Canadiens remonte, mais reste bien en deçà des niveaux antérieurs à la COVID-19.

Les baisses ont été particulièrement marquées dans les secteurs où les interactions humaines sont nombreuses et où la proximité est habituellement grande, notamment, dans les secteurs du commerce de détail, du tourisme et de l'accueil, et du transport.

Passer à l'action :
  1. Renforcer la coordination avec les provinces et les territoires et adopter une approche de gestion des risques, puisque la COVID-19 sera parmi nous pendant un certain temps (p. ex., une approche coordonnée à l'égard de l'ouverture des frontières fondée sur des principes solides de gestion du risque et le lancement de projets pilotes afin de mettre à l'essai des approches innovantes de gestion du risque).
  2. Mobiliser pleinement le secteur privé afin de garantir que les mesures de santé publique et les innovations pertinentes sont en place pour appuyer un redémarrage sécuritaire (p. ex., s'allier à des consortiums de l'industrie pour augmenter les capacités de dépistage et réduire les délais d'analyse, pour étendre la recherche des contacts en vue d'accélérer l'activité économique et, éventuellement, pour déployer une campagne de vaccination à grande échelle).
  3. Élaborer, en collaboration avec des institutions financières canadiennes et des sociétés d'État fédérales à vocation financière, des mécanismes visant à faciliter la restructuration et le refinancement d'entreprises rentables en temps normal, qui font face à des périodes de relance prolongées. Ainsi, les entreprises pourront sortir de la crise en ayant des modèles opérationnels plus viables.
  4. Encourager davantage la participation au marché du travail et la requalification professionnelle au fur et à mesure que les programmes d'urgence prennent fin, en se basant sur les changements annoncés récemment (p. ex., compléter la transition de la Prestation canadienne d'urgence [PCU] à l'assurance-emploi avec des programmes de compétences axés sur l'innovation pour aider des travailleurs affectés à se réorienter ou se requalifier – particulièrement les femmes et les Canadiens des minorités culturelles, et revoir le modèle de formation de l'assurance-emploi).
  5. Tirer parti de l'image de marque « Canada » et en faire la promotion au pays et à l'étranger, en insistant sur la valeur ajoutée et sur l'innovation (p. ex., encourager l'achat chez nous et le soutien aux entreprises locales et lancer des campagnes de messages de santé publique à l'étranger afin de donner confiance à d'éventuels étudiants internationaux).
Études de cas : Que font d'autres pays pour favoriser la reprise des activités
Ce que nous avons entendu
Incidence de la COVID-19 sur les entreprises canadiennes (sondage mené pour le compte du Conseil)

Nous avons sondé 726 entreprises afin d'éclairer les analyses servant aux ateliers et aux discussions du Conseil et obtenir un portrait de chaque secteur en lien avec la COVID-19. Le sondage comprenait une représentation des 13 provinces et territoires, assurait une couverture étendue des secteurs industriels et rejoignait les petites, moyennes et grandes entreprises.

Le sondage couvrait des enjeux au cœur de la crise comme la confiance à l'égard de l'économie et de la survie des entreprises; les répercussions de la COVID-19 sur les entreprises; les programmes gouvernementaux; ainsi que les défis et besoins en termes d'aide aux entreprises.

Les résultats du sondage indiquent ce qui suit :

En ce qui concerne l'aide du gouvernement et les autres formes de soutien, les entreprises ont indiqué ce qui suit :

Source : Sondage McKinsey, du 25 juin au 14 juillet 2020

Recommandation B : Stabiliser et sécuriser les secteurs les plus touchés en appliquant des mesures ciblées

Les mesures générales que le gouvernement a déployées au début de la pandémie ont joué un rôle crucial pour amortir le choc et aider au redémarrage de l'économie. Même si la pandémie a eu des répercussions sur l'économie canadienne dans son ensemble, certains secteurs de l'industrie ont été particulièrement perturbés. Une analyse des impacts de la COVID-19 dans les neuf secteurs représentés par le Conseil sur la stratégie industrielle est présentée dans la section Éclairage sectoriel.

Le gouvernement doit maintenant de toute urgence mettre en œuvre des mesures ciblées afin de soutenir les secteurs les plus touchés de l'économie canadienne, soit les transporteurs aériens, les aéroports et l'aérospatiale; les ressources de l'avenir (particulièrement le pétrole et le gaz); et le tourisme, l'accueil et la culture. Un soutien adapté et flexible à ces secteurs contribuera à les stabiliser, à prévenir les répercussions à long terme et à les positionner en vue d'une relance qui viendra, dans ces domaines aussi.

Transporteurs aériens, aéroports et aérospatiale

Considérant l'immensité du territoire canadien, le transport aérien est crucial pour bâtir le pays et relier les communautés. Plus de 130 collectivités éloignées dépendent entièrement de l'avion pour recevoir des biens et services essentiels, tels des aliments et des soins de santéNote de bas de page 14. Les déplacements aériens sont également nécessaires pour la compétitivité des entreprises. Un secteur aérien efficace est un des atouts incontournables pour des secteurs aussi diversifiés que le tourisme et l'hôtellerie, les services professionnels, l'exploitation minière, la pêche et la fabrication. Avant la COVID-19, le secteur du transport aérien se portait bien au Canada. La pandémie a toutefois entraîné une baisse drastique de la demande en raison de la fermeture des frontières et des nouveaux protocoles de voyage. Même si les déplacements aériens intérieurs se sont poursuivis dans une certaine mesure, le trafic en août 2020 affichait une baisse moyenne de 66 % par rapport aux niveaux de 2019Note de bas de page 15.

La chute catastrophique du transport aérien dans le monde a également généré un effet d'entraînement sur les aéroports canadiens et sur le secteur aérospatial du pays. L'aviation et l'aérospatiale sont interdépendantes; les voyageurs ont une incidence sur la demande en appareils, laquelle stimule à son tour la demande de produits et de services en aérospatiale. Ces domaines doivent de toute urgence obtenir une aide ciblée pour éviter l'effondrement. Le secteur canadien du transport aérien est particulièrement vulnérable, puisqu'il est l'un des seuls au monde financés par l'usager. La situation actuelle compromet le système dans son intégralité. De nombreux aéroports et transporteurs aériens ont dit être incapables de satisfaire à leurs obligations financières.

Le transport aérien dépendra fortement de la réouverture des frontières et de la disposition des consommateurs à recommencer à voyager. On s'emploie déjà à redonner confiance aux voyageurs et à garantir la sécurité par la mise en place de nouvelles approches pour maintenir la distanciation physique dans les avions. Les aéroports nous ont dit avoir déjà réalisé d'importants investissements de pointe en santé et en désinfection, comme l'achat de laveurs de plancher autonomes, la création de tunnels désinfectants pour les bagages, la mise en place de postes de contrôle de la qualité de l'air et l'acquisition de plateformes numériques pour surveiller les risques liés à la maladie. D'autres investissements de technologie numérique ou de systèmes de dépistage et de filtrage pour les aéroports peuvent contribuer à contrôler la propagation de la COVID-19, favoriser une augmentation de la circulation, tout en préparant les installations à mieux faire face à une autre crise sanitaire.

Une intervention gouvernementale semble incontournable et elle devra aller au-delà de l'aide d'urgence et mettre en œuvre une stratégie industrielle afin de soutenir l'aviation et la fabrication aérospatiale. Bon nombre de gouvernements étrangers ont annoncé des initiatives de soutien massif et de financement temporaire à leur secteur aérien. La France a été l'un des premiers pays à dévoiler un vaste ensemble de mesures d'aide pour l'aviation et la fabrication aérospatiale face à la COVID-19Note de bas de page 16.19 Les investissements réalisés par le gouvernement, en plus d'aider les transporteurs nationaux à résister aux répercussions économiques de la pandémie, définiront aussi le paysage concurrentiel mondial dans l'industrie du transport aérien pour des décennies à venir.

Si aucune mesure décisive n'est prise, le système de transport aérien du Canada pourrait ressortir affaibli de la crise de la COVID-19. Les voyageurs aériens canadiens pourraient devoir composer avec une réduction du service, des prix plus élevés, moins de concurrence et une perte de liaisons. Les prix plus élevés des billets et la connectivité réduite placeraient les entreprises canadiennes qui dépendent du transport aérien dans une situation désavantageuse comparativement à leurs concurrents étrangers. Des intervenants du secteur nous ont dit que les transporteurs aériens internationaux appuyés par leurs gouvernements ont augmenté leur capacité de vol à destination et en provenance du Canada, tandis que la présence des transporteurs aériens canadiens a diminuéNote de bas de page 17. De plus, la petite taille du marché intérieur du Canada signifie que les perspectives de croissance des principaux transporteurs canadiens sont limitées sans une présence active dans les marchés internationaux très concurrentiels.

Le secteur devra aussi profiter d'investissements dans des technologies d'aviation et d'aérospatiale durable sur le plan environnemental pour demeurer concurrentiel. Un mélange d'outils politiques, incluant une aide pour les transporteurs aériens, un renouvellement du financement accordé en innovation et pour l'approvisionnement, pourraient raviver le secteur aérospatial canadien et la chaîne d'approvisionnement.

Le Canada a développé un secteur manufacturier bien diversifié dans l'aérospatiale. Le gouvernement pourrait aider au positionnement de ce secteur en vue d'une croissance future à long terme en réalisant des investissements dans les domaines de l'aviation et des technologies durables, comme la propulsion électrique hybride et les biocarburants avancés.

Le secteur de l'aérospatiale du Canada est l'un des cinq plus importants au monde

Le secteur canadien de l'aérospatiale arrive au premier rang à l'échelle mondiale dans la production de simulateurs de vols civils, de turbopropulseurs et de moteurs d'hélicoptères, et au troisième rang à l'échelle mondiale en ce qui concerne la production d'avions d'affaires à réaction et d'avions régionauxNote de bas de page 18. Selon l'indice annuel de PwC, l'attractivité du secteur manufacturier aérospatial du Canada arrive au troisième rang à l'échelle mondiale, derrière les États-Unis et SingapourNote de bas de page 19. Qui plus est, en 2018, 93 % des entreprises de fabrication d'aérospatiale exportaient leurs produits, soit un taux 44 % plus élevé que la moyenne de l'industrie manufacturièreNote de bas de page 20.

Les transporteurs aériens canadiens perdent leur position concurrentielle

Une analyse interne, partagée par une organisation de l'industrie lors des consultations du Conseil, a suggéré que la part des vols internationaux, à destination ou en provenance du Canada, de transporteurs aériens qui ont reçu un soutien de l'État propre au secteur est passée de 4 % en 2019 à 55 % en 2020. La part des transporteurs canadiens a diminué de 20 % au cours de la même période.

Études de cas : Que font d'autres pays pour soutenir leur industrie aérospatiale
Passer à l'action :
  1. Fournir un soutien à plus long terme (p. ex., jusqu'au retour aux niveaux d'activités d'avant la pandémie) afin de permettre aux entreprises particulièrement touchées ou d'intérêt stratégique national de supporter leurs coûts fixes et de permettre l'amélioration de la performance environnementale des flottes, conformément à ce que font d'autres administrations concurrentielles (afin de compléter ou de remplacer des programmes existants).
  2. Accélérer la reprise des déplacements intérieurs et internationaux en adoptant des façons innovantes et prudentes de gérer les risques et de rebâtir la confiance (p. ex., dépistage rapide pour les visiteurs internationaux provenant d'administrations à faible risque et réduction considérable de la durée de la quarantaine).
Ce que nous avons entendu
Ressources de l'avenir

Les ressources de l'avenir, incluant la forêt, les mines, le pétrole et le gaz, font partie de la richesse de notre pays. Les industries qui en dépendent représentent un pilier fondamental de notre économie actuelle et une immense possibilité de croissance. Les efforts que nous déployons pour gérer les répercussions de la COVID-19 nous offrent aussi la possibilité d'agir pour veiller à tirer parti du plein potentiel de ces secteurs au profit de l'économie canadienne, maintenant et pour l'avenir. C'est pourquoi nous avons proposé des mesures afin de relever les défis immédiats auxquels ces secteurs se heurtent et nous en avons proposé d'autres pour repenser les ressources dans notre économie.

Parmi les ressources de l'avenir du Canada, le secteur pétrolier et gazier en particulier a été durement touché par la COVID-19. Ce sous-secteur, qui représente à lui seul 11 % du PIB (excluant l'investissement en capital), devait déjà composer avec une baisse de la confiance des investisseurs au Canada avant le début de la pandémie. Bien que l'investissement mondial dans les activités pétrolières et gazières en amont (p. ex., l'exploration, le forage, l'extraction) était à la hausse, les investissements étaient à la baisse au Canada. La pandémie a exacerbé le déclin au niveau des investissements. Les producteurs de pétrole ont répondu à la situation actuelle en réduisant leurs budgets de dépenses en capital, notamment pour les projets de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES), en annulant des investissements futurs et le développement de projets, en réduisant la production et en fermant des installations. On prévoit que les pertes d'emploi dans le secteur pétrolier et gazier seront élevées et qu'elles se poursuivront en 2021Note de bas de page 26. Cette augmentation des pertes d'emplois devrait avoir une incidence sur l'économie canadienne dans son ensemble étant donné que le secteur pétrolier et gazier est celui qui a le plus grand effet multiplicateur sur l'emploiNote de bas de page 27.

Le secteur pétrolier et gazier est aussi le principal contributeur aux échanges commerciaux du CanadaNote de bas de page 28. Par conséquent, la relance dans ce secteur influence la relance économique générale du pays. Le gouvernement devra prendre des mesures de soutien à la liquidité et au crédit afin d'aider le secteur à résister et à se stabiliser à court terme. L'industrie aura aussi besoin d'appui pour entreprendre une transformation durable afin d'être viable à long terme et concurrentielle sur la scène mondiale. Avant la COVID-19, le secteur était bien placé pour jouer un rôle essentiel dans la transition vers un avenir énergétique à faibles émissions de carbone, grâce à la recherche et développement sur les solutions à faibles émissions de carbone et en fournissant au gouvernement des revenus qui seront réinvestis dans la transition vers des cibles d'émission zéro émission nette.

Par exemple, selon l'Association canadienne des producteurs pétroliers, le secteur pétrolier et gazier représente 75 % de tous les investissements en technologies propres au CanadaNote de bas de page 29.

La relance du secteur dépendra de la capacité de l'industrie à atténuer les risques et à encourager les investissements en capital afin de générer une activité qui aura un effet d'entraînement sur d'autres industries. Cela signifie de fournir des incitatifs afin de relancer les dépenses pour les projets à grande échelle qui stimulent la croissance, réduisent les émissions de gaz à effet de serre et jettent les bases pour la relance de tout le domaine de l'énergie et des ressources. Ces projets comprennent le maintien de la production, la diversification dans les produits pétrochimiques, l'hydrogène, le gaz naturel liquéfié (GNL) et les technologies environnementales (p. ex., la capture, le stockage et l'utilisation du carbone).

Le secteur aura également besoin de liquidités jusqu'à la reprise de ses activités, notamment pour les entreprises de services qui pourraient ne pas avoir accès aux mesures de soutien actuelles en raison de profils de revenus moindres et de niveaux élevés de dette. D'autres facteurs influenceront la relance pour le secteur pétrolier et gazier, dont la continuité des chaînes d'approvisionnement, l'accès aux marchés, la réglementation souple et efficace, la capacité concurrentielle mondiale et l'investissement, et l'adoption des innovations afin d'améliorer le bilan environnemental.
Étude de cas : Que font d'autres pays pour soutenir leur secteur des ressources
Passer à l'action :
  1. Offrir des mesures incitatives supplémentaires aux entreprises en amont afin qu'elles maintiennent des opérations viables à long terme et relancent leurs dépenses d'investissement en tenant compte des facteurs ESG en matière de ressources, et garantir que les programmes de crédit aux entreprises en place offrent un financement provisoire aux entreprises de services jusqu'à la reprise de l'investissement.
Ce que nous avons entendu
Tourisme, accueil et culture

Le secteur touristique allait bien avant la pandémie : il avait généré une croissance record pendant trois années de suite et nourrissait des attentes élevées pour 2020Note de bas de page 31. La pandémie a eu un effet immédiat sur les entreprises de toutes les tailles dans ce secteur en raison de la fermeture des frontières aux voyages non essentiels et d'une baisse abrupte du transport aérien. Les restrictions de santé publique ont également limité puis interdit les grands rassemblements. La saison estivale, qui représente 60 % des revenus annuels du tourisme, a été essentiellement perdue, paralysant les exploitants, les entreprises, les hôtels et les festivals partout au pays. Par conséquent, 80 % des entreprises dans le secteur sont considérées comme étant à risqueNote de bas de page 32.

Bien que l'on s'attende à un retour d'un certain niveau de dépenses de consommateurs locaux et nationaux au fur et à mesure de la réouverture de l'économie, le maintien des restrictions à l'égard des voyages et des grands rassemblements continuera d'affecter sévèrement les revenus et l'emploi à court terme. Certaines entreprises pourraient réussir à effectuer une transition vers de nouveaux modèles d'exploitation (p. ex., les ventes en ligne et la proportion accrue de la clientèle locale). Toutefois, les restrictions prolongées et les éclosions de COVID-19 poseront des défis continus pour la plupart des entreprises, notamment celles dont les revenus dépendent fortement des voyageurs saisonniers et des grands rassemblements ou celles qui offrent des produits ou des services de niche qui ne peuvent être offerts par d'autres mécanismes.

Dans ce contexte, les entreprises à risque auront besoin de mesures de soutien pour se réorganiser ou se transformer. Même si le gouvernement a déjà mis en place des programmes pour aider les entreprises touristiques (p. ex., les prêts consentis en vertu du Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes [CUEC] et les reports de paiement pour les baux commerciaux et les licences d'exploitation dans les parcs nationaux, les lieux historiques et les aires marines de conservation), ces programmes d'application générale ne suffisent pas. Les économies locales qui dépendent du tourisme, et les pôles touristiques et hôteliers régionaux et locaux bénéficieraient également de toute hausse du nombre de voyages nationaux et des efforts visant à encourager l'activité dans ces collectivités.

Une dure année et un long chemin à parcourir

Les entreprises du tourisme, ainsi que d'autres PME du secteur, ont fait part de leur difficulté à garder leurs portes ouvertes. Elles ont parlé du défi que pose la PCU; du fait que la Subvention salariale d'urgence du Canada est un bon programme, mais qu'elle doit être prolongée pour couvrir les frais fixes; et de l'inaccessibilité du programme d'aide au loyer à cause des problèmes d'admissibilité et de l'implication des propriétaires...

Comme le soutien était requis d'urgence, le Conseil a transmis ces réflexions au gouvernement pendant qu'il menait ses travaux.

Les annonces faites récemment par le gouvernement mettent en évidence certains changements apportés afin d'améliorer l'aide offerte, par exemple, la transition de la PCU à l'assurance-emploi, la prolongation de la SSUC et les changements apportés au programme de soutien au loyer (maintenant appelé la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer).

De par sa nature, l'industrie du tourisme a été touchée de façon unique par la pandémie; c'est pourquoi elle demande une attention particulière.

Études de cas : Ce que font d'autres pays pour soutenir le secteur touristiqueNote de bas de page 33
Passer à l'action :
  1. Fournir des capitaux patients afin de permettre aux entreprises phares dont l'image de marque est excellente et qui ont un modèle opérationnel viable à long terme (mais qui éprouvent des difficultés temporaires d'accès au capital) de surmonter cette période de faible demande et de surcapacité, particulièrement dans les petites collectivités où les répercussions peuvent être disproportionnées.
  2. Collaborer avec le secteur privé afin de garantir l'offre d'un financement suffisant pour la restructuration et la transformation, en mobilisant le capital privé à des taux attrayants et en veillant à donner aux entrepreneurs la possibilité de transformer leur entreprise dans la foulée de la pandémie.
Ce que nous avons entendu

Relancer : établir une trajectoire de croissance inclusive

Pour Relancer l'économie, nous devons nous attaquer à des défis préexistants qui ont été exacerbés par la pandémie. Ces défis ne datent pas d'hier, mais il est encore plus urgent de les relever pour assurer la croissance du Canada. Dans le cadre de son travail, le Conseil s'est penché sur bon nombre de recommandations déjà présentées au gouvernement, ainsi que sur les programmes fédéraux mis en place afin de soutenir la croissance industrielle. Nous croyons qu'il y a là des éléments essentiels pour accélérer et renforcer notre relance.

Recommandation C : Relancer la croissance en doublant les investissements dans un plan d'avenir

Le Canada peut libérer son potentiel et bâtir une économie numérique, durable et innovante en investissant de manière stratégique et importante dans des fondations essentielles qui profitent à l'économie dans son ensemble. La clé de la compétitivité et de la croissance future du Canada réside dans notre talent, notre technologie et notre commerce, ainsi que dans un environnement propice à l'innovation et à l'ingéniosité.

Nous proposons les mesures suivantes, qui ne sont pas basées sur des secteurs en particulier, mais qui ont un effet transversal sur l'économie : développer les compétences de la main-d'œuvre, stimuler l'innovation, la commercialisation, la numérisation et la propriété intellectuelle; faciliter l'accès aux capitaux pour permettre aux entreprises à forte croissance de prendre de l'expansion; investir dans l'infrastructure commerciale stratégique pour un accès efficace aux marchés mondiaux; investir dans l'infrastructure numérique, incluant Internet haute vitesse pour les PME rurales; éliminer des obstacles réglementaires afin de déverrouiller la croissance économique et l'investissement; et tirer parti de l'approvisionnement gouvernemental comme levier pour créer la demande et soutenir les domaines prioritaires.

Ces orientations ont émergé de nos conversations avec les leaders comme étant des jalons incontournables sur la voie de la relance. Ces domaines d'action économique se renforcent mutuellement et sont interdépendants; leur combinaison permet de stimuler la relance et de raviver la croissance. D'autres conseils du secteur privé mandatés par le gouvernement fédéral ont déjà formulé des recommandations liées à ces thèmes transversaux. Il est donc possible de tirer parti des efforts déjà en cours afin de stimuler le changement dans certains domaines. Dans le cadre de nos consultations, on a mis en évidence qu'il était important de doubler la mise dans ces thèmes horizontaux.

Les Tables sectorielles de stratégies économiques ont identifié six initiatives phares dans leur rapport de septembre 2018, L'impératif de l'innovation et de la compétitivité : Saisir les occasions de croissance :

  1. À nous le podium : plus d'entreprises à forte croissance comme pierre angulaire de la prospérité du Canada;
  2. Règlementation souple qui appuie la croissance économique;
  3. Compétences et talent : positionner les Canadiens pour les emplois de l'avenir;
  4. Adoption de technologies : pour stimuler l'adoption des technologies et devancer nos concurrents sur la scène internationale;
  5. Infrastructure - numérique et matérielle : relier les Canadiens et favoriser la croissance des exportations;
  6. La marque Canada : dire au monde entier ce que notre économie innovante peut offrir.
Études de cas : Que font d'autres pays pour préparer la croissance de leur économie
Levier économique transversal : une stratégie en matière de talents et de compétences

La COVID-19 a changé à tout jamais notre vision des « travailleurs essentiels ». Les chauffeurs d'autobus, les caissiers d'épicerie, les commis de commerces de détail, les camionneurs, les agriculteurs et plusieurs autres, ont rejoint les travailleurs de la santé et les premiers répondants à l'avant-scène afin de garder les Canadiens en sécurité et maintenir les activités économiques de base. Dans tous les secteurs économiques, des intervenants ont insisté sur la nécessité d'une stratégie transversale en matière de talents et de compétences. Le rythme des changements a aussi mis en évidence l'importance pour le Canada de continuer à attirer des talents de l'international et de renforcer ses programmes de formation dans les secteurs à croissance élevée.

Diversité, talent et innovation en matière de main-d'œuvre

Dans le cadre de nos consultations auprès d'employeurs, de syndicats et d'universités, on nous a clairement dit que la pandémie avait accéléré certaines tendances en matière d'emploi, en plus de créer un nouvel ensemble de défis liés à la main-d'œuvre. Alors que certaines entreprises éprouvent de la difficulté à garder leurs travailleurs pendant la pandémie, d'autres cherchent à pourvoir les postes vacants, tandis que d'autres sont engagés dans la formation de leur main-d'œuvre pour adapter leurs modèles d'affaires au nouveau contexte ou intégrer de nouvelles technologies.

Le rythme accéléré du changement a clairement montré que les Canadiens ont besoin de pouvoir accéder en continu aux dernières formations leur permettant de s'adapter au contexte et de posséder des compétences recherchées. Pour améliorer les systèmes de formation, il serait utile de comparer les compétences actuelles des travailleurs à celles requises pour occuper des emplois dans des secteurs plus prometteurs. Les programmes de requalification pourraient ensuite être ciblés afin de fournir les ensembles de compétences requises. Dans les cas où l'offre de requalification et de formation ne répond pas à tous les besoins, des postes pourront être pourvus par un recrutement international.

Diversité

Différents intervenants ont exprimé leur inquiétude face à l'augmentation des inégalités sociales et aux répercussions disproportionnées de la pandémie sur les groupes défavorisés (p. ex., les femmes, les jeunes, les nouveaux Canadiens et les Autochtones). Étant donné que les secteurs les plus touchés sont aussi parmi les principaux employeurs de ces groupes (p. ex., les jeunes, dans les secteurs du tourisme et du service), une relance plus lente risque de précariser ces groupes encore davantage. Par exemple, la pandémie de COVID-19 a entraîné une baisse de la participation des femmes au marché du travail, qui a glissé à 55 % en avril, une première en 30 ans. Cette situation risque d'effacer des décennies de progrès au chapitre de l'égalité des genresNote de bas de page 37. Même si la situation s'est améliorée depuis le mois d'avril, les femmes, les jeunes et les nouveaux Canadiens accusent toujours un retard au chapitre de l'emploi.

Si nous voulons que la relance du Canada soit inclusive, nous devons améliorer le potentiel de participation à l'économie de tous les travailleurs. L'inclusivité n'est pas seulement à l'avantage des travailleurs; elle aide aussi les employeurs à prospérer. Il existe en effet une corrélation entre la diversité ethnique et des genres au sein d'une entreprise et sa rentabilité; cependant, les femmes et les minorités visibles demeurent sous-représentéesNote de bas de page 38. À l'avenir, la stratégie d'innovation de la main-d'œuvre du Canada doit être fortement axée sur l'élimination de ces écarts, ainsi que sur le redéploiement des Canadiens affectés par la crise ou sous-employés dans les domaines industriels au fort potentiel de croissance et à demande élevée en talents. En éliminant les obstacles et en faisant la promotion de l'égalité des genres au travail, le Canada pourrait enregistrer une augmentation du PIB supplémentaire de 150 milliards de dollars en 2026Note de bas de page 39.

Levier économique transversal : agir de manière inclusive

La COVID-19 a eu une incidence négative considérable sur les entreprises et sur les communautés autochtones. Il semble que la pandémie n'a fait qu'accentuer les lacunes au chapitre de la sécurité alimentaire, des soins de santé, du service aérien dans les régions éloignées et de la connectivité numérique. Les secteurs des ressources et du tourisme et de l'accueil, qui font partie des plus grands employeurs d'Autochtones du secteur privé au Canada, ont été durement touchés par la pandémie. Des partenariats plus solides avec les secteurs des technologies propres, du numérique et de la santé et sciences biologiques, ainsi que des investissements connexes stimuleront le développement économique et contribueront à une amélioration de la santé publique.

Innovation en matière de main-d'œuvre

Un accès plus dynamique à la formation et aux possibilités d'emploi dans les domaines où la demande est élevée contribuera à un redéploiement de la main-d'œuvre. Toutefois, malgré des améliorations importantes au cours des dernières années, le Canada continue d'accuser du retard par rapport à d'autres pays de l'OCDE en ce qui a trait à la formation de sa main-d'œuvre. Par exemple, les organisations canadiennes consacrent en moyenne 81 cents pour chaque dollar dépensé par les organisations américaines pour la formation et le perfectionnementNote de bas de page 40. En outre, le Conseil consultatif en matière de croissance économique a indiqué que les dépenses moyennes en formation des travailleurs ont chuté de plus de 40 % entre 1990 et 2010Note de bas de page 41. Or, une formation supplémentaire peut fournir aux employés les compétences pour bâtir et faire grandir des entreprises d'avenir, comme dans le secteur des technologies propres.

Historiquement, les interventions les plus importantes en matière de formation ont été mises en œuvre par les provinces et les territoires, et soutenues par les programmes de transfert fédéraux. Le leadership fédéral dans le cadre d'un partenariat étroit avec les provinces et les territoires, ainsi qu'avec l'industrie, pourrait aider à réaliser une coordination améliorée dans l'offre de formation pour mieux répondre aux besoins de l'industrie, dans le respect des compétences de chacun. La collaboration doit également mener à une infrastructure de formation plus agile et à des modèles d'apprentissage numériques qui facilitent les cheminements de carrière pour les employés et développent les bassins de talents pour les employeurs.

Les programmes portant sur le marché du travail doivent offrir le soutien nécessaire aux Canadiens; toutefois, ils doivent également soutenir les employeurs. Lorsque les mesures de perfectionnement des compétences ne sont pas élaborées en collaboration avec les employeurs, le risque que les formations ne répondent pas à leurs besoins grandit. Une collaboration étroite avec l'industrie et un bon leadership gouvernemental réduiront ce risque. De plus, si un programme est reconnu comme correspondant aux besoins des employeurs, les travailleurs seront rassurés et confiants que l'investissement dans leur formation les positionnera pour décrocher des emplois de qualité.

Talent mondial

Les entreprises qui éprouvent des difficultés à accéder à des talents pour soutenir leur croissance ont insisté sur l'importance d'attirer de manière continue des talents internationaux au Canada. Au cours de la dernière décennie, le Canada a triplé sa population d'étudiants internationauxNote de bas de page 42, et avant la COVID-19, le Canada se classait au troisième rang pour l'attraction d'étudiants internationaux (IRCC)Note de bas de page 43. Nos consultations ont mis en évidence les avantages qu'amènent les étudiants internationaux qui étudient dans des établissements postsecondaires canadiens ainsi que l'importance d'accueillir aussi des talents mondiaux expérimentés. Selon les données de 2018, la majorité des étudiants internationaux (60 %) prévoient présenter une demande en vue de devenir de nouveaux CanadiensNote de bas de page 44. Ceux qui deviennent effectivement des résidents permanents poursuivent souvent des carrières dans des domaines essentiels à la capacité d'innovation du Canada.

En plus de mettre en œuvre les programmes annoncés dans le discours du Trône, nous devrions continuer de miser sur la Stratégie en matière de compétences mondiales et le Programme des étudiants étrangers afin d'attirer les employés les plus talentueux dans des secteurs clés aux prises avec des pénuries, notamment des ingénieurs, des développeurs de logiciels et des cadres supérieurs. Même si la COVID-19 a engendré un certain niveau d'incertitude en ce qui a trait à l'avenir de l'immigration économique, ce n'est pas le moment de renoncer; la concurrence pour les meilleurs talents mondiaux demeure féroce. Le Canada devrait continuer à tirer profit de la possibilité de maintenir en poste et d'attirer des travailleurs hautement qualifiés, surtout au moment où d'autres nations envisagent ou mettent en œuvre des mesures de restriction de permis de travail.

Levier économique transversal : intégrer à l'emploi les immigrants et les nouveaux Canadiens

Au cours des dernières années, la croissance de la main-d'œuvre a été alimentée par l'immigration. L'intégration en emploi des immigrants est donc une clé de la croissance économique; toutefois, les pertes d'emploi dans ce groupe sont près du double de celles des travailleurs nés au CanadaNote de bas de page 45. Les femmes, les jeunes et les nouveaux immigrants ont été les plus affectés, parce qu'ils sont surreprésentés dans les secteurs les plus durement touchés qui seront aussi plus lents à se rétablir, comme le tourisme et l'accueil, le commerce de détail et les services.

Les pénuries de main-d'œuvre sont une préoccupation constante pour les producteurs agricoles, et la pandémie a aggravé ce problème. Grâce aux efforts déployés et à l'aide financière versée aux producteurs, les arrivées de travailleurs étrangers temporaires ont atteint 85 % à 90 % de leurs niveaux de 2019 à l'été 2020Note de bas de page 46. On pourrait moderniser plus rapidement le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour aider à solutionner les pénuries de main-d'œuvre à long terme.

Le Canada a également subi une baisse généralisée de l'immigration au cours du deuxième trimestre de 2020; les arrivées de résidents permanents ont baissé de 67 % par rapport au même trimestre en 2019Note de bas de page 47. Des niveaux d'immigration élevés aident à contrer certains effets du vieillissement rapide de la population du Canada, soutiennent la croissance des villes et l'activité des établissements d'études postsecondaires, et favorisent l'innovation en attirant les meilleurs talents.

Passer à l'action :
  1. Étendre la portée des programmes de formation et les financer davantage en partenariat avec les provinces et les territoires afin d'encourager un modèle et une infrastructure d'apprentissage numérique plus agiles pour répondre aux demandes futures (p. ex., soutenir le perfectionnement des compétences et la formation afin de pallier les pénuries de main-d'œuvre).
  2. Tirer parti de l'occasion de maintenir en poste et d'attirer des talents mondiaux très qualifiés, particulièrement dans les domaines du numérique et des données, à l'heure où d'autres pays interdisent ou réduisent l'accès à des permis de travail (p. ex., embaucher de nouveaux diplômés en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques et des détenteurs de visa H-1B, et contribuer à l'intégration en emploi des conjoints accompagnateurs).
  3. Élaborer une stratégie nationale d'innovation en matière de main-d'œuvre afin de créer un système d'apprentissage continu harmonisé aux besoins des entreprises, assurant ainsi que les diplômés sont bien placés pour occuper les emplois de l'avenir, tout en comblant l'écart entre les sexes et en faisant progresser l'inclusion et la diversité dans la main-d'œuvre (p. ex., les compétences requises pour la fabrication 4.0, les programmes de stage et programmes mixtes, les micro-diplômes et la souplesse en ce qui concerne l'apprentissage en ligne).
Ce que nous avons entendu
Écosystème d'innovation et financement de la recherche et développement

Le secteur des affaires du Canada fait face depuis longtemps à un défi en matière d'innovation, particulièrement en ce qui concerne l'exploitation de la R et D et sa capacité de valoriser la propriété intellectuelle. Cela confirme la nécessité de renforcer nos capacités en matière de commercialisation. Au cours des dernières années, le Canada a présenté un nouvel ensemble d'outils et de programmes de soutien offerts aux entreprises afin de stimuler leur croissance et renforcer leur capacité d'innovation. Bon nombre de ces mesures sont axées sur une approche de partenariat entre le gouvernement et le secteur privé ou entre intervenants, en vue de maximiser le transfert des ressources et des connaissances, l'expansion des marchés et la commercialisation.

En discutant avec des entreprises, nous avons entendu parler de l'efficacité de bon nombre de ces programmes, comme en témoigne la surinscription dans plusieurs régions, créant un besoin pour renforcer certains programmes comme le Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches Canada (CNRC). Dans d'autres cas, on nous a plutôt parlé des limites et des lacunes précises des programmes en place, qui pourraient être modifiés pour mieux soutenir l'innovation. À titre d'exemple, on a demandé d'éliminer les plafonds d'emploi, qui empêchent certaines entreprises de taille moyenne et grande de participer à des programmes tels que PARI.

En général, les entreprises veulent obtenir un soutien plus flexible en vue de bonifier les investissements dans des domaines comme la propriété intellectuelle, la numérisation et l'adoption de la technologie. On pourrait examiner les programmes en place, s'il y a lieu, afin d'encourager les entreprises canadiennes à investir dans « l'économie de l'immatériel », qui a le potentiel de générer une meilleure valeur à long terme (p. ex., la recherche et développement, l'informatique et les données, les opérations et services numériques, le design et les marques, et la formation de la main-d'œuvre). Les mesures incitatives pour l'investissement dans ces domaines peuvent être intégrées à l'ensemble existant de programmes d'innovation, au fur et à mesure que les travaux avancent en ce qui concerne la Stratégie en matière de propriété intellectuelle et la Charte du numérique du Canada.

Des programmes fédéraux fournissent un soutien aux entreprises

Le gouvernement offre un soutien aux entreprises dès la phase précommercialisation par l'intermédiaire du Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI); des programmes de soutien à l'expansion par les agences de développement régional (ADR) et le Service des délégués commerciaux; ainsi que du financement et du transfert de connaissances par le Fonds stratégique pour l'innovation et l'Initiative des supergrappes d'innovation.

La performance du Canada au chapitre de l'innovation : une préoccupation de longue date

Selon le dernier bulletin d'innovation du Conference Board du Canada (2018), le Canada est passé du 9e au 12e rang parmi 16 pays comparables; ce glissement s'explique à la fois par les progrès des autres pays et par notre recul. Le Canada continue d'accuser un retard considérable dans la création et la valorisation de la propriété intellectuelle (PI). Il occupe le 17e rang selon le Global Innovation Index de l'Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, et pour les brevets liés aux technologies de l'information et des communications parmi les pays de l'OCDE (le Canada était au huitième rang de ce classement 2000 à 2012). D'autres indices indiquent que le Canada accuse un retard sur ses pairs de l'OCDE dans des domaines d'innovation comme l'adoption de la robotique (20e) et le commerce électronique (21e).

Passer à l'action :
  1. Atténuer le risque des projets innovants et encourager les entreprises à se numériser et s'automatiser afin de propulser leur productivité, particulièrement les PME et les entreprises moyennes supérieures (p. ex., miser sur les centres d'accès aux technologies, songer à confier aux supergrappes un mandat pour l'adoption de la technologie, en mettant un accent accru sur les entreprises moyennes supérieures, encourager le secteur privé à investir dans des technologies et des actifs immatériels, comme la fabrication 4.0, accroître l'adoption du numérique et la prestation de services dans les domaines des soins de santé et de l'éducation qui ont des demandes considérables à la suite de la pandémie, et investir dans des projets d'infrastructure logicielle).
  2. Continuer de renforcer la Charte numérique et la stratégie de propriété intellectuelle du Canada et bâtir un système de réglementation numérique moderne pour mieux gérer, protéger (ce qui comprend l'application de mesures contre le vol de données) et commercialiser nos actifs (p. ex. lignes directrices sur l'utilisation des drones, éducation à la propriété intellectuelle, frais de dépôt de propriété intellectuelle pour les entreprises admissibles à la RS&DE, groupes de microbrevets).
  3. Recapitaliser, élargir et moderniser les principaux programmes gouvernementaux pour stimuler les investissements privés immédiats et à long terme dans l'innovation et la recherche et développement (p. ex., le Fonds stratégique pour l'innovation (FIS), Technologies du développement durable Canada (TDDC), RS&DE, intégrer l'adoption de la technologie dans le mandat du PARI).
Ce que nous avons entendu
Accès au capital pour accélérer la croissance des entreprises canadiennes

Pour soutenir les entreprises confrontées à une relance plus longue et plus lente, le gouvernement fédéral a agi à une vitesse inégalée en offrant des liquidités sans précédent et du soutien en matière de capital (p. ex., le CUEC et le Crédit d'urgence pour les grands employeurs). Dans son discours du Trône, le gouvernement s'est engagé à poursuivre le programme du CUEC et à améliorer le Programme de crédit aux entreprises (PCE).

Tout au long de la pandémie, ces mesures ont été essentielles à la survie des entreprises les plus durement touchées au Canada. Cependant, les entreprises ont également besoin d'avoir accès à des capitaux pour investir dans l'innovation et les technologies durables, de nouvelles possibilités et croissance, et dans la formation pour qualifier leurs travailleurs aux exigences de la nouvelle économie numérique.

L'accès continu à des capitaux patients demeure important pour les entreprises concurrentielles dont les trajectoires de croissance sont plus robustes. L'élargissement de programmes offerts par l'intermédiaire de sociétés d'État (Banque de développement du Canada, Exportation et développement Canada, Financement agricole Canada) peut aider les entreprises non seulement à survivre, mais à prospérer dans cet environnement en évolution.

L'accès au capital est une condition préalable à la croissance de toute entreprise, peu importe sa taille. Un soutien supplémentaire est requis pour soutenir les PME à croissance rapide et les entreprises moyennes supérieures qui ont le potentiel de devenir les prochains chefs de file mondiaux dans leur domaine. L'histoire a montré que lorsque ces sociétés ne sont pas en mesure d'accéder à des capitaux au Canada, elles se tournent vers des investisseurs internationaux. Des dirigeants dans le secteur financier ont estimé que tirer parti des capitaux du secteur privé en mettant sur pied un fonds de croissance de capitaux patients, renforcer notre industrie du capital de risque, et encourager l'investissement dans des entreprises canadiennes et des projets d'infrastructure aideraient les sociétés à prendre de l'expansion. Toutes ces mesures, qui ont été mentionnées au long de nos consultations, rendront notre économie plus productive et stimuleront la croissance du PIB. Bien que des améliorations ont été apportées dans l'industrie du capital de risque, la prolongation du PCE permettrait une croissance accrue.

Enfin, nous savons que la pandémie a des répercussions disproportionnées sur certains segments de la population canadienne. Il est important que l'aide atteigne les entreprises détenues par des membres de ces groupes sous-représentés et touchés plus sévèrement par la pandémie. À titre d'exemple, on estime que 91 % des entreprises détenues par des Autochtones ont subi les répercussions négatives de la COVID-19Note de bas de page 48. Les femmes entrepreneures, qui sont plus susceptibles de détenir des entreprises nouvelles et plus petites, ont été plus nombreuses à devoir mettre à pied une grande partie de leurs effectifs (plus de 80 %) que les hommesNote de bas de page 49. Pour assurer une relance économique qui fonctionne pour tous les Canadiens, il faut mettre en place des fonds ciblés en vue de soutenir l'entrepreneuriat de groupes diversifiés.

Levier économique transversal : accès au capital

Chaque secteur a cerné des besoins en capitaux précis pour stabiliser, rétablir ou faire croître les entreprises les plus durement touchées ou celles qui affichent le potentiel le plus élevé. Ces recommandations comprennent entre autres des soutiens ciblés à la liquidité, des capitaux patients, de nouveaux modèles de financement et la mobilisation accrue de l'investissement du secteur privé. Étant donné que l'on ignore à l'heure actuelle combien de temps durera la pandémie, notre relance économique et notre capacité de saisir les nouvelles opportunités de croissance dans les neuf secteurs demeureront définies par l'accès au capital.

Passer à l'action :
  1. Considérer confier un plus grand rôle aux sociétés d'État financières – la Banque de développement du Canada, Exportation et développement Canada et Financement agricole Canada – pour appuyer la relance de l'économie en partenariat avec le secteur privé et conformément à la stratégie générale visant à stimuler la productivité et l'innovation :
    • demander aux sociétés d'État financières d'accepter un niveau de risque plus élevé et de fournir un capital supplémentaire considérable aux entreprises canadiennes;
    • mettre en place de nouveaux fonds à missions particulières afin d'aider les entreprises à prendre de l'expansion, ce qui comprend le financement des rondes plus importantes en capital de risque, qui se sont avérées difficiles à conclure au Canada;
    • ordonner à ces institutions de soutenir davantage les entreprises les plus grandes et les plus concurrentielles du Canada afin de les aider à atteindre le sommet (p. ex., investissement en R et D en innovation pour la production numérique et investissement en vue d'adopter les plus récentes technologies);
    • renforcer les capacités propres des secteurs clés en les orientant vers les priorités stratégiques industrielles.
  2. Veiller à pallier les lacunes d'accès au capital (p. ex., les fonds pour l'entrepreneuriat chez les femmes, les fonds de développement des communautés autochtones et les fonds de recherche en biosciences) en partenariat avec le secteur privé :
    • développer les fonds de croissance axés sur la diversité qui existent à l'heure actuelle en vue d'élargir l'accès au capital et de stimuler une croissance inclusive;
    • développer les modèles de partenariat qui ont fait leurs preuves en matière de capital de croissance, incluant des mesures incitatives qui visent à mobiliser les capitaux privés et à approfondir l'expertise en investissement à l'échelle nationale (p. ex., Initiative de catalyse du capital de risque).
Ce que nous avons entendu
Infrastructures stratégiques – numériques et matérielles
Infrastructures numériques
La pandémie a mis en évidence l'importance d'une infrastructure numérique fiable, sécuritaire et abordable dans l'économie, en plus des risques associés à un fossé numérique croissant au Canada. Environ 60 % des collectivités rurales n'ont pas encore accès à un service Internet haute vitesse fiable, ce qui laisse derrière des milliers d'entreprises essentielles, de consommateurs et de fournisseurs de services dont les Canadiens ont besoinNote de bas de page 50. Le Canada a une tradition de bâtisseur de grande infrastructure – notamment ce qui était, en 1885, le plus long chemin de fer au monde. Nous pouvons maintenant renforcer la position du Canada dans l'économie numérique en permettant l'accès à une connexion Internet de grande qualité à tous les Canadiens. Dans son discours du Trône, le gouvernement s'est engagé à améliorer l'accès des Canadiens à des soins de santé virtuels et à avoir recours aux technologies numériques pour rendre les services gouvernementaux plus accessibles. L'investissement dans l'infrastructure numérique améliorera la connectivité pour tous les Canadiens et permettra de mieux accéder aux services numériques. L'infrastructure numérique va bien au-delà de la connexion Internet haute vitesse; le sujet est abordé de façon plus détaillée à la recommandation D.
Plan d'infrastructure de 10 milliards de dollars pour créer des emplois et faire croître l'économie

Le 1er octobre 2020, le gouvernement du Canada a annoncé le Plan de croissance de la Banque de l'infrastructure du Canada, incluant 10 milliards de dollars en initiatives d'infrastructure conçues pour aider les Canadiens à retourner au travail, créant environ 60 000 emplois partout au pays. Le plan permettra de connecter plus d'entreprises et de ménages canadiens à Internet haute vitesse, de renforcer l'agriculture canadienne et d'aider à bâtir une économie à faibles émissions de carbone, par l'intermédiaire des cinq initiatives suivantes :

Ce plan fait partie de la campagne du gouvernement, lancée dans le discours du Trône, en vue de créer plus d'un million d'emplois pour reconstruire l'économie après la pandémie.

Passer à l'action :
  1. Mettre en œuvre plus rapidement, d'ici 2026, le plan qui vise à assurer la couverture Internet et à donner accès à une connexion Internet de grande qualité à l'ensemble des Canadiens, en collaboration avec le secteur privé et d'autres ordres de gouvernement.
Ce que nous avons entendu
Infrastructure matérielle

Lors de nos conversations avec des dirigeants d'entreprise, on nous a parlé des dividendes que pourrait générer l'investissement dans les infrastructures publiques pour notre croissance à long terme. Si le Canada veut obtenir une bonne valeur sur le marché pour ses ressources, être un fournisseur compétitif de produits novateurs sur les marchés mondiaux, il faut renforcer notre infrastructure de commerce. Cela comprend nos ports, nos chemins de fer et nos plaques tournantes aériennes internationales, qui relient des millions de personnes autour du monde, transportent des produits de manière efficace et qui peuvent soutenir de nouveaux emplois pour les Canadiens. On nous a encouragés à être plus ouverts aux modèles de partenariats avec les secteurs public et privé, aux projets d'infrastructure qui soutiennent la compétitivité industrielle du Canada, ainsi que ceux qui permettent de réduire les émissions de GES (p. ex., le transport en commun, les réseaux de transport numériques, la capture, le stockage et l'utilisation du carbone [CSUS] et l'irrigation à grande échelle). Le Canada n'investit pas suffisamment dans ces actifs stratégiques.

Même si d'importants projets d'infrastructures ont été promis dans tous les modes de transport, on estime que le déficit infrastructurel du Canada se chiffre à 150 milliards de dollarsNote de bas de page 51. Le Canada arrive au 17e rang parmi les 36 pays membres de l'OCDE selon l'Indice de performance logistique de la Banque mondiale (2018)Note de bas de page 52. Il s'agit d'un secteur qui offre un potentiel immense pour la relance du Canada et pour repenser notre économie. Investir davantage dans les infrastructures pourrait nous permettre de réduire la congestion, d'accroître l'intermodalité et d'améliorer les flux commerciaux. Par exemple, le Canada a des ports en eaux profondes dans trois océans, et il est parcouru par l'important corridor du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs; on pourrait mieux tirer parti de ces atouts en investissant de façon judicieuse dans les infrastructures.

En outre, la future économie de l'agroalimentaire reposera sur des flux commerciaux mondiaux intermodaux pour les produits en vrac et sur des infrastructures pouvant répondre à l'augmentation rapide de la capacité de production de certaines denrées (par exemple, les cultures). Or, notre infrastructure actuelle crée des goulots d'étranglement et ne peut pas soutenir efficacement les demandes de pointe. En investissant de façon stratégique dans l'infrastructure de transport de passagers et de fret, et dans les corridors commerciaux, on peut mieux positionner le Canada en vue d'attirer des investissements privés et d'être concurrentiel dans l'économie de l'avenir. Il s'agit d'un défi que le gouvernement s'emploie déjà à relever.

On a également fait part au Conseil des opportunités qui existent pour développer davantage le réseau d'échanges commerciaux du Canada dans le secteur de l'énergie. Ce réseau (p. ex., transport d'électricité est-ouest et pipelines) permettrait aux provinces de fournir une énergie dans le respect des facteurs ESG, incluant une énergie verte.
Figure 7 : Indice de la performance logistique de la Banque mondiale

(2018, Indice = 1-5)

Source : Banque mondiale, IPL regroupé, 2018 (consulté en septembre 2020)
Version textuelle

Les pays, selon l'IPL, du plus élevé au plus faible :

Allemagne

4,20

Suède

4,05

Belgique

4,04

Autriche

4,03

Japon

4,03

Pays-Bas

4,02

Singapour

4,00

Danemark

3,99

Royaume-Uni

3,99

Finlande

3,97

Émirats arabes unis

3,96

Hong Kong, Chine

3,92

Suisse

3,90

États-Unis

3,89

Nouvelle-Zélande

3,88

France

3,84

Espagne

3,83

Australie

3,75

Italie

3,74

*Canada

3,73

Norvège

3,70

République Tchèque

3,68

Portugal

3,64

Luxembourg

3,63

République de Corée

3,61

Études de cas : Comment d'autres pays investissent massivement dans les infrastructures
Passer à l'action :
  1. Avec l'appui de la Banque de l'infrastructure du Canada, lancer des projets bâtisseurs d'avenir :
    • Définir une perspective stratégique pour les priorités en infrastructure qui augmentent le plus la productivité du pays.
    • Rendre possible un bassin de projets et faciliter les investissements nécessaires en augmentant l'acceptabilité des modèles d'utilisateur-payeur.
    • Encourager de façon plus proactive l'exécution de ces projets, y compris les catégories de biens non traditionnelles (p. ex., infrastructure numérique et infrastructure verte, et petits réacteurs modulaires)Note de bas de page 56.
    • Créer des processus d'approbation accélérés dans tous les ordres de gouvernement en vue d'élargir la portée et d'accroître la rapidité des investissements.
  2. Investir dans une infrastructure commerciale stratégique qui élimine les goulots d'étranglement cruciaux (p. ex., élaborer une stratégie sur les corridors pour les produits en vrac et pour les conteneurs). L'infrastructure doit être axée sur les échanges. Les chemins de fer, les routes, les ports, les aéroports, les pipelines et la capacité technologie sont prioritaires, car nous affichons des déficits infrastructurels bien documentés dans ces domaines. Nous ne pourrons pas suivre le rythme de la demande dans les marchés à croissance rapide si nous n'accélérons pas considérablement les investissements en infrastructure.
Ce que nous avons entendu
Réglementation souple

Un autre outil important que le gouvernement peut se donner pour stimuler la relance est un écosystème réglementaire qui encourage et facilite l'innovation. Dans le budget de 2018, le gouvernement a annoncé qu'il donnerait suite à un programme de réforme réglementaire axé sur le soutien à l'innovation et à l'investissement des entreprises, en rendant plus souple, transparent et agile le régime réglementaire du Canada afin d'accroître les opportunités. À titre d'exemple, le dédoublement des exigences réglementaires fédérales et provinciales crée des goulots d'étranglement, car il augmente les coûts pour les entreprises et peut avoir pour impact de les encourager à investir à l'étranger. Des examens réglementaires ciblés, visant à éliminer les goulots d'étranglement qui entravent la croissance économique, sont menés dans des secteurs à forte croissance et des domaines stratégiques. Ces examens portent entre autres sur les technologies propres (pour assurer la croissance du secteur et pour soutenir l'adoption des nouvelles technologies à l'échelle des secteurs), la numérisation et la neutralité technologique (en simplifiant les approbations réglementaires et en rendant les règlements plus adaptatifs aux changements technologiques), et les normes internationales (avec une plus grande harmonisation par l'intégration de normes internationales dans nos règlements).

Nous soutenons fermement ces efforts et nous encourageons l'accélération de ces changements visant une réglementation qui appuie l'innovation, la durabilité et la croissance. Nous pouvons simplifier le système en place et présenter de nouveaux domaines de croissance en harmonisant les normes de l'industrie ainsi qu'en offrant la codification et l'établissement de nouvelles normes. De plus, les efforts continus en vue de réduire la paperasse à l'égard des opérations commerciales et des échanges sur les marchés, de même que la numérisation et l'automatisation des processus d'approbation et des interactions du service à la clientèle aideront les entreprises à réduire le temps consacré aux activités qui ne créent pas de valeur.

Nous mentionnons que notre appel à l'action dans ce domaine rejoint ce que des conseils et des comités consultatifs ont déjà présenté au gouvernement. La COVID-19 nous aura au moins appris ce qu'est l'art du possible. Lorsqu'il le faut, nous pouvons agir très rapidement, de manière coordonnée entre les gouvernements et le secteur privé, afin de nous libérer des formalités administratives qui font obstacle à l'action et à l'agilité. En tant que Conseil, nous tenons à réitérer l'importance d'agir dans ce domaine, surtout dans les secteurs clés pour accélérer notre croissance.

Levier économique transversal : réglementation

Au début de la pandémie, la vitesse et la réceptivité du gouvernement, ainsi que sa capacité de se mobiliser rapidement afin d'offrir un éventail de prestations d'urgence et de mesures d'allègement se sont bien fait sentir. Il faudrait être animé d'un sentiment d'urgence comparable pour simplifier et moderniser notre système de réglementation afin de soutenir l'innovation et d'encourager l'investissement. On a insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre réglementaire agile, transparent et réceptif dans cinq secteurs, y compris les ressources de l'avenir, les industries numériques, les technologies propres, le transport et les biosciences et la santé. Les intervenants ont indiqué qu'ils étaient en faveur d'une relation de collaboration renouvelée entre l'industrie et les organismes de réglementation. La COVID-19 doit être l'impulsion qui servira à accélérer les travaux cruciaux de réforme réglementaire.

Passer à l'action :
  1. Mener plus rapidement les examens réglementaires dans les secteurs où les retards ont des répercussions financières et sociales disproportionnées (p. ex., technologies propres et ressources), mener des examens réglementaires ciblés pour soutenir la plupart des secteurs touchés (p. ex., le secteur pétrolier et gazier, et l'aérospatiale) et intensifier les efforts de réforme réglementaire en cours en vue d'éliminer les zones de chevauchement entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.
Ce que nous avons entendu
Utilisation stratégique de l'approvisionnement

Des études antérieures, dont le rapport Jenkins (2013)Note de bas de page 57 et le rapport du Conseil consultatif en matière de croissance économique (2017)Note de bas de page 58, ont souligné l'importance de l'utilisation stratégique de l'approvisionnement pour appuyer les entreprises canadiennes. Au cours de nos séances de consultation et de nos délibérations, nous avons entendu des rappels fréquents du rôle clé que le pouvoir d'achat des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux joue afin de stimuler la demande et de créer des marchés pour de nouveaux produits. On pourrait recourir à l'approvisionnement stratégique afin d'accélérer et de soutenir l'innovation, d'aider les PME à prendre de l'expansion, acquérir de l'expérience et obtenir la crédibilité requise pour s'insérer dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, ainsi que fournir un soutien économique aux communautés autochtones.

L'approvisionnement du gouvernement peut accélérer directement le développement de technologies et générer des « crédits d'investissement » qui encouragent les acteurs importants du secteur privé (p. ex., avantages industriels et technologiques). Nous encourageons le gouvernement à recourir judicieusement à ces pouvoirs pour atteindre des objectifs stratégiques – incluant le soutien pour les secteurs prioritaires, les entreprises ayant un potentiel de forte croissance, les technologies axées sur l'avenir, comme les technologies numériques et les technologies propres, ainsi que les biosciences et la santé. L'approvisionnement stratégique peut aider les entreprises dirigées par des Autochtones à croître, en plus de contribuer à la réconciliation en encourageant le développement des entreprises entraînant des retombées socioéconomiques qui favorisent l'autodétermination.

La COVID-19 nous a rappelé brutalement la valeur de la résilience nationale et des chaînes d'approvisionnement intérieures. Nous devrions suivre l'exemple de pays comparables et appliquer une vision axée sur la sécurité nationale d'une façon plus générale afin de stimuler l'approvisionnement dans des domaines cruciaux au bien-être des Canadiens, comme le transport, la biotechnologie et les sciences de la vie. Lorsque le gouvernement est le premier acheteur de technologies innovantes dans ces domaines, cela permet à nos entreprises de prendre plus rapidement de l'expansion, de créer plus d'emplois et d'adopter une orientation axée sur les exportations. En outre, on peut utiliser l'approvisionnement stratégique afin de libérer des avantages économiques à l'échelle de l'écosystème d'innovation.

Levier économique transversal : approvisionnement stratégique

Nos recommandations spécifiques au secteur des technologies propres, du numérique et des sciences de la santé et biosciences sont incluses dans notre section Éclairage sectoriel. Elles comprennent un appel à l'utilisation stratégique de l'approvisionnement pour accélérer la demande de technologies fabriquées au Canada, encourager le déploiement industriel et assurer la résilience de nos chaînes d'approvisionnement et de nos capacités nationales.

Une approche ciblée pourrait mieux soutenir l'innovation nationale, accroître le potentiel d'exportation, créer des emplois intéressants dans les secteurs à forte croissance et assurer la compétitivité du Canada.

L'approvisionnement stratégique a fait l'objet de nombreuses recommandations

Plusieurs rapports ont appelé à l'action en matière d'approvisionnement. Notamment :

Passer à l'action :
  1. Accroître la résilience de la chaîne d'approvisionnement nationale par l'approvisionnement gouvernemental stratégique, particulièrement dans les secteurs stratégiques touchés par la COVID-19 ou dans les cas où il est possible de créer des économies d'échelle (p. ex., les soins de santé, les technologies propres, l'éducation et les entreprises autochtones). Il faudrait mettre en œuvre l'ensemble des recommandations présentées dans le rapport Emerson sur l'approvisionnement.
Ce que nous avons entendu

Repenser : Catalyser la croissance du PIB pour atteindre une croissance plus forte qu'avant la COVID-19

Au fur et à mesure que nous Repensons l'économie canadienne, nous pouvons nous appuyer davantage sur nos forces intrinsèques afin de nous placer en situation de réussite et de leadership pour les années à venir.

Recommandation D : Le Canada doit se donner une stratégie industrielle qui repose sur quatre piliers pour créer une économie numérique, durable et innovante au bénéfice de l'ensemble des Canadiens

La COVID-19 a mis en évidence la nécessité de renforcer et de bâtir une économie concurrentielle et résiliente. Sans une stratégie industrielle claire, fondamentale pour aider les secteurs canadiens à exceller dans un écosystème mondial de plus en plus innovateur, le Canada risque d'être déclasséNote de bas de page 63. Pour assurer la relance du Canada et lui donner un avantage concurrentiel, nous devons élaborer une stratégie industrielle qui nous permettra de relever nos défis et de nous projeter dans l'avenir. Cela implique de cerner les domaines et les secteurs où nous sommes les mieux placés pour rivaliser et jouer un rôle de chef de file à l'échelle mondiale, et qui reposent sur nos forces intrinsèques. Pour commencer, nous nous concentrons à juste titre sur les secteurs de notre économie qui sont en difficulté ou qui ont été les plus durement touchés par la pandémie; toutefois, nous devons aussi élargir notre point de vue afin d'inclure les secteurs stratégiques où nous pouvons redoubler d'efforts, aider les entreprises à prendre de l'expansion et accéder aux marchés mondiaux.

Nous devons garder à l'esprit l'évolution de la demande mondiale et le besoin d'orienter l'économie canadienne dans cette direction. Autrement dit, notre croissance s'effectuera dans le domaine des échanges mondiaux et sur les marchés non conventionnels. Bien avant la COVID-19, la balance commerciale du Canada affichait un déficit. Cette position reflète les relations commerciales et d'investissement du Canada avec le reste du mondeNote de bas de page 64. Cette situation, conjuguée aux répercussions financières de la pandémie, contraint les décideurs à relever deux défis en même temps, soit redresser le déficit commercial antérieur à la COVID-19 et faire face aux nouvelles pressions financières liées au marché mondial. Ce sont les deux défis que nous devons relever. En d'autres mots, le Canada doit redoubler d'efforts à l'échelle nationale et se repositionner de manière gagnante dans ses relations commerciales à l'échelle mondiale.

Nous sommes conscients qu'il peut sembler controversé d'appeler à l'élaboration d'une stratégie industrielle. Cependant, les dommages causés par la COVID-19 à l'ensemble de l'économie nous commandent d'adopter une approche agile et ciblée, axée sur le renforcement de nos avantages concurrentiels et sur la maximisation des retombées économiques et sociales. Tout au long de nos consultations, on nous a parlé des forces concurrentielles du Canada et des avantages économiques qu'il serait possible de concrétiser si nous avions une stratégie ciblée pour promouvoir des secteurs précis en vue d'accroître leur productivité. Nous devrions avoir l'objectif fondamental de cultiver des entreprises innovantes et de nouvelles technologies qui peuvent rivaliser à l'échelle mondiale en plus d'augmenter la productivité de l'économieNote de bas de page 65.

Nous avons eu la possibilité de rencontrer certains des leaders les plus éclairés du monde des affaires, du milieu syndical, du monde universitaire et de la société civile au cours de l'été; la vision qu'ils nourrissent pour le Canada nous a inspirés. Le fait d'avoir une stratégie industrielle permettrait de rallier les Canadiens autour d'une vision de l'avenir économique longtemps après que la menace de la COVID-19 se sera dissipée.

Nous pouvons renforcer nos principaux leviers et soutenir une reprise résiliente au Canada par la mise en œuvre d'une stratégie industrielle fondée sur des données probantes et incarnée dans des investissements stratégiques. Une telle approche nous permettrait d'accroître la productivité, la compétitivité et l'attractivité future du Canada sur la scène mondiale, en réalisant des investissements dans les domaines liés à nos atouts fondamentaux et où la demande mondiale est présente, maintenant et pour l'avenir.

Nous avons identifié quatre piliers interreliés, qui pourraient devenir l'assise d'une stratégie industrielle qui entraînerait dans son sillage l'ensemble des secteurs de l'économie et qui aurait des répercussions économiques positives dans l'ensemble des provinces et des territoires. Ces quatre piliers sont : devenir une économie numérique et axée sur les données; être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, de l'énergie renouvelable et des technologies propres; bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial; et tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète.

L'interconnectivité entre ces quatre piliers est une force clé. Notre capacité de repérer des domaines qui recoupent plusieurs secteurs industriels afin de maximiser la création de valeur est le principe de cette stratégie. La diversité sectorielle représentée au sein de notre Conseil a fourni le regard unique, qui a permis de cerner ces croisements.

La mise en œuvre d'une stratégie industrielle n'est pas une tâche facile. Il faut prendre en considération des étapes importantes pour assurer sa réussite. Le Conseil formule les recommandations suivantes afin de mettre en œuvre la stratégie industrielle du Canada :

Les pays comparables au Canada font des choix et des investissements stratégiques audacieux afin de bâtir leurs industries pour l'avenir. Ils investissent fortement dans des mesures de stimulation et ils déploient des aides sectorielles afin d'accroître la productivité de leurs secteurs clés. Des pays comme l'Italie et l'Allemagne ont mis en œuvre des mesures budgétaires agressives. D'autres pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l'Union européenne, la France, Israël et l'Inde soutiennent massivement et de plus en plus l'innovation, vu la transition accélérée vers une économie mondiale numérique, axée sur les données et décarbonée, à la suite de la pandémieNote de bas de page 66.

Dans ce nouveau contexte, nous devons assurer une position plus solide pour le Canada sur la scène mondiale : une position qui permet à davantage d'entreprises canadiennes de devenir des chefs de file mondiaux et qui génère de la richesse et assure la prospérité de tous les Canadiens. En mettant en œuvre la stratégie industrielle proposée, dont le cœur est de tirer parti de nos forces pour rivaliser à l'échelle mondiale, nous jetons les bases de la réussite.

Qu'est-ce qu'une stratégie industrielle?

Dans un article paru dans L'Observateur de l'OCDE, intitulé « La politique industrielle remise au goût du jour », Anne-Lise Prigent résume efficacement les réflexions sur la nouvelle politique industrielle pour le XXIe siècle :

Que recouvre exactement une politique industrielle? Au sens large, l'innovation, l'infrastructure et les compétences, et des interventions ciblées pour dynamiser un secteur, une activité ou un groupe d'entreprises. Elle ne vise pas à soutenir les industries d'antan, mais des activités à forte valeur ajoutée dans l'agriculture, l'industrie et les services. […] Une politique industrielle exige aujourd'hui coordination et échelonnement des mesures axées sur les compétences, la finance, les infrastructures, etc. Cela suppose d'investir dans l'élargissement et l'amélioration de l'offre de formation pour résoudre le problème de l'inadéquation des compétences, et d'offrir un meilleur accès au financement pour les entreprises investissant dans l'innovation et l'accroissement de la production. [U]ne politique industrielle suppose « des mesures ciblées pour transformer la production afin d'améliorer la productivité… renforcer les capacités nationales et créer des emplois de meilleure qualitéNote de bas de page 67.

Ces forces intrinsèques du Canada qui nous positionnent pour l'avenir
Pilier 1 : Devenir une économie numérique axée sur les données

Positionner le Canada en tant que chef de file du numérique par l'intermédiaire d'investissements judicieux en R et D et en connectivité afin de créer des entreprises numériques nationales, de transformer les secteurs traditionnels, de conserver le talent canadien et de préparer les Canadiens pour l'avenir.

La perturbation de l'économie par les technologies numériques était amorcée bien avant le début de la pandémie; toutefois, la crise a considérablement accéléré la transition vers le numérique à l'échelle mondiale. En quelques mois à peine, des pans de l'économie canadienne, y compris le commerce électronique et l'éducation, ont fait un bond de dix ans dans le temps en ce qui concerne leur adoption du numérique. À la lumière de cette nouvelle réalité, des gouvernements de partout dans le monde prennent des mesures pour soutenir cet élan (investissements dans les industries essentielles et stratégiques, plateformes numériques de prochaine génération, cadres juridiques, données, vie privée et propriété intellectuelle), conscients que leurs entreprises doivent adopter le numérique ou devenir obsolètes sur le marché mondial.

La pandémie a montré dans quelle mesure la résilience opérationnelle dépend de la capacité des entreprises d'adopter et de déployer des technologies numériques modernes et de tirer parti des données qui les accompagnent. Les entreprises numériques et transformées par les données devraient passer d'une contribution au PIB mondial de 12 000 milliards de dollars à 50 000 milliards de dollars au cours des quatre prochaines annéesNote de bas de page 74. Afin d'accaparer sa juste part de ce marché à l'échelle mondiale, le Canada devra mettre en place une infrastructure numérique solide, qui fournit la plateforme sur laquelle toutes les entreprises pourront étendre leur présence numérique. Comme nous l'avons déjà souligné, la prospérité future du Canada est liée à sa capacité de combler le fossé numérique et de permettre à tous les Canadiens de participer à un avenir connecté sur le plan numérique.

Le Canada est un chef de file mondial en matière de recherche et développement et fait bonne figure dans la création d'entreprises technologiques en démarrage; toutefois, seul un petit nombre d'entreprises numériques de propriété canadienne prennent de l'expansion à grande échelle à l'intérieur du pays. Le gouvernement a la chance d'avoir de nombreux outils à sa disposition. Outre l'approvisionnement stratégique et l'élimination des obstacles réglementaires, les programmes actuels d'aide à l'innovation (p. ex., PARI, FSI et RS&DE) peuvent être adaptés afin de combler l'écart qui existe actuellement pour aider les PME à devenir des entreprises moyennes supérieures ou de grandes entreprises. Des pays comme l'Allemagne, la France, la Chine et les États-Unis se sont concentrés à assurer l'expansion de leurs entreprises moyennes supérieures afin d'en faire des chefs de file mondiaux. À notre échelle, cela signifierait de repérer les entreprises sous contrôle canadien (publiques ou privées) dont les revenus annuels sont supérieurs à 75 millions de dollars et de soutenir leur croissance afin que leurs revenus atteignent 1,5 milliard de dollars.

L'actif le plus important de toute entreprise leader dans son marché, ce sont les personnes qui la composent, et le Canada ne peut pas bâtir une économie numérique et axée sur les données sans un bassin suffisant de talents. Le Canada a été longtemps une destination attrayante pour les talents mobiles à l'échelle mondiale et il a l'occasion de miser sur cette réputation de pays accueillant à un moment où d'autres nations se replient sur elles-mêmes. Cependant, nous perdons plus de 60 % des diplômés en logiciels des plus grandes universités canadiennesNote de bas de page 75. Pour bâtir une main-d'œuvre gagnante, nous avons besoin de nouvelles solutions pour retenir et attirer les talents, et nous assurer que les employés ont un accès continu aux dernières formations axées sur les compétences recherchées.

« L'économie de l'immatériel, moteur principal de la croissance future, est cruciale pour chaque secteur (pétrole, agroalimentaire, technologies propres, etc.). Nous devons être des propriétaires dans l'économie future, et pas de simples locataires. »

Dirigeant de l'industrie, technologie de l'information

La Charte du numérique, que le Canada a dévoilée récemment, contient les principes pour élaborer des mesures de protection de la vie privée, d'accès et de soutien qui libéreront l'innovation tout en préservant la confiance des Canadiens. Le gouvernement met actuellement en œuvre sa stratégie sur la PI, qui encourage de nouvelles possibilités de bassins de brevets et de services de PI afin de bâtir le savoir dans une économie de l'immatériel. Ces deux initiatives générales pourraient être opérationnalisées en partenariat avec l'industrie afin de promouvoir la collaboration avec les secteurs public et privé et ainsi tirer pleinement parti de la valeur de nos actifs. L'objectif devrait être de déverrouiller un usage responsable et novateur des données, et de faire en sorte que les entreprises canadiennes obtiennent la pleine valeur de leur PI. Le gouvernement offre déjà une gamme des services pour les innovateurs qui travaillent dans l'économie de l'immatériel; ces programmes devraient être intégrés dans les mesures de soutien relatives à la PI et à l'élaboration de stratégies afin d'accroître la valeur obtenue au Canada.

Étude de cas : Comment d'autres pays déploient de l'aide sectorielle pour accroître la productivité
Passer à l'action :
  1. Bâtir un Réseau numérique canadien mondial (qui pourrait s'appeler le Réseau numérique boréal) afin de faire du Canada une société numérique
    • Élaborer une stratégie en vue de renforcer l'industrie numérique du Canada au pays et à l'étranger (p. ex., accélérer les normes et règlements nationaux en matière de données et de cybersécurité, augmenter le financement des délégués commerciaux pour aider à créer des avant-postes et des itinéraires commerciaux numériques pour la technologie canadienne).
    • Renforcer la stratégie d'investissement dans les infrastructures afin d'augmenter l'importance du volet des infrastructures numériques comme le haut débit, les logiciels, l'IA et le réseau 5G entre autres, et tirer parti des programmes en place (p. ex., la Stratégie sur la connectivité et la Banque de l'infrastructure du Canada).
    • Tirer profit des forces du Canada (p. ex., image de marque et cadre de protection des renseignements personnels) afin d'élargir l'accès des entreprises canadiennes aux marchés internationaux (p. ex., collaborer avec des entreprises moyennes du segment supérieur, miser sur les normes canadiennes (comme la protection des renseignements personnels pour promouvoir les exportations).
  2. Soutenir les entreprises moyennes supérieures du Canada
    • Se concentrer davantage sur les entreprises moyennes du segment supérieur pour qu'elles réalisent des gains à l'échelle mondiale (p. ex., attribuer une partie des capitaux patients aux entreprises moyennes du segment supérieur prêtes à prendre de l'expansion rapidement, adapter les critères d'admissibilité aux programmes existants comme le PARI afin de mieux les inclure).
    • En se fondant sur des initiatives comme Solutions innovatrices Canada, mettre en place des normes d'approvisionnement du gouvernement qui soutiennent la croissance des entreprises canadiennes (p. ex., le gouvernement en tant que premier client).
    • Encourager l'adoption des technologies numériques dans les grandes entreprises canadiennes, et la numérisation des services gouvernementaux.

    Qu'entend-on par « entreprises moyennes supérieures »?

    Il s'agit d'entreprises sous contrôle canadien (publiques ou privées) dont les revenus annuels sont supérieurs à 75 millions de dollars et qui ont un fort potentiel de croissance.

  3. Bâtir un talent canadien très qualifié en tant qu'avantage concurrentiel à l'échelle mondiale
    • Mettre en place une plateforme de compétences numériques de premier plan afin de perfectionner les compétences du talent canadien ou de le requalifier.
    • Élaborer une stratégie de maintien en poste pour les talents recherchés formés au Canada par l'entremise de mesures incitatives et d'autres efforts (p. ex., compléments salariaux).
    • Élargir le volet du talent international afin d'attirer et de conserver de manière plus proactive le talent numérique au Canada, particulièrement au moment où d'autres pays ferment leurs portes aux talents recherchés.
  4. Tirer parti de la PI et promouvoir la valeur des données
    • Soutenir la création et la propriété de la PI dans les entreprises canadiennes (p. ex., coûts liés à une demande de PI, RS&DE applicable et éducation en matière de politiques).
    • Moderniser le régime de protection des renseignements personnels et de données en vue d'harmoniser les règlements entre administrations.
    • Créer un cadre national pour les règlements et les normes, qui régit les données (y compris les grandes bibliothèques de données de sources ouvertes) afin de promouvoir la collaboration entre les secteurs privé et public, d'offrir un nouveau financement pour les programmes de recherche et développement et mettre en commun les actifs du Canada en vue d'assurer la croissance de l'économie axée sur les données.
    • Intégrer la stratégie relative à la PI aux programmes de financement du gouvernement afin de garantir que les entreprises et les innovateurs du Canada disposent des meilleures ressources en PI et d'offrir des soutiens financiers pour le développement de la PI.
Ce que nous avons entendu
Pilier 2 : Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres

Positionner le Canada en tant que champion et fournisseur mondial de ressources exploitées dans le respect des facteurs ESG, (incluant pétrole et gaz, foresterie et exploitation minière), de l'énergie renouvelable ou à faible teneur en carbone et des technologies propres, tout en jouant un rôle de chef de file à l'échelle mondiale dans la décarbonation et la réduction des GES.

Le Canada vient au troisième rang mondial, après la Chine et l'Arabie Saoudite, pour l'abondance de ses ressources naturellesNote de bas de page 82. Par conséquent, le Canada représente la plus importante la réserve de ressources exploitées dans un cadre démocratique au monde. Les ressources représentent près de la moitié de nos exportationsNote de bas de page 83. Cela nous permet d'approvisionner la planète au moyen de nos ressources importantes en pétrole, en gaz naturel, en produits des mines et de la forêt, et de le faire d'une façon qui promeut les valeurs universelles et démocratiques auxquelles adhère le Canada. Ces valeurs incluent la règle de droit, les droits de la personne, la protection de l'environnement, la mobilisation de nos citoyens autochtones, l'inclusion et la diversité, et la saine gouvernance d'entreprise. Ces valeurs sont fondamentales aux principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) utilisés pour évaluer les entreprises et positionnent le Canada comme un modèle de responsabilité parmi les fournisseurs de ressources. Cela, en reconnaissant les progrès que nous devons encore accomplir. Il faut manifestement offrir de meilleures possibilités aux Autochtones en matière d'implication et de propriété dans les industries des ressources naturelles afin de renforcer la participation de tous à notre succès commun.

Le Canada doit aussi faire mieux pour réduire ses émissions de carbone. Nous sommes l'un des plus importants émetteurs par habitant, ce qui s'explique en partie parce que le Canada est le deuxième plus grand pays au monde, qu'il a une faible densité de population, un hiver rigoureux, sans compter qu'il fournit des ressources considérables au monde entier. En fait, 45 % des émissions de GES du Canada sont liées à ses exportationsNote de bas de page 84.

Le secteur des ressources comprend la nécessité de réduire les émissions de GES afin de lutter contre les changements climatiques et de répondre aux attentes de la société. Les entreprises pétrolières et gazières du Canada investissent davantage dans les technologies propres que toutes les autres industries réuniesNote de bas de page 85. L'industrie a réalisé de bons progrès au cours de la dernière décennie, mais nous devons en faire plus, et rapidement. L'accélération de la décarbonation contribue à faire baisser les émissions dans le secteur des ressources, en plus de créer de nouvelles industries et des chaînes de valeur mondiales dans les domaines de l'énergie et des technologies propres, où le Canada pourrait être un chef de file. Le Canada peut et doit être un leader dans la transition énergétique.

Pour atteindre ses cibles de l'Accord de Paris de réduire d'ici 2030 ses émissions de 30 % (comparativement aux niveaux de 2005) et pour réaliser l'engagement zéro émission nette énoncé dans le discours du Trône, il faudra réaliser des investissements supplémentaires dans des voies de décarbonation du secteur des ressources et dans l'infrastructure de technologie propre. Les investissements dans ces voies et dans ces initiatives amélioreraient grandement le bilan des secteurs qui produisent le plus de GES (le transport, le secteur pétrolier et gazier, l'agriculture et la fabrication). Notre secteur des technologies propres est bien positionné afin de développer et de déployer des solutions pour appuyer la décarbonation dans tous les secteurs. Cela ne saurait être possible sans la collaboration du gouvernement et du secteur des ressources, – qui souhaitent faire partie de la solution.

Le gouvernement s'est engagé à investir dans l'énergie renouvelable et les solutions technologiques de prochaine génération, en plus de réduire les émissions de GES grâce à des technologies comme les petits réacteurs modulaires (PRM) et la CSUC. Le Conseil insiste sur les possibilités d'expansion de certains domaines d'énergie et de technologie propres dans lesquels nous possédons une expertise exportable, comme l'hydrogène, la technologie des batteries, les PRM, la CSUC et les biocarburants. Le Canada a des forces supplémentaires en technologie propre dans les domaines de l'énergie renouvelable, du stockage d'énergie, des réseaux intelligents, du transport et des technologies de l'eau, de la gestion des déchets, du recyclage et de l'économie circulaire.

De nouvelles occasions pour s'approprier une part du marché mondial vont émerger, au fur et à mesure que nous nous tournons vers l'innovation des produits et la production à valeur ajoutée dans notre secteur des ressources. Notre abondance de ressources, y compris du pétrole et du gaz de plus en plus « écoresponsable », et nos capacités de production de pointe nous placent en position de fournir des produits à valeur ajoutée et raffinés pour satisfaire à la demande mondiale dans un avenir rapproché. Tout en participant activement au développement des énergies renouvelables et à la décarbonation de son économie, le Canada doit répondre à la demande de la meilleure façon possible; il doit se présenter comme un fournisseur exemplaire. Dans le monde de l'après-COVID-19, le Canada aura cette énorme possibilité de tirer parti de ses capacités industrielles dans les ressources et la technologie propre. Ce faisant, nous accélérerons notre rythme de croissance et nous fournirons des ressources exploitées dans le respect des principes ESG et des technologies propres au monde entier.

L'occasion d'être un champion mondial

Le Conseil croit que le Canada a une occasion unique de se faire le champion à l'échelle mondiale de l'exploitation des ressources dans le respect des principes ESG intégrant les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Nous pouvons devenir un champion mondial de deux façons : en créant de nouvelles industries et des chaînes de valeur mondiales dans les technologies d'énergies propres, ainsi qu'en soutenant la décarbonation de l'économie, y compris dans le secteur pétrolier et gazier.

Ces champions en matière de ressources ESG sont les extracteurs de ressources, les promoteurs, les transformateurs et les exportateurs, qui sont tous des chefs de file dans ce domaine.

Passer à l'action :
  1. Soutenir tous les secteurs des ressources naturelles pour qu'ils deviennent des fournisseurs ESG mondiaux et des innovateurs en matière de produits
    • Bâtir une industrie pétrolière résiliente en devenant un chef de file mondial en matière de CSUC afin de réduire l'empreinte carbone et de fournir une énergie éthique, qui repose sur les principes ESG; soutenir la commercialisation des petits réacteurs modulaires afin de réduire les émissions.
    • Accélérer l'innovation des produits de bois d'ingénierie et de la biomasse, en plus de promouvoir des pratiques de gestion durable pour maximiser l'absorption nette de carbone par les forêts.
    • Miser sur le leadership mondial dans les pratiques d'exploitation minière durable, en plus de faire croître une chaîne d'approvisionnement des matières essentielles à l'échelle commerciale (p. ex., éléments de terres rares, nickel) requise pour de nombreuses technologies nouvelles (p. ex., VE, stockage de l'énergie, capteurs et applications de traitement des données) afin d'améliorer la résilience de la chaîne d'approvisionnement nationale et nord-américaine.
    • Mettre l'accent sur des solutions d'origine végétale et accélérer le développement de biocarburants à teneur en carbone faible ou nulle.
  2. Tirer parti des technologies propres pour accélérer les exportations et l'adoption nationale, et décarboner les principaux secteurs industriels
    • Mobiliser les capitaux (et les capitaux patients) pour stimuler l'investissement du secteur privé dans les domaines des technologies propres, notamment aux fins d'expansion.
    • Produire du carburant hydrogène (bleu, vert, gris) à grande échelle et construire l'infrastructure connexe aux fins de consommation nationale et d'exportation.
    • Bâtir la chaîne d'approvisionnement des batteries (des minerais essentiels jusqu'aux pièces précises requises aux fins d'assemblage) au Canada afin de satisfaire aux besoins d'approvisionnement nord-américains et mondiaux.
    • Devenir un carrefour de calibre mondial pour l'aviation durable et le biocarburant pour avions à réaction (p. ex., soutien des activités de R et D pour les entreprises d'aviation).
    • Établir une stratégie ciblée pour le perfectionnement des talents techniques et commerciaux (p. ex., commercialisation des produits, marchés de capitaux, protection de la PI, développement de la chaîne d'approvisionnement mondiale) afin de favoriser l'expansion des entreprises de technologies propres, tout en cultivant des occasions d'emploi pour les collectivités mal desservies.
    • Promouvoir la force du Canada en matière de technologie propre dans les domaines de l'énergie renouvelable, des biocarburants, de stockage de l'énergie, des réseaux intelligents, du transport et des technologies de l'eau.
  3. Inciter tous les secteurs à respecter les engagements de Paris en leur offrant une voie de décarbonation optimale sur le plan des coûts et du temps
    • Élaborer un plan national ou pancanadien émission zéro nette d'ici 2050, et collaborer ensuite avec chaque secteur (p. ex., ressources, énergie, fabrication, agriculture, transport et technologies propres) ainsi que des entreprises privées du secteur pour assurer leur harmonisation et l'exécution de leur partie du plan.
    • Permettre aux entreprises d'utiliser des crédits provenant de n'importe quelle région au Canada et à l'échelle internationale pour respecter les obligations en matière de réduction du carbone.
    • Élaborer des mesures incitatives pour les projets écoénergétiques et de décarbonation (p. ex., mesures incitatives comme l'article 45Q des États-Unis), y compris la mise en place d'un réseau électrique interconnecté et les énergies renouvelables.
    • Investir dans les infrastructures vertes pour soutenir la transition vers une économie zéro émission nette, p. ex., SCUC, déploiement de postes de recharge de véhicules électriques (VE) à l'échelle du pays, immeubles écoénergétiques et solutions climatiques basées sur la nature et affirmer la volonté du Canada d'être un leader de la transition énergétique et des technologies propres.
Ce que nous avons entendu
Pilier 3 : Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial

Établir le Canada en tant qu'innovateur mondial dans les secteurs de la fabrication de grande valeur en soutenant l'investissement privé dans la recherche et développement, en améliorant la productivité, en commercialisant l'innovation et en exportant dans le monde, tout en renforçant la résilience de notre économie.

Le secteur manufacturier a toujours été un moteur économique au Canada. Notre pays a une expérience solide en fabrication de pointe dans les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale, de la transformation des aliments et de la fabrication d'équipement. Ces sous-secteurs génèrent un effet multiplicateur considérable à l'échelle de l'économie canadienne, en créant des emplois le long de la chaîne d'approvisionnement et en tant qu'acheteurs de matières premières. Qui plus est, la fabrication ajoute de la valeur dans d'autres secteurs clés, comme la santé et les biosciences, les ressources de l'avenir, les technologies propres et l'agriculture, par la transformation des idées ou des matières premières en produits et processus nouveaux ou améliorés. De plus, la fabrication de pointe peut fournir l'équipement et les outils qui aident d'autres secteurs à obtenir des avantages concurrentiels tels que le respect des objectifs environnementaux, une meilleure rentabilité et répondre à la demande croissante sur la main-d'œuvre immigrée.

Toutefois, depuis le début des années 2000, la production des industries de fabrication est en baisse, mais elle demeure la deuxième contribution la plus importante du secteur privé au PIB du Canada, à 10 %. Avec la COVID-19, la fabrication a vu son PIB baisser de 30 %, ce qui s'explique notamment par les chocs subis dans les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale et de la machinerieNote de bas de page 86. La pandémie mondiale a renforcé l'importance d'une industrie de fabrication solide, notamment dans les domaines qui appuient la santé et la sécurité à l'échelle nationale. À l'échelle mondiale, les considérations stratégiques poussent les principaux pays à repenser leurs chaînes d'approvisionnement afin de répondre au défi la COVID-19 et en fonction de leurs intérêts nationaux. Cette situation est généralement perçue comme une renaissance de la fabrication, au Canada et dans le monde entier.

Tout au long de nos consultations, on nous a dit que le moment était venu pour le Canada de questionner la place qu'il occupe dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. Cela inclut de rapatrier certains domaines de fabrication, tout en cherchant à pénétrer de nouveaux marchés et à reconfigurer notre présence internationale. Heureusement, on trouve dans le secteur de la fabrication du Canada des domaines où le pays peut devenir un chef de file, par exemple, dans le développement et l'offre de produits à valeur élevée dont le monde entier a besoin pour assurer un avenir durable. Nous pouvons miser sur ces produits afin d'accélérer la relance, tout en bâtissant un secteur de fabrication axé sur l'avenir et plus résilient.

Pour tirer avantage de ces possibilités, les investissements au cours des 12 à 18 prochains mois pourraient aider à attirer des investissements mondiaux clés dans nos domaines de force. Par exemple, le Canada compte des sociétés en santé et en biosciences ayant l'avantage scientifique pour devenir des entreprises phares d'envergure internationale en biotechnologie. Nous avons des ressources qui fournissent les matières premières sur lesquelles s'appuient les technologies modernes, mais il nous reste encore à en tirer pleinement parti grâce à une production à valeur ajoutée à grande échelle. Nous avons également des entreprises innovantes qui développent la prochaine génération d'équipement et de technologies de fabrication, qui incorpore l'automatisation, l'intelligence artificielle, l'apprentissage automatique et la robotique pour atteindre de nouveaux niveaux de productivité, de sécurité et de précision.

Le Conseil a identifié trois secteurs canadiens prêts pour une croissance à l'échelle mondiale en raison de leur taille considérable, de leur utilisation réussie de l'innovation et des retombées qu'ils entraînent pour d'autres entreprises dans la chaîne d'approvisionnement. En mettant l'accent sur ces secteurs, le secteur canadien de la fabrication se positionnera pour l'avenir et nous permettra de saisir les possibilités émergentes et de profiter des nouveaux secteurs de croissance :

Dans le secteur de l'automobile, le Canada est l'un des dix premiers producteurs mondiaux de véhicules légersNote de bas de page 90. Avec plus de 100 ans en tant que pays manufacturier d'automobiles, notre secteur de fabrication est bien positionné avec l'infrastructure et l'expertise en R et D nécessaires pour se hisser parmi les meneurs dans les technologies automobiles émergentes telles que les véhicules électriques et les piles à combustible. Nous avons maintenant le potentiel de traduire ces atouts, dans l'aérospatiale et l'automobile, en un leadership mondial en matière de durabilité.

En mettant l'accent sur la conception de produits dont le monde entier, et nous, avons besoin pour atteindre un avenir durable, le Canada pourrait devenir un chef de file mondial. Pour ce faire, il faudra investir des capitaux patients dans les domaines à fort coefficient de recherche qui ont le potentiel de produire des technologies transformatrices. Les partenaires de l'industrie ont soulevé un besoin de stimuler la collaboration entre les chercheurs et les entreprises d'autres domaines axés sur l'avenir, par exemple les carburants hydrogènes, les matériaux et les minerais pour les batteries de VE, les technologies de soins virtuelles et les technologies d'aérospatiale et d'aviation durable. Cela comprend des mesures incitatives pour accélérer l'investissement en R et D et la commercialisation au sein des entreprises pour accélérer leur croissance et maximiser le potentiel d'exportation et la résilience de la chaîne d'approvisionnement. Dans son discours du Trône, le gouvernement a annoncé des plans en vue d'encourager la production des technologies durables.

Le temps de la renaissance de notre secteur manufacturier est venu avec l'ambition d'être l'économie la plus concurrentielle au monde en ce qui concerne les produits à valeur élevée dont le Canada et le monde entier ont besoin pour assurer un avenir durable.

Levier économique transversal : recommandations liées à la fabrication de pointe, au talent et à la main-d'œuvre

Les personnes sont cruciales dans le domaine de la fabrication de pointe, et ce, peu importe à quel point la technologie est sophistiquée. L'accompagnement de la main-d'œuvre dans le développement technologique est l'un des défis importants à relever pour soutenir le secteur. Dans nos recommandations visant la main-d'œuvre, nous suggérons de fournir un soutien accru aux programmes de formation. Ce soutien est tout aussi important pour les travailleurs qui possèdent une expertise précise en fabrication et qui doivent continuellement s'améliorer afin de suivre les avancées en termes de technologies et de processus.

Passer à l'action :
  1. Stimuler l'investissement en innovation et en commercialisation
    • Mettre en place des mesures de soutien pour garantir que les produits canadiens et la propriété intellectuelle restent différenciés (p. ex., explorer des incitatifs pour les entreprises qui transforment la propriété intellectuelle produite au pays en produits fabriqués localement).
    • Élaborer une stratégie afin de stimuler l'investissement du secteur privé local et international dans les sous-secteurs prioritaires, potentiellement par l'intermédiaire d'un financement mixte et d'un fonds de capitaux patients, en mettant l'accent sur les produits à fort coefficient de recherche.
  2. Accélérer la création et l'adoption de la technologie
    • Accroître les encouragements à l'investissement (p. ex., pour l'équipement de fabrication autonome de prochaine génération), directement liés aux résultats (p. ex., perfectionnement des compétences et des talents, commercialisation, exportations et rendement environnemental) afin de permettre une expansion rapide.
    • Encourager l'adoption de la technologie améliorant la productivité (p. ex., financer des programmes de renforcement des capacités de production, offrir des services de diagnostic afin d'aider les entreprises à bien comprendre les technologies disponibles et les applications qu'elles permettent).
  3. Établir un lien entre les grappes technologiques et les entreprises de fabrication
    • Mettre sur pied l'infrastructure pour encourager la collaboration interfonctionnelle dans des secteurs naissants et en croissance (p. ex., rencontres technologiques axées sur les innovations en biosciences, incubateurs se spécialisant dans le développement de carburants d'aviation alternatifs).
  4. Acquérir les compétences et les talents en prévision de la fabrication 4.0
    • Assurer une main-d'œuvre de haute compétence (p. ex. bourses d'excellence ciblées, remboursements de cours, remise de visas accélérée pour les travailleurs hautement qualifiés et leurs familles).
    • Soutenir les travailleuses et travailleurs issus de minorités pour que les progrès quant à la parité en emploi ne soient pas perdus à cause de la COVID-19 et se poursuivent dans le futur (p. ex. partage du travail mise à jour du programme, efforts de perfectionnement ciblés).
Ce que nous avons entendu
Pilier 4 : Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète

Tirer parti de la production agroalimentaire et de la transformation bioalimentaire à valeur ajoutée du Canada, de notre abondance en ressources naturelles et de nos forces en IA pour devenir un chef de file mondial en agriculture de précision, menant à un système alimentaire durable, traçable et salubre fournissant des produits de grande qualité, y compris des aliments transformés, aux marchés locaux et mondiaux.

En raison de la pandémie, certaines économies mondiales ont adopté une attitude défensive afin de limiter les opérations commerciales transfrontalières, de limiter les exportations et de protéger les réserves nationales de produits agricoles. Malgré cela, de nombreux pays dépendent toujours des importations de produits dignes de confiance, fiables et salubres, faisant du secteur agroalimentaire canadien un moteur important de la croissance dans le contexte de la reprise.

Le Canada est le deuxième négociant en produits agricoles en importance par habitant, de même que l'un des principaux exportateurs de denrées de base, dont le blé, l'avoine et le bœuf vivantNote de bas de page 91. De même, l'industrie de transformation des aliments et des boissons est la deuxième plus importante industrie de fabrication du Canada (en production de valeur) et l'employeur le plus important dans le secteur de la fabricationNote de bas de page 92. Pour nous assurer que nous tirons pleinement parti de cette position, les entreprises agroalimentaires canadiennes ont besoin de solutions à long terme pour assurer la disponibilité constante de la main-d'œuvre. Environ 4 000 exploitations agricoles partout au Canada dépendent du Programme des travailleurs étrangers temporaires pour pallier les pénuries de main-d'œuvre.

Le secteur agricole du Canada se trouve également dans une bonne position pour connaître une croissance à long terme. En dépit des baisses prévues dans l'offre agricole mondiale dues aux changements climatiques et à la dégradation des terres cultivables, les prévisions de rendement au Canada devraient connaître une augmentation pour bon nombre des principales plantes de grande cultureNote de bas de page 93. Alors que nous nous efforçons d'approvisionner le monde, nous voulons renforcer nos fournisseurs locaux et dans la mesure du possible tirer parti de leur croissance pour atteindre nos ambitions mondiales. Parallèlement, la hausse des niveaux de consommation dans les marchés émergents, notamment en Extrême-Orient, contribuera à faire augmenter la demande mondiale pour les principaux produits alimentaires. Le Canada peut se prévaloir de l'occasion de s'approprier une plus grande part de marché grâce à l'adoption accrue d'outils numériques de pointe (p. ex., l'agriculture de précision) qui améliorent la productivité et la durabilité le long de la chaîne d'approvisionnement.

Néanmoins, pour profiter pleinement de l'augmentation de la demande mondiale de produits alimentaires, nous devons solutionner stratégiquement nos lacunes actuelles en matière d'infrastructures commerciales pour que les entreprises canadiennes puissent acheminer rapidement leurs produits sur les marchés mondiaux. Au cours de la dernière décennie, la confiance mondiale envers l'infrastructure commerciale canadienne a diminué. Auparavant classé au 10e rang dans le monde (en 2007), le Canada occupe désormais le 20e rang (en 2018) selon la Banque mondialeNote de bas de page 94Note de bas de page 95. Pour maintenir sa position concurrentielle commerciale à long terme, le Canada a besoin d'un réseau de transport moderne et multimodal qui appuiera le potentiel de développement du commerce dans l'économie de l'avenir.

Le système de réglementation du Canada participe aussi à la position concurrentielle générale du pays; ainsi, le gouvernement doit maintenir la souplesse réglementaire pour appuyer la croissance et l'expansion des entreprises canadiennes. Les obstacles réglementaires internes entravent l'innovation et la position concurrentielle. Depuis l'émergence de la COVID-19, le gouvernement canadien a fait preuve de souplesse dans les processus de réglementation du secteur de l'agroalimentaire, avec, notamment, des exemptions temporaires pour le mouvement interprovincial des produits de viande et de volaille ainsi ou l'allégement de certaines exigences en matière d'étiquetage pour des produits de service alimentaire qui n'ont aucune incidence sur la salubrité des aliments. Notre vision est que le gouvernement doit continuer à prioriser la souplesse en matière de réglementation à long terme.

Le Canada possède également des forces uniques en biosciences et une main-d'œuvre hautement qualifiée dont on peut tirer parti pour développer et commercialiser des produits innovants, incluant les engrais à zéro carbone, le phénotypage, les cultures résistantes aux sécheresses, et les produits et protéines à base de végétaux. Investir dans ces innovations permettra aux agriculteurs de faire croître leurs entreprises agroalimentaires comme entreprises concurrentielles à l'échelle mondiale. Parallèlement, le Canada cherchera à exploiter les nouveaux talents extérieurs au secteur agroalimentaire, à mesure qu'il priorisera les possibilités de numérisation.

Nous envisageons que les emplois agroalimentaires de l'avenir seront comblés à partir du bassin des esprits les plus talentueux du Canada en provenance d'industries telles que le numérique, les biosciences et la technologie propre. De manière similaire, les innovations dans le secteur agroalimentaire sont susceptibles d'aider à l'avancement de l'innovation dans d'autres industries. Par exemple, les biocarburants renouvelables fabriqués à partir de sources agricoles et alimentaires offrent des possibilités considérables d'aider le Canada à atteindre ses objectifs en matière de durabilité et de lutte contre les changements climatiques. Le discours du Trône comportait d'ailleurs un engagement de réduire les émissions dans les secteurs de l'agriculture et de la foresterie, tout en renforçant la chaîne d'approvisionnement alimentaire du Canada.

Passer à l'action :
  1. Bâtir les infrastructures et l'accès aux marchés nécessaires pour les vagues de croissance futures
    • Accélérer les investissements dans les infrastructures commerciales afin de dégager les goulots d'étranglement critiques pour le transport de marchandises (p. ex., transport ferroviaire et ports multimodaux, accès au Nord, etc.).
    • Élaborer un « Plan continu d'infrastructure national pour les corridors commerciaux et les points d'entrée » sur 50 ans pour assurer une approche à long terme en matière de planification et de financement des infrastructures.
    • Continuer à accroître l'accès aux marchés internationaux au moyen d'accords bilatéraux axés sur l'élimination des obstacles commerciaux tarifaires et non tarifaires.
  2. Déployer des investissements dans des secteurs concurrentiels
    • Soutenir les investissements dans la transformation à valeur ajoutée de matières premières afin de permettre aux acteurs canadiens de capturer une part plus importante de la valeur découlant des activités de transformation (p. ex., maintenir un objectif d'investissement et l'élan pour la protéine végétale, un accent supplémentaire sur d'autres domaines comme les carburants renouvelables).
    • Encourager le développement et la commercialisation de produits de biosciences innovants (p. ex., engrais à zéro carbone, phénotypage, cultures résistantes, produits à base de végétaux) et les processus (p. ex., augmenter le captage et l'enfouissement du carbone dans le sol).
  3. Accroître la numérisation afin d'améliorer la productivité
    • Accélérer les investissements dans les infrastructures à large bande afin de permettre la connectivité haute vitesse, particulièrement dans les collectivités rurales et autochtones, et accroître l'adoption des technologies numériques essentielles aux améliorations de la productivité.
    • Stimuler les investissements numériques dans l'ensemble des chaînes d'approvisionnement pour réduire les exigences en matière d'inventaire et améliorer l'efficacité générale (p. ex., chaîne de blocs et automatisation des lignes de transformation).
  4. Moderniser les systèmes de réglementation et bâtir un bassin de talents du XXIe siècle
    • Moderniser le système de réglementation en mettant l'accent sur l'élimination des obstacles au commerce intérieur pour favoriser la croissance du secteur agroalimentaire canadien et aider les entreprises à croître et à devenir concurrentielles à l'échelle mondiale.
    • Attirer de nouveaux talents dans le secteur agroalimentaire, en accordant une attention particulière aux compétences numériques et en affaires.
    • Moderniser le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour solutionner les pénuries de main-d'œuvre à long terme.
Ce que nous avons entendu

Recommandation E : Mettre en place de nouveaux partenariats avec le secteur privé et des investissements reposant sur un cadre budgétaire et financier solide

Figure 8 : Ampleur des mesures de relance dans des pays comparables au Canada

(septembre 2020, taille des mesures de relance en % du PIB)

Source : McKinsey & Company, The $10 trillion rescue: How governments can deliver impact, septembre 2020 (consulté en septembre 2020)
Version textuelle

Cette image montre l'ampleur des mesures de relance dans certains pays exprimée en pourcentage du PIB (en septembre 2020). Elle comprend une carte du monde avec les pays colorés du bleu clair (0 % du PIB) au bleu foncé (50 % du PIB) en fonction de l'ampleur des mesures de relance par rapport au PIB. Lorsqu'aucune donnée n'est disponible, le pays est coloré en gris clair. Six pays sont présentés et ils sont en gras dans le tableau ci-dessous. Voici l'ampleur des mesures de relance par rapport au PIB :

Argentine 2,3 %
Australie 23,9 %
Autriche 26,9 %
Bahreïn 10,9 %
Belgique 14,9 %
Brésil 27,6 %
Canada 13,7 %
Chili 9,4 %
Chine 2,0 %
Colombie 1,7 %
Danemark 7,7 %
Égypte 2,7 %
Salvador 0,3 %
Finlande 14,5 %
France 22,4 %
Allemagne 41,7 %
Hong Kong 5,5 %
Inde 7,4 %
Indonésie 5,2 %
Israël 7,2 %
Italie 46,5 %
Japon 43,7 %
Kenya 1,5 %
Koweït 11,7 %
Liban 1,4 %
Luxembourg 13,5 %
Malaisie 16,7 %
Mexique 2,2 %
Maroc 13,4 %
Pays-Bas 0,0 %
Nouvelle-Zélande 25,1 %
Nigéria 1,4 %
Norvège 3,7 %
Oman 27,9 %
Pakistan 2,0 %
Panama 0,1 %
Paraguay 0,6 %
Pérou 17,0 %
Philippines 17,5 %
Russie 5,4 %
Arabie saoudite 6,7 %
Singapour 23,3 %
Afrique du Sud 47,0 %
Corée du Sud 21,5 %
Espagne 20,2 %
Suède 11,6 %
Suisse 9,1 %
Thaïlande 18,6 %
Turquie 0,9 %
Royaume-Uni 16,2 %
Émirats arabes unis 1,1 %
Uruguay 4,6 %
États-Unis 13,5 %
Pologne 12,9 %
Norvège s.o.

Afin de réussir à mettre en œuvre les recommandations du Conseil, il faudra un cadre financier robuste et la création de partenariats renouvelés avec les secteurs public et privé. Le ratio de la dette au PIB du Canada a toujours été l'un des plus bas parmi les pays membres du G7. D'ailleurs, ce bilan fédéral solide a permis au Canada de lancer l'une des interventions budgétaires les plus ambitieuses dans le monde afin de lutter contre la COVID-19Note de bas de page 96.

Pour les gouvernements dans le monde, la pandémie continuera d'entraîner des dépenses prioritaires et urgentes. De même, les mesures proposées dans le plan d'action du conseil exigeront de réaliser des investissements supplémentaires. Néanmoins, il sera important pour le Canada de préserver sa bonne situation financière à moyen terme et d'éviter les augmentations importantes de notre ratio dette-PIB. Au fur et à mesure que le gouvernement réalise les investissements requis pour relever les défis auxquels les Canadiens sont confrontés, il devrait également avoir l'objectif de préserver les fondements budgétaires durement gagnés par le Canada. Pour ce faire, une partie des interventions les plus importantes mises en œuvre pour soutenir l'économie tout au long de la pandémie devraient éventuellement prendre fin ou doivent démontrer un rendement sur le capital investi à long terme (p. ex., les investissements en capital humain, matériel et intellectuel). Il est tout aussi important de s'assurer que les mesures d'aide nouvelles ou élargies ne découragent pas le secteur privé d'investir. Un tel investissement pourrait favoriser notre position concurrentielle.

Dans ce contexte, il faut mettre en place des partenariats renouvelés avec les secteurs public et privé, par la mise en œuvre des cadres et des mesures incitatives appropriés, pour accélérer la relance économique en mobilisant le capital privé.

Figure 9 : Ratio de la dette nette au PIB en 2019

(2019, % du PIB prévu)

Sources : Données mondiales du Fonds monétaire international, Base de données des Perspectives de l'économie mondiale, 2019; Données canadiennes tirées des Services économiques RBC, des Tableaux financiers fédéral et provinciaux du Canada, 2020 et du Fraser Institute, The Growing Debt Burden for Canadians, 2020 (consulté en septembre 2020)
Version textuelle

Ce graphique à barres verticales présente le ratio de la dette nette de l'ensemble des administrations publiques au PIB, exprimé en pourcentage du PIB prévu, par pays.

Pays National Provincial

Japon

155 %

s.o.

Italie

123 %

s.o.

France

89 %

s.o.

États-Unis

84 %

s.o.

Royaume-Uni

75 %

s.o.

Allemagne

41 %

s.o.

Canada*

26 %

30 %

*~80 % en tenant compte de la réponse à la COVID-19

Maintenir un cadre financier solide et rigoureux

Avant la pandémie de COVID-19, le Canada affichait un déficit de sa balance commerciale 2009. En plus de ce déficit, la pandémie a causé de nouvelles pressions budgétaires, dont une augmentation de la dette publique, une hausse des demandes en matière de sécurité sociale et de soins de santé, ainsi qu'une érosion accrue du prix des plus grandes exportations du Canada (c.-à-d. le pétrole et le gaz). Toutefois, la pandémie pousse les gouvernements du monde entier à examiner et à envisager des changements importants à la politique budgétaire, y compris l'utilisation de nouveaux outils pour atteindre les objectifs d'inflation et d'indicateurs alternatifs, comme les taux de chômage, pour orienter les mesures budgétairesNote de bas de page 97. À court terme, le Canada a été en mesure de répondre de façon dynamique et déterminée à la pandémie au moyen de mesures de politique budgétaire visant à éviter l'effondrement de la demande tout en atténuant quelques-unes des répercussions sur les groupes plus vulnérables.

Il est nécessaire de mettre en place un cadre financier rigoureux pour que le Canada conserve une cote de crédit solide et qu'il continue d'avoir accès à des capitaux à faible coût. Il est plus important que jamais que les gouvernements canadiens aient un plan à moyen et à long terme afin de rétablir les finances publiques et qu'ils sachent le communiquer efficacement à leurs citoyens, leurs marchés, leurs partenaires commerciaux à l'échelle mondiale et leurs investisseurs, pour que tous sachent comment ils comptent y arriver.

Tout au long du présent rapport, nous identifions des mesures qui généreront d'importants rendements économiques pour le Canada et nous demandons que ces investissements soient ancrés dans un cadre financier solide et prévisible pour assurer la prospérité continue de notre pays.

Passer à l'action :
  1. Élaborer un plan réaliste et prévisible pour relancer et repenser notre économie permettant de répondre à quatre objectifs budgétaires clairs :
    • Le Canada doit demeurer un chef de file reconnu parmi les pays industrialisés dans la gestion des finances publiques et le niveau de la dette et du déficitNote de bas de page 98;
    • Une conception prudente des programmes doit faire en sorte qu'une hausse du financement public n'écartera pas les investissements privés au Canada;
    • Les nouvelles dépenses appuieront surtout la croissance future (p. ex., les investissements en capital humain, matériel et intellectuel afin d'améliorer la capacité productive et le potentiel d'exportation) plutôt que la seule consommation à court terme; les résultats feront l'objet d'une gestion et d'un suivi rigoureux.
    • Le Canada préservera la compétitivité de son régime fiscal.
Ce que nous avons entendu
Mettre en place de nouveaux partenariats avec le secteur privé

Notre plan d'action pour l'avenir doit maximiser les occasions d'encourager et de stimuler le secteur privé, et multiplier les opportunités d'établir des partenariats avec le privé, afin d'augmenter les investissements. Le nouvel environnement économique a renforcé l'importance de mettre en place des partenariats renouvelés entre les secteurs public et privé afin de multiplier les investissements publics avec le capital privé (p. ex., un environnement d'intérêt prolongé pour les investisseurs, des exigences supplémentaires relatives aux liquidités pour les secteurs les plus durement touchés et une occasion sans précédent de regrouper des entreprises bien placées). Pour y parvenir, le Canada devrait miser sur ses forces actuelles, incluant des investisseurs institutionnels qui sont des chefs de file et l'un des systèmes financiers les plus sécuritaires dans le monde; des antécédents en matière de partenariats avec les secteurs public et privé pour l'exécution de grands projets d'immobilisation; et de l'expérience relative à l'attrait de capitaux.

Tout au long de nos séances de consultation, nous avons constaté un grand désir de mettre en place des partenariats renouvelés avec le secteur privé. Nous devons tirer parti des ressources du secteur public et du savoir-faire du secteur privé afin de faire progresser nos avantages industriels et concurrentiels. Nous avons ce qu'il faut pour devenir un chef de file mondial dans plusieurs industries (p. ex., les technologies propres, les industries numériques, la fabrication à haute valeur ajoutée et l'agroalimentaire); nous devons toutefois mieux organiser nos secteurs public et privé afin qu'ils collaborent en vue d'exploiter le plein potentiel de notre économie. Nous avons entendu parler de différentes façons d'accroître ces partenariats, par exemple en concevant des programmes pour attirer des capitaux privés.

Pour être un véritable chef de file, le Canada doit compter sur des partenariats avec les secteurs public et privé plus solides, par l'intermédiaire desquels il peut aligner la stratégie en tant qu'outil pour stimuler la croissance, l'innovation et la compétitivité. En adoptant cette approche, chaque groupe d'intervenants est mieux servi que s'il est isolé, et le Canada est mieux placé pour miser sur ses avantages concurrentiels. Dans certains cas, des organisations indépendantes ayant des liens uniques avec les secteurs privé et public offriraient un mécanisme unique pour unifier et mettre en œuvre un tel partenariat.

L'une des leçons retenues de l'intervention du Canada pour lutter contre la pandémie est combien de choses nous pouvons accomplir lorsqu'on travaille ensemble. Nous avons vu que lorsque les gouvernements fédéral et provinciaux travaillent ensemble, en partenariat avec le secteur privé et la société civile, nous pouvons procéder rapidement à un revirement afin de relever les défis émergents. Par exemple, au début de la pandémie, lorsqu'il était difficile d'acheter de l'EPI à l'international, des entreprises canadiennes se sont levées afin de restructurer leurs usines pour produire des masques, des visières, des blouses médicales et d'autres EPI pour les travailleurs en première ligne.

Miser sur cette approche de partenariats nous permettra de protéger les éléments fondamentaux de l'économie, et de prendre des mesures audacieuses et décisives pour mettre le Canada sur la voie de la réussite future. Les germes de cette collaboration ont déjà été semés grâce à des efforts collaboratifs antérieurs, comme le Conseil consultatif en matière de croissance et les Tables sectorielles de stratégies économiques (TSSE), instaurées en avril 2017.

Par l'intermédiaire du Conseil sur la stratégie industrielle, le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie a demandé à l'industrie de travailler de façon collaborative afin d'évaluer les défis et de tracer une voie à suivre. La relance des Tables sectorielles de stratégies économiques mettra en place en cadre pour un partenariat continu en examinant les besoins sectoriels, ce qui permettra à l'industrie de soutenir l'élaboration de politiques gouvernementales ancrées dans une compréhension mutuelle et une approche commune. Il existe également d'autres forums de partenariats, comme le Conseil du partenariat pour le secteur canadien de l'automobile, dont on peut tirer parti.

Passer à l'action :
  1. Collaborer avec le secteur privé dans le but de livrer les recommandations et tirer profit des approches éprouvées, y compris :
    • mettre sur pied de nouveaux forums de dialogue régulier et transparent sur les possibilités d'investissement entre le gouvernement et l'écosystème financier du Canada;
    • établir un cadre pour le partage des risques dans les partenariats avec les secteurs public et privé pouvant être adapté pour les projets particuliers (p. ex., partage des risques, premières pertes, médiation);
    • en collaboration avec les provinces, établir une stratégie nationale unifiée pour attirer des capitaux mondiaux dans le pays tout en maintenant des normes élevées en matière de gouvernance d'entreprise et de divulgation;
    • offrir des mesures incitatives ciblées pour atténuer le risque et accélérer les investissements, et pour créer des possibilités gagnant-gagnant en vue de permettre aux investisseurs d'obtenir des niveaux de rendement appropriés tout en aidant l'économie.
Ce que nous avons entendu

4. Conclusion : Un appel à l'action afin d'obtenir des résultats concrets pour les Canadiens

Nous imaginons l'économie canadienne de demain assure la santé et la prospérité de tous les Canadiens. La relance économique et sociale à la suite de la COVID-19 nous fournit une occasion qui n'arrive qu'une fois dans une génération. Un moment d'arrêt, forcé, douloureux, mais qui permet aussi de repenser la suite. Nous choisissons de nous tourner audacieusement vers une économie compétitive, inclusive, durable et résiliente. Nous ne devons pas laisser passer cette occasion de mieux rebâtir. C'est pour cette raison qu'à la suite de nos nombreuses consultations avec les Canadiens et d'échanges soutenus entre les membres du Conseil, nous avons proposé avec soin des recommandations pour concrétiser cette vision.

Le Conseil espère que les commentaires et les recommandations présentés dans ce rapport inspireront à l'action et contribueront significativement au programme économique et stratégique du gouvernement.

Au fur et à mesure qu'elles seront mises en œuvre, nos recommandations auront le potentiel d'accélérer la croissance et de générer les économies requises pour avoir un effet réel. Nous sommes convaincus que nos idées aideront notre pays : elles répondent efficacement aux secteurs dont les besoins sont les plus grands; doublent la mise dans nos forces reconnues; et solidifient la trajectoire de relance en positionnant stratégiquement le Canada pour assurer sa réussite à l'échelle mondiale. Pour y arriver, il faudra adopter une approche à court et à long terme afin de pallier les lacunes de financement, créer de nouveaux emplois et gérer les obstacles à la croissance.

Nous devons tirer parti des bons investissements et partenariats pour que les rendements espérés puissent se concrétiser. Notre pays a besoin de nouvelles approches pour attirer et encourager les investissements, former les femmes et les hommes pour qu'ils puissent occuper de nouveaux emplois ou de nouveaux rôles, tirer parti de nos relations commerciales dans des chaînes d'approvisionnement nouvellement transformées, et travailler avec le secteur public sur la conception de programmes afin de maximiser les avantages pour l'économie et pour les Canadiens.

En tant que leaders de l'industrie, nous savons également que l'exécution compte. Nos recommandations ne peuvent pas être mises en œuvre de façon isolée. Les gouvernements et le secteur privé du Canada doivent collaborer, en continuant de renforcer leur confiance mutuelle, afin de mettre en œuvre les mesures que nous avons présentées. L'une des plus grandes forces du Canada réside dans la solidarité et dans l'esprit de collaboration de son peuple, qu'il faut maintenir, renforcer dans ce paysage géopolitique en évolution. Le fondement de la mise en œuvre existe déjà : le Conseil a cherché à tirer parti des programmes gouvernementaux existants et à les rajuster, et le secteur privé investit déjà massivement afin de placer le Canada sur la voie de la croissance.

Les recommandations du Conseil se renforcent mutuellement, couvrent le mandat de plusieurs organisations fédérales et appellent à créer des partenariats avec les secteurs public et privé importants pour mobiliser l'investissement privé à l'appui d'une stratégie industrielle ambitieuse.

Chacune des recommandations du Conseil respecte l'un des principes suivants afin de garantir une approche budgétaire prudente, associée à une stimulation du PIB réel et à des investissements du secteur privé :

Des estimations préliminaires de haut niveau ont été réalisées afin d'illustrer les rendements potentiels issus des recommandations du Conseil. À la lumière de ces travaux, on a estimé que des investissements de 85 à 115 milliards de dollars pour les volets Redémarrer et Relancer pourraient ramener les niveaux du PIB à ses niveaux antérieurs à la pandémie, voire les dépasser, par l'injection de 100 à 155 milliards de dollars projetés à court terme.

En outre, grâce à des investissements audacieux de 130 à 170 milliards de dollars dans les mesures pour Repenser notre économie, il serait possible d'ajouter 0,8% à 1,1 % au PIB canadien sur une base annuelle. Ceci augmenterait potentiellement le PIB d'environ 235 à 310 milliards de dollars en 2030.

Il faut s'assurer de la mobilisation, de la coordination et de l'harmonisation de l'ensemble des secteurs pour tirer pleinement parti du plan d'action. Il est nécessaire d'avoir un mécanisme de mise en œuvre solide pour déployer efficacement les investissements et pour garantir que le plan s'adapte en fonction des commentaires recueillis sur le terrain. Le Conseil et les Tables sectorielles de stratégies économiques pourraient contribuer à cet effet.

De plus, un plan ayant ce niveau d'ambition appelle à un engagement à garantir les investissements qui doivent être réalisés.

Dans ce contexte, nous sommes d'avis que l'une des options prometteuses serait d'instaurer un fonds de croissance industrielle (« Fonds de croissance de l'industrie ») aligné sur les objectifs de la stratégie industrielle recommandée par le Conseil.

Ce Fonds de croissance de l'industrie devrait être suffisamment important pour avoir une véritable incidence : il devrait s'établir initialement à environ 30 à 35 milliards de dollars. Le montant adéquat pourrait être plus élevé, selon l'adoption du pays et la capacité d'aller de l'avant avec un Réseau numérique canadien mondial (Réseau numérique boréal), comme il est décrit à la section 3, sous la recommandation C du présent rapport. Il est nécessaire de le mettre en place, si nous voulons réellement être des chefs de file par rapport aux pays qui déjà investissent massivement dans leurs secteurs de force.

Le Fonds de croissance de l'industrie pourrait regrouper les investissements proposés et les propositions au même endroit, particulièrement en raison des diverses entités en cause. Il permettrait au Canada d'atteindre le bon niveau d'investissements et d'orienter les actions prioritaires vers les quatre piliers de la stratégie industrielle (c.-à-d. devenir une économie numérique, être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources et des technologies propres, bâtir un secteur manufacturier innovant et tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète).

L'exécution n'est pas simple; plusieurs approches sont possibles. Comme l'objectif est que nos recommandations à l'intention des Canadiens se concrétisent, le Conseil offre des options qui stimuleront les investissements et les partenariats dans l'économie. Par exemple, il pourrait être envisagé de tirer parti des fonds de pension privés. Le gouvernement pourrait assurer la gestion du fonds ou en donner le mandat à une société d'État existante. Un mécanisme de mise en œuvre solide enverrait le signal que le gouvernement est déterminé à exécuter la stratégie industrielle proposée et rallierait les organisations fédérales derrière sa réalisation.

Comme nous l'avons exprimé tout au long du présent rapport, le Canada est un pays exceptionnel, ayant une volonté solide de collaborer et de créer une solidarité et une ambition renouvelées, dans l'objectif audacieux de positionner ses petites et moyennes entreprises en tant que chefs de file sur la scène mondiale. Le Canada a aussi le potentiel d'attirer davantage d'investissements étrangers, en devenant un chef de file des principes ESG, particulièrement dans des secteurs comme les technologies propres et les ressources. Nous sommes reconnus pour nos principes et notre culture qui reposent sur les valeurs que sont la durabilité et la saine gouvernance.

Nous sortirons de la crise actuelle, nous relèverons les défis auxquels notre pays se heurtait déjà et que la pandémie a mis à nu. Nous devons le faire en stimulant la croissance des entreprises canadiennes et en générant de la prospérité et de la richesse pour tous les Canadiens. Voilà pourquoi le Conseil sur la stratégie industrielle et les Tables sectorielles de stratégies économiques sont déterminés à continuer de travailler avec cohésion sur la stratégie exposée dans le présent plan.

Nous demandons à nos collègues, à nos partenaires fédéraux et provinciaux et à tous les Canadiens de travailler avec nous afin de réaliser notre aspiration commune pour l'avenir du Canada. Ensemble, nous bâtirons une économie numérique, durable et innovante pour tous les Canadiens. 

Incidence sur le PIB réel et l'emploi

Les investissements que nous proposons généreraient des effets multiplicateurs nombreux à l'échelle de l'économie canadienne et concrétiseraient des avantages économiques qui vont au-delà de la croissance du PIB. Dans un article du FMI publié en octobre 2020 et intitulé Public Investment for the Recovery (en anglais seulement), on indique ce qui suit : « En temps d'incertitude, l'augmentation de l'investissement public de 1 % du PIB pourrait renforcer la confiance à l'égard de la relance et augmenter le PIB de 2,7 %, les investissements privés de 10 % et l'emploi de 1,2 % si les investissements sont de grande qualité et que les fardeaux de la dette actuels des secteurs privé et public n'affaiblissent pas la réponse du secteur privé aux mesures de stimulation. »

Le budget fédéral de 2016 indiquait que, dans les conditions propices (p. ex., quand les ressources de l'économie sont sous-utilisées et que le taux d'intérêt des politiques se situe près de sa limite inférieure en vigueur), l'investissement public devrait avoir des retombées plus importantes à court terme (par l'intermédiaire du multiplicateur budgétaire) étant donné qu'il ne déplace pas l'investissement privé. Il supposait aussi, selon la relation historique entre la croissance de l'emploi et le PIB réel du Canada, qu'une augmentation de 1 % du PIB réel se traduirait immédiatement par une augmentation de 0,2 % de l'emploi, qui atteindrait environ 0,6 % après huit trimestres. À titre d'exemple, au niveau d'emploi actuel de 18,5 millions, une augmentation de 0,2 % signifierait 37 000 emplois pour la première année, tandis qu'une augmentation de 0,6 % après deux ans signifierait en moyenne 55 000 emplois par année.

Il existe différentes approches pour estimer la création d'emploi; toutefois, l'investissement dans les secteurs public et privé s'accompagne toujours d'un certain niveau de rendement, particulièrement en temps de crise. Nous avons présenté un niveau de rendement possible du PIB lié aux montants d'investissement qui sert à illustrer la croissance économique possible.

Mais, au-delà de ces estimations, dans le discours du Trône, on a indiqué que notre relance exigera de créer un million de nouveaux emplois pour ramener l'emploi au Canada à ses niveaux antérieurs à la pandémie. Les investissements que nous proposons peuvent aider le gouvernement à réussir cette mission.

Figure 10 : Effet illustratif des recommandations sur le PIB

(2019 à 2030, T4 = 100)

Source : Taux de croissance historique fondé sur les données de Statistique Canada, Tableau 36-10-01 04-01 (consulté en juillet 2020); PIB projeté et incidence illustrative des recommandations fondées sur l'analyse McKinsey pour le Conseil.
Version textuelle

Descriptions : Le graphique linéaire montre les effets potentiels des recommandations du Conseil sur le PIB. L'axe horizontal indique une fourchette d'années allant de 2019 à 2030. L'axe vertical représente le PIB indexé au quatrième trimestre (T4 = 100) en 2019; il comprend une ligne tracée horizontalement au milieu du graphique à 100.

Trois lignes sont représentées sur le graphique. La première extrapole le taux de croissance historique de 1,97 % à taux constant. La ligne monte de façon constante du milieu de l'axe vertical jusqu'au coin supérieur droit du graphique. La deuxième ligne représente le PIB prévu selon un scénario de reprise de type 1. La ligne illustre les répercussions de la pandémie sur l'économie, à savoir une forte baisse du PIB au cours de la prochaine année, suivie d'une période de plusieurs années pendant laquelle le PIB demeurerait faible. La ligne plafonne puis monte de façon constante, jusqu'à refléter une projection similaire, mais légèrement inférieure au taux de croissance historique.

La troisième ligne représente les répercussions que les recommandations du Conseil pourraient avoir sur l'économie. Cette ligne comporte trois points d'inflexion qui correspondent aux trois phases des recommandations. La ligne suit une trajectoire descendante similaire, mais s'arrête avant la deuxième ligne. Plutôt que de plafonner, la ligne monte en flèche pour la phase redémarrer et la phase relancer (de 100 à 155 G$) et monte progressivement de 0,8 à 1,1 % pour les mesures de repenser.

5. Éclairage sectoriel : réflexions approfondies sur les différents secteurs

Points sensibles et potentiels sectoriels du Canada

Ce qui compose en partie l'économie diversifiée du Canada, c'est un niveau sophistiqué d'activité dans une gamme étendue de secteurs. En notre qualité de membres du Conseil, qui œuvrons dans certains de ces secteurs, nous connaissons, pour avoir dû y faire face, certains points sensibles de notre économie et nous voyons l'importance de les aborder dans le cadre de notre plan de relance et de notre croissance.

Dans nos recommandations, nous lançons un appel pour des mesures urgentes afin de stabiliser les secteurs les plus durement touchés et de protéger leur prospérité à long terme – l'aérospatiale, l'aviation, le tourisme et l'accueil le commerce de détail et les ressources. Au moyen de réflexions sectorielles approfondies et de données probantes, nous avons élaboré nos recommandations afin de cibler également les secteurs moins touchés où nous pouvons accélérer la relance et accroître le potentiel de croissance – l'agroalimentaire, la santé et les biosciences, la technologie propre et les industries numériques. Cette section présente ces réflexions détaillées sur ces points sensibles de notre économie et les possibilités de renforcement pour les secteurs dans l'ordre suivante : ressources de l'avenir, fabrication de pointe, commerce de détail, tourisme et hôtellerie, transport, agroalimentaire, industries numériques et santé et biosciences.

Figure 11 : Part du PIB canadien par secteur

(2019, PIB en dollars par %, emploi par nombre de personnes en %)

Source : Statistique Canada, Tableau 36-10-0434-02 and 14-10-0023-01 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle
Secteur Part du PIB (%) Part de l'emploi (%)

Ressources de l'avenir

11,5 %

4,7 %

Fabrication de pointe

10,1 %

9,0 %

Commerce de détail

5,2 %

13,0 %

Tourisme

4,9 %

12,0 %

Transport

4,0 %

4,5 %

Agroalimentaire

3,5 %

2,7 %

Technologies propres

2,9 %

1,2 %

Industries numériques

2,9 %

2,9 %

Santé et sciences biologiques

1,8 %

3,0 %

Ressources de l'avenir

Le secteur des ressources constitue le plus grand contributeur aux dépenses de capital au Canada à 31 % du total et il a le plus grand effet multiplicateur économique pour l'économie, représentant près de 11,5 % du PIB. Il est également le principal contributeur aux échanges commerciaux du Canada, qui sont principalement axés sur le pétrole brut, représentant près de 40 % des exportations ou environ 250 milliards de dollars en 2019Note de bas de page 100.

Le secteur apporte des contributions sociales importantes pour le Canada. Plus de 900 collectivités dépendaient économiquement d'au moins un secteur de ressources naturelles (incluant les 3,3 milliards de dollars dépensés par des sociétés pétrolières et gazières seulement pour l'approvisionnement auprès de sociétés détenues par des Autochtones)Note de bas de page 101. Le secteur minier est le deuxième employeur d'Autochtones en importance du secteur privéNote de bas de page 102. Le secteur de l'industrie forestière construit des chemins pour soutenir les déplacements vers les collectivités éloignées, en plus d'élaborer des plans de récolte éclairés par des discussions avec les peuples autochtones. Tous les secteurs des ressources sont un moteur du développement dans les collectivités nordiques et éloignées, assurant le développement de l'emploi, de la formation, de l'approvisionnement, et des infrastructures.

Le secteur des ressources du Canada affirme un leadership en matière d'environnement. Le secteur minier du Canada est un chef de file dans la production de nombreux minerais requis pour le développement de la technologie propre. En fait, le Canada est cinquième plus grand producteur de nickel (sa présence est encore plus forte en ce qui a trait au nickel de classe 1)Note de bas de page 103, une composante essentielle des batteries au nickel-cadmium dans les VE et il est le deuxième plus important producteur d'uranium, un élément essentiel dans le carburant pour les réacteurs nucléairesNote de bas de page 104. Des acteurs de l'industrie pétrolière et gazière du Canada détiennent deux des cinq projets de capture, stockage et utilisation du carbone (CSUC) à l'échelle mondiale et le secteur a une capacité immense d'augmenter la mise en application de ces processus tout en réduisant significativement les émissions de GES du Canada. Les pressions des marchés de capitaux et des investisseurs qui s'accélèrent sur les plans environnemental, sociétal et de la gouvernance donnent l'occasion au secteur des ressources du Canada de fournir des matières essentielles produites de la façon la plus responsable et la plus durable au monde.

« Ce fut un immense plaisir de travailler avec des dirigeants aussi accomplis de diverses industries canadiennes afin de discuter de la façon de se rétablir à la suite de la COVID-19 et de tracer la voie à suivre pour le pays.Dans le secteur des ressources, nous sommes emballés par cette possibilité d'aider le Canada à se remettre rapidement et d'incarner les valeurs canadiennes d'inclusions, de la primauté du droit, des droits de la personne, de la consultation des Autochtones et de la conscience environnementale afin d'offrir nos ressources, notre innovation et nos technologies propres au monde entier et de créer un monde meilleur pour tous. »

Mark Little, président et chef de la direction de Suncor Energy Inc.
Figure 12 : Exportations canadiennes par produits

(2019, millions $ et %)

Source : Statistique Canada, Tableau 12-10-0012-01 (consulté en octobre 2020)
Version textuelle
Exportations canadiennes par produits (2019, millions $ et %)
Exportation de ressources (produits énergétiques, produits forestiers, métaux et minerais)

42 % des exportations totales

250 627 (M$)

Toutes les autre exportations (p. ex., biens de consommation, aéronefs, et machines industrielles)

58 % des exportations totales

342 543 (M$)

Exportations totales

100 %

593 171 (M$)

Points sensibles :
Secteur pétrolier et gazier :
Matières de base et exploitation minière :
Industrie forestière :
Passer à l'action :
Ce que nous avons entendu

Fabrication de pointe

Le Canada possède des domaines de force historiques dans la fabrication – fabrication automobile, aérospatiale, alimentaire et de machinerie. Des secteurs comme l'aérospatiale ont été un élément de fierté nationale et, ensemble, ces secteurs sont importants pour des facteurs économiques comme l'activité de R et D et les exportations. Depuis le début des années 2000, toutefois, certains de ces sous-secteurs ont été en déclin en termes de contribution au PIB (passant d'environ 16 % à environ 10 %)Note de bas de page 108 et de niveaux d'emploi. L'impact de la pandémie a été mitigé, mais important. Dans l'ensemble, les exportations du secteur et sa contribution au PIB ont affiché une baisse bien au-delà de 30 %Note de bas de page 109. En ce qui concerne les sous-secteurs, les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale et de la machinerie ont été confrontés à des répercussions particulièrement négatives. Depuis le début de la pandémie, il n'y a eu aucune nouvelle commande dans l'aérospatiale et on prévoit que la relance s'échelonnera sur trois à cinq ans. À titre comparatif, les fabricants d'aliments et de produits chimiques ont été moins touchés et la relance atteint des niveaux de contribution au PIB similaires à 2019.

« Reconstruire en mieux... en tirant profit des 200 années de réussite de la fabrication canadienne pour bâtir des produits faisant avancer la société, l'économie et notre qualité de vie. Le prochain chapitre devra amener le Canada à produire ce dont les Canadiens et le monde ont besoin pour un avenir plus durable et prospère en mettant l'accent sur la stimulation de l'innovation, en tirant parti de la numérisation tout en composant avec la nécessité de la diversité de la main-d'œuvre et de l'environnement. Reconstruire en mieux chez les manufacturiers fera avancer la société, l'économie et notre qualité de vie. »

Membre du Conseil : Rhonda Barnet, présidente et directrice de l'exploitation, AVIT Manufacturing
Points sensibles :

En date de 2018, la densité de robots du Canada dans le secteur de la fabrication était classée au 13e rang mondial, moins du quart de la densité de la nation au premier rang, la Corée du Sud. De plus, les investissements en innovation représentent 30 à 40 % de ceux des nations concurrentes, comme la France et les États-Unis dans l'industrie intensive en R et D de l'aérospatialeNote de bas de page 111.

Figure 13 : Productivité manufacturière selon le PIB par heure travaillée

(de 1995 à 2017, % et indice relative à 1995)

Source : OCDE, PIB par heure travaillée, 2017 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle

Description : Le graphique linéaire montre la productivité manufacturière exprimée en PIB par heure travaillée, indexée en fonction des niveaux de 1995 (1995 = 100), pour le Canada et le monde entier. L'axe horizontal indique l'année (de 1995 à 2017). L'axe vertical indique l'indice (de 80 à 220). La ligne de la productivité manufacturière au Canada montre de légères augmentations et diminutions au cours de cette période, avec une légère augmentation globale de la productivité. En revanche, si la productivité manufacturière mondiale a également connu de légères baisses au cours de cette période, la ligne montre que la croissance globale a été nettement plus importante. Le graphique comprend également l'augmentation en pourcentage de 1995 à 2017 : la productivité manufacturière du Canada a augmenté de 1,3 % par rapport à l'augmentation mondiale de 3,4 %.

Figure 14 : Parts des emplois dans le secteur manufacturier, pertes d'emplois et réembauches
Sources : Statistique Canada, Tableau 33-10-0232-01; Statistique Canada, Tableau 14-10-0022-01 (consulté en juin 2020)
Version textuelle

Description : Le graphique montre la part des hommes et des femmes dans le secteur manufacturière : les emplois, les pertes d'emplois et les réembauches. Le graphique comprend trois barres; chacune d'entre elles correspond à la part des femmes en bleu clair et à celle des hommes en vert.

Parts des emplois dans le secteur manufacturier, pertes d'emplois et réembauches Total

Part des emplois dans le secteur manufacturier (2020, %)

Femmes – 29,6 %

Hommes – 70,4 %

~1,8 M$

Part des pertes d'emploi dans le secteur manufacturier (2020, %)

Femmes – 38 %

Hommes – 62 %

~300 000 $

Part des réembauches dans le secteur manufacturier (2020, %)

Femmes – 15 %

Hommes – 85 %

~79 100 $

Figure 15 : Aperçu du secteur canadien de l'aérospatiale
Sources : ISDE, État de l'industrie aérospatiale canadienne, 2019; recherche de presse (consulté en juillet 2020); et entrevues avec des experts menés par le CSI.
Version textuelle
Répartition du secteur canadien de l'aérospatiale (2019, % des revenus)
Sous-secteur % des recettes

Moteurs

36 %

Avions, hélicoptères, et engins spatiaux

33 %

Autres composantes

11 %

Avionique

9 %

Systèmes de train d'atterissage

6 %

Simulateurs

5 %

Segment Exemples d'entreprises Répercussions de la pandémie

FEO / Niveau I – propriété non canadienne

Thales

Pratt & Whitney

Airbus

Safran

 

Réduction des investissements étrangers et rationalisation des fabricants :

  • Les FEO voient plus d'avantages dans les investissements domestiques.

Accélérée par l'inaction du Canada

  • Par rapport aux pays concurrents (p. ex., le plan aérospatial de la France de 15 milliards €).

FEO / Niveau I – propriété canadienne

Bombardier

Heroux Devtek

CAE

Situation financière considérablement affaiblie, entraînant des pertes d'emplois :

  • Certains FEO et entreprises du niveau I étaient déjà en difficulté financière avant l'arrivée de la pandémie.
  • Les désinvestissements et les suppressions d'emplois sont déjà en cours et d'autres sont prévus.

Niveau II / III

Shimco

Exact Earth

Centra

La consolidation et la perte de propriété domestique constituent un risque pour ce segment.

  • Les entreprises canadiennes des niveaux II et III sont plus fragmentées que celles d'autres régions.
  • La fragmentation a mis plus de petites entreprises en difficulté financière, avec peu d'acquéreurs canadiens possibles.

FEO : Fabrication d'équipement d'origine.

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Ce que nous avons entendu

Commerce de détail

Le commerce de détail est l'un des principaux secteurs de l'économie canadienne (5,2 % du PIB, 13 % de l'emploi) et il emploie plus de femmes, de jeunes et de nouveaux Canadiens que n'importe quel autre secteurNote de bas de page 113. Avant la COVID-19, les détaillants discrétionnaires (p. ex., les grands magasins, les magasins de vêtements, etc.) perdaient des parts de marché au profit des acteurs du commerce électronique. Avec l'avènement de la COVID-19, les détaillants discrétionnaires ont été parmi les plus durement touchés. De leur côté, les détaillants non discrétionnaires ont vu leurs ventes augmenter au commencement de la pandémie, car les ménages ont accumulé des réserves de produits essentiels et ont davantage cuisiné à la maison.

Les derniers chiffres de vente montrent que la part du commerce électronique dans la vente au détail a augmenté pour atteindre des niveaux records, car le confinement en raison de la COVID-19 a poussé les Canadiens à augmenter leurs achats en ligneNote de bas de page 114. D'autres phénomènes liés à la pandémie ont aussi nui au commerce de détail : la perte de confiance des consommateurs; les fermetures de magasins; l'érosion des marges de profit en raison de l'augmentation des coûts pour respecter les nouvelles normes sanitaires et de sécurité; les pénuries de main-d'œuvre en raison de contre-indications à retourner au travail, et des perturbations des inventaires, partiellement en raison de la fermeture des frontières et de la disponibilité du crédit.

« Le commerce de détail de biens non essentiels en particulier a été durement touché par la pandémie; il y a eu des répercussions profondes sur les moyens de subsistance de nombreux Canadiens, surtout des femmes, les jeunes, les minorités et les nouveaux Canadiens. Il est crucial de rebâtir le secteur pour l'emploi et pour l'économie; il faut veiller à redonner confiance aux consommateurs, investir dans le commerce électronique et mettre en place des programmes ciblés pour soutenir les entreprises à moyen terme en leur fournissant un soutien à la liquidité, au crédit et au loyer. »

Paviter Binnning, président, Wittington Investments Limited, membre du Conseil
Figure 16 : PIB du secteur du commerce de détail par sous-secteur

(2019, % de la contribution au PIB)

Source : Statistique Canada, Tableau 36-10-0434-04 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle

Biens facultatifs – 48 %

  • Véhicules automobiles 15 %
  • Vêtements 8 %
  • Fournitures de construction et pour l'extérieur 8 %
  • Meubles 5 %
  • Appareils électroniques 4 %
  • Divertissements et sports 3 %
  • Magasins de détail divers 5 %

Non discrétionnaire – 52 %

  • Aliments et boissons 19 %
  • Santé et cosmétiques 12 %
  • Marchandise générale 11 %
  • Stations d'essence 5 %
  • Détail hors magasin 5 %
Points sensibles :
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Ce que nous avons entendu

Tourisme et accueil

Avant la COVID-19, le secteur du tourisme et de l'accueil affichait une croissance d'année en année. Responsable d'environ 4,9 % du PIB du Canada, ce secteur a fourni plus de 25 milliards de dollars en recettes fiscales et 13 % des emplois, répartis dans les collectivités urbaines et rurales partout au CanadaNote de bas de page 116.

Sa présence dans des régions clés l'a emporté sur l'impact de plusieurs autres grandes industries. Les activités du secteur ont eu plusieurs retombées comme le développement régional, la revitalisation urbaine et l'emploi résilient.

Le secteur du tourisme et de l'accueil a également été un moteur d'inclusivité, les femmes, les Autochtones et les minorités visibles étant propriétaires d'un plus grand nombre de PME dans ce secteur que dans d'autres secteurs.

La crise de la COVID-19 a pratiquement décimé des attractions phares du tourisme. L'industrie du divertissement, des jeux de hasard, les musées, les lieux historiques, les hôtels et hébergements, les services alimentaires et les débits de boisson ont été désertés. Certains de ces établissements, comme les restaurants, sont des pierres angulaires de nos collectivités sur les plans économique et culturel. Bon nombre de Canadiens ont obtenu leur premier emploi dans cette industrie afin de payer leurs études ou d'y faire carrière.

Historiquement, les programmes fédéraux dans le tourisme ont accusé un certain par rapport à d'autres interventions rurales (p. ex., l'agriculture); cette fois, le secteur aura besoin d'aide rapidement pour raviver la demande nationale. Des possibilités de croissance se manifesteront néanmoins, notamment en regard de l'attrait grandissant du tourisme d'aventure. Le Canada jouit d'une marque et d'une réputation mondiales en tant que principale destination axée sur la nature, bénéficiant de plus de 100 attractions de calibre mondial (p. ex., le parc Garibaldi en Colombie-Britannique, le parc de Prince Albert en Saskatchewan, Drumheller en Alberta, la Gaspésie au Québec, le Auyuittuq au Nunavut).

Figure 17 : Contributions du tourisme aux recettes gouvernementales

(de 2014 à 2016, $ et milliards)

Source : Statistique Canada, Tableau 36-10-0461-01 (consulté en juillet, 2020)
Version textuelle
Contribution du secteur du tourisme aux recettes gouvernementales
Catégories 2014 (G$) 2015 (G$) 2016 (G$)

Touristes domestiques

18,6

19,1

19,4

Touristes étrangers

5,4

5,6

6,1

Total

24,1

24,7

25,5

Contribution du tourisme aux recettes gouvernementales
Catégories 2014 (G$) 2015 (G$) 2016 (G$)

Municipal/Autochtones

1,3

1,4

1,4

Provincial

11,9

12,3

12,7

Fédérale

10,9

11,1

11,3

Total

24,1

24,8

25,4

Figure 18 : Part provinciale/territoriale du PIB par secteur

(2017, % du PIB par secteur)

Sources : Statistique Canada, Tableau 36-10-0402-01; Statistique Canada, Compte satellite du tourisme du Canada, 2015 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle
Secteur Province/territoire Part provinciale/territoriale du PIB (%)

Finance et assurances

Ontario et Québec

80 %

Extraction pétrolière et gazière

Alberta

90 %

Commerce de détail

Ontario et Québec

60 %

Tourisme

Colombie-Britannique

Alberta

Ontario

Québec

20 %

20 %

30 %

20 %

Figure 19 : Emplois et part de l'emploi attribuable au tourisme dans les provinces et territoires du Canada
Sources : Statistique Canada, Compte satellite du tourisme du Canada, 2015 ; Statistique Canada, Module provincial et territorial des ressources humaines du Compte satellite du tourisme, 2015 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle
Part provinciale/territoriale des emplois dans le tourisme au Canada, %, 2015
Province Part des emplois touristiques (%)
Ontario 36 %
Québec 21 %
Colombie-Britannique 17 %
Alberta 13 %
Atlantique 6 %
Prairies 6 %
Territoires 0 %
National 100 %
Emplois provinciaux/territoriaux liés au tourisme, %, 2015
Ontario 9,3 %
Québec 9,2 %
Colombie-Britannique 13,2 %
Alberta 9,4 %
Atlantique 9 %
Prairies 8,9 %
Territoires 10,3 %
National 9,7 %

« Le secteur du tourisme et de l'accueil est extrêmement important. Il représente environ 10 % des emplois canadiens. Il a aussi été l'un des premiers et des plus durement touchés par la pandémie. Le tourisme canadien avait enregistré une année record en 2019 et cette réussite s'est fait sentir d'un bout à l'autre du pays; mais 2020 a apporté du chômage et le chemin pour regagner nos succès d'hier sera difficile. En tant qu'élément clé du tissu de notre pays, nous savons que nous pouvons rebâtir notre secteur et contribuer une fois de plus à présenter l'image de marque du Canada à un public mondial. »

Ben Cowan-Dewar, membre du Conseil et cofondateur et dirigeant principal de Cabot Links
Points sensibles :
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Ce que nous avons entendu

Transport

Le transport joue un rôle essentiel dans l'économie canadienne, représentant environ 4 % du PIB et 4,5 % de l'emploiNote de bas de page 119. Le fret est le sous-secteur le plus important du transport; cependant, le transport aérien est essentiel à l'économie, particulièrement pour un pays aussi dispersé sur le plan géographique que le Canada.

Le secteur du transport a éprouvé l'un des chocs les plus graves et c'est dans ce secteur que la relance se fera le plus attendre (aucune relance n'est prévue avant 2024), les voyages et le transit aériens étant plus touchés que les secteurs qui dépendent du fret. Les voyages aériens, un secteur essentiel à l'économie, ont connu une baisse d'environ 50 % en 2020Note de bas de page 120. Par conséquent, les gouvernements dans le monde ont annoncé d'importantes mesures de stimulation budgétaires.

Figure 20 : Mesures fiscales mises en œuvre par d'autres gouvernements pour le transport aérien
Sources : communiqués de presse des gouvernements, recherches de presse, 2020 (consulté en septembre 2020).
Version textuelle
Italie

Nationalisation d'Alitalia

Pays-Bas

90 % des salaires versés par KLM sont couverts par le gouvernement pour trois mois.

États-Unis

32 milliards de dollars en subventions pour les compagnies aériennes + compagnies de services aériens de fret, à condition qu'elles maintiennent >90 % de la masse salariale.

Nouvelle-Zélande

Prêt de 510 millions de dollars versés en deux tranches à un taux d'intérêt d'environ 7 %.

États-Unis

29 milliards de dollars en prêts pour les compagnies aériennes et les compagnies de services aériens de fret.

Australie

Dispense de droits se chiffrant à 715 millions de dollars, y compris des remboursements de 159 millions pour les droits payés en 2020.

Pays-Bas

Réduction de l'impôt des sociétés et de l'impôt sur les gains en capital.

Union européenne

Permission accordée aux compagnies aériennes d'émettre des bons de voyage après avoir obtenu le consentement des passagers.

Union européenne

Suspension des règles de retrait des créneaux inutilisés pour une période de quatre mois.

Hong Kong

2/3 des 129 millions de dollars versés par Hong Kong en mesures de stimulation visent les taxes de contrôle de la circulation aérienne pour l'exercice 2019-2020.

Corée du Sud

Report des droits d'atterrissage, de stationnement et des installations aéroportuaires.

Points sensibles :

La COVID-19 a fait apparaître de nouvelles faiblesses dans l'industrie et exacerbé celles qui existaient.

« La situation que nous traversons fait appel à toutes nos capacités à innover, à travailler ensemble et à créer un nouvel environnement durable propice à une reprise économique et à la croissance. Le secteur du transport, durement touché, est essentiel à la mission de tous les secteurs économiques. Avec le bon soutien, il prouvera une fois de plus son rôle de catalyseur économique de premier plan. Je suis fière de porter le message de l'industrie du transport. »

Sylvie Vachon, membre du Conseil, présidente et chef de la direction de l'Autorité portuaire de Montréal
Figure 21 : Confiance des passagers aériens

(mai 2020, % des répondants)

Source: Rapport de McKinsey & Compagnie, Make it better, not just safer: The opportunity to reinvent travel, 15 juin 2020 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle

Les voyageurs aériens se disent inquiets notamment en ce qui a trait à lattente dans laéroport, au passage aux douanes et à lembarquement. 85% des voyageurs nord-américains se disent inquiets de voyager en avion.

Niveaux d'anxiété du voyageur tout au long de son parcours
Étape du voyage Activité Niveau d'anxiété Couleur
Avant le voyage

Recherche et réservation

10 %

Gris

À l'aéroport Arrivée, enregistrement et contrôle de sécurité

30 %

Orange

Attente/utilisation des services à l'aéroport

75 %

Orange

En cours de vol

Embarquement et expérience en vol

90 %

Rouge

À destination

Arrivée/douanes

75 %

Orange

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Ce que nous avons entendu

Agroalimentaire

L'agroalimentaire est un secteur clé de l'économie canadienne (3,5 % du PIB, 2,7 % de l'emploi)Note de bas de page 123. Il s'agit d'un cordon vital pour le pays, mais également d'un important facteur de croissance économique et d'excédent commercial. Le Canada pourrait compenser les pertes subies dans d'autres secteurs en doublant la mise dans le secteur de l'agroalimentaire, l'une des industries les moins touchées par la pandémie (sa contribution au PIB a augmenté de 2 % en juin). Qui plus est, en réalisant des investissements numériques stratégiques et en adoptant la technologie, le secteur serait bien placé pour tirer profit des économies réalisées au chapitre de la production, améliorer la traçabilité et la confiance des Canadiens et accroître la salubrité des aliments.

Cependant, ce secteur a été aux prises avec de nouveaux défis : il faut maintenant plus de temps et de ressources pour garantir la sécurité des employés et des consommateurs; il y a une augmentation des coûts et des délais relatifs à l'expédition des produits; et des changements dans la demande nécessitent le repositionnement de la production traditionnelle et des modèles de prestation. De plus, le secteur demeure confronté à des pénuries accrues de main-d'œuvre et à d'autres enjeux antérieurs à la pandémie.

« La pénurie mondiale en eau potable et en terres arables représente une occasion pour le Canada d'assumer un leadership dans les efforts internationaux pour nourrir la population mondiale en hausse, et le consommateur de l'avenir. Notre agriculture durable, appuyée par des technologies numériques, par la production d'aliments à valeur ajoutée, par des carburants et des fibres conçus à partir de nos produits de base, sera un levier de croissance puissant de la nouvelle économie canadienne. »

Murad Al-Katib, membre du Conseil et président-directeur général, AGT Food and Ingredients
Figure 22 : PIB agroalimentaire par sous-secteur

(2019, % de la contribution au PIB)

Source : Statistique Canada, Tableau 36-10-0434-04 (consulté en août 2020)
Version textuelle

Production alimentaire – 51 %

  • Production agricole 41 %
  • Production animale 8 %
  • Pêche et chasse 2 %

Fabrication d'aliments – 40 %

  • Viande 8 %
  • Boulangeries 7 %
  • Produits laitiers 4 %
  • Céréales et oléagineux 3 %
  • Sucre et confiserie 3 %
  • Fruits et légumes 3 %
  • Nourriture pour animaux 2 %
  • Fruits de mer 2 %
  • Autre 7 %

Fabrication de breuvages – 10 %

  • Brasseries 5 %
  • Boissons douces et glace 3 %
  • Vins et distilleries 2 %
Points sensibles :
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Ce que nous avons entendu

Technologies propres

L'industrie des technologies propres du Canada est unie autour d'intérêts sectoriels partagés, possédant un écosystème actif de sociétés, d'universités, de grappes, d'incubateurs, d'accélérateurs et d'associations. Composé d'environ 800 entreprises et représentant environ 3 % du PIBNote de bas de page 126, le secteur comprend un ensemble diversifié de technologies à des niveaux de maturité variables et ayant des usages intersectoriels liés à l'énergie, à l'eau, à l'agriculture, à la foresterie, à la gestion des déchets, à la biodiversité, aux minerais et aux produits adoptés, comme l'équipement écoénergétique et la mobilité durable.

Les technologies propres sont également un catalyseur de croissance économique, d'amélioration du bilan environnemental et de renforcement concurrentiel à long terme dans l'ensemble des secteurs. Elles peuvent contribuer à la réconciliation et à l'égalité par le développement économique, la création d'emplois et la résilience au climat dans les collectivités autochtones et éloignées. Les technologies propres fabriquées au Canada vont ainsi au-delà de l'innovation et participent à la réussite commerciale, aux retombées économiques, à la création d'emploi et à l'atteinte des objectifs climatiques. Elles pourraient être au cœur d'une nouvelle conversation sur l'énergie, l'environnement et l'économie, sur la base d'objectifs communs dans un contexte plus serein que la polarisation actuelle.

Le Canada possède des avantages concurrentiels croissants dans les technologies propres, par exemple la production d'hydrogène, les technologies de l'eau, les réseaux intelligents à énergie renouvelable, les batteries et le stockage d'énergie, la gestion des déchets, la CSUC, les PRM et le transport durableNote de bas de page 127. Même si elles dépendent fortement des É.-U., les exportations de technologies propres canadiennes ont connu une croissance considérable depuis 2016Note de bas de page 128. La croissance rapide prévue dans les marchés mondiaux pour les technologies propres créera de nouvelles industries et chaînes de valeur dans lesquelles le Canada pourrait être concurrentiel en tirant parti de ses forces uniques. Pour réaliser ces avantages, les défis en matière d'innovation doivent être relevés au fur et à mesure que nous préparons ce secteur en vue d'une croissance accélérée.

« L'atteinte de l'avenir à zéro émission nette du Canada d'ici 2050 nécessite une stratégie industrielle ciblée qui accélère l'innovation et qui stimule la commercialisation rapide des technologies propres dans tous les secteurs de notre économie. Le Canada possède les compétences et l'ambition pour devenir un chef de file mondial dans l'atteinte d'un avenir à faibles émissions de carbone, mais les travaux pour déployer les technologies propres fabriquées au Canada, faire croître les sociétés qui les produisent et les garder au pays doivent s'amorcer dès maintenant. »

Membre du Conseil Karen Hamberg, vice-présidente, Affaires extérieures et durabilité, Westport Fuel Systems Inc.
Figure 23 : Domaines technologiques des sous-secteurs des technologies propres

(mars 2019, nombre de domaines technologiques dans chaque sous-secteur)

Source : Statistique Canada, catalogue numéro 16-511-X, Les technologies propres et l'enquête sur les biens et services environnementaux : un guide de référence technique, mars 2019 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle
Sous-secteurs des technologies propres selon la classification de Statistiques Canada Nombre de domaines technologiques
Activités de protection de l'environnement (Protection de l'air et du climat, traitement et gestion des déchets, protection et assainissement des sols, des sédiments et de l'eau) 99
Activités liées aux ressources durables
-Énergie (carburants de remplacement, électricité renouvelable, chauffage, réseau intelligent et stockage d'énergie (CUSC et PRM)) 147
-Eau (réduction de l'utilisation, la gestion et le recyclage de l'eau) 15
-Agriculture, sylviculture et biodiversité (agriculture, aquaculture, faune et flore sauvages, sylviculture) 22
-Minéraux (exploitation minière verte, substituts des matières à base minérale) 7
-Marchandises adaptées (équipements économes en énergie, mobilité durable) 42
Points sensibles :
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Ce que nous avons entendu

Industries numériques

Le secteur est défini de façon générale pour inclure les entreprises qui fabriquent des produits numériques, qui assurent la prestation de services liés à des outils numériques, qui sont exploitées au moyen d'un modèle d'exploitation numérique (c.-à-d. natifs numériques) et qui appuient la numérisation des industries traditionnelles. Lorsque l'on inclut toutes ces entreprises, le secteur représente environ 2,9 % du PIB et 1 % de l'emploi (excluant les entreprises de télécommunications)Note de bas de page 130. La pandémie a eu des répercussions mitigées sur les industries numériques. Certaines entreprises numériques dans des secteurs durement touchés comme la vente au détail et le transport aérien ont subi des impacts négatifs majeurs, tandis que d'autres fournisseurs numériques sont restés relativement stables, parfois avec un faible impact positif. Les entreprises dotées d'un modèle d'exploitation numérique ont généralement prospéré tant au niveau national que mondial.

Les technologies numériques (IA, infonuagique, mégadonnées, Internet des objets, chaîne de blocs, impression en 3D, robotique) transformaient déjà la vie, les entreprises et les gouvernements avant la COVID-19. La pandémie a accéléré le rythme d'adoption de ces technologies en raison des avantages supplémentaires qu'elles pouvaient offrir en situation de crise. La COVID-19 a accéléré de trois à sept ans la transition numériqueNote de bas de page 131, augmentant de façon importante l'utilisation des outils numériques pour le travail, l'éducation, les soins de santé, ce qui crée de nouvelles possibilités pour les entreprises du secteur. Ces sociétés numériques ont été mieux en mesure de tirer parti des possibilités de marché. Les gouvernements dans le monde élaborent les politiques et les infrastructures afin de tirer parti des investissements numériques et de faire progresser les nouvelles technologies qui viendront hausser la productivité et renforcer l'innovation.

En dehors du secteur numérique, les industries canadiennes ont beaucoup à faire pour améliorer leur situation numérique et combler l'écart. En règle générale, les entreprises canadiennes ont sous-investi comparativement à d'autres pays de l'OCDE en matière d'adoption de la technologie. Par conséquent, la productivité du Canada dans des secteurs clés comme la fabrication et les ressources naturelles accuse du retard par rapport aux entreprises américaines dans le même secteur.

Le Forum économique mondial (FEM) a suggéré que les gouvernements qui cherchent à stimuler la reprise économique après la pandémie devraient appuyer la compétitivité numérique en tant qu'élément clé de l'économie immatérielleNote de bas de page 132. Les entreprises numériques ont besoin de politiques et de réglementations différentes pour encourager l'investissement étant donné que les modèles d'affaires des entreprises numériques diffèrent de ceux des entreprises traditionnelles. Ces mesures pourraient inclure la protection et la souveraineté des données, l'infrastructure numérique et d'autres politiques qui encouragent le développement des technologies numériques. L'amélioration de ces mesures soutient non seulement la croissance des entreprises nationales, mais elle est également essentielle pour attirer les investissements directs étrangers (IDE) des entreprises numériques.

Au cours de la prochaine décennie, on prévoit que la numérisation transformera l'économie et la façon d'exploiter les entreprises. Les entreprises chercheront de l'aide pour adopter les technologies numériques et s'assureront d'avoir les ressources financières et les compétences pour y parvenir.

« Nous sommes à la croisée des chemins. Au cours des quatre prochaines années, l'essentiel de l'économie mondiale sera englobée par le numérique ou par des entreprises transformées numériquement. Soit nous passons à côté de cette possibilité et deviendrons simplement des consommateurs numériques, soit nous investissons maintenant pour devenir les bâtisseurs dignes de confiance de sociétés numériques qui seront des chefs de file mondiaux.Il s'agit d'un moment de définition pour le Canada et pour la prospérité future des Canadiens. »

Membre du conseil, John Baker, fondateur, président et PDG de D2L
Figure 24 : Indice de numérisation pour les secteurs canadiens

(2018, degré de numérisation)

Sources : IHS Global Insights, 2018; Le Forum économique mondial, The Global Information Technology Report, 2015 (consulté en juillet 2020)
Version textuelle
Secteur Indice de numérisation du secteur

Services publics

(Vert) Numérisation relativement élevée

Finance et assurances

(Vert) Numérisation relativement élevée

Secteur des TIC

(Vert) Numérisation relativement élevée

Agriculture

(Jaune) Numérisation modérée-élevée

Gouvernement et autreNote de bas de page *

(Jaune) Numérisation modérée-élevée

Transport et entreposage

(Orange) Numérisation modérée-faible

Commerce de gros et de détail

(Orange) Numérisation modérée-faible

FabricationNote de bas de page **

(Orange) Numérisation modérée-faible

Services d'enseignement

(Orange) Numérisation modérée-faible

Soins de santé

(Orange) Numérisation modérée-faible

Arts, divertissements et loisirs

(Rouge) Numérisation relativement faible

Services professionnels et services aux entreprises

(Rouge) Numérisation relativement faible

Ressources naturellesNote de bas de page **

(Rouge) Numérisation relativement faible

Hébergement et services de restauration

(Rouge) Numérisation relativement faible

Points sensibles :
Passer à l'action :
Ce que nous avons entendu

Santé et biosciences

Le secteur de la santé et des biosciences est l'une des industries à plus forte croissance dans l'économie canadienne (1,8 % du PIB et 3 % de l'emploi)Note de bas de page 135. Le secteur est composé d'entreprises menant des activités dans les domaines de la R et D scientifique et dans la commercialisation de la biotechnologie, des technologies médicales et des technologies de la santé numériques et axées sur l'IA. Une augmentation soutenue des investissements dans les entreprises de biotechnologie et de technologies médicales au cours des dernières années, témoigne d'un élan d'innovation dans ce secteur. D'ailleurs, plusieurs équipes canadiennes du domaine sont engagées dans la recherche de traitements et de vaccins contre la COVID-19.

Le secteur de la santé et des biosciences devrait être touché par un ensemble de phénomènes déclenchés par la COVID-19 et influençant la demande et les approvisionnements. Depuis le début de la pandémie, on a constaté une hausse de la demande de certains produits, dispositifs médicaux et médicaments essentiels. La pandémie a poussé à la limite des chaînes d'approvisionnement dans le milieu pharmaceutique, alors que les principaux fournisseurs dans le monde, en Chine et en Inde, ont imposé des ralentissements et des restrictions d'exportation. Les gouvernements ont dû se pencher sur un vaste éventail de mesures pour le rapatriement et l'accumulation de stocks, restructurant des chaînes d'approvisionnement et de fabrication au Canada afin de produire des EPI et des dispositifs en forte demande.

La COVID-19 a également causé une interruption des interventions non urgentes, des rendez-vous médicaux et des essais cliniques, ce qui a entraîné une baisse de nouvelles ordonnances et des commandes de certains dispositifs médicaux. Les fabricants d'équipement médicaux, ainsi que les grossistes de produits pharmaceutiques et de biens personnels, ont été touchés à leur tour par les effets de la pandémie sur le système de soins de santé. La demande comprimée est susceptible de stimuler une relance rapide au fur et à mesure que l'activité économique reprend et que la confiance des consommateurs revient. Afin de répondre à ces goulots d'étranglement en matière d'approvisionnement, le gouvernement a intensifié ses efforts en matière d'approvisionnement et de fabrication nationaux, alors que Santé Canada a accéléré l'autorisation de produits en forte demande au moyen de mesures provisoires liées à la COVID-19. Ces mesures ont créé la possibilité de tirer parti des leçons apprises. La COVID-19 a mis en évidence l'importance d'un système de réglementation moderne et souple. À tire d'exemple, en réponse à la pandémie, le gouvernement du Canada a accordé une souplesse temporaire en matière de réglementation pour l'acceptation de spécifications techniques reconnues à l'échelle internationale pour l'ÉPI, ainsi qu'une souplesse réglementaire et des directives sur la façon de mener les essais cliniques.

« L'apport de l'innovation en biosciences sur la santé humaine et le mieux-être va croître de façon exponentielle au cours de ce siècle. Le Canada, en raison de ses forces reconnues en science, en découverte, en innovation et en entrepreneuriat ainsi qu'en raison de sa main-d'œuvre éduquée, diversifiée et talentueuse, se trouve dans une bonne position pour transformer cette possibilité en moteur économique stimulé. L'heure est venue pour le Canada de libérer le meilleur de son intellect, son avantage concurrentiel et de mobiliser tous les secteurs de notre économie; construire de manière audacieuse et en mieux permettra d'assurer un avenir durable pour le Canada. »

Membre du Conseil, Karimah Es Sabar, PDG et partenaire, Quark Venture LP
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Liste des acronymes utilisés

ADR
Agence de développement régional
AE
Assurance-emploi
ALEC
Accord de libre-échange canadien
B2B
Business-to-business
BDC
Banque de développement du Canada
CNRC
Centre national de recherche du Canada
CSUC
Capture, stockage et utilisation du carbone
CUEC
Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes
EDC
Exportation et développement Canada
EPI
Équipement de protection individuel
ESG
Environnement, social, gouvernance
ETP
Équivalent à temps complet
FEM
Forum économique mondial
FSI
Fonds stratégique d'investissement
GES
Gaz à effet de serre
GNL
Gaz naturel liquifié
IA
Intelligence artificielle
IDE
Investissement direct étranger
IRCC
Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada
OCDE
L'Organisation de coopération et de développement économiques
OPEP
Organisation des pays exportateurs de pétrole
PARI
Programme d'aide à la recherche industrielle
PCE
Programme de crédit aux entreprises
PCU
Prestation canadienne d'urgence
PI
Propriété intellectuelle
PIB
Produit intérieur brut
PME
Petites et moyennes entreprises
PRM
Petit réacteur modulaire
PTET
Programme des travailleurs étrangers temporaires
R et D
Recherche et développement
RS&DE
Recherche scientifique et développement expérimental
SSUC
Subvention salariale d'urgence du Canada
STIM
Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques
TDDC
Technologies du développement durable Canada
TIC
Technologies de l'information et des communications
TSSE
Table sectorielle de stratégie économique
TVA
Taxe sur la valeur ajoutée
VE
Véhicule électrique

Annexe A : Résumé des recommandations du Conseil

Version textuelle

Cette image représente le plan d'action du Conseil. Ce plan comprend des recommandations visant à redémarrer, relancer et repenser l'économie canadienne pour qu'elle prospère à long terme.

Les recommandations en ce qui concerne la phase redémarrer visent à rétablir la confiance et rouvrir les commerces de manière sécuritaire. La première recommandation vise à renforcer nt la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens pour naviguer dans la nouvelle normalité et ajuster le plan de réponse économique pour mieux soutenir une réouverture de l'économie en toute sécurité. La deuxième recommandation vise à stabiliser et sécuriser les secteurs les plus touchés en appliquant des mesures ciblées:  Compagnies aériennes, aéroports et aérospatiale; Ressources de l'avenir; Tourisme, accueil et culture.

Les recommandations relatives à la phase relancer sont destinées à établir une trajectoire de croissance inclusive. Elles permettront de relancer la croissance en doublant les investissements dans un plan d'avenir. Elles portent plus précisément sur la diversité, talent et innovation en matière de main-d'œuvre; l'écosystème d'innovation et financement en recherche et développement; l'accès au capital afin d'accélérer la croissance des entreprises canadiennes; l'infrastructures stratégiques (numériques et matérielles); la réglementation agile; l'utilisation stratégique des marchés publics.

Les recommandations relatives à la phase repenser visent a catalyser la croissance du PIB au-delà des niveaux antérieurs a à la COVID-19. Elles permettront de repenser avec une stratégie industrielle basée sur quatre piliers pour constituer une économie numérique, durable et innovante pour tous les Canadiens. Elles visent à rendre l'économie canadienne numérique et axée sur les données; être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres; bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial; tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète.

Le Conseil recommande de mettre en place des partenariats renouvelés entre les secteurs public et privé et des investissements reposant sur un cadre budgétaire et financier solide, pour les trois phases que sont redémarrer, relancer et la repenser.

Ces recommandations reposent sur des connaissances et des recommandations sectorielles approfondies, étayées par des analyses fondées sur des données, figurant à la section éclairage sectoriel: réflexion approfondies sur les différents secteurs du présent rapport. En retour, ces connaissances sectorielles aident à étayer les recommandations concernant les phases redémarrer, relancer et repenser.

Les observations fondamentales tirées des consultations de l'industrie et de l'ensemble des parties prenantes se trouvent aux annexes B, C et D.

Recommandation A : Renforcer la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens pour canadiens pour mieux soutenir une réouverture de l'économie en toute sécurité

  1. Renforcer la coordination et le partage des meilleures pratiques avec les provinces et les territoires et adopter une approche de gestion des risques, puisque la COVID-19 sera parmi nous pendant un certain temps (p. ex., une approche coordonnée à l'égard de l'ouverture des frontières fondée sur des principes solides de gestion du risque et le lancement de projets pilotes afin de mettre à l'essai des approches innovantes de gestion du risque).
  2. Mobiliser pleinement le secteur privé afin de garantir que les mesures de santé publique et les innovations pertinentes sont en place pour appuyer un redémarrage sécuritaire (p. ex., s'allier à des consortiums de l'industrie pour augmenter les capacités de dépistage et réduire les délais d'analyse, pour étendre la recherche des contacts en vue d'accélérer l'activité économique et, éventuellement, pour déployer une campagne de vaccination à grande échelle).
  3. Élaborer, en collaboration avec des institutions financières canadiennes et des sociétés d'État fédérales à vocation financière, des mécanismes visant à faciliter la restructuration et le refinancement d'entreprises rentables en temps normal, qui font face à des périodes de relance prolongées. Ainsi, les entreprises pourront sortir de la crise en ayant des modèles opérationnels plus viables.
  4. Encourager davantage la participation au marché du travail et la requalification professionnelle au fur et à mesure que les programmes d'urgence prennent fin, en se basant sur les changements annoncés récemment (p. ex., compléter la transition de la Prestation canadienne d'urgence [PCU] à l'assurance-emploi avec des programmes de compétences axés sur l'innovation pour aider des travailleurs affectés à se réorienter ou se requalifier – particulièrement les femmes et les Canadiens des minorités culturelles, et revoir le modèle de formation de l'assurance-emploi).
  5. Tirer parti de l'image de marque « Canada » et en faire la promotion au pays et à l'étranger, en insistant sur la valeur ajoutée et sur l'innovation (p. ex., encourager l'achat chez nous et le soutien aux entreprises locales et lancer des campagnes de messages de santé publique à l'étranger afin de donner confiance à d'éventuels étudiants internationaux).

Recommandation B : Stabiliser et sécuriser les secteurs les plus touchés en appliquant des mesures ciblées

Compagnies aériennes, aéroports et aérospatiale

  1. Fournir un soutien à plus long terme (p. ex., jusqu'au retour aux niveaux d'activités d'avant la pandémie) afin de permettre aux entreprises particulièrement touchées ou d'intérêt stratégique national de supporter leurs coûts fixes et de permettre l'amélioration de la performance environnementale des flottes, conformément à ce que font d'autres administrations concurrentielles (afin de compléter ou de remplacer des programmes existants).
  2. Accélérer la reprise des déplacements intérieurs et internationaux en adoptant des façons innovantes et prudentes de gérer les risques et de rebâtir la confiance (p. ex., dépistage rapide pour les visiteurs internationaux provenant d'administrations à faible risque et réduction considérable de la durée de la quarantaine).

Ressources de l'avenir

  1. Offrir des mesures incitatives supplémentaires aux entreprises en amont afin qu'elles maintiennent des opérations viables à long terme et relancent leurs dépenses d'investissement en tenant compte des facteurs d'environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance (ESG) en matière de ressources, et garantir que les programmes de crédit aux entreprises en place offrent un financement provisoire aux entreprises de services jusqu'à la reprise de l'investissement.

Tourisme, accueil et culture

  1. Fournir des capitaux patients afin de permettre aux entreprises phares dont l'image de marque est excellente et qui ont un modèle opérationnel viable à long terme (mais qui éprouvent des difficultés temporaires d'accès au capital) de surmonter cette période de faible demande et de surcapacité, particulièrement dans les petites collectivités où les répercussions peuvent être disproportionnées.
  2. Collaborer avec le secteur privé afin de garantir l'offre d'un financement suffisant pour la restructuration et la transformation, en mobilisant le capital privé à des taux attrayants et en veillant à donner aux entrepreneurs la possibilité de transformer leur entreprise dans la foulée de la pandémie.

Recommandation C : Relancer la croissance en doublant les investissements dans un plan d'avenir

Diversité, talent et innovation en matière de main-d'œuvre

  1. Étendre la portée des programmes de formation et les financer davantage en partenariat avec les provinces et les territoires afin d'encourager un modèle et une infrastructure d'apprentissage numérique plus agiles pour répondre aux demandes futures (p. ex., soutenir le perfectionnement des compétences et la formation afin de pallier les pénuries de main-d'œuvre).
  2. Tirer parti de l'occasion de maintenir en poste et d'attirer des talents mondiaux très qualifiés, particulièrement dans les domaines du numérique et des données, à l'heure où d'autres pays interdisent ou réduisent l'accès à des permis de travail (p. ex., embaucher de nouveaux diplômés en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques et des détenteurs de visa H-1B, et contribuer à l'intégration en emploi des conjoints accompagnateurs).
  3. Élaborer une stratégie nationale d'innovation en matière de main-d'œuvre afin de créer un système d'apprentissage continu harmonisé aux besoins des entreprises, assurant ainsi que les diplômés sont bien placés pour occuper les emplois de l'avenir, tout en comblant l'écart entre les sexes et en faisant progresser l'inclusion et la diversité dans la main-d'œuvre (p. ex., les compétences requises pour la fabrication 4.0, les programmes de stage et programmes mixtes, les micro-diplômes et la souplesse en ce qui concerne l'apprentissage en ligne).

Écosystème d'innovation et financement en recherche et développement

  1. Atténuer le risque des projets innovants et encourager les entreprises à se numériser et s'automatiser afin de propulser leur productivité, particulièrement les PME et les entreprises moyennes supérieures (p. ex., miser sur les centres d'accès aux technologies, songer à confier aux supergrappes un mandat pour l'adoption de la technologie, en mettant un accent accru sur les entreprises moyennes supérieures, encourager le secteur privé à investir dans des technologies et des actifs immatériels, comme la fabrication 4.0, accroître l'adoption du numérique et la prestation de services dans les domaines des soins de santé et de l'éducation qui ont des demandes considérables à la suite de la pandémie, et investir dans des projets d'infrastructure logicielle).
  2. Continuer de renforcer la Charte numérique et la stratégie de propriété intellectuelle du Canada et bâtir un système de réglementation numérique moderne pour mieux gérer, protéger (ce qui comprend l'application de mesures contre le vol de données) et commercialiser nos actifs (p. ex. lignes directrices sur l'utilisation des drones, éducation à la propriété intellectuelle, frais de dépôt de propriété intellectuelle pour les entreprises admissibles à la RS&DE, groupes de microbrevets).
  3. Recapitaliser, élargir et moderniser les principaux programmes gouvernementaux pour stimuler les investissements privés immédiats et à long terme dans l'innovation et la recherche et développement (p. ex., le Fonds stratégique pour l'innovation (FSI), Technologies du développement durable Canada (TDDC), RS&DE, intégrer l'adoption de la technologie dans le mandat du PARI).

Accès au capital afin d'accélérer la croissance des entreprises canadiennes

  1. Considérer confier un plus grand rôle aux sociétés d'État financières – la Banque de développement du Canada, Exportation et développement Canada et Financement agricole Canada – pour appuyer la relance de l'économie en partenariat avec le secteur privé et conformément à la stratégie générale visant à stimuler la productivité et l'innovation :
    • Demander aux sociétés d'État financières d'accepter un niveau de risque plus élevé et de fournir un capital supplémentaire considérable aux entreprises canadiennes;
    • Mettre en place de nouveaux fonds à missions particulières afin d'aider les entreprises à prendre de l'expansion, ce qui comprend le financement des rondes plus importantes en capital de risque, qui se sont avérées difficiles à conclure au Canada;
    • Ordonner à ces institutions de soutenir davantage les entreprises les plus grandes et les plus concurrentielles du Canada afin de les aider à atteindre le sommet (p. ex., investissement de R et D en innovation pour la production numérique et investissement en vue d'adopter les plus récentes technologies);
    • Renforcer les capacités propres des secteurs clés en les orientant vers les priorités stratégiques industrielles.
  2. Veiller à pallier les lacunes d'accès au capital (p. ex., les fonds pour l'entrepreneuriat chez les femmes, les fonds de développement des communautés autochtones et les fonds de recherche en biosciences) en partenariat avec le secteur privé :
    • Développer les fonds de croissance axés sur la diversité qui existent à l'heure actuelle en vue d'élargir l'accès au capital et de stimuler une croissance inclusive;
    • Développer les modèles de partenariat qui ont fait leurs preuves en matière de capital de croissance, incluant des mesures incitatives qui visent à mobiliser les capitaux privés et à approfondir l'expertise en investissement à l'échelle nationale (p. ex., Initiative de catalyse du capital de risque).

Infrastructures stratégiques – numériques et matérielles

  1. Mettre en œuvre plus rapidement, d'ici 2026, le plan qui vise à assurer la couverture Internet et à donner accès à une connexion Internet de grande qualité à l'ensemble des Canadiens, en collaboration avec le secteur privé et d'autres ordres de gouvernement.
  2. Avec l'appui de la Banque de l'infrastructure du Canada, lancer des projets bâtisseurs d'avenir :
    • Définir une perspective stratégique pour les priorités en infrastructure qui augmentent le plus la productivité du pays;
    • Rendre possible un bassin de projets et faciliter les investissements nécessaires en augmentant l'acceptabilité des modèles d'utilisateur-payeur.
    • Encourager de façon plus proactive l'exécution de ces projets, y compris les catégories de biens non traditionnelles (p. ex., infrastructure numérique et infrastructure verte, et petits réacteurs modulaires).
    • Créer des processus d'approbation accélérés dans tous les ordres de gouvernement en vue d'élargir la portée et d'accroître la rapidité des investissementsNote de bas de page 139.
  3. Investir dans une infrastructure commerciale stratégique qui élimine les goulots d'étranglement cruciaux (p. ex., élaborer une stratégie sur les corridors pour les produits en vrac et pour les conteneurs). L'infrastructure doit être axée sur les échanges. Les chemins de fer, les routes, les ports, les aéroports, les pipelines et la capacité technologie sont prioritaires, car nous affichons des déficits infrastructurels bien documentés dans ces domaines. Nous ne pourrons pas suivre le rythme de la demande dans les marchés à croissance rapide si nous n'accélérons pas considérablement les investissements en infrastructure.

Réglementation souple

  1. Mener plus rapidement les examens réglementaires dans les secteurs où les retards ont des répercussions financières et sociales disproportionnées (p. ex., technologies propres et ressources), mener des examens réglementaires ciblés pour soutenir la plupart des secteurs touchés (p. ex., le secteur pétrolier et gazier, et l'aérospatiale) et intensifier les efforts de réforme réglementaire en cours en vue d'éliminer les zones de chevauchement entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.

Utilisation stratégique des marchés publics

  1. Accroître la résilience de la chaîne d'approvisionnement nationale par l'approvisionnement gouvernemental stratégique, particulièrement dans les secteurs stratégiques touchés par la COVID-19 ou dans les cas où il est possible de créer des économies d'échelle (p. ex., les soins de santé, les technologies propres, l'éducation et les entreprises autochtones). Il faudrait mettre en œuvre l'ensemble des recommandations présentées dans les rapports précédents sur l'approvisionnement.

Recommandation D : Le Canada doit se donner une stratégie industrielle qui repose sur quatre piliers pour créer une économie numérique, durable et innovante au bénéfice de l'ensemble des Canadien

Devenir une économie numérique axée sur les données

  1. Bâtir un Réseau numérique canadien mondial (Réseau numérique boréal) afin de faire du Canada une société numérique
    • Élaborer une stratégie en vue de renforcer l'industrie numérique du Canada au pays et à l'étranger (p. ex., accélérer les normes et règlements nationaux en matière de données et de cybersécurité, augmenter le financement des délégués commerciaux pour aider à créer des avant-postes et des itinéraires commerciaux numériques pour la technologie canadienne).
    • Renforcer la stratégie d'investissement dans les infrastructures afin d'augmenter l'importance du volet des infrastructures numériques comme le haut débit, les logiciels, l'IA et le réseau 5G entre autres, et tirer parti des programmes en place (p. ex., la Stratégie sur la connectivité et la Banque de l'infrastructure du Canada).
    • Tirer profit des forces du Canada (p. ex., image de marque et cadre de protection des renseignements personnels) afin d'élargir l'accès des entreprises canadiennes aux marchés internationaux (p. ex., collaborer avec des entreprises moyennes du segment supérieur, miser sur les normes canadiennes (comme la protection des renseignements personnels) pour promouvoir les exportations).
  2. Soutenir les entreprises moyennes supérieures du Canada
    • Se concentrer davantage sur les entreprises moyennes du segment supérieur pour qu'elles réalisent des gains à l'échelle mondiale (p. ex., attribuer une partie des capitaux patients aux entreprises moyennes du segment supérieur prêtes à prendre de l'expansion rapidement, adapter les critères d'admissibilité aux programmes existants comme le PARI afin de mieux les inclure).
    • En se fondant sur des initiatives comme Solutions innovatrices Canada, mettre en place des normes d'approvisionnement du gouvernement qui soutiennent la croissance des entreprises canadiennes (p. ex., le gouvernement en tant que premier client).
    • Encourager l'adoption des technologies numériques dans les grandes entreprises canadiennes, et la numérisation des services gouvernementaux.
  3. Bâtir un talent canadien très qualifié en tant qu'avantage concurrentiel à l'échelle mondiale
    • Mettre en place une plateforme de compétences numériques de premier plan afin de perfectionner les compétences du talent canadien ou de le requalifier.
    • Élaborer une stratégie de maintien en poste pour les talents recherchés formés au Canada par l'entremise de mesures incitatives et d'autres efforts (p. ex., compléments salariaux).
    • Élargir le volet du talent international afin d'attirer et de conserver de manière plus proactive le talent numérique au Canada, particulièrement au moment où d'autres pays ferment leurs portes aux talents recherchés.
  4. Tirer parti de la PI et promouvoir la valeur des données
    • Soutenir la création et la propriété de la PI dans les entreprises canadiennes (p. ex., coûts liés à une demande de PI, RS&DE applicable et éducation en matière de politiques).
    • Moderniser le régime de protection des renseignements personnels et de données en vue d'harmoniser les règlements entre administrations.
    • Créer un cadre national pour les règlements et les normes, qui régit les données (y compris les grandes bibliothèques de données de sources ouvertes) afin de promouvoir la collaboration entre les secteurs privé et public, d'offrir un nouveau financement pour les programmes de recherche et développement et mettre en commun les actifs du Canada en vue d'assurer la croissance de l'économie axée sur les données.
    • Intégrer la stratégie relative à la PI aux programmes de financement du gouvernement afin de garantir que les entreprises et les innovateurs du Canada disposent des meilleures ressources en PI et d'offrir des soutiens financiers pour le développement de la PI.

Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres

  1. Soutenir tous les secteurs des ressources naturelles pour qu'ils deviennent des fournisseurs ESG mondiaux et des innovateurs en matière de produits
    • Bâtir une industrie pétrolière résiliente en devenant un chef de file mondial en matière de CSUC afin de réduire l'empreinte carbone et de fournir une énergie éthique, qui repose sur les principes ESG; soutenir la commercialisation des petits réacteurs modulaires afin de réduire les émissions.
    • Accélérer l'innovation des produits de bois d'ingénierie et de la biomasse, en plus de promouvoir des pratiques de gestion durable pour maximiser l'absorption nette de carbone par les forêts.
    • Miser sur le leadership mondial dans les pratiques d'exploitation minière durable, en plus de faire croître une chaîne d'approvisionnement des matières essentielles à l'échelle commerciale (p. ex., éléments de terres rares, nickel) requise pour de nombreuses technologies nouvelles (p. ex., VE, stockage de l'énergie, capteurs et applications de traitement des données) afin d'améliorer la résilience de la chaîne d'approvisionnement nationale et nord-américaine.
    • Mettre l'accent sur des solutions d'origine végétale et accélérer le développement de biocarburants à teneur en carbone faible ou nulle.
  2. Tirer parti des technologies propres pour accélérer les exportations et l'adoption nationale, et décarboner les principaux secteurs industriels
    • Mobiliser les capitaux (et les capitaux patients) pour stimuler l'investissement du secteur privé dans les domaines des technologies propres, notamment aux fins d'expansion.
    • Produire du carburant hydrogène (bleu, vert, gris) à grande échelle et construire l'infrastructure connexe aux fins de consommation nationale et d'exportation.
    • Bâtir la chaîne d'approvisionnement des batteries (des minerais essentiels jusqu'aux pièces précises requises aux fins d'assemblage) au Canada afin de satisfaire aux besoins d'approvisionnement nord-américains et mondiaux.
    • Devenir un carrefour de calibre mondial pour l'aviation durable et le biocarburant pour avions à réaction (p. ex., soutien des activités de R et D pour les entreprises d'aviation).
    • Établir une stratégie ciblée pour le perfectionnement des talents techniques et commerciaux (p. ex., commercialisation des produits, marchés de capitaux, protection de la PI, développement de la chaîne d'approvisionnement mondiale) afin de favoriser l'expansion des entreprises de technologies propres, tout en cultivant des occasions d'emploi pour les collectivités mal desservies.
    • Promouvoir la force du Canada en matière de technologie propre dans les domaines de l'énergie renouvelable, des biocarburants, de stockage de l'énergie, des réseaux intelligents, du transport et des technologies de l'eau.
  3. Inciter tous les secteurs à respecter les engagements de Paris en leur offrant une voie de décarbonation optimale sur le plan des coûts et du temps
    • Élaborer un plan national ou pancanadien émission zéro nette d'ici 2050, et collaborer ensuite avec chaque secteur (p. ex., ressources, énergie, fabrication, agriculture, transport et technologies propres) ainsi que des entreprises privées du secteur pour assurer leur harmonisation et l'exécution de leur partie du plan.
    • Permettre aux entreprises d'utiliser des crédits provenant de n'importe quelle région au Canada et à l'échelle internationale pour respecter les obligations en matière de réduction du carbone.
    • Élaborer des mesures incitatives pour les projets écoénergétiques et de décarbonation (p. ex., mesures incitatives comme l'article 45Q des États-Unis), y compris la mise en place d'un réseau électrique interconnecté et les énergies renouvelables.
    • Investir dans les infrastructures vertes pour soutenir la transition vers une économie zéro émission nette, p. ex., SCUC, déploiement de postes de recharge de véhicules électriques (VE) à l'échelle du pays, immeubles écoénergétiques et solutions climatiques basées sur la nature et affirmer la volonté du Canada d'être un leader de la transition énergétique et des technologies propres.

Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial

  1. Stimuler l'investissement en innovation et en commercialisation
    • Mettre en place des mesures de soutien pour garantir que les produits canadiens et la propriété intellectuelle restent différenciés (p. ex., explorer des incitatifs pour les entreprises qui transforment la propriété intellectuelle produite au pays en produits fabriqués localement).
    • Élaborer une stratégie afin de stimuler l'investissement du secteur privé local et international dans les sous-secteurs prioritaires, potentiellement par l'intermédiaire d'un financement mixte et d'un fonds de capitaux patients, en mettant l'accent sur les produits à fort coefficient de recherche.
  2. Accélérer la création et l'adoption de la technologie
    • Accroître les encouragements à l'investissement (p. ex., pour l'équipement de fabrication autonome de prochaine génération), directement liés aux résultats (p. ex., perfectionnement des compétences et des talents, commercialisation, exportations et rendement environnemental) afin de permettre une expansion rapide.
    • Encourager l'adoption de la technologie améliorant la productivité (p. ex., financer des programmes de renforcement des capacités de production, offrir des services de diagnostic afin d'aider les entreprises à bien comprendre les technologies disponibles et les applications qu'elles permettent).
  3. Établir un lien entre les grappes technologiques et les entreprises de fabrication.
    • Mettre sur pied l'infrastructure pour encourager la collaboration interfonctionnelle dans des secteurs naissants et en croissance (p. ex., rencontres technologiques axées sur les innovations en biosciences, incubateurs se spécialisant dans le développement de carburants d'aviation alternatifs).
  4. Acquérir les compétences et les talents en prévision de la fabrication 4.0
    • Assurer une main-d'œuvre solide (p. ex., bourses d'études ciblées, remboursements de cours, visas accélérés pour les travailleurs hautement qualifiés et leurs familles).
    • Soutenir les femmes et les travailleurs des minorités dans la fabrication pour veiller à ne pas perdre les progrès réalisés en ce qui concerne la parité en emploi en raison de la COVID-19 et à ce que cette parité se poursuive dans l'avenir (p. ex., mise à jour du programme de travail partagé, efforts ciblés de perfectionnement des compétences).

Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète

  1. Bâtir les infrastructures et l'accès aux marchés nécessaires pour les vagues de croissance futures
    • Accélérer les investissements dans les infrastructures commerciales afin de dégager les goulots d'étranglement critiques pour le transport de marchandises (p. ex., transport ferroviaire et ports multimodaux, accès au Nord, etc.).
    • Élaborer un « Plan continu d'infrastructure national pour les corridors commerciaux et les points d'entrée » sur 50 ans pour assurer une approche à long terme en matière de planification et de financement des infrastructures.
    • Continuer à accroître l'accès aux marchés internationaux au moyen d'accords bilatéraux axés sur l'élimination des obstacles commerciaux tarifaires et non tarifaires.
  2. Déployer des investissements dans des secteurs concurrentiels
    • Soutenir les investissements dans la transformation à valeur ajoutée de matières premières afin de permettre aux acteurs canadiens de capturer une part plus importante de la valeur découlant des activités de transformation (p. ex., maintenir un objectif d'investissement et l'élan pour la protéine végétale, un accent supplémentaire sur d'autres domaines comme les carburants renouvelables).
    • Encourager le développement et la commercialisation de produits de biosciences innovants (p. ex., engrais à zéro carbone, phénotypage, cultures résistantes, produits à base de végétaux) et les processus (p. ex., augmenter le captage et l'enfouissement du carbone dans le sol).
  3. Accroître la numérisation afin d'améliorer la productivité
    • Accélérer les investissements dans les infrastructures à large bande afin de permettre la connectivité haute vitesse, particulièrement dans les collectivités rurales et autochtones, et accroître l'adoption des technologies numériques essentielles aux améliorations de la productivité.
    • Stimuler les investissements numériques dans l'ensemble des chaînes d'approvisionnement pour réduire les exigences en matière d'inventaire et améliorer l'efficacité générale (p. ex., chaîne de blocs et automatisation des lignes de transformation).
  4. Moderniser les systèmes de réglementation et bâtir un bassin de talents du XXIe siècle
    • Moderniser le système de réglementation en mettant l'accent sur l'élimination des obstacles au commerce intérieur pour favoriser la croissance du secteur agroalimentaire canadien et aider les entreprises à croître et à devenir concurrentielles à l'échelle mondiale.
    • Attirer de nouveaux talents dans le secteur agroalimentaire, en accordant une attention particulière aux compétences numériques et en affaires.
    • Moderniser le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour solutionner les pénuries de main-d'œuvre à long terme.

Recommandation E : Mettre en place de nouveaux partenariats avec le secteur privé et des investissements reposant sur un cadre budgétaire et financier solide

Cadre financier solide et rigoureux

  1. Élaborer un plan réaliste et prévisible pour relancer et repenser notre économie permettant de répondre à quatre objectifs budgétaires clairs :
    • Le Canada doit demeurer un chef de file reconnu parmi les pays industrialisés dans la gestion des finances publiques et le niveau de la dette et du déficit;
    • Une conception prudente des programmes doit faire en sorte qu'une hausse du financement public n'écartera pas les investissements privés au Canada;
    • Les nouvelles dépenses appuieront surtout la croissance future (p. ex., les investissements en capital humain, matériel et intellectuel afin d'améliorer la capacité productive et le potentiel d'exportation) plutôt que la seule consommation à court terme; les résultats feront l'objet d'une gestion et d'un suivi rigoureux.
    • Le Canada préservera la compétitivité de son régime fiscal.

Partenariats avec le secteur privé

  1. Collaborer avec le secteur privé dans le but de livrer les recommandations et tirer profit des approches éprouvées, y compris :
    • mettre sur pied de nouveaux forums de dialogue régulier et transparent sur les possibilités d'investissement entre le gouvernement et l'écosystème financier du Canada;
    • établir un cadre pour le partage des risques dans les partenariats avec les secteurs public et privé pouvant être adapté pour les projets particuliers (p. ex., partage des risques, premières pertes, médiation);
    • en collaboration avec les provinces, établir une stratégie nationale unifiée pour attirer des capitaux mondiaux dans le pays tout en maintenant des normes élevées en matière de gouvernance d'entreprise et de divulgation;
    • offrir des mesures incitatives ciblées pour atténuer le risque et accélérer les investissements, et pour créer des possibilités gagnant-gagnant en vue de permettre aux investisseurs d'obtenir des niveaux de rendement appropriés tout en aidant l'économie.

Recommandations propres aux secteurs

Ressources de l'avenir

Fabrication de pointe

Commerce de détail

Tourisme et accueil

Transport

Agroalimentaire

Technologies propres

Industries numériques

Santé et biosciences

Annexe B : Participation des intervenants et du public

Le Conseil sur la stratégie industrie a procédé à une vaste consultation au cours de son cycle de réunions. Sans tout cet apport, les travaux du Conseil n'auraient pas été possibles. Voici un aperçu du plan de mobilisation publique du Conseil et la démarche qui en a découlé. Le Conseil sur la stratégie industrielle a mené près de 100 séances de consultation avec des intervenants de partout au Canada représentant plus de 1 000 entreprises, des collèges et universités, des associations, des organismes communautaires, des communautés autochtones et des groupes de jeunes. Nous avons soigneusement documenté les commentaires des participants au cours de ces séances, de même que les mémoires écrits qui nous ont été acheminés. Dans une forme ou une autre, les commentaires que nous avons reçus ont été essentiels afin d'ancrer les travaux dans la réalité des Canadiens.

Plan de participation du public

Le Conseil sur la stratégie industrielle a rencontré les intervenants afin d'obtenir des points de vue sur ce qui suit :

Processus de participation publique

Le processus de participation publique du Conseil sur la Stratégie industrielle s'est déroulé en quatre étapes :

  1. Engagement bilatéral avec des chefs de file et des intervenants clés de l'industrie
    • Discussions avec des chefs de file et dirigeants de l'industrie profondément engagés dans l'économie du Canada, les banques du Canada, les institutions nationales, le milieu universitaire et l'industrie.
  2. Réunions avec des associations pancanadiennes
    • Associations pancanadiennes : rencontres avec les représentants d'associations pancanadiennes représentant les intérêts économiques des Canadiens.
    • Groupes d'influence : rencontres avec des groupes tels que le Cercle des présidents, Cirano, QG 100, et le Réseau des femmes d'affaires du Québec.
  3. Consultation en ligne : Le Conseil a développé, sur son site Internet, une plateforme ouverte et accessible invitant les Canadiens à parler de leurs expériences et à partager leurs réflexions sur la façon de bâtir une économie forte et résiliente.
  4. Présentations écrites : Plus de 100 présentations ont été soumises à la présidente, directement ou par l'intermédiaire des voies ministérielles, incluant par le site Web du Conseil, pour partager leurs points de vue.
  5. Avec l'appui de McKinsey, un sondage a été mené auprès de 726 petites et moyennes entreprises pour éclairer les séances de travail du Conseil et fournir, en temps opportun, un aperçu des dynamiques sectorielles découlant de la COVID-19.
  6. Mobilisation sectorielle
    • Les membres du Conseil ont dirigé une mobilisation sectorielle dans leurs secteurs respectifs auprès de PDG et d'associations reconnues.

Ce que nous avons entendu

Un consensus général a émergé de notre processus de consultation à l'effet que le moment est venu de mettre le Canada en position de gagner. Plusieurs thèmes communs ont émergé dans presque toutes les sessions de mobilisation du Conseil. Ces thèmes ont été abordés dans notre rapport.

  1. Le Canada est en bonne position comparativement à d'autres pays et a la capacité de répondre de façon appropriée aux besoins.
  2. Les orientations stratégiques du Canada devraient permettre d'atteindre de multiples objectifs en même temps (c'est-à-dire améliorer l'économie tout en stimulant les progrès dans d'autres aspects stratégiques).
  3. Il faut considérer les impacts de la crise sur les finances publiques et les tendances à long terme.
  4. Les propositions de relance résiliente doivent tenir compte des trois éléments suivants : 
    • L'économie – créer des avantages et des emplois durables et pertinents;
    • L'environnement – réconcilier la compétitivité et une résilience climatique propres;
    • L'équitabilité et la faisabilité – une attention particulière doit être accordée aux jeunes, aux femmes, aux personnes autochtones et aux groupes vulnérables.

Annexe C : Liste des intervenants

Les membres du Conseil expriment leur gratitude à tous ceux qui ont pris le temps de parler avec nous et de nous faire part de leurs points de vue. Leurs réflexions ont aidé à façonner nos travaux et nos recommandations. Repenser le Canada pour la prospérité de tous les Canadiens a été un effort collectif.

Associations pancanadiennes, organisations provinciales et autres groupes d'entreprises

Organisations paragouvernementales

Consultations sectorielles

Fabrication de pointe :

Transport :

Technologies propres :

Commerce de détail :

Tourisme et l'accueil :

Industries numériques :

Sciences biologiques et la santé :

Agroalimentaire :

Ressources de l'avenir :

Associations :

Ministres et sous-ministres

Ministres

Des discussions approfondies ont eu lieu avec l'honorable Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie.

Des discussions complémentaires ont également eu lieu avec :

Sous-ministres

Autres présentateurs

Le Conseil a aussi pris en compte une abondance d'avis et documents transmis acheminés par le site web ou des correspondances aux membres. La liste de ces éléments figure à l'annexe D.

Annexe D : Rapports, articles et autres documents soumis au Conseil

Le titre des documents apparaît dans la langue de transmission et de présentation au Conseil.

Aéro Montréal

Airbus Canada

Air Transat

Alliance de l'industrie touristique du Québec

Associations d'entrepreneurs

Association des Chemins de fer du Canada

Association des produits forestiers du Canada

Association internationale du transport aérien

Association nationale de foresterie autochtone

Association touristique autochtone du Canada

Associations Canadienne des Prospecteurs et Entrepreneurs

Banque du Canada

Bell Canada

BlackRock

Business Council of Alberta

CGI, Inc., Département des Affaires économiques

Chambre de commerce du Canada

CIBC

Comptables professionnels agréés Canada

Conseil canadien des innovateurs

Conseil des aéroports du Canada

Conseil du bâtiment durable du Canada

Conseil économique des provinces de l'Atlantique

Corus Média

Conseil national des lignes aériennes du Canada and International Air Transport Association

CVCA

Efficacité énergétique Canada

Ernst & Young

Ernst & Young, Réseau des Femmes d'affaires du Québec

Exportation et développement Canada

Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Fondation canadienne pour l'innovation

Fonds des medias du Canada

Génome Canada

Groupe des onze

Groupe de travail pour une reprise économique résiliente

Industrielle Alliance Groupe financier

Innoventures Canada

Inuit Tapiriit Kanatami

L'Association des industries de l'aérospatiale

Le Congrés du travail du Canada

Le Conseil canadien des affaires

Le Forum des politiques publiques

Le Pacte pour la transition

Manufactueriers et exportateurs du Canada

OpenText

Palette

Petroleum Services Association of Canada

Pierre Rivard, David Isaac, Vicky Sharpe, Fonds d'infrastructure des Premiéres Nations

Québec International

Réseau canadien de recherche sur les éléments de terres rares

Rising Economy Taskforce

Rogers Communications Inc.

Scientifique en chef du Québec

Sollio Groupe Coopératif

Supergrappe des technologies numériques

Task Force for Real Jobs, Real Recovery

TELUS

Universités Canada

WaterPower Canada

WestJet

Women in Renewable Energy

Ressources supplémentaires

Mémoires transmis par le site Web

Mémoires transmis par la poste

Annexe E : Conseil sur la stratégie industrielle — Membres

Membres d'office :

Annexe F : La feuille de route du Conseil

Version textuelle

L'image présente toutes les recommandations du Conseil sur une seule page. La bannière en haut de la page comprend le titre du rapport : Redémarrer, Relancer, Repenser la prospérité de tous les canadiens : Un plan de croissance ambitieux pour bâtir une économie numérique, durable et innovante. Elle comporte trois colonnes : Redémarrer, Relancer et Repenser.

Une deuxième bannière est intitulée : Observations fondamentales tirées des consultations de l'industrie et de l'ensemble des parties prenantes.

Les recommandations consignées dans la colonne « Redémarrer » visent à rétablir la confiance des entreprises et consommateurs et rouvrir l'économie de manière sécuritaire. Cette colonne comprend deux recommandations : A et B.

Figure A : Renforcer la confiance des entreprises et des consommateurs canadiens pour naviguer dans la nouvelle normalité et ajuster le plan de réponse économique pour mieux soutenir une réouverture de l'économie en toute sécurité

Parmi les mesures recommandées par le Conseil, mentionnons les suivantes :

  • Renforcer la coordination et le partage des meilleures pratiques avec les provinces et les territoires et adopter une approche de gestion des risques
  • Mobiliser pleinement le secteur privé pour les mesures de santé publique
  • Mettre en place des mécanismes visant à faciliter la restructuration et le refinancement des entreprises rentables en temps normal
  • Encourager la participation au marché du travail et des mécanismes de requalification plus agiles
  • Exploiter et promouvoir la marque « Canada » à l'échelle nationale et internationale, en mettant l'accent sur la valeur ajoutée et l'innovation

Image 1: Résultat de l'enquête menée par le Conseil sur la stratégie industrielle :

  • 726 répondants
  • Provenant des 13 provinces et territoires
  • Entreprises de plusieurs secteurs et toutes tailles
  • 78 % des répondants s'inquiétaient de la viabilité financière de leur entreprise
  • Tourisme - Perte attendue de 50 % des revenus
  • Commerce de détail - Perte attendue de 32 % des revenus
  • Fabrication de pointe - Perte attendue de 30 % des revenus
  • Baisse prévue de 44 % des recettes des entreprises dirigées par des femmes en 2020
  • 64 % des répondants ont eu de la difficulté à obtenir du crédit
  • Perte de 41 % des revenus pour les entreprises qui font de la vente directement aux consommateurs
  • Perte de 39 % des revenus pour les entreprises qui vendent en ligne

Source : Sondage McKinsey, 25 juin au 14 juillet 2020

Figure B: Stabiliser et sécuriser les secteurs les plus touchés en appliquant des mesures ciblées

Parmi les mesures recommandées par le Conseil, mentionnons les suivantes :

Transporteurs aériens, aéroports et aérospatiale

  • Fournir un soutien à plus long terme (p. ex. entreprises d'intérêt national)
  • Accélérer la reprise des déplacements intérieurs et internationaux avec une stratégie innovante et prudente de gestion des risques

Ressources de l'avenir

  • Mesures incitatives pour les opérateurs en amont pour maintenir des opérations viables/redynamiser les dépenses d'investissement

Tourisme, accueil et culture

  • Fournir des capitaux patients aux entreprises ayant une valeur de marque élevée
  • Collaborer avec le secteur privé pour attirer les capitaux privés

Image 2: Les différents secteurs de l'économie ont été touchés de façon inégale et la reprise à venir sera probablement inégale aussi d'un secteur à l'autre

Les secteurs les plus touchés sont mis en surbrillance. Il s'agit notamment des secteurs des ressources de l'avenir, de la fabrication de pointe, du commerce de détail, du tourisme et accueil et du transport.

Secteur PIB réel T4 2019, part du PIB total Variation entre le PIB réel de juin 2020 et le T4 2019, pourcentage Temps nécessaire pour retrouver le niveau du T4 2019
Scénario 1 Scénario 2

Ressources de l'avenir

11.5%

-12

T3 2022

T3 2023

Fabrication de pointe

10.1%

-11

T4 2024

T4 2024

Commerce de détail

5.2%

1

T1 2022

T4 2022

Tourisme et accueil

4.9%

-64

T2 2024

T2 2024

Transport

4.0%

-32

T4 2024

T4 2024

Agroalimentaire

3.5%

2

T2 2022

T4 2022

Industries numériques

2.9%

-2

T2 2022

T1 2023

Santé et sciences biologiques

1.8%

-6

T1 2022

T2 2023

Technologies propres

2.9%

Non modélisé en raison du manque de données sur le PIB en temps réel

Source : Analyse de McKinsey, en collaboration avec Oxford Economics

Les recommandations énoncées dans la colonne « Relancer » visent à établir une trajectoire de croissance inclusive. Cette colonne comporte une seule recommandation : C.

Figure C : Relancer la croissance en doublant les investissements dans un plan d'avenir

Parmi les mesures recommandées par le Conseil, mentionnons les suivantes :

Diversité, talent et innovation en matière de main-d'œuvre

  • Élargir le champ d'application et augmenter le financement des programmes de formation et de requalification
  • Attirer des talents mondiaux hautement qualifiés
  • Élaborer une stratégie nationale d'innovation en matière de main-d'œuvre

Utilisation stratégique des marchés publics

  • Améliorer la résilience de la chaîne d'approvisionnement grâce à l'approvisionnement gouvernemental stratégique

Écosystème d'innovation et financement en recherche et développement

  • Atténuer le risque et encourager les industries à se numériser, s'automatiser et stimuler la productivité
  • Renforcer la Charte numérique et la stratégie en matière de propriété intellectuelle du Canada, et bâtir un système de réglementation numérique moderne
  • Recapitaliser, élargir et moderniser les principaux programmes gouvernementaux

Infrastructures stratégiques – numériques et matérielles

  • Accélérer le plan pour assurer la couverture et l'accès à une connexion Internet de grande qualité : 100 % d'ici 2026
  • Lancer des projets stratégiques avec le soutien de la Banque de l'infrastructure du Canada (BIC)
  • Investir dans l'infrastructure commerciale stratégique qui élimine les goulots d'étranglement

Réglementation souple

  • Mener plus rapidement les examens réglementaires dans les secteurs où les retards ont des répercussions financières et sociales disproportionnées

Accès aux capitaux pour accélérer la croissance des entreprises canadiennes

  • Considérer un plus grand rôle pour la BDC, EDC et Financement agricole Canada
  • Veiller à ce que les lacunes dans l'accès aux capitaux soient comblées (p. ex. fonds pour l'entrepreneuriat féminin, etc.)

Image 3: Les gouvernements ont déployé des aides sectorielles pour mettre en œuvre des plans de relance ambitieux

Pays Description

Allemagne

50 G€ seront investis dans les domaines d'avenir : économie de l'hydrogène, technologies quantiques, IA

Espagne

Régime de garantie de prêt de 40 G€ pour les nouveaux investissements dans les domaines de la technologie et de l'économie verte

Union européenne

387 G€ pour la transition vers un secteur agricole durable sur le plan environnemental et social et axé sur le marché et pour développement rural

Corée du Sud

>2 G$ seront investis pour renforcer les capacités numériques, dans le cadre d'un « New Deal coréen » de 85 G$

France

15 G€ en soutien au secteur de l'aviation, répartis équitablement entre les compagnies aériennes et le secteur aérospatial

Source : Recherche dans la presse, annonces du gouvernement en août 2020

Les recommandations énoncées dans la colonne « Repenser » visent à catalyser la croissance pour atteindre une croissance plus forte qu'avant la COVID-19. Cette colonne comporte une seule recommandation : D.

Figure D: Le Canada doit se donner une stratégie industrielle qui repose sur quatre piliers pour créer une économie numérique, durable et innovante au bénéfice de l'ensemble des Canadiens

Les mesures recommandées par le Conseil sont énoncées ci-dessous.

Devenir une économie numérique axée sur les données

  • Bâtir un Réseau numérique canadien mondial afin de faire du Canada une société numérique
  • Soutenir les entreprises canadiennes de taille moyenne supérieure
  • Bâtir un talent canadien très qualifié en tant qu'avantage sur le plan mondial
  • Tirer parti de la propriété intellectuelle et promouvoir la valeur des données

Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres

  • Soutenir tous les secteurs des ressources naturelles pour qu'ils deviennent des fournisseurs ESG mondiaux et des innovateurs en matière de produits
  • Tirer parti des atouts des technologies propres pour accélérer les exportations et l'adoption nationale et décarboner les secteurs industriels clés
  • Inciter tous les secteurs à respecter les engagements de l'Accord de Paris

Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial

  • Stimuler l'investissement en innovation et en commercialisation
  • Accélérer la création et l'adoption de la technologie
  • Établir un lien entre les grappes technologiques et les entreprises de fabrication
  • Acquérir les compétences et les talents pour la fabrication 4.0

Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète

  • Bâtir les infrastructures et l'accès au marché nécessaires à la croissance future
  • Déployer des investissements dans des secteurs où le Canada est concurrentiel
  • Accroître la numérisation afin d'améliorer la productivité
  • Moderniser les systèmes de réglementation et bâtir un bassin de talents du XXIe siècle

Image 4: Effet illustratif des recommandations sur le PIB (de 2019 à 2030, T4 = 100)

Le graphique linéaire montre les effets potentiels des recommandations du Conseil sur le PIB. L'axe horizontal indique une fourchette d'années allant de 2019 à 2030. L'axe vertical représente le PIB indexé au quatrième trimestre (T4 = 100) en 2019; il comprend une ligne tracée horizontalement au milieu du graphique à 100.

Trois lignes sont représentées sur le graphique. La première extrapole le taux de croissance historique de 1,97 % à taux constant. La ligne monte de façon constante du milieu de l'axe vertical jusqu'au coin supérieur droit du graphique. La deuxième ligne représente le PIB prévu selon un scénario de reprise de type 1. La ligne illustre les répercussions de la pandémie sur l'économie, à savoir une forte baisse du PIB au cours de la prochaine année, suivie d'une période de plusieurs années pendant laquelle le PIB demeurerait faible. La ligne plafonne puis monte de façon constante, jusqu'à refléter une projection similaire, mais légèrement inférieure au taux de croissance historique.

La troisième ligne représente les répercussions que les recommandations du Conseil pourraient avoir sur l'économie. Cette ligne comporte trois points d'inflexion qui correspondent aux trois phases des recommandations. La ligne suit une trajectoire descendante similaire, mais s'arrête avant la deuxième ligne. Plutôt que de plafonner, la ligne monte en flèche pour la redémarrer et la relancer (de 100 à 155 G$) et monte progressivement de 0,8 à 1,1 % pour les mesures de repenser.

Source : Statistique Canada, Tableau : 36-10-0104-01; PIB et recommandations illustratives basées sur l'analyse de McKinsey

Image 5: Aucun titre

Une carte du Canada figure dans le coin inférieur droit de la feuille de route. La carte comprend des icônes correspondant aux quatre domaines thématiques présentés à la figure D. L'image illustre les occasions à saisir au Canada.

  • Yukon:
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
  • Territoires du Nord-Ouest
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
  • Nunavut
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
  • Colombie-Britannique
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
  • Alberta
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
  • Saskatchewan
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
  • Manitoba
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial
  • Ontario
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
  • Québec
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
  • Terre-Neuve-et-Labrador
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
  • Nouveau-Brunswick
    • Tirer parti de notre avantage en agroalimentaire pour nourrir la planète
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial
  • Nouvelle-Écosse
    • Être le chef de file mondial sur le plan ESG dans les domaines des ressources, des énergies renouvelables, et des technologies propres
    • Devenir une économie numérique axée sur les données
  • Île-du-Prince-Édouard
    • Bâtir un secteur manufacturier innovant et à haute valeur ajoutée pour lequel nous pouvons être un chef de file mondial

Figure E: Mettre en place de nouveaux partenariats avec le secteur privé et des investissements reposant sur un cadre budgétaire et financier solide

Parmi les mesures recommandées par le Conseil, mentionnons les suivantes :

Maintenir un cadre budgétaire solide et rigoureux

Élaborer un plan de relance économique et repenser l'économie pour atteindre quatre objectifs budgétaires clairs :

  • Le Canada demeure un chef de file reconnu parmi les pays industrialisés dans la gestion des finances publiques et le niveau de la dette et du déficit
  • Une conception prudente de programmes pour assurer que l'accroissement du financement public ne nuit pas à l'investissement privé au Canada
  • Les nouvelles dépenses appuient principalement la croissance future plutôt que de simplement alimenter la consommation à court terme
  • Le Canada maintient la compétitivité de son régime fiscal

Mettre en place de nouveaux partenariats avec le secteur privé

Collaborer avec le secteur privé pour livrer les recommandations et tirer profit des approches éprouvées :

  • Créer de nouveaux forums de dialogue sur les possibilités d'investissement entre le gouvernement et l'écosystème financier du Canada
  • Établir un cadre pour le partage des risques dans les partenariats publics-privés
  • Établir une stratégie nationale unifiée pour attirer des capitaux mondiaux
  • Offrir des mesures incitatives ciblées pour atténuer les risques, accélérer les investissements, et créer des occasions gagnantes pour les investisseurs

La bannière au bas de la page comprend le texte suivant : Réflexions approfondies sur les secteurs et recommandations appuyées sur des données. Des icônes correspondant à chaque secteur représenté par le Conseil figurent.

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