Faire du canada un chef de file dans une économie axée sur le numérique et les données : Document de discussion

« Comprendre les dimensions économique et sociale de la transformation numérique et y donner suite est d'une importance cruciale à mesure que l'économie numérique devient la seule économieNote de bas de page 1. »

Contexte

La nature des économies et sociétés évolue. Des vagues d'avancées technologiques stimulées par des capacités numériques nouvelles deviennent rapidement les facteurs clés de la prospérité des pays industrialisés, de leurs citoyens et de leurs entreprises. Dans cette ère de transformation, il est essentiel d'accueillir et de mobiliser le pouvoir des mégadonnées et des technologies numériques. Celles-ci améliorent la qualité de vie et deviennent progressivement le pilier central de notre productivité, de notre croissance et de notre compétitivité.

Le rythme de cette transformation est effarant. D'après IBM, 90 pour cent des données du monde ont été créées au cours des deux dernières annéesNote de bas de page 2. Selon les estimations de McKinsey, le commerce électronique mondial a presque quadruplé, passant de 495 milliards de dollars américains en 2005 à 1,9 billion de dollars américains en 2016Note de bas de page 3. Et selon les projections de PwC, l'apport de l'intelligence artificielle (IA) à l'économie mondiale pourrait s'élever à 17,5 billions de dollars américains d'ici 2030Note de bas de page 4 . Les conséquences de la transformation sont également dramatiques et changent la façon dont nous travaillons, magasinons, fabriquons, apprenons et interagissons. L'automatisation, les plateformes numériques et d'autres innovations révolutionnent les secteurs traditionnels et en créent de nouveaux. L'adoption de nouvelles plateformes technologiques réorganise les industries pour les transformer en écosystèmes apparentés, réduit les obstacles à l'entrée, repense les chaînes de valeur mondiales et remanie les règles de la compétitivité.

La puissance brute du traitement des données et du traitement numérique remanie quasi tous les aspects de l'économie mondiale. « Traduction Les changements d'échelle, de portée et de vitesse découlent de la conversion de l'information en bits numériques qui se prêtent à un traitement et à une analyse informatiques. Devenu exponentiellement moins coûteux et plus rapide au cours des 50 dernières années, ce processus touche la nature des biens qui créent de la valeur, influe sur les moyens par lesquels on confère les droits de propriété, et détermine où la valeur est créée. Ces changements touchent, à leur tour, la structure et le fonctionnement des marchés, plateformes et d'écosystèmes et, en dernier ressort, ont une incidence sur le repérage, le développement et le maintien de relations, à la fois économiques et socialesNote de bas de page 5. »

Cette nouvelle ère perturbatrice repense aussi le rôle du consommateur. Les consommateurs contemporains sont mieux versés en technologie et les utilisent à leur avantage, et, ce faisant, exercent une pression accrue sur les entreprises et les gouvernements. Les consommateurs entendent obtenir des produits et des services plus fiables et plus rapides. Ils réclament des expériences, ils s'impliquent activement auprès des entreprises, et ils ont accès à une information en temps réel sur les prix, les caractéristiques des produits et les services des concurrents. Tous ces facteurs ont eu une incidence appréciable sur la vitesse et la nature de la production, car les consommateurs entendent obtenir de nouveaux produits en temps utile, mais réclament aussi aux entreprises des perspectives et des améliorations à valeur ajoutée. Ils incitent ainsi les entreprises à modifier leurs procédés de bout en bout et à repenser leurs rôles de chef de file et de participant dans les chaînes de valeur mondialesNote de bas de page 6

En même temps que ces changements technologiques remanient l'économie, ils soulèvent aussi des questions épineuses sur l'organisation de notre main d'œuvre, de notre société et de nos interactions. Plus particulièrement, le niveau de protection de la vie privée dont jouissent les citoyens soulève des préoccupations croissantes dans un environnement de plus en plus réseauté, tout comme la mesure dans laquelle les nouvelles technologies et les nouveaux services numériques reposent sur des données privées, lesquelles peuvent minimiser ou amplifier la partialité ou la discrimination. Comme le dit l'érudite de renom Teresa Scassa : « Traduction Les citoyens peuvent être des capteurs volontaires ou involontaires : ils produisent des données lorsqu'ils consomment des services et lorsqu'ils utilisent des applis populaires pour le conditionnement physique, la planification d'itinéraires, la conduite ou la navigation, pour n'en donner que quelques exemples [...] la collecte de données suit presque tous les aspects de notre vie numérique […] La soif insatiable de données des secteurs privé et public, combinée à une collecte omniprésente et illimitée stimule l'innovation, mais crée aussi le potentiel de risque et de préjudice, allant des infractions à la sécurité et la persécution à la perte d'autonomie et de dignitéNote de bas de page 7 . » Pour maximiser la possibilité offerte par les changements technologiques qui s'opèrent, le Canada devra résoudre ces questions en élaborant des solutions adaptées à l'ouverture et à la diversité de notre société, notamment en favorisant la confiance, l'inclusion et l'adoption de manière généralisée pour réaliser le plein potentiel d'une économie axée sur les données et le numérique.   

Le Canada fait face à ces possibilités et défis parallèlement aux autres pays dominants dans la course mondiale à l'innovation. Nous, les Canadiens, possédons des forces essentielles dans le secteur de l'innovation, lesquelles sont d'une grande importance pour notre transformation numérique. Le Canada se classe au cinquième rang des pays de l'OCDE au chapitre de la pensée créatrice et au neuvième rang au chapitre de la résolution de problèmes dans un environnement riche en technologies. Nous avons accumulé un savoir et des avantages technologiques dans des domaines comme l'informatique quantique, l'apprentissage-machine, la chaîne de blocs, la technologie financière, l'intelligence artificielle, les véhicules autonomes, et des aspects de la cinquième génération. Or, des indicateurs importants relèvent le besoin d'une action concertée. Par exemple, le Canada se classe au 20e rang des pays de l'OCDE au chapitre des spécialistes en données, et au 24e rang au chapitre de la proportion des diplômés du supérieur qui sont diplômés en TIC. Les entreprises canadiennes traînent à adopter de nouvelles technologies et se situent au bas de l'échelle relativement au nombre de robots par travailleur (20e rang dans l'OCDE) et au commerce électronique (21e rang dans l'OCDE). L'investissement par travailleur réalisé dans les TIC par le Canada est de l'ordre de 51 pour cent des investissements faits par les États-UnisNote de bas de page 8.

Les concurrents mondiaux du Canada ne ménagent aucun effort pour tenter de dominer le secteur des mégadonnées et la nouvelle économie numérique. Pour donner une idée de l'ampleur des investissements, la Chine a annoncé la création d'un laboratoire national d'informatique quantique de 10 milliards de dollars américains et d'un fonds de 47 milliards de dollars américains pour les semi-conducteurs. La stratégie numérique du Royaume-Uni prévoit l'affectation de 400 millions de livres au déploiement de réseaux complets de fibres optiques, tandis que la France a annoncé un grand plan d'investissement de 57 milliards d'Euros au profit de l'emploi, de l'innovation et du gouvernement électronique, ainsi que l'engagement de 1,5 milliard d'Euros pour l'intelligence artificielle au cours des cinq prochaines années. Il s'agit de sprints mondiaux axés sur le numérique et les données, et le Canada affrontera une concurrence féroce pour affirmer son leadership.  

En tant que Canadiens, nous devons travailler en commun si nous souhaitons stimuler et développer notre économie dans un monde numérique dirigé par les données. Lancé en 2017, le Plan pour l'innovation et les compétences prépare notre voie. Il vise à transformer le Canada en chef de file mondial de l'innovation, objectif qui repose en grande partie sur la transformation numérique. Le Canada maîtrise les principes de base de l'innovation, mais n'en tire pas nécessairement tous les bénéfices sur le marché mondial. Il s'agit de notre défi commun.

Le Plan pour l'innovation et les compétences repose sur la volonté fondamentale de travailler en partenariat dans l'ensemble des écosystèmes d'innovation du Canada. Le plan présente de nouvelles initiatives qui mettent tous les acteurs au défi de favoriser les résultats du Canada en matière d'innovation et de compétitivité. Il reconnaît que le succès dépend de la participation sans réserve de tous les secteurs de l'économie et de la société diversifiée du Canada pour libérer le potentiel d'innovation d'un marché axé sur les données et le numérique en renforçant la confiance, favorisant l'adoption de technologies et stimulant la créativité et l'inclusion.

À mesure que nous évoluons en économie et société axées sur les données et le numérique, ces consultations visent à cerner les moyens par lesquels faire du Canada un chef de file au lieu de simple participant dans cette ère de transformation qui remanie notre réalité quotidienne. Le gouvernement du Canada recherche vos idées et recommandations dans trois principaux domaines.

L'avenir du travail : Les compétences de l'économie moderne

Comme on l'a déjà mentionné, la transformation technologique et numérique en cours modifie les modèles opérationnels, les secteurs de l'économie et même la nature du travail. On pousse les entreprises à automatiser ou à numériser leurs opérations et on fait pression sur les pays pour mettre en œuvre les bonnes initiatives en matière de compétences dont les travailleurs et entreprises peuvent tirer parti. Il n'est pas simplement question d'aider les travailleurs déplacés, mais de les munir de la bonne combinaison d'aptitudes, de compétences et d'expérience pour pouvoir faire progresser l'innovation dans les secteurs nouveaux de l'économie. Comme l'a fait remarquer le Conseil des technologies de l'information et des communications, « générer des flux de talents clés aujourd'hui et leur fournir des compétences numériques essentielles sont des façons non seulement d'exploiter efficacement les perturbations touchant l'économie numérique et d'y survivre, mais également d'aider tous les Canadiens à réussir et à prospérer lorsqu'elles se produisentNote de bas de page 9. »

Les chercheurs et les analystes ont formulé une vaste gamme de prévisions concernant les répercussions sur le monde du travail des nouvelles technologies et de la transformation numérique. D'après l'Information Technology and Innovation Foundation, environ 20 pour cent des emplois aux États-Unis sont extrêmement vulnérables à l'automatisationNote de bas de page 10, tandis que Frey et Osborne ont constaté que 46 pour cent de tous les emplois aux États-Unis se trouvent dans la catégorie de risque élevéNote de bas de page 11. Bien que les prévisions varient, nous sommes pleinement conscients de l'impact perturbateur de la transformation numérique sur les industries et nous reconnaissons que cette transformation réclame de nouvelles compétences, met en œuvre de nouvelles applications des anciennes compétences et change la façon dont l'emploi est structuré, organisé et valorisé. Cette situation présente à la fois des défis et des possibilités. Un ouvrage récent de McKinsey estime que l'automatisation est susceptible d'augmenter la croissance de la productivité à l'échelle mondiale de 0,8 à 1,4 pour cent par anNote de bas de page 12.

Ces hausses de la productivité reposent sur une main-d'œuvre qui est capable de déployer intégralement les nouvelles technologies et qui est bien placée pour comprendre les processus de plus en plus automatisés et de les utiliser. Le Brookings Institute fait remarquer qu'environ quatre millions des 13 millions nouveaux emplois créés aux États-Unis depuis 2010 (30 pour cent) ont exigé des compétences numériques de haut niveau et que près des deux tiers des nouveaux emplois exigent des compétences numériques de niveau élevé à moyenNote de bas de page 13. On prédit des tendances similaires pour le Canada. La recherche réalisée par la Banque Royale du Canada montre que plus d'un quart des emplois au Canada subira de profonds changements d'ordre technologique au cours de la prochaine décennie et qu'au moins la moitié des emplois exigera des aptitudes considérablement différentes d'aujourd'huiNote de bas de page 14. Bien que nous sachions que le Canada peut tirer parti d'un système d'enseignement de classe mondiale, des indices donnent à penser que d'autres mesures s'imposent pour garantir que les talents et les compétences nécessaires soient accessibles aux entreprises et permettre à celles-ci d'innover et de se développer. Des questions importantes se posent sur le développement précoce des compétences, le perfectionnement des compétences et le recrutement de talents à l'interne.

Une mesure incontournable est l'obligation de maintenir l'avantage concurrentiel du Canada dans les secteurs de l'économie numérique où le pays est actuellement à la tête du classement. Pour ce faire, nous devons renforcer nos nœuds de recherche de classe mondiale sur l'intelligence artificielle et, dans le même ordre d'idées, maintenir l'excellence en informatique quantique qui fait le renom de notre pays. Parallèlement, la technologie évolue si rapidement que de nouvelles sphères et de nouveaux secteurs voient couramment le jour. Le renforcement de notre effectif de réserve, en particulier en raison du nombre croissant d'applications commerciales et industrielles dans des domaines comme l'intelligence artificielle, doit s'accompagner de la prestation d'un soutien agile aux secteurs nouveaux à grand potentiel.  

Pendant que nous perfectionnons et déployons le marché du travail en prévision de l'ère numérique, il sera particulièrement important de saisir l'occasion pour mobiliser et exploiter l'ensemble des capacités disponibles. Une économie numérique promet d'être plus inclusive, diversifiée et démocratisée que celles qu'elle supplante. Or, il y a encore du pain sur la planche. Dans les pays de l'OCDE, les femmes pèsent pour 31 pour cent de la totalité des diplômés en sciences naturelles, ingénierie et TIC. Ce chiffre varie et va de 43,6 pour cent en Pologne à 18,2 pour cent au Chile. Sur les 30 pays de l'OCDE, le Canada se classe au 15e rang pour ce qui est du pourcentage de femmes titulaires d'un diplôme en sciences naturelles, en ingénierie et en TIC (31,7 pour cent du chiffre total). Tirer parti des talents autochtones sera également d'une importance capitale : 31,4 pour cent de tous les professionnels des TIC autochtones travaillent dans le secteur des TIC, bien qu'une croissance positive ait eu lieu depuis la récession mondiale de 2008, étant donné que la proportion d'Autochtones occupant un emploi dans l'économie numérique augmente de façon constante chaque annéeNote de bas de page 15 . Garantir l'accès aux talents, ainsi que leur adoption et leur utilisation, revêt une importance critique si nous voulons faire du Canada un chef de file dans l'économie mondiale compétitive, axée sur les données et le numérique.

Manifestement, comprendre l'évolution de la nature du travail, renforcer nos forces actuelles, développer la base de compétences propre à un monde de plus en plus axé sur les données et le numérique, et exploiter plus efficacement la base complète de talents offerte sont autant de facteurs qui sont d'une importance cruciale pour faire valoir le leadership numérique du Canada et sa compétitivité mondiale. La réalisation de chacun de ces objectifs réclame un effort concerté du secteur public, du secteur privé, du secteur universitaire, de la société civile et des citoyens individuels. L'identification des domaines évidents et pratiques à approfondir est un résultat essentiel de la consultation.

Voici les questions essentielles dans ce domaine :

Libérer la puissance de l'innovation : Favoriser le leadership canadien en matière de données et de technologies numériques

Dans cette ère numérique, les avantages concurrentiels découleront de la capacité à reconnaître, adopter et mettre en œuvre les technologies numériques, tout en mobilisant le pouvoir de l'accessibilité croissante des données. Les études ne cessent de montrer que l'adoption de nouvelles pratiques opérationnelles axées sur la technologie stimule la productivité, la croissance économique et la compétitivité internationale. Or, les entreprises canadiennes traînent à adopter les nouvelles technologies et le Canada éprouve encore des difficultés à développer les entreprises pour que celles-ci réalisent leur plein potentiel. Le défi est particulièrement grand dans une ère où les pays du monde entier se disputent le rôle de chef de file dans les secteurs du numérique et des données.

Dans leur article fondamental pour le Harvard Business Review, Bhaskar Chakravorti, Ajay Bhalla et Ravi Shankar Chaturvedi entreprennent une évaluation systématique de la compétitivité de 60 pays dans un environnement axé sur le numérique et les données. Voici leur perception du Canada : un pays qui « traduction jouit d'un état d'avancement numérique élevé, mais semble perdre son élan. » Le travail conclut que des pays comme le Canada devraient se pencher sur les économies numériques nouvelles pour en tirer des leçons sur les moyens de soutenir la croissance axée sur l'innovation, tout en mettant « traduction leur maturité et leurs effets d'échelle et de réseau à profit pour se renouveler et se développerNote de bas de page 16. »

Manifestement, il serait possible de dégager une valeur supplémentaire d'une série de nouveaux domaines technologiques. Les possibilités sont immenses et changent la donne. L'intelligence artificielle a le potentiel de transformer tous les secteurs et la conduite des affaires. Des technologies comme la fabrication additive, l'informatique, les appareils quantiques, les capteurs évolués et les nouveaux matériaux transforment tout, depuis l'agriculture et l'exploitation minière jusqu'aux appareils médicaux et au matériel informatique.  

La technologie a le potentiel de créer la prochaine génération d'entreprises compétitives à l'échelle mondiale et les emplois de qualité de l'avenir. Si l'on veut accueillir cette possibilité, on doit mettre l'accent sur le développement des disciplines nouvelles et la commercialisation des nouvelles technologies et plateformes qui ont le potentiel de stimuler l'innovation dans tous les secteurs de l'économie. Il incombe aux entreprises canadiennes de se soucier davantage de leurs stratégies d'innovation et de propriété intellectuelle (PI) pour garantir des meilleurs résultats commerciaux au Canada. Elles doivent songer à leurs méthodes d'exploitation au sein de leur écosystème d'innovation local et national, et à l'ampleur de leur rayonnement, à titre de chefs de file ou de participants au sein de leurs chaînes d'approvisionnement régionales et mondiales. Elles doivent se renseigner davantage sur leurs concurrents actuels et éventuels, ainsi que sur les tendances des consommateurs. Comme illustré dans le graphique ci-dessous, l'acceptation de ces nouvelles possibilités technologiques n'a pas été uniforme au sein des ressorts importants ou dans l'ensemble de ces ressortsNote de bas de page 17.

Les progrès réalisés pour capter la valeur des données et de l'analytique sont variables

Description de Les progrès réalisés pour capter la valeur des données et de l'analytique sont variables

Il y a cinq domaines clés sur le côté gauche du graphique. A côté de chaque domaine est un graphique linéaire avec le titre Pourcentage de valeur captée et à côté de cela est un texte supplémentaire avec le titre Principaux obstacles.

Le premier domaine clé est Données géoréférencées. Le pourcentage de valeur captée est cinquante à soixante pour cent et le principal obstacle est pénétration à l'échelle mondiale des téléphones intelligents munis d'un GPS.

Le deuxième domaine clé est Commerce de détail aux É.-U. Ce domaine à une note de bas de page qui dit, il en est de même pour le secteur de commerce de détail de l'UE. Le pourcentage de valeur captée est trente à quarante pour cent et les principaux obstacles sont manque de talent en analytique, et cloisonnement des données au sein des entreprises.

Le troisième domaine clé est Fabrication. Ce domaine à une note de bas de page qui dit, les leviers de la fabrication sont répartis selon l'application fonctionnelle. Le pourcentage de valeur captée est vingt à trente pour cent et les principaux obstacles sont cloisonnement des données dans les systèmes existants de TI, et leadership sceptique de l'impact.

Le quatrième domaine clé est Secteur public de l'EU. Ce domaine à une note de bas de page qui dit, il en est de même pour le gouvernement d'autres pays à revenu élevé. Le pourcentage de valeur captée est dix à vingt pour cent et les principaux obstacles sont manque de talent en analytique, et cloisonnement des données au sein d'organismes distincts.

Le cinquième domaine clé est Réseau de santé aux É.-U. Le pourcentage de valeur captée est dix à vingt pour cent et les principaux obstacles sont obligation de démontrer l'utilité clinique pour obtenir l'acceptation, et interopérabilité et échange de données.

Source : les entrevues d'experts, analyse du McKinsey Global Institute

Faire du Canada un chef de file au lieu de simple participant dans cette transformation de notre réalité quotidienne exigera une intervention réfléchie – la bonne infrastructure, les bons paris et la prestation d'une aide aux entreprises canadiennes pour leur permettre de se développer rapidement. Comprendre qui doit prendre les prochaines étapes nécessaires et comment s'y prendre pour mobiliser cette innovation est un résultat critique de cette consultation.

Voici les questions essentielles dans ce domaine :

Confiance et respect de la vie privée : règles à suivre pour accroître la confiance et l'adoption

Dans une ère axée sur les données et les technologies transformationnelles, le développement d'une économie vigoureuse et d'une société ouverte nous oblige à concilier la stimulation de l'innovation, la protection de la vie privée et le maintien de la confiance des consommateurs. Nous devons veiller à nous doter de cadres et de règlements modernes qui permettent l'expérimentation, la transparence et la compétition tout en protégeant les droits des Canadiens et notre diversité. Comme Chakravorti, Bhalla et Chaturvedi l'ont fait remarquer dans un article récent paru dans le Harvard Business Review, « [traduction] notre évolution numérique et notre exploitation productive de nouvelles technologies reposent sur notre aptitude à renforcer la confiance numériqueNote de bas de page 18. » Autrement dit, maximiser le potentiel d'innovation présenté par les technologies informatiques et numériques sera impossible sans un niveau élevé de confiance, de créativité, d'adoption et d'inclusion.

Manifestement, les nouvelles technologies et la création remarquable de nouvelles données suscitent de nouvelles questions sur le degré d'autonomie, de contrôle et de surveillance nécessaires pour s'assurer que les consommateurs et les citoyens continuent à faire confiance au marché et à la société. Plus particulièrement, plusieurs commentateurs et citoyens contestent la réceptivité continue de nos lois en matière de protection de la vie privée et de nos mesures de protection des consommateurs dans la foulée des données produites, consommées et utilisées en ligne, qui remettent en question les notions antérieures de respect de la vie privée et du consentement. 

Le gouvernement du Canada en a pris note et a introduit un nouveau règlement sur les atteintes à la protection des données sous le régime de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), qui obligera les entreprises à informer les utilisateurs plus rapidement et systématiquement en cas d'une perte de renseignements personnels.  

Même si ce règlement constitue une intervention importante dans cet environnement en évolution, certains chercheurs ont mentionné que le modèle de notre approche législative doit changer de cap. Comme le fait remarquer Teresa Scass, « [traduction] Le régime actuel tarde à accepter la notion de données à titre de ressource. Et les dispositions législatives visant à protéger les particuliers contre une exploitation s'articulent autour d'enjeux qui étaient autrefois distincts et compartimentésNote de bas de page 19. » Bien que la LPRPDE et d'autres cadres du marché continuent à assurer une protection importante, plus particulièrement en raison du fait de leur orientation neutre sur le plan technologique, des questions importantes restent sans réponse quant aux mesures que l'on peut adopter qui s'assureront que ces cadres utilisent la bonne approche pour maintenir la confiance des citoyens dans un monde où les données jouent un rôle croissant.

Comme Michael Geist l'a fait remarquer dans un article récent publié pour le Centre for International Governance Innovation, « [traduction] Malgré les avantages possibles qu'un contrôle accru sur les données accorde aux politiques de protection de la vie privée, de sécurité et d'innovation, la question est compliquée par le but stratégique concurrentiel qui vise l'ouverture des réseaux et le flux libre des données, car ces facteurs sont susceptibles de stimuler l'innovation et recèlent le potentiel de favoriser des réformes de démocratisationNote de bas de page 20. » Cette obligation d'arriver à un juste équilibre entre le bon degré de souplesse et d'agilité pour stimuler l'innovation et le maintien du ralliement des utilisateurs et de leur sécurité est une priorité essentielle pour cette consultation.  

Les lois-cadres sont un élément qui doit être repensé à la lumière de cette nouvelle réalité du numérique et des données. À mesure que l'économie poursuit sa transition vers le domaine en ligne et dépend de plus en plus des données fournies par les utilisateurs et les acheteurs de produits, des questions fondamentales se posent sur les mesures de sécurité appropriées et la compétitivité, notamment les mesures de protection contre les pratiques commerciales dolosives, l'abus de positions dominantes, et le traitement et l'utilisation de renseignements personnels. Il convient de noter que le marché même réagitNote de bas de page 21et il est important de ne pas freiner l'innovation lorsqu'il y a des approches fondées sur le marché qui sont en mesure de continuer à préserver et inspirer la foi et la confiance. La conception de nouveaux produits et services peut assumer ce rôle en partie : « [traduction] La conception des produits et des pistes de solution dans l'espace global d'Internet des choses doit nécessairement être innovante, utile et efficace, mais si elle veut adhérer aux principes de bonne conception, elle se doit aussi d'être rigoureuse et détaillée, discrète et esthétique, socialement responsable et honnêteNote de bas de page 22. »

Bien que les entreprises continuent vraisemblablement à s'associer aux consommateurs pour inspirer leur confiance, il est évident que les « règles du jeu » des lois-cadres doivent également être de la partie. Il est important ici de se pencher sur la modernisation pour s'assurer de sa pertinence et de sa réactivité, compte tenu du rôle important que la confiance et l'adoption jouent dans l'optimisation des résultats de l'innovation découlant des nouvelles réalités économiques mondiales.   

Le défi ne s'en tient pas qu'à cela, car il englobe la réglementation, les points de référence et les normes qui peuvent s'appliquer particulièrement aux nouvelles technologies et approches. Comme l'a exprimé un rapport récent du Mowat Centre, « [traduction] Les gouvernements au Canada peuvent et doivent fournir un effort appréciable et soutenu pour sortir leur culture et leurs pratiques réglementaires hors de l'ère industrielle et les adapter à l'ère numérique. Les gouvernements canadiens disposent de plusieurs moyens prometteurs pour dynamiser l'innovation, allant d'une adoption plus vaste de la réflexion conceptuelle dans leurs processus de conception réglementaire au lancement de programmes visant à renforcer la capacité technologique du gouvernement et au développement de nouveaux outils pour garantir une compétition vigoureuse sur les marchés numériquesNote de bas de page 23. »

Si elle veut mobiliser le plein potentiel de la révolution du numérique et des données, l'approche législative et réglementaire doit être délibérée et agile. Sans confiance, il n'y a pas d'adoption. Sans adoption, il n'y a pas d'approche complète d'acceptation et de commercialisation. Sans inclusion, il est impossible d'optimiser au maximum le potentiel d'innovation pour les Canadiens. C'est précisément le but de notre consultation : comprendre ce que l'on doit faire pour obtenir ce résultat équilibré, en vue d'inspirer la confiance nécessaire et d'obtenir l'acceptation pour mobiliser la pleine capacité du leadership canadien dans une économie axée sur le numérique et les données. 

Voici les questions essentielles dans ce domaine :

Conclusion

Ce travail sommaire a exposé les principales dimensions de la possibilité et du défi d'envergure auxquels nous sommes confrontés. Il y a rarement eu de moment aussi décisif pour faire du Canada un chef de file. Parallèlement, on n'a jamais vécu de période marquée par un si grand nombre de transformations simultanées, qui se recoupent et s'unissent pour bousculer les normes précédentes et qui perturbent les fondements de notre économie et de notre société.

Les trois principaux éléments précités – l'avenir du travail, la mobilisation de l'innovation, et la protection de la vie privée et la confiance – sont apparentés et se renforcent mutuellement. Il est crucial que nous obtenions des idées et des réponses à ces questions. Nous attendons vos commentaires avec impatience pour donner au Canada les moyens de prospérer et d'assumer un rôle de premier plan dans l'économie de l'avenir et de participer à la course mondiale à l'innovation.  

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