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Notes d’allocution : Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie (INDU)

Notes d’allocution

Mona Nemer

Conseillère scientifique en chef du Canada

Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie (INDU)

25 février 2021

L’allocution prononcée fait foi.

Bonjour. Merci, Madame la Présidente, et merci aux membres du Comité de me donner l’occasion d’être avec vous aujourd’hui.

Depuis mon dernier passage devant ce comité en décembre 2017, j’ai complété mon premier mandat et j’ai ensuite été nommée pour un nouveau mandat de deux ans en septembre 2020.

Par souci de concision, je n’entrerai pas dans les détails de mon mandat, mais en tant que conseillère scientifique auprès du premier ministre et du Cabinet, je peux dire que j’ai passé la majeure partie de l’année dernière à donner des conseils sur la crise sanitaire de la COVID-19. Bien entendu, une pandémie est une situation extrêmement complexe qui présente de multiples facettes; elle est d’autant plus difficile à gérer quand elle est due à un nouveau virus dont nous ignorons presque tout.

C’est pourquoi, afin de mieux conseiller le gouvernement, j’ai créé un groupe consultatif multidisciplinaire composé de scientifiques.

Nous avons concentrés nos efforts sur différents aspects de la COVID-19, notamment les besoins en matière de diagnostic et de recherche, la transmission par aérosol, l’infection chez les enfants et les soins de longue durée.

Les chercheurs se sont mobilisés et ils ont généreusement partagé leurs conclusions et leurs conseils. La science a donc guidé le processus décisionnel en temps réel, plus que jamais auparavant.

Le groupe d’experts sur la COVID-19, composé d’éminents chercheurs et praticiens de tout le pays, œuvrant dans les domaines de la recherche et du traitement des maladies infectieuses, de la modélisation des maladies et des sciences du comportement, a tenu sa première réunion le 10 mars et s’est réuni plus de 40 fois depuis.

Les membres du groupe ont également participé à plusieurs autres groupes de travail auxquels des experts additionnels sont venus contribuer. Cette approche a assuré la coordination et l'intégration des conseils fournis. Depuis le début, un nombre impressionnant de scientifiques et de praticiens de la santé ont généreusement offert leur temps et leur expertise au service de leur pays.

Par ailleurs, mon bureau a aussi aidé à mettre en place le réseau CanCOVID qui vise à stimuler la recherche et les partenariats. Ce réseau n’a cessé de prendre de l’ampleur et compte aujourd’hui plus de 3 000 membres de partout au pays; il s’est avéré très efficace pour encourager la collaboration interdisciplinaire et l’innovation.

En plus du réseautage sur la scène nationale, je communique régulièrement avec mes homologues internationaux. Nous échangeons de l’information sur la propagation de la maladie, les mesures de confinement, les connaissances manquantes, les activités de recherche et les priorités, ainsi que sur les études cliniques. Ces échanges m’ont permis de rester bien au courant des plus récents développements sur la planète.

Au début de la pandémie, s’appuyant sur des médicaments déjà existants, plusieurs études cliniques visant à traiter et à prévenir la COVID-19 et ses complications ont été entamées, mais les résultats se sont avérés plutôt décevants.

Le développement de vaccins est peu à peu devenu le point de mire afin de prévenir la maladie.

Au Canada, dès les mois de mars et avril 2020, des fonds fédéraux ont été alloués à la conception de produits thérapeutiques et de vaccins par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada et du ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie.

J’ai discuté longuement de conception, de production et de distribution du vaccin contre la COVID-19 avec mes homologues internationaux, notamment ceux du Royaume-Uni et des États-Unis.

J’ai compris qu’il était nécessaire d’obtenir l’avis d’experts indépendants sur la question des vaccins de leur développement et de notre approvisionnement, et c’est pourquoi j’ai recommandé la création du Groupe de travail sur les vaccins.

Composé de 11 membres de la communauté canadienne de recherche et de développement sur les vaccins et de quatre membres d’office, dont je fais partie, le groupe de travail a joué un rôle clé dans la sélection et la priorisation des candidats vaccins, dans le soutien au développement de vaccins au Canada, et dans l’appui à la coordination de la chaîne d’approvisionnement.

J’ai participé à la grande majorité des réunions du groupe de travail et je dois dire que j’ai toujours été entièrement satisfaite de la rigueur scientifique encadrant ses délibérations.

Comme bien d’autres membres de la communauté scientifique canadienne, ces chercheurs étaient prêts et disposés à offrir gratuitement leur temps et leur expertise pour lutter contre cette crise sanitaire.

Ainsi, le Canada dispose aujourd’hui d’un éventail varié de vaccins efficaces reconnus qui font appel à trois technologies différentes.

Je crois fermement que les Canadiens ont été bien servi par ce groupe exceptionnel.

Le seul bémol à ce formidable accomplissement, est que les premiers vaccins contre la COVID-19 sont venus de l’extérieur du pays.

Il est bien connu que le Canada dispose seulement de modestes capacités de production de vaccins humains – un problème qui existe depuis près de quarante ans.

En tant que scientifique, j’ai passé la majeure partie de ma carrière dans le domaine de la recherche biopharmaceutique et, malheureusement, j’ai assisté au déclin des capacités de notre pays à mettre au point des médicaments pendant presque toute cette période.

Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi.

La conception de produits thérapeutiques, que ce soit des vaccins ou des médicaments, est un processus de longue haleine qui requiert une étroite collaboration entre les chercheurs, les cliniciens, les gouvernements et les organisations du secteur privé.

Cette pandémie montre bien que la récompense au bout du processus vaut entièrement les efforts nécessaires.

Le Canada dispose d’atouts exceptionnels pour soutenir un écosystème performant de biofabrication.

Cela va des scientifiques de renommée mondiale qui continuent de faire des découvertes majeures dans le domaine des sciences biomédicales et pharmaceutiques, jusqu’aux PME novatrices qui travaillent sur des produits prometteurs.

Or, faire passer une découverte du laboratoire à la collectivité ou augmenter la production de médicaments et de vaccins destinés aux humains sont des opérations qui sont loin d’être banales.

Avec les besoins en santé et les réussites scientifiques que nous avons observés au cours de cette pandémie, j’espère que nous veillerons désormais à disposer des ressources et des infrastructures nécessaires pour transformer nos découvertes en produits de santé novateurs, fabriqués au Canada et destinés aux Canadiens, mais aussi au monde entier.

Développer nos capacités en matière de biofabrication n’arrivera pas du jour au lendemain.

Mais nous devons absolument nous y mettre. Il est temps de définir des stratégies et de les mettre en œuvre.

Mais la science nous a donné de l’espoir ainsi que les outils nécessaires pour surmonter cette crise – comme les diagnostics, les vaccins et les produits thérapeutiques.

Nous, les Canadiens, avons beaucoup à offrir dans la lutte contre cette menace sanitaire et toutes celles à venir.

J’ai hâte de saisir les opportunités extraordinaires qui se présenteront à nous.

Merci.

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